ADGUSTINES DU SAINT-COEUR DE MARIE
De la communauté de religieuges Aiyuitine$ dm Saini'Cœur de Marie d'Angers [Maine" ei^Loiré).
1* UOrigine. — Les religieuses Augustines du Saint-Osur de Marie d'Angers, desservaient autrefois TbApital de Saumur; elles tiraient leur filiation des Augustines hospitalières de Tours, qui, vers le com« meocemeut de 1700, avaient, k la prière des haliiiants de cette ville, envoyé plusieurs sujets prendre la direction de leur Hôtel- Dieu. Leurs constitutions leur furent données eu 17!^ par Mgr Vaugirard, évèque d'Angers. Apres la tourmente révolutionnaire, qui les avait presque toutes dispersées, elles se réunirent de nouveau et continuèrent leur œuvre d'hospitalières avec une ferveur qui a toujours été exemplaire.
En 1827, il commença k s'élever quelques difficultés entre l'administration temporelle et les religieuses au sujet de certains points qui avaient besoin d'être réglés de nouveau, tels qoe le nombre des sujets, l'admission des converses, qu'on n'avait point alors, etc.. elc
La supérieure fit le vovage de Paris. Le concordat était au ministère, mais les choses ne s'arrangèrent nas : le projet d'arrangement fut abandonné et les religieuses furent libres de donner un autre cours k leurs bonnes œuvres
Alors Mgr de Quélen, qui avait reçu la supérieure avec une extrême bonté, lors de son arrivée k Paris, y appela toute la communauté et fut charmé d avoir des hospitalières k mettre k la disposition de la classe aisée de la société, qui avait, disait-il, cet avantage k envier aux pauvres , œuvre qu'il avait désirée toute sa vie; aussi leur roontrat-il le plus grand intérêt, et c'est alors qu'il donna pour i^atron k la communauté le Saint- Cœur de Marie.
(Test de la maison de Paris qu'en 1895 plusieurs religieuses vinrent avec des obédiences de Mgr de Quélen, fonder k Angers, 50US la protection toute paternelle de Mgr Montault. qui les regrettait toujours, une communauté ouverte aux dames et aux demoiselles de la classe aisée qui viennent y ebercber le repos de la solitude, les soins constants de I hospitalité et les consolations de ta rt'ligion. Elles soignent aussi avec le même dévouement dés personnes âgées, in^ firmes ou malades de la classe moyenne de la société; elles dirigent encore un pensionnat de petites filles pauvres, placées
DicTiONN. DES Ordres relig. IV.
dans leur maison par une société de dames charitables et qui, plus tard, deviennent ouvrières ou lemmes de chambre.
Les commencements furent rudes et pénibles, maisacconifiagnés de marques de la protection de la Providence.
Cet établissement que les religieuses de Tordre de Saint-Augustin ont fondé à Angers est très-précieux car il est l'unique dans le diocèse.
Apssi a-t*il eu Tassentiment général 1
Ce n'est point un hospice, mais une sorte de pensionnat alimentaire, ce qui ménage Tamour-propre, si naturel k l'homme. Il est destiné surtout k la classe ouvrière et peu fortunée. Pour trois cents fram*.s par an , payés par trimestre d'avance, od y est reçu, ioçé, chaufl'é, blanchi, et en cas de maladie, soigné avec le plus grand dévouement.
La nourriture se compose d'un potage gras, de viande, de légumes et d'un peu de vin.
Quelle ressource précieuse, pour la classe peu aisée, surtout en cas d'infirmité I
A cette bonne œuvre, s'en joint une seconde, non moins excellente. Moyennant cinquante écus par an et un trousseau, on reçoit des petites filles auxquelles on enseigne k lire, k écrire, k calculer et k travailler. Nous ne parlons point des principes religieux, qui leur sont inculqués avec soin. ^
En sortant , elles sont particulièrement
propres au service domestique.
D'après cet exposé, dont on nous pardonnera les simples et vulgaires détails, on voit que l'établissement créé par les religieuses Augustines est appelé k une grande popularité^ etquil répond parfaitement aux Besoins et aux idées qui travaillent aujourd'hui partout la société.
Mais, avec des pensions aussi faibles, il <^tait impossible aux bonnes religieuses de fonder solidement les deux œuvres dont nous venons de parler.
Afin de les soutenir et d'augmenter .eurs ressources, elles ouvrirent également leur maison k la classe aisée.
Bientôt leur modeste demeure ne leur permit plus d'admettre toutes les personnes ipii désiraient s'y retirer.
A cette é(K)que un vénérable prêtre, M. Hénard, rempli d'admiration k la vue de leur héroïque dévouement , leur fit un don qui leur suggéra l'idée d'acheter le manoir qu'elles habitent maintenant.
Ce n'était pas chose facile I Le don était •bieninsuflisant, et il fallait oser contracter un emprunt considérable. Elles finirent par s'y décider.
Mais le nouvel établissement devint luimême trop petit, parce c|ue les demandes d'admission se multipliaient. Il fallut exhausser et agrandir le bâtiment principal et, pour cela, recourir k un nouvel emprunt. L'entreprise devenait gigantesque,eflfrayanle, si Ton çoosidère la position difficile où se trouvait la communauté. Aussi Tautorité supérieure s'y opposa4-eile durant plus de
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UIUIONNAIRE
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deux ans. A la fin, elle donna son assentiment : les travaux furent autorisés.
Les bonnes religieuses sont arrivées au point où elles se trouvent, sans rien solliciter de ta bienfaisance publique. Avec une habile gestion, elles ont réussi à faire face i tout.
On a remarqué qu*elles s^étaient sacrifiées elles-mêmes au bien-ètre de leurs chères pensionnaires : en effet, elles manquent encure de dortoir et se gtteut où elles peu^nt.
La charité chrétienne fait si bon marché des aises de la vie 1
Aux personnes qui ont de la fortune et qui voudraient goûter les douceurs de la retraite, l'établissement offre un bAtiment séparé, des appartements très-propres, un enclos charmant.
On conçoit que leur pension doit être plus forte. £IIe$ ont d'ailleurs cinq mets à chaque repas et du vin à discrétion.
Le prix de ces pensions varie selon le choix de l'appartement; ni l'éclairage, ni le chauffage, ni le blanchissage n*y sont compris. Le profit est exclusivement consacré au soutien des deux bonnes œuvres.
Le nombre des pensionnaires allant toujours croissant, une véritable chapelle était devenue indispensable, parce que celle qui existait n'était qu'une simple et étroite re^ mise; malheureusement, leur pauvreté empêcha les religieuhes Àugustines de répondre aux désirs et aux demandes réitérées de leurs pensionnaires, et elles se virent ( ontraintes de faire appel è la bienfaisance publique.
