PRA
uieriONiiAiiie
vnx
Dès oe mofoent toyl changea de fee« et ro« pinion devint favorable à ses projets.
Quelques jours après, M. Ponjciulat, ancien représentant et auteur de plusieurs excellents ouvrages, qui avait fait le voyage de Palestine, fit un discours en faveur du rétat>lissement des Franciscains en France, discours que Ton distribua à plusieurs miltiers d'exemplaires. Sur ces entrefaites, le P. Âréso fit connaître à un grand nombre de membres de Tépiscopat français, le motil de son arrivée en France et le désir qu*il avait d*3' former des couvents de son ordre, afin d'avoir des sujets pour évangéliser en France, pour les envoyer au delà des mers, surtout en Palestine pour la garde des Lieui-Saints. Tous ceux auxquels il s'adressa, cardinaux, archevêques et évèques, lui répondirent de la manière la plus flatteuse et la plus encourageante, comme on peut le voir par la lecture de quelques-unes de ces lettres imprimées h la suite du discours de M. Poujoulat.
Mgr de Salinis, évèque d*Amieiis, invita le P. Aréso à venir s'établir dans sa ville éniscopale. Enefi'et on ne pouvait pas mieux choisir, pour la fondation d'un noviciat destiné è rournir des missionnaires à Jérusalem et h toute la Palestine, que la patrie de Pierre l'Ermite, do cet homme, dont la parole puissante conduisait VOccidcnt tout armé à la conquête du tombeau du Fils de Dieu. Le P. Aréso acheta k «Amiens mèmci i)0ur servir de noviciat, une maison qui ap- (lartenait aux missionnaires du Saint-Cœur de Marie, située faubourg de Novon, 6iî. Il fit venir de Saint-Palais, le P. frère Roch Claramunt avec un novice; quelques autres religieux vinrent encore se joihdre è lui. Le 25 du mois d'août de l'année 1852 fut destiné pour l'installation des Franciscains è Amiens. La veille de cette solennité mémorable |)our eux, Mgr Salinis, évèque d'Amiens, vint leur rendre une visite avec Mgr le cardinal Wiseman, archevêque de We^tminster, qui venait d'arriver en celte ville. Son Eminence ayant appris que leur installation aurait lieu le lendemain, voulut bien retarder son départ, afin de faire elle-même cette cérémonie. Cette proposition fut acceptée de grand cœur et par Mgr de Salinis et par les Pères.
La chapelle du, couvent étant trop petite pour contenir les nombreux fidèles qui désiraient assister k cette cérémonie; on avait dressé Tautel dans la cour du monastère; de belles tentes l'abritaient. Des iauteuili avaient été disposés pour les prélais. Ca fut sous la voûte du ciel, que se fit la cérémonie. A huit heures et demie, Bon Em. le cardinal-archevêque arriva, ac* compagne de Mgr Tévêque d'Amiens, des vicaires généraux du diocèse, du chapitre de Notre-Dame et d'un grand nombre d'ecclésiastiques de la ville. Le cardiual onétonna le Veni Creator , et commença la
(i) H. de Coriui'iiin»
Messe ; les Frères mineurs au nombre dt neuf, y compris le R. P. Aréso, provincial, étaient tous sur une seule ligne, en face de l'autel.
Qui dira Teffet que cette cérémonie produisait dans tout cœur sensible : ces religieux avec leur robe de bure, leurs ceintures de corde, leurs pieds nus, leurs têtes rasées, n'aj^ant qu'une couronne decheveai en souvenir du Dieu couronné d'épines leur tenue si humble» d*on c4té; de l'autre, ce prince de l'Eslise yenu pour les bénir, de cette main qui Dënit maintenant malgré elle la malheureuse Angleterre; cet évèque, si heureux de compter mainlenant les fils de saint François (>armi ses enfants; tous ces dignitaires ecclésiastiques, venus aussi pour eooiribuer h l'éclat de cette cérémonie |Mr leur présence; la foule qui garnissait les fe« nêtres du monastère ; tout cela parlait au cœur, et le touchait profondément par sa majestueuse simplicité.
Après le Te Deum^ les deux prélats se retiraient, laissant dans tous les cœurs un souvenir ineffaçable de cette cérémonie, m rare maintenant dans notre patrie, autrefois couverte de monastères ; mais TinstaHatioii des Franciscains à Amiens est déjà l'aurore d'un jour meilleur; espérom qo^ilnoas sera donné de le Toir dans son midi. Dieu aidant, et par Tintercession de saint Louis.
