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s'élevait et se répandait dans Tappartement. Une chose si surprenante lui c^usa une frayeur mêlée de surprise et d'admiration, et elle ue douta plus que le Ciel n*eût sur cet enfant des desseins de miséricorde^ qui lui étaient inconnus, mais qu'elle devait seconder en rélevant dans la piété d'une ma iiière particulière. Cette pieuse mère fut merveilleusement secondée dans cette mission par une pieuse tante de l'enfant, personne d'une éminente piété et d'une grande vertu: c'était une religieuse qui, comme tant d'autres, avait été chassée de son couvent par les hommes qui avaient couvert la France de sang et de ruines.
Marcelin, ainsi cultivé et formé à la piété par sa mère et sa vertueuse tante , éloiuné de tout mauvais conseil , devint un eniant pieux, docile, et se conserva dans une grande pureté de mœurs : il fit sa première communion avec beaucoup de ferveur» à l'Ase de onze aps»
La France venait de sortir à peine du eliaos où la révolution l'ayait plongée ; elle réorganisait sa milice sacerdotale, et s'efforçait de combler les vides que le martyre, l'apostasie et la mort avaient faits dans sçs rangs. L'archevêque de Lyon, le cardinal Feseb, fit les plus généreux efforts pour favoriser les vocations à l'état ecclésiastique. Pour remplir ses intentions , un professeur du çrand séminaire, se trouvant dans la paroisse de Marihes, et apprenant que M. Cham^Nignat avait plusieurs enfants pieux et retirés, leur demanda s'ils voulaient étudier le latin. Les deux aines répondirent négativement; mais le professeur, enchanté de Tair ingénu, de la candeur, de la modestie, du caractère ouvert et franc du plus jeune, qui ne répondait que par quelques mots qui ne furent pas compris, lui dit : Mon enfant, il faut étudier le latin et vous faire prêtre : Dieu le veut. La volonté de Marcelin fut fixée après quelques instants d'entretien, et elle ne se démentit jamais.
Marcelin n'avait manifesté jusqu alors du goût que pour les travaux et pour le commerce. Son intelligence avait paru bornée, c'est pourquoi ses parents le dissuadèrent d'étudier le latin ; il nesavait encore ni assez lire ni assez écrire, quoique Agé de quinze à seize ans. Un de ses oncles, instituteur è Saint-Sauveur, auprès duquel il fut passer une année pour se perfectionner, s'efforça aussi de le dégoûter; mais Marcelin, qui, pendant toute l'année, avait prié et réfléchi, ne fut ébranlé ni par les discours de son oncle, ni par les observations de ses parents. « Préparez,» dit-il, « mes effets ; je veux aller auséminaire: je réussirai, puisque c'est Dieu
2ui m'appelle.» Sa conduite jusqu'alors avait té réglée; mais depuis le moment qu'il prit la résolution d'embrasser l'état ecclésiastique, elle fut plus édifiante encore.
Il entra au petit séminaire de Verrières, près de Montbrison, eu octobre 1805. Sa piété, sa régularité, sa docilité lui eurent bientôt acquis la confiance et l'estime de ses supérieurs. Devenu surveillant et chef du
dortoir, il étudiait ses leçons pour le lendemain, jusque bien avant pendant la nuit, ce qu'il nt pendant plusieurs années sans qu'on s'en aperçût. Cette application et cet excès de travail bfttèrent singulièrement ses progrès. Au bout de quelques mois il était un des premiers de sa classe.
I Toutefois le désir de s'instruire ne lui fit pas négliger les soins de sa perfection. Il assistait avec une ferveur et une modestie toute particulière, qui fut remarquée de ses supérieurs et même des élèves , à tons les exercices de piété, pour lesquels il avait beaucoup d'attraits. Sa dévotion è la sainte Vierge, a saint Louis de Gonzague, è saint François Régis, prit un nouvel accroisse* ment. Jus(][u'alors il n'avait communié qu'une fois le mois ; au séminaire , il demanda d'abord à faire la communion tous les quinze jours , puis tous les huit jours. Les cérémonies de réglise, qui se faisaient au sémi* naire avec beaucoup de pompe, élevaient son cœur et le remplissaient de sentiments affectueux et lui faisaient verser des larmes. Il faisait consister sa piété dans la faite du péché et dans raccomplissemeut de tous les devoirs du chrétien.
Ses supérieurs ont attesté quMl fut un modèle de piété, de régularité^ de docilité, dliumilité et du bon esprit. Non content de donner le bon exemple, il ne laissait passer aucune occasion d'engager ses condisciples h pratiquer la vertu, et il réussit à remettre dans la uonne voie quelques-uns c|ui étaient sur le point de l'abandonner. Déjà il avait pris et renouvelé souvent la résolution de porter les autres à la pratioue de la vertu, d'instruire les ignorants des préceptes de la religion , et d'apprendre le catéchisme aux pauvres aussi bien qu'aux riches.
En 1812 , Marcelin se disposa 5 entrer au grand séminaire ; il regarda toujours comme les plus heureuses de sa vie les années qu'il y passa. Regardant avec raison la vie et les études du grand séminaire comme une préparation aux saints ordres, il redoubla d'efforts pour acquérir la science et les vertus d'un bon pasteur. Pour être fidèle à ses résolutions,il s'imposa une règle qu'il suivit toujours fidèlement, et chargea un de ses condisciples de l'avertir de ses défauts , de le reprendre toutes les fois qu'il le verrait commettre quelque faute; mais comme il savait que tout don parfait vient de Dieu, il les lui demandait avec ferveur dans ses prières. A cette fin il avait composé une prière qu'il récitait souvent.
Des désirs si ardents de corriger ses défauts et d'acquérir leavertus» une volonté si ferme et si constante pour en prendre les moyens, le firent avancer à grande pas dans la perfection. 11 partageait son temps entre la prière et l'étude de la théologie. Le teoDi|4 des récréations était même employé en de bonnes œuvres. Il se fit dès lors remarquer parce zèle ardent pour la gloire de Dieu et le salut des âmes, par cet esprit de foi, \^^ ce détachement de toutes choses» par cet
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amour de mortiQca(ion qui brillèrent plus
tard en lui d*ua si vif éc!at.
La conduite de Tabbé Cbampagnat, pendaoi 9es vaoaneei$9 n'était ni moins régulière* ni moins édifiante qu'au séminaire. Nonseulement il suirait exactement un règlement qu'il s'était fait, mais il employait tout son leoips à la prière et h l'exercice des œuvres de charité. En lui donnant Ja vocation ecclésiastique. Dieu lui avait inspiré en même temps UD Krand zèle pour le salut des Ames et pour Tinstruclion des ignorants. Il s occupait du salut de ses parents. Il réunissait les enfants du village pour leur appren drele catéchisme et les prières.Le dimanche il réunissait dans sa chambre les grandes personnes, et lui faisait une courte mais j)alhétique instruction. Plusieurs personnes, plus de trente ans après, exprimaient, les larmes aux yeux, les sentiments qu'il a?aitfait naître dans leurs Ames.
Les enfants l'aimaient et le craignaient, mais les jeunes gens aussi se composaient en sa présence. Un jour qu'ils le croyaient absent, ils voulurent organiser une danse dans une ferme dont ils eurent soin de fermer la porte ; l'abbé Champagnat s'y rendit aussitôt ; dans un clin d'œil tous dis|>arurent. Le père Champagnat eut toute sa vie un attrait prononcé pour la pénitence et la mortification; il étaitd'ur pour lui-même, ennemi de tous ses aises et de tout ce qui pouvait flatter la nature, sobre dans le boire et dans le manger, il se refusait tout ce qui n'était propre qu'à satisfaire le goût et la sensualité.
