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hommes des crimes qu'ils avaient commis.
EXPIATION.— 1. Les Juifs ont une fête A laquelle ils donnent le nom de Kippour ou d'Expiation ; elle arrive le 10* jour du mois de tisri, et a été instituée pour la rémissiott des péchés de tout le peuple. Les autres fêtes étaient consacrées à la joie, mais celle-ci était destinée aux larmes et à la pénitence. L'emploi du grand sacrificateur avait, ce jour-là, quelque chose de plus solennel et de plus respectable. Il lui était alors permis d'entrer dans le sanctuaire, dont l'accès lui était interdit en tout autre temps. 11 se préparait à cette grande cérémonie par une ablution générale de l<>ut son corps, et par la continence durant l'espace de huit jours. On lui amenait devant le tabernacle deux boucs, sur lesquels il jetait le sort pour savoir lequel devait être sacrifie. L'Ecriture ne nous apprend pas de quelle manière le sort était jeté. Quelques anciens rabbins disent qu'on portail au sacrificateur une urne dans laquelle il y avait deux morceaux de bois, sur l'un desquels étaient gravés ces mots : Pour Jéhova; sur l'autre, on lisait: Pour Azazel. Le pontife, placé enîre les deux boucs, secouait l'urne, y mettait les deux mains, et prenait de chacune un des morceaux de bois. Si celui où se trouvai! écrit Pour Jéhova se trouvait dans sa main droite, ce qui était regardé comme un heureux présage, le bouc placé à sa droite était immolé au Seigneur, et le pontife arrosait de son sang le propitiatoire. Après le saeri5ce,on lut amenait l'autre bouc; il mettait les mains sur la lélede cet animal, le chargeait de toutes les iniquités du peuple, et le faisait chasserdans le désert. Voy. Azazel et Bouc émissaire. C'était aussi dans ce même jour que le grand prêtre donnait au peuple la bénédiction solennelle dans laquelle il prononçait le nom redoutable de Jéhova ; c'était la seule fois, mais personne ne l'entendail à cause du bruit des voix et des instruments de musique. Lorsqu'il sortait du S tint des saints, il marchait à reculons, le visage tourné du côté du propitiatoire, et la léte baissée.
Les Juifs modernes célèbrent cette fétc par le jeûne; ils se rendent dès la veille à la synagogue, les plus religieux y passent la nuit; le jour de la féle, ils y vont de grand malin et y demeurent une partie de la journée, occupés à la prière, a la récitation des psaumes, à la confession de leurs péchés pour en obtenir de Dieu le pardon. Le soir, on sonne du cor pour annoncer la fin du jeûne; aprèn quoi on sort de la synagogue en se souhaitant les uns aux autres une longue vie. Léon de Modène dit que plusieurs su baignenl et se font donner 39 coups de foucl; que ceux qui retiennent le bien d'autrui, et en qui les remords de la conscience ne sont pas éteints, le restituent à celle occasion; qu'on demande pardon à ceux qu'on a offensés; enfin, qu'on fait des aumônes « t généralement tout ce qui doit accompagner une sincère pénitence. Il ajoute qu'aulrefo s 011 pratiquait, la veille de cette fète, une cérémonie assez ridicule, qui consistait à se
frapper trois fois la tête arec un coq vivant, el à dire chaque fois : Qu'il soit immolé au lieu de moi! mais elle a élé abolie en Italie el au Levant, comme empreinte de superstition.
2. Les païens avaient aussi des expiations ou cérémonies religieuses par lesquelles ils prétendaient purifier les coupables el les lieux profane». Il y en avait de plusieurs sortes, el chaque espèce avait des cérémonies particulières. Les principales étaient celles qui se pratiquaient pour l'homicide, pour les prodiges, pour les villes, pour les armées et pour les temples. Vo ci en quoi elles consistaient, d'après le Dictionnaire de Noël:
Expiation pour l'homicide— Elle était accompagnée, dès les siècles héroïques, de cérémonies solennelles et gênantes. Lorsque le meurtrier était de haut rang, les rois euxmêmes ne dédaignaient pas d'en faire la cérémonie. Ainsi Copreus, qui avait tué Iphise, est expié par Eurysthée; Adraste, par Crésus, roi de Lydie; Hercule, par Céix, roi de Trachine ; Orcst<*, par Démophoon, roi d'Athènes ; Jason el Médée, par Circè. Apollonius de Rhodes a décrit, dans le plus grand détail, les cérémonies de celte dernière expiation, mais elles n'exigeaient pas toutes des rites aussi pénibles. Achille, après avoir tué le roi de Léièges, se contenta de se laver dans de l'eau courante. Enée n'ose toucher les dieux Pénates qu'il veut emporter, jus-
Su'à ce qu'il se soit puriGé dans quelque euve. Les cérémonies romaines étaient différentes de celles des Grecs. Lorsque Horace fut absous après avoir tué sa sœur, les pontifes élevèrent deux autels, l'un à Jnnon, protectrice des sœurs, l'autre an génie du pays; on offrit sur ces autels plusieurs sacrifices d'expiation, après lesquels on ûl passer le coupable sous le joug.
