‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 4)Chapitre 76 sur 220 · FILLES D£ NOTRE-DAME · texte numérisé non relu

FILLES D£ NOTRE-DAME

Notice sur Catherine Conrart^ leur fondatrice^

Près de quarante ans après l'arrivée des religieuses de Saint-François, à Tourcoing, dans le monastère de Notre-Dame des Anges, dont nous avons parlé à l'article AnaeSf s'ouvrait une nouvelle école destinée à nnstruction de l'enfance et ({ui devint plus tard le pensionnat des Drsulines.

Jeanne-Catherine Conrart fut le nom do la fondatrice des Filles de Notre-Dame; elle avait atteint l'âge de majorité, lorsque d'après Tacte destiné à être présenté à la confirmation royale, < persuadée de l'importance de donner de saintes impressions aux enfants dès leur tendre jeunesse et d*avoir des écoles où les filles puissent être enseignées séparément des garçons; voyant grand nombre de filles, à cause de leur pauvreté, privées des instructions, et désirant se donner tout entière à cet emploi, » elle se réunit à quelques compagnes animées des mômes sentiments, et présenta, en 1598, une re-

3u6te à l'évéque de Tournai, Mgr (>illebot e la Pulle, lui demandant la permission d'établir une école < où elle pût s*appliquer le reste de ses jours à enseigner les Qlles du lieu et autres du diocèse. » Les vœux de la vertueuse demoiselle furent exaucés* et révoque lui accorda l'autorisation demandée, le ISaoût 1698. L'établissement fut successivement accepté par les bailli ou lieute-^ nant et gens de loi, au bourg de Tourcoing,, le 1^ mars VlOk et par les curé, bailli, échevin et principaux habitants du lieu,, lo> !•' avril 1707. Vers le même temps, en 170ft 39 mars, et 3 janvier 1708, Jacques Lefebvre„ prêtre séculier, demeurantà Tourcoing, fa'h sait don d'une partie de ses biens à la nouv^ velle école qui avait pris le nom d*école do? Saint-François de Sales.

il >' eut une transaction passée le S juih let 1700, entre la fondatrice et les habitante de Tourcoing, par laquelle la communauté nouvellement établie se trouvait exclusivement chargée de l'éducation des orphelines de Tourcoing. Les Filles de Nolre^-Dame s eu-»

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gageaient hlofçer, Tètir et alimenter depuis l'Age de quatre ans jusqu'à auioze ans accomplis toutes les pauvres filles orphelines, natives de la paroisse de Tourcoing, qui sont et seront à charge dudit lieu. De leur côté, les habitants promettaient pbur Tenlretien de chaque orpheline une somme de quarante huit livres, qui devait être remise aux institutrices par te collecteur. Les compa-

Eies de la fondatrice étaient Hélène Roussel, irbe Lefebvre, Catherine Yon, Martine Grart, Elisabeth Plutré, Thérèse Costerelli et Archange Petit. Comme la nouvelle institution n'appartenait pas è un des ordres religieux anciennement existants, il fallait des règles spéciales. Aussi le règlement des Filles de Notre-Dame fut-il approuvé le 28 février 1713, par les vicaires généraux de Mgr de Beauveau, évoque du diocèse.

L*année suivante, i*lik, 7 septembre, Catherine Conrart, par acte testamentaire, faisait don au nouvel institut de la maison Qu'elle lui avait procurée et qui se trouvait ivlsée en trois parties distinctes. La première était destinée à la communauté des religieuses; la deuxième, aux jeunes élèves pensionnaires; la troisième, aux pauvres enfants abandonnés. La fondatrice se dépouillait encore, en faveur de son œuvre chérie, de tous les autres biens qu*elie possédait, se dévouant ainsi sans réserve à Tinstruction de la jeunesse et au soulagement de Tinfortune.

En 1731, 17 janvier, Mgr Jean-Ernest, comte de Sowestein, approuva de nouveau et confirma rétablissement des Filles de Notre-Dame; il se disposait à supplier le roi Louis XV de leur accorder des lettres de confirmation, mais In mort pdratt Ten avoir em))èché, car il termina sa carrière dans le courant de Tannée 1731. Le 6 avril de cette même année, la duchesse Marie- Anno-Césarée de Sanlv, veuve de Jean- Baptiste-François-Joseph de Croy, duc d'Havre et de Croy et seigneur de Tourcoing, donnait sou consentement à la nouvelle fondation, après s*élre fait rendre compte, ainsi qu'elle rassure, des bonnes instructions que la demoiselle Conrart et plusieurs autres tilles renfermées avec elle continuent do donner k la jeunesse de Tourcoing depuis ]ilusicurs années. La communauté était composée de dix-huit personnes sous la protection et la dépendance immédiate de Tévèque de Tourcoing et sous la supériorité perpétuelle du curé de Tourcoing. Les membres qui* la composaient ne faisaient que des vœux simples.

Trois ans seulement s'étaient écoulés, depuis l'approbation donnée par Mgr de Sowestein et par la duchesse d'Havre k l'institution des filles de Notre-Dame , lorsque l'école érigée par Catherine Conrart prit

^n M. Parenly dans ms notes historiques ei biographiques imprimées à Arnis en 18ii, raconte qu il )' avaii à cette éuoqtie dans la communauté, deux religieuses d'une famille de Roubaix ; que leurs iktu 4't mère dcmnndcrrnl la permission de Tnlrc (l'Iéhrtf dans la chapelle leur jubilé de marta;re, aiiji

une nouvelle forme etacquit ave plus grande importance.

