ADDITION
SAINT-ESPRIT (Congrégation du) ET DU SAINT ET IMMACUJJÈ CŒUR DE MARIE.
Suite. (Foy. le commencement, col. 1363 et suiv.)
Dès la deuxième année, la congrégation du Saint et Immaculé Cœur de Marie se trouva en état de commencer son œuvre de prédilection, de Tapostolat des noirs esclaves. L*tle Maurice (colonie anglaise) et Tlle Bourbon lui furent alors ouvertes aune manière toute providentielle, et ce fut là le théAtre des premiers travaux de ses missionnaires» ainsi que de leurs premières conquêtes sur le démon parmi ces Ames infortunées. Le Ciel l>éiiit ces deux missions, et depuis lors jus-
Îp*à ce jour, elles n'ont cessé de produire des ruits abondants de salut auprès des noirs. Vers la fin de la même année 1843, Mgr Barron, prélat américain, étant venu de Rome à Paris, avec le titre de vicaire apostolique des deux Guinées et de la Sénégambie, et s'étant adressé & N.-^D. des Victoires pour obtenir la coopération des missionnaires des noirs, dont on lui avait parlé à la Propagande, sept autres membres de la société partirent, sur sa demande et avec l'agrément du Saint-Siège, pour aller fonder cette importante mission depuis si longtemps abandonnée, bien qu'aux portes de plusieurs nations catholiques, et menacée de oevenir la proie de la pro{)agande protestante des missionnaires américains. Mais, au moment où tout semblait marcher au gré de l'institut naissant, une épreuve bien douloureuse vint tout à coup renverser toutes ses espérances, sinon compromettre son existence même.
En effet, sur les sept missionnaires dont nous venons de parler, cinq ne tardèrent pasàètre moissonnés par la maladie et la mort dans ces climats brûlants ; un sixième perdit courage, ainsi que le vicaire apostolique lui-même, qui, sur sa demande au S. Siège, reçut une autre destination, et le septième, resté seul, sans secours, sansnouvelles d*Burope, pendant plus d'une année, n'attendait plus, chaque jour, que le sort de ses heureux compagnons, morts victimes de leur dévouement. La congrégation de son côté , n'entendant plus aucunement parler de lui, le comprit pendant dix-huit mois dans la mémoire de ses dvlunts.
Effrayée par ces pertes nombreuses et inattendues, et ne sachant pas encore exactement à quelle cause les attnbuer, la petite société ^ vit forcée de suspendre momentanément son œuvre ; elle conservait toutefois l'espérance que la mort de ces martyrs de la cnarité attu*erait tôt ou tard les regards de Dieu sur cette terre désolée. En attendant, la grAce d'en haut lui vint en aide pour soutenir son courage, et cette épreuve, loin de l'abattre, ne servit qu'à lui inspirer un plus grand abandon entre les bras de la divine Providence.
L'année suivante, cinq prêtres du saint Cœur de Marie furent mis à la disposition do la sacrée congrégation de la Propagande, pour la mission d'Haïti (Saint-Domingue), où cinq cent mille Ames, remplies d'excellentes dispositions, étaient et sont encore livrées comme eu proie à (Quelques prêtres indignes accourus de r^itférents pays, et dont la vie toute mondaine était un scandalo permanent ; mais le temps marqué par les desseins de Dieu pour le salut de ce peuple n'était pas encore venu, et cette nouvelle tentative du zèle des missionnaires du Saint Cœur de Marie fut une épreuve de plus pour la congrégation. Le gouvernement haïtien était alors animé, comme il l'est aujourd'hui, de dispositions malveillantes envers le Saint- Siège ; ses exigences schismatiques obligèrent les missionnaires, à peine arrivés, de quitter le pays. Après mille tracasseries, par lesquelles on semblait vouloir punir leur dévouement au Vicaire de Jésus-Cnrist, ils durent 1)artir, laissant dans la consternation les maileureux habitants, qui n'avaient pas tardé à les distin^er d'avec les prêtres mercenaires dont on vient de parler.
Sur ces entrefaites, de douces espérances renaissaient pour la mission des deux Guinées : M. Bessieux, qu'on avait cru mort pendant si longtemps, donnait signe de vie ; nonseulement Dieu l'avait gardé, mais on apprenait de lui que les Européens pouvaient plus impunément qu'on ne le pensait, s'établir sur ces côtes, moyennant toutefois certaines
E récautions exigées par ces climats brûlants. d fut donc une grande consolation pour la Société du Saint Cœur de Marie de pouvoir reprendre, vers le milieu de 1845, cette œuvre momentanément suspendue. Mais ce nouvel
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DICFIONNAIRE
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esbai (levait oncore lui coûter bien cher; Kun de SCS trois premiers fondateurs, le P. Tisse niud, nommé par la sacrée congrégation de Ja Propagande préfet apostolique de la mission, périt avant d'y arriver, dans le naufrage du Papitiy le 8 décembre, fôte de Plraniaculée-Conception de la très-sainte Vierge. Les feuilles publitjucs de Tépoque retentirent du courage jiéroïque de ce fervent missionnaire du Saint-Cœur de Marie, que Ton vit au milieu des (lots mugissants, prendre en brave Je commandement du bateau en ruines, pour en sauver les àmcs s'il ne pouvait sauver les corps; puis, fortifié par une prière fervente, Sf mimer tous les [jassagers de se préparer à paraître devant le tribunal du souverain Juge , leur donner à tous une dernière absolution, et disparaître dans l'abîme avec soixante passagers, au moment où il venait de convertir «it baptiser un pauvre Juif, dernière conquête de son zèle.
