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DES ORDRES REUGIEUX.
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la récréaiioo prennent ane heure et demie La prière et Teiamen closent les exercices de la journée. A neuf heures et un quart, les religieuses sont dans leurs cellules , et 00 donne lo signal pour le repos. Hors le temps de la récréation, le silence est prescrit da«s U maison ; il Tesi à toute heure dans les lieux réguliers. Toutes les soBurs occu-
J)eni une cellule, tirée au sort chaque année, I répoque indiquée par la supérieure.
Toutes couchent sur un matelas, mais on |)eut donner un lit de plume aux malades. Sans en iaire le v«eu, les religieuses gardent la clôture, et^ dans le •trav.aiT des mains, ne font rien de ce qui pourrait servir à la vanité du monde. La supérieure n'est point perpôtueUe; les obédiences et les charges principales se renouvellent tous les trois ans. Le temps de la probation est de deux ans et demi; la pcol'ession se fait en ces termes :
Au nom et pour lagloire de la sainte Tri-' niie\ MOU» la protection de la sainte Vierge^ de nos saints patrons f moi, iV.... dite.,N.,.t voue et promets à Dieu, pauvreté ^ chasBté^ obéissance et stabilité^ conformément à la Règle et aux Constitutions de la Congrégation^ sous l'autorité de M^r ^illustrissime et révé^ rendissime iV..., éveque de Coutances^ et de révérende lUire iV..., supérieure de -cette communauté de la Tres-Sainte^Trinité l'an de Notre-Stigneur.
On peut consulter sur cet institut, outre le volume des Constitutions indiaué ci-dessus, )*opuscule intitulé : Esprit de rinstitut des religieuses Trinitaires^ établies à Saint* James-ae^Beuvron t diocèse de Coutanees^ in-18, et la Vie de la révérende Mire Marie de la Croix, fondatrice de la congrégation de la Sainte'Tnnité^ contenant l'histoire de cet institut avec des notices sur les premiires religieuses i etc., vol. in-12, par M. L. fia* diche, préXre du clergé de Pans, etc., etc.
TRINITÉ ( Religieuses de la sainte )»
maison mire à Valence { Drame }.
La haute réputation que les deux illustres fondateurs de Tordre de la Très-Sainte-Trinité 6*étaient aci^uise par leur zèle et par leurs vertus avait suscité de nombreux disripics dans tous les ranss des fidèles. On vil même bientôt des femmes de la plus haute naissance solliciter Tbonneur de partager leurs travaux. Instruit de leur dessein, saint Jean de Matha ne voulut pas les assujettir aux pénibles exercices qu*il avait prescrits à (*es religieux, mais il en forma diverses associations qui se dévouèrent comme eux au rachat des captifs, en contribuant au succès de cette bonne œuvre par leurs prières et par leurs libéralités. Il donna ensuite à ces pieuses coopéralricos une règle sfiéciale et un habit qui différait peu de son ordre. Cette double faveur encouragea leur zèle , leur attira des compa{(nes, multiplia leurs établissements, et bientôt elles devinrent si nombreuses et correspondirent
DlCTIORX. MES OftnnBS KELIG. lY.
si bien à la grâce de leur vocation , qu'elles méritèrent d*être associées canoniqueœent à l'ordre de la Sainte-Trinité par une bulle du Souverain Pontife.
En 16M, une communauté de ces pieascs familles fut fondée, à Lyon, par M. Morange, vicaire général , qui leur confia réducatloti de quelques jeunes personnes et le soin des malades dans plusieurs hôpitaux. Cet établissement fut béni du Ciel^ et se trouva bientôt si prospère qu'il put fonder à son tour diverses maisons, au nombre desquelles celle de Valence occupa le premier rang. (Bcxio» livre de t Adoration perpétuelle; Préface de la Règle donnée aux Trinitaires ()ar Mgr Miton^ évoque de Valence; Vies despremiires Mires Trinitaires.)
Sur la fin de l'année 1685, la vénérable Mère Jeanne Adréan du Saint -Esprit, nommée par M. Morange, supérieur des Trinitaires de Lyon, fut obligée de venir k Saint - Peray, où rune de ses sœurs gravement ma^ lade réclamai Isa présence. Elle fut suivie des sœurs Pradier et de Grcnd maison. En passant à Valence, elles eurent toutes trois l'occasion de voir Mgr Duœée de Cosnac évoque de cette ville, et Je s'entretenir avec lui de l'objet de leur institut; le prélat charmé de leur piété, de leur zèle et suKout de l'offre
au'elles lui firent de venir, si on le désirait esservir les hôpitaux de Valence, manda les administrateurs de l'Hôtel -Dieu pour leur faire part d'une proposition si avantageuse : ceux-ci édifiés à leur tour de l'em* pressement des Trinitaires, souscrivirent volontiers au projet de leur établissement dans la ville et il fut convenu que le soin de THÔtel-Dieu leur serait entièrement confié. M.Morange,informédecedesseinrapprouva aussitôt, et adjoignit aux trois sœurs restées à Valence la sœur de Richement, qu^il détd* cfaa de sa communauté
Ce fut le 2fc décembre 1686, que I(i Mère Adréan du Saint-Esprit entra dans l'Hôlel- Dieu de cette ville avec ses trois compagnes; elle doit donc être regardée comme la première supérieure des Trinitaires de Valence. Elle se fit bientôt remarquer par un zèle à toute épreuve, ))ar une sollicitude, par un dévouement qui lui gagnèrent tous les cœurs; mais ce qui lui attira surtout radmiration de la ville entière, ce fut son éminente piété; les malades l'appelèrent communément la sainte fti tous ceux qui avaient le bonheur de la connaître avouaient que ce titre lui était dû k tous égards. Malheureusement une mort imprévue l'enleva, le 28 janvier 1681, à ueine Âgée de 38 ans; la coubternation fut générale dans la ville; une foule nombreuse envahit PHôlel-Dieu pour voir la sainte pour la dernière fois; et témoigna tant d'empressement qu'on fut obligé de fermer les portes pour éviter les désordres qoi auraient pu en résulter.
La Mère Adréan fut inhumée dans l'église de la maison avec son habit de Trinitaire« La direction de THôteUDieu fut alors confiée 5 sœur Diane Randoui qui ne vécut qm
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iasqa'en 1890, et fut remplacée par Marie - Marthe de la Force» sœur du R. P. Grégoire de la Force, général et ministre de tout Tordre de la Sainte-Trinité.
Marie-Marthe dirigeait depuis neuf ans la maison de Roanne en Forez lorsqu'elle fut donnée pour supérieure aux Trinitaires de Valence. Ce fut de son temps qu*on établit dans l'église de THÔlel-Dieu de cette ville Tordre de la Rédemption des captifs. Le P. Grégoire de la Force étant Tenu à Valence eu 1695, les sœurs lui adressèrent à ce sujet une requête qu'il accueillit avec empressement; n'ayant pu prolonger son séjour assez longtemps dans la ville pour ériger la confrérie par lui-même, il commit ce soin à M. Mazoiro , directeur des Trinitaires et vicaire général de Mgr Bocbard de Chamnîgny, évoque de Valence. La confrérie fut solennellement érigée le 28 janvier 1696. Le même jour un tronc fut placé dans Téglise de THÔtel-Dieu pour recueillir les aumônes destinées au rachat des captifs; ces aumônes furent toujours, depuis lors, envoyées aux frères de Tordre de la Sainte-Trinité, mais le 16 juin 18tô, un rescrit du pape Grégoire XVI, permit aux religieuses Trinitaires de Valence de les consacrer aux bonnes œuvres que leur congrégation est chargée de faire en Afrique, où elle possède plusieurs établissements. «
Pleinement satisfait du zèle et des services ies sœurs Trinitaires, les administrateurs de THÔtel-Dieu résolurent de les attacher à cet hospice d'une manière plus étroiie et passèrent avec la supérieure un contrat qui fut epprouvé par M^rde Champigny, le 25 juin 1693 et confirmé par Mgr de Catellon le 20 novembre 1706. Cet acte dont l'expédition en forme se conserve dans les archives de la communauté portail : 1* que les religieuses Trinitaires seraient nourries aux frais de l'hôpital de même que leurs servantes, et qu'il serait payé annuellement h chacune trente livres pour son entretien h ja charge pourtant de remettre au trésorier ce qu'elles auraient de reste; â"" qu'il leur serait permis de continuer leurs exercices en Thonneur de la sainte Trinité, de tenir des écoles de filles, des pensionnaires et de recevoir des novices
Jiourvu qu'elles ne fussent point à charge à 'hôpital; 3* que dans l'espace de trois ans, elles prendraient è forfait la dépense de THôtel-Dieu , movennant six sous par jour pour chaque malade, soixante livres pour l'apothicaire et autant poupla lingerie.
Le 31 juillet les Trinitaires acceptèrent aux mêmes conditions la direction de Thospice de Montelimart. La première supérieure de ce nouvel établissement fut la Mère Madeleine Guillard de la Vierge Marie» qui mourut le S2 août 1719, Agée de cinquante-deux ans.
