AVIS DE L'ÉDITEUR
Ea UttuiI enfln à nos souscripteurs ce volume depuis si longiemps el si iriipatiemment atlendri, devons rendre compte des causes qui Tout retardé et des peines qu*il nous a occasionnées. L*oii verra par cet exposé «pie nous étions les premières victimes de ces délais sans cesse renouvelés, lorsque keaociMp BOUS accusaient de négligence, et quelques-uns allaient plus loin encore.
n*îgnere que depuis soixante ans il a été fondé, dans TEglise catholique, et en France surtout, phn de congrégations religieuses que n*en avaient produit les dix-buit siècles antérieurs du chrlsiianiroe. hÊÊSM le catholicisme n^a mieux prouvé la fécondité de la charité chrétienne que depuis que la révolution a proacrit les ordres religieux, renversé les monastères, en s*emparant de leurs biens et en jetant dans les cahots on traînant à Téchafaud les religieux fidèles à leurs engagements; en sorte qu*on pourrait dm, ea paraphrasant les paroles de Tertullien, que les pierres des monastères démolis ont été en quelque aerle Qoe semence qui a produit au centuple.
Or il s*ag;issait pour nous de recueillir Thistoire de toutes ces congrégations si multiples et si variées qm gemeni de toutes parts sur le sol catholique, de faire connaître leurs fondateurs, les oeuvres spéciales amqoeOes elles vaquent, leurs statuts, au moins sommairement, et leurs progrès. Qui ne voit déjà de comhka de difficultés était hérissée notre tâche? 11 ne s'agissait pas de composer un ouvrage logique en s'enfergyiff dans le eabinet, ni de consulter des livres anciens où se trouvaient dispersés les matériaux que nous devions netiK en œuvre; il n*existait rien de ce genre; à peine pouvait-on recueillir quelques documents fénérMix dans les notices hiogapbi<]<ies de quelques pieux fondateurs. Tout était à créer , ou plutôt îl fidlait obtenir de chaque congrégation qu*elle voulût bien rédiger son histoire particulière, retracer iM origine, dévoiler les secrets de sa constitution , raconter ses épreuves et les progrès dont l'avait bvorisée la divine Providence. Or, que de respectables susceptibilités n'avons-iious point rencontrées sur et point? En vain faisions-nous remarquer que, dans un siècle tout matériel conime le nôtre, il ne convenait pas de cacher sous le boisseau la conduite de la divine Providence sur son Eglise ; que la résnrreclion des ordres religieux, si peu de temps après la tempête qui les avait tous emportés, eottsiitaait on ûdt presque aussi miraculeux que le triomphe du christianisme sur ridol&trie ; en vain prodamioos-noos bien haut qu*il fallait, pour Tédification générale, administrer au public les preuves de ce fût providentiel el si glorieux pour TËglise, la modestie de ces congrégations, pour ainsi dire encore aaissantei, était si profonde qu*il leur répugnait de parler d'elles-mêmes et de nous communiquer des docnmenis qa*elles seules néanmoins pouvaient nous fournir. Le plus grand nombre d*entre elles ne répondaient pas à nos circuUires, et d'autres» dont nous n*avons pu vaincre la répugnance, n'ont répondu qae par vn refus formel. Il nous a fallu ainsi lutter pendant dix ans contre cette modestie qui nous lit sans doute, à cause du motif qui l'inspirait, mais que nous ne pouvions approuver, puisqu'elle i laisser ignorer au monde, au moins dans tous ses détails, une des plus grandes gr&ces q le Dtea répandait sur son Eglise.
