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dans le Uvre de Daniel par rapport à l'idole de Bel. C'est pourquoi on leur préparait dos lits, on leur servait des vivn s, quelquefois même on enfermait dans le temple de jeunes vierges qui s'imaginaient jouir des embrasseoients du dieu.
2. L'idolâtrie des Syriens et des Phéniciens avaii beaucoup de rapport avec celle des Babyloniens, desChaldéens et des Assyrien!!. Lucien avance que les Syrims n'avaient point d'images ni de simulacres du soleil ni de la lune, parce que ces astres, visibles à tout le monde, n'avaient pas besoin d cire représentés par des figures étrangères. Mais eelle assertion est contredite tant par îe témoignage dc> auteurs anciens que par le* monuments. Selden assure, d'après Hérodivo, que les Syriens honoraient le soleil sous la figure d'une pyramide de pierre noire, d'une grandeur extraordinaire, supportée par une base circulaire; (elle était, ajoute Sel'ien. la figure du soleil à Armée. Macrohe rapporte aussi qu'à Iliérapolis le soleil était représenté sous la figure d'un homme ayant on long visage, une barbe pointue, portant sur la téte une corbeille, etc. Sur le» médailles, le même astre est figuré par une téte couronnée de rayons. La déesse de Syrie, selon Vossius, était communément représentée sous la forme d'une femme coiffée d'une tiare ou d'un diadème en forme de croissant; de la nnin droite elle lient une chouette, et de la gauche une espèce de spatule; elle est revêtue d'une robe déchirée et i le sein découvert.
Il est hors de doute que les Syriens reniaient certain culte aux poissons ; le lénoignage des anciens à cet égard est anssi général que formel, quoiqu'il diffère sur ertaines circonstances. Arlémidore dit dans >trabon que les Syriens mangent du poison, à l'exception de ceux qui adorent Asarlé. Hygin dit en général que les Syriens nettent les poissons et les colombes au nomredes dieux, et' n'en mangent point. Phurutns ne parle pas d'une manière moins poitive, quand il assure que les Syriens honoeul leur déesse, en s'abstenant de manger es pigeons et des poissons. Xénophon avait ipporlé longtemps auparavant, que le cuve Chalcis abondait en poissons très-gros : apprivoisés, auxquels les Syriens ne perlettaienl pas que l'on touchât, non plus u'aiix colombes. Mais le culte de ces peuies ne se bornait pas là. Quand ils allaient ivoquer leur déesse, ils lui offraient dos tissons d'or et d'argent, selon Athénée, qui «mie que les prêtres menaient devant la alue de ta même déesse des poissons cuits i'ils mangeaient ensuite. Les Syriens, au pport d'Hygin, avaient aussi des figures
(i) Ce prince insensé rendit sa mémoire phn exéibie aux peuples d'Egypte en tuant le boeuf A|>is,
il ne le fit par tes cruautés sans nombre et par tireuse tyrannie qu'il lit pc*er sur ce peuple. L'a mbyse lit-il bien, dit Voltaire, quand il eut i onl't^fjy pte.de tuer île sa main le boeuf Apis? Pour-
>i non ? (I faisait voir aux imbéciles qu'où pouvait
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de poissons, revêtues d\ine légère couche d'or, qu'ils honoraient comme leurs dieux Pénates. Enfin, s'il leur arrivait démanger des poissons, ils expiaient cette faute par une grande pénitence, en se couvrant de sacs et de cendres, selon la coutume de» Orientaux.
3. Il y a déjà bien des siècles qu'on est en possession de regarder l'Kgypte comme le foyer des superstitions les plus grossières; tou9 les genres d'idolâtiie s'y trouvaient liés, coordonnés entre eux, depuis le sabéisme jusqu'à l'adoration des hommes, des animaux, et au fétichisme le plus stupide. Saint Clément d'Alexandrie rapporte que les temples égyptiens étaient de magnifiques édifices, resplendissants d'or, d'argent et de pierres précieuses tirées de l'Inde cl de l'Ethiopie, n Les sanctuaires, ajoute- t-il, sont ombragés par des voiles tissus d'or; mais si vous avances dans le fond du temple et que vous cherchiez l'idole, un employé s'avance d'un air grave en chantant un hymne en langue égyptienne, et soulève un peu le voile, comme ponr vous montrer le dieu. Que voyez-vous alors? un chat, un crocodile, un serpent indigène, ou quelque autre animal dangereux. Le dieu des Egyptiens parait!... C'est une bêle sauvage, se vautrant sur un tapis de pourpre. »
M. Champollion-Figeac s'inscrit en faux contre ces paroles de suint Clément d'Alexan dric. « Tous les sanctuaires de l'Egypte, dit-il, renfermaienten effet un animal vivant; ce n'était pas l'animal qu'on adorait, mais la divinité dont il était le symbole vivant et consacre'. Les exclamations de saint Clément sont donc sans objet. Les Egyptiens pensèrent qu'il était plus digne de leurs dieux de les adorer dans des symboles animés de leur souffle créateur, que dans de vains simulacres de matières inertes ; ils croyaient d'ailleurs que l'intelligence des animaux les liait de parenté avec les dieux et les hommes. »
Assurément nous rendons hommage aux profondes éludes et aux précieuses découvertes qu'a faites M. Champollion dans l'archéologie égyptienne ; mai* il nous permettra de pré érer au témoignage d'un savant qui déchiffre des hiéroglyphes dont la clef était perdue depuis douze siècles, celui d'un écrivain contemporain, tel que saint Clément, Egyptien lui-même, et qui n'était pas étranger à la science des caractères sacré* ; celui de presque tous les auteurs anciens, qui, idolâtres eux-mêmes, s'émerveillaient de 1 1 superstition et de l'idolâtri - égyptienne ; celui du féroce Cambyse, qui piiguarde le bœuf Apis, pour prouver aux Egyptiens que cetanim.il n'était pas un dieu (i) • celui de Juvénal qui dit plaisammeut :
mettre leurs dieux a la broche sans que la nature s'armât pour venger ce sacrilège, i Voilà ce que décide lentement Voltaire : mais peu d hommes sages se rangeront de son avis. Cantbyre a fait gratuite* m- -ut an acte d'impiété < i iinpolilique. n'ayant rieu de mieux a proposer à ( adoration des Egyptiens.
li.Vj I l' TlO.NNAlKK
Pornim ol cepe nef;is viohro Icin-eto mnru. 0 snncias génies, quilnis Inec nascuiiiur in h on: s Numina !
« C'est un crime impardonunMc do porter la <lont sur un porreau ou un oignon. () le saint peuple, qui voil ses dieux pousser dans ses potagers ! »
Nous conviendrons avec M. Champollion que l'inleniion dos premiers théurgos n'était pas sans doulo de matérialise r les objets du cullo, qui* les animaux ol les végétaux étaient cons.u à des divinités diverses ; qu'ils ne furent emploi és d'abord quo comme svmboles religieux ou comme ornements sacres, dans les (coiplos » t 1rs cérémonies publiques; mais ils dovaieul bien provoir que le peuple no larderait pas à piendre le change. Comment en elïol no pas regarder comme une divinité un objet environné do tant de rosporl et de vénération, placé dans le lion le pins saint du lemple, auquel on offrait dos sacrifices, devant lequel on brûlait de l oue ns et ou ebantaildes hwunes, dont on défendait si impérieusement' de se nourrir, qu'on embaumait avec tant de solennité après sa mort? Ce fut en effet co qui arriva. De là cette multitude d'animaix sacres pour les Egyptiens, tels que le hé ier, le chacal, le chat, le sing--, le crocodile, l'épeivier, l'ibis, le taureau, le scarabée, le lueu', le vautour, diverses espèces do serp nts, quelques :ns clos, avec i|uclques arbies, arbustes et piaules.