Tant que vécut M. Morange, vicaire général de Lyon et supérieur des Trinitaires de cette ville, il dirigea la communauté de Valence où il envovait des religieuses suivant les besoins de l'Hôtel -Dieu et d'où il appelait les nov'ces qui allaient faire profession
entre ses mains ; mais après sa mort, arrivée en 1703, la communauté se rendit indépeadante de la maison mère, forma dès lors ses novices et se soumit entièrement è la direction de Tévèque de Valence. Mgr Ch. Moton sollicita en leur faveur des lettres de la cour, qui les attachèrent de nouveau à perpétuité au service de THÔtel-Dieu, et approuvèrent, confirmèrent et autorisèrent la congrégation, en lui permettant de posséder en tomes propriétés les biens meubles et immeubles
Su'elle pourrait acquérir, ou qui lui seraient onnés jusqu'à la somme de 2,500 livres de revenu annuel. Cef lettres patentes de Louis XIV sont du mois de mai 1712; elles furent enregisUées au parlement du 27 janvier 1728. Ce fut vers cette époque que rbabit des Trinitaires changea de forme et de couleur. £lles gardèrent le scapulaire blanc orné de la croix rouge et bleue, mais elles
1)rirent un vêtement noir plus commode pour e service des malades. Elles substituèrent aussi en 1738 le petit Oflice de la très-sainte Vierge an erand Office romain qu'elles avaient récité jusqu'alors; ce changement fut nécessité par leurs nombreuses occupations. La même année, la maison de Montelimart qui, depuis son établissement, avait été pourvue par celle de Valence, fut autorisée è recevoir des novices , à leur donner Thabit et à les admettre h la profession reli*
5ieuse; elle jouit de cette faculté jusqo*en 850, époque où tous les établissements des Trinitaires furent réunis en une seule congrégation, sous la direction d'une supérieure générale résidant dans la maison mère de Valence.
Ces saintes filles avaient eu beaucoup k souffrir pendant la Révolution. Lorsque les troubles éclatèrent, elles avaient pour sui^érieure la! Mère Blanche Agnès Dubost religieuse d'un grand caractère et d'une éminente vertu. GrAce ksa fermeté etk l'empire qu'elle exerçait autour d'elle, sa commu nauté résista k tous les assauts que lui suscitèrent les ennemis de la religion si nom breux et si puissants à cette époque. Klle continua le service de THÔtel-Diou quoique persécutée de toute manière. Elle offrit un asile à plusieurs religieuses de différents ordres expulsées de leucs couvents, et même à quelques prêtres dont l'administration ne soupçonna jamais la présence dans un lieu
au'elle fréquentait assidûment. Tant que ura le rè^ne de la Terreur, les Trinitaires par leur pieuse industrie joignirent Je |»récieux avantage d'entendre tous les jours la sainte Messe, de recevoir les sacrements et de les faire administrer pendant la ouiti la plupart de leurs malades.
Il serait trop long de raconter les souffances u'elles eurent à endurer à cette époune. n voulut les obliger au serment; on leur enjoignit de quitter Thabit religieux; on tenta même de les chasser de l'hôpiuUon mit tout en œuvre pour les effrayer et pour les pervertir; mais tout fut inutile t visitas inattendues^ menaces, sollicitations t rin
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DES ORDKES RELIGIEUX.
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n'ébranla leur fermeté, rien ne put les éloigner de leurs malades.
Lorsque Tinfortuné Pie VI fut amené à Valence, elles eurent le bonheur de lui 6tre
Erésentées et de recevoir sa bénédiction, 'archevêque de Corlnthe Mgr Spina, qui était h la suite du Pape, leur témoigna beaucoep de bieuTeillance , les visita souvent et doQoa à la supérieure une assiette en porcelaine dont le Souverain Pontife se servait tous les jours parce qu'elle lui avait été offerte par une princesse dont il estimait singulièrement la Tertu.
Tous les habitants de Valence avaient apl^audi au zèle et à la conduite des religieuses de la Sainte-Trinité durant le temps orageux de la Révolution et les impies même en avaient été éditiés. H. Desoorches, préfet de la DrAme, loua leur courage, il en félicita la sopérieure et lui offrit une croix d'argent telle que les Trinitaires la |)ortent aujourd'hui sur leur poitrine , la priant de l'ajouter an costume de la congrégation • ce qui fut approuvé par Tévéque et accepté par les sœurs , comoM un monument de leur fidélité dorant les épreuves qu'elles venaient de sabir. Il était juste en etfet de rendre témoignage k la sage&se et h riiabileté des reli- Sieuses chargées de la direction de l'Hôtelieu, autant qu'à leurs vertus et h la sainteté de leur vie. Les commissions administratives
t réposées de nos jours au gouvernement des Apitaux ne veillent pas avec autant de sollicitude aux intérêts de ces établissements* Rien ne saurait remplacer l'esprit de Dieu, l'esprit de foi, le dévouement des vierges consacrées à Dieu. Dieu sait ce qu'eut été le sort de celui de Valence, si les religieuses Trinitaires en eussent été chassées pendant la Révolution. Lorsqu'en 1802 les administrateurs de la ville voulurent connaître Téta t de la maison, ils furent étrangement surpris de Theureuse situation de ses affaires. Outre un mobilier considérable acheté par les sœurson trouva dans l'Hôtel-Dieu 17,912 fr. des états des malades militaires, et 7,892 fr. des malades civils, comptes dûment arrêtés par l'autorité compétente; les sœurs devaient
Cur denrées qui étaient encore à la maison .iOlfroet des emprunts qu'elles avaient contractés pour soutenir le service, 6,250 fr., il en résultait un actif de 25,80b fr.
Comme elles consacraient toujours aux besoins de l'HAtel-Dieu leurs dots et leurs revenus, elles avaient au commencement de la Révolution, M),000 fr. en contrats de rente sur le clergé de France, sur les villes do Valence et de Lyon, ainsi que sur diverses maisons religieuses. Cette somme n'a jamais été liquidée. Quoique livrées à leurs propres ressources, elles ont soigné les malades militaires pendant toute la Révolution, bien qu'à rép<K)ue oii les assignats tombèrent en discrédit, elles eussent éprouvé une perte de 70,000 fr.
On voit (Mir là que la consrégation oes Trinitaires était alors la Providence des pauvres et des malades en bveur de qui elles disposaient de nombreuses ressources. Cette
prospérité n'a rien de surprenant, quand on sait que la pluimrt des religieuses de cette congrégation appartenaient aux familles nobles et riches de la Provence, et que, consacrant tous leurs revenus à l'œuvre do l'HAtel-Dieu, elles ne dépensaient pour elles-mêmes que le strict nécessaire. Il n*^ a que la vraie religion qui inspire un pareil désintéressement, un si parfait dévouement; aussi les Trinitaires eurent-elles la joie de voir leur congrégation s'affermir de plus en plus et multiplier les établissements dans le diocèse de Valence et dans les pays voisins. La ville de Crest leur confia le soin de son hospice en 1810. Cet exemple fut suivi peu de temps après par les villes d'Annonay, de Sist'eron, de Briançon, du bourg Saint-An« déol, de Mende et de Voiron. La maison de Valence fut de nouveau légalement autorisée par un décret impérial, qui confirmait aussi la fondation des autres établissements. Ceux-ci s'élevaient déjà au nombre de vingt-huit, et tous se trouvaient dans un état prospère.
Mais tandis que la congrég^ation se développait au loin, elle eut àfsubir une épreuve d'autant plus sensible qu'elle n'avait été nullement méritée. H y avait dans la ville deux hôpitaux, l'un connu sous le nom d'Hôpital-Général et l'autre sous celui do l'Hôtel-Dieu,: le premier, d'abord servi par des personnes à gages, fut ensuite confié AUX religieuses du Très-Saint-Sacrem«*ni.
Le 17 septembre 1802, la commission administrative de ces deux maisons fit un règlement homologué par le préfet de la Drôme, en vertu duquel l'Hôpital-Général était consacré aux vieillards, aux aveugles, aux filles et aux femmes malades et aux eniants abandonnés, tandis que l'Hôtel-Dieu était exclusivement réserve aux malades civils et militaires; cet arrêté était manifestement en opposition avec le contrat passé entre la ville et les sœurs Trinitaires, mais il n'en fut pas moins exécuté. L'administration alla bientôt plus loin : elle résolut d'unir l'UÔtél-Dieu à l'Hôpital-Général sous prétexte d'économie. En 1813, elle demanda l'avis du préfet, qui autorisa cette union, malgré les plaintes et les protestations des Trinitaires, qui consentirent enfin, pour le bien de la paix, à cesser entièrement le service des malades à des conditions incapables de les dédommager d'un pareil sacrifice. On leur laissa la jouissance des bâtiments do l'Hôtel-Dieu pour y fixer leur noviciat et y établir une école gratuite, en faveur de la-
Îuelle on leur alloua la somme de 1,900 fr. ette école leur fut enlevée en 1835. Ce fut alors qu*elles fondèrent un pensionnat de demoiselles, avec l'autorisation des supérieurs ecclésiastiques. Elles ont obtenu ulus tard la création d'une salle d'asile dans leur établissement. L'ordonnance royale qui l'autorise est du 17 septembre 1837. Depuis cette époque, la congrégation de la Trinité» devenue de jour en jour plus florisscanie, s'est placée au premier rang parmi cellea du diocèse de Valence : elles possèdent de
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DICTIONNAmE
t'NI
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nombreuses maisons dans les diocèses de Digne, de Mende, de Viviers, de Grenoble, du Puy, do Fréjus, d*Alçer, etc. : ce sont des hospices, des salles d'asile, des pensionnats, des écoles gratuites. Tous ces établissements sont confiés à des rejigieuses ()ui se distin-
guent autant par leurs vertus que par leurs talents, et surtout par le zèle dont elles sont animées pour la gloire de Dieu et pour la sanctification de la jeunesse par une édacation vraiment chrétienne. (1 )
UNION CHRÉTIENNE (REUGrauslBs de l').
