‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 27 sur 118 · FER · texte numérisé non relu

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Ils bisalenl serment de sViitr'aîiner coiiiine frères, de se procurer du bien , de De point souffrrîr que l'un parlât mal creux « et de défendre leur honneur à quelque prix que ce fûl. Leurs armes surloul étant dédiées au service des damrs qui imp'oreraieni leurs secours, ils étaient résolus de se battre ensemble dans deux ans pour Tamour d'elle?», suit à pied, ou à outrance, armés de haches, de lances, d'épées, de dagurs et même de bâloDS, le ioot au choix des adrersaires; ce terme de deux ans n'étant pris pour le combat qu'A condition qu'ils ne pourraient pas plus tôt trouver dis - sept chevaliers ou écu^ers sans repriiche qui voulussent en venir aux mains et s'éprourer contre eux ; que s'ils j étaient outrés (c'est le terme de la fondât on ) , ils demeureraient rnire les uiaitts d«*s victorieux et deviendraient leurs prisonniers, ou bien donneraient pour ran* ço» un fer arec sa chaîne semblable à celui de leur ordres les chevaliers un fer d'or, et 1rs écujers un fer d'argent ; uu q'je, s'ils se rachetaient par quoique présent, tes écuyers leor donneraient un bracelet d'argent et les chevaliers uu bracelet d'or ; que s'ils y étaieot assommés, ou bien que par maladie ou autremrnt ils Tinssent à mourir, en ce cas leurs fers aussi bien que les chaînes feraient envojés A la chapelle de l'ordre ft lA attachés devant Timoge de la sainte Vierge; qu'alors les confrères pour l'âme de ebaque défont feraient dire un service et dixsepL messes chacun , où ils assisteraient en haliit de deuil ; et qu'enfin quiconque tomberait dans quelque faute serait cha3sé de la compagnie^ Quoique le duc de Bourbon fût riuslllateur de l'ordre , il ne ^e réserva pas néanmoins la nomination des chevaliers; une place Tacante devait être remplie par l'avis de la meilleure partie ou de tous les chevaliers ensemble, il ne conserva d'autre supériorité ni d'autre droit que celui de cou* iriboer plus largement qu'eux aux dépenses qui se devaient faire à frais communs, de leur fournir les lettres du roi dont ils avaient besoin, et de leur faire savoir le jour qu'il partirait , quand il faudrait aller en Angle* terre. Mais il ordonna qu'aucun des ci evaiiers sans son congé ne pourrait entreprendre de voyage ni faire autre chose qui pût lempécher ne se trouver au rendez - vous au temps du combat.

11 parait que cet ordre, A proprement parler, n'était qu'un combat A outrance de dixiept contre dii'sept, où les duellistes sacriGaient leur vie et leur honneur pour des femmes et peut-être pour des concubines ; et iféanrao'ns il fut fondé dans l'église de Notre-Dame de Paris, en nue chapelle ap-pelée Notre-Dame de GrAce, au nom de la sainte Trinité et de saint Michel. Ils s'obligèrent de plus de faire peindre dans cette chapelle une image de Notre-Dame avic les armes de leurs maifons, et y mettre un fer d or semblable A celui qu'ils portaient, mais (>it en chaudelier, afin d'y placer un cierge allumé qui brulAt coutinueilcment jusqu'au jour du combat, ils s'obligèrent encoio de

DlCTIONNAIRB DBS OrDRBS aELKïlEUX. II.

faire dire A neuf heures tous les diuianciies une nr»esse h.iute de la sainte Vierge, et une basse à pareille heure les antres jours, et pour cela, de fournir de calices , chastibirs et autres ornero<'nts nécessaires ; et que si c'é*ait le bon plaisir do Dieu qu'au combat général ils battissent leurs adversaires, chacun d'eux en par iculier, non-seulement y fonderait sa messe et un cierge à perpétuité, mais encore s'y ferait représenter avec sa cotte d'armes et les autres armes qu'il avait en combattant , et même y donnerait les bracelets des vaincus que Dieu leur aurait donnés ce jour-là, ou autres de pareille valeur. Cet ordre dura peu, et même les chevaliers ne se battirent point au jour fité. A la vérité le duc de Botirbon passa en Angleterre au temps porté, ou à peu près, par les lettres de la fondation , mais en qualité de prisonnier de guerre, et nm pas de chevalier du Fer d'or, et il y mourut api es dix-neuf ans de prison.

Mém:)ires communiqués par M. de Clai* ramhaut.

FBRËOL (Saint-). Voyex Césairb (Saint-).

FERTÉ (La.. Voyez CIteaox, § 2*

FEUILLANTS, et en Italie U$ RÉFORMÉS DU SAINT-BERNARD ( Rbugieux reformés DB l'ordre db CîTBAUi appelés en France).

Dss Tiligieux réformée de l'ordre de CV.eanx, appelh e.i France Feuillants, et en Italie les Réformés de Saint-Bernard , avrc la tie de dom Jean de la Barrière^ liur ré'* formateur et inelituteur»

De toutes les réformes de l'ordre de Clteaux , il n'y en a point de plus «onsidérahle que celle de Notre-Dame de Peuillans, puisqu'elle a formé un ordre distinct et séparé , qui ost une branche de celui de Ctteaux , et qui esl présentement diyisé en deuK congre* galions, gourernées chacune par un général particulier. Dom h an de la Barrière en a été l'instituteur. Il était d'une famille illustre du vicomte de Turenne en Quercî. Son père s'appelait Barthélémy de la Barrière , et sa mère L^onarde de Amadob , fille do H. de Amadon , conseiller au grand conseil* H naquit A Saint-Geré, petite ville de cette province, le 23 avril 15(fc. H fut éleré avec grand soin , et reçut de ses parents nonseulement l'éducation qui était convenable A sa condition, mais encore les premières teintures d'une piété plus qu'ordinaire. Il commença ses études A Bordeaux et A Toulouse, et les acheva A Paris, où il eut pour maître le savant Arnaud d'Ossal, qui depuis a été éyé<fue de Rennes et de Bayeux , et ensuite cardinal.

A l'Age de dix-huit ans, Ch.-rles de Crussol , fi. s du comte de Grussol , grand panetier de France, ayant embrassé l'hérésie, lui résigna l'abbaye de Feuillnns en 156S , ei il en prit possession en 1563. 11 la tint onxe ans en commende, sans prendre d'au«» très soins pour les fruits qu'il en recevait , que de dire son bréviaire, et d'en procurer les a?antages temporels. Mais, eu ISTd^

DXTIONNAmC DES ORDRES RELIGIEUX.

