ENF
^ searsdu vrai Dieu ou musulmans qui aul ♦ cil mérité par leurs crimes d'y être prôci - ,i fés; If second, appelé Ladha ou L/za, est ! o«r les chrétiens; le troisième , Hotima, Loorles juifs ; le quatrième, Saïr, pour les \ a bwo* ; le cinquième, Sakar, pour les mages fl lesguèbres, le sixième, Djahim, pour les pjjrns et les idolâtres qui admettent la pluralité des dieux ; le septième, Hatciat, qui est le plus profond, est réservé aux hypocrites, -*t- si- î-dire à ceux qui font semblant d'avoir toe religion , tandis qu'intérieurement ils l'en professent aucune.
L'imam Mansour distribue d'une autre ma itère ces différents étages. Il prétend d'àlord qu'il n'y en a point de particulier pour Wsmahomélans, pareequ'ils ne doivent avoir iiu l'enfer qu'une demeure passagère , et non pas éternelle comme les infidèles; il ne nsleâonc qu'à y placer ces derniers. Le prwBier étage est, suivant cet auteur, pour les matérialistes, qui croient l'éternité du ©onde, et n'admettent ni création, ni Créateur; le second, pour les dualistes ou partimm des deux principes, tels que les Maniraetns et les Arabes idolâtres au temps de Mahomet; le troisième, pour les brahmanes d*s Iodes, qui rejettent les prophètes et les titres tant de l'Ancien que du Nouveau Testaient; le quatrième, pour les juifs qui n'adssartieot que l'Ancien Testament; le cinstoiènif, pour les chrétiens qui reçoivent les s3fuUesiaments; le sixième pour les mages «le Per*f, qui ont des livres attribués, soit à «Abrabatn, soit à Zoroaslre ; le septième est, •■la consentement de ton s, -pour les hypocrites «a rtliftOD. C'est de ceux-ci qu'il est si souveat parlé dans le Coran , car Mahomet savait parfaitement que plusieurs feraient profession dejon symbole, sans y ajouter foi; ce$i pourquoi il leur réserve toute sa colère ef an menaces.
l'a autre théologien musulman soutient que /es sept portes de l'Enfer sont les sept Ptchés capitaux, qu'il nomme en cet ordre : «'•i/Didilé, la gourmandise, la haine, l'env**, la colère, la luxure et l'orgueil. 11 con- «kl que c'est par ces sept portes que l'on encans l'Enfer de l'éloignemenl et de la pripion de Dieu. D'autres veulent que ces sept pnes soient les principaux membres du humain, qui sont les instruments du ffché.et par conséquent autant d'ouvertures : .r descendre dans l'Enfer. Ces sept prinppaux membres sont : les yeux, les oreilles, b langue, le ventre, les organes de la génération, les pieds et les mains.
Les musulmans disent, comme les chréliens, que la plus grande peine des damnés bt U privation de la vue de Dieu. Quant à b peine matérielle, ils disent que l'Enfer est retapli de torrents de feu et de soufre, où les ffeinaés, chargés de chaînes de 70 coudées de «►ligueur, seront plongés et replongés con- '*ia?llement par les démons. A chacune des portes, il y a une garde de 19 anges, "^Ujonrs prêts à infliger aux malheureux Vaoues de nouveaux supplices; les infidèles "fioul auront à endurer les supplices les
ENF m
plus rigoureux ; Us seront à jamais enfermés dans ces prisons souterraines , où les serpents, les crapauds, les oiseaux de proie, exerceront sur eux leur fureur. Pendant toute la durée de leur supplice, les damnés souffriront la faim et la soif. On ne leur servira que des fruits amers et ressemblant à des têtes de démons. Leur boisson sera tirée de sources d'eaux soufrées et brûlantes, qui leur occasionneront des tranchées douloureuses. L'inspecteur des mauvais anges qui gardent l'entrée des sept portes, décidera de la rigueur des tourments, qui sera toujours proportionnée au crime et au plus ou moins de négligence à faire l'aumône et à satisfaire aux autres préceptes du Coran. Cependant, ainsi que nous l'avons déjà remarqué , la croyauce commune est que les musulmans ne seront pas éternellement dans l'Enfer; suivant les uns, ils y demeureront au plus 7,000 ans, mais pas moins de 400 ans; suivant les autres, ils seront tous délivrés, lors du jugement général, à l'intercession de Mahomet.
10. Les Pars is établisse nt aussi, dit-on, que les damnés seront brûlés dans l'enfer par un feu matériel ; d'autres cependant assurent que la peine du feu en est exclue, parce que cet élément est regardé par les Parsis comme l'image de la Divinité. Le Sadder parle de l'extrême puanteur des âmes des méchants ; et l'auteur de VErda-Viraph-namé donne la description des tourments de l'tpfer, dont il avait, dit-il, été le témoin. U trouva une infinité d'âmes plongées jusqu'au cou dans les eaux froides et noires du torrent qu'elles n'ont pu passer, tandis que d'autres étaient condamnées à séjourner dans des cachots remplis de fumée, avec toutes sortes de reptiles dégoûtants et dangereux. Outre cela, les démons les piquaient sans cesse, les mordaient et les déchiraient cruellement. Il y vit une âme pendue par les pieds, à laquelle on donnait des coups de poignards. Un autre mourait continuellement de faim et de soif; l'âme d'une femme querelleuse et désobéissante à son mari y était aussi pendue, et la langue lui sortait par la nuque du cou. Voy. Douzakii.
11. Les Hindous ont sept Paîalns ou régions inférieures , distribués en Naraka$ ou Enfers; ce sont lelamisraclVAndhalamisra, lieux de ténèbres; le liorava et le Mahnroraro, séjour des larmes; le Naraka ou Enfer proprement dit; le Katutoutra; le Mahanaraka; le Sandjivana; le Alahavitchi, il cuve aux grandes vagues ; le Tapana et lu Sampratapana, séjour des douleurs; le Samhata; le Sakakola; le Kaudmala; le Poutimrittika, lieu infect; le Lohasankou, place des dards de fer ; le Ridjicha, lieu où les méchants sont rôtis dans une poêle de fer; le Punthana; la rivière Salmali ; V Asipatravana, forêt dont les feuilles sont des lames d'épées; et enfin le Lohadaraka.