Deux ans après une ^nouirelle maison «les Franciscains était fondée à Limoges.
FRANÇOIS D*ASSISE (CoiiOB&OATioif du FRÈHBS DS SAINT- j.
Si Dieu éclate partout, dit un auteur, c'e^t encore plus dans la campagne que dans les villes. Il s'jr révèle avec toute sa magnili* cence, dans la germination dea plantes, dans le bruit des forêts , dans la maturité des moissons, dans les cbanls harmonieux des oiseaux, dans les bêlements des troupeaux* dans les hauteurs des montagnes, dans l'im» mensité des plaines. Il y accable l'homme de sa majesté, et en même temps, il le calme, il le ranime, il s'insinue doucement dans son cœur et l'attire doucement k lui (1). Les campagnes sont comme le séjour de prédilection de l'innocence et de la vertu. Mais, hélas i que nVt-on pas fait pour pervertir l'esprit du bon villageois qui nous nourrit, et pour corrompre son cœur? Saos doute on voit encore, et en grand nombre, des paysans vraiment chrétienst qui travaillent pour une récompense tout autrement l)elle et tout autrement durable que celle qu'ils recueillent dans les sillons arrosés de leurs sueurs. Mais, si l'on ne lait les ^lus grands efforts pour arrêter les progrès du génie du mal, ne doit-on pas craindre que les plus mauvaises passions des grandes villes n'envahissent partout nos cami^agnes et ne s'y ûxent avec leur affreux cortège! Ces craintes ont vivement ému les hommes de foi, et c'est, avant tout, le désir de tàitt
FilA
FRA
5Si
refiearir la religion clans les bourgades d*où elle semble afoir été bannie, de la conser- Ter tooîours plas paissante dans les villages dont elle fût encore le bonhenr, qni inspire la belle OMivre des colonies agricoles» Tosu* rreqoi, de nos jours» a peut-être pour elle la sympathie la plus universelle.
La P. Deshayes appelé» comme nous Ta* tons dit, rbomme de sou siècle, ne pouvait pis ne point ressentir ce souffle de reprit* Sêiot.
Après avoir formé des maîtres et des mattresses» surtout pour les campagnes, il disait : « Le bon Dieu nous pousse vers les colonies agricoles. » Le Ciel voulait non* sealement qu'il coopérât à cette belle œuvre d'une manière quelconque, mais qu'il la fit en grand, en instituant une congrégation nouvelle qui pût en assurer la dorée et le développement. Cette précieuse institution devait être comme le dernier fleuron de sa couronne. Il était temps qu'il mit la main à rœuvre, car la mort s'avançait à grands pas. Néanmoins, il agit encore ici avec tant de prudence et de maturité» qu*il se fit accuser de lenteur. Il parait, d'ailleurs» qu*il y avait de terribles onstacles è renverser. Ce fut en laissant entrevoir une peine très*vivenent sentie, que, dans le cours de l'un de ses voyages, il parlait des difficultés et des 0)»|K)sitions qu'il rencontrait. Il semblait, dans cette circonstance, qu'il avait vraiment besoin d'encouragement, et ses derniers enfants pourraient être appelés les enfants de sa douleur. Les frères agricul* leurs furent fondés par le P. Deshayes à Saint- Laurent-sur-Sèvre, dans le mois de novembre 1839» à l'issue d'une retraite. On les logea provisoirement dans la maison de n traite de Saint-Michel» et c'est dans celle maison quele fondateur dit aux postulants de recueillir avec le plus grand soin les petits morceaux de bois qui leur avaient échappé, leur recommandant expressément de ne ja* miisoublierla leçon qu il leur donnait par Ih sur l'esprit de pauvreté. Comme nous le dirons bieotftt, le P. Deshaves avait une dévotion tOQte particulière à lliumble saint François d'Assise qui a donné à ses religieux le ncm de frères mineurs, et pour mettre sa dernière congrégation sous la sauvegarde de lliamtlité, il appela les frères agriculteurs frères de Saini-François-d* Assise. On voit que plus il avançait en flge, plus il était persuadé que rhumilité seule peut servir de foodement solide aux ordres religieux. Dès le premier appel, les postulants vinrent en si grand nombre que te fondateur en était éionné. « Voyez, » disait-il» « comme ils arrivent 1 9 Mats, où sont les moyens de subsistance qu'il leur a préparés? Pour toute richesse, il n'a que la pauvreté de &amt François d'Assise à leur donner .