L'établissement u*élant pas seulement pour les habitants d'Angers, mais pour tous ceux du diocèse, l'appel des religieuses Augustines aura du retentissement dans tout le département. La nouvelle chapelle sera mise sous la protection de Marie, et j'espère que ce qu'une sainte Ame a dit se vérifiera : Toui Ci quon entreprend pour la Mire de notre bon Sauteur t arrive toujours à bonne An.
Afin d'intéresser, de plus en plus, les lecteurs à l'œuvre dont il est question , nous terminerons par la révélation de faits trop honorables è l'Anjou pour être passés sous silence. Si quelque écrivain veut un jour traiter des nombreux établissements reli-
Sieux de cette cité, il s'estimera heureux 'en enrichir son histoire. Pour entrer dans les détails qui suivent « nou? nous sommes bien gardé de demander aux personnes qu'ils concernent leur autorisation.
Trois religieuses Augustines ayant reçu de la charité chrétienne quinze cents francs destinés è fonder un établissement, prirent d'abord un loyer de cinq cents francs ; mais, dans la crainte que Dieu ne tiéntt point leur dessein, elles résolurent de ne pas toucher h cette bomme durant tout le cours du bail, afin que le propriétaire ne courût aucun danger de n'être pas payé.
« Cependant, » se dirent-elles, « la détresse
f courrait bien nous porter ï violer la résoution que nous venons de prendre I » Pour parer I cette éventualité, elles se rendirent {\ ) Espèce é'berbe séclie i|ue Ton rainasse dans
è l'HAteUDieu d'Angers et déposèrent la somme entre les mains de la supérieure, morte depuis quelques années. Quelle délicatesse 1
C'est bien ici le Heu de rapporter les paroles remarquables que leur adressa, avant d'expirer, cette vénérable religieuse : Prenex courage^ met chères sesurs^ dans six ans vous serez à thôtel Labare, Voulait-elle !es encourager h persévérer? Ces paroles lui étaient-elles dictées par une lumière prophétique? Je l'ignore, le fait est que, cette année-lh même, les bonnes religieuses prirent possession du local indiqué.
Elles entrent dans leur première demeure, tout leur mobilier se compose des modestes vêtements et du linge a leur usage, d'un crucifix et d'une statue de l'auguste Marie. D'abord elles vivent d'aumônes ; six livres de pain et un peu de viande leur sont apportées. Pas de potage : elles manquent des ustensiles de cuisine nécessaires pour le faire. Ce ne fût qu'une quinzaine de jours après qu'elles commencèrent k en user et, pendant plus de deux ans des pommes de terre furent leur nourriture. Quelques morceaux de moutons de rebut, venus de loin en loin, s'ajoutèrent h peine à ce chétif ordinaire.
Remplies de compassion k la vue d'une si grande détresse, toutes les personnes qui leur portaient intérêt, les coiyurèrent de renoncer à leur entreprise. Ce lut en vain.
Mgr Régnier lui-même, alors grand-vicaire du diocèse d'Angers, s'effraya de leur dénûment et, ne leur sachant aucune ressource, les pressa de mettre fin b leurs sacrifices. Toutes les représentations furent inutiles. Le doigt de Dieu était M.
Dès les premiers jours, des pensionnaires s'étaient présentées. Qu'ont fait nos bonnes religieuses? Trois lits leur avaient été don* nés, elles les cèdent aussitôt; durant deux ans, elles couchent sur le carreau, se contentant de guinche(l),|)ouren amortir ladureté.
Les aumônes qu'on leur faisait et les petits bénéfices qu'elles commençaient à retirer de leurs pensionnaires, étaient employés k.acheter des couches pour les pensionnaires nouvelles et k vivoter.
Trois semaines après leur entrée, le Sei*
(;neur leur envoya, comme un ange consoateur, Mgr Flaget, depuis mort en odeur de sainteté. Il vint les visiter et donner l'habit k leur première postulante, dans la chapelle des dames de Bellefontaine. La touchante allocution qu'il leur adressa, se terminait • par ces paroles : Mes chères ÂUe$^ ayez con-fiance^ prenez courage ^ le Seigneur bénira votre établissementf parce (ju'it a pour fondt^ meni la pauvreté évangéhque^ paroles prophétiques, qui commencèrent bientôt k se vérifier par le don que fit M. l'abbé Bénard d'une petite campagne, qui avait appartenu autrefois aux Augustins, avec le produit de laouelle on put acheter l'hôtel Labare*
Les débuts si édifiants de l'établissemeni des religieuses Augustines méritent d*étr« consignes dans les annales de l'Anjou.
les beis.
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Ui établissement possède aujourd'hui une tré^jolie cbapelle que Mgr Monlaull a bien ▼oulu consacrer. Elles ont les cloîtres et les litttx régoliers. Les religieuses Augustines mitent de teaips immémorial la règle de Saiot-Augustin ; leurs constitutions sont celles d'bospitalières» qui joignent aux trois vaux ordinaires de religion le quatrième Kra de servir les malades jour et nuit.
Biesont tous les exercices religieux compatibles arec les œuvres d'hospitalières.
Elles n*admettent point d'auxiliaires ; elles prwiigoeot elles-mêmes à topte heure du jsor et de la nuit toutes sortes de soins i«x malades.
lies religieuses AogastinesduSainl^Cœur de Varie d* Angers font consister leur perfection dâosl'exacte obseryation de tous les points de leor règle, dans les liens d'une parliaite union K de la pi os étroite charité qui les unissent eiure elles» dans leur dévouement auprès des malades et dans le zèle avec lequel elles exercent leor apostolat. Ainsi ont-elles souvent U consolation de Toir d'admirables retours vers Dieu.
Li eommnnaoté a perdu cinq religieuses, Bortesdans des sentiments si édifiants qu*on paarrsit les citer comme modèles pour leur obétssaoœ aveogle et leur esprit religieux Leor vie offrirait an grand nombre de traits mtéressants.
Iji première décédée, la mère Marie dps àttgesMolTrit an Yéritable martyre pendant aoe Bialadie de huit mois; pendant tout ce leiDps comme pendantles cinq années qu'elle lanadans la maison» elle donna des preuves i'iae obéissance oui faisait l'admiration de tovi le monde. Elle avait une si grande chanté poor le salât des âmes qu'elle demanda )oe les trente messes qui devaient être ifiH pour le repos de son âme après sa mort le fussent poor la conversion des infidèles, s'en v^metlaot pour elle à la miséricorde divine.