Expiation pour le» prodiges.— Céluii une des pins solennelles chez les Romains. A l'apparition de quelque prodige, le sénat, après avoir fait consulter les livres sibyllins , ordonnait des jours de jeûne, des fêles, des leo tislernes, des jeux, des prières publiques, des sacriOces. Toute la ville était alors dans le deuil et dans la consternation, les temples ornés, les leclisternes préparés dans les places publiques, les sacrifices expiatoires réitérés pour détourner les malheurs dont on se croyait menacé, Voy. Lectisterne.
Expiation pour des villes et pour des lieux particuliers.— Il y avait dans le calendrier romain des jours marqués pour l'expiation de la ville de Rome : c'était le 5 février, où l'on ioiiuo'ail pour ceh des victimes amburbiales. Outre velle féte annuelle, il y en avait une qui revenait tous les cinq ans, cl c'est du mot lustrale, expier, qu'on donnait le nom de lustre à un espace de cinq ans. Voy. Amiuuvale*, Compitales.
Expiation des armées.— Voy. Armillstde.
Expiation pour les temples ou pour les lieux sacrés.— Si quelque criminel entrait dans un lieu sacré, le lieu était profané; il fallait l'expier. Œdipe, exilé de son pays, alla par hasard vers Athènes, et s'arrêta à
ù DES RELIGIONS. ^
Colone près du temple des Ëuménides, dam un bois sacré : les habitants, sachant qu'a était criminel, l'obligèrent de faire les expia, lions nécessaires. Ces expiations consistaient à faire des coupes sacrées de laine récemment enlevée de la toison d'une jeune brebis, à répandre de l'eau pure et uon do vin à verser entièrement el d'un seul jet la dernière libation, le tout en tournant le visare vers le soleil ; enGn, il fallait offrir trois fois neuf branches d'olivier (nombre mvstérieoxi, en prononçant une prière aux Euménides OEdipe, crue son étal rendait incapable de faire une pareille cérémonie, en chargea Ismène, sa flllc.
Outre ces expiations, il y en avait encore pour être initié aux grands el aux petits mystères éleusynieus, à ceux de Mithras, aux orgies, etc. Il y en avait pour toutes 1rs actions de la vie un peu importantes : les noces, les funérailles, les voyages, étaient précédés ou suivis d'expiations. Tool ce qui était réputé de mauvais augure, la rcnconlrs d'une belelle, d'un corbeau ou d'un lièvre, un orage imprévu, un songe, et mille autres accidents, obligeaient de recourir aux expiations. Voy. Purifications, Sicaincti
EXTEMPLO, terme usité dans les cérémonies religieuses chez les Romains. Lorsque les sacrifices étaient achevés, les hérauts criaient Extemplo pour avertir le peuple qu'il fallait sortir du temple. Cette expressif correspondait ainsi à 17/e, Mista est, que le diacre prononce après la messe. Par la sui t du temps celte formule est devenue un simple adverbe, qui signilie sur-le-champ. Voj. Exesto.
EXTISP1CE, un des instruments qui servaient aux sacriGcaleurs romains à fouît tt dans les entrailles des victimes pour les inspecter.
