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pratiqua ce:» merveilleuses opérations qui lui valurent par la suite la charge de premier chirurgien de Louis XIV; et plus lard Deschamps, Desbois de Richefort, Desaull, Corvisarl, Boyer y créèrent des cours de clinique qui tirent faire de grands pas à la science.
Indépendamment de six praticiens séculiers, il y avait un frère apothicaire, et depuis que la aeciaratiôn de 1761 avait rendu aux religieux le droit d'exercer la chirurgie, deux] frères chirurgiens, le premier chef, le second démonstrateur, enseignaient l'art chirurgical h six jeunes religieux, qui étaient chargés de faire le service des consultations et de panser les pauvres blessés de l'extérieur.
Tels étaient lous les hôpitaux dirigés par les frères de Saint-Jean de Dieu. Les soins maternels sont-ils plus intelligents, plus dévoués? Quelle fut féconde et bénie du Ciel la pensée qui inspira samt Jean-de-Dieu, puisque, vers la fin du dernier siècle, 280 maisons étaient déjà sorties de son hôpital de Grenade. Que de maladies guéries, d'infirmités soulagées, de souffrances morales apaisées, consolée^, sur les 10,G80 desservis par l'admirable congrégation de Saint-Jean de Dieu! Quelle est sublime celle vertu chrétienne de la charité qui animait 2,800 religieux voués à Taccomplissemenl d'une œuvre si méritoire, d'une œuvre toute de miséricorde.
Dans sa profonde humilité, le saint fondateur de l'ordre de la Charité n'avait jamais eu la pensée d'établir une nouvelle congrégation religieuse dans TEglise ;il avait voulu seulement former une société de personnes séculières, pour desservir les divers emplois de son hôpital. Ainsi dès son vivant, il n'avait donné d'autre règlement è ses disciples que l'exemple de ses vertus à imiter; et la règle qui porte son nom ne fui faite qu'en 1556, c'est-à-dire six ans après sa morL Mais le Pape Pie V, en approuvant l'ordre de la Charité, par une bulle du i" janvier 1571, imposa aux religieux de cel ordre l'obligation de suivre la règle de Saint-Augustin. Il leur prescriviUen outre la forme de l'habit qu'ils devaient porter, les autorisa à faire promouvoir aux ordres sacrés, dans tous les hôpitaux del'ordreun religieux pour administrer les sacrements, leurpermiide fairedes quêtes Cl enfin soumit lous les établissements des frères de la Charité à la juridiction de l'ordinaire.
Par un autre bref du Saoul 1571 le môme
dre (les Feuillants; il s appliqua principalement à la maladie de la vessie, ei reconiiaissani tous les (lan|;ers de Popération dite laille latérale, il inventa le litlioionie-eaché, qui supprimait tous les iuconvciiieiilfi. U acquit une si grande habilelc, \\i'i\ était considéré comme le premier operateur d(; France, et pendant de longues années il prodigiu ses soins aux riches et surtout aux pauvres, pour K^squels il établit, en 1755, un hôpital où ils riaient admis, opérés, servis jusqu'à leur entier rélaulissemeiit. Il mourut le 8 juillft 1781, laiss nt la icisuiation d'un grand chirurgien et il'un excellent
Souverain Ponlile accorda diverses indulgences h rhôpital de Grenade. Le successeur de Pie V, le Pape Grégoire Xlll, approuva également Tordre de la Charité par un bref du 28 avril 1576, qui étendait à lous les hôpitaux de cel institut les exemptions et les privilèges dont jouissait déjà celui de Grenade. Puis Sixte V donna, le 1" août 1586, un bref qui érigeait l'ordre de la Charité en un seul corps sous le litre de congrégation des frères de Jean de Dieu, lui concédait les pouvoirs de tenir des chapitres généraux, d'élire des su|)érieurs, des provinciaux, un général désigné sous le nom de supérieur majeur, et de plus permit aux religieux de dresser des constitutions. Ces religieux virent le Pape Grégoire XIV confirmer les privilèges de leur ordre; ce pontife les augmenta même, car, par un bref du 19 atril 1591 il donna communication h l'hôpital de Sainl-JeanCalabite, que les frères de la Tharite possé«liiienl h Rome et aux autres hôpitaux de Rome de l'ordre, de toutes les exemptions, immunités, libertés, induleences, el induits dont jouissait l'asile hôpital du Saini- Esprit-en-Pane(l) el par un deuxième bref du 8 mai de la môme armée, il désigna conrame protecteur de l'ordre, à perpétuité, le cardinal vicaire de Rome; mais Clément VU! restreignit, sup[)rima les privilèges des frères de la Charité. Il lui avait paru que les religieux de la congrégation d'Italie s'écartaient peu à peu du véritable but de leur institut ; il reprochait même à plusieurs d'entre eux de se livrer aux éludes ecclésiastiques, pour se faire ordonner prêtres el abandonner le service des pauvres. Aussi |>ar un bref du 12 février 1592, il lessoumitde nouveau à la juridiction des ordinaires, et leur enleva tout à la fois le droit d'être gouvernés par un supérieur majeur el le pouvoir de prendre les ordres sacrés, de prononcer des vœux solennels : plus lard, il est vrai, le 9 octobre 1596, Clément VIII renni sur sa première décision, el les frères de la Charité furent remis en possession du droit d'élire un général.