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•près plusieurs combais inléricars, il fui si TÎvemeni louché de Di«n, qu'il nban- 4oniia ont èremenl le inonde pour entrer 4aiis l'ordre des revenus duquel il jouissait, il en obtint à cet effet les permissions nécessaires» el, après Tannée de probation dans le monastère d'Aune» du même ordre, au diocèse de Toulouse, où il s'était retiré à cet eilet » il Ot sa profession solennelle avec beaucoup de piété et de ferveur.

Il alla ensuite résider à son abbaye , où sa première occupation fut de réformer les abus qui s'y étaient glissés par le relâ« chcmcnt de la discipline régulière ; mais il y trouva tant d'oppositions de la part des religieux et de quelques personnes séculières qui entraient dans leurs intéréis» qu'il résolut de quitter son abbaje pour se retirer dans une solitude , afin d'y vivre seul et séparé des hommes» à l'exemple des anciens anachorètes. Comme il était sage et prudent» il ne voulut pas se croire lui-même , ni entreprendre une vie si difllGile et exposée A tant de dangers sans prendre conseil : c'est pourquoi il en écrivit A M. d'Ossat» son aniien maître» qui» étant A la suite de M. de Foix, archevêque de Toulouse» en qailité de seerétaire dans l'ambassade dont ce prélat fut honoré à la cour de Rome » loi Oi une réponse Irès-jodicieuse » que Ton trouve dans ses lettres d'£tat , par laquelle louant son xèle » il lui conseille de ne pas chercher la solitude dans les bois et les cavernes de la terre» où il no pourrait ni secourir le prochain» ni accomplir les comntandcmenb de l'Eglise» ni s'acquitter des devoirs du sacerdoce » où il avait été promu» mais qu'il pouvait être solitaire an milieu de ses frères en gardant le silence et observant exactement sa règle. Il reçut cet avis comme venant de la part de Dieu » et i! s'arrêta A sa première résolution » qui était de réformer son nion:>stère.

Ce grand dessein fut d'abord combattu par des obst:eles qui paraissaient invincibles: il fut abandonné de tous ses religieux ; il y en eut même qui attentèrent A sa vie. 11 demeura pendant quatre ans sans trouver d'imitateurs de ranstérité qu'il pratiquait» qui était ai grande» que pendant tout ce temps-lA il ne vécut que de fleurs de genêt et d'herbes sauvages» ou de quelques fruits» sans pain ni vin. Celte vie parut si extraordinaire » qu'il fut déféré au chapitre général de Clteaux comme un iiinovateur qui» par son nouveau genre de fie qu'il voulait faire embrasser aux autres, troublait le repos ot la tranquillité de son abbaye. Il reçut eeite mortiflcation avec tant de patien e, et répondit A ces accusations avec tant d'humilité» que plusieurs religieux , concevant une hanle idée de ses vertus» vinrent se soumetlre A sa conduite. Le nombre en éiait si grand en 1577» que l'on peut dire qu'il semblait qu'il avait attiré la bénédiction du ciel snr son nouvel Institut ; ses religieux étaient *^ zélés 9 que non-seulement ils renouve*

lèrent l'ancienne fer? eut des religieux tlo Cttoaux » mais même la surpassèrent : car telle é<ait leur manière de vie.

Dom Jean de la Barrière» outre l'usage des haires, des disciplines et des autres roortlGcalions ordinaires, avait encore établi celles-ci. Les religieux allaient nu-pieds sans sandales» avaient toujours la tête nue, dormaient tout vêtus sur des planches» et prenaient leur réfection A genoux sur fe plancher. Il y en avait même qui, pour se mortifier davantage» ne buvaient qne dans des crAnes de morts» accommc»dé8 en forme de lasses. Ils ne se servaient que de vaisselle de terre. Ils étaient si fervents» qu'ils ne voulaient manger ni œufs, ni poisson» ni beurre, ni huile, ni même du sel, se contentant pour toute nourriture de potage fait avec d(*s herbes cuites seulement A l'eau» et avec du pain d'orge pétri avec le son : encore était-il si noir» que les bêtes refusaient d'en manger. Leur nombre augmentant, leur ferveur devint plus grande : c'est pourquoi afin de se mortifier davantage et d'assnjettir avec plus de facilité la chair A l'esprit, ils retrancha rent l'nsage du vin. Dom Jean de la Barrit re introduisit aassi dans son abbaye un cbant tout particolier appelé de son nom le rAcml cff M. de Feuillam ; mais ayant appris qoe plusieurs personnes le profanaient» principalement les gens de métier, qai le chaa« talent en leurs boutiques pour s'en divertir, il le quitta deux ans après pour reprendre celui de Clteaux. Il employa aussi ses religieux A divers métiera, non-seulement poar f^;ignrr leur vie du travail de leurs mains parce que leur nombre augmentant tons les jours, il n'avait pas grand revenu pour les entretenir)» mats encore pour éviter l'oisiveté» qui est la mère de tous les vires et la ruine des Ames religieuses. Les ona cardaient de la laine» les autres la filaient» et d'autres étaient occupés A faire du drap.

Telle était la vie de dom Jean de la Barrière et de ses disciples dans les commencements de cette réforme : ce qui leur attira beaucoup de traverses» principalement de la part des religieux de Clteaux» qui cherchèrent tous les moyens qu'ils purent pour empêcher son progrès, la regardant ccunnie une singularité incommode» et qui condamnait le relAchement dans lequel presque toos les monastères de l'ordre étaient tombés. C'est pourquoi dom Jean de la Barrière» voulant prévenir les empêchements qne l'on Couvait apporter A la continuation de sa ré- >rme, eut recours an pape Sixte V» qui approuva leur manière de vie l'an 1586» défendant aux religieux de Clteaux de les troubltt dans leur observance» ot donnant néaarooios que les Feuillants seraient soumis A leur \\' site et correction dans les choses seulement qui ne seraient pas contraires A l'étroite ob* servance qu'ils avaient embrassée» et qos, s'il arrivait de la difficulté au sujet de ces mêmes observances» pour savoir si elles ét.aient contraires à la n'gle de Saint Benoît, la connaissance en appartiendrait aoi sooveraias pontifes. L'auuée suivante 1597» \i

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mdmet^ape Approovâ de noorcAQ ccUo réforme, qui n'etaîl pas encore surlie de Tab* bajr» de Feuillaiifi, dans laquelle il y avait pour lors, selon te témoighage de ce pontife, eenl quarante religieux prufès et plusieurs nnv eesv comme il le déclare dans sa bulle, il leur donna aussi permission de bâtir dca monastères de celte réforme, tant pour des religieux que ponr des religieuses. Il fit même rester à Kome deux religieux qui y avaient été envoyés par dom JccTn de la Barrière pour obtenir ces bulles, et il ordonna à ce réformateur d*y en envoyer un plus grand nombre, parce qu*ii voMlait leur donner un établissement il accepta cet ordre de Sa Sainteté avec beaucoup de joie, et il y cil envoya un nombre suiGsant pour faire communauté. Ou les logea d*abord dans une petite maison de Tordre appelée San^Vito^ et le pape leur donna quelque temps après celic de Sainte-Prudentieunc, A laquelle Us •nt joint depuis un beau monastàre.

