‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 5 sur 118 · DEM · texte numérisé non relu

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daves. Ces serfs étaient destinés à la cnUore de la terre, et bisaient l'une des principales richesses de ce temps-là. Dagobcrt l***, d.ins la iO* année de son règne , qui était l'an 631 de Jésns-Christ, ordonna que les rnfants des serfs de cette abbaye , soil quMs fussent nés de légitime mariageon non, appartiendraient an monastère, sons peine d'amende ou de panition corporelle contrôles contrevenants. Comme ils étaient en grand nombre, ils von* lurent se rèrolter et secouer le joog de la senritude, soos le gonrernement d*Eude.s de Deuil, qui obtint on bref du pape Adrien IV, adressé aux évéques de France, pour contraindre parles Tuies canoniques les serfsde cet*e abbaye à rendre les services auxquels ils étaient obligés; etenriron cent ans après. Clément IV, Tan 1266, donna pouvoir aux abtiés de Saint-Denis de conférer la tonsure cléricale aux serfs de cette abbaye, après qu'ils auraient été affranchis , do consentement de la communauté.

Il y avait au*»si dans cette abbaye des pnutrès matricnlier!», ainsi appelés parce qu'ils étaient inscrits dans la matricule ou catalo-

1;ne de Téglise. Ils avaient souvent p.irl aux argesses des bienfaiteurs. Ils faisaient les plut gros ouvrages de la sacristie, comme de tendre les tapisseries, garder les portes, empêcher le tumulte du peuple, tenir l'église Eropre, et veiller à la garaedes saintes reqaes. La plupart étaient des personnes qui, en reconnaissance de ce qu'ils avaient été guéris par Tassistance des sainti martyrs, consacraient le reste de leurs jours au service de l'abbaye, portant Thabit monastique et la tonsure comme les moines.

Quoique cette abbaye dut selon les apparences servir de modèle aux maisons religieuses qui étaient de sa juridiction, elle eut cependant liesoin elle-même d être réformée sur la 6n du septième siècle. Le relâchement s*y était introduit insensiblement, iiavaitauçoieoté de jour en jour, on n'y reconnaissait plus ni régularité ni discipline : les religieux avaient même quitté l'habit monastique et s'étaient transformés en chanoines pour vivieavee plus de licence. Hilduin, qui en était abbé en 815, ayant lâché inutilement de les faire rentrer dans leur devoir, eut recours à Tautorité de l'empereur Louis le Débonnaire, qui l'an 828 y envoya deux saints abbés, Benoit d'Aniane cl Arnoul de Noirrooutiers; mais leurs remontrances ne sertirent qu'à irriter davantage Cts prétendus chanoines, qui envoyèrent dans un petit monastère de leur dépendance ceux de la communanléqdi n'avaient pas encore quité l'habit monastique. Les évêqucs assemblés Tan 829 dans le concile de Paris rcsohiienl d'employer leuraulorilé pour rétablir la discipline régulière dans celle abbaye, mais les troubles excités l'année suivante furent un obstacle aux ordonnances qui furent failes pour cela dans le concile. Hilduin, songeant toujours aux moyens de réussir dans son dessein, gagna en 831 Hincmar, Ton de ces ptétendus chanoines, qui fut le premier à s'oiïrir de prendre l'habit monastique et à

suivre les autres pratiques du cloître ; quoiqu'il ne fût pas du nombre de ceux qui les avaient abandonnées, ayant toujours porto l'habit de chanoine depuis son entrée en religion. Ils travaillèrent ensemble si efficace" ment pour la réforme de ce monastère, qu'étant aidés par les archevêques de Sens et de Reims, et appuyésde l'autorité <fe l'empereur, la discipline monastique fut enfin par leur moyen rétablie àSaint-Denis. Hincmar en fut tiré quelques années après pour être élevé à la dignité d'archevêque de Reims.