Mieux disposé que ses prédécesseurs pour l'institut de Saint -Jean-de-Dieu, le Pai^î Paul V lui accorda par un bref du 19 février 1607, de nouvelles indulgences très-considérables. Ensuite, le 12 avril 1608, ce Pa,e réunit tous les hôpitaux d'Espagne en une congrégation séparée, distincte de celle d'Ilalie, el permit dans chaque hôpital de faire conférer la prêtrise à deux religieux, afin «le pour.voir aux besoins spirituels des malades.
religieux, à ce point que les portes du cloitn^ furenl en foncées Uois fois par la foule des jattvrN qui venaient pleurer sur snn cercueil.
(1) Cet hôpital est le plus ancien de la ville de Rome, ei son nom du Saint- EBvrii'CH- Pane iiii vient de ce que le pape Innocent ni, après l'avoir reconstruit, en confia le soin à Tordre liospiiali(>r du Sainl-Ësprit, et aussi parce que une iradidoo veut que te roi Panon Sir«« qui aocoapagnaii Clinrieniaffne en Italie, ait «ORSlroit m Ml endroit un l.^pital pour ses soldats.
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DES OROKES HBUGKVX.
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L*iaoée suivante, un bref du 1** joillel IWB «mrde celle leTeur eux reiigieai d'Italie, qui eoreot eiisei ta Acuité d^avoir uu f^tre de leur ordre dans chacune de leurs maifOGs. Par lettres apostoliques du 7 juillet tfll. la congrégatiou d'Espagne ftil ^lat>lie eo fraie religion, et un bref du 6 août 1611 approDva des constitutions particulières à. cette oongréMlîon. Un antre bref du i9 Mfnerf«17 déclara erfrtl«6foiiMttl religieux tes BMobres de la congrégation d'Itafie et les «liioa à taire professiOQ solennelle des trois '«H;. subsiantîels de pauvreté, de chasieté, <1 ûbéissaoee , eo v joignant un quatrième ïœu, celai d'hospitalité; deux mois après, e lo mil 1617, ees mêmes religieux virent le Mmi-Siége approuver des constitutions ipécii es à leur congrégation ( 1 ). Enfin
^.t^i\V^ "" ^*^* général du ta janvier 1617, defeoau aux ordinaires des lieux a'empécber tes relisieux de quêter ; et par m dernier bref, du IfL mars 1619, flijotttaoi lui privilèges qu*il avait d^i concédé à i ordre de la Charité, il l'exempta delà juridirtioti de ces mêmes ordinaires.