Le roi Henri 111 en voulut aussi avoir à Paris. Il pria le saint abbé de loi en envoyer soixante, auxquels ilQt bâtir un magnifique couvem dans la rue Saint-Honoré. Dom Jean de la Barrière les accompagna lui-m^œe. Us cntri prirent ce long voyage nu-pieds sans lantlales, oonobàtant la faiblesse où les jeûnes et les veilles les avaient réduits. Ils faisaient tous leuri exercices par le chemin, (orome s*ils eussent été dans leurs monastèrt s, sans que cinquante cuirassiers^ qui les sccompngnaient de la part du roi, les déloaroassenl de leur attention et de leur dévotion. Ce monarque, qui était au couveni des iions-Hoinmes dans le bois de Vincenoes, les envoya recevoir à Cliarenton, où ils arrivèrent le U juillet 1588. 11 alla lui-même à leur rencontre pour leur témoigner sa bienieillance. Ils se prosternèrent tous en terre, et le roi, Iiur ajant fait donner la béaédiclioa p;tr le cardinal de Bourbon, qui raccompagnait , l«*s releva et les condukil en ce couvent, ou il les logea et les entroliui

K' squ*à ce que leur couvent de la rue Saiatunoré ètaot achevé, ils en prirent |U)ssesliun le 8 septembre de la même année.

Pendant les troubles dont le royaume fut agité dans ee temps-là, dom Jean de la Barrière demeura toujours fidèle au roi, malgré \q% compluiB de la Ligue ; et s'étant trouve à boide«iux dans le temps de la mort funeste de I c prince , il lui fit de magnifiques funé* railles, dans lesquelles il prononça son oraison funèbre. Ses religieux ne Timitèrent pas dans sa fidélité envers leur souverain ; plusieurs se laissèrenteoiralner par la fureur de lu Ligue,où ils eutrèrent(l).Undes plus séditieux fut dom Bernard de Mootgaillard, appelé *e Pttit Feuillant^ qgi, après l'entrée Irium* pliante d*Uenri IV dans la ville de Paris, qui s'était volontairement soumise i son obéi)»sauce, ne croyant pas que les excès dans lesquels il était tombé pussent lui être pardonnes, sortit de celle vilîe avec la garnison

espagnole, et se retira en Flandre aoprds de rardiiduo Albert, qui lui donna l'abbajc d'Orval,dans la province de Luxembourg, où, pour réparer ses fautes, il établit la réforme qui subsiste encore et qui approche de relie do la Trappe et de Septfonds , dont nous parlerons dans leur li' u.

Pendant que les religieux Fcntllanis élaiont ainsi malhrorcusement engagés dans cette Ligne, ils devinrent les persécuteurs d» leur saint imitituleur, qui cnndamnail leurs fausses démarches par sa fidélité et son attachement a son prince ; ils ne le regardèrent plus que comme un homme qui avait des sentimcnis contraires aux intérêts de la religion, et ils obtinrent du pape Sixte Y la convocation d*une congrégation générale en llaliCf Dom Jean de la Barrière, informé des Intentions de Sa Sainteté, se rendit à pied à Turin, et après y avoir tenu une assemblée composée seulement des supérieurs des maisons d'Italie, il alla i Rome, tan^lis qu*on tenait en France contre lui un chapitre général A Clloaux. Le P. Alexandre de Francis, dominicain et depuis évêque de Forli, présidant à ce premier chapitre général des Feuillants en Italie, qui ne se tint que Tan 1592, sous le oontificat de Ciément Vlilj interrogea Tabbe de Feuillans sur les crimes dont il était accusé, auquel quoique innoceiit il ne répondit qu'en disant qu'il était uu grand pécheur, ce qui étant regardé comme un aveu de ces mêmes crimes, il fut suspendu de Tadministration de son abbaye avec défense de dire la messe, et ordre de se présenter une fois le mois au tribunal de l'inquisition.

Ce fut dans ce chapitre que do:n Jean Gualtéron, Français, oe ACbAions en Cdampagne» fut élu pour premier vicaire général de la cungrégatiun. Les religieux y quittèrent leurs noms de famille pour prendre ceux de quelques saints. Ainsi , dom Jean Gualtéron ajouta à son nom de baptême celui de Sa nt-Jérôme , et dom Jean de la Barrière celui de Saint-Benoit. Un des premiers soins du vicaire général fut de faire exempter sa congrégation de la juridiction des bupcricurs de CIteaux. C'est ce qu'il obtint la même année du pape Clément VIII , qui la soumit immédiatement au saint-sicge, et qui accorda à ces religieux la permission de dresser des constitutions particulières, ^ix religieux furent nomn es pour y travailhT, qui furent dom Jean do Saint-Jérôme, dum Pierre de Saint-Bernard , dom Philbert de Sainte - Prudenlienne , dom Pantaléon de Saint- Placide , dom Jean de Saint-Mdur ei dom Alexandre de Saint-Michel; te pape, de son côlé, nomma aussi le P. Alexandre de Francis, dont nous avons parlé, qui fut dan:^ la suite évêque de Forli^ et Côme d'Ossone, religieux barnabite, qui fut aussi évêque de Tonone.

Ces constitutions ajanl clé dressées, elles furent présentées au chapitre général, qui s<r

(l)lls te ûteiitpar auaclieineiitsla foic.i(h)ii'|>ie, ne votikiii passe dccbrer pf^ir le prince liu^ticuut. ËniT.

