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FRERES DE SAINTE-MARIE (Ihstitut de»\ à Tinehebray^ dioeiêe de Séez (Orne).
Llostitui des frères de Sainte-Marîe de TÎDcbebraj a été fondé dans le but de former des instituteurs religieux, spécialement destinés aux campagnes, et de réaliser en Nor* mandie au moins une partie du bien que les frères de Tlnstruciion chrétienne fout en Bretagne.
L*œuvre de Sriinte-Marie a été entreprise par M. l'abbé Duguey, sous la direction de JMonseigneur Tévéque de Séez et le haut patronage de Monseigneur l'évèque de Bayeux. MM. Foucault, Hamon, et plusieurs autres prêtres dévoués, ont donné à cette œuvre un concours très-utile, et leur consacrent encore actuellement tous leurs soins.
L'établissement de Sainte-Marie, dont la première pierre a été posée au mois de février 1851, a été solennellement inauguré, le 15 octobre de la même année, par Nosseigneurs les évêques de Baveux et de Séez, assistés de leurs vicaires généraux, en présence de M. Jean-Marie de Lamennais, fondateur et supérieur générai de l'institut de Ploërmel, d'un très-nombreux clergé, et des principales autorités civiles de Tarrondisse* ment de Domfront.
L'œuvre a été fondée au moyen d'une souscription, à la tête de laquelle se sont inscrits MM. les préfets, les représentants, et tous les principaux magistrats des deux départements de 1 Orne et du Calvados.
L'établissement de Sainte-Marie est bAti tout près de la petite ville de Tinchebray, dans une position très-saine et très-agréable. Jl est encore bien loin d'être achevé; mais pourtant les constructions faites ont déjk une certaine importance.
L'institut de Sainte-Marie possède actuellement soixante et quelques sujets. A cAté eu noviciat, qui augmente tous les jours d'une manière très-satisfaisante, la congrégation a fondé è Tinchebray un pensionnat qui compte en ce moment près ne soixante internes, et plus de cent externes. Les cours de ce pensionnat, spécialement destinés aux nombreux jeunes gens, qui, dans la contrée, se préparent à l'industrie et au commerce, sont combinés de manière à donner aux élèves qui les suivent une éducation française complète dans le genre de celle qu'on reçoit k Passy et à Nantes chez les Frères des écoles chrétienne.
Les frères de Sainte-Marie dirigent actuellement huit établissements, sans compter celui de Tinchebray. Trois dans le Calvados : k Pont-rEvéc|ue,yitliers-le-Sec, et Vaux* sur>Seulle; cina dans l'Orne : k Domfront, la Ferté-Macé,Vimouthiers, Briouze et Montrée. Dix-neuf sujets sont employés dans les huit établisseuienls.
Les frères de Sainte -Marie suivent la rè^le donnée par M. Jean -Marie de Lamennais k la congié(^ation de l'instruction chré* tienne, sauf une modiOcation concernant les
(t) Voy. à la On du vol., n« 101.
trois TCBQX de pauvreté, d'obéissance et de chasteté qu'ils font expKciteroeot.
Le costume est exactement le même oo*!
Ploërmel. (J; ^
FRUCTUEUX (Reuqibux bt rbugibdsu ob SAINT-), en Espagne.