La soBor Saint- Joseph mourut un an après M profession dans des sentiments touchants ^t douceur et de |>atienee. Elle croyait touloorsoerien souffrir, et son courage était tel qoelie est morte en suivant la retraite an- Boetle. Blé se trouva mal k un sermon et 4eai heures après elle recevait les derniers sacrements; on ne pouvait se lasser d'adanrer ses heureuses dispositions & ce moneot suprême*. Une heure avant de mourir elle eo demanda la permission è la supérieure, voolaot que le dernier acte de sa vie fût un aïs d*oMissance. Après sa mort son visage mia d*une beauté remarquable; son corps a*exbalaît pas la moindre odeur; il était si souple qu'on Teût crue vivante; en la metlaatdaas le cercueil toute la communauté not Teinlirasser» et beaucoup de personnes éo deiiorB s'empressèrent pour venir la voir.
Cneautre religieuse jeune demanda à avoir le jour de sa mort son habit nuptial en désignant le drap mortuaire; lorsqu'elle l'eut vu, elle parut rayonnante de joie et s'endormit da&s le Seigneur. On remarqua sur plusieurs autres étemlues sur leurs couches funèbres, ^ rtjonsdu bonheur du ciel briller sur leur
(I) F09. à U en do vol., n« 9.
visage.
Le costume était blanc autrefois, comme est encore aujourd'hui celui des religieuses qui desservent le petit hôpital de Saint-Martin à Tours, d'où elles tirent leur origine; elles obtinrent de Mgr Montault, quand elles étaient encore k Saumur, la permission de porter toujours le costume noir qu'elles prenaient à certaines fêtes de l'année: depuis lors elles l'ont toujours conservé (1).
Les religieuses Ausustines du Saint-Coaur de Marie d*Angers n ont pas de supérieure générale.
Ln communauté se compose aujourd'hui de trente quatre personnes, dont vingt religieuses professes et quatorze autres converses novices et postulantes.
Cette communauté a été approuvée par le gouvernement le tOjanvier 1853.
Le personnel de l'établissement est de cent cinquante personnes.
Voici en quels termes Mgr l'évèque d'Angers approuva l'installation de ces religieuses dans sa ville épiscopale: «Nous, Charles Montault, évèque d'Angers, avons pris sous notre protection spéciale les religieuses Augustines, dites du Saint-Cœur de Marie, nos anciennes filles de l'Hôiel- Dieu de Saumur, et leur avons permis bien volontiers de se fixer dans notre ville épiscopale. Nous avons approuvée!, approuvons leur installation en cette ville, qui a eu lieu le 8 septembre 1835, sous les auspices de la sainte Vierge à laquelle elles font gloire d'être particulièrement dévouées. Nous avons même béni leur chapelle, et donné le voile blanc à leur première novice. Nous sommes dans la ferme espérance que ces chères filles contribueront encore dans notre diocèse, comme elles le faisaient autrefois, è la gloire de Dieu, et au soulagement des pauvres et des malades, auxquels elles sont toutes dévouées par leur sainte vocation. Nous approuvons qu^elles fassent le précis de leur histoire et de la manière toute particulière dont Dieu les a remises sous notre obéissance, qu'elles nous assurent leur être si douce et si précieuse, qu'elles comptent pour rien les épreuves dont il s'est servi pour cela.
« Les deux œuvres qii*elles renferment dans leur établissement; Véducation des pi^tites filles abandonnées, et le soin des malades, que leur éducation exclut des liApitaux, manquaient a Angers, et nous bénissons la Providence de leur avoir inspiré le généreux dessein de l'entreprendre lorsqu'elles n'étaient encore que trois, et sans ressources. Nous avons établi la mère Saint- Louis supérieure, en.attendantqu'irnes soient en nombre suffisant pour farre Teurs élections elles-mèmes,sui vaut léUr ancien usage, et nous avons dit en les bénrssaitt : Croinex et multipliez. {Gen. i, 28). Nous, vojons avec une consolation toute paternelle' que la divine Providence a exaucé les vobux de notre cœur pour ces chères filles, dont la ferveur, croissant avec le nombre, nous donne une
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consolation bien sensible au milieu (Jes sollicitudes de notre épiscoj>at. »
Statuts de la communauté des religieuses Au- (fustines du Saint-Cœur de Marie, établies à Amjers.
CiiAP. ^^ — Bill de la Congrégation.
1" Les reli}^ieuses de cette congrégation ont pour but l'instruction des jeunes personnes de leur sexe.
2" Elles tiennent dans leur enceinte des écoles pour les enfants des pauvres, et leur donnent gratuitement {[es instructions convenables è leur condition.
3"» Elles tiennent un f)ensionnal de jeunes f)ersonnes aisées auxquelles elles donnent une éducation particulière, et qui n'ont aucune communication avec les classes précé- «ientes.
Y Elles reçoivent des dames pensionnaires qui choisissent chez elles une retraite honnôle et religieuse.
Chap. II. — Régime général de la Congrégation.
1* Les religieuses de cetle congrégation dépendent immédiatement de Mgr. Tévêque d'Angers; elles sont soumises à sa juridiction eu tout ce qui regarde les choses spirituelles. Elles déclarent qu'elles sont soumises pour les choses temporelles à l'autorité civile; qu'elles conservent la propriété de leurs biens pour en disposer a leur gré, mais que l'usufruit est remisa la caisse de la communauté, tant qu'elles en font partie et sans pouvoir en rien réclamer si elles venaient à en sortir.
2<» Elles font les trois vœux religieux auxquels elles joignent l'engagement de se consacrer à l'instruction des jeunes personnes de leur sexe.
3* La congrégation se comf)Ose de sœurs enseignantes et de sœurs converses.
4.** La supérieure actuelle est élue pour la vie ; le choix de Mgr l'évêque et le sulfrage unanime des sœurs lui assurent la supériorité à raison du zèle et du désintéressement ipj'ellea monirés pour cet établissement, le premier de ce genre qui ait été formée Angers depuis la révolution; mais après le décès de la supérieure actuellement en exercice, celle qui lui succédera ne sera élue que pour trois ans, et l'élection devra être confirmée par M^^r l'évoque; la môme supérieure pourra élre continuée pour un deuxième triennal, mais seulement en vertu d'une élection nouvelle, et pourvu qu'elle réunisse au moins les deux tiers des suffrages.
5" L'assistante est élue par la communauté et pour trois ans; elle peut être élue [)Our un deuxième triennal; il faut qu'elle réunisse les deux tiers des suffrages.
^ 6* L'assistante, la directrice des éludes, l'économe et la plus ancienne des religieuses forment le conseil pour trois ans.
7' La supérieure seule nomiue aux autres em|)loisde portière, d'intirmière, de sacristine, etc.
(I) Vrti/. à la fin lin vol., w^ 10
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8' Les postulantes ne sont admises dans l'association qu'af)rès trois mois (l'une première épreuve et après dix-huit mois de noviciat.
O** Les sœurs professes converses n'ont pas de voix aux élections.