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DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

linl Tan 1595, où , ayant élé reçue», le pape les approuva • et elles furent imprimées & Rome la même année. Ces constitutions mo* défèrent leur grande rigueur , le souverain pontife rayant ainsi ordonné à cause que quatorze religieux étaient morts dans Tablînye de Feuillans en une semaine. Il leur fut permis de se couvrir la tète, de porter dos sandales àe buis, de manger des œufs, du poissoni de Thuilc, du beurre et du sel, et de boire du fin ; il y a seulement certains jours marqués auxquels il ne leur est pas permis de ninnecr des œufs et du poisson, car ils doivent s en abstenir les mercredis et les vendredi<i, à moins que dans ces jours-là il n'arrive une Télé de première classe , et pour lors Tabstinence des œufs et du poisson est remise à un autre jour. Les jours de jeûne d'Eglise, et pendant TA vent et le ca* réme , ils ne doivent manger ni œufs , ni beurre, ni laitage. Le beurre est seulement permis où Thuile d'est pas commune ; mais ils ne le doivent manger que d.ms les sauces. Outre les jeunes prescrits par TEglise, ils jrûnent encore tous les mercredis et les vendredis, et tous les jours, dt puis la fête de I Exaltation de la sainte croix ju^qu*à Pâques. Ils se lèvent à d ux heures après minuit pour dire matines , suivant rnsnge prescrit dans les congréga ions réformées qiii suivent la règ'e de Saint-Benoit. Ils dorment sur des paillasses , et il est permis à ceux qui le veulent de prendre leur repos sur des planches. Ceux qui, pareillement, veulent s abstenir de vin le peuvent, à moins que le supérieur ne le défende expressément. Les prêtres et les clercs doivent tour à tour ser? ir à la cuisine, et ils ne se servent que de vaisselle de terre. Ces observances ioni encore en pratique dans cet ordre, exce, té qu'ils se sont chaussés depuis peu, en veî tu d*un bref qu*ils ont obtenu du pape Clément XL

Quelque temps après la tenue de ce chapitre général, ils obtinrent un autre établissèment dans Rome, aux Thermes de Dioctétien, où la comtesse du Santafiore, Catherine Sforce, leur fit bAtir «un beau monastère et due église, sous le titre de Saint-Bernad, qui fut finie Tan 1598. La même année, ils tinrent un autre chapitre , où le P. dom Guillaume de Saint-Claude étant élu général, on demanda le rétablissement de dom Jean de la Barrière, ce que l'évéque de Forli ayant empêché par ses intrigues , le cardinal de Joyeuse eut envie d'enlever ce saint abbé et de l'emmener à Paris ; mais il s*y opposa et n'y voulut jamais consentir. Catherine de Nobilis , duchesse de Sforce , s'adressa au cardinal Betlarmin, qui parla au p ipe en fa- Yfur de rinuocence opprimée par la ca- 1 imnie. Clément VIII charp;ea ce cardinal de revoir le procès. Il le revit , interrogea les religieux séparément, s'entretint plusieurs fois avec Jean de la Barrière sans lui parler du procès , fit rapport de tout au pape, et rassura que cet abbé était un saint qu'on tenait dans l'oppression. Le pape, détrompé, reprocha A Tevéque de Forli l'injuslice de

sa sentence , el lui défendit de paraître jamais devant lui. L'évéque , frappé de cette disgrâce , alla faire satisfaciion à Tabbé, et mourut trois jours après , accablé de honte et de douleur. Le pape , après que le procès eut été revu en sa présence et en celle de

glu«ieurs cardinaux , ordonna ao cardinal ellarmin d'aller prononcer la sentence d'absolution, avec ordre de retenir dom Jean de la Barrière A Rome ; mais ayant reçu sna absolution, il mourut dans son monastère de Saint-Bernard , A Rome , le 25 avril IGOO, entre les bras du cardinal d'Ossat, étant dans la cinquante-sixième année de son Age. La comtesse de Santafiore, fondatrice de ce monastère, voulut que ses obsèques fussent dos plus magnifiques que l'on eût ? ues depuis longtemps à Home. Son cœur, ayant été enfermé dans une botte en argent, fat envoyé à Tabbaye de Feuillans; et l'an 1628, comme on transportait ses ossements dans un sépulcre de marbre, au milieu de la même église de Saint-Bernard, on en donna la têts et les pieds A M. Sponde, évéque de Paroiers, pour les porter aussi A Feuillans, où la tê^e est seulement restée, les pieds ayant été portés A Paris dans le premier des deux monastères de son ordre qui sont en celte ville.

Api es la mort de dom Jean de la Barrière, le pape Clément Vlll, qui était en droit, par cette vacance en cour de Rome, de donner l'abbaye de Feuillans , la conféra A Jua Ballade , qui , deux ans après , Tan 1602 , la remit A cette congrégation dans an chapitre général. Le roi Henri IV céda pour toujours son droit de nomination A cette abbaye, et consentit qu'un abbé triennal /ut élu par les chapitres généraux, ce qui fut confirmé par le pape, et depuis ce temps-lA cette abbav» est devenue chef d'ordre. Le premier abbé régulier triennal fut le P. dom Jean de Saiot- Maur, qui était général de la congrégation, et depuis ce temps-lA les généraux en France ont toujours pris le titre d'abbé de Feuillans, et se ser? eut pendant le triennal d'ornements pontificaux.

Cet ordre avait fait du progrès do vivant de son fondateur: c.r, outre l'abbaye de Feuillans, qui en était le chef, il afalt eoco.e un célèbre monastère A Paris, deos â Rome, un A Bordeaux et quelques-uns en Piémont. Mais après sa mort il fit de plus grands progrès; car les religieux Feuillants firent des éiablîssements A Lyon, A Saint- Ouille en Normandie, A Soissons, A Ronea, un second A Paris, au Plessis-Piijaet, A Fou* taioes, lieu de la naissance de saint Bernard, et en plusieurs autres lieux de France, où Ils eurent aussi les abbayes de Saint-Hiemia de Mici près d*Orléans, qui appartenait ani Bénédictins, et celle du Val au diocèse ds Beauvais, qr^ était de l'ordre de Clteaui* Cette dernière fut donnée A cette congrégation, ou plut6t au monaf^tère de Saint-ftr* nard de Paris, partienh III. Il ne la posséda que deux ans, après lesquels elle retourna en comuiende. Mais Louis XIII et Marie deMédici-, sa mère, la .rendirent Are monastère, qui en prit possession l'an 1616,

