‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 4 sur 220 · PARTICUUÈREMENT EN FRANCE AU DERNIER SIÈCLE ET A L^ËPOQUE ACTUELLE · texte numérisé non relu

PARTICUUÈREMENT EN FRANCE AU DERNIER SIÈCLE ET A L^ËPOQUE ACTUELLE

L ouvrage important que le P. Hélyot consacra à l'histoire des ordres religieux, et dont il enrichit la littérature ecclésiastique, était, on peut le dire, un monument admirable. bien supérieur k tout ce que Morigia, Haurolic, Beurier, Aubert Le Mire, Hermant, Crescenze, etc., avaient essayé avant lui. Non-seulement la critique Ta éclairé des lumières nécessaires, mais les faits nombreux qui le composent, fruit de vingt-cinq années de recherches, d'altetUeff et de rédaction, ont consticué ce monument admirable, élevé à la gloire de la religion et de la perfection évangélique. Mais, hélas 1 ne pourrait-on ))as dire que ce monument fut comme une colonne élevée sur un tombeau, ou du moins comme le souvenir d'un vaste édifice écroulé!

Ce serait le, peut-être, Topinion générale.

A iMirtir de Tépoque où le P. Hélyot cessa d'écrire, il semble que la vie monastique perdit son éclat, et que les ordres religieux préludaient rapidement par leur décadence à la suppression sacrilège que la Providence permit en 1790.

D*oà vint cette révolution dans les clottres, révolution qui les rendait , au xvui* siècle, rî différents de ce qu'ils avaient été au siècle précédent, grand en tout, mais principalc^meiit par les réformes édifiantes qu'on avait vues dans Tordre ecclésiastique et dans l'ordre monastique?

Je vais essajtr de le dire en quelques pages. Ces pages . écrites avec autant de sincérité que de simplicité, pourront peut-être dissiper quelques préventions, bannir quelques préjugés, redresser des erreurs et amenef de nouvelles convictions.

Je veux, auparavant, montrer que les ordres religieux n'étaient pas ce qu'on croit généralement, et faire voir qu'il y eut d'abord une ()ersévérance dans la régularité plus prolongée qu'on ne l'imagine, et que, pendant toute cette période si fameuse par son déelin^ la religion vi^toiyours, dans des ciollres réglés, d'édifiantes protestations.

Entre les anciens corps religieux plusieurs conservaient la même régularité dans l'observance de leur règle, et l'on ne voyait aucun relAchement introduis, par exemple, chez les Capucins, chez les Jésuites, chez les Camaldules. On peut en dire autant des ermitages des Carmes déchaussés, des solitaires de la forêt de Sénart, de ceux de Saint-Sever, jetc., etc., etc. La Trappe et Septfons, conservant leur haute réputation, conservaient, à peu près, toute leur ferveur, et Septfons, surtout, donna, même vers la fia du siècle, un spectacle qui semblait être une réminiscence impossible des temps passés, oui, impossible à une pareille époque I 11 est inutile d'exposer ici qu'à l'exception de quelques chapitres et de quelques abbayes, et encore en très-petit nombre, toutes les communautés de femmes étaient demeurées dans leur premier état, sans relAchement sensible.

Mais ce que je veux rappeler, et même à ceux qui se sont laissé prévenir sans avoir étudié le siècle sous le rapport religieux, c'est que non-seulement la piété et la vie de*meuraient dans les corporations anciennes, mais qu'on eu vit alors de nouvelles, dans tous les genres, se créer ou s'affermir. C'est alors, en effet, que commencèrent ou se con** solidèrent les sociétés ecclésiastiques des prêtre.s du Sacré-Cœur, dans le Midi ; des missionnaires de Saint-Laurent-sur-Sèvres ; du Saint-Esprit, è Paris: ce fut alors que les Frè- DiCTiosiN. DES Ordres relig. IV. 1

res des Ecoles chrétiennes donnèrent surtout la forme h leur admirable et utile congrégation, aujourd'hui plus étendue et plus importante que jamais.