On était alors h l'époque où Napoléon, revenant de nie d'Elbe, rentrait en France et se rendait à Paris ; les ennemis de la religion, profitant de cette crise, insultaient les prêtres, les menaçaient, les poursuivaient, les obligeaient à se cacher. Labbé Champagnat, qui n'était pas d'un caractère pusillanime, traversait paisiblement les rues de Lyonau moment où il apprend qu'on venait d'insulter grossièrement un ecclésiastique, qu'on faillit jeterdans la Saône ; sans presser le pas il 66 rendit au grand séminaire.
C'est vers cette époque que furent jetées les premières bases de la société des Maristes. Quelques séminaristes, à la tôte des-^ quels se trouvaient M. l'abbé Crétin et M. l'abbé Champagnat, se réunissaient souvent pour s'animer à la piété et h la pratique des vertus sacerdotales. Le zèle du salut des âmes et la recherche des moyens pour le procurer étaient le sujet le plus ordinaire de leurs instructions, de la communication mutuelle de leurs sentiments et de leurs projets; pour atteindre ce but, surgi la pensée de la fondation d'une société de prêtres, dont Ja fin serait de travailler au salut des âmes par les missions et par l'enseignement de la jeunesse. La dévotion particulière, que cette réunion d'élite professait pour la sainte Vierge, lui inspira la pensée de placer cette nouvelle société sous le patronage de la Mère de Dieu, et de lui donner le nom de Marie. Après avoir concerté ensemble
leur projet et l'avoir recommandé h Dieu et à Celle qu'ils choisissaient spécialement pour leur mère et pour leur patronne, ilss'en ouvrirent à M. Challeton, qui était ahorsdirecteur du grand séminaire. Le vénérabïe directeur, qui connaissait leur piété et leurs vertus, loua et approuva leur projet, et les ^ngi^ea à en poursuivre l'exécution. Mais dans le plan de la nouvelle association, aacnndecesMesieursn'avaientpenséauxFrères enseignants. L'abbé Champagnat seul conçut le projet de leur institution, et lui seul le mit k exécution. Souvent il disait à ses confrères : // nous faut des frères^ il nous faut des frères pour faire le catéchisme, pour aider les missionnaires, pour faire l'éeole aux enfants. On finit par lui dire : « Eh bien ! chargez-vous des frères, puisque vous en avez eu la pensée. » Il accepta volontiers cette mission, et dès ce moment, tous les vœux, tous les desseins, tous les travaux eurent pour but la création de cette œuvre.
Le 6 janvier 1814*, il reçut de S. E. le cardinal Fesch la tonsure cléricale, les quatre ordres mineurs et le sous-diaconat k Tâge de vingt-quatre ans. L'année suivante il fut ordonné diacre. Enfin 'arriva le jour après lequel il soupirait depuis si longtemps, le jour auquel il s'était préparé par tant d'études^ tant de prières, tant d'actes de vertus, le jour que son humilité lui faisait craindre, mais que son amour pour Jésus-Christ lui faisait regarder et saluer de loin comme le plus grand et le plus solennel de toute sa vie, le jour, en un mot, où il lui serait denné de participer au sacerdoce du Fils de Dieu et d'immoler Tagneau sans tache. Ce fut le 22 juillet 1816.
La plupart des confrères que l'abbé Cham-
Èagnat s'était unis pour fonder la société de larie, furent ordonnés avec lui. En se séparant pour aller, chacun dans le poste que l'obéissance allait leur assigner, ils s'engagèrent à toujours s'écrire, h faire tout ce qui dépendrait d'eux, pour réaliser les desseins qu'ils avaient conçus. Peu après son ordination, il fut nomme vicaire à I^valla, située sur le penchant et dans les gorges de la montagne do Pila, et composée de hameaux dont quelr|ues-uns sont à une heure et demie de distance. La plupart des habitants, S(3 trouvant disséminés et comme perdus dans des lieux de difficile accès, vivaient dans l'ignorance. M. Champagnat ne se laissa pas effraver par cet état de choses. Se confiant en fa Providence, il se mit aussitôt è l'œuvre pour défricher le champ qui lui était confié. Il se levait à quatre heures da matin, suivait exactement le règlement qu'i4 s'était tracé pendant la retraite qui avait précédé son ordination. Il partageait sa journée entre la prière, l'étude et rexercice du saint ministère; il ne faisait de visites que pour se rendre auprès des malades, ou pour quelque autre œuvre de charité.
L'abbé Champagnat s'appliqua i gagner la confiance des habitants de cette paroisse. Ses premiers soins furent ensuite d'étudier l'esprit des habitants do Lavalla, de connaL-
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Ire leur caraclère, leurs bonnes qualitéSt leurs vices» leurs débuts, les abus et les désordres qui régnaient dans la paroisse. Les premiers effets de son soie furent pour les enfiints; et dès les premiers jours qu'il fut è Lavalla, il s'occupa de Tinstilution des frères. Ouoique bon et de facile accès, il $vli prendre une telle autorité sur tous, qu^un not de blâœe»que la moindre punilioti intimidait les plus hardis et faisait trembler les autres. Il rendait le catéchisme agréable par des comparaisons» des paraboles» de ^ites bisloires. Il a?ait un tel talent poor intéresser son petit monde, que ni le froid» ni la neige* ni la pluie n'étaient capables d'arrêter les enfants quand il s'a« gissait d'aller au catéchisme quoique plusieurs fussent jusqu'à deux heures de distance de l'église.
Les catéchismes de M. Cbampagnat étaient si intéressants que bientôt ils firent bruit dans la paroisse. Les grandes personnes Yaolurent les entendre et le dimanche elles s'y rendaient en foule.
M. Cbampagnat ne fit pas moins de bien |Mir ses instructions que par ses catéchismes; les premières extasièrent ses auditeurs; maintes fois il arrachait des sanglots de son auditoire. Ses paroles,pleines de chaleur et d'onction, saisirent tous les esprits et remuèrent tous les cœurs. Il s'opéra en pe*j de temps un changement merreilleux dans toute la paroisse, les fruits en furent incalculables. Rien ne peut exprimer la bonté de son cœur pour ses pénitents; il leur parlait avec tant de douceur, de charité et de force, que souvent il les faisait fondre en larmes. Les tribunaux furent assiégés ; la sainte communion devint fréquente, les dimanches et fêtes il passait une partie de la nuit au confessionnal et n'en sortait qu'à onze heures pour chanter la grande Messe. Cn moyen que lui inspira son zèle pour faire cesser les réunions et les danses, qui avaient lieu à certaines époques de Tannée dans la plupart des hameaux, était d'y ailei faire le catéchisme, ou de s'y rendre a quelque heure» par quelque temps que ce fût, auand il ne les avait pas prévues à l'avance, disait alors au frère qui l'accompagnait : « Réjouissons-nous d'avoir empêch<^ que Dieu ne soit offensé. >» Saint Frangois Régis disait qu'il se serait estimé heureux et bien récompensé de tout ce qu'il avait souffert pendant sa vie, en parcourant les campagnes, s'il avait pu par ses travaux et ses souffrances faire éviter un seul péché mortel. Il vint è bout de faire cesser ces réunions. Il réussit aussi i faire disnaraltre les mauvais livres qui étaient répanaus dans la )»aroisse et è les faire remplacer par des litres'de religion et de piété.