Toatefoi&, le 9 juillet 1<38, le Pape Ur- «10 VIU modéra cette exemption considèrvÀe, en décidant que les évêques auraient droit de visite et de contrêle sur les bêpitaux derordre qui contiendraient moins de douze religieux. Du reste ce Souverain Pontife fut Urorable à rinslilutde Saint-Jean-de-Dieu, laoael il donna d'autres privilèges, d'autres r^ements, par plusieurs brefs, des 26 juin im, 26 nofembre 1627, les 18 avril, 17 juin ei 12 juillet 1728 ; et les Papes ses succèsseofâ montrèrent également toute leur sol- Kilode pour cet ordre, car Innocent X, Mje janvier 1648; Alexandre VII, les 15 juin I6tt et 20 mars 1667; Innocent XI, le 7 i|!» 1677; Alexandre YIII, le 22 octobre 1690; Innocent XII, les 20 juin 1691 et 20 <ui 1693; Clément XI, les 20 janvier 1711 ^ nJaDvier 17U; Benoit Xlll, les 3 septembre im, 17 septembre 1725, 17 juillet, 6 et 12 septembre 1729; Clément XII, les 20 Î2;mbre 1732, 18 février et k septembre 1J36. «juillet n37 et 21 juin 1738; enfin BenpU XIV, les 31 mars 1741, 5 octobre 17^ et 4 juillet 1746, renouvelèrent les
6;iviléges et les exemptions, confirmèrent .indulgences et les immunités déjà autorisées aux religieux de la charité.
Tels senl les principaux actes émanés du aaioi-Siége, qui établirent d'une manière ^lije, oui constituèrent d'une manière dé- J»JHîe Tordre des frères de la Charité , «iitlée à Grenade en 15M, par Jean-de*Dieu,
HlSaitaiaoes œnstitutions, les reltgîeax dol^ ^iie lerer deux heures svsiil le jour, depuis la iMittaiDiJttsqa^à Piques, pour se rendre à la cba' i«)le; Pcflioe consisie, peur ceux qui ne soni pas F^vn, dans la récif alion d*ttii eeriaiu nombre de '^cier Cl ^Ave, Ikiix fois par jenr ils Tonl orai« "^ ii* le aialin ; 2» te soir avant le souper. De- Nirlqaei jasqu'à la Toossaint, celle du malin ^niMss à lae heure aprés-siidi. A la fin de Von ^ ^ nalîo, ils ae rendent k rbépital pour t^ttir kui» loins aux malades ; ils y rcsicni jus-
çe misérable marchand de fagots de bois, si infirme aux yeux du monde, mais si grand devant Dieu.
En rapportant les bulles, les décrets et les brefs des Souverains Pontifes eo faveur des frères de la Charité de Saint-Jean-de-Dieu, nous avons voulu montrer Timportance que cet institut religieux avait bientèt acquis dans toute la chrétienté. Uordre de la Charité s'était développé si rapidement, que, peu d*années après sa londation, Sixte V, par un bref du 1*' octobre 1586, et Clément VIII , le 9 septembre 1596, avaient réuni en un seul corps; sous le gouvernement d'un même général, tous les hôpitaux d'Italie, eiuue, le 12 avril 1608, le Pape Paul Y avait éié obligé de prendre une mesure analogue pour les bèpitaux d^£spagne.
Tels furent les fruits de bénédiction aue J)ieu répandit sur ToBUvre de cet humble marchand de fagots do bois, de ce pauvre soldat, de cet nomme obscur, que la charité chrétienne avait transformé, et dont elle lit un saint illustre. Ce ne fut pas seulement après sa mort, mais même pendant sa vie, qu*il fut entouré des témoignages d'admira«i tiori, et des regrets universels se manifestèrent à sa mort. Tous les habitants dé la ville de Grenade, defiuis le noble seigneur jusqu^à I homme du ()euplo,. vinrent visiter sa dépouille mortelle, que la pieuse Anne Marco avait fait exposer sur un magnifique lit de parade.
