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lui avail bit de ses bonnes qualités, et snrloiU de sa piété. Voulut l'avoir auprès de lui, €t le flt Tenir à Rome, où il connut par lai* inèuie la justice qu'on avait rendue à son iieveUf ne pouyant asseï admirer sa sagesse et ta conduite ; car dans un flge où on ne respire que les plaisirs, il faisait par.iltre tant d'éloignement pour les divertissements de la jeunesse et une si grande aversion pour le jeu, qo*il Gt vœu de ne jamais jouer, ce quil a inviolablement observé jusqu'à la 6n de ses jours.
De justes raisons Tayant obligé de retourner chei son père après avoir passé quelques années dans Rome auprès du cardinal, son oncle, il lui donna, en le quittant, une nouvelle preuve de cet esprit de piété et de re- Hsion qui animait toutes ses actions, car cette Bminence Tajant fait entrer dans une f^alerie pleine de raretés et de pièces curieuses de très-grand prix, le pressa avec de grandes instances de choisir ce qui lui agréait le plus; mais le jeune Bianclietti, regardant tontes ces raretés et ces bijoui comme des bfgatelles, les méprisa toute^j 4 la réserve d*un cruciflx de simple stuc« (fifil prit, quoiqu*â regarder la matière et le travail, il n*eât rien de considérable. Un choix si peu •itteodu surprit et édifla extrêmement tous ecot qui étaient présents, et le cirdinal en |) trticulier, à qui le jeune César dit qu'il le voulait garder pour ramour de lui. Il tint sa promesse et le conserva toujours précieuse-* ment, ne s*en étant défait qu'en tivcur de la cooffrégation de Saint-Gabriel, où 0:1 le l^arde encore aujourd'hui en o.émoire de cet illustre fondateur.
Il n'avait pas encore vingt ans lorsque ses parents songèrent à le marier. Ce ne fut que par une soumission aveugle à leurs volontés qu'il consentit à prendre cet état, tout à fait opposé à son inclination, qui l'avait porté à recevoir la tonsure et les quatre mineurs, après ses études, afin de se consacrer auservice de Dieu dans l'état ecclésiastique. H (épousa donc en 1602 Erméline de Gamba- Innga, d'une ancienne famille de Rimini, dont il eut neuf enfantSy trois garçons et six tilles, cinq desquelles embrassèrent l'état religieux, et la dernière fut mariée à Scipion Balrigeri, d'une Tamille illustre de Bologne, l/atnè des garçons fut le comte Geor|(es- Louis, en faveur de qui son père se démit de sa dignité de sénateur, et qui épousa Aune- Marie de Lorenzo Ratla. Le second fut le comte Jules, colonel d'un régiment du pape, qui fut marié trois fois, et eut de sa dernière rc.nme, Marine Diplovatasi, le comte César, fênriiour de Bologne, qui a hérité des biens de la maison deUambalonga, qui est éteinte. Le troisième, nommé Jean, prit le parti de rEjSlise, et fut abbé de Monte-Armato et de Saint-Gaudonne de Rimini , protonotaire apostolique et prélat de la sacrée consulte.
Outre les biens de la fortune et de la nais* sance que ces trois enfants (dont les deux premiers eurent une nombreuse postérité) reçurent de leur père, ils eurent l'avantage ^e recevoir celui d*unc sainte éducation, les
faisant souvent ressouvenir de ce que dit saint Jérôme, qu'il faut s'appliquer ici- bas à des sciences qui puissent passer avec nous dans le ciel, et ne les laissant jamais sortir de la maison sans leur dire auparavant quelque mot d'instruction qui pût leur inspirer la haine et Téloianement fiu péché, ce qu'il faisait avec tant de zèle et tant de tendresse, qu'ils en sortaient toujours extrêmement touchés, et avec une résolution vive d'éviter toute occasion d'offenser Dieu.
