AVIS DÉ L'EDITEUR
Les lecteurs assidus de nos importantes publications ont déjà pu remarquer souvent que les Dictionnaires o> constituent noire Encyclopédie idéologique se complètent l'un par l'auire, en sorte qu'on ne peut guère consulter un de ces Dictionnaires sans se trouver dans la nécessité de recourir à tous les autres. Dans le premier volnme du Dictionnaire det Religion», à mesure que les articles qui le composent passaient sous nos jeux, nous avons souvent renvoyé à d'autres articles déjà traités dans les diverses parties de l'Encyclopédie. Nom comptons sur la bienveillante attention de nos lecteurs pour nous épargner désormais ce travail : leur intelligence suppléera facilement aux nombreux renvois que nous serions obligés de faire. Nous nous contenterons de leur rappeler ici que, clïacun de nos Dictionnaires ayant un auteur particulier, soit laïque, soit eccksiasii jue, rien ne peut être plus curieux et en même temps plus profitable que de voir comment plusieurs piomes différentes se sont exercées sur les mêmes matières, surtout si l'on considère que nous nous sommes (ut oo devoir de ne confier l'exécution de notre Encyclopédie qu'à des sommités de la science sacrée et profane.
[Cfccrebez sous la lettre Y, les mots que l'on ne trouve pas ici par Dj. Cherchez sous Dh, les mots qua l'on ne troove pas ici sous D simple. Cherchez sous la lettre Z, les mots que l'on ne trouve pas ici par Dh.]
DABAIBA, idole adorée autrefois par les habitants des bords du Rio Graodc, province de Guatemala. Celle Dabaïba avail élé une femme irès-verlueuae el si estimée, qu'elle fut, après sa mort, misé au rang dçs divinité». Les indigènes la regardaient comme la mère de leur grand dieu, créateur du ciel et de la (erre ; ils prétendaient que les éclairs et le tonnerre étaient les effets de son courroux. On honorait Dabaïba par des jeûnes de Iroi* ou quatre jours, et par d'autres austérités ; on se rendait en pèlerinage au lieu où était sa statue, et on brûlait des esclaves en tacriOre à son honneur.
DAUBAT, nom que les Musulmans donnent àlabéiede l'Apocalypse, laquelle doit paraître avant le jugement dernier avec Dcdjal, l'anicehrist- Un autre animal, nommé Dnbbatd-Arx, apparaîtra également portant dans sa main la verge de Moïse et le sceau de Salomon ; il louchera les élus avec cette verge, et tracera sur leur visage en caractères visibles le mol de moumen, croyant, fidèle, et appliquera l'empreinte du sceau sur le front des réprouvés, en y traçant le mol kafer, infidèle.
UAB1S. Sur le chemin d'Osakka à Sorungo, Diction m. des Religions. 11.
on trouve une statue colossale do cuivre, qui représente une certaine divinité, nommée Dtibis par quelques voyageors. Tous les mois, on lui présente une fille vierçe, qui fuit au dieu une série de questions qu'on lui a apprises. Un bonze caché dans l'intérieur du simulacre satisfait à toutes les demandes. Inutile de dire que la jeune fille s'en retourne avec l'honneur d'être devenue l'épouse de Dabis.
DACHAHARA ou DACIIRA , nom que les Indiens donnent en général aux fêtes qui tombent le dixième jour du mois. Il y eu a une le 10 de la quinxaine lumineuse de Djeth (juin), en l'honneur de la déesse Ganga (le Gange), qui ce jour-là sortit des monts Himalaya, et coula manifestement sur la terre. Les Hindous célèbrent celte féle en faisant des actes méritoires ; ils se baignent dans le Gange et offrent le poudja à celle déesse, pratique qui vaut le pardon de dix sortes de fautes.
Le 10 de la quinzaine lumineuse de Kouar (octobre), ils fout le poudja nu adoration de la plante nommée satni {Mimosa uibida) , de l'éléphant cl du cheval. Les brahmanes lancent des 'ets de maïs ou d'orge, en accuui-
H DICTIONS a IRK
pagnant do bénédictions celle distribution singulière, et ils acceptent ce qu'on leur offre en retour. Otto fetc parait .*!Voir pour but de célébrer la victoire que Vichuou. -ncarné en Rama, remporta sur le géaul Kâvana, roi de CeOan. Mais ce qui peu: p. i rat- Ire singulier, c'est que l'idole à laquelle ils oui rendu un culle dans la journée, à laquelle ils ont offert de» sacr Su - s et immolé des victimes, est, le soir, précipitée dans la rivière, au milieu des ris. des (liants et des danses, i Yoy. I>asaiuiu.)