EXTISP1CES, do latin exta inspietrt, «a miner les entrailles; c'était le nom de certains ministres des sacriGces, qui avaient U charge d'inspecter les entrailles des victimes pour étudier la volonté des dieux, el en tirer des présages. Celte divination était très en vogue dans la Grèce. En Italie les premiers extispices furent des Etrusques, cbei qui cet arl était en grand crédit. Voy. Auspices
EXT1SP1CINE, inspection des entrailles des victimes. Les règles de cet arl étaient fort incertaines. Tous les compilateurs assurent qu'on n'a jamais douté qu'un lobe double ne présageai les plus heureux événements. On lil pourtant dans l'OEdipe de Sénéqoe que c'était un signe funeste pour les huis monarchiques. Vilruve donne à celte science prétendue une origine vraisemblable. « l e> anciens, dit-il, considéraient le fuie de» animaux qoi paissaient dans les lieux où ils 'volaient bâtir ou camper; après en avoir ouvert plusieurs, s'ils trouvaient les foies paies, ils concluaient que les eaux, el la ooorrilore ne pouvaient être bonnes ; alors ils abao donnaient la localité. »
EXTRAVAGANTES, épllres, décrétait»
ntiitutions des papes, publiées depuis les Eoeolines. fclles furent ainsi appelées lorsnc. o'etaot pas eucore mises en ordre, elles £:rni c mroe hors du corps du droit canon ; depuis <] D'elles y ont été insérées, elles ont Ejuari conservé le nom d' Extravagantes.
ij a deux recueils de ce nom : les l£x trait! de Jean XXII ; ce sont vingt épllres, étales oueoastitutions de ce pape, disl risous quatorze titres, sans aucune di-
0 par livres; et les Extravagantes nés, qui sont les constitutions des qui occupèrent le saint-siége , soit
1 Jean XXII, soit après lui : elles sont par livres comme les décrétales.
XTKÊME ONCTION, sacrement de l'E- « ulholique, institué par Jésus-Christ, le œojen duquel les malades sont puiïrestes de leurs péchés, forliGés dans jpice, cl même guéris de leur maladie, si ni expédient pour leur salut. II est de ce sacrement de la loi nouvelle dans rrde saint Jacques; voici les paroles Capolre : < Quelqu'un de vous est-il maqu'il fasse venir les prêtres de l'Eglise ; ceux-ci prient sur lui, l'oignant d'huile loa du Seigneur. La prière de la foi saule malade, et le Seigneur le soulagera ; j'il est souillé de quelques péchés, ils lui ni remi<. » Ce passage a été pour les profits, ennemis de l'Extrême - ouelion sacrement, un motif de rejeter l'Epl- >aiot Jacques comme apocryphe. Deqoelque temps néanmoins la plupart réintégrée dans leurs éditions de la lu uns pourtant reprendre l'usage de l'Ext -onction.
Lu cérémonies de ce sacrement consistais»* les onctions que fait le prêtre sur Iffoidu malade, ses oreilles, ses narines, ii hoche, sa poitrine (ou ses reins dans Hoes diocèses), ses mains el ses pieds, '« de l'huile d'olive bénite par I évéque, •J'odi-saiul. En faisant ces onctions il prowe celle formule, modifiée suivant les «obres qu'il oint : « Que Dieu, par cette icIjoq de l'huile sacrée et par sa trèsune miséricorde, vous pardonne les pé- É qoe vous avez commis par la vue..., r Toute..., par l'odorat..., par le goût el la rôle..., par l'ardeur des passions..., par loucher... et par le marcher. » Les effets de itréme-onclion, lorsqu'elle est reçue avec dispositions nécessaires, font de confé- ' la grâce sanctifiante, d'effacer les péchés niels, et même les mortels, quand le maie n'a pu s'en confesser, et qu'il en a un itjblc repentir; de fortifier le malade, as ses derniers moments, conlrc les tentant do démon et les horreurs de la morl, quelquefois, ainsi que nous l'a tons dit, lui rendre la santé du corps, si cela est nuageux pour son àme.
Jolre les cérémonies preser tes par l'Eglise sr l'administration de ce sacrement, pluurs rituels anciens font mention d'un 'ge qui consistait à coucher les malades ' a cendre, et à les couvrir d'un cilicc hltal qu'on leur donnait l'Exlréuie-onc-
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(ion. Voici ce qu'en disent les ordonnances synodales du diocèse de Grenoble : « Les curés el les prédicateurs expliqueront aux peuples la doctrine d'Innocent I", qui a écrit que le sacrement d'Exlréme-onction était une espèce de pénitence, cYsl à-dire la pénitence des mourants, et de ceux qui ne sont plus en état d'en faire que de cœur par la contrition, et par l'acccptalion des maux et des peiues qu'ils endurent dans leur lit, el que c'est pour cette raison que la coutume de ce diocèse, qui subsiste encore dans nos rituels, a été, pendant M)0 ans, de bénir des cendres, et d'en fjire un lit, où l'on mettait le malade couvert d'un cilice bénit, pour recevoir l'Extréme-onclion, et pour protester en cet état qu'il se reconnaissait pécheur, et que, s'il revenait en santé, il ferait la pénitence que ses péchés méritent.