Il en était de mémo des statues ou idoles proprement dites, bien que, dans le passage que nous avons cite ci-dessus, .M. Champollion semble avancer que les Egvptioiis ne rendaienl point de culte à de vains simulacres. Il y avait cepend tut chez eux plusieurs idoles ce è!ire*, entre autres et Ile d'Ammon, qui avait utie tète de bélier, et qui était quelquefois revêtue de la peau de col animal; la slahic parlante ou musicale de Meinnon ou l'i-Amcriftph, visitée d'abord comme objet de curiosité, puis vénérée dans la suite C'.mmo un objet sacré, devant lequel on ne se présentait plus qu'en offrant des sacrifices « t des libations; l'idole de Sérapis, placée dans le grand temple d'Alexandrie; elle était monstrueuse comme la précédente, ol de ses deux bras elle loucbail les deux murailles opposées du lemple. Kilo avait l'aspect d'un vénérable vieilard, de longs cheveux, une barbe fournie; mais ou y avait ajouté la ligure monstrueuse «l'un animal à trois létes ; la plus grosse, placée au milieu, était colle d'un lion; du coté droit sortait celle d'un ♦ bien caressant, et du coté gauche celle d'un loup ravissant. Ces trois létes étaient lices ensemble par un serpent entrelace. Celle bizarre statue était un composé d • bois, de plusieurs métaux et do pierres précieuses. Ou a va il ménagé dans le lemple une petite fenêtre parfaitement dissimulée, qu'on ouvrait a un j'/ur et à une heure déterminés p ir les astronomes, de manière que les ravons du soleil vinssent frapper sur la ligure et la ••bu du dieu; et le peuple croyait ferme -
DES UELICIONS. p>.
ment que le soleil venait rendre visite à < q idole; aus-i était clle-une des plus ïénercfj de l'Egypte, surtout à Alexandrie, qui était le rentre de son culte.
Los Egyptiens avaient en outre une multitude innombrable de divinités, dont (lacune était représentée avec des altrirms di«. tinciifs, tantôt sous la forme humaine pure, tantôt sous une forme humaine surnom. « de la léte de l'animal son symbole, tanin*, eulin sous la figure de l'animal lui-nu ru-, La léte de bélier caractérisait Ammon, lim', le Nil : mais des a'tri! uts particuliers du liguaient chacun d'eux ; la léte de chue il <i signait Auubis; celle d'hippopolamf, T<pbon, le génie du mal; telle de crocodile Chronos on Saturne; celle d'èpervier, Pliib.i- Sokh ir:s, Hor- s, la lune, le soleil, le sim ! Hermès, spécifies chacun par des uppenii ces particuliers ; celle de scarabée, I bore. l'uni1 des formes de l'hlba; celle de liount. Tafnel; celle de vache, Alhor ou Vénus, etc., etc. Ces figures, gravées sur les orques, sur les propylées, sur les murs Jetemples, ne recevaient aucun homm.i»«; mais elles étaient quelquefois exposes dans les sanctuaires des temples, et alors fil s étaient l'objet d'un culte religieux; surluu: celles d O iris, d'Isis et d'Horus, le> ditux les plus pop ulaires de Elude, bien que le> derniers de l'échelle Iheog mique. Si ces figures u eussent pas été adorées par les Eî»[>lions, la loi de Dieu n'eût pas tait des inj Mulions si révères pour prohiber au milieu fa Juif* toute espèce d'imagos.
V. Dans la Grèce ol dans l'Asie Mineure, les promiei s simulacres dos dieux n'e'acr; que dos Ironcs d'arbres, ou des pierres soii carrées, soil coniques; on se réunissait auprès pour faire des libations el des sacnlires: plusieurs de ces monuments informes traversèrent les âges, et subsistaient encore dans les beaux siècles de la Grèce. < l ce notaient pas les idoles les moins vénérées: tla avaient assisté pour ainsi dire à la naissant de la religion: leur antiquité les rendu! vénérables; c'est pourquoi on bsconsern:
avec le plus grand respect dans les tcnoplt*. Elus tard, on eu sculpla grossièrement li sommet en lui donnant la figure humaine; enfin, à mesure que l'art de la sculpture * perfectionna il ,on l'appliqua aux mnnumertj religieux. Les premiers qui s'avisèrent^ sculpter le corps humain tout enlier, qui détachèrent les jambes l'une de l'autre, qui surent donner de l'expression à la phy s.onomie, (lassèrent pour avoir fait marcher les statues et pour leur avoir donné U *i-s Une fois que lo goût des beaux arts se fut répandu dans la Grèce, on s'appliqua à donner aux figures des dieux la forme la plus correcte, la plus gracieuse ou la plos imposante. Nous ne voyons pas chez ce peuple .mi du beau ces formes monstrueuses mcooibwnos dans la sculpture égyptienne ; il est vrai qu'il n'avait pas, comme en Egypte, lauunif di s emblèmes poussée jusqu'à l'absurde; '1 ne cherchait qu'à frapper les sens, elil^ t-ndait encourager la dévotion en pronMîo!
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aux hommages de la multitude des objets d'une beauté réelle ou idéale.
On employait généralement pour les statoes des dieux les matières les plus pures et les plus précieuses, tels que le marbre, les bois rares et d'une nature compacte, l'ivoire, l'or et l'argent; on les couvrait dévoiles, qu'on changeait et qu'on lavait de temps en temps. Avant de les revêtir de ces voiles, on en faisait une espèce de consécration, en les mettant aux pieds des divinités, ou sur leurs genoux, lorsque celles-ci étaient représentées assises. Pausanias dit que les Athéniens étaient les seuls qui voilaient les statues jusqu'au bout des pieds. Ces voiles n'étaient pas les seuls vêtements en usage pour les slalues; elles élaient aussi couvertes de tuniques, et quelquefois d'un manteau par-dessus la Ionique. La dévotion des particuliers y ajoutait encore diverses parures et des ornements. Il y avait même des circonstances, comme celle des fêtes, où l'on barbouillait leurs visages de certaines couleurs. C'est pourquoi il fallait aussi les baigner et les laver de temps en temps, parce que les exhalaisons du sang, la fumée des chairs et de la graisse brûlées dans les sacrifices, les ternissaient. Ainsi les jeunes filles U'Argos allaient laver la statue de Pallas dans les eau\ de l'Inachus. Ces lotions éiaient regarde* comme des cérémonies expiatoires. Dans quelques villes , certaiues familles étaient rli.irgees d'entretenir la propreté des statues. Déplus, comme les templesdes Grecs n'étaient fermés par des vitres , et que plusieurs uéme étaient absolument découverts, les staues n'auraient pas toujours été garanties des jrdares des oiseaux, si on ne les avait recouvertes d'une espèce de petit toit en forme de lome, appelé po/os, tel que Vénus en avait in à Sicyone.
Nous n'appliquerons pas aux idoles des îrecs ce que nous avons Jit de celles des Jabyloniens et autres Orientaux, savoir, ju'et posées d'abord comme images elles ioirenl par passer pour une réalité, et qu'on ecarda enfin comme sacré, divin, digne d'un ulte de latrie, ce qui n'avait été originalement qu'un mémorial, une représentation •u un emblème. Nous pensons au contruire iu'à mesure que les Grecs firent des progrès ans lesarlseldans lessciences, ils ne voyaient ans leurs idoles que ce qu'il y avait en effet, 'est -à-dire une pure image (nous faisons :>ujours abstraction du peuple ignorant et rossier). Aussi voyons-nous quedans la lutte ui s'établit entre le chri>lianisme naissant et s vieux paganisme, les chrétiens s'appliuaient moins à démontrer aux païens la anilédes idoles que la vanité des faux dieux ; t s'ils condamnaient le culte des idoles , 'était en premier lieu parce qu'il était intimeicnt lié a celui des faux dieux, et en second eu parce qu'ils soutenaient que la diviuilé ne ouvait et ne devait pas être représentée par es images sensibles.
En preuve de ce que nous avançons nous itérons l'exposé de la polémique entre les «ïeos et les chrétiens des premiers siècles,
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qui se trouve dans le Panégyrique des martyrs du diacre Constantin, récemment découvert par le savant cardinal Mai. Ce passage fait précisément partie du fragment cité et approuvé par le second concile de Nicee, tenu sur la question des images.
« Croyez-vous donc, dirent les juges aux martyrs , que nous attendions noire salut de l'airain et du bois, et que nous ne tournions pas plutôt nos regards vers une certaine, force providentielle, qui renferme tout, et par laquelle tout bien nous arrive? — Pourquoi dès lors, répliquèrent les martyrs, vos modeleurs et vos statuaires oiulliplienl-ils, sous des formes si diverses, une foule d» figures, et les placent-ils dans les temples? Pourquoi leur offrez- vous un culte et des sacrifices, et leur demandez*\ous la solution de vos doutes? Mais pourquoi vos tyrans nous perséeulcnl-ils ? La divinité que vous reconnaissez, n'est-elle pas exprimée par des images? Pourquoi donc nous adressez-vous de si cruels reproches, vous qui n'agissez pas à cet égard autrement que nous-mêmes '/ Mais puisque vous portez contre nous, au sujet du culte des images, une accusation bien facile à réfuter, laissez-nous vous ôler sur ce point toute erreur et toute équivoque. Pour nous, nous n'entendons aucunement représenter, sous de certaines formes et sous une figure précise, la Divinité qui est simple et incompréhensible; et nous ne pensons pas qu'on puisse honorer par des image» de cire ou de bois la substance super substantielle et sans commencement. »
Les martyrs exposent ensuite l'économie de la rédemption du genre humain, opérée par le Fils de Dieu, devenu homme semblable à nous, qui est né, a vécu, a souffert, est mort, est ressuscité sous la réalité de la figure humaine, et qu'en conséquonce on peut représenter par des images. « Voilà pourquoi, continue Constantin , nous le représentons par des figures, selon la forme sous laquelle il nous apparut, et sous laquelle il a communiqué et vécu avec les hommes, afin de rév«iller parce type divin la mémoire du salut qu'il nous a apporté, et non pas, comme vous faites, pour créer à notre gré de capricieuses figures, et pour frapper les yeux par la diversité des formes. Chez vous, en effet, un dieu est mâle et barbu, un autre est du genre féminin; un troisième est hermaphrodite; celui-là, déjà avancé en Age, a passé les années de la jeunesse; celui-ci est dans toute la fleur de la vie ; et, pour le dire en on mot, vous n'avez su imaginer les dieux que sous les figures les plus multiples et les plus diverses. Or, d'où avoz-vous appris l'exactitude de toutes ces vaines représentations?»
