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IMCTiONNAIltE
FIL
lai- même, au sein d*una congrégation dMiomroes, érigée caooniqucmenl par ses soins, k Bordeaux, sous le titre de rJmmaculée Conception de la très*sainte Vierge, fonda le second institut, sous la dénomination de Société de Marie. Ayant ensuite fait approuver à Rome les constitutions des deux instituts dans un seul et même décret, le Souverain Pontife sanctionna par cela même la mesure prise par le fondateur commun des deux congrégations que les Filles de Marie auraient toujours pour supérieur spirituel de leur institut le supérieur général de la société de Marie.
L*amour divin produit toujours Tamour du prochain; la charité, la cordialité, qualités si précieuses dans une supérieure, ont surtout éclaté dans Mlle de Trenquelléon. Elle avait coutume de dire que chaque ordre avait son caractère dislinctif et qu'elle désirait que celui de l'institut de Marie fût ta charité. C'était sa vertu de prédilection, elle paraissait innée en elles h rentrée d'une postulante, elle la recevait dans ses bras, la pressait contre sa poitrine avec le sentiment de la plus tendre affection; on aurait cru voir une mère revoyant une fille chérie, et de-
t)uis longtemps absente; une vive joie brilaitdans ses regards, tout son extérieur portait Tempreinte du bonheur, elle semblait vouloir dire à toute la communauté : Ré- Jouisse2-vous avec moi. Dieu m'a rendue mère d'une nouvelle fille. On comprend l'im-
1 pression que devait produire sur les postuantes on si maternel accueil. Aussi dès ce moment leur cœur se trouvait-il acquis à leur bonne supérieure, et, la confiance gagnée, elles n'avaient plus de secrets pour elle
Terminant un jour une conférence qu'elle venait de faire i ses filles sur la charité, elle dit avec une aimable naïveté et vivacité : « Du moins, mes sœurs, n'ai-je rien dans mon cœur, ni jamais n*ai-je rien eu contre aucune de vous. » Toute la communauté sourit et crut sans peine h ses protestations, car on était bien persuadé que le moindre fini ne pouvait entrer dans son âme. Elle disait aussi, dans une autre circonstance, n'avoir jamais eu de tentation contre la charité, et l'on sait quelle était sa droiture et sa délicatesse de conscience.
Laissons encore parler une autre de ses Ulles nous racontant le sentiment qu'elle éprouva à son arrivée dans l'institut : t A mon «ntrée dans la communauté, l'institut ne venait que de naître; j'arrivais d'un pays éloigné, c'était une forte épreuve pour moi que ce grand éloignemeot de tout ce qui m'était cher; mais je m'en trouvai dédommasée avec une sorte d'usure qoand j'eus vu Ta bonne mère, mon cœur lui fut acquis dès le premier aspect, tant je fus impressionnée de sa bonté, de sa charité : je bénisaais le Soigneur d'avoir trouvé près de cette digne mère un bonheur au delà de mes espérances.
« Un jour que j'étais accablée par les tentations contre ma vocatioUi j'allai la trouver,
ie lui dis que remplie de défauts comme jo rétais et sentant l'impossibilité de me corriger de mon excessive vivacité, il ma semblait que personne ne pouvait me supporter : Ma fillo« me dit-elle, croyez-vous à ma sincérité? Oui, ma Mère. Croyez-vous que ie possède la confiance de la communauté?
Oui, ma Mère, lui répondis-je. Eh Menl vous me croirez donc si je vous disque toute la communauté vou» aime et vous eslime, et quant è moi je vous chéris au detk de toute expression. Ces paroles si lK>nnes, si maternelles, me donnèrent la paix et je me relirai toute joveuse.
« Une autre fois, craignant d'avoir fait de la peine h une de mes scaurs, j'étais fort troublée et n'osais aller avouer ma faute à la bonne mère; cependant j'y allai, mais ce ne fut pas sans une émotion bien visible aoe je parvins h m'expliquer. La charitable mère empruntant les paroles miséricordieuses du Sauveur me dit r Personne ne vous a condamnée, je ne vous condamnerai pas non plus. Cette seule parole suffit pour guérir mon cœur sur-le-cnamp, et j faire nattre la paix et la joie.
« Une autre fois, étant employée k mettre la lessive de concert avec une sœur compagne, il m'échappa quelques paroles de viTScité qui auraient pu contrister cette bonne sœur, le repentir suivit immédiatement la faute, je fis mes excuses k la sœur, et quittant mon ouvrage, j*allaî me jeter aux pieds de ma supérieure pour lui faire l'aveu «le ma saillie de caractère. Ma fille, me dit cette bonne mère, la réparation que vous avei faite, la douleur que vous ressentez ont déjà effacé votre faute et même au delà. Levezvous et n'y pensez plus. »
Mlle de Trenquelléon nommée supérieure de la congrégation des Filles de Marie, et n'ayant personne pour limiter son zèle, se livra avec trop peu de modération aux exercices do mortification, et à son ornivre de prédilection t l'instruction des {lersonnes Ignorantes des voies du salut. Mais bientôt sa santé s'altéra, ses forces s'épuisèrent, et elle fut ravie k ses filles désolées le 10 janvier 1826, dans sa communauté d'Agen, et n*étant que dans la trente-neuvième année de son âge.