Saint Fructueux était de la race royaledes Visigoths d'Espagne. Avant une vocation prononcée pour la solitude, il entra» après te mort de ses parents, dans l'école que l'évèque Calencia avait instituée pour rinstruclioo de son clergé. Ayant vendu ses biens et en ayant distribue une grande partie aux pauvres, il fonda plusieurs monastères, dont un defiUes appelé i\rono,parce qu'il était k neuf mille de distance de la mer,et un autre dit Comp/iUo, parce qu'il était dédié k Guist etk Pasteor* martyr do Comp/ulo, dans lequel il enit)rassa la vie religieuse. 11 gouverna ce monaslère en qualité d'abbé. Après avoir établi la disriplioe religieuse et mit cette maison dans un état de prospérité, il se nomma un successeur et se retira dans un désert, où il mena la vie la plus austère,en se revêtant d'une peau de bète k l'exemple des anciens solitatres. La réputation de ses vertus se répandit jusque dans les pays éloignés. C*est pourquoi, malgré son amour pour la retraite, il fut onionoé évéque de Séville et de Duneo; et l'an 5S6, il fut élevé k l'archevêché de Brague. A?ant d'entrer dans le monastère de Complulo, il en avait fondé plusieurs pour les femmes qui vivaient comme les solitaires de la Théi)aïde. La vierge Bénédite fut leur première supérieure comme leur fondatrice. Arant refusé la proposition que lui fit le roi ijar* dingo de l'épouser, elle quitta la maisoo paternelle pour se retirer dans une solitutie profonde, d'où elle entra ensuite dans un monastère de religieuses; mais saint Fnic« tueux, ayant eu connaissance de cet ^véne* ment, 6t bâtir dans ce lieu solitaire une petite maison où Bénédite pût vivre dans la retraite et se voueraux pratiques delà piété. Un grand nombre de filles chrétiennes voulurent imitpr cet exemple et vinrent l'y joindre; elles furent bientôt au nombre de quatre-vingts. Saint Fructueux fit bêtir alors un monastère dedimensions proportionnées k ses habitants et leur donna une règle et un costume |)articulier : il consistait dans une tonique, dans un cucule simple, un manteau court, le tout de laine grise, une ceinture de peau duii«\ des sandales pendant l'été, de^ souliers p^^ndant l'hiver. Lorsque saint Fructueux M monté sur le siège de Brague, il lit bâtir un antre monastère sur une luoutagne voi* sine.
Pendant son épiscopat, saint Fructueux continua k marcher dans la voie de lasaiutne et de la pénitence. 11 triompha i>ar sa douceur et par sa patience des persécutions que t'envie lui suscita; il mourut en btenhcun-ui. le 16 avril 665. dans l'Eglise, couche sur > cendre, comme il l'avait désiré, On cou>tr^e son corps k Compostelle; on rélèt>re sa f^î* le jour même anniversaire de sa mort.
Le P. Bonanni |>arle.datis la dcttia^-^*
GAB
DES ORDBES RELIGIEUX.
GAB
fàiii^iiïCaUUogue des ordres religieux^ delU Fructueux et en présente le costume» elles virgini dedicata a dio de religieuses de saint ont une croix à la main.
GABRIEL ( CoROBiOÀTtOH MS fb^ebs db
SAINT-}. Jf irifOfi- m^e à Saint* LaurentswrSkre.
Noas verrons & Tarticle Ibstbcctioii cebê- TiBNifE [Frites deT) comiDentle P.Deshaves fonda en Bretagne, d'accord avec M. Tabbe de Lamennais, une congrégation destinée à rinslruction des enfants pauvres. Quand il fut élo supérieur sénéral des conamunautés de Saiok-Laurent, Te noviciat des Frères de Finslruetien chrétienne (c'estainsi qu'ils se nommaient alors) était a Auray et comptait 15 sujets.
Le P. Desbayes en donna cinq h M. de Lamennais pour son noviciat de Saint-Brieuc, et il envoya les dix autres à Saint-Laurentsor-SèTre» où déjà quatre frères du Saint- Esprit faisaient la classe aux enfants.
Après quelques petites difQcultés, qni furent aisément surmontées par Tesprit d'obéissance et de charité des bons frères, il j eat fusion complète entre les nouveaux Tenus et les anciens; des concessions mu taelles furent faites, et, le nombre des notices augmentant, le P. Deshayes dut songer ) satisfaire aux demandes qui de toutes parts l'assiégeaient déjà, avant même que les sujets qu'il destinait èce pieux enseignement fussent complètement formés.
Ce fut au mois de novembre 1822 que furent aoceptits les deux premiers établissements, l'un à Saint-Martin de Beaupréau fHaine- et -Loire}, l'autre à Montmorillon (Vienne).
Deux autres établissements furent fondés en 1823.
La même année, la congrégation fut approuvée par ordonnance royale comme association cbaritable pour Tinstruction de la jeunesse dans les départements de la Vendée» de Maine* et-Loire, de la Vienne, des Deux- Sèvres et de la Charente-Inférieure.
1824 vit naître neuf établissements, parmi iesauels ceux de CbAtillon, de Moirmoutiers et de Saintes.