AUGLSÏINES DE L'INTÉUIEUR DEMARIE.
Les premiers fondements de la communauté des Auguslines de l'Intérieur de Marie ont été jetés le \k octobre 1829.
Le but de l'institut est l'imitation des vertus humbles et cacliées de la très-sainte Vierge et ledévouement à l'enseignement de la jeunesse. Cette communaut»^ demeura sous une forme mixte, et seulement approuvée (>o.ir l'enseignement. jusqu'en 184-4, époque où l'auioriié diocésaine se chargea de sa direction; elle suit la règle de saint Augustin ainsi que des constitutions appropriées au but de la communauté, lesquelles furent approuvées dans le courant tie 18V9 par Mgr Marie Dominique Auguste Sibour.
La communauté fut approuvée par le gouvernement le 29 novembre 1853. La communauté n'a qu'une maison, au Grand-Monlrouge, laquelle se compose de 31 membres ; dont 25 religieuses de chœur et 6 sœurs converses (1).
AUr.rSTINES HOSPITALIÈRES.
Des religieuses Augustines hospitalières
d\Arras.
Sous le règne de Louis Vil, dit lejcune,et sous l'épiscopat deFrémauld, vers l'an 1178, un nonnné Sauwales ou Sauwallon Huiquedieu, natif d*Arras (Pas-de-Ca'ais), l'un des olîiciers de Philippe d'Alsace, comte de Flandre et d'Isabelle de Vermandois sa femme, usa de tout son crédit auprès de ses maîtres pour les «lélerminer à londer à Arras un hôpital en faveur des pauvres malades. La demande fut bien accueillie. Philippe donna f)Our bâtir cet h6[)ital, un terrain qui lui ai>partenait; il ajouta pour dot 200 livres de rente ; Isa bel le sa première femme légua aussi h cet établissement des ressources en nature. En 1181, Philippe donna encore 200 autres livres de rente, et plusieurs seigneurs et habitants d'Arras, à l'exemple du comte et de la comtesse de Flandre, léguèrent h cet hôpital ditférentes prof»riélés.
On appela cet hôpital Saint-Jean en Sestrée, parce qu'il lut placé sous la protection <!u Précurseur et bâti à côté de la rue principale strata qui conduisait à la cité.
Dans le cours de la même année, le Pape Alexandre lil confirma les donations précédentes et frappa d'anathème tous ceux qui ^.enteraient d'y porter atteinte et en empocheraient l'exécution. Elles furent aussi confirmées par Guillaume, cardinal du titre de sainte Sabine, son légat en France, archevêque de Reims, ainsi que par le roi Philippe Auguste en 1191. Les Papes Grégoire IX et Honorius 111 font mention des
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DES OROR£S RELIGIEUX.
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itrOres patentes de ce Prince données à Arra», l*une dans une t>ul)e de 1227 9t Tautre lïàos one bulle dp 12M.
Cet liApital était destiné è recevoir tou^ les |MQ?res» les malades et femmes en courbe de la ▼illt» et de la banlieue. Les fondateur! y établirent d'abord quelques hommes rt quelques femmes pieuses, pour le service des malades; puis des prêtres pour radpiinbtraiion des sacrements et la gestion deç Uens H revenus de la maison.
Mabaut* comtesse de Bourgogne et d*Aridis» fonda h perpétuité 10 lits, outre le aomlire déjà établi, à TbApital Saint Jean. U nombre des malades variait suivant les ctrconsiaoces et les revenus. En temps de pmisoo nombreuse ou de guerre, il y avait ^ttelqoefbis à l*bApilal Saint-Jean plusieurs oiliiers de malades.
Les hommes el les femmes chargés du soui des malades, appelés frères et sœur^ bjs, administrèrent avec bonheur Thôpital Suni^Jean, si Ton en juge par Taugmentar uon de ses revenus dans le cours du xiv* liècie. Bans une charte du 16 avril 1337, le P. Synace fait Téloge des femmes pieuses «htrgees du soin des malades : il les qua- Ubr «le précieuses icsun; elles étaient dignes en elTel de cette qualification, non-seulementpar les soins qu'elles donnaient à de pauvres uialbeoreux, mais encore par les libéralités qu'elles faisaient, ainsi que les frens, à rétablissement. Hais au commencetneiiidu xy* siècle, il s'introduisit parmi eux lie graves abus. D'abord ils furent en liejocoap trop grand nombre; deplus,après f voir passé une partie de leur vie dans 1 hôl'ftaU plus pour jouir de leurs aises que pour unir Pieu el les pauvres membres ae Jésus* Christ (ce sont les expressions des lettres pateoles du duc de Bourgogne), ils en soruient emportant avec eui tout ce qu'ils avaient d effets mobiliers et de numéraire, contrairement aux intentions des fondateurs. Informé de cet état de choses, qui n'était |jas moins préjudiciable aux matailes qu'aux inxêths temporels de la maison, Philippe le Bon résolut d*y porter remède. £n conséqvenoe, d'après l'avis de l'évAque d'Auxerre, Foriigaire de Plaisance, son chapelain et auo*6nier, il Ql un règlement du 17 juin iUS, par lequel il réduisit le nombre des frères et sœurs : parmi les frères deux au lijoios devaient être prêtres. Les uns et les auires devaient nommer un chef chaque année; les bommes et les femmes devaient prendre leur repas dans un local séparé; •1 ordonna que les comptes fussent rendus annuellement* par-devant son aumdnier, le iptuvemeur d*Arras et le procureur général a'Aftois.
Ce régime dura un peu plus d'un siècle. I>e nouveaux abus donnèrent lieu à de noii- ^eWts plaintes. L'empereur Charles V, ayant. a!i*ns que TbApilal Saint-Jean était mal adiuini5tre« fit un nouveau règlement, par lequel il supprima les trois frères et Oxa è iieui l** nombre des sœurs, et les servantes i deux. < e fut le t6 janvier 15^. Cet état de choses
ne dura que quatorze ans. Comme il n oITraii pas encore assez de garanties, on résolut de congédier les sœurs.
Dès l'an 155i^, le président du conseil d'Arlois, le lieutenant de la ville d'Arras et le procureur du roi se rendirent à Cambrai pour supplier MM; du chapitre métropoli* tain de vouloir bien permeUre à quel* ques religieuses de l'hôpital Saint-Julien de venir à Arras réformer et diriger Thôpiial Saint-Jean; ces religieuses vivaient sous la règle de saint Augustin. Mais elles refusèrent de desservir cet hdpilal. En 1563, les mêmes magistrats, connaissant les désordres
3ui résultaient du mauvais gouvernement es filles séculières, qui donnaient du scandale et ne soignaient pas les malades, firent de nouvelles instances, et nar l'entremise de la sœur Jeanne de Rocherort, membre de la communauté de Saint-Julien, le chapitre leur accorda des relisieuses.
