‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 28 sur 118 · FIE · texte numérisé non relu

FIE

FLE

b.ij''de Feaillans, où il reçut Thabil et y perséréra jusqu'à sa mort aussi bien qae Dtiidame de Rosiiy* qui mourut à Paris « où elle était ? eone pour être supérieure de la ornvclle maison qo*on y avait établie, comme nous TaTons dit ci^essus.

Les relig^ases FeuillanCes ont les mêmes obsrrvanres que les religieux de cet ordrç, et elles ont toujours été sous leur juridiction » ce q*:i leur Tut accordé par le p'tpe Clément Vin par sa bulle du 10 octobre 1€06. Ce pontife les exempta de la juridiction de rabbé de CIteaux et des autres Pères de Tor dre, et les soumît immédiatement à celle des Feaillanlf« Qa^ul à leur habitlomeni il est aussi semblable à coloî des rcliçioux (1).

Mémoireê communiqués par le R. P. tiom Uoocby , religieux dt* cet ordre.

FEUILLANTINES. Voyez Fkvillantbs.

FIDÉLITÉ (Ordrb dk la). Voycx Dragon Ri^vsasé.

FILLES DE LA SAINTK-VIERGB. Voyez

PlllFICATtO?i.

FILLES-DIEU (diver<^bs). Voyez CnANoi-

RESSES BOSriTALlftRB«« FoMTBVRAIJLT.

FINIAN (Sairt-). Voyez Irlande.

FLEURY^oudeSAINT-BENOITSCR-LOIUK, DE SAINT-IENIGNE-DË-DIJON, et db LA

CHAISE-DIEIJ ( AkCILNNBS CONGEhOATlONS

de).

Si Ton regarde les abbayes de Marmooli*r, ÛQ Saint-Béoiffne de Dijon, de Saint- Dfoiset de la Chaise-Dieu m France; du moDt Cassin , de Ca?e et de Cluze, en Italie; de Polde, d'Hirsauge, de Bursfcld en Allemagne, et plusieurs autres, comme autant de chefs d'ordre par rapport aux mo« nastères qui en dépendaient et qui for» maient ayec leur chef comme une espèce de coogrég.iiioD , à plus ftrte raison on a dû regarder Tabbaye de Fleory ou de S .int-Bc- Doh*sur-Loire comme on chef d*ordre ; non*leolement par rapport aux monastères qui loi étaient soumis, mais encore à cause de h prééminenc4^ qui lui a été accordée par les souverains ponlires au-dessus de tous \t% aatrrs monastères ; Léon Vil l'ayant appelé le pri mier et le chef de tous les" mona^*- (ères : Capul bc primas omnium cœnobiorum; t. Alexandre 11 ayant donné la qualité de premier des abbés de France à Tabbé de ce monastère, qui a en effet l'avantage de pos* séder les sacrées reliques de saint Benoit, patriarche des moines d'Occident.

L'on ne peut pas marquer positivement dans qnelle année cette célèbre abbaye fut Miie ; il est néanmoins certain que ce fut an commencement du règne du jeune Ctovis, fils de Dagoberty qui donna par échange le village de Fleury-sur-Loire pour la terre d*Auignir à Léodebold, évéque d'Orléans, qui fit tiAfir à Fleory deux églises et un monastère dont il donna le gouvernement à Rigomari qui en fut premier abbé. La pre- ■aièreel la principale de ces églises fui dédiée à saint Pierre, ce qui Gt que ce monas-

|t)Voy.,ilattiiduvol., n*6L

tcre en prie le nom; et la seconde fut ronsr. crée sous le titre de la Sainte-Vierge; mais le corps de saint Benoit ayant été transports du mont Cassin dans cette dernière , elle devint dans la suite la principale église, et prit le nom de Saint-Benoit. Nous avons ci*dcvaut parlé de cette translalion, qui s ' fit Tan 653 par l'abbé Hommol, qui suc<:éda à RIgomar; et depuis ce Icmps-là, la France a toujours f ossé -é ces saintes reliques.

