‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 210 sur 220 · VRA · texte numérisé non relu

VRA

de remarque et de pieux étonnement, c'est fians sa qiian*e-Yingt-quatorztènie année que I^cuy, dernier généraf de Tordre de Prémontré, publia aussi son dernier opuscule. Quelques érudits, Raronius entre autres, pensent aue Cassiodore composa aussi un traité sur les Epactes, et en général sur tout ce qui sert è fixer le jour de Pâque. DomGaret serah porté à croire que c'est avec fondement, et que Cassiodore aura voulu faire ce calcul pour aider ses moines dans le comput de 562. Aussi les anciennes éditions des OEuvres de Cassiodore publiées i Genève et h Paris, ont elles ce comput au nombre des écrits de cet auteur; or Denys Ih Petit, h qui seul on croyait devoir l^attribuer, ne vivait plus en 562. On ne peut fixer la date de la mort de Cassiodore, qui arriva sous le l»oiitificat de Jean 111. On peut croire, même d après ce qu'il semble insinuer lui-même dans Texplication du centième psaume, qu*tl était centenaire. C'est Topinionde Bacon cl de Baronius. Plusieurs auteurs, entre autres Sixte de Sienne, le cardinal Tirlet, Krithème, etc., pensent qu*il mourut en Tan 575. Baronius,dom Caret, dom Sainte-Marthe n'osent se prononcer. On se rappelle que nous avons dit ci-dessus que le P. deSainte- Marthe écMtque Cassiodore ne fut abbé de Viviers qu*aprèsavoirpasséqueIque temps dans le monastère en qualité de simple religieux et gu*il n'était encore que simple religieux

3uaod il composa son In$titution des Lettra irinrs, s'adressant aux abbés du moment et probablement les premiers, Géronce et Chai* cedonios; dom Garet au contraire prétend que ces deux supérieurs ne furent abbés qu'après la démission de Cassiodore. C'est un point important çui n*a point été et qui

S^ut-èlreneserajamaissuffisamment éclairci.

uoi qu'il en soit, tous les auteurs qui ont parlé de la mort de Cassiodore assurent que ce fut celle d'un saint. En louant ses qualités, sou zèle, sa piété, ses vertus, le P. de Sainte-Marthe ne manque pas défaire remarquerl'estime que ce grand nomme faisait de la profession religieuse. Dans l'Explication du psaume cm, il appelle cette profession une vie céleste, sur terre; il dit que c'est imiter^ les anges fidèles que de vivre de l'esprit dans la chair et de n aimer fioint les vices du monde, d'aspirer sans cesse aux joiesde la vie future.* Oh 1 l'agréable paradis, »s'écrie-t-il, «dans lequel on recueille tant de merveilleux fruits des vertus I les personnes reliçieus^ font état de surmonter leurs ennemis, non pas en résistant, mais en souffrant, quand ils cèdent, quandiîs succombent par une louable humilité, c'est alors qu'ils remportent une glorieuse victoire sur leurs ennemis. Généreux soldats de Jésus-Christ, qui ne présument point des forces humaines, mais qui espèrent seulement de pouvoir surmonter tout ce qui leur est contraire par la force de la grâce du Seigneur. Ils n*ont jamais de démêlé avec personne, mais ils sont toujours en procès avec eux-mêmes. Ils ont compassion de tous les autres, mais ils ne peuvent jaouiiase pardonner rien. Enflammés de^l'ar*

deur d'une céleste charité, ils s'efibrcent *de communiquer aux autres lesbîensqu'ils souhaitent poureux-mèmcs.Qucc'eslune grande gloire pour l'arbre qui a de semblables mTls dans ses branchesl» 11 compare les religieux è des oiseaux solitaires, et leurs monastères i des nids, au sujet de ces paroles : IlUcpasse- Tti nidiÂcabunt : « Les passereaux feront là leur nid,n{Psal. cm, 17.) Et il ajoute que Tar* bre qui porte ces nids, est planté de la main de Dieu, et qu^un pays est trop heureux d'avoir des personnes de cet institut. Cassiodore par» laîtainsi.parrexnériencequ'ilavaitlIiitedelA vie monastique. Il avait devant les yeux plusieurs parfaits imitnteurs de ses vertus, dont il semble avoirfait le portrait en cet eQdroit et en plusieurs autres. Sans s'arrêter à rapporter tous les éloges qu'on a fiiils de Cassiodore, le P. de Sainte-Marthe cite seulement les plus considérables, comme pour lui servir d'épitaphe et orner son tombeau. Il se borne donc au témoignage du vénérable Bède»

