‹ Dictionnaire ... de la Bible (volume 5)Chapitre 229 sur 365 · EUT M · texte numérisé non relu

EUT M

levaient l'unité de la personne de Jésus- Christ. Il enseignait donc qu'il n'y avait qu'une seule nature dans la personne du Sauveur; il ne voulait pas que l'on dit que Jésus-Christ était consubstantiel à son Pèro selon la nature divine, et à nous selon la nature humaine ; il soutenait que la nature humaine avait été absorbée par la nature divine, comme une goutte d'eau par la mer, ou comme la matière combustible jetée dans une fournaise est absorbée par le feu ; en sorte qu'il n'y avait plus en Jésu«-Christ rien d'humain, et que la nature humaine s'était en quelque sorte convertie en nature divine.

Comme conséquence de celte fausse opinion, Eutychès soutint encore plusieurs autres erreurs, entre autres, que le Verbe, en descendant du ciel, était revêtu d'un corps qui n'avait fait que passer par le sein de la Vierge sa mère; ce qui rappochait E itychèa de l'hérésie des apollinarites, des valentinieos et des marrioniles. Eutychès répandit sa doctrine, premièrement dans les esprits du gran I nombre de moines qu'il dirigeait, cl ensuite parmi ceux du dehors qui venaient le visiter; il engage • dans son erreur beaucoups de personnes simples et peu instruites: elle se répandit en Egypte et passa en Orient, où les uestoriens avaient conservé des prolecteurs, et où le zèle d'Eulychès lui avait suscité des ennemis. On ne saurait se faire une idée du trouble que cette querelle théologique excita parmi le* peuples si ardents et si disputcurs de l'Orient ; des villes, des

riays entiers se révoltèrent à cette occasion. I fallut envoyer des armées contre les moines qui s'en élaienl faits les champions arec l'épée et la plume.

Parmi ceux qui contribuèrent le plus à étendre et à perpétuer les erreurs d'Eulychès, il faut distinguer Dioscore, patriarche d'Alexandrie, homme ambitieux, et violent, principal moteur des désordres qui bouleversèrent l'empire, et qui mourut déposé et exilé en 458. L'hérésie d'Eulychès fut solennellemenl condamnée dans le quatrième concile général tenu à Chalcédoine eu 451. L'hérésiarque finit par tomber dans l'oubli; l'histoire ne parle plus de lui à dater de Tan 454. Quant à ses sectateurs , ils subsistèrent avec plus ou moins d'influence jusque vers la fin du siècle suivant. Il y a mémo encore à présent plusieurs Eglises orientales infectées d'Eulycliianisme, et qu'on dis* tingue sous le nom de Jacobites ; tels sont les arméniens, les coptes, les abyssins.

Cette hérésie se fractionna en différentes branches ; tels furent les Acéphales qui reconnaissaient, il est vrai, deux natures en Jésus-Christ, mais qui néanmoins ne voulaient pas souscrire au concile de Chalcédoine; les Théopaschites, sectateurs de Pierre le Foulon, qui prétendaient que la divinité avait été crucifiée ; les Schématique» ou apparents , qui n'attribuaient à Jésus-Chrisl qu'une image de chair et non une chair véritable ; les Agnoètes, qui attribuaient à Jésus-Christ quelque ignorance, el d'autres

sectes plus obscures. Nicéphote eu compte jusqu'à douze

EUTYCHITES, hérétiques du iv siècle, dont nous or hographions le nom de la sorte pour les distinguer des précédents. C'était une secte arienne ou euuomienne, q ui s'élira à Conslanlmople. lorsqu'on agitait la question de savoir si le Fils de Dieu connaissait la dernière heure du monde, d'aprè> les passages de l'Evangile où Jésus-Chrisl semble dire que cette connaissant e est réservée au Père à l'exclusion du Fils. Un nommé Eutychius soutint par écrit que le Fils avait également celte, connaissance ; et comme son sentiment déplut aux chefs du parti cunomien, il s'en sépara et alla trouver Euuome qui était alors en exil. Cet hérétique approuva le sentiment d'Eulychius, qui di*a<l que le Fils u'ignoruil rien de ce. que le Père savait, et le reçut à sa communion. Eunome étant mort quelque temps aptes, le chef des eunoiniens à ( onslanltnople ne voulut point recevoir Euiychius, qui aepuis ce temps là forma une secte particulière avec eux qui suivirent son sentiment. Cet Eulychius et un certain Théophrone furent, à ce que l'on disait du temps de Sozomène, les auteurs des changements que les eunoiniens avaient faits dans l'administration du bipéme, cl qui consistaient, au rapport de Nicéjihore, en ce que Ton ne faisait qu'une immersion, et qu'on ne la f lisait point au nom de la sainlcTriiiilé, mais en mémoire de la mort de Jésus-Christ.

