EVA
ambassadeur français en Portugal (1) :
« Il n'y a point de couvent de filles en Portugal où il n'y ail dispute ouverte et deux partis formés sur la question de la prééminence entre «ai ni Jean-Baptiste et saint Jeanl'Etangéltste. Il n'est permis à aucune des religieuse* de resl* r sagement dans l'indifférence, eld'honorer également les deux saints. Il faut de nécessité être Baptiste ou Evungéliste. Ce sont les noms de* deux partis. Mais, pour le bien de la paix, les supérieurs commandent aux religieuses d'éviter, autant qu'il est possible, la dispute, et de se conduire chacune suivant leur sentiment sur le fait de la dévotion pour ces saints. Chaque parti , le jour de la fêle du sien , prend soin de la solenniser avec le plus de magni- Bccnce qu'il peut, par musique, illuminations, et surtout par un sermon, dans lequel le prédicateur ne manque pas d'élever le saint qu'il prêche infiniment au-dessus de l'autre ; ce jour-là le parti contraire ne parait pas à l'église, et marque par sa retraite qu'il proles'e contre les honneurs qu'on rend à un saint qui lui semble ne pa> les mériter, attendant avec impatience que le sien vienne, p.ur em hérir sur la beauté de la fêle, et voir le parti opposé dans la retraite à son tour el dans la mortification. Telle est, sans exagération, la situation de tous les monastères de religieuses sur cet article. Celte contrariété a souvent produit des effets très-fâcheux. Mais le plus terrible esl celui qui est arrivé, depuis quinze jours, dans un couvent de la ville de Bcja. Les religieuses étant ensemble, le propos tomba malheureusement sur les deux saints. Aussitôt disputes, vivacités, el la querelle s'échauffa nt, injures el coups de poing. Le combat dura jusqu'à défaillance de part et d'autre ; mais la naine demeura si vive entre les deux partis, qu'ils ne songèrent depuis qu'à se venger l'un de l'autre, aux dépens du saint ennemi. Les Evaniielistes furent les
Îilus promptes. Elles »>• saisirent d'un saint ean-B iptisle, le fouettèrent, lui firent mille autres indignités, l'enterrèrent dans une fosse qu'elles firent dans le jardin, et finirent par danser sur la fosse, en chantant des chansons le* plus extravagantes. Les Baptisles étant les plus faibles, elles ne purent empêcher le desordre, ni tirer raison de l'injure faile à leur saint ; mais elles en ont été vengées d'une manière terrible. La nuit même de cette impiété, les Evangé istes, au nombre de vingt, soil par punition de Dieu, soit par l'effet du trouble d'un violent remords de conscience, tombèrent dans une espèce de maladie contagieuse si dangereuse, qu'il en est mort treize en quatre jours, et que l'on espère peu des autres. »
Un predica eur Evangélhle, mettant en parallèle les deux saints s'attacha à prouver que saint Jean-Baptiste était de beaucoup inférieur à saint Jean l'Kvangéliste, 1' parce qu'il était juif, ce qui ne lui fui pas Jilficile à prouver; 2" qu'il était mort sans conlos-
'.») Uitre de M. Rouillé, président au grand conseil, pendant qu'il était ambassadeur en Portugal • dans * *d*m hwonqut* de MicbauH, avocat, Paris, 1 7HI.
t.n7 DICTIONNAIRE
sion, et par conséquent sans absolution ; 3° que par manque do confession et d'absolniion, il était allé en nil r. d'où Jésus- Chrisl ne l'avait retire qu'après sa mort : ici il appli|ua le texte : bescnulit ai infe.ron) ; k* que pour preuve de tout ce qu'il disait, l'Eglise s'était l iujotirs opposée à Ce que l'on chantât le Credo à la messe de sa fête, car il n'a jamais éié honore par elle comme chrétien, mais simplement comme précurseur de Jesus-Christ.
Ile» n usement, il y a déjà longtemps que c<-s sottises et ces absurdité- sont lomtiees en Portugal dans un erofond oubli.
1. < m appelle Evnntjelistes les partisans île l'Elise /n alésante l!v iiujeHyuc. N'oyez K\ wuÉi.iyi i H
Les prolesta n is appellent encore ICvantj/listi-s I. x mini-Ires et autres personnes que l i socieie Evaugé ique entre! eut pour répandre des lubies, prop.iger l'Evangile, et attirer des patlisinx à leur doctrine. Yoy. Kvam;i:i.|i.u i: (SoC'rte'.j
EV ANC ILE. — I. Livre sacré qui conlienl en abrège l'histoire de la vie. d. s miracles et de la doctrine d«« Jésus-Christ , Fils de. J>ieu et Simeur des hommes. Il p >rle le nom d'Evangile, c'est -â-dire b >nn? nom <•//*', parce qu'en eiïet la venue du Nlessie, qui devait effarer la laulc du genre hurnain ♦ t réhabiliter auprès de Dieu la créature pécheresse, éfail la plus heureuse nouvelle qu il fût possible d'annoncer aux hommes. Les Evangiles aullienlîques sont au nombre de quatre; ils ouvrent la série des livres du Nouveau Testament, dont ils soul la parlie la plus importante. Ils ont été écriis par quatre auteurs in-pirés de Dieu, el ce qu'ils unt rapporte ils le tenaient de Jésus - Christ même, dont ils étaient les apôtres, ou des apôtres dont ils étaient les discip.es.