d'Alcuin, de Paul Diacre, d'Hincmar de Reims, de Robert, du^mont Saint-Michek etc.. Alcuin adonné h Cassiodore le titre de bienheureux ; Bollandusen parie au 17 mars, et dit que Witford l'a inséré dans son martyrologe, et l'a proposé comme saint k la vénération de3 fidèles; les Bénédictins lui ont assigné au 25 septembre une place dans*, leur ménologe. Il est surprenant que Alban^ Butler et Godescard n'aient pas en la moiiw. dre note historique è consacrera Viviersouà son saint fondateur. Ils ne nomment môme pas Cassiodore Dom de Sainte-Marthe, qui écrivait en 168fc, dit que de son temps le monastère de Viviers existait encore et que Téglise en était dédiée à Dieu sous l'invocation de saint Grégoire Thaumaturge, mais. au'il était bien déchu de son ancienne spleneur, ayant été souvent pillé et ruiné, surtout par les Sarrasins. Dom Garet, ou, comme je l'ai dit plusieurs fois, dom Nourry nous apprend que le Ftvier ou Viviers, après avoir appartenu dès le commencement aux Bénédictins, suivant lui (suivant nous, non dès le commencement, mais plus tard, comme presque tous les principaux monastères de l'Italie et d'une grande partie de l'Europe, quii prirent la Règle de saint Benoît), passa h \àf possession des moines de saint Basile^etnousw pensons que ce fut peut-être è cette époque

Îue TEgiise fut sous le vocable de saint régoire Thaumaturge. Il ajoute que l'injure des temps ou des guerres, ou les incursionsdes Sarrasins et des Maures, en expulsa aussi les Basiliens; que cependant cetantique asile des lettres et de la piété existe encore, déchu de son ancienne magnificence, mais riche enopre du nom et des reliques de saint Grégoire Thaumaturge. Nous ignorons en quel état il peut être aujourd'hui, car il aura dû subir aussi les effets des révolutions et des dévastations des Sarrasins du dix-neu-^ vième siècle. B-u-b.

VRAIE-CROIX (Om>»e db chbvalebi&de la).

L'impératrice Eléonore de Gonzasue ^ veuve do Ferdinand UF inâtitûa L'an l66ftv

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l'or-ire de la Vnie-Cr oii. Vok.i à q:e.'e (» f.a-s.on : au Loi leu <i'an eHiLraseiLeni qui aTiva la rriéfLe anr.ée au l'a'ais-ln:: er;a', une rroit qu'eîi^î avait ei qui é^ait la.i^ «Je •j*-uî fLOroeaui de la vraie croix, se trouva , Oii-on, ifjira'ju.euserner.i r-réserTée desflamin^>, ^e fut pour en ri.3r ^uer à Dieu sa rer-'^.nii.'ji^snnce , aa'elie voulut établir une f.orri;a^nie de James, sous le titre de la Vraie-Croii; leurs oLIi^aiion? étaient d'honorer particulièrement la croix, où Jésus- Christ avait été attaché [•our n^s pf^chés, de procurer sa gloire et son ser\ice, de Iravail- J»^r principaleraent au salut de leur âme. Pour les distinguer, elle leur donna une croix d'or, au milieu de laquelle il y avait deux lignes qui résinaient dans le lon^ et dans le travers, qui étaient de couleur de Lois, j»our marquer la vraie croix ; aux ex-

tré2::ités de cette croix, il j at ail quatre étoiles, ei aux qi*tre an^.'ei, des ai^'les noires qui ten3 eni oTiaiune un PJQieau sur lequel é'-aient é-Tiies ces f jrc^le* : S^ilus el glorxa. El i^^s la devaient rorter sur la poitrine au cjj'.é g3'i:he. âiLachee à on ruban noir. La sa:Dte Vierge et saint Joseph furent choisis P')'ir [dirons et pp^ieoteurs de cet Ordre. Les Rej'es elSi^iiuts lurent dressés fiarleP.Jean- Ejptiste Nani defaComr<3gniedeJésQS.

L*aL'L>é Giustiniani ajoute que pour être re*'ues dans cet ordre, les dames devaient avoir trois qualités. 1* Il fallait qu'elles fussent nobles et j'une famille illustre, tant du futé du père et de la nù-re, que du côté du mari, i Qu'elles eussent la réfutation d'avoir beaucoup de grandeur d'âme, et 3* qu'elles fuisect dune ne irréprochable.