La fatale année 1890 arrêta les développements merveilleux que prenait déjà la congrégation. Les déplorables tendances de cette triste époque firent supprimer plusieurs établissements; par une conséquence toute naturelle, les vocations se ralentirent, de telle sorte que le noviciat, qui dès 1826 comptait 28 sujets destinés à l'instruction, n*en renfermait plus que h ou 5 à la Qn de Tannée 1830. Les exercices furent interrompus; il n'y eut point de retraite en 1831. L'œuvre semblait destinée k périr ; mais elle se reprit à vivre quand le calme revint à la surface du pays, et en 183b il fallut songer à établir le centre de la congrégation grandissante en dehors de la maison .des missionnaires de
DicnoHX. DBS Ordrrs relio. IV.
Marie, où elle avait jusqu'alors trouvé un asile hospitalier.
Une maison voisine fut achetée, réparée, et la prise de possession eut lieu le 15 octobre 183S« Ce fut Mgr Soyer, év6qne de Luçon, qui bénit l'humble chambre choisie pour la chapelle du nouvel établissement et qui y célébra le premier la sainte Messe.
Le lendemain 33 frères s'y Installèrent; et comme k dater de ce jour la congrégation semblaitvivred'uneviepropreetparticùlière, on songea à lui donner un nom : on choisit celui du patron du fondateur. Les frères furent donc appelés Frères de Saint-Gabriel.
Ils durent passer par les rudes épreuves des privations et delà misère; mais ils surmontèrent tous les obstacles par leur admirable résignation, et lorsque le vénérable fondateur mourut (28 décembre 1841), les succès qui couronnaient son œuvre le récompensaient déjà de ses luttes pénibles et de ses durs travaux.
Au mois de septembre 18b2, les frères se réunirent en assemblée générale, et le frère Augustin fut élu supérieur général.
En 1852, le frère Siméon, son premier assistant, fut élu en sa place, et c'est lui qui gouverne aujourd'hui la congrégation, qui compte environ qnaive cents sujets répartis dans soixante-treize fondations, sans y cnm-
E rendre celle de Saint-Laurenl-sur-Sèvre. .e diocèse de Poitiers en possède un certain nombre, et les parents chrétiens, qui trouvent dans ces pieux établissements une éducation sincèrement religieuse pour les enfants, bénissent partout les modestes instituteurs auxquels ils doivent ce grand bienfait.
Nous manquerions h la justice et à la vérité, si nous ne rendions pas un hommage spécial k l'œuvre éminemment chrétienne dont les congrégations de Saint-Gabriel et de la Sagesse se partagent les mérites.
Noua voulons parler de l'œuvre des sourdsmuets et des aveugles.
C'est encore le P. Deshayes, supérieur général des congrésations de Saint-Laurent, qui peut réclamer l'honneur de cette précieuse fondation.
Touché du malheur de tant de milliers d'âmes privées des consolations de la religion, le bon Père songea, dans l'ardeur de sa charité, k leur apporter le seul soulagement efficace qu*il fût donné k l'homme de leur offrir. 11 créa des instituteurs capables de créer k leur tour des êtres intelligents Ik où il n'y aurait trop souvent sans eux qu'une sorte de matière inerte livrée aux seuls instincts grossiers de la brute.
Le P. Deshayes était encore curé d' Auray
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lorsqu'il commença à s'occuper des sourdsmuets.
La Chartreuse d'Aurav offrit son humble asile h Mlle Duler, première institutrice de rétablissement des sourdes-mueltes de Paris, dont la charité no recula point devant l'œuvre si modeste qui lui était proposée.
Elle enseigna la méthode aux sœurs de la Sagesse (fAuray et 5 un excellent Chrétien de ce pnys, M. de Saint-Henri, et bientôt sous ces élèves, devenus h leur tour maîtres habiles, do pauvres petits garçons, (le pauvres petites filles recevaient le grand bienfait d'une éducation jusque-là refusée à leur cruelle infirmité.
Lorsque le P. Deshayes devint supérieur général des congrégations de Saint-Laurent, loin d'oublier la pensée si chrétienne qui avait fait naître rétablissement de la Chartreuse d'Auray, il songea plutôt à la dévelopfier.
Toujours fidèle à ses not)les traditions, la ville de Poitiers lui fournit les moyens de fonder sa première école de sounJes-muettes. C'était en 1833; le préfet d'alors [M. Koulé) accorda sa protection officielle, M. l'abbé Lambert prêta l'appui de son zèle et de son éloquence persuasive, et bientôt l'école de Pont-Achard compta jusqu'à 20 élèves.
Après la mort de M. Lambert, M. l'abbé de Larnay recueillit le legs pieux du vénérable missionnaire, et» grâce à son dévouement sans limites et à sa féconde activité, l'établissement grandit rapidement.
