JÉSUITES OU RELIGIEUX DE LA COM- PAGNIE DE JÉSUS
Dictionnaire de l'étal de laSociélé au mouieui dv.' la suppression n'est [)as eiac».
En 1762, époque de la suppression des Jésuites en France, le duc de Choiseul avait fait imprimer un arbre géographique contenant les établissements de ces religieux
Je regrette d'être obligé d'observer que 'çxpose qui a été fait dans le ir volume du
nuer dans le titre de cet arbre géographique, il était la simple reproduction du caialOc^ue des provinces, maisons, collèges de la Compagnie de Jésus de l'année 174h9, imprimé à Rome cette môme année chez Koinark , place Colonna près du Corso. Eu voici le résumé :
La Couipagnie de Jésus comptait alors dans les cin(ï asssistances d'Italie, d'Espagne, de Portugal, de France et d'Allemagne 22,589 religieui dont 11,293 prêtres. Lassistanro d'Italie possédait 3,622 Jésuites ainsi ré^iarlis : dans la province romaine 84-8 religieux (ioni V25 prêtres; dans la province de Siciia 715, dont 317 prêtres; dans la province de Naples667, parmi Iesquels296 prêtres; dans la province de Milan 625 dont 296 prélres. Dans la province de Venise 357 prèires sur 707 religieux.
L'assistance du Portugal renfermait 1,85* personnes ainsi partagées. Dans la province de Portugal 861 dont 38i prêtres ; dans la province de Goa, 150 dont 103 prêtres ; dans la province de Malabar, 47 dont M prêtres ; dans la province du Japon et de la Cochinchine, 57 religieux, dont k\ prêtres; dans la vice-province de la Chine, 37 prêtres sur 54 Jésuites. Dans la provincedu Brésil, W5 dont 228 prêtres ; dans la vice-province de Maragnon, U5 dont 88 prêtres. Dix ans plus tard, lors de l'expulsion des Jésuites du Portugal, en 1759, lassistance de Portugal complail 1,759 membres.
L'assistance d'Espagne comprenait 50U religieux de la Compagnie.
L assistance de France se partageait en cinq provinces, renfermant 3,54^8 Jésuites.
L'assistance d'Allemagne comptait 8,749 religieux.
Dans la provmce d'Angleterre il y avait 299 religieux dont 208 prêtres. Quelques années plus tard, en 1755, on retranchait de l'assistance d'Allemagne les provinces oe Pologne et de Lithuanie et on en formait la nouvelle assistance de Pologne, composée de k provinces, Grande Pologne, Petite Pologne, Lithuanie et Mazovie. Ver* 1770, l'assistance de Pologne comptait 2,^68 Jsuiles; 560 dans la province de la Grande-Pologne, 5U dans la Petite -Pologne, 680 dans la Lithuanie et 158^4 dans la province de Mazovie.
Voici une autre statistique de la Compagnie de Jésus avant son extinction, telle que nous la donne le P. de Kavignan dans son ouvrage intitulé Clément Xlii et Clément
A l'époque où commença sa longue et cruelle agonie, en Tan 1759, vers la fin fl«» Ia(|uelle Pombal chassa du Portugal les disciples do saint Ignace et de saint François
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DES ORDRES REIJGIEUX.
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Xavier» la Compagnie de Jésna se composait (|6 il prorioces dans 0 assistances (Italie, Portugal , Espagne , France , Allemagne et Pologne) où elle comptait 24 maisons pro^ fes4es,6()9 collèges, 61 noviciats, 340 maisons ou résidences, 171 séminaires et 271 missions avec 22,589 Jésuites parmi lesquels 11,293 pritres apportaient une ardeur généreuse et désintéressée à la culture des flmes imsks 1 542 églises qu'ils possédaient.
La Compagnie de Jésus était supprimée, elaou dernier général, le P. Ricci expirant au moioeDt où le Pape Pie VI venait de dooner les ordres de mettre en liberté tous •^ membres de la Compagnie qui étaient détenus dans ses Etats, en face deTéternité où il allait entrer et en présence du viatique qu'il allait recevoir, le P. Ricci déclara que h Compagnie de Jésus n'avait donné aucun lieu i la suppression, qu*il Tatteslait en su- |)érieur bien instruit de ce qui s*était passé qu^en son particulier, il ne crojait pas avoir mérilé remprisonnement et les rigueurs dont il avait été l'objet, enfin qu'il pardon-^ oail sincèrement à ses persécuteurs.