comme il leur lègue son humilité. Nous avuns vu que, pour tout secours» il avait dOQoé une pièce de cinc| francs à une supérieure de Bretagne qui commençait une maison; un missiunna&re de Saint -Lau- H*nl donna aux frères de Saint-François
DicTioTisi. DES Ordres uelig. IV.
d'Assise, pour fonds d'établissement, )«t somme de deux centime». Les communautés de la Sagesse et de Saint-Gabriel leur prêtèrent du pain, et il est plus que probable qu'elles non! jamais pensé à se faire payer.
:v Les nouveaux frères vécurent ainsi jusqu'à la Pentecôte. A cette époque, les uns fureut transférés au presbytère de Saim- Laurent-sur-Sèvre» les autres h Mayot, près Parthenay, département des Deux- Sèvres; et, dès le mois de septembre 18U), la con«grégation acceptait une fondation à Saint- Louis, près Bordeaux. Ce fut dans la diapelle de Saint-Louis que le P. Desbayea, au mois de mars 18ii, fit è ses ffères agriculteurs une sorte de prédiction qu'ils o'oublieront jamais. Il était en oraison, et pa* raissait profondément recueilli, quand tout à coup élevant la voix, il adressa à ses enfants étonnés ces mémorables paroles: « Mes enfants» je vous vois bien des peines et bien des croix dans l'avenir. Peu d*entre vous persévéreront ; mais heurevx ceux qui auront le courage de rester fidèles] Ils seront récompensés plus lard par de grandes con** solations; ils verront prospérer et grandir leur communauté. » — Il ajouta : < J'ovais d'abord pensé è vous établir pour les hospices comme infirmiers, et pour les presbytères des campagnes comme instituteurs dea eiuvres; vous auriez aidé MM. les curés à ire le catéchisme; mais désormais, il faut vous en tenir à l'agriculture, puisque la divine Providence parait vous ouvrir cette voie, en vous appelant à diriger des colonies ag;ricoles d'enfanls pauvres» orphelins et délaissés. 9 La prédiction du bon père devait se réaliser dans tous ses points. La petite société s'est vue à deux doigts de sa perte» et même on croyait à une époque qu'elle était entièrement anéantie. De tous les frères auxquels le fondateur s'était adressé, deux seulement ont persévéré; et ces deux fVères commencent à goûter le bonheur qui leur avait été si solennellement promis. Chaque jour, ils voient augmenter leur nombre, et leur institut est en pleine voie de prospérité. Leurs constilutions, qui sont celles de la congrégation de Saint-Gabriel, appropriées à leurs besoins, sont approuvées par Mgr de la Rochelle et de Saintes, et ie gouvernement les a reconnues par décret impérial , en date du k mai 1854. Deux jours avant sa mort, le P. Desbayes avait encore dit à l'un de ses frères agriculteurs : « Vos intentions sont pures, vous réussirez. » Plus d'une fois, au plus fort de lorage, et lorsque tout semblail perdu» ce frère sommait, en Quelque sorte, son fondaleur, d'obtenir de bieu Taccom* plissement de sa parole; et d'après son témoignage» toujours il a été exaucé.
Enfin le P. Deshayes disait h d'autree frères : « Je veux Qu'ils soient fervents» ^ et cette volonlé a encore été ac^ compile. Les frères de Saint-François d'Assise ont compris le véritable esprit religieux; aussi font-ils beaucoup de bien aux jeunes colons qu'ils forment à la vertu et aux con«
FRA
FRA
naissances qui conviennent à de bons A^^riculteurs. La maison mère des frères de Saint- François d'Assise est à Soint-Anloine, près Sainl-Genis (Charente-Inférieure). Ce fut le P. Deshayes qui la fonda lui-même au commencement du mois d*août 184>1. Se trouvant dans Timpossibiliié de s'occuper directement de celte nouvelle œuvre, il obtint de Mgr l'évoque de la Rochelle et de Saintes, M. l'abbé Fournier, curé de Saint -Martin de Pons, pour le remplacer en qualité de supérieur Co digne prêtre dirigea la congrégation avec le plus grand dévouement, et il doit être regardé comme le second fondateur de la colonie de Saint-Antoine. Mais dès l'année 183^, M. l'abbé Fournier terminait sa carrière. Il eut pour successeur dans sa charge M. l'abbé Richard, alors curé doyen de Mi- Tambeau, qui est aujourd'hui supérieur général de la communauté, et qui la gouverne avec un zèle et un talent (Tadministration au-dessus de in^ut éloge. La maison de Saint- Antoine compte actuellement quatre-vingt* trois personnes, tant religieux qu'élèves. Le noviciat est à peu de distance. Les frères ont un autre établissement près Poitiers : on leur en propose encore d'autres. Espérons qu'ils seront bientôt en mesure de les accepter, et que, croissant de jour en jour, ils contribueront puissamment à faire revivre et À conserver dans nos campagnes la touchante dignité des mœurs antiques avec la foi, la piété tendre et la fidélité à toute épreuve de nos aïeux.