Fini de rinêtitui. ^ V Sanctification personnelle; 2* sanctification du prochain. Les moyens emnioyés pour atteindre ce second ottjet sont : les^classes externes, gratuites et payantes, les ouvroirs de couture, les pensionnats, les réunions de jeunes filles en congrégation, les retraites individuelles et ffén^rflles
L'institut des Filles de Marie, comme essentiellement religieux et dans l'ordre de la foi, est placé entièrement sous l'autorité des Pontifes de l'Eglise.
Un supérieur spirituel qui, comme nous l'avons déjà dit, est toi^ours le supérieur général de la Société do Marie, a mission de maintenir dans toutes les communauté^ l'unité d'esprit et d'action. De plus if <^^ nomtué, |)Our chaque couvent, un suf^érieur
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DES OllDRCS RELIGiGUX.
local qui correspond avec le supérieur spirituel.
U maison mère« berceau de rinsiitul* estàÂgen où réside radminisiration générale, C|ui se eompose essentieileroent de la supérieure générale et de trois assistantes, dont la première dirige tout ce qui a rapport au maintien de la fervenr dans riostilot cl aux œuvres de zèle qu'on y exerce, elle prend le nom de Mère de zèle. La deuxième, appelée Mère de Tinstruction, embrasse tout ce qui a rapport à renseignement et veille à l'uniformité de la méthode adoptée dans la congrégation. I^ troisième assistante ou Mère de travail a sous sa direxlion tout le matériel de l'institut.
Ces trois chefs reçoivent Timpulsion de la Hère générale, et la transmettent aux supérieures ou aux assistantes des maisons secondaires.
Les travaux de force de la maison sont faits par des religieuses qni prennent te nom lie soaurs compagnes; elles ne font pas Yosu de clôture.
Staiisiique des couvents, — L'institut des Filles de Marie possède trois couvents dans le diocèse d'Agen, un dans ceini d'Auch, deux dans celui de Saint-Claude, quatre en Corse.
L'établissement d'Ajaccio dirige Técole normale des filles.
L'institut a été approuvé par une ordonnance royale du 23 mai 1828, et un décret |K>ntificardu 5 mai 1839.
Tiers Ordre. — Une seconde branche de rinslitut des Filles de Marie, est connue sous le nom de Tiers Ordre. Cette branche, dont la maison centrale est à Aucb, a pris naissance en 1836. Les religieuses du Tiers Ordre sont soumises aux constitutions et à Tadministration générale de l'institut, le rœu de clôture excepté. Elles ont pour but spécial l'instruction chrétienne des enfants de la campagne et le soin des malades à domicile. Elles possèdent déjà environ vingt établissements, tant dans le département du Gers que dans celui, du Lot-et-Garonne, et sont chargées de la direction de la maison départementale de secours à Auch. '
Les constitutions des Filles de Mario se rattachent è celles deSaint-Benott. Dévouées à Teuseignement et par conséquent obligées à des rapports fréquents avec le public, elles placent au rang des règles les plus importantes celles qui sont destinées a leur servir de tNirrlère et de rempart contre lacoutagion du monde; elles se prémunissent parla retraite annuelle, par une mensuelle d'un jour et par Tesprit habituel du silence et d*oraison.
Mlle de Trenqueltéon fut remplacée par Mlle Cormes de Labaslide qui a obtenu les suffrages de la congrégation à cause de son mérite et doses vertus; elle a été réélue ctiaque fois que le temps de son administration était expiré; elle a dirigé aussi l'institut des Filles de Marie jusqu'à sa mort arrivée le 5 septembre 18S6. On a élu pour supé-
(f ) Voy. à la fin du fol., a"" i)2.
rieure générale la sœar Marie-Joseph -da Cotéret.
Le postulat est ordinairement de trois mois; il peut être prolongé jusqu'à un an. Le noviciat est de deux ans; les exercices en sont suivis par les jeunes professes les premières années qui suivent rémission des vœux.
Les conditions essentielles d'admission sont : une bonne.vocation, un jugement sain,, un esprit droit, un bon caractère; il faut avoir une conduite édifiante, appartenir à une famille honorable, au moins sous le rapport de la réputation. On ne transige pas avec ces conditions, tandis qu*on le fait, au besoin, pour les conditions pécuniaires,
La congrégation des Filles de Marie possède un tiers ordre; les religieuses qui le composent ont le même costume, si ce n'est qu elles ne portent pas le manteau blanc de chœur et qu'elles ont un tablier blanc. (1)