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des liui^ sœuis, la >crvail avec les allenlions qu'elle eût «loniiées à une mère. Sur les deux ou trois heures, Marie Rocher |>renail de nouvrau le chemin de l'église, où elle demeurait jusqu'au soir, et là, ne [)0uvant \arier >es exercices [)ar de [»ieuses lectures, elle demeurait en oraison et s'al)îmait, pour l'.arkT ainsi, devant le saint Sacrement. Après hien des hésitations et des peines de plus d'un genre, elle voulut enûn se mcilre a l'œuvre qu'elle croyait demandée ifelle [)ar la volonté divine, c'est-à-dire à e^sver >on institut en l'honneur de la trèssainte 'i rinité. tlle en parla à l'eccié^iasiique qui, d'après la volonté de Dieu, devait êtie leur directeur. Cet ecclésiastique était ^I. l'ahbé Henault, neNeu des trois sœurs. 11 exaujina tout ce (jue lui dit Marie Roclier, et CTO\ant v voir ui.e réveLlion réelle, ou au moins la volonté de Dieu, il se prêta à l'accomplir La viile d'f-'rr.ée était alors éddiée des vertus de plusieur.-; j'-unes personnes «^ue lescirLOnsUm'.es malheureuses du temps ^eMil^JieIlt avo.r ailermies et encouragées dans la [ raii^jne au b.en. tr.tre ces jeunes jeisuiiLes or com, la.i Mlles Jeanne Tan- «pjtTel tie la I\Tni5?a\e, Julie Dulioux et Marie MoriiK (pji avaient éié «Jeslinées à la f »n iaii'j[i '^e iteivre et nomiuèt^s à Marie Uoi l.êr ; at la vuix du Ciel. M. Renault les i"ij\. j;.a <j:ins le jardm de Mlle Uuhoux, et leur ;to{ usa ce qu'il croyait projiuser de la \ art de Dieu. Quant à luf, il était destiné et uMiseniaii à les conduire, et Mlle de la PanissaNe devait éire la supérieure du nouveau trouptau. Les I ieu^es tilles reçurent avec suuiiii>si«)n ce qu'on leur donnait comme une re\elaiion; mais éclairées dans leur pieie et se ra[ pelant ce que dit saint Jean. (p. and il nous conseille de ne pas céder au prenner mouvement de tout esprit, elles voulurent consulter plusieurs respeciai»los ecclésiasti(]ues qui méritaient leur conti'uice. Tous leur dirent qu'ils voyaient là le doigt de Dieu et sa volonté, et" elles furent surtout persuadées par Tassenliment de M. i'ahbé l.eroy, curé de la Peltrine, dont la voix publiqiie proclamait la science et la sainteté, et qui passait parmi ses confrères pour un oracle et un modèle. La pieuse veuve avait elle-même consulté ce saint prêtre; à toutes, M. Leroy, après avoir entendu et médité les choses, répondit (|u'elles lui [)araissaient venir du Ciel, et les engagea à londer l'établissement proposé. Alors toutes trois entrèrent dans les vues de Marie Hocher, partagèrent son projet et acce|)lèrent Mlle de la Panissaye pour supérieure. Dès ce moment, la communauté fut fondée; car quoique les membres vécussent isolément et séparés, ils n'eurent plus qu'un C(eur et qu'une ûme, et établirent iïes exercices communs. iM. Renault et M. Leroy tirent pour les quatre associées un règlement qu'elles suivirent le mieux qu'elles purent. (Chaque semaine elles avaient une assemblée. Leur premier mot en arrivant à la réunion, était : Mes sœurs^ il faut viourir; les autres répondaient : Ma mcre, il le faut; sa-
lut religieux que la londaince a\ait ^rubablemenl pris de l'idée où sont tant de personnes, que c'est ainsi que se saluent les religieux de la Trappe. Marie Rocher Itur rapportait ce que Dieu lui avait fa-t connaître et ce qu'il demandait d'elles. Mlle de In Panissaye leur faisait une instruction et leur prescrivait ce qu'elles avaient à faire jusqu'à la prochaine réunion. Quant à ce qui se faisait de plus dans leur exercice commun, on l'a toujours ignoré et on l'ignorera toujours, car elles n'ont laissé aucune indication écrite et n'en ont parlé à personne. Leurs exercices uniformes, mais particulier-, étaient l'oraison lieux fois le jour, la récitation du petit Office de la sainte Vierge, eiLi lecture. Dans le courant delascmaine, 311k' de la Panissaye se rendait régulièrenif^ni chez chacune