ZÉLATRICES des^.

Une création récente semble présager avec quel succès on va ranger sous une Règle religieuse rinielligence et le prosélilisme fervent d'un j^rand nombre de vierf^es chrétiennes: elfes ont été formées au nombre de li50 h To-iii , en Chine; elles exercent dans \(^s villages sous le nom de Zélatrices un apostolat très-fructueux pour l'enseignement et le soin des j»etiis enfants; elles forment h la piété la jeunesse de leur sexe et ouvrent le ciel par le baptême aux enfants païens en danger de mort, sans compter Tascendant dont elles jouissent sur les i)arents même infidèles qui se déchargent sur leur charité du soin de leur éducation. C'est Je P. Brouillon, de la Compagnie de Jésus, qui s'e^st occupé avec ardeur è la réalisation de ce projet, dont il espérait de merveilleux résultats. Pendant son séjour en Europe en l8oi el 1855, il en faisait souvent le sujet de ses conversations, il traitait fréquemment cette matière dans S9,s instructions, il s'efforçait d'enflammer son auditoire du zèle qui le brûlait et d'inspirer aux âmes d'élite le courage de se livrer à cette œuvre si propre à décupler les fruits des travaux des missionnaires; il désirait voir partir pour J'Empire - Céleste une colonie de religieuses Françaises, de filles pieuses, qui devinssent le noyau , les directrices et comme les fondatrices de cette congrégation. Il était convaincu que le concours des religieuses est le meilleur auxiliaire de l'apostolat. Le j)rètre ouïe missionnaire, interprète de la doctrine , et obligé de la prôcher et de la défendre, au risque de heurter de front les passions hostiles à cet enseignement, doit nécessairement provoquer des antipathies, des haines, et une opposition plus ou moins prononcée; mais la vierge chrétienne, douce et humble de cœur, dont les lèvres s'ouvrent non pas pour discuter ou imposer la vérité,

mais seulement pour prier et consoler, et dont la main ne s'étend que pour verser l'aumùne et distribuer les médicaments; quelle nature assez dure, assez barbare pourrait lui résister avec une opiniâtreté invincible? Aussi, au bout de très-peu de temps, déposent-ils les armes, vaincus f^r le dévouement et les bienfaits de la charité ; les dispensaires, où sans distinction de races et de cultes, ils viennent recevoir du soulagement à leurs maux, sont la meiJleurearène pour combattre leso})positioDsde la croyance et de la nationalité.

ZOCOLETTES,

Les filles qui portent ce nom ne forcent point un ordre religieux^ ni môme une congrégation proprement dite, et n'ont aucun rapport avec les Récollels, qui ont, en Italie, une dénomination presque identique.

C'est pour cela que le P. Hélyot ne les a point insérées dans son Histoire dts Ordm monastiques, El les portent un habit religieui. Nous allons donner ici un précis d'hi^loire de leur établissement d'après le P. Bonaini. Quoique la grande charité du Pape Innocent \ll eût fait du palais de Latran un hos- [)ice pour les pauvres, ilrestaitencore dans la ville de Rome nombre de filles pauvres qui mendiaient leur pain de porte en porte, au péri! de leur vertu. Leur position enflamma le zèle et la charité d'Alexandre Berti, aumônier du Souverain Pontife : en 1698, il en réunit quelques-unes qu'il plaça sous 1^ conduite d'une femme pieuse el prudente; et, nourries à ses dépens, elles purent voir leur vertu à l'abri du danger. Ces filles furent habillées d'une robe de grosse toile blanche et d'un scapulaire de la même couleur. La pauvreté de la maison ne pouvait leur fournir que des socques ou sandales do bois, de là leur est venu le nom deZorolettes , cnr elles gardèrent ces sandales, quand, dans là suite, on put leur faire wr*

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ter des lias de laine; lear nombre alla Jasqu*k eent soixante-dix. Leur maison était

fetite, et sous la protection deTaumônier du ape, elles vivaient des aumônes volontaires de personnes pieuses. Pour faire quelques petits profits, elles s*occ*.upaient aux travaux qui conviennent aux femmes. Si une famille demandait pour sa servante une de ses filles»

si un bomme honnête désirait en eimuser une» on se prêtait à ces demandes. Quctnd ces jeunes personnes allaient visiter les églises» elles s*y rendaient en rang la tète couverte d*un voilé et récitant des prières. Nous avons tout mis ici au passé» car nous ignorons si ce pieux établissement existe encore à Rome.

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