DACTYLES. — !. Prêtres de (> hèle, nommes aussi /'/.^fr?s, parce qu'ils babilaienl au pied du ii. ont Ida. Pre que tous les and urs qui eu parlent t ous fournrssenl une légende différente.
Siésimbrote les dit < nfanls de Jupiter et de la nymphe Ma, part e que le di u avant ordonné à ses nourrice de jeter derrière «Mrs un peu de poussière pri-e de la montagne, il en naquit les Dactyles. D'autres les font naître de l'imposition des mains d'Opssur le mont Ida, lorsque celle déesse p ssa en Crète, t'.es deux mythes servaient d'enveloppe à des dogmes ,u'on ne révélait qu'aux initiés.
Strabon distingue les Daehles des Curé es et es Corybante-, et ;ap|orteune tradition phrygienne, d'apr- s laquelle il y a: rait eu primiiivi ment dan^l .le .ne centaine d'hommes, nommés Ideens, qui donnèrent !e jour à neuf (furètes, dont chacun «ut autant de Gis qu'il y a de doigts aux deux mains, d'où ces derniers reçurent le nom de I), etvl •» [nu/-. Me, doigt). Vue autre opinion rapportée par le même n'admet que cinq Dactyles, inventeurs du fer. selon Sophocle. Ces cinq frères avaient cinq su urs, et c'est de ce nombre qu'ils prit eut le t om de doiyts du mont Ida. Des cinq frères, Sir. i bon eu nomme quatre, savoir : Hercule, >ala ine, Damaanée et Acu>on. Pausani as les nomme tous cinq , mais leurs noms sont différents à l'exception du premier : Hercule , Péonéc, Épimède. Jasius et Ida.
Le récit de Dmdorc de Sicile offre d s différences. « Les premiers habitants de l'île de Crète, dit-il, luron" les Dad>le«, qui résidaient sur le mont Ida. Livres aux cérémonies (hêurgiques, ils oui en! pour disciple Orphée, qui porla leurs my-lèies en Créée, ainsi que l'usage du fer et du feu qu'il avait appris d'eux, et la reconnaissance des peuples leur rendit les honneurs divins. »
Suivaui Diomèdo le Grammairiei', c'étaient des prêtres d C>bète. appelés Id<ens, du mont Ida, en l*lir\ gie. sur le.; m l colle déesse était révélée; et D cl>J<*, pme que, voulant empêcher Saturne d'entendre les cris de Jupiter que la déesse leur avait coolie, ils chantaient des vers do l ui invention, sur le mètre appelé depuis itndyle. Après avoir été les prêtres du Ciel el de ia Terre, à la<|u Ile ils sacrifiaient, la tète couronnée de clo ne, ce qui leur avail valu le nom d'- u . -k v, assesseurs, assistants, ils furent eux-mêmes mis au rang des dieux, et regardes comme des Lares ou dieux domestiques. Leur nom
DI S RELIGIONS
seul était regardé comme un préservatif, et ou les invoquait avec confiance dans les plus grands dauge> s.
On conf ond quelquefois, mais à tort, les Dactyles avec les Cahires, dont le culte était bien plus étendu. Ils se rapprochent davantage des Curètes el des Corybantes.
IL M y avail aussi des pierres appelées Du tyli Irfœi, dont on croyait la veriu miraculeuse, et dont on faisait des espèces d'amulettes que l'on portait au pouce.
DACTYLOM ANC1K, sorlc de divination qui S1, faisait parle moyen d'anneaux fondus sous l'aspect do ceriaines constellations, et auxquels étaient attachés des charmes ou caractères magiques. C'est, dit-on, par ce genre de divination que Cygès savait se rendre invisible, en tournant le chaton de son anneau. Ammirn Marrellin, pari <nt du successeur de Valons, que le peuple cherchait à deviner, dit qu'on pratiqua pour cela la dactylom.'iucie, ma s d'une manière différente. On tenait un anneau suspendu par un lil audessus d'une table ronde, sur laquelle se trouvaient les vingl-quati e lettres de l'alphabet. L'anneau, dans ses mouvements, se transposait sur quelques-unesdeces lettres qui. jointes ensemble, donnaient la réponse que l'on demandait. A l'occasion dont parle Aminien Marcellin. le sort !.l sortir les qua- Ires Ici res • >, \:, o, a. initiales du nom de Théodose, qui fut en effet le successeur dç Valons. Avant lopéraiion, l'anneau était ensacré; celui qui le tenait n'était vêtu que de toile, avait la tête rasée tout autour, el tenait en m in delà verveine.