D'autres rituels semblaient autoriser des pratiques qu'on peut taxer de superstition. Celui d'Autun, de 15'*5, porte textuellement : « Pendant que ces choses se feront et diront, les ministres feront allumer treize chandelles, qu'on fichera en quelques lieux divers par la chambre, à l'entour du malade. » Le rituel de Périgueux,del536, prescrit la même chose; et ces treize chandelles fout voir, dit Thiers, jusqu'où allait la simplicité des anciens rituels, publiés avec si peu de précaution, qu'on y semait et autorisait des superstitions visibles.
Il y nvail autrefois, dit l'auteur du Traité de* tuperstitiong, et peut-être y a-l-il encore aujourd'hui des gens assez fous pour croire qu'ils ne guériraient point ou qu'ils mourraient bientôt, s'ils recevaient l'Exlréme-onction dans leurs maladies, quelque besoin qu'ils eussent de la recevoir; comme si ce sacremeut, qui a été institué pour rendre la santé de l'àme et celle du corps des malades, les eût empêchés de la recouvrer, ou qu'il eûl avancé leur mort. Voici quelques auttes superstitions qui regardent la même matière : les uns s'imaginent que la réception do ce sacrement diminue la chaleur naturelle ; les autres croient qu'après qu'on l'a reçu les cheveux tombent au malade ; quelques-uns sont dans la pensée que quand une femme enceinte a reçu l'Extréme-onclion, elle a plus de peine à accoucher, el que son enfant au ra la jaunisse; plusieurs soutiennent que les mouches à miel, qui sont autour de la maison du malade, meurent peu de temps après ; il y en a qui sont persuadés que ceux qui ont reçu ce sacrement ne doivent point danser de tout le reste de l'année, parce qu'ils mourront, si cela leur arrive ; quelques-uns croient que ce serait un grand péché de filer dans la chambre du malade à qui on l'aurait administré, parce qu'il mourrait si on cessait de filer, ou que le (il vint à se rompre; d'autres enfin prétendent qu'on ne doit point te laver les pieds que longtemps après l'avoir reçu, et qu'il faut toujours avoir une lampe ou un cierge allumé dans la chambre du malade, tant que dure sa maladie.
11 s'est trouvé des gens qui s'imaginaient qu'après avoir reçu l'Exlréme-uncliou if
n'était pins permis de rendre le devoir conjugal, de manger de la chair, de marcher pieds-nus. Plusieurs synodes excommunient ceux qui sont dans cette erreur. D'autres se sont imaginé qu'on ne pouvait plus faire son testament, ni disposer de ses biens. Il ne faut pas, disent quelques idiots, se tenir
DICTIONNAIRE DES RELIGIONS m
de Nicee cl I oraison qui le suit. Le semai prêtre commence ensuite par la bénédictin de sa branche, en faisant le signe de larron et il rallume; puis il dit l'oraison doininicaù et le reste a peu près comme le premier, la attires, selon leur rang, font le* même* prie res ; de sorte que l'on dit sept leçon» d< s Kt,i-
aux pieds des malades, vis-à-vis d'eux, lors- très, sept des Evangiles, sept paumes cl W]H
qu'on les administre, parce qu'on avance oraisons par iculières, ouire les coinmuoM
leurs jours el qu'ils meurent plus tôt. tirées de la liturgie.