Les malheureux condamnés aux supplices du Naraka sont ensevelis dans une nuit éternelle; on n'y enteud que des gémissements et des cris affreux; les douleurs les plus ai-
gués y sont ressenties sans interruption. Il y a des supplices affrétés a cliaque genre de pérhé, à chaque sons, à chaque membre du corps : feu, fer, serpents, insectes venimeux, animaux féroces, oisea1 x de proie, fiel, poison, puanteur, tout m un mot est mis en action pour t urmenter les damnes. Les uns ont les narines traversées par un cordon, à l'aide duquel ils sont traînes sans cesse sur le tranchant des haches affilies • omme des rasoirs; d'auhes sont roi. il.: mué ■ a passer par le irou d'un aiguille. ; ceux-ci sont comprimés entre deux rucher- aplatis , q;u. se joi;:na I ensemb'c, les érraenl sans les détruie ; ceux-là « ut les veux continueliennnt rondes par des vautours affamés; on en voit des milliers qui nagent < I se roulent dans des éangs d'urine de chien ou de mucosité sécrétée parles narines, ('eux qi i ont viole les | récep'rs de la reliai- n. ^otsl précipités sur des monceaux d'armes Iranchanles, autant de lois qu'ils ont de poi s ur le corps. Ceux qui ont outragé d s hrahmam s suai condamnés à se nourrir de ca,av res réduits en putréfaction. Les a nlièe- -ont contra nts de serrer, dans des émi r iss inen's continuels, une statue d»4 f r roupie au feu. Les pères de famille qui ont manqué à leurs devoirs envers leur f mine et leurs enfants et qui les ont abandonnés pour courir le p avs, sont déchires sans relâche par des corbeaux. Les méchants qui ont nui aux hommes ou tué des animaux, sont lancés dans des précipices pour y être tourmentes par les lu les féroces. Ceux qui ont maltraité les vieillards et les enfants sont jetés dans des fournaises embrasées. Les débauchés qui se s et livres aux eares-es vénal"* des courtisanes '.ont condamnés à marcher sur des épines. Ltn> dus sur des lits «le fer rougi au feu. les méditants et les c Ion niateurs f ont cot ti ;.inls de se nourrir d'immondices. Le- avares ser vent de pâture aux vers. On fut ro 1er les faux témoins sur les flancs de montagnes « scarpées et héris>ees de pointes de rocher. Les voluptueux, les hommes sans pitié pour les affligés et pour les pauvres, sont enfermés dans des cavernes brûlantes, écrases sous des meules, foulés aux pieds des éléphants, et leur chairs meurtries cl décliné s sent dévorées par ce- animaux. Les damnés, sans pouvo r succomber *ous res tortures rpmn antahb s, p lisent sans cesse îles cris < t es hurlcmeets qui retenti>senl dans tout le NaraKa. et augmentent encore l'horreur de cet affreux séjour.
La durée des peines du NaraKa n'est pas déterminée; elle c«t proportionner a la gravite des fautes : s^ulen-ent I- s Hindous o adm t loi» l pas de | ri. es éternelles. Après que les .■mes qui habitent le Naraka y ont expié leurs rrimes, el es sent renvovèes sur ia ter e pour y *uhir d-- nouvel}, s hansmigrations. Leur reti rée l uis le n « n ! • a loi; (ours lieu s us la forme d'ei. animal in-'^omb ; et, de melrtmorpeose en metanmrpli >se , elles peinent, en acquérant la somme de vertus désirable, concevoir l'espérance de parve; h\ au bout de quelques milliers d'aune - , à
FIS RELIGIONS
jouir de la suprême béatitude. roy.MiTtl
SYCOSI..
i l. Les bouddhistes semblent avoir épu tout ce que ( imagination lu.nuuric peut t, cev o:r «le terrible p<mr peia re les i >unnei de l'hn cr. On peut voira l'arii.le Himd descii, t on des suppli es ii o» as quVnl m les m .r.ie reux Im.bitanls de cet empire, pou liant te Ririd n'est encore qu'une opi de purgatoire. Au-dessous de celte ro infortunée se trouve l'Lnfer propren mU que les i ibrtain>-Mougnls appellent 7nmo c'est le lieu des longues et itu ou;[iuy souflran es. le rep arc des ilanu es.
Voici la description qu'« n do. me M. Oi liant, d'api ès Renjain;a Rergtnaun. >p\i?\ dix-huit pri uns composent IVriqiire du '(, mou. Leu r forme esi quadnlnU rate, les ta railles de fer les environnent : îles çanlie, spéciaux y ia soient, officiers du grai d jup charges du dou'el" emploi de gi < li< r< eu Loti icaux: i!s ^on' horr bles à vo r an leiiiS tétes «le chèvres < i de serpents, d Iidi et ee licornes. La moitié de ce nnaun/wi t; rraiu stdes!i::é aux iortircs pur iPird l'autre ni su {du e du feu.
Dans la première des réglons froide* 4 IT.nler soufflent d s vents viol nts d il» è qui couvrent la peu de bal uses p»> il s l se onde, on n'< ntend «pie dtsi „qat ments de dents ; dans la >uiv. e.le, .'e !r.»n tourmente le corps jmquà le re:-ù;c lie» jusqu'à fine celai rKs èvres en>i\p'.tuti dans les deux dernières emin, les meu.rirt deviennent rouges de douleur, el U* lëvrt se brisent en lambeaux. Mais ces rigueurs 1 sont point les seule- une la féconde rè uni des liombthistes a su inventer.
Une plus grande varié é de formes est ri servee à la peine du feu ; elle revêt suce?>si vcmeni les plus affreuses modifications; et s'ofliv sous tous les points de vue co,.ce»l bles. Dans la première des prisons qui Irt sont destinées, les criminels roulent ioew samment sur des lames de poignards lof jours au bord de la mort, toujours rendus la vie, ils parcourent ainsi un cercle no interrompu de nouvelles douleurs; la loi gueurde leur peine est fixée à .riO0an$,«n chaque jour de ers prodigieuse* années e égal a D.tiOO^îUO d années humaines. I an* prison Miunnli , i es scies déchirent «ont nuellernent I" corps des damnes, et If ler.ij de leurs -oulïrances est incomnionsur;ifc (lf()iltlX-l6jx;J"4,.':;Ot),00;i d'années!. An U* sièmedc;ié se trouvant des meules Ae ff entre lesquel es les malheureux sont cens comme le ble da s le moulin, et leurs nut: br- s sont guéris à chaque lois pour snMf nouveau les mêmes tourments. Au quairicii de;:re, les coupables s«»n( rôtis dans le 6 pend. n t itl tt) longues périodes, bans t cinquième lieu, le feu est > ntreuno de* J*"* tôt «.-s. Laits h- sixième, plus terrible eiuor les patients sont exposés aux flammes dai de vastes chaudières, et percé- ensuite < broches ardentes. La prison suivante ultre i éme supplice, mais avec un plus funci appareil ; car là les broche» oui tro s l"""1
-oitmersent la téte et ies épaules. Enfin, HÈik dernier cl le plus formidable des Enfer*, l« damné* brûlent dorant tout un âge ,iu awude, puis leurs corps se renouvellent pouréire brûles de nouveau.