L'observance régulière fut longtemps en vigueur dans ce monastère. On y enseignait les sciences divines et humaines ; on y formait les enfants à tons les eiercices de la piété la plus exacte ; et celte maison, qui portait bien loin la lonnc odeur de Jésusi^hristy était en grande vénération dans toutes les provinces voisines ; mais la fureur des Normands, qui désolaient toolos les côtes de la Loire, obligea les religieux d*en sortir pour échapper à leur cruauté, et dVmporter avec eux le corps do saint Beno t, qui était l'objet le plus sensible de leor piété et dont lu présence animait un chacun é la pratique de tant de vertus qu'il avait pratiquées pendant sa vie. Ces barbares y vinrent l*an ^65, et, le trouvant abandonné* i s ne se contentèrent pas dVmporier ce qu'ils purent , ils mirent encore le feu aux bâtiments; presque tout fut renversé; Té* glise fut réduite en cendres ; et les flammes ayant seulement épargné une partie du dortoir, les religieux y retournèrent, le firent servir d'oratoire, et y mirent les reliques du saint en attendant que Ton eât rebâti une autre é^ilise.

Les Normands étant retournés à Flpury l'an 878, les religieux, qui eurent avis de leur marche, s'enfuirent à Matritû d >nH le Gâtinaii^, où ils crurent être en sûreté, ayant emporié avec eux tout ce qu'ils avaient de plus précieux, dont ils chargèrent quantité de chariots. Ces barbares n avant trouvé à Fleury que les quatre mnraillt's, suivirent les religieux à la piste des chariots, dans lo dessein de les massacrer et d'emporter tout ce qu'ils avaient sauvé de leur monastère. Hais l'abbé Hugues, qui avait été chercher quelques secours en Bourgogne, étant survenu comme ces barbares se disposaient pour attaquer les religieux, les chargea si brusquement avecGirbord, comte d'Auxerre, qui s'était joint à lui avec ses troupes, que les Normands furent tous taillés en pièces. A peine en resta-t-il un pour porter aux autres la nouvelle de leur déf<iite, et rat)bo Hugues avoua qu'il avait vu dans le combat saint Benoit, qui d'une main tenait les rênes de son cht val, et de l'autre son bâton pastoral, dont il ava t tué un grand nombre d'en* nemis. Diederic, moine d*Hersfeld en Allemagne , qui avait demeuré longtemps à Fleury, rendant compte à Richard, abbé d'Amerbach, de ce qui avait donné lieu do célébrer, le k décembre, la fête de filiation ou du retour de saint Benoit, dit que ce fut le retour solennel de ces reliques qui furent

DICTIONNAIHE DES ORDRES REUGIELI.

iif*p.irtûcs à Flmry, aprèg a? oir été quelque lempft dans l'église de Saînt-Aignan à OrléaiiSt pour les ineUre à cou? ert de la fureur des Normands, dooi il rapporte une semblable défaile proche d'Angers par le comte Gistolfot avoué de celle abbaye, après que c<'S barbares l'eurent encore pillée el tué 8oixan*e religieux: mais il y a lieu d'en douter.

Les mêmes Normands eurent plus de res*

Î^ecl p ur ce lieu dans la suite; car, sous 'nbbé Lambert, l'an 909, Raynatid, qui coiumandatt une flotte de ces peuples, qui étalent encore inGdèlef, parcourant tous les rivages de la Loire, où il mettait tout à feu et à sang, éiant arrivé à Fieury, Iroova le monastère abandonné de tous les religieux, qui s'étaient retirés, après avoir encore emporté avec eux le corps de saint Be- Bolt. Comme ce général dormait dans le dortoir des frères. Ton prétend que saint Benoit s'apparut A loi, et que l'ayant frappé de son bâton, il le reprit sévèrement de ce qu'il inqoiétail ses religieux, et lui dit qu'en panition de ses cruautés il mourrait bienlét ; ce qui arriva en effet p<*u de tcmpi après. Rainaud éiant éve.llé, Ot au plus tel SOI tir ses soldats du monastère; et Roilon, duc des Normands, ayant su ce qui éla*i arrivé à son général, non*seuIemenl épargna ce monastère lorsque peu de temps après il alla faire une incordion en Bourgogne, mais encore, en considération de saint Benoît, il empéciia que ses gens ne Cssent aucun tort au pays d'alenlour.

Il était impossible , au milieo de tant de désordres que les religieux pratiquassent le^ observances régulières. Ils lombèrenl in« sensiblement dans le relâchement, qui dans la suite s'augmenta de telle sorte, que Tan 93J on ne trouiait plus à Fieury aucun vestige de ces pratiques de religion si saintes et si sages qu'on venait autrefois admi« rer dans ce monastère. Les religieux, que la crainte des Normands avait obligés de fuir et d'aller de c6té et d'autre, étaient à la vérité retournés à Fieury ; mais, quoiqu'ils fussent unis de corps, ils étaient bien divisés d'espril et n'avaient rien de commun que le vice. Chacun élall propriétaire, on ne savait plus ce que c'était que l'abstinence de la viande ; on ne connaissait plus le silence ; iU voulaient tous commander, personne ne voulait obéir, el on se mettait peu co peine de la règle de Saint-Benoit.