Quelques temps après, la mission dos deux lîuinées ayant déjà obtenu quelques r6?ultats malgré de nouvelles pertes, Rome lui donna un vicaire apostolique, dans la personne de l'un de ses membres, Mgr Truffet, originaire de Savoie, ancien professeur distingué de rhétorique, (pii avait comme rairaculeusemeut trouvé sa vocation 5 l'apostola* des noirs, dans l'église de Notre-Dame des Victoires, où il fut également sacré le 25 janvier 1847, fête de la Conversion de saint Paul.
Sur lui reposaient de grandes espérances. Cependant une année ne s'était pas encore écoulée, que déjà la Congrégation déplorait la perle de ce savant et pieux Evéque.
Telles sont les pertes et épreuves par lesquelles la divine Providence préparait la Société du S. Cœur de Marie à entrer dans une phase nouvelle de son existence , soit en la sanctifiant par 15 davantage, soit en lui faisant prendre, malgré ces revers, plus de consistance et de développement. En effet le local, bien qu'agrandi , de la Neuville, ne pouvantplus contenir le nombre toujours croissant des aspirants, on avait dû ouvrir une nouvelle maison dans la ville d'Amiens, puis à quelques lieuesde là, dansl'ancienneabbaye de Notre-Dame du Oard, afin de séparer les diderentes espèces de sujets, novices, scolasli'juos, frères , tous primitivement réunis à la Neuville. Le moment parut donc venu, où devait s'accomplir sa réunion avec la congrégation du S. -Esprit, depuis longtemps liressenlie par le vénérable M. Desgenetles, (jiii avait suis iavec beaucoup d'attention et d'intérêt les phases diverses d(;s deux sociétés. Seulement, ce qui eut lieu alors, ce ne fut plus cette simple union d'action proposée par les i)remiersr()ndateurs delà congrégation du saint Cœur de Marie plusieurs années auparavant,'ainsi qu'on l'a vu ci-dessus, mais l)ien une véi'itable et entière fusion. Cette réunion fut amenée comme tout naturellement, lorsqu'on s'y attendait le moins, c'est-à-dire au irioment où M. Leguay, ancien vicaire général de Per[)ignan, elsupérieur de la congrégation du Saint-Es|)rit depuis Ja mort de M. Fourdinier, semblait lui avoirdomié un nouvel es-
sor, et lui faire présager un avenir florissant, surtout après avoir obtenu du Saint-Siège une nouvelle approbation desRègles. Et, chose digne de remarque, ce furent les événements de 1848 qui levèrent tous les obstacles, et fournirent l'occasion de cette fusion complète.
M. Monet, qui pendant longtemps avait vu de près, à Bourbon, le zèle des Pères, du Saint-Cœur de Marie pour Tœuvre des noirs, vint à être élu supéneurde la congrégation du Saint-Esprit.Voyant la moisson devenir plus abondanteque jamais dans les colonies, par suite surtout de l'abolition de l'esclavage qu'on venait de promulguer, il crut qu'il n'y avait rien de mieux à faire nour répondre à tant de besoins, que de réunir le personnel des deux sociétés, pour n'en former plus qu'une seule et même congrégation. Nommé, sur ces entrefaites, vicaire aiiostolique de la mission de Madagascar, ou il mourut en mettant le pied sur ces rivages, il se démit de la supériorité en faveur du R.P. Libermann, fondateur de la société du Saint-Cœur de Marie, qui fui élu à l'unanimité des suffrages, supérieur général des deux congrégations réunies.
Le Saint-Siège apostolique, qui avait vu avec plaisir et encouragé cette, fusion, l'approuva et la confirma par un décret en date du 26 septembre 1848. En outre, pour perpétuer le souvenir de chacune de cos deux congrégations primitivement distinctes, il autorisa la nouvelle société à substituer le nom de l'Immaculé Cœur do Marie h celui de l'Immaculée Conception, et par suite à n'être plus désignée clésormais que sous le vocable de congiégation du Saint- Esprit et de l'Immaculé Cœur de Marie.
Le R. P. Libermann ne survécut que de
3uatrc années à peine è cette fusion, où il éploya le plus grand désintéressement et la plus rare prudence. Il vécut toutefois encore assez pour achever de l'affermir et de la cimenter; dissiper les préjugés qui, jusque-là, comme on 1 a vu plus haut, n'avaient pas laissé de planer toujours un peu sur l'ancienne société du Saint-Esprit ; préparer une nouvelle rédaction des règles et constitutions de la congrégation, pour les faire harmoniser avec le nouvel état de choses provenant de la réunion des deux sociétés ; donner un nouvel essor et pourvoir d'une manière durable aux intérêts religieux des colonies, par la création de trois sièges épiscopaux à la Martinique, la Guadeloupe et Pile de la Réunion, œuvre capitale dont il fut le premier et principal instrument, non moins par sa rare j)ru(lence que par son zèle, bien secondes d'ailleurs par les circonstances; enfin alIiTmir et développer, tant en France qu'au ôcW des mers, les œuvres entreprises, sans oublier le bien spirituel de ses enfants, pour Ies(|uei5 il composa une série d'instructions admirables, sous le titre d'Instructions aui missionnaires, outre un petit traité sur i o])'*'copat pour les évoques missionnaires de rintilul, que la mort ne lui permit pas dachever.
