‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 6 sur 118 · S5 » DEN · texte numérisé non relu

S5 » DEN

frauda ripolation ; et celte -renommée fol foifie d*one si grande prospérité, qu'il sevor b<ait qae tontes sortes de biens rinssenl fondre en abondance sur ce monastère : il ne fut jamais p^ns florissant que sons le goarernemeot de Tabbé Snger, qoi en soutint tons les inléréts arec une fermeté toat à fait noble. 1! loi 6t restiluer le prieuré d*Argenleuil, qoi lui aTail appartenu originairement. Il rentra dans plosîeora biens qui araient été aliénés. Il rédima de la rexation diffé^ fentes terres opprimées depuis longtemps ; et l'on compte vingt-deux terres et seigneuries qui furent beaucoup augmentées par les soins de cet abbé. Pour conserver les droits de son abbaye, et non par ostentation, comme quelques-uns Tont avancé mal à propos, il fit faire une chasse aux cerfs dans la fcrét Ivellne, où il passa une semaine entière sous des tentes, avec Amaori de Montfort, Simon de Neauphle» Evrardde ViUMreux* plusieurs autres seigneurs de ses amis et quantité de vassaux. Le gibier fut porté à Saint-Denis : on le servil aux religieux convalescents et aux étrangers, qui mangeaient au logis des HAtes , et le reste fut distribué aux soldats de la ville. 11 fonda aussi le prieuré d'Essone, où il mil nne communante de religieux; et celui de Gbaumost en Vexin fui à sa consi* dération soumis A Tabbaye de Saint^Denis. Le crédit qu'il arail en France augmenta encore davantage lorsque le roi Louis Vit , étant prêt de partir pour la croisade l'an IIM, le nomma pour régent do royaume pendant son absence. Ce prinee avait résolu avec le pape Eugène 111 de réformer l'abbaye de Sainle-Geneviève; mais, n'en ayant pas eu ie temps , l'exécution en fut réservée à Suger, qui s'en acqnitia de la manière que nous le rapporterons en parlant de celte abbaye. Le roi étant de retour, cet abbé fut chargé d'une nouvelle commission par le pape s c'était de mettre des moines dans l'église de Saint-Corneille de Compiègne , desservie alors par des chanoines d une vie pra réglée : ce qu'il exécuta en y établissant une communauté de reli|[ieux tirés de Saint- Denis* Enfin , après avoir rendu de grands services à l'Etat , qui lui firent donner le liire de Pire de la patrie^ et avoir gouverné son abtMiye pendant vingt-neuf ans, il mourut fan 1151. U n'est pas le seul abbé de Saint- Denis qui ait été régent du royaume. L'abbé Matthieu de Venddme le fut aussi lorsque saint Loois alla pour la seconde fois en Orient l'an lâfi9. Ce prince étant mort dans ce Toyage, son fils Philippe ill , qui Tarait accompagné, non-seulement continua la régence à l'abbé Matthieu, mais le fit A ion retour son ministre d*Etal.

Quoique Suger eût assez de crédit pour obtenir da pape Eugène 111 d'user d'orne* menls pontificaux , cependant, soit par modestie, ou pour quelque autre raison, il ne sVn servit pas : ce ne fut que l'abbé Guillaume II qui Tan 1176 obtint cet honneur do pape Alexandre III. Du tempe d'Eudes U , qui succéda immédiatement à Euger» i*abbajfe de Saint«Denîs acquit plu-

sieurs éffllses et prieurés, entre autres le prieuré de Fornalos, qui lui fut donné l'an 1156 par le roi de Portugal Alphonse VU, et soua le gouvernement d'Henri V. On loi soumit encore le prieuré de Grand-Puits. Le P. Félibien rapporte on pouillé de cette abbaye « tiré d'un ancien cartulaire de l'an 1(»11 , où il y a dix-huit prieurés et environ quatre-vingts cures A la nomination de l'abbé , sans les canonicats et les petits bénéfices ; et il parait par ce même pouillé qne dès ce temps-lA cette abbaye arait déjA perdu plusieurs monastères oe sa dépendance; comme ceux de ToossenvaU de Plai-« sir, celui de Saint-Michel, chanj^é depuis en abbaye, et plusieurs autres, dont il est fait mention dans l'Histoire de Saint-Denis, quoi«

Ïu'ils no se trouvent point dans ce pouillé. es monastères , qui étaient de sa dépendance, et dont les prieurs étaient obligés de se trouver aux chapitres généraux qui se tenaient dans cette abbaye • n'étaient que trop sttfQsants pour loi ftiire donner le nom de chef d'ordre et de congrégation ; mais elle a mérité ce titre avec p-os de fondement par ce que nous allons dire.