Teolefois, les châtiments de la vie future te ml pas an triste privilège de la race huoatoe. Tootcs les créatures vivantes, depuis Hasede jusqu'au crocodile, sont exposées à je fétère» punitions après leur mort, lorsfa elles ont l.iit le mal. Les animaux domesfrqoes expieront leurs crimes en gémissant lees des fardeaux: les animaux sauvages ■trust contraints de courir sans interruption m wu repos, tandis que les pétes féroces se èscairerout entre elles.
13. Le» bouddhistes de Siam divisent l'Enfer es boit gr.mds étages, dont chacun est ût forme carrée, ayant à chaque face une porte conduisant à quatre petits enfers, ce an porte à 136 le nombre enlier des enfers frtflis et petits.
Daas le premier étage, en commençant par kiommet, les souffrances consistent en ce esc Ton lerse sur le malheureux des mé- Liut bootllaoU et liquéfiés. Dès que le coupable meurt, l'infusion cesse pour recomdtneer dè* qu'il a repris un peu de force. La durée du séjour en ce triste lieu est de 59) ans. Cent qui n'ont pas voulu discerner le biei du mal, les voleurs, les assassins, *viH*M»t ce châtiment.
Le $erond étage est pour ceux qui ont offensé leur père ou leur mère , leurs maîtres euW«rs supérieurs, pour ceux qui ont embnsw des doctrines erronées ; ils soûl pendanll,<W»os roulés et grillés sur des barres - i9Qpt% à buse.
Da m ietro/iièmc étage, lescnasseurs.les pêcheur* étions ceux qui onl tué des animaux, soof , pendant 2000 ans , serrés , pressés, ttuo/uj entre deux poutres.
Ceux qui ont trompé leur prochain par dff mensonges, ou qui se sont portés contre toii des voies de fait, habitent le quatrième étajt, où une flamme dévorante pénètre dans ^»rs corps par toutes les ouvertures, et les tsvume sans cesse pendant iOOO ans.
Ceux qui ont endommagé ou pillé le butin **> Pon^his, des Rîaongs, etc., sont plongés £■* le cinquième étage. Outre une flamme Ptoranle qui les consume extérieurement diatériea rement, on leur arrache des laai- VN'jx de chair, on les presse dans un près- Jfc, jusqu'à ce qu'ils soient broyés et régit* en pâte, puis on jette cette pâte dans le ■V morceau par morceau. Ils endurent ces ■typlices pendant 8000 ans.
i Dao» le xixième étage souffle an vent im- ^'teoxqui précipite le malheureux du haut ***nt montagne, et le fait tomber sur des **Dfs de Ter rouge. Ceux qui ont offensé un ^oddfaa, un Bodhisatwa, trn Ponghi, souf- ^nt en ce lieu pendant 16,000 ans.
Le septième étage est destiné à ceux qui osé blasphémer les trois choses précieuses ^»uAdba, ia loi et le clergé) ; ils y sont percesse avec des barres de fer rougies
ENF m
au feu. Lear supplice dure un demi andraka, oa la moitié d'un âge do monde.
Enfin, le huitième étage est une immense place échauffée en bas par une flamme d'euviron trois lieues de long, et en haut par une autre flamme de la même dimension. Ceux qui ont tué leur père ou leur mère, ou un Ponphi. qui onl blessé un Bouddha, les schismatiques, les fauteurs d'hérésie , ceux qui détruisent les statues des dieux, les pagodes, souffrent en ce lieu pendant un andraka, quelquefois pendant plusieurs andrakas , quelques bouddhistes même prétendent que celui qui arrive â cet enfer n'en sort jamais.
14. La plupart des écrivains européens ont avancé que les anciens Chinois et ceux qui appartiennent maintenant à la secte dite des Lellrés, ne reconnaissaient ni peines ni récompenses futures ; cela est possible quant aux lellrés actuels, qui, presque tous professent une espèce de matérialisme; mais nous ne croyons pas qu'il en fût ainsi dans la religion primitive de la Chine. Eu effet, nous voyons dans l'ancienne histoire que Tchi-YeoUi le Lucifer des annales chinoises, fut, eu punition de sa révolte, précipité dans la nuire vallée des tnaux, et que ce fut lui qui par sa rébellion alluma le feu des Enfers; c'est pourquoi il est appelé Ho-t*ai.
15. Les Japonais de la secte du Bouts-do, onl sur l'Enfer à peu près les mômes idées que les autres peuples bouddhistes, et croient que les âmes des méchants sont envoyées pour un temps déterminé dans l'Enfer, qu'ils appellent Dsi-gokf [Voy. ce mot). Quant à ceux qui suivent ta croyance du Siu-lo, ils ne connaissent pas d'autre supp'ice pour les âmes criminelles que d'être exclues du Takama-no sakra, lieu de félicité, et d'être condamnées à errer par les airs autant de temps que cela est nécessaire pour expier leurs fautes. D'autres pensenl que ces âmes vont habiter le corps des renards, animal qu'ils regardent comme une incarnation du démon.
16. Les peuplades nombreuses qui habitent la Tarlarie et l'Asie septentrionale , étant pour la plupart ou bouddhistes ou ebamanisles, ont sur l'autre vie et sur l'Enfer à peu près la même croyance que les Tibétains-Mongols. Les Ostiakes et plusieurs autres s'imaginent qu'il n'y a que ceux qui meurent à la guerre ou à la chasse qui aillent dans le ciel après leur mort, et que cens qui sont décédés d'une mort naturelle sont assujettis daus l'autre vie à un rude esclavage, sous an lyran sévère dont l'empire est souterrain.
Nous passons sous silence les croyances relatives à l'Enfer, répandues parmi la multitude des peuples barbares de l'ancien et du nouveau conlinent , parce qu'elles n'offrent rien de saillant, qu'elles n'ont pas été nettement formulées, et que chaque individu peut pour ainsi dire les modifier â son gré ; nous ne nous arrêterons qu'aux opinions positives ou singulières que nous trouvons chez plusieurs d'entre eux.
