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iiionne sentait qu'il fallait du temps à la nouvelle famille bénédictine» et on était loin de croire qu'il lui fût possible» en quinze ou Yîngt années, de donner tous les fruits que nous lui devons déjà. La liturgie romaine, qui durant mille ans avait été celle de nos églises» remise en honneur; une grave histoire de province» sous le nom \ïBi$toire de Véalise du Jlfans, et dont on annonce le troisième volume; la monogra*
fhie de sainte Cécile, qui est tout à la fois un des plus admirables récits de l'A^e des martyrs et un modèle de critique hagiographique : VHistoire de eaint Léger et VEisai sur leiBoUandisies^ oiïdom Pitra» préludant au spicilége» livrait au public non-seulement des textes nouveaux, mais encore des faits jusqu'alors demeurés dans l'ombre, acceptés maintenant et devenus vulgaires ; cette école du palais, (tar exemple» antérieure de deux siècles & l'académie de Char- ]emagne»et restée inconnue aux plus doctes historiens de l'école mérovingienne. Je ne dis rien ni de plusieurs livres ascétiques bien connus des fidèles» ni de l'admirable Vie du R. P. Libermann» touchant et fraternel témoignage donné par Solesmes à la congrégation du Saint-Esprit et du Saint- Cœur de Marie. L*énumération complète et détaillée des travaux de la jeune congrégation française n'est pas nécessaire pour montrer qu'elle est un digne rejeton de l'arbre onti(|ue et vénérable» planté il y a plus de treize siècles sur le mont Cassin, par le grand patriarche des moines d'Occident.
Héritiers de la congrégation de Saint- Maur» les nouveaux Bénédictins devaient naturellement avoir l'ambition d'inaugurer i)armi nous le retour aux études directes de la patristique. Mais il était trop évident qu'ils ne pouvaient, dans leur petit nombre et obligés de faire face à tant de travaux, entreprendre de sitôt l'édition de quelqu'un de ces Pères de l'Eglise dont leurs prédécesseurs ont laissé les œuvres à rechercher, h collaiionner, è critiquer et à publier. Ils le comprirent, et se rappelant que la génération de robustes éditeurs de Saint-Maur avait été précédée i^ar celle des savants hommes qui» essayant les forces de la congrégation sur les opuscules inédits des Pères, restituèrent à la tradition chrétienne tant de précieux documents jusqu'à eux demeurés enfouis dans la poussière des bibliothèques, ils résolurent de suivre la même marche.