Entre autres faits accomplis dans celle dt'>
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DES ORDRES REUCIEUI.
nière période pour la consolidation et le développement des œuvres de la congrégation, il faut mentionner la nomination parle Saint-Siège, après la mort de HerTruffet, de deux nouveaux évèoues de Ta société préposés à la mission des deux Guinées, a savoir : Mgr Bessieux, vicaire . apostoli<^e, qu'on a vu survivre seul aux six premiers missionnaires d'Afrique, et Mgr Kobès son coadjuteur, jeune prêtre distingué du diocèse de Strasbourg.
Cependant le R. P. Libermann touchait à la Bn de sa carrière si pleine et si sainte. Au terme d'une cruelle maladie, supportée avec cette patience et cette suavité d'flme qu'on avait toujours admirées dans cet homme de douleurs; après avoir exhorté les siens de ses lèvres mourantes , à la ferteur^ à ta charité 9 à r union f à r esprit de sacrifice ^ à la con^ fiance en Dieu, au zèle de sa gloire et du salut des dmes, et désigné entre deux membres qui se défendaient à ses côtés du fardeau de la supériorité, dont l'un ou l'autre était menacé, celui gui devait se sacrifier après lui, il s'endormit dans le Seigneur, à la suite d'une espèce de ravissement ou extase, qui fit couler de tous les veux des larmes de joie et sembla, pendant plus d'une heure, avoir changé sa chambre mortuaire en vestibule du ciel. C était le 2 février 1 852, jour où l'Eglise célèbre la fête de la Purification de la très-sainte Vierge et de la Présentation de Jésus au temple (1j. La communauté chantait au chœur les Vêpres de Ja fête. Lorsque l'on fut arrivé à ces paroles très-distinctement entendues du cantique de Marie : Et exaltavit humiles, sa sainte Ame s'envola dans les cieux. Ses enfants ({ui l'entouraient Tembrassèrent une dernière fois, en disant avec le chœur le Gloria Palri du saint cantique. Sa vie'a été écrite depuis par le B. P. dom Pitra, religieux bénédictin oe Solesmes, et se lit avec beaucoup d'édification dans le monde. C'est elle qui nous a fourni les principaux matériaux de cette notice.
Le P. Libermann n'avait que quaranteneuf ans d'Age et douze ans de sacerdoce quand il mourut. Au milieu d'un deuil
Sénéral et de regrets profondément sentis ans tous les rangs de la société laïque et ecclésiastique , on ne pouvait se familiariser avec l'idée d'une mort si prématurée, tellement on regardait ce saint ^fondateur comme encore nécessaire et indispensable è la congrégation, dont il était l'Ame et la vie. Toutefois on ne tarda pas à s'apercevoir que le vénéré Père, ainsi que ses enfants se plurent dès lors à l'appeler, ne serait pas moins utile aux siens au haut du ciel, qu'il ne l'avait été naguère sur la terre. Bientôt, en effet, on éprouva sensiblement les effets de sa protection tant sur la congrégation elle-même que sur celui qu'il avait désigné sur son lit de mort pour lui succéder après lui avoir, de son vivant, communiqué
(i) n esl à remarquer ici ^ne le plus gnind nombre des sujeU que la Société a perdus jusqu'il ce |oBr| sont morts, comme le R. P. LibermamyUnjour
son esprit, et l'avoir de bonne heure initié h l'administration de l'Institut
En effet, depuis la nomination du R. P. Schwindenhammer , élu, à l'unanimité des suffrages, supérieur général actuel de la congrégation du Saint-Esprit et du Saint-Cœur de Marie, qui, lui aussi, avait trouvé sa vocation à Notre-Dame des Victoires, alors qu'il y remplaçait le P. Tisserand en qualité de sous-direoteur de l'archiconfrérie, l'institut a reçu une nouvelle apprcjfbation de ses règles, désormais en parfaite narmonie avec sa nouvelle situation; le personnel de ses membres. Pères et Frères, s'est considérablement augmenté ; de nouvelles fondations et œuvres se sont ajoutées aux anciennes, telles que : un séminaire à Rome pour les jeunes ecclésiastiques fran-
Îiais, deux petits séminaires en France pour e recrutement des sujets de la congrégation, sans parier de plusieurs autres nouveaux établissements créés k la Guyane, h la Martinique, à la Guadeloupe, au Sénégal, etc., etc.
Le R. P. Schwindenhammer est le onzième supérieur général de la congrégation, k dater de sa fondation en 1703, par M. Desplaces, et le second depuis sa réunion avec celle du Saint-Cœur de Marie, en 1848.
Après cet exposé sur l'origine et les développements de la congrégation du Saint- Esprit et du Saint-Cœur de Marie, il nous reste à parier de sa fln et de son organisation telle (qu'elle existe aujourd'hui, par suite de la fusion précitée et de la dernière approbation desesrèçles en 1854, non moins que des œuvres dont elle s'occupe présentement.
Procurer d'abord la gloire de Dieu par la sanctiQcation de ses propres membres, qu'elle s'efforce d'élever , de conserver et de faire avancer de plus en plus dans la piété et la perfection chrétiennes et sacerdotales, telle est la fin générale de la congrégation. Elle a, en second lieu, pour fin spéciale, de travailler h la gloire de Dieu en se vouant au salut des âmes, mais plus particulièrement des pauvres et des infidèles, des Âmes plus ou moins livrées à l'ignorance et h Ja corruption, ou exposées au danger de se perdre faute de secours religieux. Le théfttre où elle déploie son zèle pour la sanctification du prochain n'est limité, en principe, par aucun lieu ni aucun pays ; elle peut s'étendre pariout, soit en Europe, soit ailleurs, soit surtout dans les pays étrangers privés du bienfait de la foi.