La dame de Kochefort et trois de ses filles, sœur Marie Teivernier, sœur Jacqueline Pesé ei sœur Anne Noisetle,vinrent à Arras s'établir k rhôpilal Saint-Jean le mois d^auût 1563. Elles furent suivies de A\\ jeunes filles de Cambrai dont elles avaient fait choix. Jeanne de Rochefort, après avoir réglé Thôpilal Saint-Jean et nommé supérieure de cet établissement la sœur Jacqueline Pesé, retourna à Cambrai. Il est inouï combien ces femmes généreuses eurent à souffrir au commencement de leur séjour à Arras. Elles étaient privées de tout« parce que les filles séculières avaient tout emporté. A ces privations venaient se joindre les injures les plus grossières de la part de quelques personnes malveillantes excitées sans doute par leurs devancières. Les religieuses voyant que les supérieurs ne prenaient aucune mesure pour mettre fin à ces outrages, qu'on voulait leur faire contracter des habitudes contraires à leur Institut, menacèrent de retourner è Cambrai. Cette menace eut son effet. Les administrateurs écrivirent à Philippe II, qui confirma le nouvel ordre de choses par ses lettres patentes du 18 février 1565, lesquelles portèrent à 18 le nombre des religieuses.
Dès ce moment, cette maison prit une nouvelle face. Les historiens rendent hoinmnge à la bonne administration des religieuses et aux soins qu'elles avaient des pauvres et des malades. DomQuinzer ajoute ; < Qu'elles rétablirent le bon ordre dons cette maison des pauvres, bon ordre qui a continué depuis, qui se perpétue encore aujourd'hui, qui est la consolation des malades, l'édification du public et qui fait l'éloge parfait des religieuses. »
Que d'actesdedévouemenlet décourage qui no sont connus que de Dieu et de ses anges! lUen de plus touchant que le nécrolose de ces pieux asiles de la charité ! Que de choses renferment ce peu de mots : s(Bur Marie Ostin^ native (fe Cambrai^ morte de la peste; sœur Anne de Fienin, morte de îa peste auprès d'un reposoir du Saint-Sacrement : sœur Rose de Couleur, morte de la contagion^ un
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DICTIONNAIUB
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àîoii aprii m profeuion. Or en continiianl cette lecture on arrive au choléra où ta cornmanaulé de Saint-Jean eut encore à déplorer la perte de plusieurs de ses membres Tic4imes du terrible fléau.
^ Dans les siècles suivants* les revenus de riiApital ainsi que ses charses s'accrurent considérablement, sotl par I effet de nombreuses donations gui lui furent faites par des personnes charitables do toutes les classes de la société, soit par la réunion de plusieurs hospices ou maladreriesquin*étaient plus fréquentés.
En 1770, on fit bâtir aux dépens du roi, dans le jardin de THÔpital-des-Pauvres un corps de logis destiné aux militaires, au-
3uel on donna le nom d*Hôpital-KoyaL La irection en fut confiée aux religieuses dont le nombre fut dès lors porté h 37. Vers la fin du dernier siècle et avant la révolution de 89, les religieuses, au nombre de 37, continuaient de desservir les deux h6()itaux civil et militaire. Elles étaient nourries et entretenues aux frais de la maison; il y avait un aumAnier et un prêtre pour aider Taumônier à célébrer rolfice divin. On payait à un receveur établi pour la recette des renies» pour dresser les comptes, 212 fr. Les rejjgieuses avaient an médecin et un chirurgien auxquels on payait, chaque année,! 12 fr. Le bureau d'administration était composé du orésidenl au conseil d'ArtoiSi du grand bailly d*Arras et du procureur général du conseil d'Artois, qui se chargeaient des baux, contrats, procédures et des réparations, réédifications, et de toute autre chose qui ne tombait lias dans la dépense journalière, laouelle était abandonnée è la supérieure, a la charge par elle d'en rendre compte.
La révolution ne tarda pas d'inlrodnire ses réformes. One délibération du 16 nivôse, an II, expulsait les religieuses de motel* Dieu et de la Providence. Voici comment s'expriment les administrateurs, qui avaient déjà fait disparaître tous les signes du fana^ tisme et du culte dominant, Vous ne citons que quelques passages de cette pièce curieuse» inspirée dans un moment de vertige et de aelire.«Considérantquedanstun momentoù le I>euple français terrasse et proscrit les préjugés de la superstition, renverse les autels élevés au mensonge et au fanatisme, et n'a (K>ur évangile et pour culte que la raison et la nature, ce serait un crime de lèse-natiun et de lèse-humanité que de confier plus longtemps nos citoyens, nés frères malades, aux soins des filles forcenées et fanatiques, qui, sans cesse, forment des vœux pour le retour de leurs pieux et hypocrites imposteurs, et qui sans cesse importunent le ciel ue prières impies quelles lui adressent pour la ruine de la république, et pour le triomphe de ses ennemis ;
« Considérant que ces flUes, par mille moyens, dans les maladies périlleuses, peuvent, en parlant de Dieu, de ses anges, de ses saints, d'enfer, de purgatoire et de paradisi, changer l'esprit des malades, et, par là, (I) Voy. i h Un du vol., u* 11.
nuire au progrès de l'esprit public, faire des ennemis h la république de ses propres détenseurs, jeter la terreur dans lesfaiblesi, et même ébranler les forts ;
« Considérant qu'il est de la saine philosophie de ne point laisser plus longtemps dans les hôpitaux des personnes aussi dangereuses, aussi fanatiques et aussi contrerévolutionnaires que celles qui en sont eo ce moment chargées ;
« Considérant que ces femmes peuvent tuer les malades autant que les maladies mêmes par les rêves de la superstition et du fanatisme ; arrêtons que Ihs filles attachées h l'hôpital connu sous le nom d'Hôtel- Bieu, et è la maison de la Providence, évacueront ces maisons trois jours après que l'arrêté leur aura été notifié. >
Il serait diflicile de trouver un modèle plus parfait d'un dévergondage de paroles et de raisonnements aussi ridicules.
Malgré les humiliations et les mépris dont se plurent è les accabler des hommes aussi égarés, les religieuses ne voulurent pas se séparer de leurs malades; elles restèrent auprès de leurs lits, au prix de tous les sacrifices possibles. Forcées de quitter l'habit religieux» pour reprendre, dans les vingtquatre heures , les livrées du siècle, elles parurent dans leurs salles» sous un accoutrement qui jeta l'alarme parmi les pauvres malades, qui ne les connaissant oas sous ce costume oizarre : Quoi, disaient-ifs» on nous enlève nos bonnes religieuses!