2. Les Grecs appellent l'Extréme-onclion Lorsque tout est achevé, le malade s'ar-
Euché leon, ce qui signifie huile de la prière, on proehe, si ses Forces le lui permettent, cl nn
accompagnée de la prière; et ils procèdent à ['' fait asseoir le visage tourné vers l'orient, la collation de ce sacrement avec plus de solennité que chez les Latins. L'office se fait ordinairement par sept prêtres, parce que saint Jacques d.t au pluriel : Inducat presOyteros ; faute de sept prêtres, on peut se contenter de cinq cl même de trois, mais on ne
voit pas qu'on le fasse administrer par un suite le livre, cl on lit le premier passage sur
seul. Ces cérémonies ont lieu trés-souvenl lequel on tombe ; on récite le symbole el
dans l'église, à moins que le malade ne soil (rois oraisons, après lesquelles on élève U
pas en état d'y être transporté ; cela avait croix sur la tête du malade, en prononçant
lieu fréquemment autrefois dans I Kglisc la- sur lui l'absolution générale. Si le tenait
line. On prend de l'huile d'olive, on 1 1 met permet, on dit encore d'autres prières, cl on
Les prêtres soutiennent au-des<us de sa (é« le livre des Evangiles el lui impotent ta mains; le plus ancien récite les oraisons pro. près, puis le malade se lève; on loi donne lj bénédiction avec le livre des Evangiles, h on dit l'oraison dominicale. On ouvre en-
dans une lampe à sept branches, et le plus ancien des sept prêtres récite des prières et des bénédictions; ensuite on fait l'onction sur le malade en diverses parties de son corps, après avoir allumé la première branche, et ainsi des autres, en continuant les prières et faisant le signe de la croix.
On a prétendu que, dans la plupart des Eglises orientales, lorsque les prêtres donnaient l'Extrême -onction à un malade, ils conféraient en même temps le même sacrement à toutes les personnes présentes, soit dans l'église, soit dans la maison; mais les Orientaux les plus instruits soutiennent que les onctions que Ton fait alors aux personnes en santé ne font point partie du sacrement , mais sont des onclions faites à dévotion, el pour contribuer à la sanctification des personnes présentes.
3. Voici ce qui est prescrit pour l'Exlrémeonction chez les Copies, dans le rituel du patriarche Gabriel : On emplit de bonne huilede Palestine une lampe à sept branches, qu'on place devant une image de la sainte Vierge, et on met auprès l'Evangile et la croix. Les prêtres s'assemblent au nombre de sept, mais il n'importe qu'il y en ail plus ou moins. Le plus ancien commence l'oraison d'action de grâces, qui est dans la liturgie de saint Basile; il encense avant la lecture de l'EpIlie de saint Paul, puis ils disent tous : Kifie eleison, l'oraison dominicale, le psaume xxxi, cl plusieurs oraisons. Quand il les a achevées, il allume une des branches, faisant le signe de la croix sur l'huile, et cependant 1rs autres chantent d<*s psaumes. Il récite d'autres oraisons, et lit la leçon de l'Epilrc de saint Jacques en copte, dont la Inclure se fait ensuite eu arabe ; puis Sanclus, Glurii l'uiri, l'oraison de l'Evangile, un ptaurne qu'il dit a ter i.ilivcinenl avec un fi titre prêtre, un évangile en copie el en i'.rabe, ure o:. tison au l'ère, une pour la caix. et une troisième générale, le stmbole
fait la procession dans l'église avec l i lam e bénite et des cierges allumés, pourdemmder a Dieu la guet ison du malade, par l'intercession des martyrs et des autres saiot». Si le malade n'est pas en étal d'aller luimême auprès de l'autel, on subslitueunc personne à sa place. Après la procession, les prêtres font les onctions sur le malade, puni* se font une onction les uns sur les autre» Je celte huile bénite, et ceux qui ont assise i la cérémonie reçoivent aussi une onciio\ mais noH eu la manière qu'elle est faite sur le malade.
k. Les Jacobitcs syriens ont des rites et des prières assez semblables; on n'y reiuarqiis que de légères différences qui ne sonl pai essentielles ; et les Ethiopiens en ont unecunforme au rituel d'Alexandrie. Il en est de même des Maronites el de la plopirl des chrétiens orientaux.
EYATHREN, un des six Gabambari, génies des anciens Perses, ou personnilicaiioos des (êtes instituées pour conserver le souvenir de la lutte du bon et du mauvais trio*
ci|«e.
EYRA , divinité des anciens Scandinave*; c'était la déesse de la médecine ; elle soi* enail les dieux cl les héros dans leurs maladies.
ÉZAGULIS, dieu de la mort chez •« anciens Lithuaniens, qui célébraient en son honneur des fêles funèbres appelées Skier-
StUWrf.