Le jour de ses iunérailleS| le marquis de Tariffa, don Pedro de Bobadilla, le marquis de Terallo et don Juan de Guerera, crurent l*honorer en descendant le corps de la chambre où il était exposé, pour le placer sur une estrade préparée à la porte du palais ; et,.au moment de se fnetlre en marcne, les religieux des divers ordres, surtout les Franciscains et les Minimes, se disputèrent le privilège de porter le cercueil. Lorsque Tarchevèque eut tranché le différend , le cortège se forma dans Tordre suivant : les compagnons de Saint-Jean de Dieu et les pauvres malades, les filles, les femmes que cet homme de Dieu avait retirés du désordre, suivaient immédiatement, nn cierge k la main ; les confréries, avec leurs croix, leurs bannières, et toutes leurs communautés venaient ensuite ; enfin le clergé de vingt-quatre paroisses de la ville, le chapitre de la métropole, les chanoines de la Chapelle papale, et rarchevôque revêtu de ses ornements pontificaux, précédaient le corps, qui était entouré de vingt-quatre magistrats jurés de la cité, et suivi du prési-
qa^à rheure de la Musse; )1« y retournent le soir en aonant du rëfecurite, ei neo sortent plus lusqu*au momeni du silenee. Ils prennent la discipline tous les lundis, mercredis et vendredis (le temps Pascal exoepui pour ce dernier jour): et indéf^n- 4amment des jeûnes prescriu par rfiglise» ils jeu* oent encore chaque vendredi et TA vent tout entier, puis la veille de la fête de la Nativité de la sainta Vierge, de saint Augustin et de celle du patron de leur chapelle.
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dent de la ohaneellerie royale > d'une troupe d'huissiers et d*atguasiis, et d*une foule immense de peuple. Pendant cette marche funèbre solennelle qui dura plus de deux heures, les cloches de la cathétirale, des églises paroissiales et des monas* fèresy flrent entendre leur glas funèbre.
r/est ainsi que fut honorée la dépouille mortelle du bienheureux Jean de INen. Un siècle n'était pas encore écoulé depuis qu'il possédait le ro^vaume des cieux» que le Saint-Siège proclamait authentiquement sur la terre la glorieuse sainteté de cet humble serviteur (te Dieu. Ainsi est honoré depuis trois cents aps )e patriarche» l'instituteur des frères de la Charité ; aipsi son nom; traversant les siècles^ est venu jusqu'à nous» «;hargé des bénédictions du uauvre i ainsi furent vénérés, pendant près de six siècleSi
des hommes dévoués qui, marchant sur ses racesj continuèrent les œuvres de son hé* roique charité et de son renoncement. Pour« iiuoi fallut-il qu'un torrent dévastateur vtnt détruire ce qui avait excité l'admiration de tant de peuples» et fait le bonheur de ceUe |)artie si nombreuse qui souffre et qui est délaissée.
L'ouragan révolutionnaire de 1789 avait (dispersé tous les religieux qui com()Osaient en France la nombreuse con^résalion des frères de la Charité, et depuis longtemps le souvenir de leur admirable dévouement s'était eQacé; le nom même de saint Jean de Dieu était tombé dans l'oubli» lorsqu'au mois de mars 1819« de pieux célibataires se rassemblèrent h l'Hôtel-Dieu de Marseille» spus la bannière de ce saint fondateur. Réunis au nombre de douze» ils prirent rhabit des anciens religieux de la Charité» le jeudi saint S avril» et ils eurent bientôt remplacé comme frères infirmiers les divers serviteurs des salles d'hompies de l'hOpitaL Mais ces fonctions présentaient de graves inconvénients pour les nouveaux hospitaliers de Saint-Jean de Dieu» et contrairement au% règles de l'institut qu'ils venaient d'embrasjier» ils étaient trop mêlés aux séculiers et 4u;( femmes. Ils cherchèrent donc h sortir de cette situation pépible» en formant suc* ccssiyeipent plusieurs communautés» et la congrégation naissante ne tarda pas h sentir la nécessité de se rattacher au genéralat de Hume. Aussi » en l$t8'f quelques frères» }*artis des diverses communautés» se diri|{èrept vers la ville éternelle pour y solliciter le rétablissement canonique en France de rinstitut des religieux de la Charité. On Ot droite leur requête» le SO août, fête de saint Bernard» deux ou trois heures après le décès de Pip VU, et ils reçurent les brefs et facultés nécessaires pour la propagation régulière de I ordre sur cette terre française, qui déjk avait été téiQoiii du pieux zèle des disciples de Saint-Jean de Dieu. Alors les religieux de la Charité quittèrent THÔtel-Dieu de Marseille» oik ils ne pouraient suivre leurs règles» et vinrent établir k Lyon la maison ^rinci|iale de l'ordre» connue aujourd'hui comme l'établissenieitt religieux le pi us consi-