Actuellement et en fait, la congrégation a pour œuvre principale Tévangélisation de la race noire, et partant, les lieux où elle se livre surtout aux travaux de Tapostolat, sont les
{>ays coloniaux et les côtes occidentales d'Arigue, berceau primitif de ces millions de noirs, qui peuplent aujourd'hui, outre les colonies françaises, toutes celles d'Angleterre, d*Espagne, de Portugal, etc.
Pour réaliser sa fin spéciale, le salut des âmes, la société n'exclut non plus aucun moyen, mais elle peut employer tous
de fête do la sainti^ Vierge , on dn moins un •amedi, jour consacré à Marie par la piéié des
fidèles.
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ceux qu'elle croit les plus propres et les plus elficaces pour procurer la sanctification du prochain, et qui peuvent s'allier d'ailleurs avec la vie religieuse et de communauté. Toutefois, comme elle s'occupe principalement de la classe pauvre et abandonnée, elle embrasse aussi de préférence, ainsi qu'on le verra plus loin, par l'exposé dus œuvres et établissements, les genres de ministères, œuvres et fonctions qui sont humbles, obscures et pénibles, et pour lesquels on trouve plus difficilement des ouvriers dans les rangs du clergé séculier.
La vie des membres de la Congrégation est une vie essentiellement apostolique, llsneisonl pas, en règle générale, employés au ministère paroissial et à poste fixe, en qualité de curés ou de vicaires, mais plutôt à des œuvres spéciales en dehors du minislère ordinaire, ou si, par exception, ils dirigent des réunions de lidèles formant paroisse, ce n'est guère que dans des pays de mission, et où encore ils sont plutôt missionnaires que curés proprement dits.
Pour atteindre sa fin générale, c'est-à-dire la sanctification personnelle de ses membres, la congrégation a adopté comme première base fondamentale, dans ses règles et constitutions, la consécration h Dieu par la vie religieuse. En vertu de ce principe constitutif, les sujets font, à leur entrée, les trois vœux de pauvreté , de chasteté et d'obéissance. On les émet d'abord scîulement pour trois ans. Ces premiers vnnix expirés, chacun est libre, ou de les renouveler de cin(i en cinq ans, ou de les faire à perpétuité, selon qu'il en a le désir, et que les su|)érieurs le jugent opportun. Le supérieur général ne peut relever des vœux nerpétuels qu'avec l'autorisation du carJinal-préfet de la Propagande, et avec la dispense du Pape jiour celui de chasteté. Quoicpie l'émission desva?ux pepétuels ne soit pas obligatoire , les sujets doivent cependant . au moment de leur profession , prendre un engagement de stabilité dans la congrégation, alin d'y être irrévocablement attachés , du moins par quelque lien.
La vie religieuse , bien que chose essentielle dans la congrégation, n'étant cependant , comme il résulte de ce qui précède, qu'un moyen de plus grande sanctification
S)Our ses membres , })lus spécialement voués i l'exercice du zèle apostoliijue, il s'ensuit qu'on s'y attache moins h la forme et aux
Fratiques extériewes de l'état religieux, qu'à esprit môme et à la i>erieclion intérieure de cet état. Pour ce <iui est en particulier du vœu de pauvreté , en vigueur dans la congrégation, il consiste seulement à n'avoir rien en propre, ni argent, ni oi)jet quelconque pour son usage personnel , et laisse à chacun la nue ï)ropriété de ses biens et revenus, avec la faculté d'en disposer à son choix. La règle ne prescrit non plus aucune austérité ni pratique de péniteuvie, les missionnaires ayant bosoin de toute leur santé, et trouvant d'ailleurs assez fixMiucnmieut , dans l'exercice de leur niinislèie , des occa-
sions de souffiir. Mais, par contre, elle demande un grand esprit de détachement intéri(Hir, et surtout un grand renoncement à son jugement et à sa volonté propre.
Les exercices mômes de pieté ne sont pss Irès-multipliés dans l'institut , et permettent à ses membres de vaquer librement à leurs fonctions. Ils le sont toutefois assez, pour entretenir et développer dans leurs âmes la ferveur et le zèle de leur sainte vocation.
Pour assurer davantage le succès des travaux des missionnaires , donner plus de stabilité à leurs œuvres, et les présener cuimômes plus efficacement des dangers de toute espèce , auxquels l'isolement pourrait les exposer, la congrégation a adopté, comme seconde base de son état constitutif, le principe de la vie commune. En vertu de celle autre règle fondamentale , ses membres ne doivent jamais être seuls, maismre loiijoure plusieurs ensemble, et vaquer ensemble aui exercices de la vie commune et religieuse.
La congrégation n'est pas seulement com-
Cosée de prêtres ; elle reçoit aussi desir.iiîires laïques , sous le titre de frères cnailjnteurs. Ceux-ci font les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, dans le môme sens que les prêtres. Ils sont do>tiu»''s à servir d'auxiUaires aux missionnaires, scmI en s'occupant du service matériel et temporel des communautés , soit en eierijant certains métiers les plus usuels, ou en prêtant leurs concours a certaines œuvres spéciales, telles que l'éducation primaire, agricole et professionnelle des enfants [ouvres, etc.