17. Les Guancbes, anciens habitants des lies Canaries, appelaient l Enfer Mcheydé;
Ml.ïïONNAini.
ils se le fleuraient comme une fournaise ;\vdcnie . ilui'*o .11 centre d'un volcan formidable, et dont le feu était suis cesse attise par (t'uayiln, le génie du mal.
îS. Les nègres du royaume de wida croient Hue l'Knfer est situe sous la terre et que les âmes des méchants y subissent le supplice du f u. Ceux de la côte de Bénin pensant que, ce li"i» de tourments se trouve au-dessous de ia mer, aussi t>ion «pie le Paradis.
l'K I. s (irocnlanilais, qui placent sous la mer le séjour du bonheur, mettent dans les c» ii\ l habitation des méchants. Ils disent que leurs âmes maigriront et mourront de la in dans h s espaces vides de laie, ou qu'elles y seront perpéluellemeiit infestées et harcelées par des corbeaux, ou qu'elles n'\ auront ni paix, ni trêve , emportées inc 's-auimeiit dans le^ cieux , comme par les a:\s d'un moulin. D'autres placent l'Knfer dans les ivg'ons obscures de la terre, où la lu e Te < t la chaleur ne pénètrent jamais.
LM). Plusieurs nations de l'Amérique sepl uiiionale mettent au nombre des supplices qui attendent les met hauts dans l'autre vie, d'être confiné dans un pays malheureux où il n'y aura point de chasse.
21. Les anciens habitants de la Virginie donnaient le m m de Popoyousso à l'Kuhr, qu'ils disaient situé à l'extrémité occidentale du monde. Celait une fosse d'une immen-e profondeur, et remplie d'un feu dévorant, dans laquelle étaient précipités ceux qui s'étaient mal comportés pendant leur vie. D'autres prétendaient que les âmes des méchants étaient suspendues entre le ciel et la terre. Ils ajoutaient que la vérité de ces souffrances leur était confirmée par des moils qui do temp« <■() temps leur apportaient des nouvelles de l'autre vie.
'22. Les Apalachiles assignaient pour demeure aux âmes des méchants les precij i< es qui se trouvent dans les hautes montagnes du Nord, en compagnie des ours cl des autres animaux leroecs, au milieu des neiges, des glaces et des frimas. Les autres peuples de la Floride appelaient le bis monde le feu destiné à ceux qui avaient mal vécu sur la terre, comme ils donnaient le nom de haut momie au séjour des bienheureux. C'est dans le bas monde que régnait Cupat, le génie du mal.
•2L Les Mexicains soutenaient que les âmes des méchants étaient condamnées à animer des insectes et des reptiles; mais auparavant elles devaient aller subir une autre peine dans l'Knfer. Cet Knfer, nommé Micilau, était un lieu obscur dans le centre de la terre, cl gouverné par un dieu nommé Mirllnn-Tfiictli. Pour y parvenir, il fallait d'abord passer entre deux montagnes qui frappaient sans cesse l'une contre l'autre; traverser deux endroits, dont l'un était gai dé par un serpent et l'autre par un lézard vert; franchir huit colline» et parcourir une vallée où le vi nt était si fort qu'il lançait a la ligure des fragments de cailb ux tranchants. On arrivait ensuite en présence de Mirllau- Teuclli, auquel les morts ollraient les objets
KS P.KLb.lONS.
enterres avec, eux à cet effet, pour sorti de ce lieu, il fallait traverser le Meure 1m l untijifxi t qui faisait neuf fois !c tour du Mici lan. On n'en venait à bout qu'à l'aide du: chien roux, que l'on tuait chaque fois qu l'on enterrait un mort, cl qui allait ailonlr l'âme dans cet endroit pour la passer su l'autre rive.
Les Péruviens appelaient l'Enfer Wu pacha, le monde inférieur, ou le centre de J terre; il était destiné aux méchants, qui al laient après leur mort y reccvoirlecliàiiictn •le leurs crimes. Ce châtiment consistait dan l'assemblage des maux qu'on éprottvnîan la vie présente, sans mélange de bonheur n de consolation. Cet enfer était gouverne pa un démon nommé Cupaypn ; c'est ponrqur on l'appelait ausaWupaypu'Iluncin, maiiû du diable.
2 ). Les Mariannais appelaient l'Enfer h zarroyoufiu.ou la maison de h ai fi (lediaWeJ Kaili y entretient une fournaise ardente, « il chauffe les âmes, comme les forint!
chauffent le fer, et les bal conlinuellemta! Ce n'étaient pas les méchants qui alUien dans l'Knfer, mais ceux qui étaient morb4 mort violente, ou qui étaient lues à la guerre au contraire de beaucoup d'autres peuple «le l'o. eanie, qui ne placent dans le$ej urd: bonheur que ceux qui ont perdu la ne les armes à la main.
2ti. Les insulaires de Taïli croyaient qw tandis que les âmes des justes élaicot avises à partager la divinitéet à devenir tatm, celles des méchants élaient au contraire cipit-es d.ms l'enfer, qui avait son nurerlon sur la haute montagne Papéida.où ielroai un grand lac. — A Raïatea, aulre iledel Société, près du grand cralère d'un toIci éteint, qui est pareillement devenu un lac.il pensaient que le dieu J'ii résidait sur Icj ai bres voisins, et détachait la chair de> o» «h malheureux à l'aide d'une coquille, qui t conséquence était déifiée, et dont il élailit fendu, sous peine de mort, de manger le n»
lusque.
27. Suivant la doctrine des Séo-Zélandai tout homme décédé va prendre, au sortir i ce monde, le Tokntmiatoua (nom du sent" qui mène à l'empire de la mort). Ce chea;i le conduit à une avenue appelée Pirih:
moule, descend, se repose et soupire apfi la lumière: cl après s'être remis en mareb il arrive dans une maison appelée Ana. biei tôt il eu sort, trouve un autre chemin f aboutit à un ruisseau dont les eaux font ei tendre un murmure plaintif; il franchit colline de lléranyui, et le voilà au B'i^ (Knfer). Quittant alors les régions nilen^r situées au-dessous de la mer, il écarte Icki transparent qu'on trouve à' l'entrée du ch< min de Molatau, et gagne les plaines aérif nés; après s'y être réchauffé aux rayon» ^ soleil, il rentre dans la nuit, où il est li'rt la tristesse, aux souffrances et aux maladie' de là il revient en ce monde pour reprcnJi ses os/ements. et retourne encore au H««) jour de longues années. Les iusolaire croient que les morts ressuscitent aiaîi- i
y* ENG
fflooraeol alternativement dans le Reinga, .tf<|o'i ce que leurs corps soient transferts» eu an certain ver qu'ils appellent Toke, rt que l'on trouve souvent en creusant la terre. La vie du Reinga est d'ailleurs, selon n\, tout à fait semblable à la vie présente: tii) réprouve tes mêmes besoins; ce sont les méats habitudes et les mêmes rapports. — p'aotrts Zélandais disent que les âmes des séchant* sont condamnées à errer misérablement autour du Pouke-tapou, la montage sacrée, sans pouvoir jamais espérer leur pardon, tandis que celles des justes, après jîoir traversé le Reinga, parvien nent à I Ata- «ra, lieu de. délices et séjour du bonheur
^rfiit.