La visite des malades et le soin de leur administrer les sacrements fut une des œuvres qui lui coûta le plus de faiigues et où son zèle parut avec le plus d'éclat. Le jour et la nuit il était toujours prêt à partir, il n'attendait pas même qu*on vint le chercher; dès qu'il apprenait qu'il y avait un
malade» il allait le voir. La rigneor de la saison, la pluie, la neige, les plus longue.^ distances, les lieux les plus inaecessines, rien ne Tarrètait quand il s'agissait de procurer les secours de la religion è un moribond. Il ne se contentait pas d'aller voir les malades une ou deux fois pour les disposer ^ recevoir les sacrements, il les visitait souvent. Pour les préparer à bien mourir, il allait dans les hameaux chercher les hommes qui ne s'étaient pas confessés; s'il ne les rencontrait pas chez eux, il allait les trouver dans les chamois; il réussissait merveilleusement k rétablir l'union et la paix dans les maisons et entre les particuliers.
Les travaux du saint ministère n'avaient pas fait perdre de vue i M. Champasnat son projet de la fondation des frères, dont Sun expérience lui faisait comprendre encore davantage le besoin; il s'en préoccupait sans cesse, il ne cessait de recommander à Dieu ce projet. Dès le premier jour qu'il fut à Lavalla, il jeta les yeux sur un jeune hom* me pour en faire le premier sujet de sa société ; il le fit venir dans le village, il lui donna des leçons suivies, dont ce jeune homme, qui ne savait auparavant ni lire ni écrire, sut très-bien profiter; il devint de plus un modèle de piété et de vertu. Un événement, ménagé sans doute «(Uir la Providence, le détermina à s'occuper sans délai de l'institution des frères. Appelé auprès d*un enfant malade. Agé de 12 ans, il lo trouva si mal et dans une i^orance si cooiplèle des vérités si essentielles de la religion, qu'il dut passer deux heures auprès de lui pour le disposer à recevoir les sacrements : il mourait quelques instants après. Combien, se disait-il en retournant au presbytère, sont dans la même position et courent les mêmes périls, (larce Qu'ils n ont personne qui les instruise des vérités de la foi. A son retour, il fait i>art de son projet à Jean Goïijon, le jeune nomme sur lequel il avait jeté les yeux ; eetui-ci lui répondit : t Je suis entre vos mains, faites de moi ce que vous voudrez; je m'estimerai heureux de consacrer mes forces, ma vie même, à Tinstruction chrétienne des petits enfants, si vous m'en iugez capatile. » — « Courage, » lui dit M. Cnampagiiat, ^ le lK>n Pieu vous bénira, et la sainte Vierge nous amènera des confrères. »
Cette promesse ne tarda pas h se réalisrr: le samedi suivant, un enfant vint s'offnr pour partager sa vocation : les circonstances qui précédèrent sa résolution prouvent d'une manière évidente que le bon Dieu Tavait préparé f)Our celte œuvre, M. Champapat eut dans Jean-Baptiste Andras, enfant d un« innocence et d'une pureté tout évangt^lique, la deuxième pierre de rédifice qu'n se projtosait d'élever. Il lui seml>la entendre une voix qui lui disait : « J*ai pré|»aré cet enfant, je te l'amène pour en faire te fondement de la société que tu dois fonder. * Le jeune postulant, interrogé un jour sur se^ dispositions, répondit : « Je n*ai demandé à Dieu qu'une seule vertu» l*obéissance et Is
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grice de renoncer à ma tolonté ; ainsi, vous pouvez faire de moi tout ce que vous voudrez, nouryu que je sois religieux. »
H. Cbampagnat crut pouvoir commencer son œuvre : la petite maison qu'il acheta, uuoique sans argent, à côté du presbytère, devint le t>erceau de l'institut des petits frères de Marie; l'image de la pauvreté s'y montrait |iartout, mais Tétable de Bethléem et la maison de Nazareth étaient pauvres; les enfants de Marie devaient ressembler à leur mère, et |)orter, dès leur naissance, le cachet de la pauvreté et de rbumiliié. Ce fut le 3 janvier lftl7 que les deux novices entrèrent en cuiumunauté, et qu'ils jetèrent les fondements de l'institut des petits Frères de Marie.
Leurs occupations furent de faire des classes; le gain aue leur procurait ce travail suffisait ^ur les nourrir; une partie du temps élait consacrée à la prière et à l'étude. M. ClJttmpagnat les visitait souvent, leur donnait 'ies leçons, les dirigeait, leur communiquait ses vues et ses projets pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Les deux novices correspondaient à ses soins avec une grande Bdélilé, et passaient leur temps dans la ferveur et dans la pratique de toutes les vertus. Au printemps suivant. Dieu leur envoya un nouveau frère, Antoine Couturié, bon et pieux jeune homme qui devint plus tard l'excellent et vertueux frère Antoine. I^frèrede J.-B. Andras devint le quatrième frère, sous le nom de frère Laurent. Quoiqu'il eût reçu de ses parents l'ordre de ramener Jean-Baptiste dans la maison paternelle, M. Champagnal s'y prit si habilement <|u'il obtint de la famille de garder l'un et 1 autre. L'aîné se fit admirer plus lard par sa simplicité, sa profonde humilité, sa piété, et par son zèle pour Tinstruction des eofiDts. Vers le même temps, Barthélémy Badard, âgé de 15è 16 ans, qui devint un eicetlent religieux, fut admis au noviciat. Gabriel Rivai, enfant de prédilection, que sa mère avait souvent consacré h la sainte Vierge, s'attacha, jeune encore, è l'institut, sous le nom de frère François.
M. Cbampagnat, voyant augmenter le nombre de ses disciples, pensa à leur donner une forme de vie plus régulière et plus ea rapport avec la vie de communauté, il voulut qu'ils désignassent eux-mêmes leur directeur: le scrutin désigna le frère Jean- Marie o« ieon-Baptiste Andras. Après des épreuves convenables, il leur fit prendre un costume simple et modeste; c'était une sorte de lévîâe bieiic^ descendant jusqu'à mi-jainhes, un paotatoo noir, un fieiit manteau et un chapeau vond. La couleur bdeue avait été choisie pour rappeler aux frères qu'ils étaient les «ufants de Marie, et qu'ils devaient, efi portant son habit m. sa couleur, travailler aana cesse à rendre leur vie conforme à la sienne, en imitaot ses vertus. M. ChaiD|iagoit av«it improvisé un oratoife dans une onambre qu'il avait badigeonnée lui-même; il y a^ii dressé un petit autel qu*on garnisflttit avec des ol\yets qu'on em-
pruntait h la paroisse, parce que leur pauvreté ne leur permettait pas de faire cette dépense. C'est là, et aux pieds de Marie, que la petite communauté taisait tous les exercices de piété.
Le silence et le recueillement, la piété et la modestie des frères, l'union et la charité
3ui régnaient entre eux, retraçaient la vie es premiers Chrétiens. Le directeur répondait au choix qu'on en avait fait, et lui, par sa prudence, son zèle, sa douceur et sa fermeté, partout donnait l'exemple de toutes les vertus religieuses. Outre le frère directeur, chacun choisissait un frère pour l'avertir de ses défauts. Le frère Jean-Marie avait nommé le plus jeune de tous, et il l'avait supplié de ne laisser passer aucune occasion de l'avertir.
Chacun à son tour faisait la prière, les lectures, la cuisine. La soupe, le laitage, les légumes, l'eau pour boisson, tels étaient les aliments ordinaires de la communauté.
Comme ils n'avaient pu encore se procurer un réveil, M. Champagnat, par le moyen d'un fil de fer fiié à une cloche, qui, en traversant l'espace jusqu'au presbytère, aboutissait à sa chambre, donnait lui-même le réveil à cinq heures du matin.
Pour perfectionner les frères dans les connaissances quils avaient acauises, et pour les initier à la méthode d enseignement, M. Champagnat, à qui les fonctions du saint ministère laissaient peu de tempF, appela pour instituteur des enfants de la paroisse un jeune homme instruit, qui était resté chez les frères des Ecoles chrétiennes : rinsliluteur vé^^ut en communauté avec les frères, et il établit sa classe dans la maison. Les frères le secondaient dans l'instruction des enfnnts, et recevaient en outre des leçons particulières sur les diverses parties de l'enseignement. La conduite du maître d'école l'ayant obligé de l'éloigner, le frère Jean-Marie se chargea de diriger l'école, qui fut fréquentée par un grand nombro d'enfants. Les parents virent avec plaisir ce changement.