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et depuis ce leoips-là le titre abbatial a été supprimé. Il se fit aussi des établissements considérables en italie« de sorte qae le pape Urbain VIII, Yoyani le grand nombre de monastères qo*ils avalent tant en France qo*en lialict et apprébendant que l'obserTance ré-

f;nlière ne soollrtt quelque atteinte par la ongue absence des supérieurs, qui étalent otiligés de se troarer aux chapitres généraux qui se tenaient quelquefois en France, quelquefoii en Italie, dîTisa, l'an 1630, les Français et les Italiens en deux congrégalions différentes, celle de France sous le titre de Notre-Dame de Feuillans, et celle d'Italie sous celui des réformés de S^int-Bcrnard. Ces deux congrégations sont gouvernées chacune par un génér.il de leur nation. Ainsi les deux maisons de Rome, qui avaient été fondtes par les Français, restèrent aux Italiens , et le pape accorda seulement aux Français un ho*picc dans la même ville pour leur procureur général, auquel les Italiens sont obligés de donner tons les ans cinq cents livres. Cet hospice a une petite chapelle dédiée à sainte Marie Mère de Dieu, qui ii*est ouTerte que lorsqu'on y dit la messe. Cette séparation des Français d'avec les Italiens n'a pas empêché que les Français ne soient restés à Florence, où ils avaient été établis dès Tan 1616 par le grand-duc Côme Il et Catherine de Lorraine, son épouse, qui leur firent bâtir un couvent, dont les fondements furent jetés le trente septembre de la même année, et dont celte princesse posa la première pierre.

Le premier général de la congrégation de France fut le P. dom Charles de Saint- Paul, qui fut ensuite évêque d'Avranchcs; et relui de la congrégation d'Italie fut le P. dom Philippe de Saint-Jean^Baptiâte. Lt*s Français dans leur chapitre général de Tan 1634 firent quelques chingemen's dans leurs constitutions qui furent imprimées ù Pa'is la niême aouéo, et les Italiens en firent aussi quelques-uns dans les leurs, dans leur chapitre général de Tan 1667, et firent imprimer ces constitutions à Rome Tannée suivante. Les uns et les autres sont habillés de même, excepté que les Italiens ont des habits d'une serge fort fine, et beaucoup plus amples que ceux de Franco, mais principalement lo capuce, qui est beaucoup plus large et plus

f profond, et que la permission de se chausser eor a été accordée dà4 l'an 1670. Leur habillement consiste en une robe ou coule blanche sans scapulair<>, avec un grand capuce de la même couleur, se terminant en rond pardevant jusqu'à la ceinture, et en fiointe par d- rrière jusqu'au gras des jambes. Leur robe psI ceinte d'une ceinture faKc de la mrmo étoffe que l'habit (1) : ils n'ont p )int d*habil- Irment particnlierpour le chœur. Ils peuvent porter des chapeaux quand ils sortent pour aller en campagne. Les convcrs sont habillés comme les prêtres, à l'exception que leur ceinture doit ^tre de corde. Ils ont au<si des dinués ou obtats qui n*ont point de ca]>uce ,

maïs nn chapeau. Leur robe ne vient que jusqu'à mi-jambe, et quand ils sortent, ils portent un manteau (2) : les uns et les autres se servent pour le travail d'un scapulaire de toile. Les obtats ne sont pas religieux , ils promettent seulement de garder la chasteté, la pauvreté et robMssanCe tant qu'ils demeureront dans la congrégation.

Cet ordre a donné à l'Eglise des cardinaux et plusieurs autres prélats; les cardinaui sont le P. Bona, qui rut fait cardinal par lo pape Clément IX; et le P. Gabrieli. par le pape Innocent XI. Le P. Charles do Saint- Paul fut évêquo d'Avranches, comme nous avons dit. Il a donné au public la Géographie sacrée, qui fait connaître les diocèses des patriarches, des métropolitains et des évéques de l'ancienne Eglise. Cet ouvrage fut imprimé pour la première fois en 16il , à Paris ; mais cette édition étant devenue rare, on en a fait une nouvelle en Hollande l'an 170<^. Le P. dom Côme Roger, qui avait été aussi général de la congrégation de France, et l'un des plus célèbres prédicateurs de son temps, fut fait évêqtic do Lombez Tan 1671, et est mort Tan 1711, âgé de quatrevingt-quinze ans. La congrégation d'Italie a donné aussi à TEglise d'au rcs prélats. Clément YIU commit les religieux Feuillants des monastères de Sa^nte-Prudcntienui; et de Saint-Bernard à Rome, pour jeter en moule les Agnus Dei^ lorsque le p.tpe en doit faire la bénédiction; et ce privilège leur a été confirmé par Léon XI et Paul V, qui ont fait défense à toute autre personne de s*ingéror dans cet ouvrage. Nous ne parlons point des personnes illustres par leur piété et des écrivains célèbres de celte réforme, parce qu'ils sont en trop grand nombre; les ouvrages du cardinal Bona, l'un des plus célèbres écrivains de la congrégation d'Italie, sont assez connus. Le P. Joseph Moroiio de la mémo congrégation a donné l'histoire de celte réforme, sous le titre dcCistertii refltresceniU^ seu ^ongregadonum Cistertio-Monasticarnm B. M. Fuliensis in Gallia^ et reformatorum 5. Bernardi in Italia Chronologica Hiitoria, Il a aussi donné le Théâtre chronologique de l'ordre des Chartreux, imprimé en 1681. Il promettait celui de la congrégation des Clercs Réguliers de la Mère de Hieu, et celui de l'ordre de Saint-Jérôme en Espagne; mais ili n'ont pas encore été imprimés. Il jr a aussi plusieurs autres ouvrages de ce mémo auteur.

Chrjrsostome Henriquez, Menolog.Cisterl.

et êjusd. fascicut. sanclor. ord. Cistert. Doiii Pierre de Saint-Romuald, Uist. Chronolog. Joseph. Morotius, Cislertii reflorrscentis seu Cong.B. il/. Fuliensis Chronolog JIistot»i'om^ pend, privileg, et constifut. ejusd» Congrrg. La conduite de dom Jean de la narriire^pre-' tnier abbé et instituteur des Feuillants.

FIlUILLANTëS, dites incorrecte tnent Ffuil-

L4NTiNES.

Les religieuses Feuillantes ont aussi eu

W Voy., à h fin du vol., n<" 58 et 10.

(2) Voy., ibid., n'' 60.