Précédemment il avait dit sur le même sujet : « Peu de mots suffisent pour exprimer ce que nous pensons du culte des idoles; elles sont à nos yeux comme les poisons dangereux et mortels, comme les serpents les
(>lus malfaisants, avec celle différence que es poisons et les reptiles venimeux ont des morsures légères, qui ne peuvent atteindre que le corps et une matière périssable, au
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lieu que les Idoles s'attaquent a la fois au corps et è l'âme, et les déchirent arec bien plus <le cruauté et rte violence. »
On voit par ceg citations que les chrétiens condamnaient les idoles, 1* parce qu'elles offraient l'image d'an objet qui n'avait pas de typé; 2* parce qu'elles «'(aient l'expression d'un culte vain et Taon ; 3* parce qu'on leur offrait des sacrifices ; 4* pan e qu'elles serraient à corrompre In sentiment religieux et la morale, en rappelant le souvenir d'actions souvent honteuses et indignes de la Divinité, et, qu'en tout étal de ouse, elles favorisaient l'anthropomorphisme, en portant les peuples a croire que la Divinité avait un corps fiil à l'image des hommes.
îi. Un ancien roi des Romains avait judjcicisemenl interdit de donner à Dieu la figure de l'homme ou d'un animal ; mais celle sage défense ne fut pas mé"me observée pendant l'espace <le deux siècles. L'usage de fabriquer des statues de divin tés se propagea bientôt avec une exubérance inouïe, il n'y a peut être aucun peuple qui ait eu jamais plus d'idoles que les Romains. Vn ancien a dit qu'il y avait à Rome un peuple de marbre 1 1 de bronze, qui égalait presque le nomhredes citoyens. Ces statues représentaient les dieux et les hommes. Un temple ne pouvait êlre consacré sans la statue du dieu auquel il était dédié, et cette image devait être placée au milieu de l'édifice. A ses pieds était un autel, sur lequel la première offrande qu'on faisait était de légumes cuits dans l'eau, et une opécede bouillie que l'on distribuait aux ouvriers qui avaient élevé la statue. Elle, était quelquefois dans une niche, et regardait le co uchant , afin que ceux qui venaient lui rendre hommage eussent le visage tourné vers l'orient. Les Romains, contrairement à l'usage de» Grecs, ne frisaient point leurs statues nues: de plus, ils leur donnaient des draperies: on les couvrait aussi quelquefois des peaux des animaux immolés. Les jours de féle, on rougissait le visage de la statue de Jupiter.
Les idoles de* Romains, comme celles des Grecs, étaient l'objet de la vénération publique; et il n'est pas douteux que bien des adorateurs n'aviiienl pas dans le culte qu'ils leur rendaient d'autre objet que l'image ellemême; et presque tout le momie croyait à la sainteté des Pénates. Noos avons déjà vu Ovide se plaindrcquela ligurede Jupiter clan honorée aux dépens de Jupiter lui-même : Colitur pro Jnre forma Jovit. Horace met plaisam ment ces paroles dans la bouched un Priapc:
Olim truneus eram Aeolmis, inutile lign uni. Quum faber incertusbcamnum faceretue Priapum, Malnil esse deum. Deus jette ego...
« Je n'étais autrefois qu'un tronedo figuier, qu'un morceau de bois inutile; un ouvrier, longtemps incertain s'il ferait de moi un escabeau ou un Chape, se détermina à en faire une divinité. Me voilà donc devenu dieu... s Ce Irait a été rendu dans notre langue avec des grâces nouvelles, par le prince des fabulâtes :
l DES RELIGIONS. 1*4
Un bloc de marbre était si beau
Qu'un statuaire eu Ht l'emplette.
Qu'eu fera, dit-il, mon ciseau?
Sera-t-il dieu, table ou cuvette?
Il sera dieu ! Même je veux Qu'il ait en ses mains un tonnerre.
Tremblez, humains, faites des vomi; Voila le maître de la terre.
6. Les C' (tes n'avaient point d'images ni de statues qui représentassent sous la figure d'un homme ou d'un animal les objets de leur vénérai on. Tacite dit expressémenldes Germains, qu'ils estimaient indigne de h majesté des dieux de les représenter «oui quelque figure humaine. Ils avaient ce|pi»danl des esp ces de simulacres. Une comnac était chez eux, selon Witikind, U représentation de Mars. Pelloutier dislngue les Celles nomades ou errants d'avec les aulies. L simulacre des premiers était, «lit- il. aneepee nue ou une lance , qu'ils plantaient suroo tertre naturel, ou sur une érninence qu'ils avaient eux-mêmes formée avec de la terre et des fascines. C'était autour de cette lance oj de celte épée qu'ils s'assemblaient et qu'ils pratiquaient leurs cérémonies. Les Celtes qui avaient une demeure fixe, et qui tenaient leurs assemblées dans les forêts, choisissaient ordinairement un grand et bel arbre pourtour tenir lieu de simulacre, et pour être l'objet sensible de leur culte. Les Celles adorent aussi Dieu, dit Maxime de Tyr; mais le simulacre de Jupiter est, parmi eux, ungnnd chjêne. Quand un arbre consacré mourait de vieillesse ou par quelque accident, on en était l'ccorce, on le taillait en pyramide ou eu colonne ; sous celte forme nouvelle on loi rendait les mêmes honneurs qu'aupiranoi.
Quelques tribus celtes, du nombre dételles qui avaient une demeure stable, plaçaient n ii iiieu de leur sanctuaire un Ciillou ou quelque grosse pierre non équarne. Si l'on a trouvé, dit Pelloutier, parmi les Celtes des simulacres qui avaient la forme humaines celle d'un animal, ils n'appartenaient pas àU religion primitive de ces peuples ; ils étaient empruntés ou des peuples voisins, ou de reuv qui vinrent s'établir dans la Celtique Au reste, il ne faut pas, continue-t-il, prendre pour des simulacres toutes le» figures d'animaux dont l«s Celtes ont pu se servir daus leurs pratiques religieuses. Ainsi le laorem d airain sur lequel les Gaulois prêtaient oi faisaient prêter serment, n'était qu'un vanseau consacré pour recevoir le sang .1. s nelimes humaines. Le serment qu'ils prêtaient sur ce vase marquait quMs voulaient è tt égorgés c mme des prisonniers, s'ils manquaient jamais à leur parole. Le serment qu'ils exigeaient sur ce même vai»>eas avertissait celui qui le prêtait que, s'il venait jamais à tombereulre leurs mains, âpre* avoir manqué à sa parole, il aurait ini ulliblemenl le sort des autres captifs dont il voyait couler le sang dans la cuve. Dans le temple de Gadès (Cad. s , consacre è Hercule, il u'j avait non plu» aucune image, au rapport des aociens auteurs.
Cependant, dans tes temps tx» teneur»,*
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fabriqua dans tonte l'étendue de la Celtique une multitude d'Images de divinités; on en conserve encore maintenant un grand nombre da*is les cabinets el les musées. Mais au* rune de ces fleures n'est antérieure à l'invasion romaine ; c'est pourquoi elles portent pour la plupart des inscriptions en caractères 2rers ou latins. Les Romains avaient coutume d'accommoder à leurs hahiludeset à leur rituel la religion di s peuples vaincus;!!* donnèrent Jonc nnx dieux de la Celtique les noms des livinités romaines, l nr firent élever des temples, Mdresserd s st ilue*,roncurrcmiuent ivec les images qu'ils avaient importées de Home et de l'Italie.