Jusqu'alors les habitants do Lavalla s'étaient peu occupés des frères ; mais quand on vit leur zèle et leur dévouement )K>ur l'instruction des enfants, quand on fut témoin de leurs succès, il n'y eut qu'une voix pour les ap(>rouver, pour les applaudir; il venait des enfants de tous les points de la paroisse ; les pauvres y étaient reçus gratuitement, les autres ne payaient qu'une légère rétribution. M. Champagnat, qui était l'Ame de la maisun, songea a former une deuxième classe, ce qui contribua beeucoup è bAter les progrès. Une autre chose plus grave attira son attention : plusieurs i>arents qui habitaient des quartiers éloignés, plaçaient leurs enfants dan^» le bourg, ce qui donnait lieu à de graves ineoRvénients; il fait açrandir sa maison pour les y recevoir; il se chargea même de plusieurs eniaats abandonnés OK orphelins. Comme on l'en blAmaityil réiK>ndit : «L'aiHntee n'appauvrit pas;
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Celui qui nous envoie ces enfants nous don* ni'ra de quoi les nourrir. »
Cette nouvelle organisation Qt prendre on nouvel accroissement : M. Champaii^nat sentit la nécessité do se mettre à la tête de la communauté ; il prit donc la résolution de demeurer avec eux. On employa tout pour Ten détourner; mais, comprenant aue lemeileur mo^en d*attacher les frères à leur vocation était d*unir 50n sort au leur, de pratiquer le premier ce qu'il enseignait , il avait tout sacrifié à Tœuvre des frères, il voulait lui conserver non-seulement ses soins et ses travaux, mais ses forces, sa santé et sa vie.
Ayant obtenu la permission de quitter le presbytère, il vint se Qxer pour toujours ou milieu de ses frères, se faisant tout à tous, et étant toujours à la tête de son petit troupeau, encourageant les enfants et formant les frères à toutes les parties de l'éducation. Ceux-ci avaient pour lui la plus grande vénération, et Taimaient comme un on père. Sa présence dans la communauté ramena le zèle et la ferveur de tous les frères. Il les envoyait le dimanche et certains autres jours, deux k deux dans les hameaux de la paroisse, pour catéchiser les gens de la campagne : on réunissait dans une grange les enfants et les grandes personnes, et souvent toute la population du hameau. Les frères regardaient comme une grâce d*ètre choisis pour aller faire le catéchisme dans les hameaux et les villages voisins. Un d'entre eux, frère Laurent, regarda comme un bonheur d'avoir la permission d'aller s*établir au Bessac, qui e^t à deux lieues de Lavalla, où il s'eiablis.^^ait
Ï)our une semaine, préparant sa nourriture e matin pour toute la journée, et venant renouveler ses provisions tous les jeudis, malgré des chemins affreux et quelquefois trois pieds de neige.
L'école de Lavalla prospérait : quelquesuns, jaloux de donner è leurs paroissiens de uareils instituteurs, en firent la demande à M. Champagnat. M. Champagnat envoya, sur la demande du curé, deux frères h Maribes. Un mois ne s'était pas écoulé, que les enfants avaient changé ; il semblait çiue la piété, la modestie, la retenue de leurs jeunes maîtres eussent passé dans eux. Les parents, les autorités, tout le public, étaient ravis de leur docilité, de leur humilité, de leur amour pour' Tétude; de toutes parts il s'élevait des cris d'admiration : ces frères faisaient leurs classes en religieux et en apôtres. A leur arrivée les enfants étaient dans une profonde iffnorance : une année s'était à peine écoulée que la plupart savaient lire, écrire, calculer; savaient par coeur les quatre parties du catéchisme, et faisaient la consolation de leurs parents, l'édification de la paroisse par leur piété et leur bonne conduite.
Le maire de Saint-Sauveur, touché de leur conduite, demanda des frères pour sa commune; ils entrèrent en fonction le jour de la Toussaint 1820; elle eut le même suc-
cès que celle de Lavalla et de Marllies. Nonseulement tous les parents y envoyaient leurs enfants, mais il en venait même des paroisses voisines. Une autre ^ie fut funfiée à Tarantaise ; elle fut confiée au frère Laurent, il j continua la vie qu'il menait au Bessac, où il continua de se rendre le jeudi et le dimanche; il réunissait les enfants et les grandes personnes dans la chapRlIe, en parcourant les rues avec une clochette, et les retenant plusieurs heures pour les faire prier et pour leur expliquer les vérités de la loi chrétienne.
Le succès de l'école Saint-Sauveur Ot brait à Bourg-Argenlal ; H. de Plevne, maire de la commune, demanda à M. Champagnat trois frères qui lui furent accordés. £n envoyant des frères dans cette commune, M. Champagnat leur donna è suivre les règles les plus sages. A celte époque, il confia au frère Louis la direction du noviciat.
La fondation des dernières écoles avait épuisé le noviciat. Cette pénurie menaçait Texistcnce do la congrégation. Cette épreure ne fit qu'augmenter sa confiance en Dieu : il pria avec ferveur; fit des neu vaines en l'honneur de la sainte Vierge, lui dit dvec simplicité que, puisqu'elle était la mère, )a supérieure et la protectrice de sa maison, elle devait en prendre soin et en empêcher la ruine. La Mère de miséricorde enicnJit ses VŒUX et lui montra que ce n'était pas en vain qu'il avait compté sur elle : la congrégation prit dès celte époque un accroissement qui tint du prodige. Mais ce qui est le plus admirable, c'est le moven dont Dieu se servit pour lui amener les sujets quil avait pré[)arés pour elle.
Vers la fin de mars 16^, huit jeunes gens, ayant à leur tète un conducteur, qui avaieoi quitté leurs familles pour aller h Lyon chex les frères des Ecoles chrétiennes, furent dirigés par ruse et à leur insu vers Lavalla. M. Champagnat ignorait ce stratagème; il lit beaucoup de dilGcultés , mais ces jeunes gens furent si touchés, si édiliés, qu'ils demandèrent avec instance h devenir le^ enfants de Marie. M. Champagnat eiigea d'eux de dures épreuves, maia il finit |«ar céder à leurs instances. Les postulaoïs écrivirent à leurs parents qu'ils élaieot heoreui et contents dans leur vocation, ce qui en détermina d'autres à aller les joindre* Deui mois après, trois autres suivirent leur exempie; six mois n'étaient pas écoulés que le noviciat comptait plus de vingt sujets.
Jusqu'alors les postulants avaient couché dans la grange, on travailla pendant huit jours pour reparer les greniers qu'on trans* forma en dortoirs. Une nouvelle constnictioo était urgente; comme la maison était sans ressources, M. Champagnat et les frères se chargèrent de la construction ; aucun ouvrier n'y mit la main. Le Père était TarchiK^ie; il ordonnait, il conduisait tout; il était toujours le premier à l'ouvrage, il finissait or* dinairement le dernier. On travaillait eo hlence ; s*il était nécessaire de parler, ca le
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UiiàW par signe. En quelques mois la maison Fut acbefée.