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

pour insl lutear dom Jean de la Barrière. La ▼ortu de ce saint abbé commençant à être coiinan, plusieurs personnes le Toolorcnt avoir poor le guide et le directcor de leur conscience. Une piease da ne, dont ta demeore n'élâil éloignée do Tabbaje de Feuillans <|ue de quatre lieues, fut des pr mières à roulr.icter une liaison spirilaeile avrc lui. Elle s'appelait Anne de Polastron de la HîU lière, et était femme de Jean de Grandmonl , seigneur de Sauvens. Elle demeurait ttrdi-* nnlrement au château de Sauvons, prés de la nclite ville de Muret; et toutes les fois que i*abbé de Feuillans allait prêcher à Toulouse, la piété de rette dame rengageait à passer par sa maison pour s'y entretenir avec elle des choses de Dieu, ranimer à la vrrtQ, augmenter en elle le mépris des vanlés du monde, et Tamour de celui qui seul peut faire le bonheur de Thomme en cette vie ei en l'aulre.

D'autres dames qui, malgré les attachements qu'eil: s avaient au monde, se plaisaient a entendre parler de spiritualité , poussées par un secret mouvement de la grâce de Dieu, s*y trouvaient aussi poor avoir le plaisir d'entendre les discours spirituels de Jean de la Barrière. Mais Dieu, qui, par on effet de sa bonté et de sa miséricorde, avait choisi ces âmes mondaines pour en faire de saintes pénitentes, donna tant de force aux paroles de cet institateur, qu'ouvrant leurs cœurs à la grâce, elles changèrent l'estime qu'elles avaient eue jus(]^u*alors pour le monde en un si grand mépris, que leur devenant odieux, elles prirent la réso* liilion de le quitter, et pensèrent aux moyens de se consai rer entièrement à Jésus-Christ. Mais ne pouvant encore exécuter ce pieux dessein, et profitant de la facilité que leur ilnnnait mad.ime de Sauvens, elles se conleiitcrcnt pour lors de rendre leurs entretiens spirituels plus fréquents, et commencèrent à imiter la solitude el les austérités des Feuillants autant qu'il leur était possible. Madame de Sauvens animait et soutenait do si beaux commencements par ses pieuses exhortations et par les services iipiriluels et corporels qu'elle rendait à celte sainte troupe. Elle prévoyait fort bien que tous ces services ne serviraient qu'à la priver plus tût de leur compagnie, puisqu'elles ne faisaient que solliciter leur entrée en religion, où elle ne pouvait les suivre à cause dii son engagement dans lemaruge. Mais sa charité pour ces nouvelles épouses de Jésus- Christ l'emportant sur le plaisir doot elle jouissait dans leur sainte compagnie, elle ne réglîgca rien pour mettre la dernière main à co pieux ouvr<!gc, lésnlue pour lors de laisser cette sainte troupe sous la conduite de Marguerite de Polastron sa sœur, qui^ se trouvant veuve du seigneur de Margestand, était en liberté de se consacrer en religion ; ce qu'elle Gt en effit, accompagnée d*une de SCS filles, qui lui était très-chère à cause de ses grandes vertus.

Cette illustre veuve entreprit d'obtenir de dotti Jean de la Barrière de fivre sous sa di-

rection et dans les mêmes observances que l'abbaye («e Feuillans. fille loi fit connaître son senliment et celui de ses compagnes. Dne telle proposition étonna autant le saint abbé qu'elle le réiouit. Après en avoir rendu grâces à Dieu, il loua leur zèle; mais afin de leur faire voir Timportauce de ce qu'elles demandaient, il leur fit une desrription de toutes les austérités qu'on praliiiuait à Feuil* lans. Ce genre de vie, qui aurait été capable de rebuter des cœurs moins animés de Tesprit de Dieu, ne servit qu*à encoor/iger ces amantes de la croix de Jésus-Christ et à leur faire demander avec plus d'instance ce qu'elles souhaitaient avec tant d'ardeur. Dom Jean de la Barrière voulut cependsnt les éprouver, cr.itgnant que le temps ne ralentit leur zèle. Il les laissa dans cette volonté pendant deux ou trois ans, les visitant quelquefois, les animant par ses dise urs, et les exhortant à ne point abandonner leur entreprise; et comme ses prédications loi attiraient un grand nombre de personnes qui se mettaient tous sa direction, entre lesquelles il y en avait qui voulaient embrasser l'état religieux, il eut le nio}eA d'augmenter le nombre de celles qui voulaient embrasser la vie des Feuillants.

Ayant envové à Rome denx de ses reli-

I^ieux poor y faire approuver sa réforme, et e pape Sixte V, comme nous avons dit dans l'article précédent, ayant fait rester dans cette ville ces religieux, et donné ordre A l'abbé de Feuillans d'y en envoyer un plus grand nombre, ils furent logés dans une petite maison de l'ordre de Ctteaox appelée San-Kt(o. Durant le séjour qu'ils y firent, ils remarquèrent que sept ou huit filles vêtues de blanc et portant sur la tète un voile de même couleur, à la manière des religieuses do Ctteaux, venaient tous les jours rrkr dans l'église de ce monastère. Cette noiveauié les surprit, et s'en étant informés, on leur dit que ces bonnes filles avaient la volonté d'ôire religieuses, mais que, faute d'argent pour entrer en religion, elles vivaient ensemble s ms la protection do saint Bernard.

Dom Jacques de la Rochemouson, l'un de ces religieux, voulut aider ces bonnes filles dans leurs saints désirs, et, tout étranger qu'il était, sans biens, sans appui et presque sans aucune connaissance à Rome, dans^ le temps même qu'il ne devait songer qu'à l'établissement de sa congrégation, il entreprit de leur procurer une maison. Il était d'une famille noble d'Auvergne, et il avait fait profession dans l'abbaye de la Chaise-Dieu. Sa naissance, son mérite et sa grande eaps« cité le firent connaître au roi Charles IX, qui voulut qu'il exerçât la charge de vicaire général au spirituel et au temporel de Char* les de Valois, son fils naturel, grand prieur de France et abbé de la Chaise-Dieu. Dom Jacques s'acquitta de cet emploi avec honneur; mais enfin ayant eu occasion d'aller à l'abbaye de Feuillans, il fut si touché da la vie austère des saints religieux qui y demeuraient sous lu conduite de dooi Jeau de