£n effet, le but de la colonie agricole de Saint-Antoine est d'offrir un asile aux enfants pauvres, délaissés ou orphelins, où ils viennent puiser les principes de la morale religieuse, les habitudes du travail, d'ordre et d'économie, qui font les bons citoyens. Arrivés à l'flge de dix-huit ans, et devenus alors, par leur éducation pratique, des valets de ferme, des domestiques honnêtes, ils sont placés chez des propriétaires. La direction ne cesse pas de leur continuer ses soins; elle les reçoit même à rétablissement pendant leurs maladies. La colonie possède en propriété un domaine de cent hectares en- Tiron, renfermant tout ce qui peut rendre l'exploitation avantageuse; des cours d'eau, des fontaines, des bois taillis, des bois de haute futaie, des prés naturels, des prés artificiels, des champs, des vignes, des chAtai- (;neraie8, des jardins, des versers. Situé sur a lisière des Landes, cet établissement peut s'accrottre considérablement, è peu de frais, et mettre en rapport, dans un avenir rapproché, des terres immenses jusqu'à présent incultes. Un bêtiment carré et d'une belle tiimension peut permettre de recevoir deux ^euis enfants. De vastes hangars, des étables, des écuries, des parcs à moutons, à porcs, forment l'enceinte d'une grande cour, appeMe cour de la ferme. L'établissement est pourvu du matériel nécessaire à l'exploitation; des bœufs, vaches, moutons, charrues (Dombasle, Rosé), et autres instruments aratoires perfectionnés^ charrettes^ tombcr4*aux, etc.
L'horticulture est aussi une des branches principales des occupations journalières; tout ce qui y a rapport est l'objet des soins particuliers... Les frères ne se contentent uas d'enseigner aux jeunes colons la manière de travailler : les premiers et toujours ils sont eux-mêmes à l'œuvre; et leur exemple vient en aide aux connaissances théoriques qui ont été communiquées aux élèves dans les cours suivis et réguliers.
Les règlements de la journée varient suivant les saisons, comme dans les temps des fauchages, de la moisson, des vendanges, les plus pressants; mais malgré celte variation, qui touche peu du reste au fond des choses, il y a toujours un ordre ponctuellement observé, qui se divise sagement entre la prière, l'école primaire, le catéchisme, les cours d'agriculture, le travail des champs, du jardin, le soin du l)étail, des chevaux, etc.; propreté de la maison, repas, recréations. Les dimanches, après le déjeuner, on décerne des récompenses k ceux des colons qui se sont distingués pendant la semaine, par leur docilité, leur aptitude, leur zèle, etc. ; et de temps en temps, dans la soirée, après les Vêpres, on les exerce à chanter en commun,et è exécuter, en accord, des cantiques et cantates appropriés è leur situation, et propres à soutenir leur courage et à accroître leur bonne volonté. Le temps qui n'est pas employé aux Oflices et k ces exercices, est passé en récréations. La colonie de Saint-Antoine, par sa bonne direction sous le triple rapport religieux, intellectuel et agricole, s'est acquis les hautes sympathies de M. le ministre de l'intérieur et de Tagriculture, qui la comprend, chaque année, dans la répartition des secouis quil accorde aux établissements de bienfaisance.
M. le préfet de la Charente-Inférieure et le conseil général montrent le vif intérêt qu'ils lui portent, en y plaçant un certain nombre des enfants des nospices, et en lui accordant annuellement une subvention.