M. Cbampaçnat ne cessait de former les DOTices i la piété et aux connaissances qui ieur étaient nécessaires. Ses instructions éuieot courtes, mais animées et pleines de feu. Elles roulaient presque toujours sur la piété, Tobéissance* la mortification, Tamour de Jésus, la dévotion à la sainte Vierge, le tèle poor le salut des âmes. Jamais on ne fit dans le noviciat tant de ferveur, tant de tèlepoor lapratic|ae des vertus religieuses e( pour Tacquisition de 1 esprit de Tinstitut. Li ferveur n'était pas moindre dans les frères qui dirigeaient tes établissements! Ootre leurs classes» les frères visitaient les icilades, les veillaient pendant la nuit, fai- »aieni leurs lits, leurs procuraient tout ce i:oQi ils avaient besoin et ajoutaient beauioapJ*autres oeuvres. Tous les soirs, jpen- LaotThiver, ils faisaient le catéchisme. Cette lostraction durait une heure et demie. L.ur ooorriture était des plus simples.
M. Cbaiopa^nat recevait de toutes parts des lettres de lélicitation. On était étonné que liaas si peu de temps il eût pu former ues hoauDes aussi pieux et aussi dévoués au in«o de la religion. Dans le courant de 1823 ftl823, en fonda des établissements k Saiot- Srmpborien le CUAteau , à fiaulieu et à ^aoosc.
11 semble que rétablissement des frères o'aorsit dû attirer que des éloges et des approbations, mais c'est par la croix que Dieu asaaTéle monde :il veut que ses œuvres soieot oaarquécs k ce signe sacré. Dès le coQuaeaeement, le P. Champagnat fut en butte aai contradictions. Bien des person-* Ml regardaient son projet comme une cbiotîTe, en censurant les règlements qu'il avait doonés k sa communauté, ses occupations, le costume des frères, leur genre de TJe.Ces clameurs vinrent jusqu'k Tarchevècbé,oiiil fut appelé pour savoir ce qu'il fallait penser de tous les propos qu'on tenait iur soQ compte. M. Bochard, premier grand vtuire, le bl&ma du dessein qu'il avaitd'étal'iir une congréj^ation pour former des instituteurs, lui proposa d unir ses frères avec c'ax qu'il avait fondés lui-même dans le diot^e et leur déclara qu'il ne voulait pas qu'il J en eût plusieurs. H. Courbon, autre vicaire géDéral, Teocouragea cependant dans &es projets. H. Gardctte, supérieur du grand aéoiioaire, par les conseils duquel il avait tiiujcurs agi, l'encouragea aussi en disant : l^tiisque votre œuvre est en butte aux contradictions, cette épreuve ne fera que raffermir.
Peu de temps après , H. Bochard flt de nouvelles instances pour faire opérer la réunion des deux sociétés de frères. Voyant Qae M. Champagnat refusait de s'y prêter , Il lui parla durement, le mennça de faire fermer sa maison et de le clianger luimême de La valia. Le bon père venait de Lyon bien affligé. 11 ordonna des prières et une a^ vaine de jeûnes au pain et k l'eau. M. i^^chard revint k la charge pour la fusion
des deux communautés, et ne pouvant vaincre les répugnances de M. Montagnat, il le traita d'entêté, d'orgueilleux, de rebelle et finit par lui dire qu'il allait prendre des mesures pour faire fermer sa maison.
L'opposition de M. Bochard souleva une explosion de biflmes et de propos injurieux contre M. Montagnat. On chercha même k détacher les ffères de la congrégation. Il n'y eut pas jusqu'au confesseur de M.
Montagnat qui ne l'abandonna en cette occasion, quoiqu'il n'eût rien entrepris, rien fait sans prendre son avis. M. le curé de Saint-Pierre de Saint-Cbamond l'accabla de reproches et l'avertit qu'il allait faire mou* ter les gendarmes k Lavalla pour disperser ses frères et faire fermer sa maison ; il ne voulut pas même l'écouter quand il demanda la permission de justifier sa conduite et celle de ses frères. On était alors au commencement de 182i. Le P. Champagnat et ses frères, plongés dans la douleur, s'attendaient k tout instant k voir paraître les (;endaimes, le moindre bruit les alarmait, orsque arriya la nouvelle que Mgr Pins, archevêque d'Amasie, était nommé administrateur du diocèse de Lyon.
Le pieux fondateur envoya au nouveau prélat un aperçu de son œuvre, de son origine, de son but, de l'état où elle se trouvait. M. Gardette, on le lui remettant, fit l'éloge de son auteur et de l'œuvre qu'il avait fondée avec tant de peine. Le vénérable archevêque n'hésita pas un instant k promettre sa protection k la congrégation des Petits-Frères de Marie et dit a M. Gardette: « Ecrivez k M. Champagnat que je veux le voir et causer avec lui de son œuvre ; assurez-le en attendant de toute ma bienveillance. » Quelques jours après il était présenté par M. Gardette, le saint archevêque lui dit : « Je vous bénis vous et tous vos frères; que Dieu multiplie votre petite famille, afin qu'elle remplisse non-seulement mon diocèse, mais toute la France. Je vous permets de donner un costume k vos frères et même de leur faire faire des vœux, car il n'y a que cela qui puisse les attacher irrévocablement k leur vocation. » En sortant de l'archevêché^ le Père se rendit k Fourvières pour remer-* cier Dieu de tant de faveurs par Tentremise de Marie. Peu de temps après, Mgr lui offrit la cure de Lavalla qu'il refusa, il le pria même de le décharger des fonctions de vicaire, afin qu'il pût s'occuper exclusivement de l'œuvre des frères.
Le projetque conçut Bf.Champagnatde construire ailleurs une maison plus convenable et d'un plus facile accès, suscita contre lui un noir orage. Un grand nombre te traitèrent de fanatisme et de folie ; mais peu touché des discours des hommes, avec la seule confiance en Dieu , quoiqu'il eût une communauté sur les bras, qu'il dût 4,000 fr. , il entreprit, sans s'effrayer, la construction d*une maison assez vaste pour contenir 150 personnes, et une chapelle, qui lui coûtèrent 60,000 fr. Dans le commencemeui de
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DICTIONNAIRB
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18-2b, M. Challeton , vicaire général , vint bénir la première pierre : tels étaient le déoÀoient et la pauvreté de la maison» qa*on ne trouva rien pour lui donner à dîner.
Soutenus et animés par les instructions de M. Montagnat, les frères étaient admirables de piété, de modestie» de dévouement. Les ouvriers ne pouvaient assez a<lmirer Fesprit de mortirication, d'humilité et de charité, qui régnait parmi les frères , ils finirent par les imiter. Celte année, Tinstitut fonda deux nouvelles écoles, celles de Charlieu et de Chavanay, où les frères, par leur zèle et par leur patience, obtinrent un «uccès complet.
L'hiver fut employé nux travaux intérieurs de la maison, et ils furent poussés avec tant d'activité, que dans le courant de l'été 1825, la communauté put s'installer dans la nouvelle maison de TErmitage, près Saint- Chamond. M. le curé, dont les sentiments avaient bien changé à l'égard de M. Champagnatetdesa congrégation, fut délégué par Mgr l'archevêque de venir bénir la cTiapelle, ce qui eut lieu le 15 du mois d'août ; i\ Qtdon a la chapelle d'une garniture de chandeliers qui servirent le jour môme de la bénédiction. Aux tribulations, aux peraécuiions venues du dehors et aux embarras de la construction d'une vaste maison, .«succéda une croix d'un autre genre, ce fut la conduited'un des ecclésiastiques qui avaient fait partie de la céunion du grand séminaire pour fonder la société des Uarisles, qui vint s'établir su|>érieur général des frères, et par des vues ambitieuses icta cette eonsrégation dans un éta^ déplorable.
L année lfô5eut lieu la fondation de rétablissement d'Ampuis. Après la Toussaint, le P. Cham^Mignat se pro^)osa de visiter tous ses établissements, aun de s*assurer par luimême de l'état des maisons. L'institut avait alors dix maisons d'école. Le bon Père Bt toutes ses visites à pied et par un temps assez mauvais.