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U Barrière, qu'il le pria de le recevoir aa nombre de fe§ disciples. Le saint abbé io reçol a? ee joiCt el, après qu*il eat fait pror<*8sion de cette réforme, il alla prêcher quelquefois à Sauvons. Il eut lieu par ce moyen (Je connaître la ferveur de ces dames oui s*y d'sposaîeni poor embrasser aossi la réCorme des Fenillants. Ayant été ensuite envoyé à Home, il entreprit.de secourir les saintes iilles dont nous venons de parler» qui s'asseiitbiaieni dans l'église de San-Vilo pour y fiire leurs prières. Et il s'en présenta peu de temps après une oeçasîoa favorable; car le cardinal Rusiicio, protecteur de l'ordre de Citeiiux, faisant rebâtir l'église de Sainte* Suzanne» qui était son titre, sans autre des* sein que de satisfaire à l'obligation que sa piété lui avait inspirée; dom Jacques, qui visit;itt souvent ce prélat, comme protecteur de l'ordre, lui persuada de Joindre à cette ég'ise un monastère de saintes vierges, et lui paila de ces filles qui vifaient en commo* naiilé sous la protection de saint Bernard, et qui faute d'argent ne pouvaient être religieuses. Le cardinal, ravi de trouver une si belle occasion de signaler sa piété envers Dieu et sa charité envers le procnain, écouta avec plaisir la proposition que lui fit dom Jacques, et fit bâtir un mon stère où il mit ces saintes Olles, auxquelles il donna pour supérieure une religieuse tirée du mooasière de Sainte-Cécile, et les mil sons la direction des Feuillants, qui leur firent embrasser i*ètroite observance de CIleaux. Ainsi on peut dire que les religieuses de Sainte-Sui-nne de Uome, qui subsistent encore au* jourd'hui, ont été iVs premières Feuillantes, quoiqu'elles n'en aient pas porté le nom, cet honnoar étant réservé pour les autres ^ui elaient à Sauvens. Dom Jean de la Barrière les avait toujours ci.tretenues dans leur dessein, jusqu'à ce qu'enfin, ayant reçu, l'an 1586, la première bulle du pape Sixte V qui érigeait la nouvelle congrégation des Feuil- Liiits et leur permettait de bâtir des monastères de l'un et de Tautre sexe» il travailla pour étab!ir ci'lui des Feuillantes; et , après avoir obtenu les permissions nécessaires et réglé tou'es rhoses pour les mettre à Monte^qulou de Volvestre, diocèse de Uieux, il en laissa rcxécutiim à un de ses religieux, ayant été obligé, par ordre du roi Henri lli, d*<illcrâ Pjrts.

Tout étant disposé et en état de recevoir crue nouvelle colonie, elles se rendirent à Fvoillans au nombre de quinze, d'où elles punirent le 23 mai 1588 sous la conduite de dom François Rabaudi, leur supérieur, pour •Hier premiènraenl à Uieux^ afin d'y recevoir ta bénédiction de Tévéque Jean du Uonrg, et ensuite a Montesquieu, où ce pré« Int se transporta pour leur donner le voile de religion, dont la cérémonie se fit le 19 juin de la même année; et l'année suivante elles firent leurs vœux solennels. Dom Jean de la Barrière ayant destiné pour leur supérieure Marguerite de Pulastron de la Hil- It^re, âgée de 58 ans, veuve d'Anne d'Yzalq^iicr et Glcrmonl de Dienpanlale, srignciir

de Margesland, cette dame ne voulut pas recevoir l'habit la première par bumîlilé, voulant que ce fût sa fille Jacqueline de Dieopantale, é cau«e de sa virginité : elle accepta néanmoins la supériorité.

La ferveur de ces saintes religieuses devin! l'admiration de tout le royaume. Comme il V avait alors peu de monastères de filles où l'observance régulière fût gardée exactement, on respectait d'autant plus le menas* tère de Hontesquiou , qu'on y voyait des. pratiques de vertu et de mortification qui* paraissaient presque inimitables. Kn effet, ce genre de vie pratiqué par les Feuillants et les Feuillantes se trouva si an-dessus des forces bomaines, que Clément Vlli ayant appris, comme nous l'avons dit dans l'arti«» cle précédent, que quatorze religieux étaieul motts dans une semaine, ordonna, au chap tre général de .'an 1595, de modérer ces grandes austérités : ce qui fut fait de la ms« nière dont nous l'avons rapporté au même endroit.

Le nombre des religieuses Feuillantes augmentant de jour en jour, leur maison se trouva trop petite; et, la ville deMontesquiou n'étant pas assez considérable pour renfer* mer une si nombreuse communauté, on ré^ so!ut de transférer ces religieuses à Tottlouse. Le cardinal de Joyeuse, archevêque de cette ville, ayant obtenu nne bulle du pape pour la suppression d'un» maison religieuse où le dérèglement s'était g'issé, voulut donner cette maison aux Feuillantes; mais ces saintes filles, ne voulant nuire â personne ni s'étab'ir sur les ruines d*aucuno autre communauté, refusèrent les offres de ce prélat, cl trouvèrent moyeu de s'établir dans un autre lieu, dont elles prirent pos-> session le 12 mai 1599, après avoir quitté avec beaucoup de peine Montesquion, dont les habitants, fâchés de perdre de si saintes filles, prirent les armes pour s'opposer à leur sortie.

Etant arrivées à Toulouse, on commença les bâtiments d'un monastère et d'une église par les libéralités de plusieurs dames q:ii s'y retirèrent, rt principalement par celles d'Antoinette d*Orléans, fille de Marie de Bourbon et d'Kléonore d'Orléans, duc de LonguevilJe, qui, se trouvant vcuto de Charles de Gondi, marquis de Belle-Ile, et n'ayant pu être admise au nombre des religieuses de l'Ave- Maria i Paris, qui ne recevaient point do veuves, alla à Toulouse, où elle fut reçue par les Feuillantes, dont elle prit Tbabit I an 1599, n'étant âgée que do vingt-six ans. Quoiqu'elle fût obligée, sept ans après, de passer dans l'ordre de FontevrauU par ordre du pape, pour y être coadjutrice de l'abbesse Ëléonore, sa tante, elle ne quitta pas pour c<^*la le souvenir de sa première profession, car el!e fonda on monastère à Poitiers l'an 1017, où, avecquelques religieuses de l'ordre de FontevrauU qui la voulurent suivre, elle reprit l'habit des Feuillantes ; et étant worto quelque temps après, elle voulut que son corps fût porté au monastère de Toulouse.