ÉZAN, appel à la prière dans les Dations mahométancs. On sail que les musulmans ne se servent po'int de cloches ; iU croicol que la voix humaine est le seul instrument assez noble pour appeler le peuple à on de* voir aussi auguste que celui de la prière. Aux cinq heures canoniques les .Muez<ins<>a crienrs montent sur les galeries quietpi">n* n ni les minarets des risquées, et li.dmi ure a'.l.tude il avec dcsmoJul I: ms de - r-
riz
ées, fli entonnent ces paroles : c Dieu • rxand! Dieu très-grand! Dieu trèsidl Dieu très-grand ! J'atteste qu'il n'y a .t d'autre dieu que Dieu ! J'atteste qu'il i point d'autre dieu que Dieu I J'atteste Mahomet est l'apôtre de Dieu 1 J 'atteste Mahomet est l'apôtre de Dieu! Venez à •ière! venez à la prière I venez à l'œuvre alul! venez à l'œuvre de salut! (A la 'e du matin on ajoute : La prière vaut i\ que le sommeil, la prière vaut mieux l« sommeil.) Dieu très-grand! Dieu trèsd! il n'y a point d'autre dieu que ! • Le but de la répétition de ces fori est de donner plus de fonte aux in vins que fait le muezzin d'abandonner •affaire temporelle pour vaquer au dedc la prière. Mahomet le premier proa l'Elan. Les premiers khalifes ne dé- «aient pas de l'imiter en cela, et de i!ir eux-mêmes la fonction demuezzin- ! Bzan se renouvelle cinq fois par . H cmq foi* par jour il met en mouve- ! tous les peuples qui professent la rende Mahomet. Au moment que la voix Muezzins se fait entendre, le musulman, (que soient son état, son rang, *a rondiabandonne tout pour faire la prière: ou «quille dans les mosquées, dans les mai - .dans les boutiques, ila^s les magasins, les marchés . dans les promenades puhs. enfin, partout où l'on se trouve.
': Na«AZ.
■ARIKÉ, sectaires musulmans, disciples aiir, fils d'Ezrak. Ils font partie de la 4e branche des Kharidjis; ils regardent ulife Ali comme un infidèle, et souîient^ïbn-Meldjem a eu raison de le tuer.
iWarenl infidèles les compagnons de o*e( : Osman, Zobéir, Talha et Aïscha ffloe; ils croient qu'il est permis de tuer [nmes et les enfants de leurs adversaires, ïl ne doit point y avoir de lapidation l'adultère, ni de peine pour ceux qui tent les femmes.
ÉCHIEL, l'un des quatre grands pro- "*de l'Ancien Testament, fils du sacrifi- •r Bori, prophétisa pendant l'espace de an* ; et l'on prétend qu'il mourut mare sun zèle et de son devoir, ayant été mort par un prince auquel il reprochait lolitrie. Les Juifs montrent son tombeau, journée et demie de marche de Bagdad; ce désert ce tombeau est encore aujourirès-frèqucnlé comme lieu de pèlerinage.
>iel nous a laissé un livre de prophéties, li de visions extraordinaires, de symet d'allégories, ce qui le rend trèsle à entendre. Il y prédit parliculièm la captivité des Juifs, la ruine do alem; puis il annonce le retour des liies dans leur patrie et le rétablissement mple.
ÉCUIÉLITES, nom que l'on a donné artisans de Jacques Brothers, fanatique, s'annonça comme prophète à Londres, "•«. Ils formèrent , dans le Yorkshire, une le de nouveaux Jérusalémiles ; mais les les du temps les appelèrent Ezéchiéli-
EZO
f's, d'après une fausse interprétation qu'ils donnaient à un passage J'tëzé hiel. Ils attendaient le millenium ou règne de Jésus- Chriit pendant mille ans, époque qui devait renverser tout ce qui existe pour y substituer un nouvel ordre de choses.
ÉZERNIM , un des dieux ou génies élémentaires des anciens Slaves ; il avait dans ses attributions les étangs, les lacs et toutes les eaux stagnantes.