Le costume des membres de la conçrégation, adopté depuis la dernière approbation des règles, consiste pour les Pères: en une large soutane, un peu échancrée au col, sans boutons extérieurs, avec un cordon noir pour ceinture; un grandscapulaire de l'Iinmaculée Conception sous la soutane, un peu visible au cou, moyennant un collet de couleur bleu-ciel bordé d'une légère bande de batiste, commemarqueextérieurede la dévotion particulière des deux branches de la société envers la très-sainte Vierge conçue sans néchô; le chapeau iiî pastoral ; puis, pour les sorties et les vic-ites , un manteau noir d'étoffe légère, à peu près de la longueur des manteletla romaines; pour les frères, une espèce de soutanelle, avec le scapulaire de rimmaciilée Conception, terminé par un col bleu et blanc, conjme pour les Pères, et un chapeau à peu près semblable à celui de ces derniers.
Pour ce qui regarde son organisation, la congrégation, divisée en provinces et communautés , est placée tout entière sous la direction et la dépendance d'un su[>érieur général, élu à vie par la société, qui communique aux supérieurs proWnciaux et l(x\iux une partie plus ou moins grande de son autorité, s(îlon qu'il le juge opportun pour la bonne administration des provinces et des communautés.
PnS du siméiiour général sont deux aîsi^-
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DES OEDRES RELIGIEUX.
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Unts, qui Taidcnt de leurs lumières dans la direction des affaires courantes et ordinaires de l'institut. 11 est de plus assisté d'un conseil proprement dit, composé de six membres , où se traitent les affaires plus importantes de la société. Enfin, tous les dix ans se tient un chapitre général de la congrégation pour les questions d'un ordre encore plus élevé et d*un intérêt plus général. Ce chapitre a aussi le pouvoir de faire des constitutions, soit pour mterpréter, soit pour expliquer ou appliquer les règles approuvées par le SaintrSiége. L^s seuls profès des vœux perpétuels peuvent être promus aux diverses fonctions ci-dessus mentionnées , et assister avec voix délibérative aux chapitres généraux, électifs ou autres.
La congrégation du Saint-Esprit et du Saint-Cœur de Marie est sous la dépendance immédiate du Saint-Siège, parTorgane de la sacrée congrégation de la Propagande; en ce sens qu'elle relève directement de lui, quant à l'administration religieuse, disci- |ilinaire et temporelle, comme par exemple, pour les changements des règles . les élections, la tenue des chapitres, l'admission et le renvoi des siqets » la dispense des vœux, etc-
Pour ce qui est des missions dans les pays étrangers, dont la direction est ou peut être confiée h la congrégation eHe-mème , celleci ne fait rien pour les entreprendre ou les diriger, que de concert et sous la dépendance ae la sacrée congrégation de la Propagande. Dans les najrs , au contraire, où les supérieurs ecclésiastiques ne sont point des membres de la congrégation , les sujets dépendent des ordinaires des lieux, pour tout ce qui concerne l'exercice du saint ministère et 1 administration des sacrements, mais non toutefois quant à l'administration religieuse, disciplinaire et temporelle des communautés, qui appartient aux seuls supérieurs religieux.
Revêtue de l'approbation du Saint-Siège, la congrégation est aussi reconnue par TEtat, faveur dont ne jouissent que peu de congrégations d'hommes, en France.
Eiabliuemenu et œuvreidela congrégation.
La congrégation est actuellement répandue dans trois parties du monde : l'Europe , l'Afrique et l'Amérique.
OEuvres et itahliisementi en Europe. La maison mère de la congrégation , résidence du supérieur général et de son conseil, est située à Paris , rue des Postes n** 30 , dans le Iteau et vaste édifice , berceau et chef-lieu de l'ancienne société du Saint-Esprit. Ce même local est affecté au séminaire des Colonies, dit du Saint-Esprit, que l'on a souvent , et à tort , confondu avec la congrégation elle-même du Saint-Esprit, dont cependant cet établissement est et! a toujours été distinct, n'étant qu'une œuvre particulière de l'institut. Dans cette maison, une centaine d'élèves, boursiers du gouvernement, se pré-
{)arent à l'exercice du saint ministère dans es colonies, en qualité de prêtres séculiers. Cet établissement sert aussi de résidence à
un certain nombre de Pères de la société , plus spécialement employés à l'exercice du saint ministère et aux œuvres du zèle , tels que confessions , prédications , retraites, direction d'œuvres de Sainte-Famille , de soi* dats, de patronage pour les enfants, desserte de certaines communautés religieuses, et notamment de la maison mère des sœurs de Saint-Joseph de Quny, et de l'établissement des sœurs de l'Immaculée Conception de Castres. Ces deux congrégations se retrouvent partout avec les Pères de l'institut ; la première, dans les colonies françaises, et la seconde, dans la Mission des deux Guinées, ainsi qu'on le verra plus loin.
Dans un local «attenant a la maison mère, se trouve le scolasticat de théologie ou grand séminaire, où les sujets de la congrégation font leurs études ecclésiastiques, y compris la philosophie.
A Mons-lvrr, près Paris, dans la maison de campagne à l'usage de la maison-mère, est situé le noviciat ecclésiastique de l'institut, oit les sujets sont reçus, étant déjà prêtres, ou du moins après avoir terminé leurs études de théolo^e, soit dans la congrégation même, soit ailleurs. Le noviciat est de deux années.
La congrégation possède en outre deux petits scolasticats ou petits séminaires, pour les études littéraires, aont l'un hpprouvé par le gouvernement : situés, le premier en Breta-
(;ne, à Notre-Dame de Langonnet fMorbihan), e second en Auvergne, à Cellule , près ue Riom (Puy-de-Dôme).