A son retour h l'Ermitage, il éprouva de nouvelles diflicultés avec M. Courveille, qui avait été profondément blessé de la préférence que l'on avait donnée à M, Cham))aguat dans !• s élections; il avait adressé des reproches amers à tous les frères. Il blâmait tout ce que faisaient les frères; il ne trouvait rien de bien fait; les personnes et les choses étaient les objets ue ses éternelles eensures. Ces peines et ces chagrins que le pieux fondateur cachait suigneuseroent et dont il dévorait tout seul l'amertume pendant ses fatigues, lui causèrent une maladie qui le conduisit jusqu'aux portes du tombeau. Quand l'état du malade fut connu, les créanciers se présentèrent en foule et de* mandèrent h être payés. Comme on ne yni les satisfaire, ils menacèrent de faire saisir le mobilier et de faire vendre la maison; Mais oe ne fut là que le cominencemeitt des Iribiilations ; frères et novices, persuadés que aï M. ChauifiagDat mourait tout était perdu, tomberont dans le découragement. Au lieu du lea calmer et de les encourager, M. Cour-
veille aliéna tout les cosurs par une rigueur excessive et une sévérité outrée. L'inqaiétude où chacun estait sur son sort arait introduit le relâchement et la dissipation. Les premières infractions à la règle furent suivies de sévères répressions, M. CoQfïeille se mit à faire de' grandes menaces, à imposer de fortes pénitences et même à renvoyer Juelques sujets. Tous les frères étaient isposésàtout abandonner; tout était periu, si contre toute espérance humaine, Dieu n'eût rendu la vie et la santé au saint fondateur. Dès qu'il y eut un mieux dans son état, la joie reparut sur tous les visages. Lorsqu'il put se faire conduire par le bras au chapitre, ce fut un transport de joie im-
Eossible à décrire; une expression de boneur se peignit sur toutes ces Qgures. Dn claquement de mains et les expression^ de joie se confondirent et exprimèrent rindictbie plaisir qu'éprouvaient tous les cewirs.
M. Courveille avait cherché i nuire au P. Champagnat en le dénigrant auprès de Mgr l'archevêque pour le perdre dans l'esprit du prélat. La justice divine se chargea de venger l'innocent persécuté et de mettre finaux embarras de toute nature qu'on lui suscitait: il tomba dans de lourdes fautes, qui l'obligèrent d'aller faire une retraite è la Trappe où on l'invita à rester. La perte des deux frères, qui seuls étaient capables de l'aider dans le gouvernement de l'institut, fut encore un grand sujet de peioe pour le pieux fondateur.
La sortie de ces deux frères et la tentation qu'avait éprouvée frère Louis firent comprendre au P. Champagnat la nécessité de lier les frères à leur vocation par des vœux et de fixer ainsi par des engagemenrs irrévocables l'inconstance humaine. Ce fnt h la suite de la retraite de 1826 que se firent les premiers vœux. Il y en eut de deui sortes, les vœux temporaires et les vœux perpélu«*ls. Les premiers se firent san^ cérémonie. Chaaue frère le fit après la sainip communion. Ln acte spécial en fut dre<sé dans un registre pour eu faire foi et ledit acte était signé, à genoux, par le frère qui avait fait le vœu.
Les contradictions de toute nature qao l'institutavaitéprouvéesu'avaient pas traospirées au dehors. Il continua donc à prospérer et à &e développer. Trois nouvelles niaisons furent fondées, savoir : Saint-Pauleu-Jarret, Mornant et Nouville-sur-Saône. A la rentrée des classes de 1827 il fonda deux nouveaux établissements, Tun àSaint-S^mphorien-Doizon, l'autre h Vallenoïte.
Dès 1621b, i Kar rivée de Mgr Gaston «le Pins, il avait donné aux frères la souuo^ le petit manteau, le chapeaa triangulaire et le rabat blanc Lors de I émiasion des va*ux il y joignit un cordon en leine et «oe croii en cuivre incrustée d'ébtee « pour rtut qui avaient fait profession. En 18M le H Champagnat compléta le costune. Ce chan gement fut suivi d'une modificatioo dans la méthode d'enaeignemeot. 11 ÙL adopter U
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DES ORDRES RELIGIEUX
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sMitelie dénomiDaiion des consonne» et ^tnerifU répellatioo.
L'institut continnait è recevoir des sujets H à établir de nouvelles écoles. On en fotKta deox, celle de Millery et de Fenrs. H rfçutceile année un témoignage public et de «jtisfiction de la fwrl dn département » ilonl le eORseil général « sur la demande lie préfet, alloua la somme de 1,500 francs, I litre de secours accordé h la maison du no« liciat des Petits-Frères de Marie. Ce secours leur fol continué, sans qu*il e^t besoin de le rédaiDer, jusqn*en 1890.
Jusqtt*en 1S2B rinsiruction primaire étant fOtt$ia dépendance des évéques, il avait été bcfle d'obtenir les dispenses nécesaires pour soustraire les frères è la loi du recrutoeot; il n'en fut plus de même après les limcu»es ordonnances de Charles X. Le Pèff fit donc des dômarcbes pour obtenir «lu casernement la reconnaissance légale de rin^tiiot. L'ordonnance, qui approuvait la vtDgrégation des Petits-Frères de Marie et >e5st«tut$, était dressée et venait d'être portée I It signature du roi, quand les événements de 1830 Tinrent tout à coup mettre miitk h la solution de cette affaire. Le P. Champagnat pensait à renouveler ses insunres pour obtenir cette faveur, car depuis (a lot de t8S3 sur Tinstruction primaire, il ^ii impossible d*ezempter les frères du «errice militaire, s'ils n'avaient pas leurs breTels. M. Guizot répondit qu'il n'y avait ris liea è lui accoroer Tautorisation de- Diandée, quoique le conseil de l'Université eût approuvé les statuts. Mais en mémo Umps le Père faisait faire à sa communauté et l'iressait lui-même de ferventes prières puur le succès de cette importante affaire.
Sur ces entrefaites, il fil connaissance avec M.li4zelier,supérieur des frères de la oonisf^tioo de l'Instruction Chrétienne du liocèse de Valence dont le noviciat est h MiDi-Paol-Trois-Châteaux ; cette congrégai>^, quoique peu nombreuse, était autorisée |4r ordonnance royale du 11 juin 1823, kjar les trois départements comprenant iiocieo Daunbiné, c'est-à-dire, ceux de la l>rOiiie,de 1 Isère et des hautes Alpes. Une iQsioQ entre les deux congrégations était facile; en attendant qu'elle pût se réaliser il ut connu que M. Mazelier voudrait liien Mire tNirtager le bénéfice de son ordonnnnce •^ec les Petits-Frères de Marie en se char- S^int des sujets qui étaient atteints par la loi c)e la con:>cription. L'honorable M. Mawlier rendit cet important service pendant du ans, c'est-à-dire jusqu'à l'union des wui MtstituU. ,
Malgré toutes les vexations auxquelles fu- ^^^ eiposés les frères après la révolution 'K lg30, outre l*établis!»ement de la cAte NinuAndré qui avait déjà eu lieu, en 1839 «/ooutrit Técole deNaugres dans l'Ardèche; «« 1833, celle de Virivitie; en 1834, celles ;^« ^aim Geoest-llalifaux, de Suiy, de wj^Ue, dans la Loire; en 1835, celles de ierrenolue, de Pelussin et de Norbier dans ^mènie département. A cette époque l'ins-
titut courut un grand danfipr. Sur une plainte de TaumAnier de l'Ermitage, Mgr larebe^* vèque proposa, puis oressa le P. ChaoH pagn&t de réunir les irères de l'Emitage avec ceux de Saint Vtateur établis à Vourles près de Lyon. Cette affaire avait déjà été traitée avec M. Queri>es, leur supérieur. M. Champagnat répondit qu'en conscience il ne pouvait pas se prêter à cette mesure» qui serait la perte de son institut, quoiqu'il lût disposé à obéir s'il {^ordonnait. Monseigneur mieux renseigné changea d'opinion et féli« cita le bon Père de s être opposé à cette union. Il disait plus tard : « La société des Mariâtes e^t celle qui me donne le plus do consolations. »
Après avoir suivi pendant vingt ans les règles qu'il avait dressées, le P. Champagnat les fit imprimer pour établir l'uniformité de conduite et pour lui donner une garantie de stabilité. C'était un puissant moven de faire fleurir la régularité et d'attacher les frères à leur vocation.