Lorsque la tempête révolutionnaire fut calmée» les hospitalières reprirent Tbabit religieux, et furent autorisées par l'empereur è le conserver. 11 leur donna ensuite, le 10 novembre 1810, des statuts qui diffèrent sur plusieurs points des anciens.
Les bâtiments de Thôpilal Saint -Jean étaient très -défectueux, et tombaient en ruine, divers quartiers n'étaient plus habitables; on décret impérial en ordonna la reconstruction; elle fut terminée en 1813. Elle coûta 268,500 francs. Dans la soirée du 27 janvier 1838, ellefut la proie des flammes. On attribua généralement cet incendie à un tube de poêle qui traversait la toiture. Le feu Ht de rapides progrès, malgré les efforts réunis des pompiers, des élèves du séminaire, de toutes les troupes de la garnison pour l'arrêter. Le lendemain matin, cet hôpital» si beau la veille, n*offrait plus aux regards attristés que des murailles noircies et calcinées. Sous prétexte de sauver les meubles des religieuses, des malveillants s'introduisirent dans leurs cellules et les dé-, pouiilèrent entièrement.
Quelques mois s*étaient è peine écoulés
Su'on ne voyait déjà plus de traces de ce ésastre; tout était réparé. (1)
AUGUSriNS DÉCHAUSSÉS.
De ta réforme des Augustins déchausses.
Iji congrégation d'Italie commençai en 1591, et reçut son approt)ation du Paf^e Clément VIII, Tan 1599. Le P. André Die^, L>pa^nol, en fut Tauleur; il était vicaire-
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DES ORDRES RELIGIEUX
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géoéral de la coDgrteation des Ermites de Saint -Aagostin de Centorby en Italie, et s'étaot démis de sa charge » il embrassa la nouTelle réforme sur le modèle des Déchaussés d*£spagne. Elle s*étendit dans la Romagne» au royaume de Sicile, dans la Lombar-* die, le Piémont et les Etats de Gènes. L'emjiereur Ferdinand III appela de ces religieux à Vienne, et ils v allèrent sous la oondttite du P. Marc de Saint-Philippe. Ce prince envoya au-devant d*eux le cardinal de Harracb et tous les grands seigneurs de sa cour, et il les loeea dans son propre palais, en attendant qu il leur eût fait bAtir une maison tout auprès ; en sorte que leur église sert de chapelle au palais impérial, et c'est là que les empereurs ont toujours fait leurs plus grandes cérémonies. Cette congrégation d'Italie forma quatre provinces, jusqu*en 1656, qu'elle fui divisée en sept, deux de I^aples, deux de Sicile, une de Gènes, une d'Allemagne et une de Pi^'^mont
(Voir t. l'% col. 329, rétablissement de la réforme,)
AVEUGLES ou AVEULAS
(cOMMUllAtJTé des)
Il y eut autrefois, en différentes localités, des institutions qui paraîtraient aujourd'hui fort étranges, mais qu'il ne faut pas se hâter lie juger, même en considérant rétat oi^ les avait amenées la suite des temps et les modifications des circonstances. De ce nombre était
assurément la communauté établie à Châlons« et portant la singulière appellation d'Areu- (oa, qui n'était qu'une corruption due au langage habituel du peuple.
Cette maison , dont je ne connais point l'origine, était è Chfllons, dans le second faubourg de Marne, près le pont Rupé. Elle était habitée par une communauté ou institut
3ui formait une sorte de religieux mariés^ ont les femmes, pour y être reçues avec leurs maris, devaient avoir atteint l'âge de cinquante ans. Quoiqu'ils eussent l'usage de la vue et de bons yeux, ils étaient appelés Aveugles ou Aveulas. Ils portaient des tuniques ou robes crises. Ainsi vêtus et une sonnette è la main, ils allaient, avec permission de l'autorité, quêter par la ville; ils assistaient aux processions générales; ils ensevelissaient les morts et allaient aux euterrements. Si leur femme venait à mourir, ils étaient astreints à se remarier en l'espace de six semaines, sous peine d'être renvoyés de la maison. Ces religieux étaient au nombre de douze, dont l'un portait le titre de Prieur. On ne sait ni quand, ni par qui avait été fondé ce couvent, qui suivant moi, était plutôt une sorte d'hospice, et qui, ne convenant pas à Mgr Vialart, évéque de Châlons-sur-Mame, fut supprimé par lui en 1641. Son église, sous le vocable tie sainte Pudentienne, et une partie de ses bAtiments subsistaient encore en 1750.
BAPTISTINS.
Notice sur les Baptistins , ou Missionnaires de Saint'Jean-Baptiste.
Cest «ne congrégation de prêtres-mis- Monnaires, sous les auspices de saint Jean- Baptiste. La vénérable sœur Jeanne-Marie - Baptiste Solîmani , fondatrice des Baptistines» nourrit toujours le plus grand désir de voir s'établir une congrégation de prêtres-missionnaires , qui s'obligeraient , par un vœu particulier, à former des missions dans les pays hérétiques et infidèles. Cette fidèle servante de Dieu croyait avoir reçu une lumière spéciale pour cette fondation, comme pour celle des Bapiistines.
AprèsavoirétabliàGêues son monastère pour les sœurs , elle envoya à Rome le P. Dominique-François Olivieri, son confesseur, pour obtenir l'autorisation de fonder la maison des prêtres-missionnaires. Ce digne prêtre , né à Gênes le 1" novembre 1691 , était célèbre par son talent pour la prédication. C'est w>urquoi il établit dans sa patrie une conlirégation pour la ville et pour la campagne, àûn que les prêtres qui la composeraient ^obligeassent i évangéliser les habitants de 1 une et de l'autre. Mais ayant été nommé arehiprêtre de Monexlia^ il y rencontra, en 1790, la vénérable Solîmani, qui se mit sous sa direction. Animé du même esprit et du même zèle, il renonça à sou archiprêtré et se (iévona tout entier à l'institut des sœurs- Ermite!» Baptistines. S'éiant donc rendu à Boine, avec deux autres prêtres , aj)rès avoir
habité proicbe de S. Ruffiue, au delà [du Tibre, il va dans le cloître de Saint-Jean des Genevois, et, par l'intermédiaire du cardinal nal Spinola, se prosterne aux pieds de Benoit XIV, qui, après avoir fait examiner les règles avec soin, approuva cette société , par son bref du 23 septembre J755, avec le nom de Congrégation des prêtresmissionnaires séculiers de Saint-Jean-fiap-^ liste , dit Baptistins, sous la dépendance de la congrégation des cardinaux de la Propagande , |>our propager la foi par les exercices des missions dans les pays des infidèles et des hérétiques. Le nombre de prêtres ayant augmenté et ayant acquis une maison près de 1 église de Saint-Isidore, ils bâtirent une chapelle et ils furent employés è faire des missions è Rome et dans d'autres villes, en continuant d'envoyer des ouvriers dans les missions deBrubgasée, de Philoppopolo, de Nicopolis, dans la Chine et ailleurs, pour l'exercice du ministère apostolique. Plusieurs membres de cette congrégation étant devenus évêques inpartibus ont rendu d'utiles services è la congrégation de la Propagande. Après avoir été témoin des progrès oe son institut, et s'être livré à la pratique de toutes sortes de vertus, le bienneureuz Dominique - François Olivieri mourut le 13 juin de l'année 1766. Les prodiges que Dieu accorda à son intercession après sa mort furent des preuves non équivoques et. la récompense de sa sainteté. Il fut enseveli dans l'église des Baptistines.
