‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 44 sur 118 · GAN · texte numérisé non relu

GAN

Ja seeoode les 4eu% autres suivants, au bout desquels, s*Us ont les deux tiers des voix de feux qui ont droit de voter, ils sont incorporés à la congrégation. lis sont encore trois iiDs sans y avoir voix déilbérative, c*e8t-àdire qu'ils ne Tont que ^\\ ans après leur entrée. Celte congrégation doit être gouvernée par an chef sous le titre de supérienri as»ist6 de quatre conseillersi qui, aussi bien que le supérieur, sont élus par la communauté à la pluralité des voix, dont ils doivent avoir pins de la moitié. Tous les ans on procède à une nouvelle élection ou conBrmalion tant du supérieur que des autres, qui disposent de concert des emplois et des offices de la maison, lesquels ceux qui j sont nommés sont tenus d'accepter. Telle est la congréga* (ion de Saint-Gabriel» où, sans être astreint à aucun vœu, chacun s'emploie, sous Tobéissance du supérieur, è procurer le salut du prochain par tous les moyens ronformcs à son état. Ell^ fut fondée Van iùki et établie é Bologne Tan 16^6, dans le lieu où elle est encore aujourd'hui. Ce fut après ces deux établissements, qui produisirent dès lors et qui produisent encore aujourd'hui de grands biens, et après une inCnité d'autres bonnes œuvres, que le saint fondateur fut appelé au ciel pour y recevoir la récompense de son zèle et de ses travaux, ranl655, elle soixante* dîiième deaon âge; laissant après lui une grande réputation de sainteté, autorisée depuis par des miracles. Sa vie a été donnée au public par M. Delfrate, docteur en l'un et I antre droit, et chanoine de 1 église cathédrale de Saint-Pétronne de Bologne, et imprimée en rette même ville Tan 170V.

Carlo Antonio Delfratc, Vitn del Venereb. ttrvo di Dio Cesare Bianchetti fondator. délia congreg. di S, GcibrieU. Uerman, Uist. da Ordres religieux^ tom» IV ; et les mémoires de Trévoux, juillet 1709.

GALLICANE (Dominxains db la congre- GATios). Vcy. LouBinuiB.

GANDBRSHEIM (Chatioinessbs proibstai^t-

TES de).

Des ehanoinesses de Ganderfheitn , Quedlimbourg^ nerf»rd et autres ehanoinesses pro' testantes^ en Allemagne,

Au milieu de l'hérésie dont une partie de TAllemagne et les provinces du Nord ont été iiifticiées, 1rs monastères de filles ont en des sorts diiïérents. Les uns ont été tellement détruits , qu il n'en reste plus que la mémoire; d'autres ont été changés en des usages profanes. U y en a qui ont conservé la pureté de la fol , et se sont maintenus dans les observances régulières, et d'autres enfin où les religieuses, qui avaient déjà renoncé aux VŒUX solennels, pour vivre;en ehanoinesses séculières, ont dans ce dernier état cmbr^s^é rbéréâie do Luther. Telles sont le.n ehanoinesses de Gandersheim, de Qucdlimbourg, d'Berford, et quelques autres en Allemagne, dont nousallons rapporter l'origine, n*ayant dessein de parler quo de celles qui prennent U tiualité de chanoiucsses : c*cst pourquoi

je ne dirai rien de quelques autres monasières qui se trouvent dsns le royaume de Danemark, où les religieuses, ayant renoncé à la foi catholique, ont toujours vécu en communauté sous l'obéissance d'une supérieure, et gardé une uniformité dans l'habillement, comme ont fait les religieuses de l'ordre de Saint-Dominique à Copenhague, qui, après avoir embrassé l'hérésie, ont toujours gardé la vie commune, et sont habillées de mémo que les filles de la communauté de Sainte- Geneviève à Paris qu'on appelle les MiramiO' neSj dont nous donnerons une estampe à l'article de ce nom.