dérable ouvert aux aliénés hommes; car •'«•! surtout k la guérison des maladies mentales qu'ils se vouent plus particulièrement main* tenant. En effet» k l'époque où l'institut des frères de la Charité se reconstitua en France, il ne pouvait exister aux mêmes oondiiions que par le passé. L'assistance publique» mise en possession des fondations qui psN mettaient autrefois k cet institut de recefoir tant de malheureux dans ses nomlireux bê«
Iiitaux» avait pris sa place» et les ressources ui manquaient pour édifier d'antres établissements hospitaliers ; mais la diTine Providence avait sans doute voulu qu'il en fût ainsi» afin que les nouveaux religieux de la Charité réalisassent parmi nous le vomi du saint instituteur de leur ordre» qui s'écriait k l'hôpital de Grenade : Çuama cil^i fus JKstf me féru te grées d^awnr eu partie eulier un hôpital » pour y recevoir lu |Nm- UTss qui ani r esprit uliéus^ st pour les y isr* vir avec tout le soin et rexaetituâs dont je suis capable f Et la création d'an établisse* ment spécial d'aliénés; k un moment eik il n'existait pas encore de méthodes de guérison pour les affections de l'esprit, était un pas de fait dans la voie tracée par les doctes travaux des Pinel» des Bsquîrol, de^ Ferrus, etc.» etc. On le sait, pendant longtemps et presque jnsqu'k nos jours» ratiéna^ tion mentale avait été considérée comme m mal mystérieux^ qu'il fallait craindre et ooq chercher k guérir. Ce fiiux système avait eu de déplorables enseignements» et tous les malheureux atteints de folie étaient souteat laissés dans un état d'un complet abandoo ; ils étaient détenus dans des loges malsaines, souvent attachés k des carcans; les fous pauvres surtout n'excitaient aucune sollicitude ; leurs cours étaient sans ombre peiH dant Tété; le feu» pendant Tbiver» ne réchauffait jamais leurs froides et humides demeures. En 182fc, quand les frères de la Charité ouvrirent leur premier asile d'aliénés, il y avait peu de traits k changer an sombre tableau des affreux réduits oi^ ou les enfermait. La plupart des fous» mal son gués et mal gardés dans les hôpitaux ordinaires ou dans leurs familles, étaient souvent errants et vagabonds ; ils troublaient la tranquillité publique, et ils effrayaient la société par des accidents les plus désastreux, les plus tragiques; ou bien, abandonnés en prison aux soins d'un geôlier, ils devenaient furieux, homicides» incurables; ils mouraient en désespérés, par le soi* cide.
En 1837» un document officiel» fait k la Chambre des pairs» dans la séance dn 38 avril» montrait les aliénés errants daos lès villes et dans les campagnes, tristes objets d'une cruelle dérision, jusqu'au momeot oii les prisons s'ouvraient pour préserver les populations de leurs emportements.
C'est en présenee de si grands maux et de tant de misères que les hospitaliers de Jean* de-Dieu résolurent de se contaerarau sou*» lagepaent d'infortunés si dignes de coanisération. Leur mtison compta ona popula*
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DES ORMES RELICIEUX.
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tion de cinq eeoU ringU aliénés» dWisés en plusieurs classes. Cet établissement est placédans une position admirable, au milieu de la campagne; il est entouré de vastes jardins; l'infirmerie mérite une menlion touie particulière. La maison de Lyon esl le chef-lieu dé l*ordre, le provincial y réside et oa y compte un personnel de soixantesix religieux.
La maisoA de Lille (Nord)» a été fondée en 1^6, à Bytilem Dypres, par Bommelet. Etablie au milieu d'une plaine qui offre des points de vues aussi variés qu'agréables, cette maison présente de grands' avantages par ses jardins, ses parcs, ses prés ombragés, ses bois de haute futaie et ses dé|)endanees agricoles; sa population moyenne est de deux mille quatre cents aliénés qui reçoivent les soins de treiite-einq religieux.
