‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 195 sur 220 · I.VJ · texte numérisé non relu

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DES ORDRES RELIGIEUX

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agréer un rcfas par ses manières douces et 5ies paroles aimables.

11 fallait bien que son amour pour la paa^ frété fût extrême pour s'être dépouillée, si jeane encore, de tous ses biens; c*èst ainsi qu'elle put s*^leyer Tcrs le ciel arec plus de liberté, elle aima cette ?ertu comme la première des vertus évangéliques et elle eut S)Qrelle la même tendresse que si elle eût ésa mère; elle la pratiqua au plus haut degré de sa perfectiou. Cette vertu appuyée $ar sa conQaoce en la Providence, lui ins-* pira tantde sacrifices qu'ils lui méritèrent les reproches des mondains et firent tnxer sa couduite de folie. Parmi toutes les vertus on peut dire que la chasteté fit les délices de son cœur. Dans un sexe fragile, dans une jeunesse florissante, elle couserva la même pureté que les anges dans le ciel; elle fut du nombre des vierges qui ont le bonheur de suivre le divin Agneau partout. Dès cette rie, elle prit toutes les précautions pour conserver cette vertu ; elle regardait la solitude comme un asile à son innocence. Bile ne paraissait en public que lorsqu'elle ; élait obligée par nécessite ou pour des (Buvres de chanté, mais c'était toujours avec tant de modestie et de retenue qu'elle inspirait k ceux qui la voyaient un respect et une pudeur dont ils ne pouvaiecit se défendre.

Dès sa tendre jeunesse la Mère de Croze avait connu le prix de l'obéissance et l'avait praliquée; elle s'y engagea par vœu, dès que son directeur' le lui eut permis : elle renonça pour toujours à l'usage de sa liberté ; elle en Ht à Dieu un continuel sacrifice. Par le vœu de pauvreté, elle n'avait renoncé qu'aux biens de la terre, par celui de chasteté, elle fit une hostie vivante de son corps, er le VŒU d'union, elle immola son cœur à charité et |)ar l'obéissance elle sacrifia sa volonté, et comme elle s'avait que c'est l'esprit d'obéissance qui donne du prix à toutes nos actions, elle ne se pro))osa jamais d'autres vues que d'obéir à la loi du Seigneur; mais le motif le plus excellent qu'elle se proposa fut l'imitation de Notre- Seigneur, qui par amour pour nous, s'est rendu obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix.

M. le Vachet, son directeur, lui avait donné sur la mortification l'avis suivant : Cette vertu est si nécessaire aux Chrétiens, qu'elle a été la première que le Verbe incarné est venu pratiquer sur la terre et dont il a dit que SI le grain de froment ne meurt pas en terre, il ne (lorte iK)int de fruits. Il a été le premier grain jeté en terre» dans le sein de sa Mère» dans l'étable, dans sa fuite en Rgypte, dans les persécutionst et enfin sur le Calvaire, puis dans le tombeau. Ces maximes gravées dans le fond de son cœur furent la règle de ses actions. Elle fut si mortifiée dans son esprit» dans son cœur, dans son corps, jusqu'au dernier moment de sa vie que ses supérieurs furent obligés de lui en défendre la pratiG[ue. Toutes les mortifications étaient pratiquées avec tant de grftces

et d'adresse, dans un genre de vie commun en apparence, qu'elles ne présentaient rien que d'aimable et de facile à pratiquer. Do" puis la venue de saint Jean-Baptiste^ dit Notre-Seiyneur^ le royaume des deux souffre violence et il n'y a que les courageux qui le ravissent. {Matin, xi, 12). Saint Augustin, à l'occasion de ce passage de saint Mathieu, nous rappelle qu'il y a deux sortes de mortifications et de croix» une qui afflige le corps, comme sont les austérités et les pénitences extérieures; l'autre qui est plus méritoire et plus sublime consiste à repri* mer ses passions, è se livrer à soi-même do continuels combats» à rompre sa volonté, à renoncer à son i)ropre jugement» à vaincre sa colère, h réprimer son impatience, enfin •à commander h tous ses sens et dominer toutes ses mauvaises inclinations.

C'est ainsi que la Mère de Croze se fit violence pour ravir le ciel, toujours parfaitement soumise h la grftce; elle en suivit tous les mouvements avec fidélité; elle dirigea toujours ses sens» ses désirs» ses passions, ses paroles» ses actions, toutes les afl*ections de son cœur, de son esprit, de sa volonté indiO'érente à tout. Elle pratiq^uait et recommandait cette maxime de saint Paul : Le monde m'est crucifié et je suis crucifié au monde {Galat. vi, ik)\et si je plaisais encore au monde, je ne serais pas serviteur de Jésus* Christ. (Galat. i, 10.) Elle disait que ceux qui fuient Vopprobre et rbumiliation de la croix ressemblent aux Juifs pour qui elle était un scandale et que ceux qui cherchent leurs aises, ressemblent aux gentils pour qui elle était une folie; elle assurait qu'il n'y avait de véritable béatitude que celle dont il parle et qu'il promet aux pauvres d'esprit» aux persécutés, k ceux qui pleurent» è ceux qui souffrent pour la ju>tice , parce que le royaume des cieux leur appartient.

Heureux l'homme qui met son affection dans la loi du Seigneur et qui la médite le

{'our et la nuit; il sera semblable k ces arbres plantés sur le bord des eaux» qui produisent des fruits dans la saison, et qui conservent toujours la beauté de leurs feuilles; ainsi réussissent les desseins et les vœux des justes, parcequeleSeiçneur,quiconna!t leurs vues etdirigeleurs voies, les bénira. (P#a{.i» 1-6.) C'est ainsi que commence le livre divin des cantiques de la céleste Sîon. La Mère de Croze fut k peine éclairée des rayons de sa raison que les trois vertus théologales s'emparèrent de son cœur» et ses plus grandes délices furent de méditer la loi du Seigneur et d'y conformer sa vie; ce fut cette méditation continuelle des choses célestes qui alluma en elle le feu sacré de la charité dont elle fut toute sa vie embrasée» et que rien ne fut capable d'éteindre. Elle fut aussi le principe de ce détachement des choses de ce monde» de cette union avec Dieu qui, la ravissant au-dessus d'elle-même, ne lui donnait du goût et de l'estime que pour les choses célestes.

La fréquente communion fut le divin aliment» qui entretint l'union, que lamour

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