DNès l'an lo80, quelques monastères de Bé-nédictios, pour satisfaire an décret dn concile de Trente qui obligeait les monastères immédiatement soumis au saint-siége de s'onir en congrégation , s'ils n'aimaient mieux se résoudre A la visite de l'ordinaire, s*étaat as« sociés ensemble sous le titre de Congrégation des Exempts, les religieux de Saint-Denis, qoi n'avaient point encore obéi sur ce point au concile de Trente , et se royaient pressés d'entrer en congrégation, aimèrent mieux, sans s'assujettir A une autre congrégation , chercher eux-mêmes à en composer «ne dont leor monastère pût être le chef, et faire en sorte par ce moyen de ne changer à leurs usages (quelque abusifs qu'ils fussent) que ce qu'ils voudraient. La cliose conclue , la communauté députa plusieurs religieux pour aller solliciter divers monastères de s'unir A celui de Saint-Denis pour faire un même corps do congrégation. Ils en trouvèrent jusqu'à neuf, qui furent ceux de Saint«Pierre de Corbie , de Saint*Magloire de Pans , de Saint-Père de Chartres , de Eonneval , de Coulombs,deJosaphat,deNeaapl]le4e-Vieox, de Saint-Lomer de Blois, et de Monstierender. On dressa des statuts , qoi , n'étant la plupart que des règles ou maximes asses ffénéralement reçues dans les cloîtres , s<'ina déroger aux coutumes de chaque monastère, furent aisément admis par les procureurs de toutes ces abbajes , assemblés à Paris le 6 mars 1607 au prieuré de Saint-Lazare, au faubourg de Saint-Denis , où se conclut le traité d'association.

On en poursuivit ensuite les lettres paten«« tes , et le roi Henri IV les accorda dans la même mois. Elles furent enregistrées et homologuées au parlement le 6 septembre do la même année, nonobstant l'opposition de l'abbé de Saint-CorneHIe de Compiègne, dont les religieux demandaient d'être associés A la même congrégation, A laquelle ih furent

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

«usai a|[régés. La coor Irouva sculeoienl à propos d'avancer le temps des chapitres génèraQX ; et , ao lieu que les statuts nVn mettaient que de six en six ans, elle détermina qu'ils se tiendraient tous les quatre ans* Le premier chapitre général afait été mdiqué à Baint-Denis le 28 juillet : mais quelque incident survenu obligea de le différer jusqu'au 21 octobre suirant, comme il parait par les actes capitulaires de cette •nnée->ià. Nicolas Hesselin , qui était prieur de Sainl-Denis, fut élu général de la nouyelle congrégation. Le pape Paul V la confirma l'an lolfc sous le titre de Congrégation de Saint'DeniSf cl donna à tous les monastères immédiatement soumis au saint-siége la liberté de s'y associer , dans l'espérance de rétablir par ce moyen la discipline mona-* sUqoe en France*

L'année précédente le général Nicolas Uesselin étant mort, Denis de Rubentel fut élu eo sa place. 11 remplit aussi celle de

Îrand prieur de cette abbave, et mourut en 620, après s'être démis quelque temps avant SI mort du grand prieuré entre les mains de Firmin Pingre. Comme par sa mort la congrégation dfe Saint-Denis se fit sans générait et que dans le même temps Claude Lourel, prieur de Corbie, qui en était Yicaire général* vint à mourir, aussi bien que le sjrndic nommé François Wast, religieux et chambrlerdeSaint-Magloirey Firmin Pingre oonfoqua l'année soivanle le chapitre général dans l'abbaye de Saint-Corneille de Compièf^ne, où l'on fit de nouveaux oiflciers. liais cette congrégaliun ne subsista pas longtemps. Le monasièn* de Saint-Magloire, qui était un de ses membres, fut donné aux Pères de l'Oratoire l'an 1628. Elle en perdit encore d'autres dans la suite, et les Bénédictins réformés de la congrégation de Saint- Haur entrèrent dans l'abbaye de Saint- DeniSt chef de cette compagnie, l'an 1633. Us eurent aussi dans la suite celle de Saint-Corneille de Coroniègne, de Monsiiéreuder, de Saint*Père de Cbarires et quelques autres.