d'elles, leurdernandail couji'io de leur obédience; elles répondaient simplement et obéissaient ti Jèlement. Les liem de réunion, d'abord chez Mlle Duhoux, varièrent, mais ne purent jamais être si secrites dans une petite ville »^u'une curiosité inquiète ne s'en aper(;ût, n'en voulût connaître le motif et n'en lit le sujet do sa critique, t^armi ceux en qui on devrait toujou.s trouver le sel de la sagesse el de la rcllexion, mais qui malheureusement ne t;oi^tent pas toujours les choses qui sont de t esprit de Dieuy dans le clergé on entendit le blâme et le murmure et des hommes inconsidérés faisaient déjà de vifs reproches à M. Renault. Pour parer à tout cela, on résolut de tenir au moins habituellement les réunions chez les demoiselles Renault, tantes (1*.* cet ecclésiastique, ce qui paraissait présenter moins d'inconvénients pour lui. Bient«it ce petit noyau prit de raccroissenienL En 1801, Mario Kocher fut conduite à Fougères jar un trait particulier de la Providence de Dieu, qui lui lit connaître Mlle Louise Binel, fille pieuse et de bonne maison, laquelle la mit en rapport avec Mlle Marie BeaumoDt, jeune fille deSainl-James, en Norraflndie,qui, se trouvant là par hasard, demanda à faire partie de l'œuvre naissante. Marie Rocher lui donna des espérances, et, de retour à l^née, elle fit part des désirs de la postula tte à ses associées, qui l'agréèrent. Peu apr{ uine autre personne éprouva le même désir t lit la même demande, dont les fondatrices durent être fort contentes, car cette persi/nne était Mlle Renault, nièce des trois sœurs. Par cette nouvelle recrue, la Providence en amena une autre, Mlle Jeanne Pouteau, qui, après quelques mois de réflexions sur celle nouvelle fondation, demanda à en courir les chances et à partager le mérite. En 1802, dans un second voyage à Fougères, Marie Rocher, encore par l'entremise de Mlle Binel, fit la connaissance d'un prêtre, qu'elle avait vu célébrer la Messe, pendant laquelle une voix intérieure, croyait elle, lui avait dit : Voici celui auquel tu dois f adresser. Cet ecclésiastique était M. Genêt, ancien directeur des Urbanistes de Fougères, arrivant alors d'Angleterre. M. Genêt conçut une opinion favorable [»our Marie Rocher, el, Tannée sui-
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Tsnte, r«eueillit le résultat de leurs mutuels entretiens dans un écrit où nous avons puisé ceque nous avons dit des uremières années et des rérélations de la fonaatrice. Celle-ci consultait t)eaucoup9 trop peut-être» quant au nombre des directeurs, et voulut avoir aussi rsfisd'un autre prêtre rénomroédans le pajs, M. Tabbé Vassal, curé h Saint-James, ou elle se rendit, eut le bonheur de le voir reconnaître Tœovre divine dans ses projets et de fdire deux nouvelles recrues, qu'elle 6t admettre à son retour par ses compagnes. Dans ce même voyage, elle eut aussi la satisfaction de revoir sa première postulante, Mlle Beaumont, et ce fut probablement alors que fut conçue la pensée d*Hller s'établir à Saint- Jaaies. Toutes ces heureuses jouissances enrem dans Têmede Marie Rocherune bien dure comp€nsation.M.Renault,èq[ui toutes avaient donné leur confiance, à qui quelques-unes avaient fait vœu d'obéissance, manqua luimême de courage ou de confiance, et refusa de suivre les destinées du troupeau qu'il condaisait d'abord si bien. Il mourut en 1825, curé à Saint-Denys-de-Gastines, paroisse située entre Ernée et Mayenne, et sa résistance auxdispositionsdeDieu,encepoint, lui causa do grandes neines. 