ENGANGA-MOKISSO, prêtre du Congo, ra Afrique, auquel est dévolue la fonction de taire des dieux. Lorsqu'un particulier se croit obligé de créer un Mokisso, il assemble tous ses amis et ses voisins, et réclame leur assistance pour construire une hutte de branches de palmier, dans laquelle il se renferme pendant quinze jours. De ces quinze jours, il doit eu passer neuf sans parler. Pour le saluer pendant ce laps de temps, on frappe d'un petit bâton sur un bloc qu'il tient sur «es genoux, et qui porte gravée la Ggure d'une tête d'homme. Les Engangas donnent ta blocs de trois sortes, de grands, de moyens, de petits, selon les vues de celui qui leur en demande. A la Gu des quinze jeun, toute l'assemblée se rend dans un lieu plat, uni et découvert, avec un tambour autour duquel on trace un cercle. Un homme cnuncnre à battre l'instrument et à chanter. Unqu'il parait bien échauffé par cet exercice, rf.uar.ja donne le signal de la danse. Tout le monde, à son exemple, se met à danser en chantas/ les louanges du Mokisso. Le candidat entre en danse aussitôt que les autres oal fini. Il continue pendant deux ou trois jours, an son du même tambour, sans autre interruption que celle qui est exigée par les besoins indispensables de la nature. l'Kn- I Joga reparaît au bout de ce terme ; il pousse des cris furieux, frappe sur différents blocs, prononce des paroles mystérieuses, fait de tanps en temps des raies blanches et rouges >or les tempes du candidat, sur ses paupière, sar son estomac, cl successivement sur chacun de ses membres. Alors celui-ci est tout d'un coup agité de convulsions violen- 'es; il se donne mille mouvements extraordinaires, fait d'affreuses grimaces, jette des cris horribles, prend du feu dans ses mains, le mord en grinçant les dents. Quelquefois il se retire dans' des lieux déserts, où il se couvre le corps de feuilles vertes. Ses amis le cherchent, battent le tambour pour le retrouver, passent quelquefois plusieurs jours sans le découvrir. Cependant il entend le bruit du tambour, il »c montre et parait de lui-même. Ou le transporte dans su maison; H-j demeure couché pendant quelques jours, % us mouvement et connue mort. L'Enganga Wisil un moment pour lui demander «ioel sagement il veut prendre avec sou Mo- H réuoud avec des flots d'écume, et
ENO 5' G
avec des marques d'une extrême agitation. On commence à chanter et à danser autour de lui, jusqu'à ce qu'il soit calme et tranquille. Enfin l'Enganga loi met un anneau de fer autour du bras, pour lui rappeler constamment la mémoire de ses promesses. Cet anneau est si sacré pour les nègres qui ont essuyé la cérémonie du Mokisso, que, dans les occasions importantes, ils jurent par leur anneau. On peut se Ger a un serment ainsi prêle, ils perdraient la vie plutôt que de l'enfreindre. Voy. Ganga.
ENGASTRIMANTES(du grec èv, dans, ya<rt/jè, ventre, et uuvriç, devin]; sorte de devins qui, chez les Grecs, prédisaient l'avenir et rendaient des oracles en parlant d'une voix qui semblait sortir de leur ventre. Ils n'étaient autres que des ventriloques.
ENG ASTRIMYTHES, prêtresses d'Apo.lon qui, comme les Engastrimantes, rendaient des oracles sans remuer les lèvres.
ENGELS-BRUDEUS, hérétiques d'Allemagne, sectateurs de Gicblel. Voy. Frèbes- Angsliques.
ENHODIEJJS, ou ENODIENS. Les anciens appelaient dieux Enodiens (de h ô3m, in via) ceux qui présidaient aux grandes routes et aux chemins; tels étaient entre autres Mercure et Hécale. On dressait sur les routes des pierres carrées, surmontées de la tête do l'une ou l'autre de ces divinités, et Ton y gravait l'indication des rues et des chemins qui aboutissaient à cet endroit.
C'étaient surtout les Colophoniens qui adoraient Hécale sous le nom d'Enodie, peut-être parce que, d'après une légende, elle avait été trouvée en chemin par Inachus. Ils lai sacrifiaient la nuit un petit chien noir.
ENHOLMIS, ou ENOLM1S, surnom de la prétresse d'Apollon, à Delphes; ainsi appelée parce qu'elle était assise sur un trépied nommé en grec ôtyo,-. Apollon lui-même était quelquefois surnommé Enholmos.
ENNOSIGEUS (en grec 'Ewo^tycuo;, qui ébranle la terre), surnom de Neptune, parce qu'on croyait que c'était lui qui, par les coups répétés de son trident, causait les tremblements de terre.
ENOCH [Livre a"). Enoch, d'après la Genèse, était fils de Jared et fut père de Mathusalem. 11 naquit l'an du monde 622. Le texte sacré, après avoir dit qu'à l'âge de 65 ans il engendra Malhusalein, ajoute qu'il marcha devant Dieu pendant 300 ans; et puis, sans parler de sa mort, il se sert de celte expression :// ne parut plus, parce que le Seigneur l'entera. Saint Paul, dans son Epitreaux Hébreux, explique ce passage en ces termes : « C'est par la foi qu'Enoch fut enlevé, afin qu'il ne vit poinl la mort; et ou ne le vil plus, parce que le Seigneur le transporta ailleurs. » L'Ecclésiastique dit qu'il fut transporté au paradis. Saint Jérôme l'entend du ciel, où il dit qu'il fut ravi comme Elie en corps et en âme.
Les Rabbins croient qu'Enoch, ayant été transporté au ciel, fut reçu au nombre des
anges, et que c'est lai qui est connu sous le nom de Métntron ou de Michel, l'un dos premiers priices du ciel, et que sa fonction est de tenir note des vertus et des péchés des Israélites.