ÉZOUK-YÉDAM, nom vulgaire du second des Védas. appelé en sanscrit Yadjour-Véd'i. Dans le siècle dernier, les savants européens avaient fait mille efforts infructueux pourso procurer les livres sacrés de l'Inde. A force de soins et de sollicitations, ils avaient obtenu à grands frais des missionnaires catholiques l'envoi de quelques parties des Védas, en langue sanscrite et écrites en caractères bengalis, ce qui n'avançait ^uère les curieux , car ces langues leur étaient inaccessibles ; on espérait rependant pouvoir les déchiffrer un jour. Mais, d'après les notices qui avaient accompagné ces envois, on savait qu'on ne les possédait pas d&ns leur intégrité, et qu'il manquait entre autres les parties les plus importantes. Mais voila qu'un jour un membre du conseil de Pondirhéry, arrivé à Paris, se déclare possesseur d'un ni.muscril précieux. Ce n'était rien moin* qu'un Véda, et à raison de son importance, présent en fut fait à la bibliothèque du Moi.
Ecoulons Voltaire rendre compte de cet événement :
« Un hasard plus heureux a procuré à la bibliothèque de Paris un ancien livre des brahmes; c'est l'fYxour Védam, écrit avant l'expédition d'Alexandre dans l'Inde, avec un rituel de tous les anciens rites des brahmanes, intitulé le Cormo-Y éd<im. Ce manuscrit traduit par un brahme n'est pas à la vérité le Védam lui-même , mais c'est un résumé des opinions et des titres contenus dans cette loi. »
Voltaire dit ailleurs : « L*ahbé Bazin, avant de mourir, envoya à la bibliothèque du Itoi le pins précieux manuscrit qui soit dans tout l'Orient , c'est un ancien commentaire d'un brrthme nommé Chumonlou par le Yédam , qui est le livre sacré des anciens brahmanes, t'e manuscrit est incontestablement du temps où l'ancienne religion des gymuosophistes commençait à se corrompre ; c'est , après nos livres sacrés, le monument le plus respectable de la créance de l'unité de Dieu; il est intitulé Ezour-Yédam, comme qui dirait le vrai Vedam expliqué, le pur Védam. On ne peut douter qu'il n'ait été écrit avant l'expédition d'Alexandre... Quand nous supposerons que ce rare manusaita été écrit environ 400 ans avant la conquête d'une partie de l'Inde par Alexandre, nous ne nous éloignerons pas beaucoup de la vérité. » Voltaire ajoute ailleurs que ce livre précieux a été traduit du sansnc'tan, par le grandprêtre ou archibrahme de la pagode de Cuer n<;am, vieillard respecté par sa vertu incorruptible, qui savait le français et qui rendit
DICTIONNAIRE DF.S RELIGIONS
de granos services à Sa compagnie des Indes.
Ce n'élait pas sans arrière-pensée qoe notre philosophe se plaisait à vanter cet ouvrage et à lui supposer une si haute antiquité ; ce petit stratagème convenait à la guerre qu'il faisait à nos livres saints. De nos jours encore, et dans une intention bien différente, une autre école invoqua le témoignage de l'Ezour-Védam. comme celui d'une œuvre brahmanique. L'Essai sur l'Indifférence en cite les paroles, pour montrer l'existence des idées chrétiennes chez les ludiens longtemps avant le christianisme.
Ainsi l'Ezour-Védam était en possession d'un honneur insigne, auquel son auteur n'avait guère songé, et quoique ce livre ne répondit pas tout a fait à l'idée qu'on devait se former du brahmanisme, il passait pour un livre sacré, lorsque tout à coup les Recherches asiatiques de Calcutta font savoir à l'Europe que ce prétendu Védam est l'ouvrage d'un missionnaire jésuite. Un orientaliste anglais, qui se trouvait par hasard à Pondicliéry, ayant obtenu de visiter la bibliothèque des missions étrangères, y avait découvert l'original de l'Ezour-Védam, et avec lui plusieurs autres manuscrits du même genre.
Grande rumeur parmi les savants. Quoi 1 c'est ainsi qu'on nous a mystifiés 1 un missionnaire jésuite nous a fait prendre son ouvrage pour un livre sacré des brahmanes 1 Vouloir tromper toute l'Europe 1 quelle fourberie! quelle noirceur 1 Et voilà encore une imposture ajoutée aux autres dans l'histoire de la compagnie de Jésus ; ce nouveau crime fut dénoncé au public avec autant d'indignation que jamais.
Ce qui embarrassait un peu ics critiques, c'est que l'auteur des Pseudo-Védas parlait des quatre Védas des brahmanes pour les réfuter; il en disait l'origine, il donnait même les noms de leurs auteurs, a (/est une chose inexplicable, dit M. Lanjuinais. que le missionnaire n'ait pas craint d'insérer dans son ouvrage ce qui était capable de le convaincre d'imposture. » Jl y a peut-être une chose plus inexplicable encore, c'est que des hommes d'esprit et de goût se laissent impressionner par des préjugés, au point de fermer les yeux a l'évidence.