L'abbave de Gandersheim, dans la prfncf-

Eauté de Wolfembutel, à trois lieues d'Bymek, et à six de Goslar, dans l'évéché d'Hildeshcim, a été l'une des plus considérables d'Allemagne , et Yepez la met au nombre des quatre abbayes princières, où l'on ne recevait que des filles de princes. Elle fut fondée vers Tan 852 par Lutolph le Grand, duc de Saxe, et Ode sa femme, dont trois de leurs filles furent successivement abbesses. La première fut Hatmodc, la seconde Gcrberge et la troisième Christine. La princesse Sophie, fille de l'empereur Othon II, en entrant dans ce monastère pour y être rclîgieusc, y causa de grands troubles. Elle fit icn paraître qu'elle n'y entrait pas dans un esprit d'humilité : car, croyant que ce serait un déshonneur pour elle, comme fille d'em* pereur, de recevoir le voile des mains d'un prélat qui n'eût pas le pallium, elle ne voulut pas le recevoir de l'évéquc d'Hildesheim, auquel ce monastère avait toujours été sou-mis depuis sa fondation, et elle voulut que ce fut l'archevêque de Mayence qui le lui donnât. Osdago, qui était évéque d*Hildesheim, s'y opposa, et les évéqucs, qui étaient venus pour assistera cette cérémonie avec l'empereur Oibon , favorisant l'évéque d'Hildosheim, on convint que ce prélat et l'archcvâque do Mayence lui donneraient ensemble le voile, après que, selon la coutume, elle aurait promis robéissance et la soumission à l'évéque d'Hildesheim. Les choses demeurèrent en cet état sons le reste du p.^niificat d*08-> dage et de Gerdage, et sous les premières auuées de celui de Bernard, qui monta sur le siège épiscopal d'Hildesheim, l'an 992. Pour lors le relâchement, qui s'éiaît déjà introduit dans l'abbaye de Gandersheim, alla jusqu'à un tel excès, que les religieuses y vivaient sans aucune subordination. Le lu\c et la vanité y régnaient, et l'on n'y reconnaissait plus l'autorité de l'évéque. La princesse Sophie, malgré l'abbesse, qui s*y opposa fortement, se rendit auprès de l'archevêque de Mayence, et demeura plus d'un an daus son palais. L'évéque d'Hildesheim l'a-^ vertu plusieurs fois de retourner dans son « monastère, mais ses remontrances furent Inutiles. Elle anima l'archevêque de Mayenco coutro lui, et, oubliant ce qu'elle lui avait promis le jour de sa consécration, elle publia qu'elle n'avait point reçu le voile de ses mains, mais bien de celles de l'archevêque de Mayence; que Gandersheim n'était point

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

de sa juridiction, et qu'elle ne devait pas lal Dbéir ; et, étnnt retoarnée en son monastère, elle excita aussi les autres religieuses à ne point reconnaître i'éféque d'Hildesheim.

En effet, le temps approchant qu'on dctait faire la déilicace de la nouvelle église de ce monastère, la princesse Sophie, â qui Tabbesse avait donné le soin de pourvoir a tout ce qui serait nécessaire pour la cérémonie, invila Tarcbevéque de Mayence, et le jour fut flxé i la fêle de TExaltation de la sainte croix. L'évéque d'Hildesheim, qui de son côté avait été prié par Tabbesse de faire ce jour-là la cérémonie, promit de s'y trouver. Mais l'archevêque do Mayence voulut différer jusqu'à la fêle de saint Matthieu , et le flt signifler à l'évêque d'Hildesheim, qui, ne pouvant s*y trouver ce jour-là, vint à Gandershcim le four de TËxaitation de la sainte croix, pour consacrer l'église, comme il en avait été prié par l'abbosso ; mais an lieu d*y trouver ce qu'il fallait pour la cérémonie, il y trouva au contraire des personnes aposléespour l'insulter. Il dit néanmoins la messe en présence des religieuses, oui étaient fort animées contre loi, et les obligea à porter leurs offrande s et recevoir la bénédiction. Le prélat, an milieu de la messe, fit une exhortation pouf consoler le peuple, qui murmurait hautement de ce qu*on traitait son évêque si indignement, et i la On du discours il défendit que l'on fit la consécration de l'église sans son consen* temeni, ce qui irrita si fort les religieuses, que lors(^u 'elles présentèrent leurs oifrandes, elles les jetèrent par terre avec indignation, en disant des injures à leur évêque. L'archevêque de Mayence vint à Gandershcim le Jour de saint Matthieu pour faire la dédicace. L*évêque d*Hi1dcshcim ne s> trouva pa^, et envoya à sa place El&kéhard, évêque do Schleswîg, que les guerres avaient obligé d'abandonner son diocô.se. Il s'oppus.i, au nom de l'évêque d'Hildesheim, à toutes les « nireprises de l'archevêque, et la consécration de l'église fut suspendue. Bernard eut recours à Rome; l'on y tint un synode Tan lO'Jl pour terminer ce différend, et Ton y donna gain de cause à ce prélat ; mais à son retour de Rome, étant allé à Gandersheim, il y trouva des gens en armes, tant de la pari de la princesse Sophie que de l'archevêque de Majrcnce, qui I obligèrent de se retirer. L'on tint encore plusieurs assemblées d'évêqncfl en Allemagne pour le même sujet, et cette affaire ne fut terminée que Tan 1007. !^ juridiction de ce monastère fut entièrement adjugée à l'évêque d'Hildesheim , qui flt enfin la dédicace de l'église; et Tarche-. vêque de Mayence, ayant reconnu sa Taute ' dans le concile de Francfort, renonça à toutes les prétentions qu'il pouvait avoir sur Gandersheim, et pour témoignage il donna à l'évêque d'Hildesheim une crosse ou bâton pastoral. Aribe, archevêque de Mayence, voulant renouveler cette querelle en 1021, l'empereur Conrad II Ten empêcha; mais la prinr^sse Sophie, qui avait été faite abbesso de Ganfersheim après la mort de Gerburge, Dc cessi point d'inquiitcr les cvêques d'Hil-