Tel était l'état déplorable de ceMe maison, lorsque le comte Elisiard, animé du zèle de la maison de Dieu, obtint cette abbaye du roi Rodolphe ou Raoul, dans l'inlentiou de la reformer et d'y rétablir la discipline régulière, ne pouvant plus souffrir que des nioinesqui ne portaient pas seulemenirbabti de l'ordre de Saint-Benoit vécussent pins longtemps dans le dérèglement. Mais, ne pouvant pas de lui-même corriger ces abus, il co commit le soin à saint Odon, abbé de C!uny, qui était pour lors au monastère d'Aurillace» Auvergne, que le bienheureux Uérurd avait fait bâtir il n'y avait pas long-

temps. Le comte Elisiard, ayant pris sîk !ui deux antres comtes et deux évéques, necompa'tsna saint Odon à Fleorv; mais h% religieux à leur arrivée s'armèrent rommr s'ils eussent eu encore à combattre les Normands ou des païen*. Ils se barrleadéreai h montèrent sur les toits, d'oà ils jetèrent ose grêle de pierres sur ceux qui voulurent spprocher ; d'autres, armés d'épéet et de boocliers, défendaient les avenues de rabb«t« eu protestant qu'ils mourraiest plutftt que de rerevoir nn abbé d'un aalre monastèrf. Trois jours se passèrent ainsi, lorsque isim Odon, inspiré de Oiea et contre le cooseil des évéques el des seigneurs dont il était accompagné, qui loi persuadaient de ne pas s'exposer à la fureur de ces mutins, mooia sur son âne et alla droit au monastère, oà, par une espèce de miracle, ceux qui s'ot>posaient le plus à son entrée unrent asdevant de lui, el, plus don\ que des agnesoi, le reçurent avec beaucoup de souniissies.

Mais lorsque l'on proposa de retraoelifr rnsaee de la viande et de bannir la propriété, les murmures recommencèrent. Il ? eut de nouvelles disputes beaucoup plas fortes et plus animées. Il n'y eut que la coostance du saint abbé qui put mettre â la raison ces désobéissants ; el Diea par oo mincie fil connaître combien l'abstinence deii »viande lui était agréable; car oo jour de Sainl-Bcnotl que le poisson manqua, lesrligieux en trouvèrent abondamment dam o« marais voisin, ou il n'y avait jamais eu q« des grenouilles. Enfin ils reprirent lei o^ servances régi: Hères, qui furent obserree! dans ce monastère avec tant d'exactilode, que l'on y vint de plusieurs endroits, H même d'Angleterre, chercher des religcai pour les enseigner à d'autres roooasiém, comme à Saint-Pierre de Chartres, âSaiot* Vincent de Laon, à Saumnr, à Saiot*Pierrf de Sens, à Saint-EpvredeTooi, el i quelques autres, tant en France qu'en Angleterre. Mais, quoique celte abbaye eAl été reformée par un abbé de Gluny, elle oe lai fsl pas pourtant soumise, non plus que plusieurs autres qui furent aussi réformées par des religieux: de C'uny. Le comte Elisianl, voyant la discipline régulière bien étabtie i Fleorv, se mit lui-même sous la condailede sa ni Odon l'an 9<kl, a prit l'habit monastique dans ce monastère, auquel il donna ow terre consiJérable qu'il avait dans le tii* tinais.

il parait, par les anciennes cootumei qoi étaient en pratique dans cette abbaje, qss le P. Jean Dubois nous a données ilasi sa bibliothèque de Fieury, que l'on y fai«aâ beaucoup d'aumônei. Le jeudi saiat os chaulait une grand'messe â l'autel àt Sainte-Croix, à laquelle devai.^nl assitler cent pauvres, à chacun desquels on doona t une hostie non consacrée, et après la m^ on les faisait manger. Ils devaient ai<t*f deux pitances , l'une de fèves, l'auliv de millet. Après le dîner des religieux, t'abbe lavait les pieds el les mains à dooic pau* vrcs, el leur donnait du pain, du vinp devi