C'est en 1833 que la maison de Dioan fCAtes-du-Nord) a été fondée, et elle renterme actuellement quatre cents vingt malades avec un personnel de soixante-deux religieux.
La maison de Paris (Seine), ouverte en i9k% ne reçoit pas d'aliénés. Sa situation dans une capitale qui contient un grand nombre d'asiles publics et d'établissements partiliers où se traitent les affections mentales rendait moins nécessaire la création d'une institution de ce genre, desservie par des religieux. C'est donc simplemeot une maison de santé affectée aux malades ordinaires. Ceux qui y sont admis payent un prie détermînéi mais ouoiqueee prix constitue à peu près le seul reveou de la maison de Paris, les quatorze religieux qui l'administrent consacrent le sixième et quelquefois le tiers des trente-six lits que contient leur maison è des pauvres malades indigents qu'ils soignent gratuitement.
Enfin les Frères de la Charité ont établi, en 1852, une maison h Marseille (Bouchesdu-Riidne), et ils y recueillent spécialement les infirmes et les incurables. Ces malheureux sont reçus dans quatre-vingts lits dont Ih service est confié a quatorze religieux. En résumé Tordre de la Charité compte maintenant en France cent quatre vingts-onze reii;$ieux, dont huit prêtres, répartis entre cinq maisons contenant treize cent cinquaute-sis lits.
C'est ainsi qu*enflammés de l'amour du proebain, les religieux de la Charité se reconstituent lentement au milieu de nous ; c'est ainsi que les enfants de saint Jean de Bien, qui savent si bien ce que c'est que de souffrir» rouvrent peu h peu leurs hôpitaux. On ni9 saurait trop applaudir h la restauration d'un institut dont le passé rappelle de si précieux souvenirs pour la religion et IH>ur la France. Ce sont les frères de la Charité qui ont commencé h entourer le pauvre malade d'un bien-être et d'une sollicitude inconnue jusqu'alors daus les établissements hospitaliers. Ces relikieux étaient également la providence de l'nabitant des campagnes auxquels ils prodiguaient dessecoars, des médicamentSi des soins
éclairés, qui trop souvent manquent aujourd'hui aux malheureux cultivateurs abattus par la maladie. Au temps où le service d'ad** ministration des armées n'existait pas encore, dans un temps oit l'humanité des généraux ne savait pas procurer les prompts soulagements de l'ambulance au soldat tombé sur le champ de bataille, les frères de la Cbaritëf pleins de courage et de zèle, affrontaient la fureur des combats pour remplir cette mission sacrée. D'une main ils relevaient lé blessé que la mitraille venait de renverser; de Tautre ils présentaient le crucifix aux lèvres du mourant atteint mortellement. Ainsi, si on comprend 3u'une institution semblaUe puisse se moifier, subir des changements, disparaître même pendant les orages révolutionnaires, mais on la voit toujours renaître de ses cendres comme le Phénix, ingénieux emblème de la cliarité| parce qu'elle a pour base immuable la loi divine que Jésus-Christ a pro» mulguée sur le Calvaare, parce qu'elle procède de Dieu qui est tout charité.
JEAN DE FALAISE (Clbbcs ou CHMOiiiif BOBPrrAUsms db SAINT-).