L'institut des Ursulines, fondé d'abord en 1535, en Italie, par saint Ângèle Nérice, introduit ensuite en France, en 1596, par Françoise de Bermont, et établi è Paris par Mme de Sainte-Beuve, en 1612, jouissait ) celle époque d'une grande réputation. La congrégation de Paris avait à elle seule formé un Î;rand nombre de maisons. Ainsi, en 1626, e monastère de Saint-Omer avait donné naissance h celui de Lille, et celui-ci, k son tour, avait formé la maison de Tournai.

Dans cette dernière ville, les Ursulines avaient gagné la confiance des babilanis. Mgr le comte de Salm Heiffenscheid,évèque de Tournai, témoin de tout le bien (|ue ces habiles institutrices de la jeunesse Oftéraicnt dans sa ville épiscopate, voulut doter lo bourg de Tournai d'un semblable établissement. Il n*était besoin pour cela que de faire embrasser Tinstitut des Ursulines aux Glles de Notre-Dame. Catherine Conrart, qui s*était réservé jusqu'à la mort la supériorité de la maison fondée par elle, ayant terminé sa carrière en 1734, celte même année les filles de Notre-Dame demandèrent k Mgr Tévéque de Tournav la permission de foire des vœux solennels avec clôture, obligation d'enseigner la jeunesse » conformément aux institutions de Tordre de Sainte-Ursule

u'clles voulaient adopter. La destruction

'une partie des archives du monastère de Tournai a détruit les mémoires oui nous auraient fait connaître comment les religieuses ou filles de Notre-Dame furent amenées à quitter leur institut pour embra$>er celui des Ursulines. Leur demande ce|>endant fut bien accueillie par Sa Grandeur, etunactd d'autorisation leur fut accordé le 21 juinl'ISk.

Mais il fallait leur envoyer des religieuses déjà formées pour les façonner è roI)>erTation de leurs nouvelles règles. Les Mères Ursules de Roubaix, dites de Sainte-Marie, Michèle de Sarmont de Saint- Alexis el Françoise Maillet de Saint-Bruno, furent choi^ie$ par Mgr l'évoque de Tournay, pour être Ws |)ierres angulaires du monastère de Tour* coine; ces bonnes religieuses se trouvaient en charge toutes les trois, ce qui rcnOiiii d'autant plus sensible è la supérieure et h toute la communauté la perte qu*un ailait faire en leur personne (1). On crut même devoir faire è Tautorité ecclésia^li^^ue d*humbles observations, mais déji cette fondation avait été arrêtée par l'évèciue et ie gouvernement, et quand on eut ôté les ilil* iicultésque Tautorité locale avait suscitoc^, les trois religieuses quittèrent, au milieuuc^ larmes et des regrets de leurs cOMjeurs '«^ maison de Tournai pour s'aljandonner h ta conduite de la Providence qui leurcoutiâjt celte nouvelle mission.

que leurs ftlles pusseni y assister, ee qui ie«r fat mcordé. La Messe fui exécutée par lea relifiew'^* un religieux Canne, lUs desépoiix jubilaîre^ r^* non^-a un discours analogue ^ celle soleooue ^*>t^ e\ laoritinaiie dau> rêglisc d'un couvcnU

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DES ORimES REUGIEUX.

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UpoBsiooiut des Ursulines jouissait d*aûe répouUoo josiemeot méritéet et an grand Dombra da personnes de la Flandre autri- (hiefloe s'y rendaient pour faire leur éducauoo. Mais en i793i ce monastère fut fermé ^)al1D6 laot d^autres. Les 'religieuses qui fiubitsienl troaTèrent un asile à Tournai, àos kar maison-mère, où ellesfurenl reçues iiec ooe cbarité bien propre & adoucir Tajnertamedeleur situation» Elles s'y livraient itec bonheur aox exercices de la vie comoione, en compagnie d*un grand nombre d'autres religieuses exilées comme elles, Ic^sque^après la bataille de Jcmmapes et rentrée dsos TûQrnai du lieutenant général Ijboardoooa^e, tous les émigrés reçurent Tonirede quiUer la ville dans les vingt-quaire heures. Ls séparation fut douloureuse, ri bien des larmes furent versées. Il fallait uioif^er de la patrie, et cbercher au loin aoibniocertainxcependantdouzedesexiléas l'Oreot s^ soustraire aux poursuites do la Hire frsDçaise et rentrer aans le monastère Je Tournai, qui, par une disposition particoiière de la Providence, devait échapper (mtht par miracle à la tourmente révoluiionoaire. Elles y rendirent, à la commuuu(é« des services d'autant plus grands qu*il » anil alors pénurie de sujets, vu la dék-u^e qui avait été faite de recevoir aucune DOTice. Trois d*entr6 elles avaient appartenu la coafeot de Tourcoing. La MèreFrangoise D<)Q<iam, qui en avait été la supérieure, «^oïlii pirticttlièreuient la communauté jusqaeo U05, époque de sa mort. Les deux laires traient porté, dans le sitèclc, le nom de Wtttel, et étaient natives de Tourcoing. L'aoe délies, la mère Eléonore , dite ue biJQt-llicbel, mourut en 1812; Tautre, la iuèreReJce, dite de Saint-Honoré, remplit ivogleoips les fonctions de supérieure de 'ii>mut, et mourut le 27 janvier i83L CétDt une religieuse d^uo esprit supérieur ei J'uoe régularité exemplaire. (1)

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