Hilduin, pour affermir la règle monastiqud qu'il avait rétablie dans ce monastère avec tant de peine, voyant qu'une des principal<*s causes de sa décadence venait de ce que les abbés ne fournissaient pas aux religieux les choses nécessaires à la subsistance, partagea les biens de l'abbaye et en assigna une partie pour l'enlrelieu et la nourriture des religieux. Le grand nombre de terres et de maisons, qui sont marquées dans l'acte de ce partage, font connaître qu'elle était dès lors, comme elle est encore aojourd'liui , la plus riche du royaume. Chaque terre et chaque ferme avait sa destination particulière. Le revenu de quelques-unes devait être employé pour vêtir les religieux; celui des autre», ou pour assister les malades , ou pour la nourriture de la communauté , ou pour les réparations, ou pour les dépenses extraordinaires, tant de l'église que du monastère. H y en avait que l'abbé cédait entièrement aux religieux, d'autres sur lesquelles il donnait simplement à prendre en espèces certaine quantité de blé, de vin, de fruits, de légumes, de miel, de volaille, de poisson et antres semblables choses.

Le P. Mabillon rapporte dans sa Diplomatique la charte de ce partage , par laquelle il parait que Tabbé Hilduin ordonna que ion donnerait tous les ans aux religieux , tant pour eux que pour les hôles qui mangeaient au réfectoire, deux mille cent muids de blé froment, neuf cents muids de seigle pour ses domestiques, deux mille cinq cents muids do vin pour les relii^ieux , outre la bière pour les serviteurs ; trois cents muids de légumes, trente-cinq muids de &;raisse,lrenle-ciuq sesterces do beurre, de Ta volaille , du bois et autres choses dont il est inutile de faire ici le détail. Il y eut un autre partage qui fut fait par l'abbé Louis en 862, et confirme par. le roi Charles le Chauve. Il parait par t:o partage que l'abbé était obligé de fournir treize cents muids de seigle pour les serviteurs, et que pour en demeurer quille, aussi bien que des trois cents muids de légumes , de vingt muids de graisse sur les lrenle*cinq qu'il donnait, de doux cents muids do sel, outre un muid que l'on recevait aux salines, de cinquante muids de savon et autres denrées, de cent masses de fer pour les f^iux, de cent autres masses de fer pour les fourclies et autres ciioscs qui étaient nécessaires pour les ouvriers, il avait abandonné aux r^ligieux quelques terres cl seigneuries , mais qu*il était toujours obligé de fournir deux mile crut muids de b!é froment pour falie

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

Irnr pAffn, et qQ*il consentait que pour loor h«>i9son ils jouiraient , eommc Ut faisaient depuis longtemps, de certaines vignes, à condition que si elles rendaient moins de Aenx mille cinq cents moids, TabbA serait tenu de suppléer au reste. Mais il ne faut pas croire que le muid de tin fût aussi grand en ce lomps-li çtt*H IVst aujourd'hui , non plus qur le muid de blé; car par lea statuts qu Ad*lialard, abbé de Corbie, Ot pour son monastère, l*«n B13l (1), il parait que le muid de ▼In n'était que de seize setiers rt chaque setier de six tasses » par conséquent Thémine qui contenali demi-setier était de trois tasses. A regard du muid de blé, l'on n*en dev.it faire que trente pains. Ces statuts ne marquent point combien chaque pain pesait ; mais par la lettre que Tbéodemare, abbé du Mont-Cansin, écrivit à l'emperenr Charte^ magne , lorsqu'il lui envoya Thémine et le poids du pain , il est constant que chaque pain pesait quatre livres et servait à quatre religieux : d'où il s'ensuit que le muid de blé ne devait pas peser plus de six vingts livres, et qu*ainsi il était bien moins qu'un setier de Paris, qui en pèse deux cent quarante.

Ces partages font connaître qu'après cette réforme les religteux de Saint-Denis gardatent Vu\ siinmce de la chair prescrite par la règle de Saint-Benoit ; toutefois , avec les adourissemenls que le concile d'Aix-la-Chapolie y avait apportés» puisqu*iU usaient d'huile de eraisse dans leurs mets ordinaires au défaut a buile d'olive, et qu'ils pouvaient manger de la volaille à certaines fêtes de Tannée.