Outre ces établissements de formation pour les aspirants ecclésiastiques, l'institut possède encore deux noviciats de Frères, situés dans les mêmes localités que les deux petits séminaires, mais entièrement séparés de ceux-ci.
En dehors de ces diverses maisons de recrutement, la congrégation possède encoro plusieurs autres établissements et œuvres en France, tels que celui de Notre-Dame des Victoires , à Paris, pour le service de l'archiconfrérie du saint et immaculé Cœur de Marie et la confession des nombreux pèlerins qui affluent dans ce sanctuaire vénéré ; celui de Bordeaux, où les œuvres des soldats, des mères de famille, des enfants pauvres, etc., trouvent un point de ralliement et une direc* tion; les colonies agricoles de Saint-Ilan (près Saint-Brieuc), fondées par le zèle et au prix des généreux sacrifices de H. Achille du Clésieux, largement aidé par le gouvernement , et qui comprennent les trois colonies de Saint-Ilan, de Carlan, du Bois de la Croix, où sont formés à la culture, aux arts professionnels et à l'instruction primaire , grand nombre d'orphelins et de jeunes détenus, entièrement séparés de ceux-ci ; un collège annexé au petit séminaire de la congrégation, à Cellule ; un autre collège également annexé au petit séminaire de Notre-Dame de Langonnet, où se trouve aussi, dans des fermes attenantes à ce domaine, un pénitencier considérable.
A ces établissements , et autres en voie de fondation, il faut ajouter U séminaire fran-
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ais, à Rome, fondé par la congrégation en 853, sous rimpulsiou el avec les bienveillants encouragements de N. S. Père le Pape Pie IX et d'un grand nombre d'évôques de France, pour les jeunes ecclésiastiques français qui désirent aller faire ou perfectionner, dans la ville sainte, le coui-s de leurs études ecclésiastiques. Cette œuvre, qui manquait à la France , la seule nation catholique, ou à peu près, qui n'eût pas une institution de ce genre au centre de la catholicité, a déjà obtenu de grands succès. La première année, le séminaire comptait déjà dix^ élèves. L'année suivante , le nombre avait* augmenté de la moitié. On en compte plus de trente aujourd'hui. Plusieurs de ces élèves, qui suivent les coursdu collège romain, du séminaire Pie et de la Sapience, se sont distingués dans lés examens publics, et sont revenus en Pt-ance avec le titre de bacheliers, de licenciés ou de docteurs, soit en théologie, soit en droit-canon (1).
OEuvres et établissements en Afrique. En Afrique , la congrégation du Saint-Esprit et du Saint-Cœur de Marie est chargée, comme on l'a vu plus haut, du vicariat apostolique des deux Guinées et de là Séné^ambie , irette mission, qui est l'œuvre principale Je l'institut, peut être coinptée parmi les
flus pénibles et les plus difficiles du globe, el est, en effet, le spectacle émouvant et bien digne du zèle des missionnaires, qu'elle nous présente : une population innombrable (au moins 50 millions d'habitants) dispersée sur une immense surface (plus de 1200 lieues de côtes) , adonnée à des croyances et à des pratiques antichrétiennes, grossières, immorales, et souvent inhumaines (mahométisme, fétichisme, métempsycose , esclavage, polygamie, divorce, sacrifices humains, anthropophagie), presque inaccessible aux missionnaires , par la grande variété des langues, la difficulté des communications, l'insalubrité du climat et la pénurie des ressources alimentaires de première nécessité pour la vie des Européens.
En présence de cet état si malheureux d'une portion considérable du genre humain, en face de tant et de ^ grands obstacles, et vu l'absence complète de tout moyen humain, les missionnaires du Saint-Espril et du Saint-Cœur de Marie comprirent, dès le début de leur entreprise, que la régénération religieuse de l'Afrique occidentale n'était possible qu'avec d«s secours surnaturels plus
2u'ordinaires. Aussi la congrégation a-t-cllc tabli, avec l'approbation du Saint-Siège, une association universelle de prières pour la conversion de la race notre, en union avec Parchiconfrérie du Saint et Immaculé Cœur de Marie de Notre-Damc-des-Victoires , où cette mission lui avait été confiée d'une manière si providentielle, ainsi qu'il a été raconté en son lieu.
Chacun des deux évéques qui la dirigent a établi, dans son district, plusieurs com-
munautés de missionnaires , échelonnées le long des cAtes, dans un rayon assez étendu
Eour embrasser le plus grand espace possile, et cependant assez resserré pour qu'il puisse y avoir entre elles des communications faciles, autant , du moins , que le permet la nature du pays. Chacune de ces communautés possède une église ou une chapelle, où les saints Offices se célèbrent régulièrement lés dimanches et fôtes, et oti se font les instructions pour les enfants, les cathécumènes et les néophytes. Ces établissements sont ; 1' Dakar, les noirs disent N'dakarou (à la
f)OÎnte du cap Vert , à une demi-lieue environ de 'île Gon^e), résidence duchefde la république du même nom ; c'est aussi le séjour habituel de l'un des deux évéques missionnaires. Le vicariat apostolique possède en cet endroit une maison sfiacieuse, bâtie en pierres, ce
3ui est une merveille pour le pays. C'esl la emeure ordinaire d'un certain nombre de Pères et de Frères ; elle sert en outre de lieu d'acclimatation pour les nouveaux missionnaires qui arrivent de France, et ceux des anciens qui viennent à tomber malades y trouvent aussi tous lés soins que peut réclamer l'état de leur santé. La mission possède encore à Dakar un autre établissement pour l'instruction des enfants noirs. Ces enfants, oui y sont élevés et entretenus, au nombre d'environ soixante ou quatre-vingts, sont complètement à sa charge. On les instruit soigneusement, suivant l'attrait, le genre de capacité et d'aptitude de chacun, soit dans les arts et métiers, soit dans ics lettres. Ceux qui donnent des espérances de vocation à l'étal ecclésiastique sont instruits et formés dans ce but , la création d'un clergé indigène, dont la mission compte déjà deux membres, étant l'œuvre la plus importante et la plus essentielle pour la régénération de ce pays. Plusieurs de ces enfants, destinés au sacerdoce, viennent d'être envoyés en France, dans l'un des petits séminaires de la congrégation, pour y continuer le cours de leurs études ecclésiastiqiics, A dix minutes de la maison des missionnaires, se trouve un établissement de religieuses de l'Immaculée Conception, de Castres, qui rendent à la mission de très-grands services, par les soins dévoués e?l intelligents qu'elles uonnent au soulagement des malades, à l'éducation des jeunes négresses , parmi lesquelles on espère trouver aussi quelques éléments pour la formation d'une communauté de religieuses indigènes.