11 continua de s'intéresser à l'établissement et contribua aux besoins spirituels et matériels de la communauté quand elle fût formée. On conçoit combien la perte d'un tel directeur dut affecter la Mère et les Filles; néanmoins leur courage n'en fut point abattu, mais il fut soumis à une'épreuve plus rude encore. Quand en 180i, les généreuses fondatrices quittèrent Ernée pour aller h Saint-James établir enfin entre elles la vie commune, Mlle De la Panissaye, effrayée de la charge de supérieure, et, disons-le aussi, craignant probablement le non-succès, n*Osa se déterminer è la démarche définitive. Ce fut un coup affreux |H>ur ses associées, qui faisaient alors une perte plus diflicile à compenser que la retraite de M. Renault. Cependant, elles ne reculèrent pas, et seules sans fortune, elles résolurent d'aller enfin mettre la main à Toeuvre k Saint«James, où les nouvelles postulantes du lieu, et les sympathies que Marie Rocheravait trouvées dans les ecclésiastiques, lors de ses voyages, les déterminèrent à s'établir. Elles louèrent une maison de campagne, appelée le Oof-Tardt/, située è la porte de la ville, et s'y rendirent sucressiveroent en 180^, emmenant avec elles leurs deux postulantes d'Ernée, s'adjoignent les trois autres qu'elles avaient gagnées k Saint-James, et formaient déjà un noyau de huit personnes auxquelles se joignirent bientdt quelques autres sœurs et surtout un auxiliaire puissant dont il faut parler actuellement, puisqu'il fut destiné a donner les habitudes de la vie religieuse h cette communauté naissante. Les relations de Mlle Louise Biiiel, avec Marie Rocher, à Fougères, amenèrent la connaissance de la nouvelle entreprise k d'anciennes religieuses de Tabbkye des Urbanistes de cette ville, lesquelles, au nombre de quatre, désirèrent
profiter de cette occasion pour reprendre la vie commune, et furent assez modestes, as« sez désintéressées, pour aller partager cet essai, a|)puyé sur des bases si faibles. Ces religieuses avaient pourtant occupé les premières places dans leur monastère.
La révérende Mère Louise Lehreton de Sainte-Madeleine, et Micbeile-Pélagie Binel des Séraphins, avaient été les deux dernières (triennales) des Urbanistes, et elles amenèrent avec elles les révérendes Mères Blanche-Angélique Binel, dite de Sainte- Elisabeth et Saint-Martin, anciennes professes de leur maison. Leurs vertus, leurs sei^vices furent un trésor pour l'institut naissant. Ce fut sans doute cette considération qui détermina h les accepter, quoique la Mère fondatrice crût qu'il lui avait été révélé qu'on ne devait point admettre dans la nouvelle société des personnes qui auraient fait des vœux dans d'autres ordres. Néanmoins les Clarisses-Urbanistes reprirent leur habit gris, et ne portèrent jamais celui des religieuses qu'elles formaient k la vie monastique. Celles-ci, bien vues dans la localité, protégées môme par les autorités administratives, passèrent deux ans sous l'habit séculier, quoiau'dles eussent la permission de faire célébrer et de garder la réserve dans leur établissement. En 1806, elles revêtirent Thabit religieux qui, étant de couleur noire et à peu près semblable k celiii des Ursulines de la congrégation de Pai'is, mais sans manteau et sans ceinture; le chapelet était attaché au côté. Dans cette cérémonie qui semblait donner la sanction la plus forte k sa pieuse entrej)rise, Marie ^ Rocher prit le nom de Marie de la Croix , sous le<iuel nous la désignerons désormais, et quelle avait reçu de la voix de Dieu. Ses généreuses compagnes prirent aussi des noms religieux, et Mlle Duhoux choisît celui de sœur de Saint- Michel, k cause de la dévotion de l'institut naissant au chef de la milice célci^te; Mlle Morin fut nommée sœur de Saint-Joseph; Mlle Beaumont, sœur de Siinte-Claire ; Mlle Pouteau, sœur de Saint-François d'Assise; Mlle Gilbert, sœur de Sainte-Marie; Mlle Le Chautoux, sœur de Saint-Jean TEvangéliste. Cette vêture se fit le 1" juillet. Le 15 octobre suivant, Mlle Renault, retenue
Far la maladie quand les autres prirent habit, le reçut, avec le nom de Sainte-Thérèse, en même temps qu'une bonne fille native de la Basouge du Désert, au diocèse de Rennes , nommée Marie Ferrand, et qui fut. appelée sœur de Saint-Félix, et qui fut la première sœur converse de la nouvelle société.