à Fontenay-le-ConUe {Vendée).
Les premiers siècles de l'Eglise produisirent des dames illustres en vertu et en piété, qui remplies de l*esprit de Dieu, se dévouèrent aux œuvres de la charité pour rinstrnction des personnes de leur sexe et pour les soulager dans tous leurs besoins. Dieu suscita des Maroelles à Rome, des Olympiades à Constantinople, des Mélanies et des Paules à Jérusalem, et d'autres dans tous les pays, qui, sans entrer dans les engagements d'une vie entièrement retirée, ne laissèrent pas de pratiquer les vertus les plus héroïques, et qui, sous l'ordre et la conduite des évoques et des prêtres, s'employèrent au salut des âmes et au service du prochain. Il en fut ainsi dans tous les siècles; quoiqup la charité fût refroidie et que riniquité eût fait de trop) funestes progrès, ces grands exemples inspirèrent à d*autres le même courage, le môme héroïsme. La Providence les suscita surtout dans de grandes calamités morales et lorsque les besoins de l'Eslise se faisaient le plussentir. Le xvii* siècle, qui fut témoin de srands scandales, nous offre les prodiges de charité, de zèle et de dévouement dans l'un et dans l'autre sexe, qui s'opposèrent au torrent dévastateur, qui semblait menacer même Texistence de l'Eglise.
Parmi les personnes du sexe, Mme Marie Suma^ue, veuve de M. Polaillon, chevalier, conseiller du roi, tient un des premiers rangs. L'esprit de Dieu qui l'animait lui donna une charité sans bornes pour le soulagement des personnes de son sexe, un zèle si ardent pour procurer la gloire de Dieu et le salut des Ames, que, non contente d'avoir fondé la communauté de la Providence au faubourg Saint-Marcel, à Paris, pour être Tasile de celles dont l'innocence était en péril, voulut encore éta* blir une société de filles et de veuves, qui, surmontant la faiblesse et la timidité de leur sexe, se vouassent au service de Dieu et du prochain, y consacrassent leurs biens, leur santé et leur vie, et suivissent Jésus- Christ, leur divin modèle, selon les maximes du saint Evangile, renonçassent à tout, se séparassent de bon cœurde leurs parents, de leurs amies, de leur patrie même pour aller dans les pays les plus éloignés, chez les nations les plus barbares, travailler au salut des Ames, conservant toujours entre «lies cette union si sainte, dont la charité
(I) Voi^. à la fia du vol., n»* 251, tS3.
est le lien, suivant (mrtout les mêmes règles et les mêmes constitutions.
Mme Polaillon, deux excellentes filles de Lvon, qui, comme elle, étaient animées d un zèle ardent pour le salut des Ames, fnvorisées de dons extraordinaires, furent le noyau de cet institut; peu de temps après cinq autres se joignirent à elles pour la même fin. Saint Vincent de Paul fit la première cérémonie de cette association, selon le pouvoir qu'il en reçut de Mgr de Gondi« archevêque de Paris, et ses premières sœurs furent pénétrées de tant de ferveur et <Ie recueillement, que ce digne prêtre, H.Olier et plusieurs autres personnes d'une émineute vertu assurèrent depuis qu^ils n*a« valent jamais ressenti dans aucune autre cérémonie, ni trouvé plus de sujets d'édification.
Deux ans après, le 17 octobre 1652, ces saintes filles renouvelèrent leur association pendant une retraite, où elles se confirmèrent dans les résolutions qu'elles avaient prises, d'imiter, autant qu'il leur serait |X)ssible, la vie et les actions de Notre-Seigneur Jésus-Christ qu'elles avaient choisi pour modèle dans ce nouveau genre de vie, et comme les sentiments que Dieu leur inspira furent unanimes, ce qui les leur fit regarder comme une marque de leur vocation, elles en firent la première règle d'union qu'elles mirent h la tête de leurs constitutions comme un monument éternel des grAces qu'elles reçurent alors de la bonté de Dieu.
Mgr l'archevêque de Paris confirma tout ce qui s'était fait et se déclara le protecteur spécial de la communauté. HDe Polaillon mourut de la mort des justes, en 1657, laissant ses chères Filles sons ia cooduite de M. le Vachet,(|ui, dès le commencement de leur association, en avait pris un soin particulier et qui ne cessa tonte sa vie de leur donner des preuves d*ua xèlo et d'une charité infatigables.
Mme Polaillon était décédée sans avoir pa procurer è ses chères filles un établissement convenable, mais Dien lui dopni avant sa mort, comme une certitu'le inbilli* ble que la Providence divine r<|iandrait ses plus abondantes bénédictions sar rrt institut; ce fut dans un songe extraonli* naire dont toutes les circonstances s*ac(omplirent h la lettre d'une manière merteiileuse, ce qui prouva qu'elle- était éclairée de la lumière des saints, plus pénétrante dans l'avenir que toute la prévoyance de^
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DES OUDRCS RELIGIEUX.
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sages et que toute la politique des savants.
Peu de temps après sa mort, une des premières filles qui s'était consacrée à Dieu avec Mme PcUaiUou, MHe de^ Croz«, put disposer d'une suGcession dont elle se servit avee Mite de MartaignevHIe, sa cousioe» pour former le séminaire de l'institut, et OB put former des sujets capables de communiquer le même esprit dans toutes les communautés où elles seraient appelées, afin d*y maintenir l'union. Mlle de Ooze qui eo fut la véritable fondatrice, en fut aussi la plus ferme colonne pendant plusdecinqiiante ans. Jusqu'alors les sœurs demeuraient dans la communauté de la Providence, qui fut comme la première source, d'où Tinstituttira son origine en la personne de Mme Polaillon, qui y faisait sa résidence ordinaire. Des sept premières filles qui s'étaient jointes k elle, cing demeurèrent dans la maison de la Providen- ' ce, et deux d'entre elles, sous la conduite de M. fe Vachet, se mirent h la tète de Tinstitut de KDnioni au bourg de Cbaronue> près Pafis. >%
La vie de la vénérable Mère Anne de Croze est un assemblage de vertus, un modèle de perfection où chaque Chrétien peut aspirer; sans s'écarter du genre de vie où chacun se trouve placé par la divine Providence, on peut arriver avec le secours de la grâce à la pratique des plus héroïques vertus, elle prouve qu'on n'a quti se jeter, comme dil saint Auçusiin, dans le sein amoureux de Dieu : il ne se retire jamais pour nous laisser tomber.
La vénérable Mère de Croze avait été }K>urYue dans sa naissance et par les biens île la fortune de tout ce qui pouvait la faire distinguer dans le monde ; mais elle n'eut jamais d'autre désir que de plaire à Dieu et de se consacrer dès ses premières années à son service. Elle était née avec un esprit sunérieur, elle le cultiva par l'étude des belles-lettres et par la science de la philosophie qu^elle s était rendue familière. ENe était douée d'un jugement solide; elte avait le cœur grand et généreux, une mémoire admirable qu'elle conserva jusqu'à son extrême vieillesse. Tout cela était soutenu par un excellent nature! joint à une modestie et aune douceur d'ange. Pénétrée des vérités éternelles qu'elle avait gravées dans son cœur, elle fut toujours si fidèle à la grâce, que tout ce qui paraissait difBcile et comme impossible aux autres pouvait passer en elle pour une sainte habitude, en sorte qu'elle justifia parfaitement ce que dit Notre Seigneur dans l'Evangile : que son joug est doux et son fardeau léger (J|fa//A. XI, ao); et qu'elle courut, comme dit le$ar ge, dans la voie du Seigneur, sans être arrêtée par aucun obstacle, (Sap, xti^ Q et 7.) Sa ferveuc se fortifia avecPâige, l'amour de Dieu fut toujours maître de son cœur; il fut Tunique motif qui lui firent entreprendre de grandes choses pour la gloire de Pieu et le salut des àme6.