7. Les anciens habitants de l'Irlande , qui appartenaient à la grande famille celtique, unis qui, d'un autre cou», semblent avoir enreiemi des relations assez fréquente-, avec
Orient, avaient pour objet de leur culte des ertres, des érninenecs, et des pierres dresses comme les Gaulois; la plus célèbre l'entre ces dernières est l'idole Crotn-(Jrn>n h, [t;i subsista jusqu'à l'arrivée de saint Patrice:
était une pierre à tête d'or, autour de rituelle étaient dressées douze autres pierres r<»s»ières. On l'adorait comme une divinité, :» lui sacrifiait les pemiers-nés d'entre les mmaux-.on répandait même en son honeurle sang humain, surloulceluidesenfanis; c qui fit donner au lieu où on l'adorait le • in de Ma'jh-sleacih, < hnmp dn massacre, 'lus tard les st.iluc* travaillées forent inlrouitesdans la contrée, sans doute en conséuenec de modifications importées dans le h Ile, peut-être par une colonie tenue de Otienl ; c'est aussi à ce même rite nouveau u 'appartenaient ces images dont ou a trouvé •ii !.}U< s fragments, et qui, d'après la desripiion qui efl a été donnée, étaient de bois • nr, couvertes et enduite* d'un * légère plane d'or, et ornées d'un travail ciselé c msisjnt en une multitude de rayons qui partaient un centre commun, ainsi que sont d'ordiite l s rayon du soleil. Il y avait aus«.if <ms cette seconde période religieuse, un bj<vt d'adoration que l'on appe lait Ktrm mî'ïslach, idole favorite des Ullonicns, laue!le avait pour piédestal la pierre d'or de logher, et avait à peu près la même forme m* l'ancien Hermès des tirées.
8. Les Scandinaves représentaient leurs eux sous la forme humaine, du moins dans s derniers siècles. Le grand temple d'Upsal enfermai les Values de Thor, d'Odin et de rig^a. Adam de Brème, dans ^on Histoire cclesiaslîque du Nord, dit que dans la caitale des Suéonsj app lée Ub-olul, el voisine e la ville deSiélonic, était un temple revêtu 'or, dans lequel les statues de ces l oir, tliinite* étaient exposées aux adoration > du eople. Celle de Th r, placée sur un trône,
cupail le milieu, comme le dieu le plus iissant;à escôtés étaient \S'< den et /•'* irro.
(livinités étaient caractérisées par un r rudoie différent. Odin ou Woden était relé.enlé une épee à la main ; Thor avait une itn onne sur ta tête, un sceptre dans uue tain cl une massue dans l'autre. Ouelquc-
fois on le peignait sur un chariot traîné par deux boucs de bois, avec un frein d'argent ; ta téte était environnée d'étoiles. Frigga était représentée avec les deux sexes et uu énorme phallus.
9. Les Slaves ou anciens Sarmates avaient une multitude d'idoles, dont la forme monstrueuse rappelle celles de l'Inde. C'étaient, entre autres : Zolotaia fiaba, la femme d'or, la mère des dieux, tenant dans ses bras sa petite-fille ; les populations faisaient de fréquents pèlerinages à son temple ; Peroun, dont l'image avait une téte d'argent , les moustai hes el les oreilles d'or, les jambes de fer, le reste du corps du bois le plus incorruptible; Provéeow Prono, dont le simulacre était sur un chêne (rès-elcvé, autour duquel on voyait nue multitude d'idolos en sousœuvre, et chacune d'elles avait deux ou trois faces; Ri>dtgo^t,f\u\ do la main droite louait un bouclier sur lequel était représenté un taureau, et dont il se couvrait la poitrine ; sa main gauche était armée d'une pique; Sera, femme toute nue, aux cheveux pendant jus* qu'aux jarrets, tenant une pomme de la main droite et un anneau de la gauche ; Birioi-Borj, au visage barbouillé de sang et couvert de mouches : Regtvithe, qui avait sept visages à une seule téte, sept épées dans leur fourreau suspendues, à un seul baudrier, uneépée nue à la main droite; Portvithe, qui avait cinq têtes; Porenuee, qui avait quatre visagesà la téte el un cinquième à l'estomac; Svétovide, qui avait les cheveu v frisés et
Suaire visages imberbes; enfin, une foule 'autres divinités dnmest.ques do différentes formes, et qui avaient deux, trois, quatre et cinq têtes. Tous étaient honorés comme des dieux véritables.
10. Les Finnois honoraient Jumala sous la figure d'un homme assis sur une espère d'autel, ayant sur la tête une couronne ornée de douze pierres précieuses, et au cou un collier d'or. Ils honoraient encore le soleil, les animaux, l'ours particulièrement, les eaux, le> arbres, les herbes, les pierres et les rochers, et entre autres un rocher qu ils appelaient Semés, lequel s'avance sur la mer au-dessus d'un gouffre ; ils lui faisaient des offrandes de farine d'avoine mêlée de beurre, qu'ils répandaient sur lui ponr obtenir une heureuse navigation.
11. Un Lapon qui voulait représenter le dieu pour lequel il avait le plus de devotiou, en faisait la figure d'un tronc de bouleau, de la grosseur d'une coudée et de la hauteur de deux. Il avait soin que celte figure eût quelque ressemblance avec le caractère qui, sur les tambours runiques, exprimait la même div inité. Il était d'usage «l'ériger la représentation d'une divinité sur l'endroit où l'on avait enterré la part d'un sacrifice qu o i lui avait destiné. On traçait sur l'image le nom du dieu, soit afin q ie chaque divinité pût reconnait<c le sacrifice qui lui avait été offert, soit afin que l'une ne s'appt priât pas par erreur ce qui était consacre à une eulre. Il fallait l'arroser du sang de la victime, eu frotter les yeux de la graisse de
l'hostie, y tracer en divers endroits, surtout sur la poitrine, des croix et d'autres caractères. Aux côtés du simulacre ou mettait deux hranches de bouleau, qui venaient se joindre à leur partie supérieure. A chaque côté du simulacre qui représentait ilfive nu Anknkn , on avait coutume de placer une brandie de bois terminée par le haut en cercle hérissé de plusieurs point, s. La statue iVHonujdlh'a devait représenter un marteau. Auprès de la ligure de itnfu on «de* ai! des hranches de sa pin teintes du sang des victimes. Si le sacrifice él lit olYerl aux S<t u »f nu frottait des pierres du sang et de la grais e des animaux imtnolés. 11 lallait que dans les statuts des dieux I I racine dit bouleau fut taillée en tète, et que les autres parties du corps fussent prises sur le tronc. On élevait de ces sortes de simulacres sur tous les sacrifices oITerts aux anciens dieux <lc la nation, a Sinukka, au Saino, aux Jabmrks, en ohsenant de plant* r le tronc en terre, afin que la racine qui représentait la tête se trouvât eu haut. Mais si l'on avait ofïeit un sacnlicc à Ha<lien-Atzhu{ ou à liatien- Kinl'lr, on dressait leur simulacre en sens contraire.
La Lapouie est la contrée do l'Europe où le paganisme a subsisté le plus longtemps, et au moment où nous écrivons ceci ii n'est pas eii'-ore tout à lait éteint. Dans le xvir siècle, des voyageurs français virent dans une petite ile située au milieu du lac Toi notre^ un autel tameuv dédie a Si/ta; tous les Lapons de la pro\ ince allaient taire des sacrilices à cette idole grossière et informe, qu'ils couvraient du sang et de la grais>c des victimes immolées ; elle était environnée de plusieurs autres qu'on dirait être la femme et les cillants de Scyla.