Quelles que soient les mesures de stabilité et d'avenir que les fondateurs aient prises, ils sentent pourtant le besoin de mettre leur confiance dans les soins aimables de la divine Providence; ils espèrent tout de celui qui donne une nourriture abondante aux
Eetils oiseaux du ciel, et revôi d'admirales couleurs la fleur des champs; mais ils comptent aussi sur le concours et l^aide efficace de tout ce que la France rentertce d'êmes généreuses et grandes. Dans ces sentiments, ils font un appel k la société tout entière. Ils osent solliciter l'obole de la veuve et le présent du riche, et ils se per^ suadent qu'on tiendra k honneur de s'a^ucier k des vues si bienfaisantes. On pourn adresser les aumênes k H. rat>bé Adolphe Richard, directeur de la colonie, supérieur général des frères de Saint-Prancois d*A5sise, dits frères agriculteurs. On pourra également s'adresser k lui pour ^admis^ioo des enfants k la colonie, et des jeunes po>tulants dans la société. 11 fera connaître les conditions d'admission pour tes uns et lc>
FRA
DES ORDRES RELIGIEUX
FRA
autres. Les enfiints ne peavent èire reçus à là colonie ayant Tâ^e de dix ans, et les postolaots dans la société que deouis seize ans jasqu i quarante.
Les plus larges concessions sont faites iox bieofalleors. Deux Hesses seront célébrées, chaque année, dans la chapelle de la eolonie, pour les bienfaiteurs; rune |)Our les vivants, le lendemain de la fête de Tlmmacnlée Conception de la très-sainte Vierge Mironoe de notre maison, et protectrice de roMvre; Tautre pour les morts, le lendcmaio de la fête de saint François d*Assise, patron de la société.
Depuis plusieurs années, les frères de Saiol-François d'Assise sont couronnés à tous les concours agricoles oi!^ ils se présentent. On les yoit, la charrue en main, uiocre les autres laboureurs qui leur dispoteDi en vain les premiers prix* et le comice agricole de Jonzac a eu souvent occa- MOQ de constater la supériorité des méthodes employées par la colonie. Déjà un grand iHHDbre déjeunes colons ont été placés en qualité de domestiques- laboureurs, et pour uo élève que les frères peuvent placer, lia reçoivent plus de vingt demandes.
Les frères de Saint-François d'Assise reeoonai&sent, dans la personne de M. Richani, leur supérieur général actuel, Thomne suscité par la divine Providence pour roDlinner et développer Tœuvre du P. Deshayes, fondateur de leur ordre, et ils proclaluent en même temps aue c*est aux paroles qoUs ont recueillies de la bouche ae leur bon P. Deshayes et aux constitutions qu'il lenr a données que, leur société doit sa conservation et sa prospérité. Lorsque, disentils, toat l'enfer semblait déchatné contre eai, que tout paraissait désespéré, ils n*anient d'antres armes pour se défendre que lis paroles de leur P. Oesbajres qui leur avait promis uo plus heureux avenir. Ils lui criaient alors : « Notre bon Père qui êtes aoi cieux, priez pour nous, sauvez-nous, sans quoi nous périssons; » et ils sentaient leur courage se ranimer, et la tempête s'a«-
E lisait. Le repos, il est vrai, n'était pas de ngue durée; bientôt Torage grondait de ioaveaa; mais, enOn, Dieu a commandé ^ut vents et aux tempêtes, et il s*est fait un grand calme, et les plus douces consolations <mt soccédé aux plus rudes épreuves. Les frères de Saint-François d'Assise ajoutent qne leur congrégation prospère seulement <lepais aue,ayant à leur tête M. Richard, leur Mcood P. Deshayes, ils sont revenus h la stricte observance des constitutions laissées par leur fondateur. Chacun, avant M. Richard, voulait ftire des constitutions h sa manière, et oo rénssissait peu ; mais en suivant enfin de point en pomt les règles que le P. Desbayes lut avait tracées, la société a piisderextension, et tout fait espérer qu'el.e portera les plus grands fruits dans le champ (lu Père de famille. Pourque ces fruits soient ^joars plus abondants , puissent les jeu- ^^ gens et les hommes de foi qui, dans ^< desseins de Dieu, doivent faire partie
de la société de Saint-François d*Âssise, répondre tous è leur belle et sublime vocation! Fasse le Ciel que de nombreux postulants arrivent h la colonie de Saint-Antoine de tous les points de la France, et en particulier, de notre religieuse province de Bretagne, patrie du P. Deshayes, au salut de laquelle il a tant travaillé! Déjà les frères de Saint-Frangois d'Assise, que le P. Deshayes appelait ses Binjamins, comptent parmi eux plusieurs jeunes Bretons. Croyons qu'ils ne sont que les prémices d'un grand nombre d'antres , et que les ouvriers no feront pas défaut, lorsque partout de si riches moissons appellent et sollicitent les bras des moissonneurs.