La communauté, 7 compris les Urbanistes de Fougères, était donc déjh ci>m|K)sée de plus de douze personnes. La Règle qu'ele suivit d'abord, et qui avait été dressée par la Mère La Croix et M. Tabbé Genêt, lors- (lue celui-ci vint la visiter k Saint-James. Cette règle donnant avec raison beaucoup k la vie intérieure, maistroppeut-êtreaux austérités, était d'une rigueur que le tempéra*
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ment des sœurs ne put supporter. Toutes devinrent malades, et leur sanlé demanda une observance modiGée. La fondatrice chargea la révérende Mère Madeleine fUriianiste) supérieure, de s'adjoindre M. le Tuilier, curé de Montanety et d*aller àAvrancbes trouver M. Lesplut-Dupré» curé de Saint-Gervais et vicaire général , aGn d*y rédiger, de concert avec lui, une règle [>lus facile à observer. Cette règle a été suivie jusqu'en 1828, et fut alors abandonnée pour les raisons que je vais exposer. La maison du Clos-Tardif était un véritable paradis pour nos saintes filles, qui y vivaient dans la plus grande pauvreté, et recevaient quelques secours de personnes charitables, mais cette maison était tenue à lojer. Les religieuses furent obligées à la «quitter le 29 septembre 1807, et n'ayant point de logement convenable, elles se virent réduites k recevoir, pendant un an, l'hospitalité de deux familles pieuses de la ville. Elles conservèrent pendant tout ce temps-là leur costume et leurs règlements autant que possible, se rendant à l'église paroissiale pour les Offices publics et pour la Messe. La yille de Saint-James, située à l'extrémité de la Normandie, sur tes confins de la Bretagne, autrefois du diocèse d'Avrancbes, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Manche, dans le diocèse de Coutances, possédait jadis un prieuré de Bénédictins, soumis k Tabbave Fleury ou Saint-Benoit sur Loire, diocèse d'Orléans. Ce prieuré n'était plus habité depuis longtemps, mais son église, toujours debout, sert actuellement d'église paroissiale, et une partie de ses bAtiments existait encore et retenait toujours la dénomination de prieuré. Les religieuses errantes en firent l'acquisition te S mai 1808, et y fixèrent définitivement leur communauté qui, pour se donner une apparence de légalité, se fit approuver du gouvernement impérial en 1812, en qualité de communauté d'Ursulines. La société naissante des Trinitaires put alors suivre avec plus de formes régulières ses exercices monastiques. Tour tous les oflices publics , elle se rendait à l'église paroissiale, où elle avait un facile accès, par une porte de communication particulière, la maison étant attenante h cette église. Dans une chambre de la communauté, qui servait d'oratoire, les religieuses récitaient l'Office canonial, selon l'usage des religieuses Ciarisses- Urbanistes, dont elles avaient aussi le rituel pour leurs cérémonies de prises d'habit, etc. Elles ne gardaient point l'abstinence, ne se levaient point au milieu de la nuit, mais elles avaient un régime sain et conforme à i'esprit de pauvreté où, de toutes les façons, elles étaient obligées k vivre. Quoique la Mère Marie de la Croix eût dit que l'institut nouveau n'aurait point la fonction de rinstructton,'la commu* nauté, dès i'origine et toujours, a eu un pensionnat et un externat, et s'est livrée k I instruction des jeunes filles. Dans le nouveau local, le nombre des religieuses augmenta às^Qi sensiblement en recrutant des membres