\'ï. Les anciens Scvlhcs, d'après Hérodote, n'érigeaient d'autels et de simulacres qu'au dieu de la guerre; ils le r< présentaient en dressant sur un autel immense une épee de fer. Ils 'lui consacraient d s bocages, d;ms lesquels ils cherchaient à amir queh|ues chênes d'une grandeur extraordinaire. Ce^ arbres étaient si sacrés à leurs yeux, qu'ils tenaient pour sacrile e et digne de mort quiconque en eût arraché la plus petite branche ou entame l'ecorce. ils les arrosaient du sang des victimes, au point que l'écorce des plus vieux en était pour ainsi dire incrustée. Le Danube, le Palus- Meotide, étaient aussi des objets de culte pour les Scythes qui habitaient aux environs. Les Massagètes honoraient également le Ta nais nu Don.
l.'L Les Arabes antérieurs à Mahomet mêlaient au sabeisme le culte des idoles. La Kaaba, qui parait avoir été de toute antiquité le sanctuaire national de l'Arabie, devint le panthéon de ce fétichisme : chacune des tribus y plaçait son idole particulière, qu'elle venait adorer régulièrement chaque année, et a laquelle on demandai; tomes les faveurs temporelles qu'on désirait obtenir. On dit qu'il n'y en avait pas moins de 'IHj qui couronnaient le fronton de cet édifice ;
DES RELIGIONS. m
on y remarquait entre autres les statues de Jésus et de Marie. Les idoles principal étaient Hobat, en agate roug*», sous la f, r. me d'un homme tenant sept flècues dam « main ; Menât, grande pierre inform* grossière, à laquelle on attribuait des • Hhs merveilleux. Ozza était un acacia, auquel les coicischiles sacrifiaient burs pui[, filles ; Lut était un rocher qu>- M.iboui-t ordonna de détruire ; à cet arrêt, lad- la tribu qui l'adorait fol plongée dans l'alll,. lion; les feinini s surioul ne pouva eiu >e consoler ; elles employèrent les prièrent le, larmes pour obtenir qu'on laissai sul?i»i-r le simulacre pendant trois ans encre, \m pendant un mois . mais elles ne purent obtenir. Mrrs ; était un aigle, .Sam une femme, Wwld un bouline, ïtimjh un lion, f .i, un cheval.
l'i. Le sabéisme et la pyrolàlrio étaient h religion des anciens Perses, comme ils sont encore l'objet du culte des l'arsi-, leurs desrendants. Il ne parait pas que les fVrxi aient jamais été idolâtres, bien qu'ils euveu cultive la sculpture; leurs palais etni ni Couverts d'une foule innombrable «Je li;ure« sculptées ou gravées, cl reinpl s de »taius de ton es dimensi ons ; mais elles étaient purement historiques, commemoralives ou syruboliqu. s. Kl si nous parhm* ici de ces (Jeupies, ce n'est que pour faire remarquer qot les statues de Mtihra, qui devinrent si cminunes sous les derniers empereurs <fOc> denl, et qui furenl importées dans la n gion grecque et romaine, étaient dur-»
c se m des Humains, qui, e éme en ce!;, to nbèrenl dans une erreur étrange ; ar i;j regardaient Mi. lira comme la pcrsiiuulkaliou du soleil chez les Perses, tandis quc'eiail un personnage femelle, représenta Venus céleste.
I.'i. Nous voici armés dans la h.iule A»?, pays des id des par excellence; ell s fuurm.llent chez les brahmaïusles, les bouddhisie» et les chamanistes.
Les brahman slcs ont deux sortes d'idoles; les unes ne sont a leurs yeux que de purrf i nages, el n'ont droil au respect puMi: qu'autant qu'elles ont été affectées au eu ?, et qu'elles ont reçu préalablement une onsecralion particulière; les aulres leur paraissent identiques en quelque sorte a*e ') divinité, parce qu'ils supposent que Vicfi'i'D nu quelque autre de leurs diviuites, s'est incarné un jour en telle statue, ou parce qa? l'image a ele fabriquée d'un arbre qui e»t lui-même une incarnation du dieu. Les une* el les aulres soûl le bul des mêmes Laminages, avec celle différence néanmoins les secondes, étant plus rares, sont l'objet d'un cuite plus éleudu el plu* solennel, qui jH1' une multitude de pèlerins de toutes K* contrées de celle vaste péninsule ; le le entre autres la fameuse idole de Djnjul'ti'M
Tous les temples servent d'asile à un certain nombre d'idol s ; il y en a qui ci >u encombrés. La principale idole est orntiidremenl dans une niche ; elle est vêtue débits plus ou moins magnifiques; dans
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grandes solennités, on la pare quelquefois d'étoffes d'un haut prix et de riches joyaux. On lui voit assez souvent sur la tétc une couronne d'or enrichie de pierreries ; mais la plupart des idoles en pierre ont uneespèce de bonnet en pain de sucre, ce qui donne à la figure eniière l'apparence d'une pyramide; car les Indiens paraissent avoir pour la- forme pyramidale un goût tout particulier, qui est du peut-êtreà quelque idée emblématique. On sait que divers peuples de l'antiquité, entre autres les Egyptiens , regardaient la pyramide comme le symbole de l'immortalité, et enrore comme celui de la vie, dont le commencement était représenté par la base, et la fin ou la mort par le sommet. Elle était aussi l'emblème du feu.
Il ne faut pas aller dans l'Inde pour éludier dans les stalues des divinités l'idéal du beau, du bon goût, de l'élégance et de la justesse des proportions , comme dans les idoles de la Grèce. Celles des Hindous sont calquées sur les traditions mythologiques qui prêtent occasionnellement aux dieux les formes les plus bizarres; celui-ci a qualrc têtes, cet autre quatre, huit, douze, trente bras et plus ; celui-ci a sur un corps humain une tête d'éléphant, de singe ou de taureau ; cet auirc a un long collier de tètes de morts ; il semble que le sculpteur ail pris à tâche de produire l'œuvre la plus hideuse et la plus effrayante. Aussi les Indiens ont beau les surcharger d'ornements, elles n'en sont pas moins affreuses à voir. La physionomie de celles mêmes qui sont le mieux exécutées est en général d'une laideur horrible, qu'on a soin de rehausser encore en barbouillant, de temps à autre, ces pauvres dieux d'une couche de peinture noirâtre. Quelques-uns, grâce à la piété généreuse de certains riches dévots, ont des yeux, une bouche et des oreilles d'or ou d'argent; agréments qui contribuent à les enlaidir encore, s'il est possible, il n'y a aucune proportion dans les membres ; les altitudes qu'on leur donne sont ou ridicules ou grotesques , souvent obscènes. Au total rien n'est omis pour en faire des objets de dégoût pour quiconque ne serait pas familiarisé avec la vue de ces monstres bizarres.
Les idoles exposées à la vénération publique dans les temples sont de pierre ; celles qu'on porte en procession dans les rues sont de métal, ain>i que les dieux domestiques que chaque brahmane garde et adore dans sa maison. 11 n'est pas permis de faire des dieux de bois ou d'autres matières faciles à détériorer. Il y en a cependant quelquesuues en bots, comme celle de Vichnou sous le nom de Djayat-nalha,e\ en général celles de la déesse lUarùamma. On rencontre aussi fréquemment des statues en argile ou en maçonnerie ; mais ce sont des idole» de bas aloi, qui u'iuspirent que fort peu de vénération.
Une idole, quelle qu'elle soit, ne peut devenir un objet de culte avant d'avoir été consacrée par une foule de cérémonies : il faut
(1) Nous avons dit, à l'article Botomhme, que ce qu «<W* proprement dit.
IDO tîSO
que la divinité soit évoquée, qu'elle Tienne s'y fixer, s'y incorporer;et c'est l'affaire d'un brahmane pourohtla. Les nouveaux temples sont également soumis à une inauguration solennelle, et l'on consacre scrupuleusement tous les objets destinés à leur service. Cependant ces temples et ces idoles sont sujets en mainte occasion à être profanés. Si, par exemple, un Européen, un mahométan, un paria venait par malheur à pénétrer dans un sanctuaire ou à toucher une idole, la divinité délogerait à l'instant même. Or, pour la rappeler de nouveau, il faudrait recommencer de plus belle et à grands frais toutes les cérémonies. i Outre les idoles qui se trouvent dans l'intérieur de chaque temple, les murs et les qu.itre faces des piliers qui soutiennent l'édifice, sont chargés de diverses sculptures. Sur la façade, on a pratiqué des niches dans les-
Juelles sont placées des figures symboliques hommes et d'animaux , dans des altitudes infâmes. Les murs d'enceinte, dont la solidité répond à celle de l'ensemble des bâtiments, sont aussi quelquefois tout couverts de ces images obscènes ou bizarres.
Au nombre des idoles des Indiens nous ne devons pas oublier de mentionner les honteuses figures du Lingam et du Yoni, qui sont vénérées par les sivaïtes à l'égal de Siva lui-même; le taureau, et surtout la Tache, les singes, les serpents, le vautour Garouda, et quelques autres animaux ; la pierre su/agrama, l'herbe darbha, la plante t oui si et l'arbre. awatiha. Tous ces objets sont réellement adorés, au moins en certaines circonstances; il est même peu d'objets qui ne puissent devenir un objet de culte pour l'Hindou ; il est telle fêle, telle cérémonie dans laquelle il doit offrir le poudja (l'adoration) aux outils de son état, aux armes qu'il pone,à l.i lampe ou au feu qu'il allume, au cadavre qu'il enterre, au riz qu'il mange, à l'eau qu'il boit, etc., etc.