DADKS, fêles que les Crées célébraient chaque année, peu tant (rois jours, el dans lesquelles ils portaient des torches allumées appelé s - o<« • n grec Le pre lier jour était insti né en mémoire des douleurs que I. atone souffrit lorsqu'elle mil au mon le Apollon cl Diane: dans le second ou célébrait la naissance de Glycon et des lieux en général; el dans le Ir isiéme on faisait mémoire du mariage de Podalyre et d'Olympias, mère d'Alexandre.
DAO-CAH, autel des Parsis. sur lequel brûle le l u sacre ; dans les temps primitifs, le feu était entretenu sur la terre nue. Le mol Dihl- iji'ih, signifie tint de justice
DAD< i. \G- \ \\ OU. divinités des Javanais; ce s ni des génies regardes comme les patrons des chasseurs el les protecteurs des animaux sauvages des forêts.
DADOU PAN MHS, secte hindoue, <|iii est une ramilication de eeiledes Ramaoandis, et par conséquent comprise dans le schisme des Vaicbnavas. Kilo a pour fondateur /Utdo i, élè\e d un des prneioaux propagateurs Kn- 'itr-l'n lins, et le • iuquieme dans leur liguée spirituelle après Kamanaud ou K.ibir. savoir : Kamal , Djamal, Rimai , Rouddhan et Madou.
Ce dernier éta l de la caste des (ardeurs de laine. Il naquit à Ah na labad ; mais dans sa douzième année, il alla à Samdhcren Adjmir, el de là à Kalyaupour. puis à Narama; il avait alors trente-sept ans. Ce lut là qu'a-
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verli par une voix du ciel de se dévouer à la vie religieuse, il se relira au mont Bahérana, d'où, après quelque temps, il disparut sans qu'on pût trouver de lui aucune trace. Ses «.dateurs cro en t qu'il fut absorhé dans la diiinite. Ceci arriva, dit-on, vers Tan 1000, i la On du règne d'Akbar, ou au commenceweel de eetui de Djehanguir. On conserve encore, à Naraïna, qui est le lieu principal du culte Dadoo-Panlhi, le lit de Dadou et la collection des t<»\tes que ces sectaires véeévrut. Un petit édifice, sur la montagne, marque le lieu de la disparition de ce législateur.
Les Dadous-Panthi* adorent Dieu sou* le ortin de Rama, et répètent continuellement son bsotu ; ils n'admettent ni temples, ni imaf* Ha n'ont point de marque particulière sur le front, mais ils portent un rosaire. Ils sont partagés en trois classes : 1° Les Virakia»; ce sont des religieux qui vont nutête, et ftSnt qu'une robe el un pot à eau; f" le? Naga* portent des armes qu'ils mettant au service des princes hindous, auprès e^qeel* il» passent pour de bons soldats ; I* \r% Bitltr ftharit se livrent aux diverses foixtiott» de la vie commune. On partage encore celte secte en cinquante-deux subdivisions, dont les spécialités sont peu connue». Le» Dadous-Panthis brûlent leurs rooris; mais il n'est pas rare de trouver des religieux de cette secte qui ordonnent que leur corp» soit jeté, après la m »rt, dans un ci.amp oo dans un désert, pour être dévoré par le» oiseaux de proie ou les bétes féroce».
La croyance des Dadous-Panthis est con- Mgut« dans plusieurs ouvrages qui ont de l'analogie avec la doctrine des Kabir-Pan- Ihu.elqeUo renferment de nombreux passages. .Nous allons donner ici quelques extraits du chapitre sur la foi di* leur livre doctrinal; nous les tirons de Y Histoire dt la iiliéature hindoui, de M. Garcin de Tassy :
• Que la loi en Dieu caractérise toutes vos pensées, vos paroles, vos actions. Celui qui sert Dieu ne place sa confiance en rien aatre.
• Si le souvenir de Dieu était dan» tos cours, vous seriez capables d'aecomplir des choses qui, sans cela, seraient impraticables; ■sa» ils sont en bien petit nombre ceux qui cherchent la voie qui conduit à Dieu...
• 0 insensés 1 Dieu n'e>t pas loin de vous ; il en est proche. Vous êtes ignorants, mais d connaît toutes choses, et il distribue ses dons à son gré...
« Prenez telle nourriture et tel vêtement qu'il plaira à Dieu de vous départir. Vous ■ avez besoin de rien autre. Contcnlez-vous du m rcenu de pain que Dieu vous accorde...
■ Méditez sur la nature de vos corps qui ressemblent à des vases de terre, el mettez en dehors tout ce qui ne se rapporte pas à Dieu.
« Tout ceqoi est la volonté de Dieu arrivera assurément; en conséquence, ne détruisez pas votre vie par l'anxiété, mais at-