2* Joal, village appartenant autrefois aux Portugais. Les missionnaires y ont une clui-
Eelle en bois et une école pour les garçons. a chrétienté de ce lieu, qui n'était telle que de nom , lors de l'arrivée des missionnaire^, est très-édiOante aujourd'hui et donne chaque jour de nouvelles espérances.
3* Sainte-Marie de Gambie, colonie anglaise , située au cap Sainte-Marie. La mwsion catholique y a été fondée en dépit de
(1) LeR. P. Launurien i*' supérieur de IViahliV choléra, et y a laissé de précieux sooT<mn^ semeul, est uiori h Hotne, en 1854, viciiiue du savoir cl d« vertu.
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DESORDRES RELIGIEUX
fim
la propagande protestante, en janvier 1847. Ble y possède, avec une belle église, une maison pour les missionnaires, deux écoles de garçons, dont l'une pour Tinsiruction primaire et l'autre pour les arts et métiers , un établissement et une école de religieuses de rimmaculée Conception. Outre le bien qui se réalise parmi les habitants de la colonie même, la religion catholique étend aussi ses bienfaits sur les noirs du voisinage et de rinlérieur. les religieuses précitées, outre l'instruction qu'elles donnent à plus de soixante jeunes filles, se dévouent encore aux soins des malades, et leurs services sont si bien appréciés que te gouverneur anglais leur a confié dernièrement un hôpital civil qu'il a fait bfttir dans cette colonie.
4* Saint Joseph de Benga. au cap Estcrias, ihuit lieues au nord du comptoir français du Gabon. Celte mission a été fondée en 1847. Elle possède actuellemant une toute petite chrétienté, une école de garçons dirigée par les missionnaires , et une école de elles tenue par les religieuses , qui s'occupent aussi, eu ce lieu, du soin des malades.
5* Sainte-Marie du Gabon, comptoir français sur la rivière de ce nom , résidence du vicaire apostolique et point central des missions circon voisines. Commencée en 1844, la mission du Gabon s'est continuée sans interruption jusqu'à ce jour. Il s'y trouve un vi^iage chrétien formé par des noir^ que les Français y ont importes en 1849. Les missionnaires y ont un établissement pour les enfants, dans le genre de celui de Dakar, qui donne aussi quelques espérances de vocations pour un clergé indigène. Les religieuses, de leur côté, sont spécialement occupées, outre l'éducation des jeunes filles » àaesservir l'hôpital, dont le local a été fourni par le gouvernement français.
6' Saint-Thomé, ou village du roi Denis , sur la rive gauche du Gabon. Le roi Denis est un des plus renommés du pays. Après s'être opposé longtemps à l'établissement de la mission catholique, il y a appelé lui-niéme les missionnaires et leur a permis d'établir une école qui donne de grandes espérances.
La mission des côtes occidentales d'Afrique est en possession, à Dakar, d'une très-belle imprimerie dirigée par les Pères et les Frères de la congrégation. Les missionnaires ont actuellement en voie d'exécution des travaux sur dix langues diverses. Ils enseignent notre sainte rehgion en six de ces langues. De leurs presses sont déjà sortis un grand nombre de livres, tels que dictionnaires, dont un exemplaire a été placé à la bibliothèque Impériale, <^théchismes et autres ouvrages de ce ^enre, h l'usage des néophytes et des missionnaires. Le gouvernement français du Sénégal met aussi quelquefois cette imprimerie à contribution, loin de la lûère patrie.
Outre ces résultats déjà obtenus dans la mission des deux Guinées, et qui, relativement aui obstacles, sont assez considérables, il s'en prépare i^ 3 plus consolants encore pour l'a-
venir, vu en particulier Tespérance acquisu par les missionnaires, au prix des plus grands sacrifices, soit sur le climat et les maladies, soit sur les langues, les mœurs et les usages du pays, expérience qui a aussi contribué à former de précieuses traditions, soigneusement conservées. Il y a donc lieu d^spérer que cette mission, dont les commencements ont été si laborieux et ont coûté à la congrégation tant de sujets, surtout de chefs ecclésiastiques et de supérieurs, sera, d'une part, moins éprouvée, et d*autre part, plus féconde encore en heureux résultats, selon que le demandent à Dieu chaque jour les nom* Dreux associés pour la conversion des noirs , dont on a précédemment parlé.