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Si les religieuses BaptÎ5lîoes fleurirent h Rome, à Gènes et partout où elles s*étAblireiit, la Congrégation des prêtres séculiers Baptistins s op|K)sa k son tour h la ruine qu$ menaça TEurope entière dans le dernier siècle. Lesreligieuxfaisaient vœu de stabilité dans Tinstitut et d*aller en mission dans les uays hérétiques et infidèles, partout et toutes Jtts fois que le président de la Propagande rordonnerait; ils ne pouvaient prècnordans les paroisses t:atholiques, ni y entendre les confessions des femmes; ils avaient k leur tète un supérieur, qui était secondé par un vicaire. Ils étaient élus entre eux et ils prenaient ()Osse$sion de leur charge le jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste. Il leur était défendu d^accepter aucune dignité ecclésiastique. Ils ne uoivent avoir que irois autels dans leur église. Ils observent la vie cooimune dans sa perfection. Outre les prêtres» il y ades laïques ou convers, qui portent le nom de frères coadjuteurs. Le P. Da Salora, dans son Abrège de Thistoire des Ordres réguliers , page 307 et suivantes, fait connatire les règles, la discipline et le genre de vie des Baptistius. Enfin ces prêtres ont le même costume que les prêtres de la mission ds Saint-Vincent de Paul, avec la seule différence que ceux-ci n*ont des boutons que jusqu'au milieu de la soutane, et aue les autres en ont jusqu^aux pieds. Mais les frères coadjuteurs portent une tunique, qui n'est Qu'un manteau court. Pie VI, le cardinal Spinelli-Impériali , et autres, appartenaient à cette congrégation.
BAPTISTINES.
Notice iur Jeanne-Marie-Baplisie Solinumi^ fàndiÊUriee deg Ermitei.
Ce fut la vénérable Jeanne-Marie-Baptiste Solimani, qui fonda les Ermites de saint- Jean-Baptiste. Elle naquit en 1688, è Alburo, paroisse située à l'est de la ville de Gênes, comme nous rapprend Flamtnius Annibal , dans son Abrégé de Thistoire des Ordres religieux. N'ayant que de l'éloignement pour les amusements de l'enfance, elle menait une vie retirée du monde et consacrée aux pratiques de la piété ,elleméditaitsans cesse a Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et se reccmmandatt sans cesse à sa très-sainte Mère, pour obtenir sa protection. Elle n'avait que neuf ans qu'elle sentit un ardent désir de propager la foi catholique et de répandre même son san^ |>our faire briller son flambeau h ceux qui ne la connaissaient pas. Brdiant de Tauiour de Dieu, dont elle cherchait è enflammer le cœur des antres, elle réunit peu à peu quarante filles, qu'elle instruisait dans sa maison d'Alburo, sur les vérités éternelles, sur les couimandements de Dieu, leur faisant suivre quelques pratiques de dévotion et leur conseillant* des actes de mortllication. Quoique ses parents vissent avec satisfaction une conduite si édifiante de la part de leur enfant, ils crurent prudent de lui défendre ces réunions de Qlles dans leur maison ; mais Jeanne éprouva un m grand chagrin du refu^
de ses père ei] mère « qu'elle tomba malade. On ne pût lui rendre la santé qu'en lui cédant une maison que la famille possédait dans un autre quartier, afin quelle pût y continuer ses exercices. Les jeunes
1)ersonnes se présentèrent en sî grand nom- )re dans ce nouveau lieu de réunion, qu'elle crut devoir diviser cette communauté en quatre classes, assignant à chacune les devoirs qu'elles avaient h remplir, comme si elles avaient été des missionnaires. Ayant atteint Tflge de quinze ans, elle se consacra par des vœux, comme celles qui embrassent la vie religieuse; elle fit vœu de virginité et d'obéissance è ses parents : il lui avait été déjà révélé qu'elle devait fonder un monastère Favorisée de visions surnaturelles, un jour qu'elle priaitdans l'église des Mineurs-Observantins réformés, elle demandait instamment h Dieu de lui faire connnitre dans quelle maison religieuse elle devait entrer; elle fut ravie en esprit, et elle vit deux anges qui, tenant entre les mains un habit de la couleur et de la forme telles que celui que les religieuses ^lortent aujourd'hui, lui disaient : «Voilà l'habit de religieuse que Dieu vous a destiné.» Elle ne comprit pas alors que ce fût Tordre Qu'elle devait embrasser, mais elle rendit grâces à Dieu, espérant qu'un jour il exaucerait pleinement ses^œux. Elle était dans ha trtMiteunième année , qnand un jour, se trouvant dans la maison de son oncle, dans un lieu ap()elé la Castagne, après avoir reçu la •ainte communion, elle vit, dans un ravissement, la très-sainte Vierge tenant entre ses bras l'Enfant-Jésus, ayant à ses côtés saint Jean-Baptiste, qui lui adressait la parole, se plaignant de ce que, tandis qu'il y avait dans l'église un si grand nombre d*ordres religieux qui portaient le nom de tous les saints , il n'y en avait |)as un sent qui portât le sien ; il ta priait donc d'en fonder un qui |K>rtât celui de Jean-Ba(>tiste. L*Ënfant^ésus ayant consenti à sa demande . le saint Précurseur ajouta : « Mais qui choisirez-vous pourTinstituer? • Le Rédempteur répondit:«Cettefille,»ennomttiantSolimani, 9 sera celle que je destine pour l'exécution de ce projet.» La vision dis(>anit,et au même instant une lumière céleste pénétra profondément l'esprit de Jeanne et ygrava la règle qu'elle devait faire observer dans ce nouvel institut ; elle soumit au P. Athanase , Capucin , son confesseur et directeur, toutes ces révélations.