Nous avons vu ci*devant que dans le nombre des abbés réguliers, cette abbaye a pu compter des régents du royaume, des chanceliers et àe$ ministres d'Etat. Lorsqu'elle a été entre les mains des laïques, elle a eu des rois mêmes pour abbés; et, avant qu'elle fût tombée en comuende, plusieurs de ces abbés réguliers ont été élevés à la dignité d'évê* que, d'archevêque et de cardinal. Le premier abbé commendataire fut le cardinal Louis de Bourbon, l'an 1528. Le titre d*abbé fut supprimé, et la mense abbatiale unie à la maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr l'au 1691, comme nous avons dit en parlant de cette maison dans l'article Cyb.

Ses abbés t quoique réguliers, avaient séance au parlement de Paris, et avaient grand nombre d'officiers religieux et laïques. Lorsque Tabbé de Saint-Denis allait en camp^'^gne» il était ordinairement accompagné d'uu chambellan et d*un maréchal, dont les offices étaient érigés en fiefs, comme il parait par des actes des années 1189 et 1231.

Ces offices et ces flcfs ont été depuis réunis au domaine de l'abbaye, aussi bitu que Toffice de boutillier de rabbé, qui était pareillement un office éri|é en fier et possédé par on séculier domestique de ce même abbé, qui avait toute juridiction spirituelle et temporelle dans la ville de Saint-Denis ; et plusieurs de nos rois lui avaient attribué la connaissance et la punition de tous les criminels qui seraient pris dans le chêteau et la ville de Saint-Denis, et dans toute l'étendue de leur juridiction, soit qu'ils fussent usuriers, faux monnayeurs et même criminels de lèsemajesté. A certaines fêtes de l'année on chante dans l'église de cette abbaye la messe tout entière en langue grecque, et en d'autres seolemeni l'Epi (re et l'Evangile. Elle a aussi toujours conservé jusqu'à présent la communion sous les deux espèces à la messe solennelle des dimanches et des prin^ cipales fêtes de l'année, où les religieux non encore prêtres communient de cette sorte, non par un privilège spécial, comme plusieurs se l'Imaginent (selon ce que dit le P. Félibien), mais par un usage non interrompu dans cette église aussi bien que dans celle de Cluny.

Après toutes les pertes que cette abbaye a faites, il est étonnant qu'elle soit encore aujourd'hui la plus riche et la plus florissante du royaume, tant parla beauté de son trésor, qui est d'un prix inestimable, que par ses revenus, qui, quoique très-grands, le seraient encore davantage sans les disgrâces qu'elle a éprouvées eu différents temps , dont les principales ont été celles du pillage qu'elle souffrit en Ifcll, pendant la guerre civile qui fut causée par les différends qu'il y eut au commencement du xv* siècle entre les ducs d'Orléaus et de Bourgogne : ce qui ayant donné occasion aux Anglais de rrlourner en France, dont ils avaient été chassés, elle fut encore pillée en 1419 par ces peuples fiers et barbares. Ils s'en rendirent maîtres de nouveau en 1455, après que la ville de Saiut-llen^s, qu'ils assié* geaient, leur eut été rendue par capitulation. Les calvinistes n'eurent pas plus de respect pour ce monastère : car, en l..<î2 étant entrés dans la même ville de Saint- Denis, où ils profanèrent plusieurs égli^'S, ils endommagèrent la plupart de ses bâtiments, prirent presque tous les ornements d'église, dépouillèrent les châsses des saints de l'or, de l'argent et des pierreries dont elles étaient couvertes, empoitèrent et dispersèrent les livres de sa riche btbliotbèqut*, qui était remplie de quantité d'anciens manuscrits ; et ils n*en seraient pas restés là si le prince de Condé» l'un de leurs chefs, qui aimait cette abbaye parce qu'il y avait été élevé, n'eût arrête leur fureur en faisant punir u. e douzaine des princi|iaux auteurs <te cet attentat. Mais ce ne fut pas là la dernière de ses disgrâces; car (sans parler do celle qu'elle reçut de la ligue en 159Jpar l'inso* lence des soldats, qui , non contents d*y avoir commis plusieurs indignités, dérobèrent jusqu'au plomb de régliae) le duc de

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