Le pieux vieillard rendit ensuite paisi^ blement son âaae h Dieu ; Pie VI n'ayant pu le faire jouir delà liberté qui eût été un com-> mencemenl de réparations de tant d'injustices, de tant d'iniquités, voulut au moins que ses obsèques lussent somptueusement célébrées aux frais de la chambre apostolique. La réhabilitation ne se faisait donc, pas longtemps attendre. Un des premiers actes du successeur de Clément XIV avait éié d'ordonner rélargissement des Jésuites.
Dès le milieu du xvii* siècle, une hérésie ti^du proteslantisme, avait organisé contre i*Kgii$e la guerre la plus habile et la plus acharnée que lui eût jamais livrée le génie de l'erreur : le jansénisme attaquait l'Eglise dans se$ dogoies et tendait k' en saper la constitution ; il s'efforça sourdement de mettre la division dans le clergé pour en paralyser la force, d'exciter dans le clergé înrérieur des rancunes jalouses contre l'episcopat»
Lus instituts religieux vivant sous des r^les dictées par l'esprit de rE({lise et approuvées fiar le Saint-Siège étaient un des liens puissants qui rattachaient k Rome l'E- ^lise de France ; par leur dévouement à la pratique des conseils évangéliques et k Tautorité pontiOcalOt ils s'attiraient Testime et la confiance des peuples ; c'était donc là que le jansénisme devait rencontrer les plus sérieuse^ difficultés t et ces difficultés ne pouvaient disparaître qu'avec les institutions mdmes. Il eût été imprudent de leur livrer d*abord une attaque générale. Les sectaires entreprirent d*y recruter des partisans onde les mettre aux mains les uns avec les autres, bien sûrs que leurs divisions les ébranleraient jusque dans leurs fondements, et prépareraient ainsi leur décadence. Malheureusement de si perfides inanœuvres n'échouèrent ()a5 toujours ; le vertige des hérésies s'empara de plusieurs
têtes inaoeiles et même de quelques congrégations déchues du premier esprit de leur règle.
L'institut de saint Ignace, créé pour la défense de la foi catholique, resta fidèle à sa mission. Le Jansénisme, qui ne put y faire lin seul adepte, le voua dès lors à ses vengeances ; et par une tactique aussi habile que déloyale, il sembla dresser contre un ordre seul toutes ses batteries.
Un assez grand nombre de membres de la magistrature française, animés de passions haineuses qu'ils cachaient sous Tapparence du bien pul)lic, apportèrent leur concours aux Jansénistes. Une vigoureuse main eût PU les arrêter sur la pente fatale; mais alors l'autorité royale était entre des mains incapables de la faire respecter. Louis XIV n'était plus; et Louis XV qui avait pris de ses mains d'abord si pures, les rênes du gouvernemeut souillées nar les ornies de la régence, traînait alors dans la volupté la gloire d'une jeunesse sans tache.
La philosophie voltairienne , contrariée dans sa marche par les écrits, par les discours du clergé et des Jésuites en particulier et Liar Téducation religieuse qu'ils donnaient a ta jeunesse unit contre eux tous ses efforts à ceux des Jansénistes. La franc'^ maçQMmerie fraîchement importée d'Angleterre en France, jura la ruine des ordres religieux qui s'opposaient à ses desseins.
Les spéculateurs politiques méditaient les moyens de détruire les ordres religieux pour s emparer de leurs biens, et pensaient aussi commencer leur œuvre par la suppression des Jésuites ; il fallait commencer par la milice* sinon la plus riche, du moins la plus agissante; c'en fut assez pour les faire tomber les premiers.
. Assaillie par une ligue si puissante et si audacieuse, la Compagnie devait enfin succomber. La marquise de Pompadour assura le sucnès de cette infernale conjuration. Celte femme, que l'intrigue et la cocruption avaient élevée de la fange jusque sur les marches du trône, était a la fois maîtresse du cœur et de la puissance d'uo monarque indolent. Elle eût voulu trouver un confes-. seur assez complaisant pour accommoder la religion à ses vues ; elle s'adressa à un Jésuite ; mais elle avait compté sans la conscience du P. de Sucy; elle s'offensa de la courageuse vertu du Jésuite, le renvoya avec fureur et dévoua l'ordre tout entier è sa vengeance. Les Jansénistes, les philosophes, les économistes, de fougueux parlementaires se mirent à ses ordres, il lui fallait encore un homme d'état qui voulut exécuter ses projets; elle le trouva dans le duc de Choiseul.