En 18'*7, à l'époque où les travaux du chemin de fer vinrent troubler la paix du pieux asile, on dut songer h Iransférer ailleurs l'institution llorissante (1).
Le département de la Vienne reçut en janvier 1838 une deuxième école de sourdsmuets, établis à Loudun par le P. Deshayes, et placée sous la direction des frères de Saint-Gabriel.
En 1836, il avait fondé une école de sourdes-muettes à Orléans, et il l'avait confiée dux sœurs de la Sagesse.
Le 30 août 1840, les frères de Saint-Gabriel et les sœurs de la Sagesse remplaçaient à Lille le fameux sourd-muet Massieu dans la direction de l'important établissement d'éducation de celte ville populeuse.
Plus tard, l'école des sourds-muets établie dans l'antique abbaye de Saint-Médard de Soissons était aussi confiée par M. l'abbé Dupont, son fondateur, aux mains des frères de Saint-Gabriel et aux sœurs de la Sagesse.
Les aveugles no pouvaient manquer d'être l'objet de la sollicitude du P. Deshayes. Un accident arrivé à une sœur de la Sagesse, devenue aveugle tout en conservant une aptitude merveilleuse pour l'écriture et le des-
(i) Elle est aujourd'hui établie à Larnay, à peu de distance de Poitiers ; de vastes consiructions y ont éié faites; une chapelle (style du iiu' siècle), urnée de riches vitraux, y a été hâiic, et cet ensemble grandiose cotisiitue un des plus beaux établisbcnients de ce gcnie.
sin, f)arut au bon Père comme un averlissis ment de la Providence, qui le pressait «io pourvoir aussi 5 l'instruction des aveugles; et dès 18^1, à une séance publique donnée dans rétablissement des sourds-muets de Lille, on peut entendre une pauvre enfant aveugle accom[)Ognanl ses chants d'un instrument de musique.
Des compagnes d'infortune se réunirent bientôt h elle, et suivant l'exemple des sœurs de la Sagesse devenues institutrices des aveugles, les frères de Saint-Gabriel joignent aujourd'hui un nouveau titre à celui qui leur méritait déjà si bien la reconnaissance publique.
Statues de la congrégation des frères de
Saint-Gabriel,
Nous avons déjà dit que la règle de cette congrégation est \a môme que celle des prenjiers enfants du V. de Monfort, les rnissionliaires de la compagnie de Marie, sauf ce qui concerne spécialement l'instruction
Le but princi[ml de la congrégation des frères do Saint -Gabriel e>l l'instruclioa chrétienne des enfants, et surtout des enfants de la campagne.
Elle neut pourtant former des établisse* ments dans les villes, et môme y ouvrir des pensionnats.
Elle peut aussi instruire les enfants dans les hôpitaux, dans les maisons de détention ou d'orphelins.
Pour ces différentes écoles, les frères ne sont jamais moins de deux.
11 en est de môme pour les paroisses, à moins de raisons approuvées par le supérieur général.
Le Manuel de piété à l'usage des frères de Saint'Gabriel contient un commentaire de la règle.
11 a été composé et publié par le F. Augustin, supérieur général de la congrégation, élu après la mort du P. Deshajes.
A la mort du vénérable fondateur, arriv<^e, comme nous l'avons dit, le 28 décembre 1841,1a congrégation des frères de Sdiiii- Gabriel fut gouvernée d'après les statuts donnés par le vénérable Père et approuvés par Mgr Soyer, évoque de Luçon.
11 est dit au chapitre onzième de ces statuts que les frères choisiront parmi eux un supérieur qui sera chargé du gouvernement de la congrégation; qu'il aura un ou deux assistants, selon l'accroissement que prendra la congrégation; qu'il y aura aussi deux conseillers et un procureur, et que tous seront choisis par la voie du scrutin serret. Le supérieur général et les membres de son conseil sont nommés pour cinq aus^ (nais ils peuvent ûtre réélus indéfiniment. Tous les cinq ans, les principaux membres de la société se réunissent en chapitre général
On y comptait, dès 1853, 50 sourdes-muettes; 55 suivaient les classes; 2 donnaient des leçons p'i qualité de répétitrices ; plusieurs étaient occ^-^**^ aux soins domestiques, cl les autres Iravaiitaienlà Touvroir, principaleinent à la confection desorocnicnts d'«'glise.