Riglemenl des Frère* dn Saint-François
d'Assise,
1. Le but que se proposent les frères de Saint-François d'Assise, dits Frères Agriculteurs, est de procurer la sanctification de chacun de ses membres par la pratique des préceptes et des conseils évangéliquec^i et d'offrir aux enfants pauvres, G!é!aissés ou orphelins, un asile, le bienfait d'une éducation religieuse, celui de l'enseignement primaire et d'une instruction théorique et pratique exclusivement agricole.
Par exception on pourra recevoir, commo pensionnaires, quelques enfants dont les parents s'enKaeeraient à payer la pension fixée par le règlement.
2. Pour mieux remplir la mission de cha** rite que le Seigneur leur contie, ils laisseront en dehors toute espèce de préoccupations; ils s'associeront complètement à la vie des enfants des colonies qu'ils seront appelés à diriger, ils partageront leur nourriture et leur donneront en tout l'exemple d'unie existence laborieuse, morale et intelligente, qui doit plus que toute autre chose contribuer à faire de ces enfants des hommes religieux, probes, utiles à eux-mêmes et à leur pays.
3. Pour sanctifier toutes leurs actions, ils devront toujours les faire dans le temps et de la manière que les règles le prescrivent.
4. En été, ils se lèveront à trois heures et en hiver h quatre heures. Dès que le réveil sera donné, ils devront élever leur cœur vers Dieu, prononcer avec dévotion les saints noms de Jésus, Marie et Joseph, et en s'habillant, ils s'occuperont du sujet d'oraison et des résolutions qu'ils devront prendre.
5. Avant de se rendre à l'Oratoire, ils ne manqueront jamais de se laver les mains et la figure.
6. A trois heures dix minutes en été, et è quatre heures dix minutes en hiver, on donnera le signal pour la prière du matin, qui se dira à trois heures un quart, ou à quatre heures un quart. La prière sera suivie des litanies du Saint Nom de Jésus, de YAngeluê et des autres prières qui sont d'usage dans la communauté.
7. En été, après l'Oraison, les frères se rendront en silence au réfectoire pour y dé* jeûner. Jamais on nejnangera hors du ré-
FHA
FRÂ
fectoire, si ce n'est Tété, pour la collation, qui se fera dans les champs. En hiver, après 1 Oraison , les frères iront en classe jusqu'au déjeuner, qui aura lieu au jour.
8. Âpres le déjeuner, on attendra, toujours en silence, que le frère supérieur fixe les travaux auxquels devront se livrer les frères, et ils partiront pour s'y rendre aussitôt que le signal sera donné.
9. Chaque frère qui aura la conduite d^un chantier, devra faire la prière d*usa^e avant de commencer'àlravailler; il aura soin
3ue le silence s*observe pendant le temps u travail.
10. A dix heures un quart en été, et à onze heures un quart en niver, on se rendra au travail ; le frère conduira les enfanls à la fontaine pour qu'ils se lavent les mains, et de là en classe.
11. Chaque chef de chantier n'abandonnera les enfants qui lui sont conQés que lorsqu'il y aura dans la salle un autre frère pour le remplacer.
12 A dix heures et demie ou h onze heures et demie, les frères se rendront ijrOratoire pour y faire une lecture spirituelle et l'examen parliculier; les exercices se termineront par la prière à la sainte Vierge, Jfarte, ma guide ^ etc.
13. A onze heures en été, et à midi en hiver, on se rendra au réfectoire pour le dtner. Le supérieur ou celui qui le remplace dira le Bénédicile et les grâces. Pendant les repas, on fera une lecture à laquelle les frères prêteront leur attention. A la fin du repas on récitera V Angélus.
ik. Après le dîner, en été, on prendra une heure de sommeil.
15. En hiver, le dîner sera suivi d'une demi-heure de récréation.
16. En été après le sommeil, les frères se rendront à la chapelle, pour y réciter le •chapelet et faire un quart d'heure d'adoration devant le très-saint Sacrement.
17. En sortant de la chapelle, ils se rendront en silence dans la grande salle, pour y recevoir les ordres du supérieur.