Quelques années avant ce partage, l'abbé Louis ayant été pris par les Normands « les religieux donnèrent pour sa rançon six cent quatre-vingts livres d'or et trois mille deux cent cinquante livres d'argent, qui reviennent à plus de six cent mille livres de notre monnaie, sans compter plusieurs vassaux et leurs enfants qu'on fut aussi obligé de leur livrer. Ces barbares s'emparèrent, pour la première fois, de cette abbaye l'an 865; et, comme il n'y nvait rien qui s'opposAt à eux, ils la dépouillèrent entièrement de tous les dons précieux que nos rois j avaient faifs« ayant été pendant trois semaines maîtres de ce monastère, d'oà les religieux, en se retirant, avaient emporté heureusement avec eux les saintes reliques. Charles le Chauve, ayant pris , Tan 867 , radministralion de cette aln baye, aprèsia mort de l'abbé Louis, uni était son chancelier et son parent , fit gloire de

Krter le nom et la qualité d'abbé de Saint- Bis, et fil faire autour du monastère une enceinte de bois et de pierres en manière de fbrti6catioo , pour empêcher que les Normands ne vinssent ta piller une seconde fois; mais les religieux ne crurent pas ces fortifications assex fortes pour leur résister, puisque • dans le temps que ces infidèles assiégeaient Paris, l'an 887, ces religieux se rèfugièreot è Reims avec les corps de lurs saints patrons et plusieurs autres reliques. L'an

913, le monastère de Saint-Denis se royail coreè la veille d'étreen proieaux Normands» si le roi Charles le Simple n'eAl pris le parti de s'accommoder arec Rollon , leur duc , qoi se fit baptiser à Rouen, comme nous avons déjà dit ailleurs. Robert, comte de Paris» qui était pour lors abbé de Saint-Denis et qui fat roi de France dans la suite, le tint sur les fonta de baptême et lui donna son nom. Avant le comte Robert, le roi Eudes en avait aussi été abbé; Hugues le Grand, fils de Robert| le fut après lui ; et enfin Hugues Capet,qui par un motif de conscience rendit à ce monastère ses abbés réguliers , étant persuadé que le cause du relâchement des religieux ne venait que de ce qu'ils n'avaient que des laY* ques pour abbés. Ce prince, après avoir re* mis en règle cette abcaye, jugea néceasaire d'^ rétablir le bon ordre, il en fit parler a saint Mayeul, qu'il croyait plus capable que personne d'une telle entreprise. Ce saint avait quitré la charge d'abbé de Cluny et vi«i> vait fort retiré, ne pensant plus qu'à se pré-

f»arer à la mort. Il crut néanmoins devoir aire un eflTort pour satisfaire son prince : c'est pourquoi il se mit en chemin; mais étant tombé malade à Soovigny, il y mourut. Ainsi ce fut l'abbé Odilon, qui lui avait succédé dans le gouvernement de l'ordre de Cluny, qui fut chargé de cette comuiission , qui, quoique difficile, fut exécutée avec tout le succès que l'oo pouvait attendre de son zè!e.

L'ancienne discipline y était encore fort relâchée lorsque suger, en élant abbé, entreprit Tan 1133 de réformer les abus qui s'y étaient glissés, et anxqueb il n'avait pas peu contribué lui-même : car, n'étant que simple religieux de Saint-Denis , il avait gagné les bonnes grflces du roi Louis VI et s'était abandonné A sa propre fortune, se laissant introduire bien avant dans les a^ faires du siècle. 11 suivait ce prince partout, même à l'armée, et vivait plutôt en courtisan qu'en religieux. Après qu'il eut été fait abbé, il continua de vivre comme auparavant, et même avec plus de pompe et de magnificence ; l'en a même cru que saint Bernard l'a voulu

une liberté chrétienne, et Suger, touché de ses remontrances, renonça à sa vanité passée, travailla i se corriger lui-même et A réformer les abus qui s^étaient glissés dans son monastère, commençant par retrancher tout ce qui ressentait en sa personne la pompe et les manières du siècle. Il eût bien souhaité quitter entièrement la cour; mais le roi, qui avait besoin de ses conseils, n'y put jamais consentir. Obligé de rester malgré lui dans le ministère, il parut à la cour a%ec une modestie qui édifiait toute la France. Dh cette manière il persuada aisément la re-^ forme à ses religieux. La ferveur et Tcxactitude avec laquelle ils s'acquittaient de tous leurs devoirs les uiireut bicnt6| en

(I) Mabiflon, ÀnnaL Bcncd'icL, tom. II, pC- i66 et 2J^2.

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