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Imrengf , ^i douze deniers ; et le inértte jotir on donnait encore du p;iin et da vin à Ums rrat qui %e préonfaient. On faisail aossi an«*aom6ne générale le jour de la Pente* rôle ; on donnait encore à manger à cent paorresy qui devaient avoir dn pain, dn vin cl de la viande; et, le joor de la Commémoraison des Morts» on faisait auftsi une au* môDe générale de blé. La manière d*élire Tabbé est proscrite dans ces anciennes coolûmes, où il est marqué que Tabbé étant élu, pouvait se faire bénir par tel évéqoe que bon lui semblait , excepté par Tévéque d'Orléans et par l'archevêque de Sens. Il j a Je Tapparenoe qu*its ne se faisaient pas bé-* DJr par Tévéque d'Orléans, à cause des dif* ferends qu'ils avalent souvent avec ce pré« lai, qui prétendait avoir juridiction sur ce moaa^tère ; ni par l'archevêque de Sens , à cause qn*il était le métropolitain. L'on troote aussi après ers anciennes cooiumes de Fl< ury une taxe faite par l'abbé Macaire sor tous les prieurés et les prévô!és de la dépendance de cette abbaye, pour avoir des liirt'9 puur la bibliothèque; et il paraît que relie abbaye avait pour lors trente prieurés ri prèrétés, do nombre desquels étaient les priourés de la Riole, du Saux en Limagne, de Perrecy en Bourgogne, de Saocerre, de Vaillj«sur«<iien, de Saint-Brisson, de Saint- Aigaan, d^Btampes» d'Aneconrt, de la Chèie eo Sologne, de Laoris, et de la Cour de Marigay. Mais il y a erreur en la date de cette laie, que le P. Dubois marque être des ca* lendes de mars iSM, la dixième année de Louis, roi de France et duc d'Aquitaine; puisque Philippe de Valois régnait pour lors. Il 5 avait aussi sans doute des abbayes qui iependaicnt de Flenry, puisque le moine Ai* Doiu, dans la Vie de saint Abbon, abbé de ce monaslère, qui fut tué l'an iOOb, dit que la douleur qu'on eut de sa mort augmenta par r^rrivie d*un grand nombre d'abbés, qui venaient pour la féti*. de saint Benoit, qui se célébrait an mots de décembre, dont il y en avait qui avaient été mandés pour pourvoir an bon ordre de la congrégation, et d'autres 9oi étaient venus pour consulter saint Ab« 'on, entre lesquels était saint Odilon, abbé ^eClnny; et que le chagrin que ces abbés ûreol paraître de ne plus trouver saint Abbon, renouvela la douleur de ces religieux il^élre privés d'un tel pasteur.

Les calvinistes, dans le seizième siècle, n'eur. nt pas pour cette abbaye les mêmes ^^ardi qu'avaient eus les Normands, quoi* qu'iofidèles et païens. Le cardinal Odet de Oiiiilion, qui en était abbé commendalaire, ! envoya après son apostasie, arrivée Tan 1Ô02, son intendant avec des soldats, pour en ^uiporler les vases sacrés et tout ce qui éiait <l«tns le trésor. Joubert, qui en était prieur, <jbUnl seulement de l'intendant les reliques ^tiSLÏnX Benoit; mais la chAsse d'or qui les (nfermail fut brisée et emportée, aussi bien qu'un reliquaire d'argent où était un osse« ttteul de la cuisse de saint Sébastien, que le flianlre deceit<* abbaye sauva heureusement m mains sacrilèges de ces hérétiques Les

satellites de ce cardin.il ap«»stat avaient laissé les autres re'iques, qui étaient dans des châsses de buis doré ; mai < la même année le prince de Condé, étant à Orléans, envoya derechef des soldats i Flrury pour enlever Cl* que les gens du cardinal avaient épargné. Les reliques furent profanées et foulées aux pieds, tous les ornemenis de réglinc furent pillés, et les calvinistes firent le prêche et la cène dans l'église. Le corps de snint Benoit fut néanmoins à couvert de leurs insnltrs, aussi bien que la relique de saint Sébastien; mais la plus considérable perle que souffrit ce monastère (où l'on enseignait autrefois les sciences) fut celle des manuscrits, qui furent brûlés, déchirés ou dispersés, dont le nombre était très-grand : ce qui n'est pas difBcile à concevoir, puisque ses écoles étaient en si grande recommandation, qu*il s'y est trouvé jusqu'à cinq mille écoliers, vi que chacun d'eux donnait par reconnaissance deux volumes à la bibliothèque.