II y avait dix ans qu'il était marié-,. Torsqu'il apprit la mort du cardinal Bianchetti, son oncle, que son mérite encore plus que sa naissance avait fait parvenir à cette éminente dignité, et qui se vit deux fois sur le point d'être élu pape. Ce grand personnage avait pris les degrés de docteur en Tun et l'autre droit dans l'université de Paris. A son retour à Rome, Grégoire XIII le flt prélat de la sacrée Consulte et auditeur de Rote Pendant cinq ans qu'il exerça cette charge, il composa trois grands volumes sous le litre de Décisions de la Rote, qu'on a gardés longtemps dans la bibliothèque de Rimini^ et qui sont à présent entre les mains du comte sénateur Bianchetti.GambalungaiSOii arrière-pelit-neveu, qui doit les donner au public. Sous le pontificat de Sixto V , il fut envoyé en France avec le cardinal Gaétan, et depuis en Pologne avec le cardinal Hiopa-^ l)te Aldobrandin, qui, ayant été élevé au souverain pontificat après la mort d'Inno-* cent IX, l'honora de la pourpre à la promo-^ tion qu'il fit le 5 juin 1596^ le mit en mémo temps des congrégations de la Signature du Concile et du bainl-Olfice, et le fit protecteur de l'église de Laurette 4 Rome, où, après s'être distingué dans tous ces difTéronts emplois, il mourut l'an 1612 et fut enterré dans l'église du Jésu de celle même ville.
César Bianchetli fut trèi-sensible à la perte d'un oncle de ce mérite, qu'il aimait Irès-tendremcnt; et, la regardant comme un de ces contre-temps qui, prouvant l'inconstance des grandeurs de la terre, en doivent détacher le cœur du véritable chrétien, il s'en fit un nouveau motif de se consacrer au service de Dieu. C'est pourquoi, voyant sa maison assurée par la nombreuse famille dont il avait plu à la divine Providence de bénir son mari<'igc, il fit, du consentement do sa femme, vœu de chasteté pour le reste do ses jours, quoiqu'il n'eût encore que trentecinq ans. Depuis ce temps-là il vécut plus retiré qu'il n avait encore fait» et, lorsqu'il se fut démis en faveur du comte Georges Louis, son fils, de la dignité de sénateur de Bologne, il forma le dessein de se retirer une partie de Tannée dans une chartreuse. Ses directeurs, qui le jugeaient nécessaire au
gouvernement de sa famille, rempéchèrent e l'exécuter; mais il se réserva la liberté de s'y retirer en certains temps, principalement durant la semaine sainte, qu'il passait avec ces saints religieux dans un oubli général de toutes les choses du monde. Lorsqu'il était à sa terre d'Ozano, il y passait la plus grande partie du jour à la prière, et faisait presque
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
l«i même cbose 4 Bologne, dan» un appartement éioigni du bruit, qu'il 8*élait pratiqué pour vaquer plus librement à set exercices de piété et de dévotion, en sorte qu*il portait partout l'esprit de recueillement et de solitude.
La mort de sa femme, qa*îl perdit Tan 1638, lui causa une sensible alQîction. C'était une dame d*une piété exemplaire, avec laquelle il avait toujours vécu dans une parfaite union. Il aurait bien voulu pouvoir se retirer à la campagne dans une si triste conjoncture, mais cela était incompatible avec 108 dignités au'il possédait encore, dont une des principales était celle d'être nu des gardiens des clefs du palais public, charge d'une grande distinction, qui ne se confère qu'à dos sénateurs, et qui s*e$t conservée longtemps dans la famille des Biancbetti, sans parler de celle de gonfalonier de la justice, dignité à laquelle il était éleié pour la troisième fois, et dont rautorilô était si grande, que l'on crut devoir la limiter en quelque sorte, en bornant a deux mois l'esercice et la posfiession de cette charge, dans laquelle il se comporta, aussi bien que dans tous les autres emplois dont il fut honoré, d'une manière qui mérita Tapprobation universelle de tons ses concitoyens, qui l'honoraient comme le père de la patrie.