Au pied des Pyrénées, Tabbé de Latitte- Maria, à Tinstar des Rancé, des Berryer, des Beaufort, établissait en son monastère de Saint-Polycarpe une réforme austère, qui aurait été. dans ces temps malheureux, un foyer de chaleur pour TEglise, si elle ne s'était pas presque aussitôt abîmée et perdue dans les sentiers de la malheureuse secte qui agitait tous les lieux où elle portait les illusions de son hypocrite rigorisme et de son indépendance. Au même temps, mieux inspirés et mieux conduits,' les Ermites blancs du Hont- Yalérien formaient cette utile observance qui s*est maintenue la même jusqu'au moment de la destruction des cloîtres.

Ce n'est pas seulement en France que nous pouvons montrer ces admirables institutions, se fondant d'une manière plus admirable encore aux yeux des hommes de foi, dans des temps si malheureux. En Italie, par exemple, furent alors fondées les religieuses appelées Norberlines : \es Zocolette, qui, sans être liées par engagement k la vie monastique, ^n portaient pourtant l'habit et vivaient en communauté. Quelques années après Pie VI créa, en Autriche, l'Institut des Frères de la Pénitence, projeté depuis longtemps» même par l'impératrice.

Le goût et le renouvellement des études se ranimaient d*une manière aussi frappante qu'utile dans plusieurs monastères, par exemple, chez les Prémontrés de Lorraine; au chef-lieu de Tordre, près de Laon, sous la direction intelligente de l'abbé Lécuy; chez les Capucins de Paris, où l'on vit naître cette académie d'hébraïsants, etc., etc. A l'abbaye de Fulde, se forma une société de savants, dans le but de réunir les protestants et les catholiques. On connaît généralement ce qu'étaient les études alors dans les deux célèbres abbayes de Bénédictins de la Forêt-Noire, et particulièrement tout ce que ranima, tout ce que créa, dans celle de Saint-Biaise, le docte abbé tîerbert.

Sur différents points de la France, se formaient encore, surtout dans les commencements du siècle, un grand nombre de sociétés de vierges chrétiennes, telles que les Sœurs d'Ernemout au diocèse de Rouen; les Sœurs de la Sagesse, à Saint-Laurent-sur-Sèvre; les Paulines, en Basse-Bretagne; les Sœurs de l'Instruction chrétienne, dans la Haute- Bretagne, h Fougères et è Louvîgné-du-Désert; dans les deux parties de cette religieuse province, un grand nombre de communautés, pour donner un asile aux fidèles des deux sexes qui voudraient faire une retraite de huit jours; les Sœurs de Saint-Charles et celles de la Providence» en Lorraine; celles de l'Dnion chrétienne, à Tours; et autres semblables en diverses localités. Je veux surtout signaler la fondation de l'Institut de Sainte-Aure, à Parisi communauté édifiante, vouée à l'adoration du Sacré-Cœur; et encore plus veux-je parler de l'Institut des Passionistes, en Italie, dû au zèle du vénérable Paul de la Croix» et de celui du Saint-Rédempteur, fondé pour les deux sexes» par saint Alphonse de tLiguori.

Assurément cette nomenclature, pourtant si incomplète» en dit déjk assez pour mon- 'trer aux plus prévenus, pour apprendre aux plus indifférents, qu'un siècle où se trouvent-tant d'œuvres dues à la vie religieuse, n*est pas un siècle où l'esprit de la vie reli-

• gieuse soit absolument éteint.

* Néanmoins^ il faut en convenir» et c'est pour cela que nous traçons ces pages préliminaires, la flamme de ce feu divin, restreinte on affaiblie» n'échauffa plus que quelques Ames mieux disposées; n'éclaira plus» comme autrefois, les yeux les plus avcuglésl

Si nous en oherohons les causes, nous trouvons la première danslesmalbeurscausésparla régence qu*exerça le duc d'Orléans è l'avènement de Louis XV à la couronne. Tout sonf- *frit en Franoe. Relâchement dans les ressorts du gouvernement» dans l'exercice de l'autorité civile et religieuse» dans la morale surtout» et» par conséquent» un it)ntre-cottp porté k la discipline eccMsiastique, A un roi grand sous tous les rapports, venait de succéder un roi enfant ; et quoi qu'en eût ordonné Louis XIV» l'administration du royaume passa entre les mains d'un prince dissolu» sans principes» sans aucune des qualités nécessaires è sa position» surtout k-une pareille époque. BientAt tout se resàvniit du chan-^

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