Gunfryde ou Gonfroy, fils de Roger, bourgeois de Falaise, muni du consentement de Henri I*% roi d'Angleterre et duc de Normandie, bétit, sous les murs de Falaise, une maison hospitalière et une église, qui fut dédiée en l'honneur de saint Michel, archange, par Jean, évéque de Séez, en l'année 1127. 11 établit donc dans cette maison un hôpital, oh il se livra au service des
fiauvres avec Boger de Vitré et Gaufrède ou ieofroy de Pierrefite. Cette nouvelle fondation fut approuvée par le Pape Innocent II» le 7 des Ides de 1190. Cette approbation û^^ Souverain Pontife fut confirmée par un diplôme de Henri 1", en l'année il39t. Ce roi donna au nouvel établissement son moulin de Falaise, une pari dans le champ de foiret ce qui me porte h croire que la célèbre foire de Guibrai, près Falaise, était déjà importante au moyen âge. Dans la suite, le nombre des clercs s'etant accru, il fallut construire une autre église, qui fut consacrée en l'honneur de saint Jean-Baptiste, Tan 1134. On construisit aussi un dortoir et autres lieux réguliers, qu'occupèrent Robert de Maire (de Maireio); Robert Lepice, Robert de Olinde (de O/tfidmo) et Robert de Hommai {de Èommaia). Ils adoptèrent la règle de Saint-Augustin et prirent l'habit noir, formant ainsi un institut particulier, qui se rattachait à l'ordre des chanoines réguliers» car il parait qu'ils étaient chanoines iodépendants ; les congrégations, sous la forme adoptée aujourd'hui, étaient d'ailleurs alors plus rares. Ces quatre Robert (nouvelle |)reuve ici de la fréquence de ce nom è cette époque) choisirent pour prieur Roger de Vitré (en latin de Viireiot ce qui me le fait nommer de Vitre) qui eut pour successeur dans cette prélature Geoffroi (Gaufredos) de PierreDte. Sous le gouvernement de celui-ci, les chanoines de Saint-Lo de Bourg-Acbird,
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an liiocùi^ecic Uonen, à la («rière de Hugues, tirilievôque de ce dior^se, embrassèrent riiislitiit de Sainl-Jean de Falaise, en l'année 11 i3. On voit dans le G allia Christiana l'i dans le Recueil des conciles de Rouen, les lettres de Tarchevèque Hugues, qui el- IVcUienl et autorisent celle union. Par ces Lettres, l'église de Sainl-Lo et de Bourg- Achard, ne forment qu'une société et un seul chapitre avec celle de Fa'aise, dont le prieur a la prééminence pour l'observance de la rèi^le et la correction des fautes sur ladite église de Bourg-Achard. Les expressions de la lettre de Hugues feraient penser que cette église de Saint-Lô aurait été établie en maison régulière et fondée par le ])rieur de Sainl-Jean-Bafitiste (de Falaise, iidns doute) et de ses chanoines, et à la prière de l'arche vôaue de Rouen. Voici co <iu' on lit, en effet, dans la lettre de cet archevêque : De ecclesia Sancti Laudin quœ siia est in BurgO'Achardi, quœ ver priorem ecelesiœ^ e Sancti Johannis Éaptistœ et per ejus canonicos in religlone œdificata est, et instituta petitione nostra, unins societatis (tjusdemque capituli sit cum eeclesia Fale» <t>n5i, etc. Leprieurde Falaisea ledroitdese faire obéir par les religieux de Bourg- Achard, de les reprendre, etc., sous l'aulo- "rilé de l'archevôque de Rouen, qui le fera lui-même, si le prieur ne peut y parvenir, et juaintiendra au prieur l'aulorilé de faire garder l'ordre canonique. Cependant les religieux de Tune et l'autre maison obéiront au prieur du lieu où ils se trouveraient, même en résidence provisoire ou en passant, et ces deux maisons devront, autant que possible, se venir mutuellement en aide en toutes choses. Il est probable que ce nouvel institut ne s'étendit i)as davantage, car bientôt les chanoines de Saint-Jean changèrent d^habil et d'ordre, et en 1158, le prieur Goofîroi étant mort probablement, ils se donnèrent h l'ordre de Prémonlré, et appelèrent dans leur maison des religieux de l'abbaye Sainl-Josse-aux-Bois. Ceux-ci prirent possession de la maison de Falaise, en 1159, f t des abbés gouvernèrent à la place des Prieurs. On peut croire que dès l'époque de celte agrégation la maison de Saint-Jean n'était plus un hôpital, mais seulement une maison de clercs réguliers ou chanoines; il parait aussi que la maison de Bours-Achard ne suivit point la maison Mère dans son agrégation à l'ordre de Prémontré, car elle resta prieuré libre de l'ordre de Saint-Augustin, et au xvii* siècle, ayant embrassé la réforme des chanoines de Saint-Cyr de Friardel, elle devint elle-même le chef-lieu de celte nouvelle observance, qui comptait au dernier siècle quarante maisons soumises h ses règlements. Voy. Bourg-Acuaro, t. JI (Gallia Christiana, 1. 11 et Vil)