dans les familles pieuses des envirooi, maji il ne se présenta aucun sujei qui tpportlt ou une dot considérable ou une ioslrucUon plus élevée. Toutes les novices de ces premiers temps paraissent avoir subi les conséquences de la malheureuse époaue qui venait de finir, et pendant laquelle les maisons d'éducation avaient été fermées. La paii, l'union régnaient au dedans du moDa^tère, et au dehors Tédification jqu'il donnait, lui sagnait les suffrages de tout le monde. La Mère Marie de la Croix voyait donc son œuvrCf si non dans l'état où elle l'avait prédite, du moins dans une voie qu'elle n'aurait osé humainement espérer. La restauration de la maison de Bourbon, qui pouvait iaire tant de fruits avanlaseux à l'Eglise et à ta France, si elle eût été ce qu'on avait droit d'attendre, et ce qu'elle avait intérêt à se maintenir, donna encore un nouveau point d'appui à la communauté de Saiot-James, comme à toutes les communautés de France. Dans les derniers jours de Tannée 1815, la Mère Marie de la Croix fut attaquée d'on redoublement d'asthme. Le mal fit des progrès rapides, et après avoir donné l'exemple d'une patience édifiante, comme elle avait donné celui de toutes les vertus, la pieuse fondatrice, munie des sacrements deTÊglise, mourut entre quatre et cinq heures du matin, le dimanche onze février de l'année 1816. Dès qu'elle fut morte, son yisage devint si beau, un air de béatitude semblait si visiblement reflété de ses traits, que tout le monde répétait ; c C'est une sainte 1 > Son corps fut inhumé au milieu d'ua grand concours de fidèles, dans le cimetière de la paroisse, et, chose étrange I quoique sa toinlM devint alors précieuse à la confiance et à la vénération, aucune marque n'en ayant iiiiiique la place, cette place s'est trouvée incertaine au point que lors des fouilles nécessitées par la translation du cimetière Ikts de la ville, on ne put reconnaître où éiait enterrée Marie de la Croix, en sorte qu'aujourd'hui le lieu de sa sépulture est ignoré, et vraisemblablement ne sera jamais connu, en sorte qu'on ne pourra jamais taire la translation de son corps, ni posséder rien de ce précieux dépôt. En mourant la fondatrice laissait la communauté dans un état prospère, mais n'avait point atteint le but qu'elle s était proposé ; cette communauté n'était point m inslituL Au lieu d'aller droit au but dont je parle, on s'était borné à du provisoire, et c'était une grande faute. On pourrait croire qu'il n'y avait plus qu'un pias à Iaire; c« serait une erreur; l'expérience a montré qu'une transformation ou une réfonne est souvent plus difficile qu'une création pre« mière. Dans l'année qui suivit la mort de U Mère Marie de la Croix, la comouoaoté s'assembla et tint conseil sur les mesorcs qu'elle avait à prendre.
Persuadés que ce nouvel établisseflaenioe
pourrait jamais Atre approuvé comme m institut spécial sous le titre de la Sainte' Trinité, les supérieurs eeclésiastiqacs '^u diocèse témoignèrent le désir de le y^
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sllaché k qoelqae ordre déjà reconna dans l'Eglise. Ces conseils causèrent aux reli« gieoses des peines et des contradictions. Lidée d*un institut de Trinitaires dominait toujours, et pour s*éclairer et réussir on 9Tait recours a la prière. On peut dire que de 1817 k 1826, la communauté, toujours réffulière, toujours édifiante au dehors, troublée par ridée d*un avenir encore inconnu, ne jouissait point de la paix intérieure. Ses supérieurs demandaient toujours qu'on s'attachât à un ordre quelconque, promettant, en com^nsation, de donner des rà$(lemenls spéciaux et des constitutions en Thonneur de la sainte Trinité. M. Cbaruel, curé de Saint-James, eut même l'étrange pensée de proposer de s'agréger aux Drsulines I Queiooe respectable et utile que soit l'ordre des Irsulines, il ne pouvait certainement convenir aux idées qui avaient dirigé la Mère Marie de la C^ix et ses premières compagnes. L'idée de s'associer à la Visitation souriait davantage, je ne sais pourquoi, et 1*00 fit même quelques tentatives d'agrégation, heureusement restées infructueuses.
Quelques religieuses avaient même goûté le proiet d'union aux Ursulines.