On an après, le P. Athanase lui ordonnait de mettre sa règle par écrit ; ce qu'elle fit aussitôt, quoiqu'elle n'eût jamais su écrire et qu'elle ne sût former aucune lettre. Le reli^^ieux l'ayant donnée à copier à son vicaire général, elle fut jetée au feu, selon Tordre que Dieu avait donné à Jeanne Solimani. Alors, sans être arrêtée |»ar les obstacles , qui se présentaient en grand nombre, dit El)ura, elle ira, le 7 juin 1790, à MonéjXlia, ou elle devait trouver, diaprés la révélation qu'elle avait reçue, D. Domini(iue-Fran(;ois Olivicri, qui devait la
DES OaMlfiS REUGtfillX.
BAS
diriger. Après avoir entemtu to récit de tout ce qui lui était arrivé» ràrchiprétre lui ordonna de fonder un monastère d*£rmîlest sous rinvocation et la protection de saint Jean -Baptiste. Dès lors, Jeanne reçut dans la maison de Joseph-Maria Muteldi quelques jeunes ûlles; elles commencent Tobservation de la règle, vivent d*aumônes et font des vieux conditionnels de pauvreté » de chasteté, d'obéissance et de clôture. La réputation qu'acquit suUtemenl cette communauté fut telle«que les sujets se présentant en très*grand nombre pour solliciter la faveur d'être admises dans la maison, il fallut en chercher urie plus spacieuse, qu'on Qt restaurer ai^c les secours qu'accordèrent des bienfaiteurs généreux.
L'année 1736, Ta Soiimani se rendit à Gènes, iiour traiter avec le doge et avec l'archevêque d'une fondation de son institut. Dom Jérême Garibaldi, Ambroise Dolora de Monéglia et le prêtre Solari de Vicence, devinrent ses zélés protecteurs. D. Olivieri, |)our se charger de la direction de la maison, renonça a la place d'arcbi prêtre, et se liia à Gênes. La fondatrice, désirant ardemment faire approuver son Institut par Benoit XIV, laissa pour la remplacer Atbrela, et fui k Aooie en se faisant accompagner par une de ses nièces, Antoinette Vernazza. Benoit XIV, sur la demande la plus pressante d'accorder son approbation à cet institut, ea confia Texamenlè son propre confesseur, F. AlNnus Mautrabée, Barnabite, et Jeanne reçutbienlôtaprès du chef de l'Eglise Cftfis brefs a^iostoliques : c'est-à-dire un pour la fondation du nouveau monastère, l'autre pour l'approbation des règles, le troisième coutenant une déclaration sur les mêmes. Jeanne partit aussitôt pour Gênes, et entonna avec sa compagne rbvmne de la reconnaissance pour tant de bienfaits qu elles recevaient de Dieu. La maison et les jardins deCharlesGiustianifiiayant été convertis en un monastère, Jeanne s'y reudit procession- Dellementavecsept de6esfilles,le 7décerabre de,lamêmeannée;putsellefutà l'autre monastère, où étaient les Dominicaines, près des Catmcins , qui fut bientôt restauré par le moyen des aumônes. Le 20 avril ilkù^ l'archevêque donna l'babit à la supérieure et à douze de ses compagnes, en plaçant sur la tête de chacune u'elles une couronne d'épines et une croix sur les épaules. Dès ce jour fut établie la clôture, et, changeant toutes leur nom, la fondatrice quitta son nom de Marie-Antoinette et prit celui de Jeanne-Marie-Baptiste; puis huit sœurs converses prirent l'habit sous le nom de Baptistes,et le 2t juilletdela même année, elle fut choisie pourabbesse fondatrice. Trois mois après elle fut confirmée par une dispense do Souverain Pontife, afin qu'elle conservât cette dignité tout le reste de sa vie. La règle etigeant dix mois de noviciat, le 15 août 1747, Mgr l'archevêque reçut la profession de ces sœurs. Enfin Jeanne Soiimani, pleine de mérites et de vertus , mourut saintement
la S août 1758. Plusieurs miracles, après
sa mort, furent la sanction de ses vertus et de ses mérites. Elle avait vu consolider son institut, dont les membres furent appelés Baptistines ou missionnaires de Saint-Jean- Baptiste, d'après le conseil de D. Olivieri. Cet institut fit de rapides progrès sous la direction et par le zèle de Marie-Glaire- Baptiste Vernazza , nièce de Jeanne Soiimani. Elle fut à Rome en 1775. Elle se fit Îorter dans l'église de Saint-Nicolas de olentino, fonoa un monastère de cette congrégation, et mourut le 12 juin 1783, Agée de soixante-cinq ans. Ces scntrs Ermites ne reçoivent point de veuves, font les quatre vœux solennels, habitent dans de petites eeilules; elles portent une robe de laine couleur de la cannelle, une tuniqne en scapulaire et un manteau qui touche la terre; elles ceignent leur tunique avec une corde de crin, et se servent de sandales faites avec delà corde; elles portent sur la tête un voile de couleur obscure, au lieu de voile blanc ; elles prennent leur repos sans quitter leurs habits ; elles ne mangent point de viande ; le lait est permis les dimanche, lundi, mardi et jeudi, excepté pendant le Carême et les jours des veilles; elles jeûnent toute l'année, excepté le dimanche et le jour de Noétl; elles récitent l'OOice divin et se ièventune heure après minuit pour chanter Matines;elles suivent la perfection de la vie commune; ne peuvent voir leurs parents que trois fois {jendant l'année, et toujours à travers la grille. Outre les religieuses et les sœurs converses , il y a encore dans ces communautés des Tertiaires, qui sont chargées de garder l'église et de demander l'aumône pour les Ermites. Les Baptistines ont à Rome le monastère et la superbe église de Saint-Nicoias deToteiitiiio, près des thermes de Dioclétien. Cette église fut bfltie ,sur le dessin de Barrata, parla piété du prince Camille Pampbili, Romain, neveu d'Innocent X, qui renonça, le 21 juin 16M, à la pourpre du cardinalat , pour perpétuer la succession dans sa famille. D'abord elle avait été donnée aux Augustiniens Déchaussés; elle revint ensuite aux religieuses Baptistines, par les soins de la nièce de la fondatrice Jiarie-Claire-Baptiste Vernazza.
BASILE (Saint).
• De ta congrégation des prêtres de Saint- BasUe, tnaison-mêre à Annonay^ diocèse de Viviers (Ardèche).
En 1800, Mgr d'Aviau, alors archevêque de Vienne et depuis archevêque de fiordeaiix,visitaitàlaLouvescle tombeau de saint François Régis uans les montagnes du Vivarais. Alarmé de l'état de détresse où se trouvait cette partie de son troupeau par suite de la pénurie de prêtres, décimés par la terreur, le prélat conçut leproiet de créer un asile où se formeraient à la Mte quelques sujets pour le sacerdoce.
Le Vivarais avait souffert sans doute des t\orrettrsde la Révolution comme toute la France et plus encore quebien d'autres ^urovincesycependantlafoi s'était toujours cou-