desheim au sujet de la joridiclion. Bile connut sa faute avant que de mourir, et elle alla trouver l'évêoue saint Godard, qui tenait pour lors le siège d'Hildesheim. Bile loi promit toute sorte de satisfacUons; et ce prélat, qui était malade, lui ayant réponde qu'il examinerait cette affaire , il lui donna terme jusqu'à la fête delà Pursîcation de h sainte Vierge. Sophie , qui apprébendail la mort, lui dit : Plâl à Dieu que etjonrAà noiu trouve en bonne santé l'un et Vautre I L'évêque à ces paroles lui répliqua : Noire vie e$t entre les ma n$ de Dieu ; maie quelque €hot$ qui arrive , noue discuterons certainetnent cette affaire devant le véritable Juge au jour de la fête delà Purification de la sainte Vierge. La chose arriva comme le saint l'avait prédit, car il mourut huit jours après, et Tabbesse Sophie, le jour de la Purification de la saiot« Vierge, dc l'an 1038.

L'on ne put réparer les désordres que cette abbesse avait causés à Gandersheim. Les religieuses, qui à son exemple vivaient en sécnltères , s'accoutumèrent a cette manière dc vie, et, ayant renoncé à la règle d« saint Benoît, aux observances régulières et aux vœux solennels dès le xi* siècle, elles embrassèrent facilement l'hérésie de Luther lorsque toute la Saxe en fut infectée, ce qvi arriva sous le gouvernement de Tabbes^ Glaire, fille d'Henri III dit le Jenne, duc de Brunswick, qui épousa dans la suite Pliilippe de Brunswick, duc de Gnbcnhagen, son cousin, et mourut en 1595. Il y a ea aussi plusieurs antres princesses de la même maison qui ont été abbesses de Gandcrsheirn : comme Dorothée-Auguste, morte en 16ii ; Christine-Sophie de Brunswick, qoi épousa en 1G81 Auguste Guillaume, son cousin germain. La 4>rincesse Uenrtetie-Cbristine de Brunswick Wolfcnbulel loi succéda; mais, l'an 1712, cette princesse, après avoir renoncé à la qualité d'abbesse dc Gandenheim, abjura le luthéranisme cuire iesmarai de l'abbé de Gorvey» et reçut le sacremrnt de confirmation à Ruremonde par les oaias de l'évêque de la même ville. Ce monastère a été si considérable, que Bruschius, qui écrivait en 1550, dit que dans ce temps-là il avait encore pour vassant non-seulement des princes dc la maison de Brunswick, mais aussi de celle de Saxe et de Brandebourg et

tlusieurs barons et seigneurs d'Allemagne, .'abbesse est princesse de l'empire, ro.iîs non pas immédiate, et elle n'envoie pas des députés aux diètes. La religieuse Roswid, qui s'est rendue célèbre par les ouvrages qu'elle a composés en vers et en prose, était professe de ce monastère. Elle parlait le grec et le latin avec facilité. Elle écritti en vers, à la prière de l'empereur Othon II et par ordre de Gerberge, son abbesse, on Eloge historique de la vie d'Othon premier, et, depuis, le Martyre dc saint Denis et de saint Pelage, avec d'autres ouvrages. Bile mourut l'an 967. —

Joan. Mabill., Annal. Bened.^ tom, III it IV; et Gaspar BruKhius^ Ckronolog. Mo* naster, Gcrm»

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