A l'abbaye de Fleury ou de Saint* Benoltsnr-Loire, nous joindrons celle de Saint-* Bénigne de Dijon, et de la Chaise-Dieu.L'ou ne peut guère refuser le titre de chef d'ordre à celle de Saint-Bénigne, puisque outre les prieurés qui en dépendaient, saint Guillau* me, l'un de ses abbés, présidait sur plus do quarante abbayes qu'il réforma. Saint-Bénigne de Dijon fut fondé an commencement du sixième siècle par Grégoire, évéqoe de Langres, qui, ayant trouve les reliques de ce saint martyr, en fil la translation, et bâtit autour de son tombeau une église et un monastère, qu'il dota de son propre bien et dis quelques terres de son évêché. Contran, roi de Bourgogne, en augmenta considérablement les revenus. Ce prince, ayant fondé l'abbiye de Saint-Marcel près de Ghâlons, voulut que cette abbave et celle de Saint-Bénigne fussent associées a celle de Saiut-M'iurice d*Agaune, dont il voulut qu'elles gardassent les cou* tûmes, tant à l'égard de la psalmodie continuelle qu'à l'égard des autres observances.

Les moines de Saint-Bénigne tombèrent dans la suite comme les autres dans le relAchement. A peine dès le neuvième siècle y restait-il encore quelques traces des observances régulières qu'un y avait autrefois admirées. Ils avaieut même honte de porter le nom de moines, et se faisaient ;ip;)eler clercs, par un esprit de vanité. Herlogaud, qui en était abbé, y rétablit pourtant avec beaucoup de peine la discipline régulière l'an 819, et fit réparer l'église ; mais sous le règnje do Charles le Chauve, roi de France, ce monastère se trouvait encore eu si mauvais ordre, que le grand nombre de religieux qui y était autrefois était presque réduit à dix, qui vivaient dans uu étrange dérèglement. Isaac, évéqoe de Langres, le répara une se« coade fois, et y fit veuir des religieux plus réguliers et plus exemplaires, auxquels il permit d*3lire un abbé, conformément à la règle de Saint-Benoit. Le relâchement s'y étant glissé encore dans la suite, Bruno, év<}que de Langres, n'oublia rion pour faire rctourn.r les religieux dans leur premier

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

état; mais ses efforts ayant été inutiles, il s'adressa è saint Majeul, abb> de CluRy, qui, élanl en ce temps là le restaurateur de la vie monastique, lui accorda douze religieux d*une éminente piété pour remettre la régu** larité et le bon ordre dans celle maison. Ils arriTèrent à Saini-Bénigne le 25 novembre de Tan 989, auquel comme on célébrait la Côte do lu Translation de ce saint martyr, ils asaislèrent avec une piété édifiante à I office Je oiatÎDrs. Les anciens religieux aimèrent mieux abandonner le monastère que de se soametirc aux observances régulières; ceux de Clany s*y firent admirer par la salnielé de leur vie; et cette abbaye, qui avait étédésho* Dorée par la corruption des mœurs de ceux qui V demeuraient, devint une école de vertu pi'ir la sage conduite de ceux qui y étaiept nouvellement venus.

Saint Majeol y nomma pour abbé saint Guillaume, et jamais cette abbaye no fut plus Corissanle que sous son gouvernement. Sa réputation se répandit de tous côtés. Henri, roi de Bourgogne, lui donna la conduite do l'abbaye de Saint-Vincent de Vergi, oà il ré* labiit en peu de temps la vie régulière, au^sl bien qu'à Bèxe, à Ueomaii à Saint-Micbel de Tonnerre, à Molome et dans plusieurs autres monastères qui le demandèrent pour supérieur ; comme ceux de Fécamp, de Saint- Gcrm«;in-des--Prés à Paris, de Saial-Arnou! de Hetiy de Sainl-Epvre de Toul, de Gorze, du Mont-Saint-Michcl, de Jumié^^e, de Saiol« Ouen, de Bernay, et plusieurs autres, qu'il réforma pareillement, se trouvant en même temps supérieur de plus de quarante monastères, entre lesquels fut aussi celui de Froctuaro en Piémont, qui avait été bâti par ses partants sur leur terre, ce saint étant oi iginaire de ce pays. Il est même surprenant qu'il ait eu un si grand nombre de disiii'les pour envoyer en tant de monastères , voulant qu'il y en eût toujours dans celui de Dijon plus de quatre-vingts. Celte abbaye eut encore besoin de réforme dans la suite ; mais à présent que les Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur la possèdent depuis l'an 1651, Ton y voit revivre le véritatile esprit de saint Benotl, aussi bien que dans les autres maisons qu'ils ont réformées, du nombre desquelles sont celles de Fleury, de Saint-Benoit- sur-Loire, dont nous avons ci-devant parlé, et la Chaise-Dieu, dont nous allons rapporter l'origine.