Mlle de Croze naquit h Anet, département de l'Eure, le 90 avril 1625, de parents illus^ très par leur ancienne noblesse, mais plus encore par leurs vertus. LouisXIII qui avait une affection singulière pour M. de Croze, le retenait près de lui. On lui donna le nom d'A4ine, qui signifie grâce, heureux présage de celle dont cette Ame choisie devait être remplie. La pratique des vertus prévint en elle l'usage de la raison : elle n'avait que quatorze mois lorsque sa nourrice, qui ne croyait pas qu'à un âge si tendre on pût être susceptible de pudeur , l'ayant laissée un iour dans la* cour, sans robe, elle alla se cacher dans des orties, aimant mieux souffrir leurs piqûre, que d'être vue dans un état indécent. Elle perdit son père k Tâge de deux ans. Elle n'avait que trois ans qu'elle apprit par cœur au fils de la nourrice qui en avait cinq, toutes les prières qu'elle avait apprises, et elle ne lui permettait pas de jouer lorsqu'il avait négligé de retenir les leçons qu elle lui donnait.
Sa pieuse mère cultiva de si heureux commencements; elle l'entretint des vérités de la religioHi de la grandeur de Dieu, de> la sainteté de nos mystères, et particulièrement de la passion de Notre-Seigneur : ce récit la faisait foudre en larmes. Bès Tâ^e de quatre ans, elle cougut une haute estime et uu amour ardent pour les sacrés mvstères et les cérémonies de la religion. Alors se firent sentir ses premier.s désirs de se consacrer à Dieu : elle lui demanda constamment cette faveur, dans ses innocentes prières; elle se plaisait à les imiter dans leurs actions et dans leurs habits dès qu'elle put les connaître.
En 1633, Mme de Croze et sa fille quittèrent Anet pour aller k Cbaronne, auprès de Mme de Ricbeaurac, sa sœur, qui s*était retirée de la cour. Ce fut sa maison qui fut la première de l'Union chrétienne. Ce fut en ce lieu qu'Anne, conduite par l'esprit de Dieu qui dirigeait toutes ses actions,, fit ses délices de la solitude et ne s'occupa que. des vérités éternelles qu*eile coûtait ave^une douceur merveilleuse. Quoiqu'elle, n'eût, eu pour directeur dans la scienoe de Ja religion que ce même es()rit de Dieix.qi}i éclairait éon âme perdes lumières supérieures è la raison, la divine loi etiles grandes vériléf de la religion furent si ibrtemenl gravées dans son cœur qu'elle donnait aux domestiques de sa tante d'admirables leçons avec tant de zèle, de douceur el de force que, cbarméA de la gr&ce de ses entretiens, ils n*eureiU pas bofUe d'apprendre de cet enftint des vérités qu'ils avaient ignorées jusqu'alors, et à. r4gter leurs mœurs sur les principes de \eis foi. Elle apprit par cœur l'Ecriluro sainte et tous les soirs elle en entretenait s^ mère et sa tante, qui étaient dans le ravissement en voyant cette enfant qui croissait chaque jour en vertu et en sagesse.
Mlle de Choisel qui était auprès de Mmo de Richeaume, charmée des excellentes dispositions de cette jeune enfant , lui Tu oonnaitro les saiuts exercices do la piëté|
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DICTIONIUIRE
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de péuitence, de inortiflcatioD, qu'elle pratiquail en Darticnlier, lui apprit la méthode de faire I oraison mentale.
Mlle de Croze ne connut le mal que pour réviter et pour s'en garantir, son cour parbitement soumis à Tempire de la raison et de la grâce ne formait de désirs que pour le ciel, n'arait d'aversion que pour le péché. Les parures ni les amusements n'avaient d'attrait pour elle; elle s'abstenait même des choses nécessaires, dissimulant ses petits besoins et faisant dès lors i*essai de cette pauvreté évangélique qu'elle pratiqua ensuite avec tant de perfection. Elle fit sa première communion à neuf ans et demi. Les Pères de la mission jugèrent qu'on ne pourrait trop t6t l'accorder h ses désirs et à la grâce dont elle était prévenue. Dès cet instant, tout ce q^ui ne la portait point à Dieu n'avait pour elle aucun attrait, elle goûta dans la participation aux saints mystères tant de douceur et de consolation que ce fut là la source de l'admirableséréniié de son âme etdecette vigueurintérieure qui la soutint dans tout ce qu'elle •ntreprit pour la gloire de Dieu.
Pendant un séjour qu'elle fit à Paris avec sa famille, elle put s'adresser h un Père de la Doctrine chrétienne qui l'aida puissamment è marcher dans la voie de la perfection. Elle avait onze ans quand elle retourna ft Cbaronne, où elle s'appliqua à mener une sainte vie , mais toute cachée en Jésus- Christ, une vie toute d'obéissance et de soumission, qui était soutenue par de saintes lectures et par le fréquent usage de l'oraison, qui lui était presque continuelle. C'est sur ce fondement solide qu'elle établit Tédittce de la vie spirituelle. Mais Dieu voulut aussi raffermir par les épreuves qui sont le caractère des grands saints. Elle n'avait que douze ans quand Dieu la priva tout à coup de la ferveur sensible de la dévotion. Ce fut un temps de privation et de combat contre le monde, contre le démon et contre elleroéme. Ces terribles tentations dorèrent cinq années, sans qu'elle eût la consolation d'un secours qu'un directeur habile et expérimenté aurait pu lui donner. Cet état de désolation qu'elle supporta avec beaucoup de douceur et de patience, sans négliger ses saints exercices, est raconté dans un c^ier écrit de sa main ; cette épreuve finit à sa dix-septième année. Dieu content de sa fidélité, lui rendit dans un instant ses premières grâces et ses consolations. Pour la récompenser de stt fidélité» Dieu lui rendit pour toujours sa ferveur ; il mit son âme en possession d'une paix si • onstante et d'une suavité si délicieuse qu'elle pensait qu'il n'y avait que les bienheureux qui jouissaient d'une félicité plus Crande que la sienne.
Dieu n'accorde d'ordinaire cet heureux état, même aux âmes les plus justes, que pour peu de temps et comme un avant-goût tics récompenses qu'il prépare à leurs vie** ioires, mais Dieu, qui est le maître de ses
dons, n en usa pas avec cette réserve envers sa fidèle servante.
Mme de Richeaume étant l'amie particulière de M. de l'Eclaithe, qui passait poor un des meilleurs professeurs de philosophie, voulut que sa nièce, de l'esprit de laquelle elle connaissait l'étendue, reçût ses leçons. Mlle de Croze-fit en si peu de temps tant des progrès dans cette science qu'eue apprit tout ce grand cours de philosophie que l'auteur donna depuis au public eo 8 vol. in-4*. De toutes les parties de la philosophie, elle préféra la métaphysique qui traite de Texistence de Dieu, de ses attributs, de sa arandeur, de ses perfections infinies; elle s appliqua surtout a l'étude de la morale. Le Ciel, toujours favorable aui ferventes prières de Mlle de Croze, répandait sur elle la céleste rosée de toutes les vertus, qui entretenaient la beauté de son âme, par le fréquent usage qu'elle faisait des sacrements.
Dans une visite que Mme Polaillon fit è Mme de Richeaume son amie, elle eut occasion de connaître Mlle de Croze, et elle dé* couvrit le trésor caché de ses hautes vertes. Elles lièrent dès lors ensemble cette étroite amitié que la mort ne put rompre, et qui rendit Mlle de Croze la digne imitatrice des vertus de Mme Polaillon; elles ignoraient encore Tune et l'autre les desseins de Dieu sur elles.
Le directeur de Mile de Croze étant entré chpz les Camaldules, la recommanda au P. le Vachet, auquel il l'adressa. C'était un prêtre d'un zèle apostolique, d'une austérité extraordinaire et très-instruit dans les voies de Dieu. Ce fut celui que Diau destinait à Mlle de Croze, comme l'ami, dont parlent \es Livres saints, qu'il fait trouver à ceux qui le craignent et qui est h leur ésard un remède de vie et d'immortalité. Mlle de Croie se mit sous sa conduite et ne se gouverna plus que par ses avis. Les conseils de ce pieux directeur furent pour elle une loi inviolable qu'elle suivit avec une paiiaite soumission d'esprit et de cœur, le regardant comme celui qui était à son égard l'interprète des saintes volontés de Dieu.
Ce pieux directeur, ayant connu bien à fond les dispositions de son âme, lui donna
Ï)ar écrit des avis oit on voit les preuves de a haute idée qu'il avait des vertus de sa pénitente, qui avait alors vingt ans, et de la perfection oit il voulait la conduire. C'est sur ses avis que Mlle de Croze régla toutes les actions de sa vie. Voici le préambule :
Vous avez raison de désirer la perfection, d'en chercher les moyens, puisque cet étst est l'exclusion du péché, la tiaix avecJésu»> Christ, la communication de l'âme avec Dieu, la partiel |)ation de son esprit et de sesdirines qualités, le gage de la gloire future et le grand dessein du Père éternel dans son incarnation, par laquelle, en nous lai»ant enfants de Dieu, il veut qu'à son imiution nous soyons parfaits et saints c^mme lui C'est aussi la seule chose, avec la grâce, qui fait les saints et que les saints ont désirée.