Eupolème, d'après Alexandre Polvhistor, dit que les Babyloniens reconnaissent Enoch et non les Egyptiens, comme premier inventeur de l'astrologie; qu';i la vente I; s Grecs attribuaient cette invention à Allas, mais qu'Allas n'est autre que le palriarchc Enoch.
Etienne le Géographe le nomme Anaais, et assure qu'il habita la ville d'Icunium en Phrygie. Il ajoute qu'un oracle avait prédit que tout le monde périrait après !a mort d'Anacns. Celui-ci étant mort, après avoir vécu plus de 300 ans, les habitants en lurent si affligé* ei le pieu èrenl si longtemps, que ce deuil était passé en proverbe, et que I on disait pleurer Anncus, pour exprimer une grande douleur. Il ajoute qu'en eflVt le déluge de Oencalion suivi! de près sa mort.
Enoch, que les historiens musulmans appellent celui que Dieu n enfetc, a toujours été en grande faveur parmi eux. Ils lui attribuent une foule de découvertes, telles que celles de l'écriture, de la couture, de l'arithmétique et de l'astrologie. De même que les chrétiens d'Orient, ils le confondent assez souvent avec l'Orus ou l'Hermès des Egyptiens. Ils assurent que ce dernier a été foi, sacrificateur et législateur, et qu'il a ainsi mérité le nom de Trisméynte (trois fuis trèsgrand), que les Grecs lui avait donné. Voy. Edris , Fo-ui, Hermès.
La croyance commune de l'Eglise et de la Synagogue est qu'Enoch n'est point mort, et qu'il reparaîtra à la fin des temps, avec le prophète Elie, pour prêcher la foi et la pénitence, celui-ci aux juifs, cl celui-là aux gentils.
On lui attribue un livre qui porte son nom, et qui est fréquemment cité par les Pères des premiers siècles. Saint Justin, Alhéilagore, saint Iréoée, saint Clément d'Alexandrie, Lactance, y ont puisé la croyance que les anges s'allièrent aux tilles des hommes et en eurent des enfants. Tertullien parle de cet ouvrage en plusieurs endroits de ses écrits. Il pensait que Noé l'avait conservé dans l'arche. Mais d'autres Pères, comme Origènc, saint Jérôme, saint Augustin, le regardent comme apocryphe, et c'est aussi le seniiment de l'Eglise, comme c'était celui de la Synagogue, qui ne l'avait pas inséré dans son canon. Ce livre tomba même par la suite dans un tel discrédit, qu'il Doit par disparaître tout à lait, à l'exception de quelques fragments que les anciens en avaient cité». .Mais les chrétiens d'Ethiopie I avaient religieusement conservé, traduit dans leur propre langue; c'est de ce pays qu'il fut rapporté en Europe, d'abord par le chevalier Rruce, ci plus récemment par M. Kupi el: ce qui fit «rand bruit parmi les savants. On s'empressa d'examiner ces manuscrits, de les copier, d'en la ire dos extraits, en attend mt qu'on pût les traduire en entier. Mais à mesure qu'on ava:u -it dans ce travail, «n ne larda pas à § aperce v t ir
OES RELIGIONS
que c'était une sorte d'œuvre cnoslian.
comme le faisaient déjà supposer lev fra, ments que nous en avaient transmis les an" ciens. Ce livre est un récit de l'histoire ani<Ç diluvienne; il raconte ce qui s'est pa^édani le ciel el sur la terre, et principalement l'hii toire circonstanciée de l'union dos anzei avec les Biles des hommes, et la lutte le, bons anges contre les mauvais, les forfait des géants, etc. Mais au milieu de I obscurité cl de l'absurdité qui régnent dans cet ouvrage on ne peut nier qu'il ail aussi de grandes beautés et des choses fort curieuses. Il a été
par le docteur
Richard Laurence, professeur d'hébreu à l'Université d'Oxford. M. Silvestre de Sacy es avait traduit une bonne partie en latin. Lu Annales de philosophie chrétienne en onl donné une traduction française presque coq* plèle dans le xvn* volume.
ENOPTROMAXCIE (du grec rVo»™, m., roir); divination faite au m..Ven d'un miroir magique qui montre les événements pauci et futurs à celui-là même qui a les jeux bandés. L'opérateur était un jeune garçon ou une femme. Les Thessaliennes écriraient leurs réponses sur le miroir en caractère! de sing, et ceux qui les avaient consultées lisaient leurs destins, non sur le miroir, mais dans la lu? e, que ces magiciennes se vantaient de faire descendre du ciel ; ce qu'il faut entendre apparemment, ou du miroir même qu'elles faisaient prendre pour la lune aux superstitieux qui recouraient à celte sorte d'enchantement, ou de l'image de la lune qu'elles leur montraient dans ce miroir.
ÉNORQUE (dugreco^TOa., danger), surnom de Bacchus , tiré des danses avec le squelles on célébrait ses fêtes.
ENOSICHT1ION, surnom de NeplnDe;ila la môme signification que le mot Ennotigéus , cité plus haut. Les Grecs donnaient ces surnoms a Neptune, à qui ils supposaient le double pouvoir d'ébranler la lerre et de la raffermir. S»us ce dernier rapport , ils l'appelaient Asphalion. Voyez ce mot.
ENSARATÉS, oc ENSA NOTÉS, nom qui I ou donna dans le xir siècle à des hérétiques vaudois , connus aussi sous le nom Je Pauvres <fe Lyon. Ils furent ainsi nommé* de l'ancien mot Sat>at<rt qui signifiait de* souliers ; d'où sont venus d'aulres noms do chaussures, el entre autres le nom de Sabot', dans notre langue. Ces souliers étaient d'une forme particulière, el coupés par-dessus, de façon à faire paraître le* pieds nus, à l'exemple de, apôtres. Les Ensabatés affectaient celle chaussure, pour marque de leur pauvreté apostolique. D'autres croient qu'on l« appelait ainsi d'une marque particulière que les plus parfaits de la secte mettaient sur leurs soul ers ; cette m irque étail une croix, selon le temo gnage d'un auteur contemporain, qui dit d'eux : Soutîntes crue m ni. Quel q no- uns pensent que le nom d'Ensabates ou d'i.nsalruics fut donne à ces pauvres parce qu'ils portaient des sabots. Enfin, il en est qui écrivent leur uotn Insabba tes, parce que
dwenf-ils, ces hérétiques judaYsaient en observant le sabbat; mais cette dernière éty- 0f)logie est fausse, aussi bien que le Tait sur kqne oo prétend l'appuyer.