1U. Nous réunirons sous un senl article l'idolâtrie des bouddhistes du Trbet, de la Birmanie, de Siam, de Ceylan,de la Cochinchine,du Tunkin, de la Chine et du Japon, bien qu'en examinant les choses de près on pourrait y signaler des différences et des modifications qui tiennent aux localités, aux mœurs et au degré d'instruction plus ou moins avancé des peuples nombreux qui professent ce système de religion.
Comme on a fort différemment écrit sur celte matière, nous préférons suivre pas à pas uu mémoire de M. Bigaudel, missionnaire apostolique qui a vécu longtemps parmi les bouddhistes, et qui parait avoir fort bien étudié et approfondi leurs doctrines. Quoiqu'il eût spécialement en vue la Birmanie, ce qu'il en dit est applicable à la plupart des pays bouddhistes. ■ En examinant de plus près, dit-il, le bouddhisme, dépouillé de tout ce que la superstition, l'ignorance et l'intérêt semblent y avoir ajouté, on Terrait que ce système athée (1) n'offre à la vénération
système religieux nous paraissait plutôt pa*iMùte>
ir,\ MCTIONNAluK H
île ses partions que désires abslra les de vertu, tlo rt'unnci'iiirni ,i soi-même, de détachement tle lotit i-i» i| i i , s ms leur présenter un nu plusieurs objets qui méritassent exclusivement une adoration 'réelle de latrie. Aussi l'auteur de ee système, u u< I qu'il su t, a dû être profondément frappe du ridicule cl de la vanité du eulie des id des. Mais quel qu'ail été le bouddhisme primitif, celui qui a formule le bouddhisme a< lue! n'a pu s'elever a la reconnaissance de l'Klre suprême, parfait et seul di^ne des adnrali ois de toutes 'es créatures ; il s'est jeté dans un excès oppose, en ne proposant à ses disciples que des ideesdevertu.de morale, des al-slraclions sans aucun o! jet réel auquel ils puissent rapporier leurs hommages. Ses ellorls on; éé vains e' s.«iis succès. L'homme a aussi besoin d'objet d'adoraloii que sou corps a h soin d'air pour vitre et le nourriture pour soutenir ; s'il n'a Une pas le (lre.il ur, il se prosternera devant la cr alure et lui rendra les hommages qu'il se sent presse d'adresser à quelque chose eu d l ors de loi Les disciples de bouddha ou du hue!, tle r du bouddhisme ne sont pas restes lon^l. nips sans idoles: un en trouve dans tous b uis temples; et quoiqu'elles ne soient pas au-si muhipliees m si varices que dans 1rs le . pies des brahmanes de l'Inde, on peut cire sur que les pendes bouddhiques sont pass hlcment bien poui vues de ce roté- là.
«■ Voici l'origine que les écrits bouddhiques et les prcîre.sde celle rel fjion donuenl aux idoles : (i iulama étant sur h> point de •Jisparaîlre, d'entrer dan-, ie N naua. c'està-ii,re de mourir, ..pt ela ses dise ip es el leur d l : « V oila que dans peu je ne serai plus au milieu de vous, mais je mus laisse ma loi. mes staluo et nus re.iques; ce. statues, ces reliques, seront comme uns représentants au milieu de \ .»> s : edes lieu. Iront ma place el v aïs leur rendre/ le im-me huuin or c|ue vous rendriez à m i personne. » Par là la plus haute s;m< lion est donnée au < ulte des idoles. .Mais quelle est la nature d<> ce rutle idolàtt iq- e ? est- i 1 relatif eu absolu? (l'est une question qui a l : ,"11 s e\c;le ma curiosité, et a la s i ution de i •q-.teiie jo me suis appliqué d'une manière toute parlirulieie. \ ni i le résultat de ta. s l eelu reli • :
" Les bouddhistes ne reconnaissent d.ms 1rs i io.es aucune \crlu qui so t inhérente à leur nature; ils ne croient p is que l'i une. puisse leur accorder aucune lavem de qu 1-
(Jtle pure tjilr O soit; il- m { t oent pas que la vie ni l'in'e'li^euce , même il i moindre detire. se trou\ eat dans < es s| Mi,, >. Si d ni; un bouddhiste se prosterne il. vaut les idoles, il ie le fait que pmir o'. eir au emnmaudemeni de <i au'atua; il regarde le pro-ir lions devant ces images, les sacriiiecs qu'il leur l'ait, comme d s act s bous et nicri1, irrs. prescrits par I i ioi . et à l'accompli ssemenl desquels sont attaches l leli des mentes; quand il la il une bonne ouvre quelconque, il sait qu'.l "agne tels et tels mérites (pu sont lrès,voi<;ueusemonr enumeiesdaiis U- livre de la loi . de na ine aiis^i
1S IU LIGlON-s t: .
quand il fait un - idole, bâtit une pagode, l'ail des olliaud s aux idoles, les .i lure, r:,., etc., il .ir le fait que pour cagner le> ni r.tesque la loi lui accorde fort U!»eraleui- ;a pi.ur tout cela. L bond lliiste n'a rn n au ic ihosccn vue. Du e qu'il a inl< nlian de r p poner sou culte à l'hra Gauuimn , c\ si »*> tromper gi os-ièn-nn ni. puisqu'il s.iil lw . que son l'hra n'est plus , qu'il a dis aru qu'il n'entre pour rien dans les affaire 1 ce monde, qu'i u un mol il a cesse «l e p ; r. un être qui n'est pas ne peut ëire l «d^. d'.idoi ai ion, quelle qu'elle puisse éire.Oj u a-lore de fausses divinités que, par ui-.e erreur, l'on croit exisia les quelque p^r cel.i se conçoit ; mais que quelqu'un pense j rappoiier l • culte qu'il rend a uueinn^ou à u e statue, à sou prototype, qu'il va l n'exister nulle pari sous aucune forme, ê >[ ce qui ne peut eulrci" dans I imasuiauuQvl: personne.
« J'ai souvent entendu des Birman; niv ligeuts me dire, lorsque je eUspu;ais m. eux, que c'était pai respect pour IMira 'jiatania qu'ils adoiaienl les idoles, eu ce vin que ces idoles représentaient la Ciur i-: Tina, el que d'ailleurs ils avaient son ordre formel de les adorer comme lui - rneai'. connue ses représentants ; mais pas un oc m'a dii qu'il pensait à rapportera Pliri G ol m» i les marques de respect, de venerj o.. les offrande» eulin qu'il taisail à ces i !• I e tous au contraire avouaient qu'ils avai^ en vue l'idole présente sous leurs jeuvet rien au delà. Combien doue sonl mens obères et pitoyables les assertions des t™ tants et de nos incrédu es! Les premiers pr<tendent que rhonneur que les callwli.|iie< rendent aux images du Sauveur, desa».nutt mère et des sain'-, est semblab e à celui qje les idolâtres rendent aux isoles ilsueuuh ni pas .savoir <jue les catholiques ne><'*ïrve ,l de ces objets visibles que pour sVu>?r aux objets invisiii.es el sactesquiL r-presentent, et que 1'.. mineur rendu auueiucr ns e i a;ijiorieiil tout entier à son (}[> • ' < que ne |,iit pas l'ulolât-e. Kl si la dilleie;: ; est si ^r.uide. n.éme a l'ejçard du bau ,*i .» i >trie. qui est le moins er,, SK.|- ,jt» (,,Us le ru.ir* i lolàh .ques , ijue serait-ce si nous ev.i •• nions 1rs autres leli^ioiis païennes.' L» m" (on is, qui ont avance tant de choses j une grande haribes>e qui leur servi t Jo preuve, ont voulu trouver chez les ido à ? un cube relatif. Je ne veux pas p. rNr ,1' auli cs ido àtnes, mais seulement d«- cel-c eu bouddhisme, qui est pratiquée parpiè- Ju qu.ir. du Relire huio.iin. Je puis .is»a. r qu'eu il.eorie cl ni | ratnpie, -es iioudd'1 .'dorent, \ enlablemeul elslriclemeiii|tir .r I. les nioies. comme et Ut, avec la lo; cliJ>* sem; Ire »b'S justes, les seuls objets lai«e>a I ur adoration.