Le prem er Evangile a é é écrit par saint Matlh eu , à Jérusalem , quelques années aprèî> la mort du Sauveur. Il parait certain qu'il a élé compose eu hebr u, ou du moins dans le dialecte syriaque parle alors dans la Judée; mais l'original est perdu depuis longtemps, et c'est la version grecque qui en lient lieu.
Le second a élé écrit par saint Marc, disciple el interprète de saint Pierre; il le fit à la prière des fidèles de Ko ne, et consigna dans sou livre ce qu'il avait appris de la bouche de saint Pierre lui-même. Ce saint apôtre lut et approuva l'Evangile de son disciple et ordonna qu'on en fii dans I Eglise un usage public. Cet Evangile a é é probablement écrit en grec, comme les deux suivants, bien que quelques auteurs supposent, sans rondement, qu'il fui écrit en I îlm. Ces derniers se fondent surtout sur ce que cet Evangile, étant destiné aux Romains, levait être éci ileu latin; mais le grec était presque langue vulgaire à Rome, du temps des Césars, et était entendu de tous les étrangers qui liabi'aien: a vile, taudis que le lain ne l'était que de- Romains seul-.
Le troisième Evangile est du à I i plu;ne élégante et correcte de saint Luc, peintre el
ES RELIGIONS. H-
médecin d'Antioche , disciple et compaunn de saint Paul qui l'avait converti. Il enu. prit celle narration pour réfuter la lemeri de quelques faux apôtres qui publiaient li actions de Jesus-Christ autrement qu'clU n 'étaient rapportées par saint Paul, et rou suppléer à ce qui avait été omis par les au très E* angelisles.
Saint Je.»n, l'apôtre bien- aimé el le conû dent des secrets du Sauveur, compn&a >o Kvang'le le dernier, èianl déjà fort avaiu en âge, six ans après être revenu de su exil. Cet Ewingile est as-ez différent U tr us autres, en ce que ces derniers sem bleui appuyer davantage sur l'hisioire ci U miracles de Jésos-Cbrisl , tandis que saie Jean se propo-c, pour but principal, dehiei établir la divin. te de Jésus Chrisi et h subi mité de sa doctrine , el de réfuter ainsi lr erreurs des « éi iutli ens et des éldouiies qu attaquaient la divinité du Sauveur. Pour t préparer a cet important ouvrage, il or donna un jeûne public.
Ces quatre Evangiles ont toujours <>.
reçus unanimement par toutes les E^li-e* j monde chrétien, tant de l'Orient que df 10; rident , à la différence de certains Evaupie apocryphes qui étaient à l'usage désert particulières, ou qui furent introduits roi erreur en quelques Eglises.
'2. On donne le nom d' Kvnnijilt à w leçon tirée d'un des quatre Evangiles el quoi lit avant la célébration du saint sacnto Celle lecture , d'après un usage fort arru cl qui témoigne du respect qu on a toujew eu pour celle parole sai .le, ne peut être CUî publiquement que par un diacre ou parn ecclésiastique d'un ordre supérieur.
ÉVANGILES APOCRYPHES. Saint U< nous apprend, au commencement de soi Evangile, que plusieurs avant lui avaient entrepris de donner l'histoire des chose* q« s'étaient passées dans l'origine du clirU:i»* nisiue. Mais comme apparemment la plupart de ces écrits étaient ou trop abré.'és, ou trop diffus, ou trop peu exacts, cet kvaugeli>t« se crut obliué de composer quelque cho?e 4e meilleur, pour faire tomber ces compodtiow défectueuses. U y réussit, et on recoooit dans son livre l'inspiration de Dieo. Le* quatre vrais Evangiles, savoir : ceui 4« saint Matthieu , de saint Marc , de saint Lie el de saint Jean , ayant élé les seuls appr^a* vés par les apôtres el reçus dans les princi* paies Eglises, les autres évangiles tombèrent peu à peu dans l'oubli.
Or, nous pouvons distinguer trois sorlel d'Evang les apocryphes. Lésons ont puétr» composés de bonne foi, el contenir de* ventés el des faits exacts, mais mêles à des traditions puériles el .accueillies sans discernement. — Les seconds seraient de pieui romai<s, dont les auteurs auront cru intéresse» en rappariant une multitude de faits eitraordinaires pro luits Dar lour seule imagio*li ■m. — l es troisièmes ont été comp»J«PJJ les hérétiques po ir accréditer leurs doctrine- et diminuer l'autorité des veriliblcs Evangiles
Nom liions donner la liste des Evangiles ip«ryphei dont les litres sont parvenus huqn'à noos.