L'Ezour-Védam est tout simplement une réfutation des Védas, sous forme de dialogue entre Biache (Vyasa), rédacteur ou compilateur supposédes Védas, et Chumontou (Soumanta), qui remplit le rôle de missionnaire , et qui , suivant qu'il est exposé au début de louvrage, « touché du sort malhoureux des hommes, qui tous, livrés à l'erreur et à l'idolâtrie, c- uraicnt aveuglément à leur perte, forma le dessein de les éclairer et de les sauver. Pour dissiper donc les ténèbres épaisses qui avaient obscurci leur raison, il composa l'Ezour-Védam, où, les rappelant à leur raison même, il leur fait connaître et sentir la vérité qu'ils avaient abandonnée pour se livrer à l'idolâtrie..
L'auteur, il est vrai, n'aborde pas la re-
ligion chrétienne ami son oovrage, nuii cela n'entrait point dans son plan, et aurait certainement nui à son œuvre ; son but était de préparer l'esprit et le cœur des brahmanes, et de les amener graduellement à une entière conversion. Il se contente de leur rappeler des' traditions primitives, de leur faire sentir la vanité des faux dieux, if faire ressortir ce qui pouvait, dans leurs livres sacrés, favoriser la croyance de l'usité de Dieu, cl ce qui était conforme à la droite raison. Pour se faire comprendre d'eux, il fallait prendre leur langage, et pour qu'ils fussent capables de distinguer la lumière, il était nécessaire de guérir préalablement leurs yeux malades. (Nous avons emprunté cet article presque intégralement à des iVoriai sur la découverte des livres saerés de l'Iste, insérées par M. l'abbé Bach dans les Anmin de philosophie chrétienne, lom. XVI etXVlll, 3* série. )
EZRAIL, ou AZRAIL, ht IZRAIL, nonde l'ange de la mort chez les musulmans. Foyt: Azraïl. Voici la description donnée de cri esprit par Mahomet lui-même, dans le récit de son fameux voyage nocturne. F< y« Ascension dbMaiiombt. Parvenu dans le qua trièmeciel, il vit un des grands anges, asu* sur un trône de lumière, et les autres aniH inférieurs, à sa droite et A sa gauche, enivrement dépendants de sa volonté, (l prêts â exécuter proraptcmenl ses ordres. Ses pieds s'étendaient jusque sous les extrémités de la septième terre , et son cou s'élevait jusque sous le trône de Dien. Il avait à sa droite on» table, et à sa gauche un grand arbre, Soi aspect était imposant et sévère. « Dès que je vis cet ange, dit Mahomet, je tremblai** tous mes membres, et mes genoux vacilla»'» s'entre-choquèrent de l'épouvante dont k fut sai*i. Cependant je le saluai. Ezraïl ne rendit le salut. Je me tournai ensuite vers Gabriel. O mon cher Gabriel I lui dis-je, que signifient cette laide que voî!à à sa droite ce grand arbre qui est à sa gauche ?0 M*homet 1 me répondit-il, sur cette table qoe ta vois à sa droite sont écrits les noms de loin les enfants d'Adam; et quand le temps •> quelqu'un d'eux approche, l'ange de la mort se tourne à sa gauche vers l'arbre , ft tt coupe une branche; aussitôt que les feuille de cette branche se sèchent, il connaît que le terme de chacun de ceux a qui appartiennent ces feuilles est venu. Il coupe ioac cette feuille, et dans le moment celui à q«" elle appartient cesse de vivre. Alor* je G$ ne* grande révérence à cet ange, en lui di«ant: O mon bien aimél ange de la mort, expli-i°emoi , je te prie , comment tu recueilles <rt âmes. Il me répondit en ces termes : () Ahmed 1 Di -u a mis sous ma conduite " nombre suffisant d'anges pour m'nidcr. JeQ ai jusqu'à 500,000, et je les distribue s«r la terre par troupes. Quand donc un homme i achevé de consumer ce qui était destin' pour sa nourriture et sa subsistance. 4'" 1 mesure de son temps est tranchée, et que|f terme de sa vie est parvenu à son dersirr période , dans ce moment-là un anre K p*-