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DES ORDRES RELIGIEUX
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Il lui rebomaianda d*abord d'aimer son éiàU de contenter toutes les personnes avec qui elle devait avoir des relations, d'imiter Notre-Seigneur parce que le Verbe incarné est venu renouveler la face de la terre par son esprit divin, la fréquentation des s«K;remeots, la méditation de sa vie, de s^s souffrances et de la mort qu*il a endurée pour notre salut et pour être notre modèle de perfection, Thumilité dans l'esprit, dans le langage, dans les actes, Tumour des croix et des persécutions, la charité envers Dieu et le prochain: il lui proposa ces maximes: Dtuimeui ei omnia. Qu'est-ce, Seigneur, que j'aime sur la terre et même dans le ciel si ce n*est vous ?
M. le Vacbet, qui suivait l'attrait de la ({race dans la conduite de Mlle de Croze, la lit avancer à grands pas dans la perfection ; elle y répondit toujours avec une parfaite fidélité. Ses communions furent plus fréquentes; ses oraisons plus continuelles; ses liaisons avec Mme Polaillon et ses premières filles plus étroites. Déjà elle regardait cette dame comme sa supérieure et ses excellentes compagnes comme des modèles de vertu qu'elle voulait imiter.
Mme Polaillon, connaissant la rare prudence de Mlle de Croze,neQtpointdifficultéde lui communiquer ses grands desseins et de Tassocier au nombre de celles qui Grent cette lameuse retraite de l'année 1652, où fut dressée la règle d'union, qui a servi de fondement à l'institut de l'Union chrétienne et qui est à la tète des constitutions.
La guerre qui régnait alors obligea Mme (le Richeaume, Mme de Croze et sa Glle à rentrer è Paris pour être nlus en sûreté. Urne et Mlle de droze y tombèrent malades; la maman succomba. Mlle fut réduite à toute extrémité; elle n'avait conservé de ses sens (jue l'ouïe, ce qui lui permit d'entendre I appareil lugubre qui eut lieu pour les obsèques de sa mère. Elle dut rappeler une des maximes de M. le Vachet, que les grandes croix font les grands saints, car c'est nne preuve que Dieu veut nous détacher de terre pour nous attacher entièrement è lui. Mlle de Croze guérit de cette maladie.
Après les troubles, elle retourna avec sa tante à Cbaronne. Mme de Richeaume n'ignorait pas le grand désir de sa nièce d'embrasser la vie religieuse, mais ne pouvant se séparer d'elle, pour donner un aliment à sa grande ferveur, elle lui permit de s'appliquer aux œuvres de charité, de visiter les malades et de secourir ceux qui étaient dans le besoin, selon qu'elle le jugerait è propos. Klle regut cette permission avec une joie sans pareille. Pour pouvoir juger de l'ardeur qu'elle mit à se livrer aux œuvres les plus viles et les plus abjectes de la charité, nous devons citer l'avis que le P. le Vachet lui avait donné sur cette matière : « Dieu vous mesurera les dons de ses grâces comme vf^us mesurerez votre prochain; donnez et on vous donnera la même mesure. 11 ne faut \*à% s'étonner si on voit des Ames avec des grAccs abondantes et de sublimes vertus.
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c'est qu'elles ne se lassent point de donner à leur prochain, leurs biens, leur temps, leur santé et jujsqu'k leur propre vie, et Dieu leur donne ce qu'il a de plus précieux et de phis cher, sans mesure, comme eHes n*en ont point pour lui. »
M. le curé de Cbaronne, profilant de l'occasion, la nomma supérieure de la charité de la paroisse. Ses soins pour secourir les pauvres en santé comme en maladie furent également ingénieux et efficaces. Il semblait
auune bénédiction toute céleste se répanait sur cette paroisse, et chacun concourait à l'envi |)our seconder un si saint exemple. Elle ne s'employa pas avec moins de succès i leur instruction; elle disposait les malades è se bien confesser ; elle les exhortait è une sainte mort; elle instruisait les ignorants avec tant do grâces qu'en même temps qu elle éclairait leur esprit, leur cœur s'ou« vrait à la pratique des vérités qu'elle leur avait enseignées; elle disposait les enfants h faire la première communion; elle servait les pauvres et les malades de ses propres mains; elle se fit la blanchisseuse de l'église, la balayant souvent elle-même. Toute sa conduite prouvait le zèle qu'elle avait pour la maison de Dieu, la j[oie qu'elle ressentait de la servir dans la personne des pauvres
Lorsque Mlle de Croze se disposait au sacritice total qu'elle voulait faire h Dieu, il voulut fortifier sa fidélité et sa constance en la soumettant è une nouvelle épreuve; il retira du monde la plus grande partie de la société où elle était entrée. Mme Polaillon, qui en était le chef, mourut le 4 septembre 1657. Dieu lui retira Mme de Richeaume le mois de mars 1661 dans la quatre-vingt-cinquième année de son âge. Sa fortune servit à former l'établissement de l'Union chrétienne, dont le projet avait été fait par Mme Polaillon avant sa mort.
Mme de Richeaume avait fait sa nièce légataire universelle pour l'usufruit, le capital avaitété laissée sa petite nièce, que Mlle de Croze élevait avec beaucoup de soin. Brûlant du désir d'être toute à Dieu, elle mil promptemont ordre h ses affaires, et deux mois après le décès de sa tante, elle fut en état de commencer l'exécution des grands desseins que Mme Polaillon avait projetés depuis si lonstemps. On choisit le jour de l'Ascension, 1661, comme le jour de leurs
Ïrémices dans l'offrande qu'elles faisaient à »ieu. Mlle de Croze et Mme Mortaigneville renoncèrent è tous les biens qu'elles possédaient avec autant de joie que les gens du» monde en éprouvent auand ils en jouissent. La vie céleste que l'on menait dans cette c^mmuliauté naissante se répandit de toutes
Îarts; aussi Mlle de Croze devint bientôt la 1ère spirituelle de beaucoup d'âmes qu'elle gagna h Dieu par ses bons exemples et ses touchantes instructions. Mme Desbordet, une des comiiagnes de Mme Polaillon, iiut avait été envoyée par elle à Metz, travailla avec tant de zèle qu'elle fit rentrer en ellesmêmes et dans le sein de l'Eglise grand nombre d'hérétiques, et de Juifs, dont ca
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pays-Tà était rempli. Toute la ville en fnt si édifiée qu'elle voulut en perpétuer les bonnes œuvres par rétablissement d*uno communauté de ce nouvel institut. Elle fut érigée sous le titre de la Propagatiou de la foi. Sa présence n'y étant plus si nécessaire, elle revint à Charonne sur Tinvitation de M. le Vachet. Animée d'un zèle ardent qui lui faisait embrasser toutes sortes de bonnes enivres, fa Mère Desbordes vola dans tous les lieux ou l'appela la gloire de Dieu, la charité du prochain, Tinstruction et le soulagement des pauvres et le salut des ftmes. M. Crosses, curé de Saint-Louis en File, voyant les débordements des mœurs si affre'uXySuiie do leur ignorance, dans lequel vivaient ses paroissiens, fut un des premiers k demaniJer k Mlle de Groze et à Id. le Vachet une colonie de ces excellentes sœurs pour la sanctification de la paroisse, ce que ce zélé pasteur obtint par la médiation de Mgr Tarchevèque de Harlai. Ce fut sa jeune cousine qAïc Mlle de Croze chargea de la conduite de cette maison. Cette tftche était ' remplie de diOicullés, parce qu'il s'agissait d'un peuple grossier, accoutumé à une vie licencieuse qu'avait introduite l'ignorance et les désordres causés par la dernière guerre, et l'A^e le plus tendre était souvent souilM de vices et de crimes, dont il i»avait pas même le discernement.
Le zèle et la ferveur qui animaient Mlle de Croze et sa cousine lui firent compter pour rien toutes les difficultés, et quoiqu'il n'y eut aucun fonds pour former cet éiablisseraenl, elle le commença le 25 mars 1666, jour de la fête de l'Annonciation de la sainte Vierge.
La digne supérieure et ses compagnes durent passer souvent les nuits entières au ira* vail des mains pour avoir de quoi subsister, après avoir employé tout le jour è recevoir les pauvres et à les instruire. Mais leurs travaux apostoliques furent couronnés d*un plein succès; la paroisse fut renouvelée pendant les huit années que dura celle pénible mission. La maison mère de Charonne comptait un très-'grand nombre de bons sujets animés d*un très-bon esprit. On observait exactement les premiers règlements dressés par M. le Vaobet et approuvés par M. de la Briinelière, grand archidiacre, le 27 octobre
La ferveur et le bon esprit qui régnaient à Charonne, le changement merveilleux qui s'était opéré à Saint-Denis et h Notre-Dame, les fruits merveilleux que produisait la communauté établie k Metz^par Mme Desbordes firent désirera d'autres villes des établissements semblables. On forma une maison sur la paroisse royale de Saint-Germainl'Auxerrois; plus tard, une autre dans celle do Bonne-NoQvelle, où Mme Berthelet donna une maison qu'elle possédait.
