‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 195 sur 365 · EON · texte numérisé non relu

EON

loutrs choses, avait avec Sigué engendre }'m (w;f), son fils unique, semblable et fcal à loi, seul capable de le comprendre. 06U élail le père et le principe de tout ce quieiisle. Nous, en grec , signifie inlelliffiM, mais il est du genre masculin; c'est «wrçooi ils en faisaient un fils ; et quoiqu'il lit unique , ils lui donnaient pour sœur Ai'thia (àiïîO««), la vérité. Ces deux preniez couples, Bythos et Sigué , Nous et Méikia, formaient un carré, qui était comme U racine et le fondement de tout le système, ûr .Yoh* avait engendré deux autres Eons, lojsi (i*yo;) et Zoé (;•«), le verbe et la vie ; et ees deux en avaient encore prodoit deux antres , Anthropos ( Svfyw»? ) et Ecclesia l'homme et l'église. Ces huit Eons Hâtent les principaux de tous. Valentin prétendait les trouver dans le commencement deFévangile de saint Jean. Pieu était Bythos; li grice, Sigué ; le principe, Nous. La vérité, le verbe, la vie et l'homme y sont en propres termes; il n'y a que l'Eglise, qui par sulhear ne s'y trouve point. Mais suivons la généalogie.

Le verbe et 1a vie, voulant glorifier le Pire, avaient encore produit dix autres Eons, c'est-à-dire cinq couples ; car ils étaient uiiu deux à deux. L'homme et l'église avaient prodoit douze autres Eons, entre lesquels étaient le Paraclet, la Foi , l'Espérance, la Charité; les deux derniers étaient TéUion (eù.-Tôf), le parfait, et Sophia (aroyt*), la sagesse. Voilà les trente Eons, qui tous ensemble formaient le Pléroma (Trkr>pup*)t ou vVetittide iovisiblo et spirituelle. Ces trente étaient figurés par les trente années 4e la vu eacbée du Sauveur. Us les trouvaient iwore dans la parabole des vignerons, dont les uns sont envoyés à la pre- «iéVearare, d'autres à la troisième, dauif* à /a sixième, à la neuvième, à la onnèroe. Car un, trois, six, neuf et onze font trente. Il y avait encore du mystère dans la division des Eons en huit, dix et douze : les douze étaient marqués par les douze ans que le^aoveor avait quand il disputa contre les «focleors, et par les douze apôtres : les autre* étaient marqués par les deux premières Mires du nom de Jésus, en grec 'lu<roGf, car '«'a vaut dix, et éta huit. Saint Paul destinait clairement le Pléroma, quand il disait 1-j en Jésus-Christ habite tonte la plénitude <e la divinité.

Continuant leur fable, ils disaient que Sophie, le dernier ou plutôt la dernière des fcons, était sortie du Pléroma , qu'elle avait voulu connaître le premier Père, et comme cela lui était impossible, elle se serait égarée, si elle n'avait été retenue par la vertu qui conservait le Pléroma , nommée Iloros '■"■:), terme, ou autrement Stauros [i-«vp6()} e'esi-à-dire croix. Horos donc avait remis Sophie dans le Pléroma ; mais l'effort qu'elle avait fait pour en sortir, et son désir de voir W^ère, était une substance spirituelle, fai- ^>Vel informe, qui était demeurée hors du Nffoma. C'est ce qu'ils nommaient en t?rec fyhymesisitjQvpivit), autrement /lachamoth

EOB SU

(rflttn), d'un nom hébreu qui signifie sagesse au pluriel, et qui se trouve souvent dans l'Ecriture pour le singulier. Après que sa mère Sophie avait été remise dans le Pléroma, et rendue à son époux Télétos, Nom avait produit un autre couple par la providence du Père, de peur qu'il n'arrivât à quelqu'un des Eons un accident semblable à celui de Sophie. Ce nouveau couple était le Christ et le Saint-Esprit, qui avaient affermi le Pléroma et l'union de tous les Eons. Le Christ leur avait appris à connaître le Père, ou plutôt à se contenter de savoir qu'il est incompréhensible; le Saint-Esprit leur avait appris à le louer, et à demeurer dans un parfait repos. Dans leur joie, tous les Eons, pour témoigner au Père leur reconnaissance, avaient produit de son consentement, et de celui du Christ et du Saint-Esprit , Jésus ou le Sauveur, contribuant chacun à ce au'il avait de plus exquis; en sorte qu'il était comme la (leur de tout le Pléroma et portait les noms de tous les Eons, particulièrement ceux de Christ et de Verbe, parce qu'il procédait d'eux tous. C'est ainsi que les Valentiniens expliquaient cette parole de saint Paul : Tout est rassemblé tn Jésus-Christ. Us ajoutaient que pour faire honneur au Sauveur, avaient clé produits en même temps des anges de mémo nature que lui , qui étaient comme ses gardes. Tout cela, un saient-ils, se trouvait dans l'Ecriture. La chute du dernier et douzième des Eons était marquée par la défection de Judas , le douzième des apôtres. La maladie de la femme affligée pendant douze ans d'une porte de sang désignait Sophie, dont la substance s'écoulait a l'infini, si la vertu du fils, c'està-dire Horos, ne l'avait arrêtée et guérie.

Cependant Hachamoth était demeurée hors de Pléroma, comme un misérable avorton, informe et imparfait. Christ en eut pitié, étendit sa croix et lui donna la forme de l'être, mais non de la connaissance. Ensuite il retira sa vertu, et la laissa dans une grande détresse, avec la conscience de sa misère et la douleur de se voir hors du Pléroma, sans pouvoir y pénétrer. Elle fut donc en butte à toute sorte de passions, à la tristesse, à la crainte, à l'angoisse. Enfin, elle se tourna vers celui qui lui avait donné la vie, et de là vint la matière et tout ce monde visible. Car ce mouvement de conversion fut la cause efficiente des âmes; la tristesse et la crainte produisirent la matière. Ses larmes donnèrent naissance aux fleuves et à la mer. Son découragement slupide et insensible produisit la terre. Voyez au Supplément, article Cosmogonie , comment les valentiniens expliquaient l'origine de la matière et les opérations du Démiurge.

ÉORES, ou ÉOR1ES. fête instituée par les Athéniens pour détourner l'effet des imprécations d'Erigone, et en même temps pour honorer sa piété filiale. Icare, son père, ayant été tué par les bergers de l'Altique, auxquels il avait fait boire du vin, elle so pendit de désespoir, en priant les dieuv do faire périr de la même manière les filles des

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