EUYLÉ-NAMAZI. prière que les Turcs musulmans font à l'heure de midi. Il* prétendent qu'elle a été instituée par Abraham, à l'occasion du sacrifice de son fils lsmac;. Elle peut avoir lieu depuis le moment où le soleil commence a décliner jusqu'à celui où l'aiguille du cadran solaire projette une ombre double de sa longueur.

ÉVAN, surnom de Bacchus, pris du cri des lta< chantes, éian, évan. ou du lierre qui lui était consacré. Saint Clément d'Alexandrie donne à ce vocable une antiquité plus grande. Les prêtresses, dit-il, courent en hurlant : Evan, nom d'Eve, qui se laissa séduire par le serpent. Aiu>i il trouve dans celle cérémonie les traces de la tradition sur le péché de la première femme. Toy. EvonÉ.

EVANDUE, divinité particulière aux Lalins, qui le regardaient co une l'auteur cl le fondateur de leur nation. D'après leurs traditions, Evandre fut le chef de la colonie des Arcadi us qui vinrent s établir cil Italie, aux environs du mont Aventm. On le disal fils de .Mercure et de la propbétcssc Carmenta, honorée elle-même connu.- une divinité par les Romains. Ce p ioce apporta dan» ce nouveau pays l'agriculture et l'usage des lettres, qui, jusque-la, y avaient de inconnus. Il s'attira p^r lé, et plus encore par sa sagesse, l'estime et le respect des aborigènes, qui, sans le prendre pour leur roi, lui obéissaient comme à un homme a i d<-s «lieux.

Evandre reç,.l die/ lui H. renie, cl ouund il fut informé que c'était un fils de Jupiter, et une ses grandes actions répondaient 4 sa

ES RELIGIONS ^4

haute naissance, il voulut être le premier j l'honorer comme une diviuité, même J.» ^ vii nul ; il fil élever à la hâte un aul'i dcvj,i|i Hercule, et immola en son humeur ua jeune taureau. Dans la suite, ce sacrCv fut renouvelé tous les ans sur ic u.uai Aven In

On prétend que c'est Evan 're qui ;ip •■, en llaie le culte de la plupart des tluimi.s des Grecs, qui institua les premier Sihi -ru, les Luperees et les Lnpercales. Il 1 j i à (>■ rès le premier temple sur le mont P I n. Après sa mort, les peuples reconnaissinult? placèrent au ran-j des i :. mortels, et lui rendirent tous les honneurs divins. Que!<|urs mythologues sont persuadés que r'èiail Evandre qu'on honorait dans Saturne, e son règne fu' pour l'Italie l'âge d o.-, appelé en effet par les poêles Evandria r.-gna.

ÉVANEME, c'esl-à dire 9 tu" donne un rnt favorable. Jupiter avait à Sparte un teu>? qui lui était érir'é sous ce surnom.

ÉVANGÉL1AIRE, livre dans lequel s" i contenus les Evangiles que le diacre d'il rét iicr à haute voix pendant l'office divin ; on témoigne à ce livre te plus pr ad respect, on !e pmle accomjasinc <te flambeaux, on l'encense, et même, dans le» j or» sol miels, on le présente à baserait cierif et aux autres personnes uotables d'entre Ici fidèles.

ÉVANGÉLIDES. On appelait à Mil- 1. On cle des Evantje'.i'ies, un orarle célèbre do t un nomme ï.\ angélus avait été uu îles premiers ministres. On lui donnait eueore I* nom ri 'Oracle des Branchides. Voy. B^v

CH1DKS.

ÉV ANGÉLIES. fête que les Bphésiens célébraient en l'honneur d'un berger eo « Pixodore, qui leur avait indiqué les carrièrvi d'où l'on lira le marbre nécessaire à la t i v trueliou du temple de Diane. En c«m^qiieuce, on changea son nom en relui «I vanyélisic ou porteur d • bonnes nouve l ; On lui faisait tous les mois des sainfirr\ et on se rendait processionoellemeiU a la fjrrière. On dit que ce fut le combat île J"1 béliers <|ui donna lieu à cette deiou»»"-'- L'un d'eux ayant évité le choe de sou ad»*'saire, celui-ci .il a si rudement donner Jeu tète contre une poiute de rocher qui sorUi de terre, que ce fragment en fut bn>e; 1(1 berger ayant con-ideié le grain de la pi<'rt, trouva que c'était du marbre.