Dieu bénissait d'une manière visible les travaux de Mlle de Croze; le bon ordre et la ferveur régnaient k Charonne, tout y respirait la piété; ses exemples, ses avis, ses tostructions, |'<^nélraient loutes ses eomim-
gnes, et pendant son absence cette piease communauté conservait la dévotion et le recueillement qui en était Tâme et le mobile. Elle fut heureuse d'obtenir l'approbation de son institut du cardinal de Vi-ndômc, légal a ialere du Saint-Siège, le 19 mai de Vannée 1668.
Le roi et les ministres ayant été informés de l'utilité de cet établissement et des bénédictions que Dieu répandait sur les œuvres de piété qui s'y pratiquaient, y envoyèrent grand nombre de nouvelles catholiques. Le succès répondit k leur attente, et Sa Mnjeslé s'empressa de faire expédier, le ipois de février 1673, et au mois d'avril 1687, des lettres patentes par lesquelles fut approuvée la translation de ta maison mère k Thôtel Saint-Cbaumont, rue Saint-Denis, sous la clause que les Mères actuelles et celles qui devaient leur succéder seraient toujours dans l'état séculier, et que la maison ne pourrait être convertie en maison de profes* sion religieuse.
La Mère Desbordes avait fait, de son cûié» plusieurs établissements ; elle envoyait k h maison mère d'excellents sujets (tour les former et en prendre l'esprit ; elle les envoyait ensuite dans les communautés oii elle les ju<^eait les plus propres pour être employées aux œuvres de l'institut.
En 1672, les principales sœurs se réuni** renl pour statuer sur la forme régulière qu'on devait suivre et sur ce que la communauté devait observer pour être le moJèlc de toutes les autres.
Un grand nombre de pensionnaires qn on envoyait k Charonne étaient si vivement touchées des exemples de vertu dont elles étaient témoins que quand elles étaient arrivées k l'flge de cnoisir un état, elles manifestaient le désir ardent de s> consacrer è Dieu. La vie admirable de MUede Croze, ses éminentes qualités attirèrent sur ceue maison les bénédictions les plus abondantes. L'iinnée 167b, le 15 avril, on admit k la profession quatre novices, on procéda ensuite aux élections de celles qui devaient rem*
Êlir les charges de la communauté. La Mèrf «esbordes fut choisie pour supérieure, et la Mère de Croze première assistante.
Le noviciat se composait alors de vingtsix sujets ; écfairée comme elle était dan^ Tes voies de Dieu, Mme de Croze conduisait son troupeau avec tant de zèle, de douceur, de charité, de ferveur et de patience ; eU savait si bien se placer k la portée de tous les esprits, que les novices ne se retiraient jamais d'auprès d*elle sans6lre comblées de consolations ; elle ne cessait do leur répéter cesparolesde l'Apôtre : Réjouissez-vous dan< le Seigneur, réjouïssez-vous(PAi7if|>.«^^-' on ne doitentendredans la demeure des justes que des voix de réjouissance . Ses discours pleins d*onction, pénétraient tellemect k^^ novices, que rien ne leur paraissait difficile : régularité, mortifications, pénitences, ora'son, travail, humiliations , rccueiHement^ austérités et tous les autres exercices de '< vie intérieure ne rebutèrent jnmai^ ^e5é^'
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ves. Tout respirait la sainteté dans ce lieu (le bénédictions ; c'était comme un paradis terrestre dont la bonne odeur emliaumait les |)epsonnes qui venaient pour s*édiGer comme ceNes du dehors ; Taspect seul de lime de Croze inspirait la confiance ; la sérénité de son fisage, son accès facile, son abord doux et si gracieiix charmaient tout ie monde, et sa charité était accompagnée d*uoe rare prudence et d'une discrétion admirable. Sa compassion et sa tendresse in- Me triomphaient de tous les caractères et des plus mauvaises dispositions ; elle s'appiiiuaiti comme rap6tro saint Pau!, à se faire toute à tous, et elle inculquait constamment celte maxime aux novices, en leur recomnaodaDl la mortification et le renoncement i leur volonté comme les vertus indispensables à des religieuses que leur état oblige de vivre «vec la monde pour le gagner h Dieu.
Elle leur recommandait surtout l'acceptatiOQ des mortifications qui leur venaient de la part des autres. Si vous fuyez l'opprobre et l'humiliation de la croix, vous serez, comme dit saint Paul, semblable aux Juifs pour qui elle était ou scandale, et si vous j cherchez vos aises et la satisfaction des àens, vous ressemblerez aux gentils^qui elle était une folie. Un noviciat si édifiant, où la règle était suivie avec tant de ferveur, «uirade nouveaux sujets des diocèses et des provinces les plus éloignés. Le roi y envoya un grand nombre de nouvelles catholiques |K)ur y être instruites, des filles de naissance, mais sans fortune pour y trouver un asile assuré. Après s*étre dépouillée de tous ses biens comme un autre Paulin, elle se réduisit à la plus extrême pauvreté pour soulager les pauvres, et elle demandait sans cesse à Dieu les deux sortes de béatitudes qui soni promises aux pauvres d'esprit et à ceux qui souffrent pour la justice.
Le premier jour de mai de l'année 1675, une grande faveur fut accordée h la maison de Charonne par le ministère de M. l'abbé Benjamin, qui en était supérieur : ce fut de posséder dans la chapelle le Saint- Sacrement ; on la reçut avec reconnaissance et ravissement. Elle avait toujours été Tobjetdes désirs les plus ardents de Mme de Croze. La pensée si consolante d*avoir Notre- Seigneur pour h6te la tenait dans le plus profond respect ; elle était en sa présence comme si elle avait vu la majesté de Dieu, le jour ne suffisait pas à son zèle, elle voulut qu*il fût adoré toutes les heures de la nuit; elle passait en sa présence neuf nuits consécutives; elle eût continué si on n'eût nris des limites à son zèle; on fixa une fête ^lennelle chaque année le premier mai pour remercier Dieu de ce bienfait, pour renouveler la ferveur de la communauté.
£u 1677, Mme de Croze fut de nouveau oommée supérieure générale de l'Union chrétienne. Le nouveau supérieur, M. Galeux, nommé par Mgr l'archevêque, eut une AlTection particulière pour cette maison et une estime singulière pour les vertus de
Mme de Croze, pour sa prudence , sa douceur, sa sagesse et sa grande capacité pour le gouvernement; mais si cette charge la mit à la tète de toute la communauté, son humilité la plaça au-dessous de toutes les personnes qu'elle eut à conduire. Elle avait un amour tendre et sincère pour tentes; elle les recevait avec tant de bonté, de cordialité et de douceur, qu'il n'y en avait pas une qui n^eût lieu de croire qu*elie en était la plus tendrement aimée. Elle s'efforçait de conduire ses sœurs par h pratique des plus solides vertus, et à les maintenir dans cet esprit de paix et d'union qui doit faire le caractère d'une communauté.
Sa douceur ne nuisait point h son zèle pour veiller à l'observance des règles. Elle était la première à les garder, et elle obéissait à ses supérieurs comme h Dieu même. Elle avait une sollicitude toute maternelle pour les malades. Elle avait une surabondance de charité pour les nouvelles catholiques qui répondaient au grand zèle qu'elle avait pour leur salut. Elle n'épargnait rien pour les f;agner à Dieu. Elle avait un soin tout |)articulierdes pensionnaires et de leur éducation.
En 1680 mourut M. Ga1oux,qui avait donné à la communauté de constantes marques de son affection et de son dévouement. Par ses soins les lettres patentes avaient été enregistrées au parlement et à la chambre des comptes. Il lui légua son argenterie , ses ornements d'église et une somme d'argent. Mais une perte qui lui fut bien plus sensible fut la mort de M. le Vachet qui avait dirigé la Mère de Croze pendant trente-six ans et dont Dieu s'était servi pour dresser les règles et constitutions de l'institut de l'Union chrétienne qui le regarde comme son maître et son fondateur. Elle fit, dans cette occasion si pénible pour son cœur, des avis de M. le Vachet h règle de sa conduite. « J'acquiesce, dit-elle, ô mon Dieu, à votre volonté, je remets mon Ame entre vos mains ; conduisez*moi comme il vous plaira , vous êtes ma part, mon calice, mon partage pour réternité. » Elle savait que Dieu qui voit notre état passé, présent , futur et éternel dispose de tout pour notre vrai bien et pour rétablissement de ses œuvres , qui ne te sont jamais mieux que quand elles sont accompagnées de tribulations. La mort de M» le Vachet arriva dans un temps où il semblait que la Mère de Croze avait le plus besoin de ses conseils. La maison de Charonne faisait des progrès surnrenants ; on y envoyait de toutes parts des tilles pour y être élevées ou pour y laire leur noviciat et porter ensuite dans les communautés Tesprit de la congrégation et les règles. Il en vint de Noyon sept à la fois pour le noviciat, neuf de Loudun, diocèse de Poitiers et autant d'autres lieux. Ainsi la maison mère réunit bientôt un grand nombre de sujets qui ne respiraient que la gloire de Dieu, le salul des Ames et le service du prochain qui sont les principales fins de l'instituL
Daprès les constitutions, Tinstilut doit
DICTIONMAIAB
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former des sujets : 1* pour tray^iller, sous l'autorité des évèques, k la conversion des personnes de leur seie, qui sont dans rengagement de Thérésie et pour établir dans les diocèses des communautés ; 2* k recevoir* autant que Tétat des maisons peut le permettre, des filles et des veuves de naissance, sans biens, ni protection, qai ne peuvent être reçues en aautres communautés, pour entrer dans Tinstitut ou pour être élevées chrétiennement ; 3* à instruire les jeunes filles pensionnaires, à lesformer à la piété et k tous les exercices dontelles peuvent être capables; h* h tenir les classes ou écoles publiques pour apprendre à celles qui sont pauvres les devoirs de la religion, le catéchisme* à lire,kécrire,à travailler, afin de leur donner le moyen de gagner leur vie et celledeleurs pauvres parents, et qu*cn les retirant de Toisi veté, elles puissent non-seulement les sauver, mais encore contribuer au salut des autres ; 5* à recevoir les personnes du sexe qui voudraient faire des retraites de Quelques jours et les aider en tout ce qu elles pourront.