Sur les mêmes côtes d'Afrique, la congré-
Î;ation est encore chargée, depuis 1853, de a préfecture apostolique du Sénégal, qui comprend actuellement les ties Saint-Louis et Gorée et Bakel à 180 lieues dans l'iritérieur du Sénégal. Dans ces divers postes, mais à Saint-Louis en particulier, résidence du préfet apostolique, et à Gorée, il existe des chrétientés qui deviennent toujours plus nombreuses et plus édifiantes ; le libertinnge ou mariage à la mode du pays, selon le langage de ces lieux, disparaît sensiblement et fait place à des unions chrétiennes; la moralisation des noirs, en dépit et malgré tous les efforts des musulmans, très- nombreux dans cette colonie, progresse aussi chaque jour, soii au moyen des écoles de ^rçons et de filles, auxquelles les missionnaires ont ajouté une crèche» pour faire passer les enfants, à peine nés, du sein du paganisme dans les bras de la religion chrétienne, soit par des visites dans les cases des noirâ, des catéchismes et instructions en langue Wolof faites exprès pour eux par les Pères, soit par l'éclat et la pompe extérieure du culte, etc. Cette mission, vu en
f)articulier le développement que doit prendre a domination française sur le fleuve Sénégal, promet de devenir très-florissante.
A Bourbon, merdes Indes, les missionnaires de la société sont chargés de diverses œuvres très-intéressantes et éminemment utiles pour le bien de la religion dans ce pays, telles que la direction de la maison mère et du noviciat de la société des filles de Marie, fondée il y a plusieurs années par les Pères du Saint-uœur de Marie, qui se recrute principalement parmi les jeunes personnes de couleur et dont le but est surtout le soulagement des pauvres et des malheureux ; la desserte de la léproserie, où près de cent malheureuses victimes de la lèpre, hommes et femmes, sont l'objet constant du zèle consotnteur et du dévouement non moins des sœurs que des Pères et Frères qui en sont charffés;la direction, à Saint-Denis, résidence de révèque,de l'œuvre dite de la Providence, comprenant à la fois : un hôpital, un hospice de vieillards, un pénitencier, une école primaire et une école pro fessionnelle d'arts et métiers. — De plus, ils prêchent des retraites et missions, en qualité d'auxiliaires du clergé séculier. A Bourbon est aussi un petit noviciat de Frères de la congru-
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dictionhairb des ordres reugikux.
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gatioD, d'où sont sortis plusieurs Frères de couleur.
A Maurice, colonie an^aise, la première (le, avec Bourbon qu'elle a^oisine, qui fui évangelisée par les missionnaires du Saint- Cœur de Hane, ceux-ci forment la majeure partie du clergé et desserrent avec grande bénédiction du ciel plusieurs quartiers importants, oùt à force de zèle, et bien secondés d'ailleurs par le concours généreux des noirs, dont ils s'occupent d'une manière toute spéciale, ils ont élevé un grand nombre d'églises et de chapelles, formé de nombreuses reunions de persévérance, des associations et des œuvres de toute espèce, soit pour ramener à Dieu, soit pour faire persévérer une multitude d'Ames, objet de toute leur sollicitude. Le R. P. Laval, fondateur de cette mission, y rappelle le zèle du B. P. Claver pour ses cners nègres. Les noirs de Maurice ne jurent que par lui, et ils ont une telle idée de ses travaux et de ses vertus, qu'ils vont jusqu'à dire, dans leur naïve simplicité, pour exprimer à la fois leur admiration et leur reconnaissance, « qu'il n'y a point de saint dans les livres qui soit comparable au P. Laval. »
OEuvrei ei Etablissements en Amérique. — Les Pères du Saint-Esprit et du saint-Cœur de Marie ont divers établissements à la Martinique, à la Guadeloupe et à la Guyane.
Ils dirigent* à la Martinique, le grand séminaire de la colonie, et doivent aussi, dans un avenir prochain, prendre la direction du petit séminaire-collège. Chargés de plus de desservir le pèlerinage de N. D. de lia Délivrandei
et la maison principale des soeore de Saint- Joseph de Cluny, k Saint-Pierre, la ?ille épiseopale, lesPèresdu5teint-EspritetdiiSttnt- Cœur de Marie prêchent encore des retraites et missions, sans parier de plusieurs autres œuvres de zèle, qu'ilsont fondées et où Dieu bénit également leurs efforts, pour sa plusgrande gloire.
Les Pères de la Congrégation sont chargés, à la Guadeloupe,de diriger le petit séminairecollège. Us y ont aussi ronmiencé une petite école agricole et professionnelle.
AlaGuyane, lesmissionnairesduSaint-Fsprit et du Saint-Cœur de Marie se livrent K tous les exercices du zèle: confessions, catéchismes, retraites et missions, pour la conversion des noirs en particulier, tant à Cayennc mémo et autres quartiers importants, qu'à Mana, où ils desservent la léproserie élaolie en ce lieu, par la fondatrice même des lœuts de Saint-Joseph de Cluny, la R. Mèrelavouhey, qui s'est rendue célèbre au commencement de ce siècle, par ses nom* breuses entreprises de zèle et de dévouement, surtout dans les colonies françaises. Les Pères de la congrégation ont aussi la direction du collège de Cavennct et sont à la tête, dans cette ville, résidence du préfet apostolique, de plusieurs associations, confréries et bonnes ceuvres qu'ils ont établie! pour toutes sortes de classes de personnes, et pour tous les âges ; ce qui contribue bea> coup au développement de la religion en ce pays.
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