La destruction des Jésuites fut un des premiers actes de son ministère, les exécutions du ministre portugais Tenhardirent ainsi que les parlements, à commencer contre les Jésuites une guerre d'extermination. Ils ne suspendirent leurs coups que lors-
Îu*il n'y eut plus de victimes à frapper- 'enseignement de Tordre fut calomnié, sa
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DICTIONMAIRK
doctrine blsillée, resprit do tes règles méconnu ; la Compagnie fut proscrite. Le dauphin» la famille royale» une imposante minorité dans chaque parlement protestèrent contre ces violences ou s*en indignèrent. L'épîscopai français et le Souverain Pontife prirent en main la cause de Tinnocence opjtrimée et reclamèrent les droits de l'Eglise usurpés par une magistrature sacrilège, tout fut inutile; les haines exallées bravèrent les cris de Thumanilé, de la justice et de la religion, La compagnie de Jésus tomba sous leurs coups au milieu des applaudissements de l'hérésie et de Timpiété ; mais sa chute entraîna plus tard celle desautres institutions religieuses; c'était en effet h ce dernier ré* suhat que tendaient les efforts des ennemis de r£glise.
Ainsi furent sacrifiés aux ennemis de la «"eligion et de TEglisetaux ennemis de toutes les vertus et de tout bien» les religieux de la Compagnie de lésus » coupables seulement de Servir de boulevard au royaume de Jésus- Christ» de servir de seniinelles avancées» toujours attentives h leurs complots pour les déjouer» toujours repoussant vietoriensement leurs attaques.
Ce fut un honneur pour eux de n'avoir jamais eu d'autres ennemis que ceux qui depuis longtemps ne cessaient de saper le tr6ne et Tautel» que de vieux jansénistes» que des libertins qui ne voulaient plus de frein pour leurs mœurs, et qui ne rencontraient d*autre obstacle dans leur œuvre infernale que Texistence de cette Compagnie ; ce fut aussi un honneur pour eux d avoir eu pour défenseurs et |M>ur amis tous les Souverains Pontires» le clergé de France, tous les membres du cler^ré séculier et régulier qu'animait fesprit ae leur état» tous les gens de bien ; d'avoir pour protecteurs les souverains hétérodoxes» qui ne se laissaient pas entraîner Kr le torrent du délire irréligieux» de la cale des sophistes. Leurs ennemis même les plus acharnés ne pouvaient leur refuser leur estime. En effet» h tout esprit gue la haine n'aveuglait pas» était-il possible de ne pas voir les immenses services rendus par les Jésuites dans l'éducation de la jeunesse» dans la propagation de l'Evangile, dans la civilisation des peuples sauvages» dans la sanctification des âmes» dans les sciences et dans les lettres? Où rencontre-t-on tant de dévouement qui défiait la peste» la guerre, la famine et toutes les autres calamités et les danj^ers de toutes sortes T Quels corps avait mieux conservé l'esprit de son institut et les règles de sa disciptineT Dans quelle société fut-on jamais plus fidèle h se conformer en toutes choses h la grande maxime de saint Ignace» k'Uf fondateur» à ne chercher que la plus grande gloire de Dieu T quels travaux attireront jamais sur toute la terre les plus abondantes bénédictions du cieIT
Le Pa)>e Clément XIII défendit couraguesement en Europe l'innocence de cette Compagnie» parce qu'il savait qu'en la protégeant» il défendait l'Eglise et la société tout entière; il résista à toutes les menaces qui lui furent faites par les diverses Cour
pour lui arracher sa suppressioo ; bien loin de se laisser intimider» il disait dans la boite qu'il publia en 1T65» en faisant allusion k I arrêt du parlement de Paris : Noos repooi* sons l'injure grave» faite en même temin k relise et au Saint-Siège; nous déclarooi de notre propre mouvement et science certaine que l'institut de la Compagnie de Jésus respire au plus haut degré la pureté ei U sainteté» etc. L'archevêque de Paris» Christophe de Beaumont» qui avait lecœard'oa apôtre» n'hésitait pas à censurer cet arrti dans une lettre pastorale» où il proclama l'innocence des Jésuites. L'épiscopal (raoçais s'associa complètement aux protestatioas da Souverain Pontife» et au milieu même des
Essions coiyurées contre la Compagnie de sus» il adressait an roi ce témoignage si giorieux pour les Jésuites :
Le ekrgé n*a vu voir tam la phu t Aw dan* leur une iociétede religieux^ recoimnaadiitics par la pureté de la foi, par rtniégriié du menarH Cauitériii de la aiêcipline^ Féteniue dei iravau^p et de$ lumièrte^ et par U$ or* vicet tans iiotnAre qu'elle a rendue à tEgliu et à FEtat, traduite comme crtminette detoat le$ tribunaux t malgré le témoignage eomtont de FEgliêe de France qui ne ê*ettjamait démenti en ta faveur. La diêpereion de ce$ religitns laisH un vide affreux^ êoiî dam les fonction» du tainl miniiiere auquel ito étaient employa toui les yeux et par fapprobaiion des teêfm soit dans rinetruction de laieunuseà lemîeKf lotis consacraient leurs veilCee et tours lamlf» soit dans l'œuvre sublime et laborieuse its missions f gui était le principal objet di Imr institut. Le clergé ne cessera de former iss vœux pour leur rétablissement.