Une communauté avait été établie k Caen
rr la Mère Desbordes. Une autre eut lieu Loudun, diocèse de Poitiers en 1672; k Sedan en 1673 et 167i ; k Noyon en 1675, k Libourne, diocèse de Bordeaux , le 20 luin 1675; k Tours, k Luçon,aui Sablesd*0lone, k Angouléme en 1680 ; en 1679 eut lieu celle delà paroisse de Bonne-Nouvelle, rue de la Lune, k Poitiers; k Auxerre, en 1683; k Saint-LÔ, diocèse de Coutances; k Bayonne le 8 mai 1681^ ; k Pau en Béarn, le 29 mai de la mèuie année; k Parthenay, diocèse de Poitiers; k Alençon, diocèse de Séez en 1688 ; k Mantes, alors du diocèse de Chartres , en 1693; k Chartres en 1702; k Fontenai-le- Comte, diocèse de la Rochelle, en 170^. Ces communautés avec plusieurs hospices formés sur leurs modèles travaillèrent avec tant de succès dans leursemplois de charité, qu'elles portèrent toutes sortes de fruits de bénédiction. Les sœurs qui commencèrent ces communautés étaient des élèves que la Hère de Croze avait formées; elles portèrent donc Tesprit d'union et de charité de leur excellente Mère et maîtresse. Les témoignages de plusieurs grands hommes en sain-* teté et en science, dont la plupart furent
1>rofe8seurs des premières chaires de Sor- »onne, de M. Loizel, chancelier de l'Eglise de Paris, sont la preuve du bon esprit qui animait ces maisons qu'ils appellent de vérilableê $éminaire$ de la foU de la doctrine^ des bonnes mœurs^ des asiles de chas* teté^ des citadelles fortes contre l'hérésie^ et enfin des demeures et des retraites contre la nécessité, les poursuites, persécutions et au^ ires grands obstacles au salut. Ils appellent port de salut cette congrégation, qui ne tend guà procurer la gloire ae Dieu et le salut aune infinité d^dmes^ qui seraient en danger de périr pour Vétemité, sans Vassistance de celles qui se dévouent à un si saint emploi. Us appellent divins ces règlements si purs, si ixanqéliquesy si remplis de pieté et de charité,
qui attirent sans cesse les grâces et lesbiaim dictions de Dieu sur celles qui les mtvciil
L'acte dont nous donnons TexUiit fat donné en Sorbonne le cinq avril 1673 par treize des plus iameux docteurs la plopart professeurs. Le cardinal de Vendôme, légat à latere, Mgr de Harlai»arcbevèqae de Paris, Mgr révèque de Saintes leur aecoroèreat des témoignages non moins fa voraUes. Dans la suite un grand nombre de prélats, illustres par leur charité, par la dignité, la sainteté de leur vie et l'excellence de leur doctrioe, ^n rendirent les mêmes témoignages at les conflrmèrent du sceau de leur approbation.
Des relations très-fréquentes de subordination et de charité ne cessèrent d'exister en* tre le chef-lien et les communautés des pro* vinces; toutes avaient recours k la Mère de Croze comme k la Mère Desbordes dans leurs difficultés. Animées par le souvenir de ses bons exemples et des saintes instructions
Su'elle leur avait données , les sœurs lui crivaient souvent pour éclaircir et dissiper leurs peines. Jusqu'alors (en 1677), lesRègles n avaient été observées dans toutes les communautés que sur la tradition des premières sœurs et sur ce qu'elles avaient vu pratiquer k Charonne ; ce ne fut que celte année que M. te Vachet les fit imprimer.
Depuis longtemps on sentait les inconvénients de la position de la maison mère i Charonne et le besoin de la transporter à Pa* ris : les soeurs venaient souvent des provinces et comme elles ne voulurent pas loger ailleurs qu'auprès de leur Mère, elles se trouvaient trop éloignées de Paris, du centre des affaires, M. Coquelin , chancelier de rUnivei*silé, qui avait été nommé supérieur de rUnion chrétienne et qui ne lui portait pas moins d'intérêt que ses prédécesseurs décida la Mère de Croze k acheter, en \^ l'hôtel Chaumont, rue Saint-Denis dans l'espoir que la communauté rendrait de grands services k ce quartier de la ville. La congrégation avait alors des fonds presque suffisants pour celte acquisition, mais deux ans s'écoulèrentavantquele décret fût terminé; quand il fallut donner le prix de l'adjudication, par des causes imprévues, l'argent qui était en consignation lui manqua, ce qui nkit la communauté dans le plus grand em* barras; la vente de la maison de Cbaronneet toutes les ressources furent loin de suffire pour payer cette acquisition. C'était alors l*époque de la révocation de Tédit de Nantes, et la cour envoyait grand nombre de filles et de femmes i)our leur conversion, il fallait leur fournir non-seulement le logement et la nourriture, mais encore k plusieurs d>n« tre elles l'entretien et les remèdes dont elles avaient besoin dans leurs maladies; la plupart des pensions des nouvelles catboli<^ue$ n'étaient pas payées; leurs lamilles étaient passées dans les pays étrangers.
Dieu permit que cette œuvre passAt parles difTicultés qui sont réservées k toutes i^< bonnes œuvres que la Providence veut pren^ dresous sa protection. La foi de la Mère^^ Croze et sa confiance eu Dieu aug1Qfot^
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rent à proportion des difficultés ; elle ne se laissa point abattre par de si pesantes cbar-
Ks. Quelques personnes lui ouvrirent leurs urses. Pas une des nouvelles catholiques ne s'aperçut de l'état de gène de la maison ; elle pourvoyait h tous les besoins; ses soins empressés, sa charité donnèrent lieu k une multitude de conversions sincères et de retours vers Dieu, ce qui consolait la Mère de Croze» que les mondains et les prudents du siècle accusaient d*excës de chanté ; d'autres ia disaient insensée en voyant les dépenses immenses qu'elle faisait ^our soutenir son muvre. Elle apprit ces injustices sans que sa sérénité et sa douceur en fussent altérées; toujours uleiue de foi et de confiance en Dieu • elle continua ses exercices avec sa uaix et sa tranquillité ordinaires, et manifestait la plus grande affection aux personnes 3tti blâmaient sa conduite jusqu'à la traiter e folie.
Elle se rapf>elait alors les avis que H. le Vacbet lui avait donnés comme |)ar un esprit de prophétie : « L'Ame chrétienne, qui agit par les principes de la foi et de l'amour divin soubaite le martyre. Il faut aussi que vous y soyiez disposée pour ressembler en tout h Jé^us-Cbrist crucifié votrediviné|K>uz. C'est un long martyre, selon le sentiment des SS. Pères que de couper,avecun glaive si»irituel, tous les désirs de la nature, et de souffrir, en brûlant du zèle de la justice, les tentations, peines d'esprit, contradictions et persécutions, etc.. mais alors les palmes et les couronnes sont bien grandes et bien nombreuses. » Et ce furent ces maximes évangéliques qui lui firent chercher toutes les occasions d'obliser ceux qui lui étaient les plus contraires, bon visage et son cœur étaient toujours ouverts pour les recevoir. Elle les prévenait par ses bienfaits et par ses manières obligeantes.
En 1690, Mgr l'archevêque nomma pour supérieur de l'Union chrétienne, M. I abbé Eot>ert, grand pénitencier de Notre-Dame ; le 38 août eu lieu l'élection de la Uère; Mlle de Mortaigneville fut nommée supérieure an remplacement de sa cousine, qui fot nommée première assistante; elle fut radmiration de la communauté et de toutes les personnes qui la connaissaient par son obéissance, son respect et sa docilité envers la nouvelle supérieure.
M. Robert mourut deux ans après. Mgr rarcbevêque nomma pour lui succéder M.
d*Argenson ; il fut plus tard évoque de Dole, mais pendant son vivant , il ne cessa de donner k la communauté des marques de ses bontés , surtout pendant les années de lamine 169b et 1695 qui furent suivies en 1696 d'un incendie.
Pendant l'année 1695, eut lieu à l'hôtel Sainl-Chaumont une assemblée générale de l'ordre , où les communautés députèrent leurs supérieures pour régler les affaires de la congrégation principalement en ce qui concernait Tunironu'té dans la pratique des constitutions.