On appelait d'ailleurs Ei rn ,«u«*ou £" %' giles toutes les fêles célébrées a l'ocra*»-* de quelque heureuse nouvelle ; on y f"^'1 des sacrifices aux dieux, on donnait m rep is à ses amis, et l'on se livrait a d\» « ' verii^seoients de toutes sorte»

E V A N G É i .10! E ( E.. li sk , nom donné i uat Eglise protestante firmée par lafusionqu'^1 lieu, eu 1817, entre tes luli.enei s et le* wnislcs, dans le duché de Nass-su. t'e'K D" »ion s opéra la même année à Erantf' r u • l - Meio; puis, en 181*, à Wciui.r. a ; uuu et dans la Bavière rhénane; ea IW-ï

d.'in< la principauté d'Anhalt-Bernbourg ; en f 821. dans celle «le Waldek el le grand-ïucbé de BaJe; eu 1822, dans la He*se, ainsi que d n« ont partie du Wurtemberg. En Fnnce, rétif faiion ne s'est pas encore totalement «p rér;tn Prusse, eHe a éprouvé une gr.mde relance.

EVANliÉLIQUE (Société), association fonite en 1833 par les protestants français, Los e seul bi t, disent-ils, de propager les réricés évangeliqnes en France par tous les œouns que Dieu met à leur disposition.

U »ooiéié entretient des agents dans un

Eand nombre de villes, el fait répandre dès tl j el d'autres livres religieux, par le mm en d'émissaires nommés Evaugélistcs, tid('idVléve->év.tngélisle<«.EIIe est entretenue lu mojc u d • quêtes et de dons volontaires.

Les protestants français ont encore fondé m? autre a social ion sous le nom de Socirt! ' <f£va. gélisation ; elle date de 1838. fconVge est à Nîmes

F.VANlitLISTIï. On donne ce nom aux isi^urs *acrés qui ont écrit l'Evangile, c'est-

ire l'abrégé de la vie, des miracles el de 4 doctrine de Jésus-Christ. Ils sont au nomir- i* quatre : Saint Mat hieu, saint Marc, hiui Loc et saint Jean. Le premier el le dernier étaient ei même temps apôtres, el ont mil ce qu'ils ont vu et ce qu'ils util enlenoQ de la bouche même de Jésus-Christ ; h de» autres étaient disciples, l'uu de ntil Pierre el l'autre de saint Paul, et ont Km ce qu'ils ont appris de la bouche de Inrt maîtres et des autres apôtres. Dans r«aoographie chrétienne, ces quatre Evan- (fet» mat designés et spécities par les V^tc animaux symbolques de l'Apocatype Saint Matthieu par l'ange, saint Marc jirltlhu, saint Luc par le bœuf, el saint Im par t'aig e.

Onappelle aussi Evangélisle , dans quelps eba ilres, celui qui iit i Evangile à la solennelle

LT4NGBLISTKS. 1. C'est .e nom que prif»i les parti-ans de saint Jean l'Kvangéliste, Un» quelques communautés de franciscains. Vmi ces religieux, il s'éleva en Portugal, •us Jean V, dans le siècle dernier, une dis- 4if assez niaise sur la prééminence rel »ire »»ntre «ainl Jèan-llaplisle , précurseur * Jésus- Christ, et saint Jean t'Evangéliste, I^lre b<en-aimé du Suiveur. Les anciens rioeisciins ou Huptistts tenaient pour le r'curseiK; les franciscains réformés par »'nte Claire, ou Era g.'listes, éiaient pour 'ipt're. ''elle dispute fil naître diver» opus- Qles imprimés sous le nom de Rhapsodies, flre donné sérieusement, mais qui, dans e'taine acception de ce mot, pouvait fort Mu leur contenir. Des couvents d hommes -•Stipule passant dans les clol res des reliî'lu*e* v produisit une effervescence inouïe, '•reequ elle y trouvait de* léles lus c«»mU .s- Mfs. Il eu résuit * un seni me dans toute la 11 te du terme. Et oulon^ à ce sujet K >uillé,

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