Qu'il est humiliant pour un Français d'êtra obligé d'avouer que Louis XV» avili dans la débauche» ne sut pas profiter d'une déclaratioa si énergique» qui aurait pu sauver la Fraoce de sa ruine» s'il avait su opposer son auioriti aux complots des méchants» mais la scandaleuse présence d'une favorite étouffait daas ce prince les sentiments de droiture que Diea
Jr avait placés. Le Parlement de Paris se ft 'exécuteur de tous les crimes du vice tt dt l'envie» cette femme dissolue, la trop Cuneose M"* de Pompadour» fit ressentir a tous les membres de la Compagnie les effets de soa implacable vengeance» comme si on poavait effacer le sacrilège |)ar des sacrilèges, ceita femme sans pudeur avait fait d'ineiilci démarches auprès de plusieurs de ces Pèr«* pourobtenir»*pour le roi et poarelle,tedn>ti de participer aux sacrements. Cboiseul et la Pompadour obtinrent de Louis XV (17atJ»qo« l'arrêt du parlement fût exécuté. C'est ainst que ce malheureux prince laissait attaquer et tomber une à une toutes les instituuooi que les siècles et la Providence avaieoi créées pour la protection du iiône et de la société.
L'illustre évêque de Sainte-Agathe, laiat Liguori. avait toujours énergiquemeni ^^ fendu I institut des Jésuites : voici ce qu il écrivait k Clément XIU au Mjat de sa buJIa oposlolieum :
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OIS ORDRES RELlGitUX.
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Tris-ioUU Fhre »
il Mlê fuê foire Saintêiéviêni de donnor à lé toiwHrt de la vénérable Compagnie de Jim a peur ta ttmfrmation^ a remoli iou$ ta gmt de bien tunê joie à hqueUe moi^ miénUifje aCkenore tpéciaUmeni de partie ctper. Je suie pénétré de la plue grande eetime fm h Compagnie à eeuêee du grand bien que fwi ttt religieux par teure exemplee ei par itan trevaas eoniinueUf dane ioue lee lieux AiU $e trouoem^ dane lee éeolee^ dane lee t^Ua el dane Ui oratoiree de tant de congre^ fàmefÊk^iie dirigent^ eoitparlee eonfeeeione H frééicatione^ eoit par lee exereieee i ptrttedsquiU dofmeni^ aueei bien par lee faitguee eofiMlet ile ee livrent four eanetifur lee frmoi et Ue galeree. Je pute moi-même rendre imeignagt de leur Mile que fai été à mémo iémxrtr quand fkabitaie ta vtUede Naplee....
UutfCat ga'intrigue^ dieaitàilleure le eaint. éf k pert ae$ janeénietee et dee inerédulee. SiU eervienneni à renverser la compagnie f licf loWerorl vient à tomber^ quelles eonvut^ nm dose VEgliee et dane FÈtat... Et ail* iwi : Jt déclare me, ne reetàt-U qu^un eeul ifmu eu monde^ %l euffrait pour rétablir la Cvmfequie.