La retraite de cette princesse dans le mo-

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nftslère dei Feuillantes de Toiiloii<e j allira lin grand nombre de personnes de dislinc* lion : de sorte que, Tan IGOS, qnalorie ans •près leur fondation, elles se Ironvèrcnf ctn* qiianle professes, et il y ayait eu pins de deux cents novices qui en étalent sorlîes, ne poofant supporter l^s grandes aastérités de cet ordre. La réputation de ces religieuses s*aognienlant de jour on jour, plusieurs per* sonnes vonlarcnt fonder d'autres monastères du même ordre pour communiquer aux autres proTincos l(*s exemples d'une vertu si sainte, et donner aox âmes pieuses des mai* sons de retraite oà elles pussent se cons«ierer à Jésus-Christ et renoncer aux vanii^s du siècle. Mais les Feuillants, qui étaient les directeurs de ces reli|?ieuses et leurs supérieurs, s*oppo*èrent à cette propagation, et dans te chapitre général de Tan 1592, il fut ordonné qu'on ne se chargerait plus di> la direction d'aucunes r^-ligicuses, à rexceplion du seul monastère des Feuillantes de Toulouse : ainsi, en vertu de ce règlement, on quitta les religieuses de Sainte-Susamic de Home. Il y a de l'apparence que dans ce lemps-U on présenta plusieurs établissements pour des Feui lanles, puisque dans le chapitre général de Tan 1505 II fut de nouveau conci I qu'on t'en tiendrait au règlement do chapitre précéd(*nt, et qu'on n'accepterait pas les nciovranx établissements que Ton offrait. On ref.isa encore en 1598 une fondation que M. Soblet des Noyers, maître des comptes a Paris, voulait faire en faveur de deux de ses filles, qu'il conduisit lui-méaie depuis à Toulouse au monastère des Feuillantes, où elles prirent Thabil et firent profession.

L'an 1602, le comte de Sainl-Pol, é'ant à Rome, demanda aux père^ Feuillants assemblés en leur chapitre général, au nom de trois princesses ses sœurs, la permission de fonder à Paris deux maisons de Feuillantes : ce qu'elles voulaient faire en considération de madame Antoinette d*Orléans, leur sœur, religieuse à Toulouse; mais ils s*en excusèrent sur Ips règlements faits dans les chapitres précédents, et n'accordèrent point celte permission. Le cardinal de Sourdis, arcbeiéque de Bordeaux, reçut un semblable refus en 160^ ; mais enfln, hlcu, dont les desseins sont bi- n diiïéronts di; cens des hommes, voulant faire connaître la sainteté de ses nouvelles épouses et multiplier ces sanctuaires où on chantait jour ol nuit des cantiques de louanges à la (sioire de sdu nom, p«'rthlt que la reine Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII, voulut avoir des Feuillantes à Paris. Le respect qu'on d«;vait à celte princesse fit cesser toutes les opposilions qui •^étaient trouvées jusqu*alor^ de la pari de^ sopèrieuri, qui fin ot partir de Toulouse s x religieuses, le 30 juillet 162-2, pour aller k Paris prendre posses&ion d'une nouvelle demeure qu'on leur atait préparée au f«iul*ourf Saint-Jacques. Les «leut filles l'c M. Desnoyers furent du nombre de ces six rel gleuses.

Elles eurent pour supéiiiute dune Mar-

guerite de Sainte-Marie. Rlle s'appelait ilaos le monde Marguerite de Claussede Marcbavmnnt, et était fille de Henri de Clausse de Marcbaumont, seigneur deFleory, conseiller d'Rtat, et de Denise de Neuville de Villeroî. Rlle épousa en premières noeet Henri, seigneur de Foui, gouverneur du Vexin; mais ce seigneur étant mort six mois aprà leor mariage, elle éponsa en secondes noces Salomon de Béthune, seisneor de Rosnv, gooverneor de Mantes et de Mcalan, qui, après deux ans et demi de mariage, la laissa encore veuve pour la seconde fois â Tâge de vingt-deux ans.

Une si grande jeunesse accompagnée d'une parfaite beauté, soutenue par sa noblesse rt par ses grandes richesses, In» attira les cœurs de plusieurs seigneurs de la cour, qui, se faisant gloire d*entrer dans son alliance, la recherchèrent en mariage; mais ce fui inutilement, car, écoutant Ips inspirations do ciel et désabusée des vanités du siède et dps grandeurs de la terre, elle forma le dessein de se faire religieuse Feuîllante et de ne plus aimer que Jé^us^tirist, auquel senl elle voulait sacrifier son cœur, et, pour accoot nos r le monde à l'oublier, elle se retira peu à peu de la cour, n'y paraissant que dans le^ occasions de nécessité, négligeant celles qui n'étaient que de bienséance. Rlle passa quatre ans dans cette espèce de retraite, s'adonoant â la pratique des veitns, et éloignant dVIle tout ce qui pouvait s'opposer à ses desseins; elle fit connaître celui qu'**lle avait d'entrer en religion, afin d'écarter ceux qui pourraient avoir quelque espérance sur la possession de sou cœur.

Entre ceux qui la recherchaient en mariage , et qui se mirent en état d*em,.écher qu'elle ne se donnât à Jésus-Christ , il n'y en eut point qui fit paraître plus d*ardenr que le maréchal de Marillac. Son autor.té jointe aux mesures qu'il prenait lui f .isant craindre qu'il n*empéchài, ou tout au moins qu'il ne retardât consiitérabtemont t'exérution de ses bons de.ss tits, elle jugea qu'il ffiHail encore dissimuler qu Ique temps , pour éviter ses opposition^ et ies surmonter p.ir adresse , ce qui lui réussit parfaitement. Ku effet , lorsqu'elle vit qu'on la croyait bien éloignée de ses premiers sentiments de retraite, feignant l'oldigation d'accomplir un vœu è Notre-Dame du Puy en Auvergne, elle partit pour Toulouse avec M. de Courances, son cousin germain, qu'elle avait engagé à l'accompagner dans ce voyage.

Elle y arriva le 7 août 1602, et se retira aui Feuillantes, où, à l'exemple de madame Antoinette d*Orléans, qui s*y était consacrée au Seigneur un an auparavant, elle reçut rhahil le 15 septembre de la même année 1602, élant pour lors dans la vingt-sixième année do son âge. Elle fut accompaiçnée jusqu'au pied des autels par M. de Coutances, qui , étant encore resté sii mois à Toulouse pour voir si elle ne changereit point de résolution, suivit enfin s^ou exemple, et, méprisant tous les avantages qu'il pouvait prétendre dans le mondCfSe retira dans TaL-

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