Quoi qu'il en soit de l'origine du nom de ces jmaires, ils n'eurent d'abord aucun domine particulier, et ne se faisaient r marquer îot par une orgueilleuse et oisive pauvreté. Os 1rs voyait avec leurs pieds nus, ou piutôt l»ec leers souliers coupés p ir-dessus, attendre l'aumône, et ne vivre que de ce qu'on kor «tonnait. Mais après avoir vécu quelque temps dans cette pauvreté prétendue apostolique, ils s'avisèrent que les apôtres I étaient pas seulement pauvres, mais encore prédicateurs de l'Evangile. Ils se mirent Jonc à prêcher, sans mission, et malgré leur ipora ice. ils ne tardèrent p is à émelire des doctrines subversives et dangereuses. Exclus parles prélats et ensuite par le saint-siège d'on ministère qu'ils avaient usurpé, ils ne laitière al pjs de continuer en secret , murnurant contre le cierge, qui, disaient-ils, aeleor interdisait la prédication, que parce qoe la doctrine et la sainteté des nouveaux apôtres condamnaient leurs mœurs conompoes. Voyez Vaud>is, Pal vues de Lyon.
EXSALMISTKS, ou mieux Anselmites; nom 4«« l'on donnait autrefois aux gens qui se nilaienl d'avoir le pouvoir de guérir les pt-ôes, en prononçant des paroles. Lo nom i'E»ki(m\st(i ferait supposer qu'ils se servaient de passages des Psaumes ; mais ce ■ est qu'une prononciation vicieuse pour Âtximitti, qui est le mot propre, et <]ui »v«nt, selon les uns, d'Anselme de Parme, aviMtoitoe, mort en 1440; ou, suivant Naudé, de vaiftt Anselme de Caotorbéry, qu'ils regardant comme leur patron.
ï>'rhtB(du grec 9«; , dieu); les Grecs ap/Wjieo! ainsi en général tous les lieux où •* rendaient les oracles et les personnages 1«ri servaient d'organes à la divinité pour F'rdire l'avenir.
Ils donnaient aussi particulièrement le sots û'Enthée à Cybèle , considérée comme «déesse aux enthousiasmes.
ENTHOUSIASTE. Ce nom, qui dans son acoption propre et primitive désigne un tomme rempli de l'esprit de Dieu, se donne kplns communément à celui dont le zèle est <iagéré,ouqui prend pour des iusp rations ses ^opres rêveries. C'est pourquoi on a ap- Méainsi d'anciens hérétiques qui se disaient Jus et inspires par l'Esprit saint, tandisque k§ gens sensés les rcgaidaicut plu'ôl comme tytés par le démon. On a également donné le nom 6' Enthousiastes au* anabaptistes, quakers et à plusieurs autres fanatiques. ENTYCHITES , hérétiques qui parurent *Jaci l? premier siècle, et qui t'alléchèrent à la doctrine de Simon le Magicien. 11. enseignaient q,ue les âmes n'avaient été unies au corps q a afin de pouvoir goûter toutes sortes 4t voluptés. Leurs actions étaient confirmes V«le infâme doctrine.
ÏJiVIK. Les anciens divinisèrent cetl - futile oassion ; les Grecs en avaient fait uu
EOL filo
dieu, parce que, dans leur langue, fQ6v*ç est masculin; les Romains en Grent une déesse, fille de la Nuit. Ils la comparaient à l'anguille, dans l'opinion où ils étaient que ce poisson porte envie à tous les autres. Son nom latin, Invidia, vient de in-videre, regarder dans la conduite d'une personne , chercher ce qu'on peut y trouvera reprendre. Les Grecs donnaient aussi à l'envie le nom de mauvais ail; et pour garantir leurs enfaits des influences de ce génie malfaisant, ils prenaient avec le doigt 1 1 boue qui so trouvait au fond des bains, et la leur appli» qu. :ieut sur le front. Cette superstition règne en orc ebes les tirées modernes, et I on y craint encore l'Envie ou le mauvais œil. Aujour . : "Ii ni v comme d i temps de ïhéocrite et de IViue, cacher dans son sein est regardé comme un des moyens les plus infaillibles de détourner l'in luence de I'onI envieux. Au reste, la superstition du mauvais œil n'est
fias moins répandue parmi les musulmans, es Hindous ei une multitude d'autres peuples.
Les anciens représentaient l'Envie sous l'aspect d'un vieux spectre féminin, d'une maigreur affreuse, la Ici ■ ceinte de couleuvres, les jeux cave*, le teint livide, des scrpenls dans tes mains < t un autre qui lui ronge le cirur. Quelquefois ou place à ses cotes un hydre à sept tètes.
ENYALIUS, ancienne divinité qui pamlt être la même que Mars ; on trouve son culte établi ( liez les Assyr.ens, à Athènes, et chez les Sabini. Voici ce que rapporte Dents d'Hawcarnasse nu sujet de* ce Dieu : « Au pays de Héale, dans le temps qu'il était habite par les Abori:: aes. une vierge indigène, de la plus hante naissance, vint pour danser dans le temple d'Enyalius, que les S ibins et les Romains après <ux appellent Kurinu»
(Quirinus), quoiqu'on ne puisse pas diro précisément s'il est Mars, ou si c'est un personnage différent auquel on rend les mêmes honneurs qu'à Mars; car les uns prétendent qu'ils désignent tous deux le dieu de la guerre; quelques autres croient au contraire que ce sont deux divinités guerrières différentes. Tandis que celte vierge dansait, saisie tout à coup d'une fureur divine, elle laisse la danse et se précipite dans le sanctuaire du dieu, qui la serre aussitôt daus ses bras, et elle en a un fils appelé Med us FHius. »
ÉNYO, nom grec de Bellone, sœur de Mars et déesse de la guerre. Voyez Bellose. C'était aussi le nom de l'une des tirées ou Grues, filles de Phorcys et de Célo. Voyez Grées.
ENZAMDI, ou plutôt Nzambi, divinité des nègres du Congo. Voy z Zamm.
LOI.E, dieu des vents et des tempêtes; il était fils de Jupiter ou. selon d'autres, d'Hippolas et de Menalipe. Il régnait sur les Iles Y ulcaines , appelées depuis de son nom Eolies; sa ré-îûVncc principale élail à Lipara, l'une de ces îles. Son palais retentissait tout le jour de cris de joie et l'on y entendait sans cesse des chant» harmonieux.