Le Portogal était en raptore déclarée; à H^l'les» le gouvernemeut ne voulait admettre £9cuDe communication du Saint-Siège; en N>agDe, on ne soivait plus que les conseils •>e la colère ; en France, rirréligiôn était h (ordre du jour; que fallut-il pour pousser b»os ees gouTernements k un schismeT Un ytUtwe peut-être. Peut-être le sacriflce •rinnoceoles victimes arrèta-t-il les projets •ie schisme qui fomentaient dans plusieurs c»ars catholiques; ce sont ces considérations •toidjcidèrent Clément XIV. qui avait résisté j^Hitt'alors aux mesures violentes qu'on avait «•niio lui arracher, h publier, le S7 septembre ins, la bnlle de suppression dans laquelle, totn de condamner la doctrine, les mœurs ni tKiisciplJDe des Jésuites, comme le remarque hdiol, historien protestant, le saint pontife oe mentioane qoe les exigences des cours poor molits de cette mesure ; le pape déclare meeuhnt porter escours et consolations à rkpm des membree de cette société dont nous fkàinêns tendrement^ dans le Seigneur^ tous ''< i^ivOus. ..Nous déclarons tous ses membres r^pret et habiles à obtenir toutes sortes de ^fcii ou eimplee^ ou à charges d^âmee^ *ffcei, dignités^ et nous défendons à tous et à cWiiM, tous peine d'excomunication^ doser •'/fl^nfr, insulter, à Foccaeion de cette supres^ 'i<»t toit en secret ^ soit en public, soit de fiu fotXy ioit par écrit , par dee disputes , ûjuref , affronts et par toute autre espèce^ qui y*t« re sotl et encore moine ceux qui étaient ^fmbrti de cet ordre.
Oq le voit, ce n*est pas Ik condamner des <^<it«bles,|mais éloigner avec douleur des b» bieo-aimés el innocents, dans Tespoir ûobienir pour l'ERlise desiours meilleurs.
^ («ornent XIV, toutefois, ne fut pas sans reticucr aiuirvmcpt U mesure rigoureuse qu*jl
ivait été oVKgé de prendre. 11 fut loùlours, et depuis ce moment, dans la plus grande affliction, rapporte saint Liguori, il se tenait presque toujours enfermé; il mourut Tannée suivante, le 22 septembre 1774.
Les Jésuites cependant ne cessèrent pas d*étre estimés et populaires.* Si les opérations du parlement de Paris, dit le philosophe Duclos, n'avaient pas été conflrmées iiar un édît presque arraché au Roi ; je doute iori que les autres parlements eussent suivi l'exemiile de Paris. Je ne crains pas d'assurer et j*ai vu les choses d'assez près, que lesJésuttesavaient plus de partisans que d adversaires. La Cbaletais et Mopclar ont seuls donné l'impulsion è leurs compagnies. 11 a foUu iaire jouer bien des ressorts dans les autres. Généralement parteut,les provinces regreUèreni les Jésuites et ils y reparaîtraient avec acdamation, pour des raisons que je développe dans un ouvragt particulier. » *
En Espagne, Charles 111, ayant un jour de fdte paru au balcon de son |>alais, le peuide assemblé demanda à grands cris le rappel des Jésuites. Du fond de rAllemagne, le cardinal Migazzi faisait parvenir an pied du Irène pontifical, les plaintes, les lamentations, les regrets des populations consternées. Et, un adversaire de ces religieux, le cardinal liai* vezzi, se faisant, malgré lui, l'interprète des sentiments qui régnaient en Italie et dans les autres pays catholiques, écrivait à Clément XIV : Les liene oui unissent les Jésuites aux natione eont de telle nature que Centre* prise serait impraticable, ei tterrét eupréme ne partait du Vatican: loreque le décret sera émané de votre Sainteté^ il eera encore diffi* cile de F exécuter sans fomenter le mécontei^ tement dee peuplée. {Clément XI II et Clément XIV par le P. de Ravignaii, 1. 1, p. 312.
Le vide gne laissèrent ces fervents et savants religieux ne fut comblé nulle part, car ils sont rares les hommes qui consacrent toute leur existence pour le bonheur des peuples. Au moment de leur suppression, les Jésuites couvraient de leurs missions toutes les plages gu'il y avait encore k conquérir sur la Earnarie. La Chine comptait alors 900,000 catholiques, et Ton sait I immense influence que les missionnaires y avaient acquise par leurs travaux et par leurs talents. Les empereurs les honoraient de leur plus intime confiance.
Dans la presqu'île de llnde, le nombre des Chrétiens s'élevait k plus de 120 000, il ne tarda pas k se réduire de moitié. Dans les diverses contrées du Nouveau>Monde, depuis le Canada jusqu'aux rivaees de la Plate et du Brésil, des millions d'Indiens régénérés par le dévouement des Jéi^uites se virent tout k coup privés de leurs guides et de leurs paternels législateurs; personne ne soutint leur œuvre, dit le savant auteur de Ytndia orientalis; toutes ces églises languirent privées de pasteurs et les Chré» tiens errèrent sans loi qui les dirigeAt, saos flambeau qui les éclairkt.