La vue de la révérende Mire de Croza
s'affaiblit ; elle finit par la perdre entièrement. Deux ans après , il plut à Dieu de la rendre k celle qui en avait supporté la privation avec tant de patience et de résignation, mais au lieu d'en user avec ménage* ment après en avoir reconnu le prix , elle ne la recouvra que pour l'employer avec une nouvelle ferveur au service de Dieu, pour regagner le temps qu'elle avait perdu, sa ferveur semblait augmentera mesure que ses forces diminuaient. La Mère de Mortai* gneville avant fini les trois triennaux , on dut, d'après la Règle, procéder à une nouvelle élection ; la Mère de Croze fut nommée supérieure à l'unanimité des voix; malgré son grand Age, elle étendit ses soins h tout; elle était toujours la première et la dernière aux exercices de la communauté, et comme la prière était son élément, elle passait à la prière tout le temps qu'elle ne consacrait pas aux affaires extérieures.
Cette piété si tendre ne l'empêchait pas de donner ses principaux soins è l'avancement de ses Filles. Elle tAchait surtout de leur inspirer un grand amour pour leur état, une haute estime pour leur vocation et une entière fidélité à leur règle. Rien n'était si souvent dans sa bouche que Tacoomplissement de la loi de Dieu et les exercices de son pur amour. Quoiqu'elle eût reçu une gr&ce particulière pour parier des choses spirituelles, à l'exemple de Nolre-Seig^neur, elle commença par faire avant d'enseigner, et elle instruisit encore plus par ses exemples que par ses paroles, qui étaient cependant toutes de feu.
La révérende Mère de Croze remplit pondant six ans tous les devoirs de sa pénible charge; mais enfin ses forces diminuant de
I'our en jour, il fallut la délivrer de ce |)oids, )ans l'élection qui eut lieu au mois de juin 1707, la communauté ne put cependant laisser sans emploi celle qui les avait toujours si bien remplis; on la nomma deuxième assistante et maîtresse des novices, en lui donnant une aide capable de la bien seconder; elle continua ue parler souvent aux novices et remplissait à leur égard tous les devoirs de charité. Pendant les deux dernières années de sa vie elle perdit presque l'usage de ses jambes; on fut obligé de la porter et de la re^iorter des exercices. Elle vivait avec la plus entière dépendance, avec la douceur d'un enfant; elle adressait souvent des excuses aux personnes qu'on avait mises auprès d'elle pour en prendre soin ; elle recevait leurs petits services avec tant d'actions de grAce et d'humilité qu'elles eu étaient confuses. Elle passait h l'église presque tous les dimanches et les jours de fêtes le matin et le soir; elle s'endormit au Seigneur, à l'Age do quatre-vingt-cinq ans, le 1" septembre 1710; elle fut fidèle à tous les exercices et conserva sa ferveur et sa présence d'esprit jusqu'au dernier moment de sa vie.
On désira conserver son cœur, si pénétré de l'amour de son Dieu, si parfaitement soumis à ses volontés, si souvent honoré de
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ses Tisiles clans la sainte communion , si fendre pour ses chères filles et si compatissant pour les misères de son prochain.
On sait que la foi est la première des vertus, que c*est elle qui a soumis le monde k l*cmpire de Jésus-Christ et que c*est par elle que le juste préfère le service <ie Dieu à ses intérêts et à ses plaisirs. Toutes les actions de la Mère de Croze eurent pour principe une foi très-éclairée et très-vive; elle avait jeté de si profondes racines dans son cœur, qu'elle en fit toujours la règle de sa vie; elle lui facilita la praliauc de la vertu, qui Tanima d*un zèle si ardent pour la .conversion des pécheurs; elle fut la racine de toutes ses vertus.
Sa confiance en Dieu fut en proportion de sa vive foi; elle y était si Lien aiïermie que rien n'était capable de la troubler ni de 1 inquiéter.
Saint François de Sales dit, dans son Traité de f amour de Dieu^ que la foi n*a pas plutôt éclairé l'entendement de ses divines lumières, que la volonté embrasée de ses saintes ardeurs répand dans Tâme une suavité sans pareille; elle dit avec TEpouso des Cantiques : J^ai trouvé celui que mon âme chérit: je le tiens et je ne le laisserai pasallfr. (Can$.
L'humilité est le fondement do tontes les vertus : la foi ne pourrait entrer dans un cœur si Thumilité ne captivait sous son em-
Jiire les faibles lumières do notre esprit. Dlle est le plus ferme appui <le l'espérance, n'y ayant rien de plus ferme qu'une ftme humble, qui dans l'aveu sincère qu'elle fait de son néant, met toute sa confiance en Dieu et n'espère que de lui seul le succès de toutes ses entreprises.
C'est le caractère de la charité, qui ne veut dire reconnue qu'aux marques de rhumilit'S selon ces paroles de Notre-Séigneur : Comment pouvez-vous croire^ vous qui vous distribuex la gloire les uns aux autres et qui ne cherchez point la gloire qui vient de Dieu. (Joan. V, Ikk.) Si l'humilité est nécessaire pour avoir la foi et pour la conserver, elle ue l'est pas moins pour toutes les autres vertus.
La Mère de Croze pratiqua cette vertu à l'égard de la ioi avec perfection, elle lui sacrifia toutes les lumières de son esprit, elle lui soumit sa raison avec la docilité (l'un enfant, en se conformant à ce précepte de saint Paul (/ Cor. ix, 27), de réduire les esprits en servitude sous l'obéissance de Jésus-Christ; à l'égard du prochain qu'elle ne jugea jamais défavorablement. Aussi éprouva-t-elle l'effet de ces paroles du divin Maître : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur et vous trouverez la paix de vos âmes. (Matth. xi, 29.) Comme le moyen le plus efficace pour acquérir l'humilité est de la pratiquer, elle ne cessa toute sa vie d'en faire la règle de sa conduite; et c'est cette vertu, si profondément enracinée dans son cœur, qui fut le principe de ce grand courage k entreprendre les choses les plus difficiles pour le service de >'olre-Scigneur.
Elle aima Dieu sans mesure et pai-dessus toutes choses et elle aima son prucbaiosans bornes. Elle prenait pour règle ces paroles de notre Sauveur : Donnez et on vous doi^ fiera {Luc. viii, 32); vous serez mesuré dans la distribution des grftces de la même manière que vous aurez mesuré votre prochain. Mais comme le plus grand effet de la charité doit être de procurer la gloire de Dieu en travaillant au salut et au soulage* ment du prochnin, elle consacra sa vie, et dès sa plus tendre jeunesse h ces bonnes œuvres et accomplit le préce|)te divin: L homme donnera tout ce qu'il possédée!
le réputera comme un néant pour la charité. {Cant. VIII, 7.) La réputation de son immense et inépuisable charité, sartoul quand il s'agissait de la conversion des personnes engagées dans l'hérésie, lui en attira de toutes parts, de toutes les sectes de tons les pai'S les plus reculés, de î'Allemasne, do l'Angleterre, de la HoUande, de la Suède, du Danemark, des juives, des luthériennes, des calvinistes, etc., charmées i\cs bontés de la révérende Mère, et leurs cosurs gagnés par tes exemples, se rendaient à la vérité , rentraient dans le sein de l'Eglise avec sincérité et ferveur, menaient une vie édifiante et quelques-unes manifestaient on zèle admirable pour se consacrer h Dieu et pour EroGurer aux autres un semblable boneur.
Un des principaux soins de U Mère de Croze fut de faire revivre dans la communauté ce même esprit d'union de la primitive Eglise où la multitude de» Odèies n'avaient qu'un cœur et qu'une âme comme on Je lit dans les Actes des apôtres (iv, 32); c'est ce qui leur mérita de porter le beau nono de Filles de l'Union Chrétienne. Saint Ambroise a sagement remarc|ué que l'alliance faite avec Jésus-Christ est bien plus étroite que celle du sang, car si celle du sang produit quelque ressemblance du corps, l'autre passe iusQu'à l'union du cœur et do l'Ame. Aussi la révérende Mère regardait coaune une des principales preuves que Dieu aime une communauté quand il y répand l'esprit d'union et de paix, et elle répétait souvent ces admirables paroles : « Si nous nous aimons les unes les autres. Dieu demeurera avec nous, et il nous aimera d'un amour parfait , puiqu'il nous a promis {Matth. XVIII, 20) que quand deux ou trois seraient assemblés en son nom, il serait au milieu d eux. P Cette union toute sainte était le principe de sa correspondance et de toutes ses relations avec ses sœurs«
Les rapports étant une source de dîvisioa elle les t>annit de sa communauté; elle ioi répétait souvent la parole du Sage sur celui qui sème la discorde. (Prov. vt.) Elle ne oootestait jamais, ne prononçait jamais de p^ rôle piquante, ni de raillerie, ni de f>ar&^* dure. Jamais on n'aperçut sur sa physionomie un air sec et dédaigneux; elle état constamment gracieuse, expansive prérenantc cl oh'.igfanlc. Elle savait thiaitU''^