Cette abbaye, qui a été encore regardée comme chef d*ordre, eut pour fondateur le bienheureux Robert, chanoine de Saint-Julien de Brioude, qui se retira, l'an 10^3, dans un ermitage pour y vivre dans la retraite et séparé du commerce des hommes. Il était originaire d'Auvergne, d'une famille noble, qui était la même dont était sorti le bienheureux Géraud, comte d^Aurillac. Sa mère, étant grosse de lui, et se trouvant pressée des douleurs de l'enfantement, le mil au monde dans une solitude, comme par un présage que celui qu'elle venait de mettre au monde devait un jour aimer la solitude. Il fui élevé dans Tegii^e de Saint-Julien de

Brioude, dont il fut clerc et ensuite ebanoine ; mais voulant renoncer entièrement au monde, il se mit en chemin ptior aller aa monastère de Ctony , dans le dessein d*y prendre l'habit; mais ses amis et ses domestiquer, ayant appris son départ, oourureol après lui et le ramenèrent : ce qui lui donna tant de chagrin, qu'il en tomba malade. Ayasl recouvré la santé, il alla à Rome, et à soa retour, voulant exécuter le dessein qu*il avait toujours conservé de ^e retirer, s'étaol associé deux jeunes gentilshommes, ils allémt dans one solitude, et s arrêtèrent aaprès d'une église à demi-ruinée. Ils obtinrent ce lieu de deux chanoines do Poy ea Vélay , auxquels il appartenait, le défrichèrent et y bâtirent de petites cabanes. Robert enroorageait ses deux disciples, et, tandis qoT.s travaillaient de leurs mains pour avoir de quoi subsister, il s'appliquait a la ledare et à la prière pour avoir de quoi les inslroirr. lis avaient néanmoins les heures marquées, tant de jour que de nuit, pour faire leurs

Krières en commun dans un oratoire. Le« abitants des environ?, s'opposant à leur dessein, les incommodaient beaucoup et les chargeaient même d'injures et de menaees: mats la patience et la charité de Robert et de ses compagnons adoucirent lellemeni ces esprits farouches , qu'il y en eut plusieurs qui ^e joignirent à eux. Leur nombre s*aoçmentant, l'observance régulière se pratiquait avec plus de lerveur : en sorte que ce lies acquit en peu de temps beaucoup de répota* lion, et qu'il fallut y bâtir un monastère. Les fondements en furent jetés l'an lOM; il fut promptement ai bevé par les libéralités de plusieurs personnes qui y contribuèrent. L*aa 1052, le bienheureux Robert le fit ériger eu abbaye, et il en fut le premier abbé. Cette abbaye devint en peu de temps si rrcommandatile, qu'il eut sous sa conduite jusqu'à trois cents religieux; et il répara environ cinquante églises abandi»niiécs depuis longtemps. Ce monastère, qu'on nommait dès lors la Chaiso-Dieu, en latin Casa Dei^ c*e»t^-dîre la maison de Dieu, devint dans la suite chef d'ordre et une congrégation de plusieurs monastères qui en dépendaient, d^ sortirent plusieurs personnages illustres. Robert mourut Tan 1067, et il est honoré comnie saint. Entre les prieurés qui dépendaient de ce monasière, il v en avait quelques-uns m Espagne, dont celui de Saint-Jean de Burgos. qui fut érigé en iibbaye, est encore à présent un des plus considérables do la congrégatioo de Valladolil, à laquelle il a été oui,comnie nous le dirons en parlant de celle congrég ation. Le prieuré de Montaul^andaus leO^crci éiait si riche, que le pape Jean XXII 1 éri^sea en évéché, et fit le prieur premier évêqne. Clémeut VI avait été religieux de la Chaise- Dieu; il avait toujours conservé beaucoup d'affection pour celte maison, ou il avait fait profession, et il voulut même y être enl<*rrè. il fut inhumé au milieu du chœur de réglise, dans un supcibiS mausolée ; mais les bèietques, environ Tan 15G3, ét.int en.rcs dans cette église, où ils commirent beaucoup d*uu*

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