M. Champagnat et les prêtres qui» avant leur ordination, avaient formé le projet de fonder une société de prêtres pour les missions et l'instruction de la jeunesse, ne l'avaient jamais perdu de vue. Quand ils eurent reçu leurs diverses destinations dans le vaste diocèse de Lyon, ils travaillèrent de concert, et chacun de leur c6té, à réunir des sujets pour celte œuvre. Le P. Colin,alors supérieur (lu petit séminaire de Belley, — qui n'était un diocèse distinct aue depuis 18zS» — et le P. Champagnat l'avaient surtout grandement à cœur; deux de ces messieurs» M. Courveille et Terraillon qui n'avaient pas persévéré auprès du pieux fondateur des Petits-Frères de Marie, n'affaiblirent pas son ardeur. Il écrivit lettre sur lettre aux supérieurs ecclésiastiques» il fit plusieurs voyages à Lyon pour obtenir seul la formation de cette société et recruter quelques-uns de ceux qui devaient en être membres pour l'aider dans l'institut des frères» dont le développement exigeait de prompts secours.
Il ot)tint enfin M. Séon , qui était alors professeur au collège de Samt-Chamond ; peu de temps après, M. Beaudin»Pompaillier« Chenut imitèrent le tion exemple, M. Séoii préférant la pauvrelé,la vie humble et cacbéo de ffère de rErmitage» à tous les avantages temporels qu'on leur offrait ailleurs. C est ainsi que se forma le petit noyau d'ecclésiastiques qui , quelqij^s années plus tard» servit, avec la colonne de prêtres pieux qui se groupaient autour du H. P. Colin» à fonder la société des P. Maristes.
Les événements de 1830 rendirent plus nécessaire le centre d'action qu'on désirait depuis longtemps, que Ton préparait de part et d'autre avec le même zèle , le même esprit de dévouement. Après de nouvelles et pressantes instances» ayant obtenu de radministration diocésaine une pleine lit>erté d'action pour se réunir, sedirigereux-mêmes» se choisir un chef» les pères de l'Ermitage se rendirent à Belley pour s'entendre avec leurs confrères,et élurent»aprèsune re*
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DrCTIONNAIRE
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traite de quelques jours, le Père Colin pour «upériour; deouis ce momeui rœurre ni de va|ttdes fN-ogrés; Tavenir de cette société se montra pleine d'espérances; quoique encore séparés, les divers membres cominencèrenl à se livrer aux missions des campagnes.
Bientôt une partie de ces Pères furent réunis à Valbenolte dans le couvent des Bénédictins. Le P. Séon ayant été nommé supérieur de cette communauté, les PP. Bourdins et Cbarnut furent remplacés h l'Ermitage par les PP. Servant et Forest, et ceuxci par les PP. Matthieu et Besson , qui ont rendu de si grands services aux fr'ères.
De son côté, le R. P. Ck)lin se rendit k Rome, en 1833, pour faire approuver la Société par le Saint-Siège. Après un long et sérieux examen des constitutions, la congrégation des évèques et des réguliers les ap* prouva peu de jours après, c'est-à-dire, le 11 mars 1836; le Très-Saint -Père, Grégoire XVI, autorisa par une bulle la Société ùes prêtres Maristes, et lui conGa la mission de )a Polynésie. Il est impossible de dire ce qu'éprouva de bonheur et de consolation le P. Champagnat à cette nouvelle. Le R. P. Colin fut nommé supérieur général, le P. Champa* gnat assistant. Les principaux Pères se liè« rent par les vœux de religion, et la Société se trouvant ainsi constituée par l'autorisation du Saint-Siège, par Télcction de son chef, et par les vœux de ses premiers membres. Avant de se séparer, les Pères réglèrent ce qui concernait la Mission de la Pol^^nésie, et arrêtèrent que la maison principale de l'institut serait à Lyon.
Le P. Pompallier, choisi pour chef de la mission de la Polynésie, fut sacré évèque et prépara son départ pour la fin de l'aniiée 18o6; quatre prêtres et trois frères lais furent adjoints pour partager ses tmvaux. Le P. Champagnat demanda au R. P. Colin la faveur de laire partie de cette colonne, atin de consacrer ses derniers jours et ce qui lui restait de forces à Tinstruction et à l'édification des infidèles. Le P. Colin lui répondit que sa mission était de pré()arer pour l*Océanie des apôtres pleins de zèle et de Fespritdesacrifices.Mais le Pèreeutla consolation de voir parmi tes saints missionnaires désignés trois de ceux qu'il avait formés lui-même, et celle de voir aussi tous les confrères qui avaient eu tant de peines à se réunir pendant dix ans, se consacrer k Dieu et se lier à l'institut par des vœux : il pro« fita de ces circonstances pour enilaromer le cœur des Petits-Frères de Marie du désir de se rendre dignes de participer à la granue œuvre des missions étrangères.
Dieu continuait è bénir le noviciat des frères, les vocations devenaient tous les jours plus nombreuses, et chaque année était manjuée par do nouvelles fondations. C'est ainsi que furent fondés, en 1835,1a Providence Denuizière, à Lyon; Saint-Didiersur - Rochefort , dans la Loire, et Gcnas dans risère; en 1836, Saint-Martin-la-Plaine dans la Loiio, Semur en Brionnais, dans Saône et Loire, et Didier sur Chnlar^nne»
dans l'Ain ; en 1837, Firminy et Ferreux dans la Loire, Anse dans le Rhône et Thoismj dans l'Ain.
En 1834, M. Gnîzot «laîl dit sans détoor au P. Champagnat : « Il est mnûh qn» vous fassiez des démarches |)Our obtenir aain autorisation en ce moment. » En 1836, le gou* vernement se montrant moins hostile aux établissements religieux, le P. Champagnat se détermina à reprendre les démarches qu'il avait laissées en 1829 et en 183i. 11 fit un voyage à Paris , il y retourna en 18%. Il n'est pas de difficulté que M. de Salv«indi, alors ministre de l'Instruction publiaue, ne fil; il n'est pas d'entraves, de faux-tu}'anis qu*on n'opposAt à tous ses efforts, h toutes ses démarches. Après des peines inCnies, il parvint à obtenir du conseil de TUniversité un avis favorable pour la demande en autorisation. Cette autorisation dépendait de la volonté du ministre; mais cette bonne volonté lui ût toujours défaut ; après un long séjourdans la capitale, le Père dut retourner au milieu de ses enfants sans avoir rien ot>tenu. 11 renouvela les démarches en 18k9; mais alors ce fut le conseil qui lui futcootraire.
Pendant son séjour à Paris, il logea au séminaire des Missions étrangères, oik il édiUa tous les frères; il y était regardécomme un saint. Le supérieur, le P. Dubois, disait de lui : « C*est Thomme le plus vertueux que je connaisse. » Il ne visita jamais dans la capitale que N.-D. des Victoires et N.-D. d'Espérance.