« J'ai avancé que les boudd1 ish'S »« crovaieui pas qu'aucune verlu partieuliert résidât dans P s images de l'hra ; il> aJiueilenl ( epei danl que les reliques de HoufJJhJ comme parties d'un corps qui avait ele à--* des plus hautes perfection* . ont o>n*w»«
!iS3 IDO
quelques vertus secrètes au moyen (lesquelles de grandes merveilles s'opèrent aux lieux où elles ont été déposées. Les pagodes qui renferment ces précieux dépôts sont qucl- ■uejb'i loul éclatantes du lumières pendant U nuit ; on les a vues se couvrir d'or subitemenl. Pendant mon séjour à Merguy, on vint m'annoncer un beau matin qu'une pagode avilit été dorée subilement pendant la nuit : je me misa rire ; mais, pour satisfaire met Birmans , je voulus m'y rendre avec eux; arrivés sur les lieux, nous ne vîmes rien de tout ce qu'on annonçait; alors on se c intenta de dire que la vertu miraculeuse de la relique étant épuisée, la merveille avait dijp«iru. Suivant la légende la plus authentique, les reliques de Phra étaient fort peu considérables; mais l'intérêt et l'ignorance les ont multipliées à un point extraor dnaire. Il n'y a presque pas de pagode un peu fameuse qui ne se vante d'en posséder; quelques Ponghis et charlatans birmans, pour se faire un nom et obtenir une nombteuso :lientèle, ont la prétention d'en avoir aussi juelques portions.
• Les hommages extérieurs que les boud- Ihistes rendent aux idoles consistent en prostrations et offrandes de (leurs, de parums, de banderoles élégamment découpées, le parapluies blancs ou dorés, etc. Quelqueois, mais assez rarement, on leur offre des ruits, du riz, etc.; mais ces sortes d'offrunles sont réservées plus spécialement aux ials. C'est aux quatre «luarticrs de la lune, nais surtout aux nouvelles et pleines lunes, lue l'on voit les pagodes, les maisons den 'onghis s»' remplir d'offrandes de toute spéce; à ces fêtes-là aussi les pagodes sont lus ou moms illuminées, suivant le plus ou Doiusdc fortune ou de piété de ceux qui vivent subvenir aux frais. Rarement on oit les Birmans réparer des Moles ou des agodes, parce qu'ils prétendent qu'il y a eaucoup plus de mérite a en faire de nouilles; ils croient anssi que les mérites qui ont le fruit des lèparations tourneraient au rofu du premier fondateur, lin effet, disenls, de nombreux mérites sont accordes par ••s livres saints à ceux qui font des pagodes a des idoles, mais on ne dit rien en f.iveur e ceux qui les reparent. Cependant en pratioe on ne suit pas toujours celle belle théorie.
« Les pnère> que les bouddhistes font deantles idoles, dan* les pagodes, consistent rappeler des traits de la vie de Phra, à élébrer ses vertus, >es triomphes sur les assions et sur tous les ennemis qui s'oposaient à son acheminement à la dignité de lira. Mais jamais on ne trouve d.ms ces nèret une seule expression qui indiquent que l'on demande quelque grâce, quclues faveurs, la délivrance de quelqu s peils. Le bouddhiste, fidèle à son principe de italitr;, dit toujours : De même que Phra a rali<]ué tt.leveitu, nuissé-je la pratiquer joi-raéme, etc., etc. Les prières renferment ussi de nombreuses citations do la loi, ou y 'ouve aussi les plus belles expressions pour >uer celle loi sublime. KnÛn, on y trouve
IDO «H4
aussi des louanges à l'honneur des Àriahs
ou des jusies qui sont bien avancés dans la pratique de la loi; mais il n'y a pat une seule expression qui donne uoo idée de prières proprement dites, u
Les idoles bouddhiques sont la représentation des différents Bouddhas qui se sont succède dans la suite des âges et des modifications que chacun a éprouvées dans les transmigrations diverses par lesquelles chacun d'eux a passé ; elles représentent aussi les lîoddhisatwas, ou fils spirituels de ces Bouddhas, leurs épouses ou énergies actives. De plus, les bouddhistes honorent encore la plupart des divinités du panthéon hindou u'ilsont accommodées à leur système Ces gures sont le plus souvent représentées assises, soit sur un socle, soit sur la Heur du lotus; elles ont chacune leur posture, leur couleur, leur costume et leurs attributs particuliers.
17. Le Tibet a cela de particulier qu'étaut, sinon la patrie originaire de ce vaste système religieux, du moins la terre s .iule du boud.lhisiue et le sié^c du souverain poutificat, c'est là que le Bouddha suprême et la multitude innombrable des boddh slawas se sont perpétués sans interruption, en s incarnant successivement, de race en race, dans des individus qui les représentent et qui sont censés être animés de leur esprit, jouir de leurs prérogatives, agir pir leur vertu, en un mot, qui sont identiquement les mêmes et qui ne font que changer de corps; de là, une véritable anthro/tolâirie. En effet, on leur rend absolument le culte qui appartient aux êtres divins dont ils sont l'incarnation vivante; hommages, prières, invocations, prostrations, adoralious, otîran* des. Voyez les articles Laïus , DalaÏi.ajia , etc.
18. Les bouddhistes du Japon ont beaucoup plus d'i loles que leurs coreligionnaires i'es autres contrées, avec lesquels iis oui, du reste, peu de relations. Leurs idoles sont quelquefois monstrueuses ; celle de Dai- Bouts, à Méaco, est d'une telle grandeur qu'on a été obligé de percer le i a du temple pour eu laisser passer la tête. Uy a (e.1 de ces temples qui contient les images de mille divinités; il y a même, au rapport de Kœmpfer, une pagode aupiès de Méaco, qui reufermo 33,33 J.doles.
l u général, les sectateurs de la relig.on des Bspiits, au Japon, n'ont pas d'images dans leurs temples, a moins qu une cirions* tance particulière ne le- engage à y en mettre; comme serait la grande réputation de sainteté du sculpteur, ou quelque miracle éclatant qu'aurait fait le Kami. Dans ce dernier cas, on place dans le lieu le plus éminent du temple, vis-à-vis de l'entrée ou du frontispice griDé , une châsse renfermant l'idole, devant laquelle les adorateurs du Kami se prosternent. L'idole n'est extraite de la châsse que le jour où l'on célèbre la fête du dieu qu'elle représente, ce qui n'arrive qu'une fois tous les cent ans. On enferme aussi dans c ite chasse les reliques du
dictionnaire i
mémo personnage déifié, comme ses os, ses babils, ses épéesel les ouvrages qu'il a exécutes de ses propres mains. Que'quefnis res Moles avec les reliques sonl portées en procession dans des chapelles portatives ; mais on frit auparavant retirer le lus peuple, comme une race impur* et profane, indigne de voir îles choses si sainte*. Voit. K ami.
19. Les Chinois qui appartiennent à la secte des leltiés rendent à Confucius des honneurs presque divins ; cependant ce n'est pris a ses images qu'ils rendent un culte, niais à des lablcites sur lesquelles est inscrit son nom. Dans les édifices qui lui sont consacres , celle tablette est placée sur une espèce d'autel éclaire par des honnies, cl sur lequel brûlent d< s parlnms. Oualre principaux disciples de ce philosophe , qu'on honore comme sages du second ordre, et dix autres qui sonl vénères comme sages du troisième ordre, ont dans le même endroit leurs tablettes ou cartouches. Les offrandes qu'on présente à Confucius sont ordinairement du pain, du vin, des cierges, des parfums, du papier dore, souvent quelque animal, tel qu'un mouton. Une des cérémonies qui se pratiquent d.'iis ce temple coi.sislc simplement a se prosterner, cl i frapper neuf fois la terre du Iront devant la tablette du philosophe dont l'âme est censée résider dans la tablette, ainsi que le p >rle l'inscription. C'est ce que foui les mandarins, quand ils prennent possession de leurs gouvernements; les lettres, quai d on leur donne leurs degrés. Tous les quinze jours, les gouverneurs des villes sonl obligés d'aller, avec les gens de lettres du lieu, rendre cet honneur à Confucius,au nom de toute la nation. Car. par tout l'empire, il a des palais ou, si l'on veut, des temples sur le frontispice desquels on lit les inscript ons les plus pompeuses , comme : Au <J atul maître , .lu jnemin- tloelenr, Au premier suint. Lorsqu'un magistrat passe devant un de ces temples, il ne 'm nique jamais de descendre i^e son palanquin, de se prosterner la face contre terre, et de inarcher ensuite à pied [tendant q iclquc temps, tën certaines occasions on lui offre un sacrifice solennel , dans lequel on égorge une ou plusieurs v i* limes : ce sont ordinairement des pourceaux; on lui offre en même temps du vin, des fruits, des semences, des étoffes de soie qu'on brûle en son donneur. Ceux qui mangent des chairs de la victime sont persuades qu'ils auront part aux faveurs de Confueius.
Les Chinois de toutes les sectes rendent aussi aux mânes de leurs ancêtres des honneurs que le* uns ont regardes comme idolâlriques, et que d'autres ont prétendu tolérer comme étant une simple marque de respect et de souvenir rendue a x paienls qu'on a perdus. Dans chaque maison un peu considérable, il y a une salle consacrée uniquement à ce culte et qu'on appelle salle, les ancêtres. Les noms des défunts appartenant â la famille sont inscrits sur des tablettes, et chaque jour on va leur rendre hommage par des inclinations, des prostrations, et
JS KELICIONS. lîi
même par des offrandes de ri/, de papiers dorés et autres menus objets.