;U IUCTIONNAIHK
Virgile rapport»*, dans l'Enéide, qu'il tenait les vents enchaînés dans une profonde caverne, pour prévenir «les ravages pareils à ceux qu'ils occasionnèrent, lorsqu'ils séparèrent la Sicile du continent, et ouvrirent le détroit de Gibraltar. l"ly>se avant été jeté par les vents dans les Etals d'Eole, ce dieu l'accueillit favorablement, et lui lit présent d'outrés dans lesquelles étaient renfermés les vents contraires à sa navigation. Celle lielion d'Homère fait peut-être allusion à quelque ancien usage, semblable à celui des sorciers lapons, (|ui vendent les vents à ceux qui s'cmbarqui ni , cl leur promettent , moyennant une certaine somme d'argent, de tenir enfermés ceux qui pourraient troubler leur voyage. Mais l'indiscrète curiosité des compagnons d'l'lys-e rendit inutile la prévoyance du dieu : en effet, ayant ouvert ces outres qu'ils supposaient contenir d'excellent vin, les vents s'en échappèrent tumultueusement et causèrent une tempête eflrovable, qui submergea tous les vaisseaux. Ulysse, sauve seul du naufrage, retourna chez Eole ; mais il en fut chissé avec indignation, comme un homme poursuivi de la colère des dieux.
Eole devait à Jnnon la faveur d'être admis dans l'Olympe, et son empire sur les vents; cependant son autorité le cédait à celle de Neptune, dieu des mers. On lui donne douze enfants, six fils et six filles, qui se marièrent les uns avec les autres. Ces enfants désignant sans doute les douze vents principaux, ou ceux qui régnent dans chacun des douze mois de l'année, dont six étaient en effet sous la protection d'un dieu, et les six autres sous celle d'une déesse.
lin réduisant toute celte fable à la vérité historique, dit Noél dans son Dictionnaire, il parait qu'Eolc fut un prince qui se livra à l'élude de l'astronomie, qui, par l'inspection du flux el du reflux, prédisait souvent avec justesse, plusieurs jours d'avance, quel vent devait souffler, et donnait des conseils utiles à ceux qui entreprenaient des voyages maritimes. On le représente avec un sceptre, symbole de son autorité.
Les Japonais ont aussi un dieu qui préside an vent. Il fait son séjour sur une des montagnes les plus élevé -s. Les dévols y grimpent avec des fatigues incroyables, en l'honneur de cette divinité.
Le dieu du vent, chez les Hindous, est Varouna. Voyez ce mol.
ÉOMENS. lion de l'Etoile, gentilhomme breton, fit voir, dans le douzième siècle, qu'il n'y a point d'opinion si absurde et si extravagante, qui ne trouve des partisans dans un siècle d'ignorance et de superstition. L'articulation d'un mol latin lui donna lieu d'imaginer le système le plus insensé qui jusqu alors eût entré dans la téle d'un chef de parli. Ayant entendu souvent chanter ces paroi' , du Symbole : l'er eu m qui vent mu* est judimrt viv»s et moi tu»*, « Par celui qui viendra juger les vivants et les morts », el se fondant sur l'articulation du
DES UKUtilONS.
pronom eum, celui, que I on prononçait alo comme si l'on eût écrit ron, il s'imagina qi c elait de lui-même qu'il était question, que lui lion, étant le fils de Dieu, devait > effet juger un jour les vivants elles mor! Son amour-propre saisit avidement H chimère, flatteuse, et il s'en pénétra si bu qu'il entreprit de le persuader aux autre Ce qui est pour le moins aussi étonnant qt la folie de ce gentilhomme, c'est qu'il reusi à fa:re des dupes, el qu'il se vit bientôt a tète d'un parli assez nombreux. Il donna ses sectateurs d« s litres en rapport avec rôle qu'il s'était arrogé; les uns avaient nom d'r/»//'.v, d'autres celui <Vapôtrti. Km que h s gens sensés avaient d'abord mtpri* ne larda pas à devenir redoutable. Car » croyance qu'il avait imposée, il ajoutait! pratique de piller les églises el de brûler h monastères, ce qui sans duulc ne contribe pas peu à accroître le nombre de ses parti sans. Enfin , les brigandages qu'eierriin ses auges et ses apôtres engagèrent ulusirir seigneurs à envoyer des gens pour s'ev.urer de ce fanatique. Eon, pour se deffndr? employa des armes plus puissantes (jai l> fer : il donna de l'argent à ceux qui eîsicn chargés de le prendre, et les résala si bien qu'ils n'eurent pas le courage d'exécuter lr. ordres qu'ils avaient reçus. Pour s'excuser, ils répandirent le bruil qu'Eon était un migicien, qui s'était dérobé à leur pooruile par le pouvoir de ses charmes. Cette opimai s'accrédita parmi le peuple, et, pcndanlqudques teoips, lion passa pour un homim imprenable, et qui avait tout l'enfer à son ««• vice; mais l'archevêque de Hein» triotnpki de ce prétendu pouvoir surnaturel, et vînt i bout de faire airéter le gentilhomme. Inler rogé dans un concile assemblé à Reims, il fi des réponses si absurdes et si cxlravasraoH que personne n'eut lieu de douter qu'il n>* perdu la raison. Ainsi, sans s'amuser à reioter ses erreurs, on le condamna à une pris» perpétuelle. Cependant, quelques-uns Je se disciples s'étant opiniâtres à soutenir la pré tendue divinité de leur chef, furent livres II bras séculiers, et ces pauvres fanatique? si laissèrent brûler plutôt que de renoncer! leur extravagance.
ÉONS. oi EON ES, sorte de divinités ootk principes adoptés par Valentin, héresiarqw du ii* siècle. Le mot éon , au piurie utùj-;, vonès , se trouve fréquemment diw l'Ecriture sainte avec l'acception dé «Vcle, mais Valentin en faisait des êtres subordonné» les uns aux autres, suivant une hiérarchie imaginaire. Ils étaient au nombre it trente. Le premier et le plus parfait écart dans une profondeur invisible et inexplicable , et il lo nommait Proon (x:«y»). |ir** existant , mais plus ordinairement By^1 (r. U,-), profondeur. Il était demeuré plusieurs siècles inconnu, en silence el en repos, en compagnie à Ennén (iWa', la 1*0* sée , que Valentin nommait aussi flanf (/.'.'••")' grâce, et Sigué [<rr/r,)t silène, et 'jai était comme l'épouse de litjlho*. CeliMi ayant enfin voulu produire le principe rfe