En quittant Paris, le P. Champagnat fut fonder une maison à Saint-Pol en Artois; ou avait aussi établi dans Tannée des écoles au Rocher-des-Cendriers dans l'Uère, et à Yzieu dans la Loire.
Depuis la maladie que le pieux fondaleor avait faite en 1825, il ne s'était jamais biea rétabli : il éprouvait de grandes douleurs; une gastrite bien caractérisée se déclara plus tard ; il était sujet à de fréquents vomisse* ments. L'esprit de pénitence et de mortidcation qui 1 animait, aggravait toujours son état. Ses pénibles courses dans la capiule, ses déceptions Gnirent par ruiner son tem* pérament, et user ce qui lui restait da forces. Le U. P. Colin crut nécessaire de pourvoir avant sa mort è son remplacemett et à faire élire un frère pour lui succéder, afin d'éviter toute commotion à sa mort.
Le H. P. Colin adressa une courte mas pathétique exhortation aux frères pour ks engager à faire un bon choix, ei les frères profès, au nombre de 92, procédèrent à i'ilection. Le scrutin ayant donné 87 voix an frère François, 70 au frère Louis-Marii» tt S7 au frère Jean-Baptiste, le premier fut ) n»clamé supérieur général, ci les deux autres assistants. Cette élection eul lieu en i^n* sence du P. Champagnat.
Quoiqu'il sentit ses forces diminuer, il "« rendit h Autun pour recevoir de l'évèque (:c ce diocèse la donation du château de hauban et ses dépendances, h condition quon y établirait un noviciat ol qu'on fomicra»»
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DES ORDRES RELIGIEUX
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if9 établissemeofs dans le diocèse. Un mois aprèfi le père y retoornait avec quelques frères poor en prendre possession et cornmeocer le noyicial. Ces divers voyages fiuireal par affaiblir et épuiser ses forces. Il moarot le 6 du mois ae juin 18M. Il faut d'ire daos Y Butoir e de sa Vie^ écrite par un membre de sa con^égation, où nous avons tiré la présente notice» les sentiments admirables qui ranimèrent jusqu*è sa dernière b«are; il mourut comme il avait vécu, en simL
A la mort du P. Cbampagnat, bien des personnes doutaient de revenir et de la sta« btliléde son ouvre; leurs craintes durent bientAt être dissipées. Pleins d'estime et de respect pour le supérieur quMls avaient HAoïmé; pleins de conflance en lui, tous les frères s'appliquèrent è remplir leur emploi iyH tout te dévouement (font ils étaient calubies. Jamais peiU-étre la piété, le bon es- ,(tii, rattachement k Hnstitat, Tunion fr^i^roelle, ne se montrèrent avec plus d*éclat. <>o fonda trois nouvelles maisons à Saint- Laiier, dansTlsère; Digoin, dans Saône-et- \Mxt; Carvin, dans le Pas-de-Calais.
Un des premiers actes du gouvernement lia frère François fut la consommation de runion des frères de Marie, avec ceux de !^»im-Paul-Trois-Cbâ(eaui, elle fut conclue en avril i8U; le frère Jean-Marie fut en- %ojé pour prendre possession de la maison 'le !^aint-Paul-Trois-Châteaux et pour diriger U noviciat. L*union des frères de Saint- HiuUTrois-Châteaux fut suivie de celle des Frères de Viviers. Cette dernière congrégation, fondée en 1803, par le vénérable U. Vernet, supérieur du grand séminaire de Viriers, était peu nombreuse; le zèle et les efforts de M. Vernet, pour le développe- (tcQi de cette œuvre, avaient été stériles, (erce que les frères n'étaient liés à leur votiliofl que par le libre cboix de leur volonté : liplopart des frères, les plus distingués par leurs talents, lorsqu'ils avaient obtenu leur breTet, abantlonnaient leur saint état pour M jeter dans le monde, où leur volonté, dont le> Tonix auraient pu seuls fixer rinconstioce, se trouvant désarmée devant les ten- UUoos et le découragement, perdaient leur lumière ferveur. M. Vernet avait fait des (iteirches pour opérer cette réunion, mais Il mort rayant surpris avant qu'elle fût conclue, Mgr Gutbert la termina heureusement les premiers mois de 18U, aux mêmes conditions que celle des frères de Saint-Pau I- Trois-Châtcaax. Ces deux fusions constituant ^is familles religieuses sous un mémo chef, une même règle, un même gouvernenrot, est peui-ttre un fait unique dans Tbis- ^re monastique; mais ce qu'il y a de plus admirable, ce sont les heureux effets qui »en loot suivis. Jamais on ne vit plus de ijmpalbie et de charité entre les frères.
Mgr révèqne de Viviers établit à la Bé- S^e, près d'Btubérias, un noviciat, qui '^erint, }K>ur rinstilut, une pépinière d-ex- (^«rlienli sujets. Les postulants arrivèrent en
'') Vej. à b On du vol., n»« 99, 100.
ffrand nombre h celui de Saint-Paul-Trois- CbAteaux, la prospérité de ces deux noviciats fut telle, ciu'en peu d'années les frères se répandirent oans tout te Midi de la France, et que l'on j fonda plus de cent maisons. Celui de l'Ermitage avait fondé un grand nombre d'établissements dans les départe*ments de la Loire, du RhAne, de Ilsère, de l'Ain, de la Haute-Loire, du Puy-de*DAme, du Pas-de-Calais et du Nord. Dans ce dernier département, pendant l'année 1846, il y fut même fondé un noviciat. Madame la com* tesse de Grandville, femme d'une grande piété et d'une rare vertu, en fit tous les frais avec une sénérosité que Tesprit chrétien est seul capaole d'inspirer, et céda à l'institut un domaine d'un revenu de 1,800 fr. pour l'entretien de trois frères.
La prospérité de l'institut ne fut pas même arrêtée par les événements de 1848 : les frères conservèrent les sympathies de tous les partis et ne forent nullement inquiétés.
La loi du 15 mars 1850, sur la liberté de renseignement, favorable pour les congré-
§ étions religieuses approuvées, cr^ftlt des iflicultés insurmontables pour celles qui ne Tétaient pas. C'est pourquoi on renouvela les démarches qui avaient échoué, deux différentes fois sous le règne de Louis- Philippe. Mgr Parisis, évêque de Langres, voulut bien se charger de la présenter au ministre de l'instruction publique : il obtint qu'elle serait examinée seule et la première; comme il s*agissait de consacrer un principe de la nouvelle loi et d'en faire la première application, on fit «le grandes difficultés d'une part; on fit des efforts inouïs de l'autre pour assurer le triomphe des frères et du principe qui s'y rattachait. On l'obtint, trois jours après le décret fut signé par le prince président de la République. C'est ainsi que l'autorisation, selon que l'avait promis le P. Champagnat sur son ht de mort, vint à point nomme au moment même où elle était absolument nécessaire.
Le chapitre général fut assemblé pour adopter et arrêter définitivement les règles. On élut un troisième frère assistant. Lo R. P. Colin saisit celle occasion pour parler de l'impossibilité d'unir, sous un même supérieur, les Pères Maristes et les Petits- Frères de Marie, et de la nécessité pour eux de se gouverner par eux-mêmes. Cette ouverture du P. Colin n'étonna personne, car tous les frères savaient depuis longtemps que Rome avait refusé d'autoriser la congrégation des frères et celle des Pères sous un même chef.
Depuis l'autorisation du ffouvorneinent et la tenue du chapitre général, l'institut a prospéré d'une manière étonnante. A la mort du P. Champagnat il n'y avait que quarante-cinq maisons; aujourd'hui on en compte plus de trois cents. Ces trois cents maisons contiennent plus de quinze cents frères, occupés à donner l'instruction et l'éducation clu'éUçnne à cinquante mille enfanta 1)
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