20. Nous n'entrerons point dans le de ai! de toutes les pratiques idolàlriqVs des nwa. breuses tribus tartares qui presque loulo professent ou le bouddhisme nu leih.im.inisme. Chaque horde a pour ai:i$i dire divin tes favorites; on peut en voir la ducriplion et même le- figures dans les rdj. lions de Pallas, limélin et autres voyageurs russes, ils ont des idoles dans leurs maisons ou sous leurs tentes ; ils leur adressée! df> prières et leur font des offrandes et deisarnlices le matm, le s >ir, et surtout la nuit, j )a lueur d'un feu allumé exprès.
Depuis que les Mantchous sonl civilisés, i s ont chez eux, suivant leurs facultés, tin pelile table «n forme d'aulel, et nié ne un* sorte de petit tabernacle supérieunwii travaillé et orné, où ils déposent leur*, offrandes et font leurs dévoilons jonrn dièr*,.
il y a chez les Kalmouks des simuljcn de bronze cl de glaise, ainsi que des iii.ages peintes. Plusieurs de ces ligurfs s-mt monstrueuses ; elle» ont plusieurs tètes, plusieurs hras, ou n'ont qu'un d'il, etc. Li léle^ quelques-unes d'entre elles est < o ffée de iîusieurs leles de morts. Un de lears siraulitr ! a jusqu'à neuf et même onze télés. — Le< Kalmouks et les Mongols portent luinmuri'ment à leur cou une petite i lote *le km cuite ou de quelque métal ; ils vont Ij chercher au Tibet.
21. Les Douraïlcs égorgent, pendant l'aotomne, des chevaux, des bœufs, des nwut ^ el des boucs en l'honneur de leur .Voujuit, idole faite avec des chiffons de drap, e! qu'ils suspendent à une pelile lente. Il viande de ces v ictimes sert surtout à l<i nourriture des idoles el des esprits, dont les prêtre» se chargent de surveiller el de consommer l'approvisionnement. Ils ont en outre un respect particulier pour une roonUgne voisine du lac Baikal.
22. Au lieu d'honorer el de prier le Dieu créateur qu'ils reconnaissent, les TengouH s'adressent, dans leurs besoins, à des sUolacres que chacun fait soi-même, d'un morceau de bois, auquel il donne, le ntieut qui! peul, une figure humaine. Ils honoreol 00 maltraitent ces simulacres selon qu'ils croiiH avoir lieu de s'en louer ou de s'en plaindre.
Tons les ans, ils font dans les huis unsJci ilicc solennel, dans lequel ils immolent un animal de chaque espèce. Après le sacrifie*, ils rendent une sorte de culte aux peaux M victimes qu'ils suspendent aux arbres les plot élevés et les plus touffus de la forêt. Q<»r> ques l ong «uses piaulent un piquet, sur lequel ils étalent la peau d'une zibr'ioe oJ d'un renard blanc, el rendent des honneur; à celte fourrure.
2J. Chez les différentes peuplades qoi b> bitent la pointe nord-ouest de l'Asie, il J» ordinairement deux sortes de simulacre les uns publics, les autres domestiques. L(J uns el les autres ne sonl guère que des bûches arrondies avec une espèce de lètegr** sièrement façonnée. Les simulacres prm»
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sont sujet* à être maltraités étrangement, s'ils ne prennent pas assez de soin de la petite fortune de ceux à qui ils appartiennent.
24. Rien que les Kamtcbadales, avant leur conversion au christianisme, reconnussent un Dieu suprême, ils révéraient, de préférence à lui, les génies bons et mauvais dont leur théogonie avait peuplé le ciel et la terre. Ils croyaient apaiser les uns, appeler sur eux les bienfaits des autres, en leur élevant des images figurées sur des modèles singuliers qu'ils plaçaient dans les champs, dans leurs huttes, et devant lesquelles ils consacraient, en manière d'offrande el de sacrifice, les nageoires et les queues de poissons qui ne sont d'aucun usage. Ils avaient cela de commun avec d'autres peuples asiatiques, qui n'offraient à leurs dieux, que ce qui leur était inutile. — Outre ces divinités, ils adoraient les animaux qui pouvaient leur nuire. Us allumaient du feu à l'entrée des terriers des martres et des renards, pour les conjurer. Quand ils étaient sur mer, à la pèche, ils priaient les baleines et les chevaux marins de ne point renverser leurs hatemix. Dans les bois, h la rhass.-, ils priaient les ours et les loups de les épargner.
25. Les Osliaks ne paraissent pas connaître d'autres dieux que leurs simulacres; ils en ont un gr;md nombre. Les uns sont, ou des figures d'airain assez bien travaillées, représentant des femmes les bras nus, des oies, des serpents, etc., ou d'assez belles plaques sur lesquelles sont figurés divers animaux, tels que des cerfs, des chiens, etc. Les autres sont, ou des morceaux, de bois presque sans forme, avec un noeud en haut qui figure la tète; ou plusieurs morceaux do bois longs et épais, joints ensemble, sans aucune figure, et enveloppés de guenilles de toutes sortes. Chacun se fabrique à soi' uiéme son simulacre, et l'abandonne quand il juge à propos. C'est ordinairement sur de hautes montagnes qu'on les place, ou bien on les met au milieu d'une forêt, dans une petite cabane de bois, avec une petite hutte à coté, pour y terrer les os des animaux qui sont offerts. Le nom commun des simulacres, soit publics, soit domestiques, est tcheitan (Satan). Parmi les simulacres publics, il y en a trois qui sont distingués des autres. Le premier n'est qu'un morceau de bois informe, sans figure de corps, n'ayant dans le haut qu'une grosseur pour représenter la téte. Il est couvert d'une étoffe rouge, coiffé d'un bonnet doublé de peau de renard noir. Le second, qui est près de l'autre, est une oie d'airain, avec les ailes déployées. Celte oie n'a d'inspection que sur les canards el les antres bêles du pays. Le troisième s'appelle te vieux de l'OÙy. Tous les trois ans, on a coutume de lui taire changer de pays, en le transportant sur la rivière d'Oliy, d'un lieu en un autre, avec beaucoup de solennité, et dans une barque faite exprès. Ce simulacre u'est que de bois, a un groin f.»rré, comme celai d'un pourceau, deux petites cornes a la tête, et deux yeux de verre. Celle divinité préside à la pèche; mais on la bat, on l'ou-
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(rage lorsque la pêche est mauvaise : en récompense, on lui frotte le groin avec la graisse du poisson, si la pêche est abondante.
On n'invoque les simulacres que quand on a h' soin de leur secours. Ainsi les jours cl les heures des sacrifices ne sont point réglés. Les uns offrent à l'idole des poissons vivants. Ils mettent les poissons devant elle, les y laissent quelque temps, les font cuire, les mangent et frottent la bouche du simulacre avec la graisse de la victime 11 y en a qui lui donnent des habits ou des morceaux d'étoffe. Quelques-uns sacrifient des rennes, des élans, des chevaux. Ils traînent devant le simulacre la béle destinée au sacrifice, et. lui lient les jambes. Alors un prêtre prononce une sorte de prière, dans laquelle il fi il marché avec l'idole, et convient do lui sacrifier l'animal présent, à condition qu'elle accordera aux assistants telle ou telle grâce. Le silence du dieu est interprété comme un consentement exprès à loul ce qu'on lui demande. Le prêtre donne un coup sur la tête de la victime, et, dans le même instant, un homme posté vis-à-vis , un arc à la main, tire une flèche sur l'animal, tandis qu'un autre lui perce le ventre avec une broche. Après qu'on a reçu dans un vase tout le sang de la victime, on la traîne par la queue, et on lui fait faire trois fois le tour du simulacre. On leçon he ensuite, on lui coupe la tète, les pieds el la queue, que l'on suspend au haut d'un grand arbre. On fait avec le sang de l'animal une espèce d'aspersion sur les cabanes; on en barbouille aussi la bouche de l'idole, on en boit même par dévotion. Après le sacrifice, on fait un festin, selon l'usage. On finit par frotter l'idole avec la graisse de la victime. Une opinion particulière à ces peuples , c'est que l'âme de la divinité vient, pendant le sacrifice, habiter le simulacre qui la représente, et s'en retourne après la cérémonie. Ils célèbrent ce départ de l'âme avec de grands cris, el s'escriment alors avec des bâtons qu'ils agitent en l'air.