Le zèle dont ce salut homme était animé pour le salut des Ames ne lui permettait pas de voir avec indiflérenre le pou de soin que Ton avait d'instruire la jeunesse et les ignorants, en sorte qu'il se trouvait non-seulement des enfants, mais même des pi*rsonnes d*âge et de toutes sortes do conditions, qui ne savaient pas les principaux mystères de la foi ni les obligations du chrétien les plus nécessaires au salut. 11 y avait eu autrefois dos écoles de la Doctrine Chrétienne insii* luées à cet effet; mats elles étaient tombées, à la négligence de ceux qui. devaient j avoir rœil. On avait réglé que les écoles seraient {;ouvcrnécs par un sénateur, qui, sous le titre de redeur ou de préfet, eu aurait fa surintendance; cependant il ne fe trouvait plus personne de ce rang qui voulût s'en charger. Les n blos, à qui on avait attribué cette charge pour donner plus d autorité aux écoles, l'ayant dédaignée, comme étant au-< dessous d'eux, César c ntreprit de les rétablir, et, ayant communiqué son dessein aux puissances ecclésiastiques, il flt nommer pour présider à celte sainte entreprise le père César MarufUde la compagnie de Jésus, ferrarois, homme également distingué par la sainteté de sa vie et par sa capacité. 11 obtint en même temps du sulTragant du cardi* n<il Borghèse, archevêque do Rologne, k'insti- I ution d une confrérie de f^entilshommes dans Téglise de Sainte-Lucie, pour travailler au rétablissement des écoles, dont il fut fait surintendant çcnéral, nonobstant toutes les difficultés qu il lit pour accepter cet emploi de charité, duquel il se croyait incapable. Il commença pnr donner l'exemple d*uae pié:é ci d'une humilité véritablement chréticuues,
allant lui-même le crucifix à la main chercher les enfants dans les rues de Bologoe pour les conduire à ces écoles saintes, où op les instruisait ; et, quand on lui représentait
3 ne pnr ces actions basses et humiliées il éshonorait en quelque façon aa dignité : Enseignez-moi , disait-il , un emploi plus noble et plus important que celui d instruire les ignorants des choses nécessaires à leur salut, et je laisserai celui-ci pour prendre l'autre. Il ne se contenta pas de les instruire lui-même de vive voix, il le f;t encore par écrit en composant un pe1t livre intitulé: JUaniire d'instruire les ignorants^ auquel il joignit un dialogue qu'il traduisit de Tespa* gnol, où Ion enseignait la manière de Caire des actes de contrition.
Pour rendre les effets de son zèle plus durables, il entreprit d'établir une congréga^ tion de gentilshommes qui s'engageassent a procurer l'avancement de la doctrine chrétienne, et qui, sans demeurer en communauté, s'assemblassent à certains jours dans un lieu marqué, pour y vaquer aux exercices de piété et prendre des mesures efficaces touchant l'exécution de leur dessein. Cette compagnie fut d'abord établie dans l'église
yaroissiale de Saint-Donat, sous le nom de ésus et Marie, et ensuite transférée dans on autre lieu où les confrères firent bAtir une chapelle sous l'invocation de saint Gabriel, dont le nom est demeuré depuis à cette con« f^régation. Outre cette première institution, il en fit dans la suite une seconde, composée de }:ersjnnes zélées, qui, vivant en communauté, concouraient au pieux dessein des premiers d'autant plus efficacement, que, débarrassées de tout autre soin, elles en faisaient leur unique affaire. Ces associés fnreiu appelés Conviren/i, comme vivant ensemble, à la différence des premiers, qu'on appela Con/Zuen/t, comme personnes qui se rcadaient à certains jours dans un même lieu destiné pour leurs assemblées. Les Contiventi furent d'abord établis dans la maison de Saint-Gabriel ; ensuite, pour laisser entièrement cette maison libre aux Confluenti^ iU furent transférés dans un autre quartier, où ils acquirent une maison et firent bâtir une église sous le nom de Tous-les-Saints. Cette institution, qui fut approuvée par un bref exprès du cardinal François Barberin, légal a laiere et vicaire général d'Urbain VUl, son oncle, tant au spirituel qu'au temporel, dans tout TEtat ecclésiastique, a ceci de particulier, qu'elle ne doit être composée que de pf'rsonnes laïques qui aient un bien honnête et suffisant pour leur entretien, sans autre cooformité pour l'habit que la couleur noire, étant permis à ceux dont la qualité le demande, de porter des étoffes de soie. Us peuvent entretenir un ou deux valets pour les suivre quand ils vont en ville; maisdsos rintérieur de la maison ils ne sont pas plus à eux qu'au reste de la communauté. Là^^ pour y être reçu est depuis 18 ans jusqu'à 5^* Le noviciat csi de trois ans partages en dcui probations, d^nt la première dure un ao it