Cela prouve que toutes les sœurs n*étaient pas restées fidèles aux vues de Marie de la Croix, et dans le chapitre, celles qui tenaient à son héritage et k ses pensées n étaient pas toujours les plus nombreuses. Elles furent néanmoins constantes et fermes, et même nue de celles oui avaient habité les premières la maison du clos-Tardif et celle du Prieuré, n'y ayant point fait vœu de stabilité et ne voulant point se prêter à tout ce qui contrariait les premiers projets, résolut de partir et partit en effet; mais elle n'avait pas encore quitté la ville de Saint-James , et elle céda aux instances qui demandaient son retour (M. Charnel était de ceux-ik), et lui promettaient, sans doute, que ses pieux désirs seraient exaucés. Cette religieuse était Mme Sainte-Thérèse Renault, nièce des trois sœurs dont j*ai parlé ci-dessus, et l'une des premières acquisitions faites par la société naissante. Elle rentra donc au monastère, mais la détermination qu'elle avait prise dut laire impression. 11 eût été facile de faire cesser ces luttes Intestines. L'évêque du diocèse n'avait qu'k user de sa bonne volonté et de son pouvoir, en laissant aux religieuses la latitude dont elles avaient joui jusqu'alors. Mgr Dupont-Poursat eut enfin commisération de cette communauté , qui s*eii remettait h ses ordres ^ mais ne cessait d'exprimer son vœu d'être une société de Trinitaires. Il lui demanda de faire une règle sous ce nom et dans cette vue. M. l'abbé Cbaruel et M. Tabbé Gobir, alors vicaire à Saiol-James, et Dymis, curé à Saint-Symphorieo , composèrent cette rè^le , de concert avec la communauté, qui la signa et renvoya h Rome, en l'année 1890 ou 1821.
La communauté ne reçut de réponse qu'en 1826 ! 1 Un bref favorable autorisait les reli* gieuses de Saint-James k porter le nom de Trinitaires et k suivre la règle que leur don-
nerait l'évêque du diocèse. M. Dupont- Poursat chansea , en conséquence , M. Lesplut-Dupré, son vicaire général et frère du curé d'Avranches, de composer une règle cl des constitutions en l'honneur de la sainte Trinité. La communauté reçut cette Règle le 1*' janvier 1829, et commença k l'observer aussitôt, mais par manière d essai, et nous verrons bientôt que plusieurs points ayant paru devoir être modiQés ou changés, une nouvelle règle fut, plus tard, déGnitivement donnée , approuvée et imprimée. Il arriva alors , pour Tinstilut nouveau , une chose qui demande une mention spéciale. Formées aux habitudes monastiques par les Urbanistes, les religieuses récitèrent, même après la mort des Urbanistes, l'Oi&ce franciscain; mais cet usage ne pouvait durer toujours , la société de Saint-James n'ayant rien de commun avec l'ordre de Saint-François. Il était donc naturel que les religieuses prissent ou l'Office romain ou celui de la sainte Vierge, comme on fait la plupart des nombreuses congrégations fondées depuis trois siècles, et qui n'ont point l'Office canonial. La Mère la Croix avait prédit qu'il y aurait pour sa congrégation un Bréviaire en l'honneur de la sainte Trinité, et qu'il serait composé par les évêques. Cette prédiction s'est réalisée du moins en partie , car les religieuses de Saint-James ont un Office, sinon composé parles évêaues, du moins approuvé et donné par l'évêque de Coutances, et rédigé exprès pour elles en l'honneur de la sainte Trinité. Quoi qu'il en soit de cette révélation qui me semble néanmoins une des plus frappantes entre colles dont elle s'est crue honorée, on a eu tort, ce me semble , de prendre pour base de cette composition spéciale le rit parisien et encore plus de l'adapter spécialement an diocèse de Coutances , puisque la congrégation est destinée k s'étendre ailleurs , et a déjk une colonie dans un autre diocèse. Jusqu'alors on avait récité l'Office dans cette cnambra destinée k cet usase, et dont j'ai déjk parlé. La Mère Marie de la Croix, qu'on avait avec toute justice mise au rang des religieuses de chœur, nonobstant son défaut d'instruction, ne pouvant réciter ces heures, les remplaçait par des prières spéciales , se tenant dans une pièce voisine, dite ïà chambre d'oraison^ pendant que ses sœurs psalmodiaient en chœur. En 1828, la communauté ut bAtir une église k son usage; cette église ut, cette année, bénite par Mgr Dupont- Poursat, et dès lors les religieuses eurent un chapelain spécial et n'allèrent plus k l'église paroissiale. Ce dernier édifice , faisant cependant partie de leur maison, sérail une acquisition avantageuse pour elle, dans le cas probable ot la paroisse le vendrait pour en édifier un plus convenable. Le 7 août de cette année, Mgr Dupont-Poursai vint bénir cette chapelle, où il dit la première Messe. D*autres augmentations importantes ont été faites k la maison depuis la mort de la fondatrice. Le ih mai 18M , la clôturai établie partiellement depuis une