Pour comble de disgr&ce l'auteur qui s'était chargé de recueillir, en notre nom, les matériaux q:ii «levaient constituer le tome IV* de notre Dictionnaire des ordres religieux ^ tombe malade après cinq ou six ans de recherches. Pendant sa longue maladie les renseignements qu*il avait obtenus, ses manuscrits, fruits de ses propres travaux, se dispersent et il n'en reste plus que quelques lambeaux fort incomplets ; de sorte qu'après plus de huit années d'enquêter très-dispendieuses, il nous a fallu les recommencer, comme si rien n'avait été fait. De plus, où trouver un auteur spécial pour ces sortes de travaux, capable de succéder au premier? Quelqu'un se présente; nous traitons avec lui, et après une année perdse en vaines démarches il se désiste en nous laissant dans un embarras plus grand qu'auparavant. Falbit-il le forcer à tenir son engagement à notre égard? Mais un procès dans tes sortes de matières, notre les désagréments et Tespèce de scandale qu'il entraîne, eût été cause de nouveaux délais sans rien terminer. Force nous a donc été de recourir à un troisième auteur après neuf années épuisées en vains efforts. .Tous les frais de circulaires, de correspondance, d'enquête ont été recommencés de BOQveau. Les notices égarées nous ont été renvoyées; beaucoup de congrégations qui n'avaient pas répondu â nos premières instances ont été mieux conseillées et nous ont fourni les documents demandés. Cafln, nous avons pu réunir assez de matériaux pour terminer noire volume après mille diflicultés et Bille incidents q^^ nous oassons sous silence.
AYIS DE L'EDITEUR.
Mais il 8*CD Taut bien, nous devons i^avouer, que notre Toluma contienne les notices de toutes les congrégations établies dans FEglise depuis le commencement du xix* siècle. Nous ne sommes même pas au complet pour la France, ni pour la Belgique; à peine avons-nous effleuré !*Iialie et PEspagne; TAIIemagne est pour ainsi dire encore intacte. Il nous reste donc une ample moisson à recueillir. Notre, œuvra est trop importante pour que nous Fabandonnions lorsqu'elle est à peine ébauchée. Ne ferions-nous, dans un nouveau volume, que compléter la réunion des documents qui serviront plus tard k retraeer rhîstoire monastique de la première moitié du xix* viècle. ce serait pour nous un motif assex paissant pour continuer nos recherches. D^ailleurs depuis que notre volume est sous presse d*abondants matériaux nous sont parvenus; nous les compléterons, et nous les pablîerons dés qu*il nous sera possible àê le faire.
Hais pendant que nous nous épuisions ainsi durant de longues années en efforts Impuissants, que faisaient nos souscripteurs ? Ils ajoutaient k nos peines et à nos embarras. Quelques-uns mettaient tout cji œuvre pour nous forcer, comme ils le disaient, autant qu'il était en eux, à tenir nos engagements; refus de paiement des volumes reçus, qui, prétendail-on, n*avaient aucune valeur en l'absence de celui qui manquait, renvoi de nos traites protostées, correspondance en harmonie avec ces faits, rien n'était oublié pour nous mortifier et nous peiner. Toutefois nous nous faisons un devoir de reconnaître que c'était le très-petit nombre de nos souscripteurs qui nous traitaient avec taat de sévérité, tes plus modérés se contentaient de nous réclamer presque chaque année, le volume manquant* De là des milliers de lettres et des frais éfâormes de correspondance : chaque réclamation exigeant de nofre part une réponse. Nous n'entrons pas dans le détail de ces frais et nous nous gardons bien d'en donner l'estimation de peur que Ion nous accuse d'exagération. Nous serions au-dessous de la vi^rité «n les porUnt à dix mille francs. C'est ainsi, nous le répétons, que nous étionsia viclimo des retards causés par des difficultés inextricables, lorsque nos souscripteurs nous reoroehaient si amèrement ces mêmes retards.
Enfin notre volume parait, tous les souscripteurs qui y ont droit vont le recevoir. Nous prouvons par là que nous savons vaincre tous les obstacles pour tenir nos engagements. Si des circonstances aussi pénibles se représentaient encore, nous serions en droit de dire à ceux qui nous adresseraient des plaintes : Qunre dubitatti, modica fidei^; jugez de l'avenir par le passé, et voyez si jamais nous avons manqué k nos promesses, et laissé quoique ce soit d'incomplet. Soyez donc patients.