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pea (fe temps ; car madame de Gondy» qui, coame nous ravoos déjà dit, avail mit la condoMe de sa conscience entre les mains de M. de Paul, souffrant a? ec peine son éloigneoient, fil loat ce ao*elie put pour le faire revenir, employant l^aulorilé du cardinal de Reti.pour lors é?éque de Paris, qui» étant loQ beau-frère, Toolut bieq écrire pour ce lajet. M. de Bérulle s'intéressa aussi pour cela ; on lui envoja même etprès au de sea plus intimes amis, qui, appuyant les lettre» par lesquelles on le priait de donner cette coDsolalion à madame de Gondjr, le détermina à revenir à Paris, où il arriva au mois de décembre de la même année 1617^ et la veille de Noël il rentra dans la maison de Gondy. 11 y fut reçu comme un ange venu in ciel, particulièrement de madame de Goody, qui, dans la crainte qu'il ne la quittât une seconde fois, lui fit promettre qu'il Tassisterait jusqu'à la mort, comme il le fit, Dieu l'ayant voulu ainsi pour donuer com* meocement A la congrégation de la mission, par le moyeu de celte sainte dame, qui, permtanl toujours dans la résolutiun qu'elle avait prise de faire une fondation pour l'entrelicn et la subsistance de quelques bons prêtres ou relisieux qui allassent de temp$ en temps faire oes missions dans ses terres, et ayant cherché par le moyen de M.^de Paultous les moyens pour exécuter son desseia tans avoir pu réussir^ par le refus qu*en fi*^ reni pljsieurs supérieurs de communautés auxquels on en parla, fit enfin réfie&ion que plasteurs docteurs et autres vertueux eccléiiastiqoes qui se joignaient ordinairement à M. de Paul pour travailler aui missions qu'il n'avait pas discontinué de faire depuis son retour, n'auraient peut-être point de dirQcullé de faire une congrégation particulière dont l'obligation principale serait de faire les mislions, si elle leur fondait une maison à Paris dans laquelle ils pussent se retirer et vivre en communauté : ce qui serait justement reiécution de son pieux dessein. Elle en parla au comte de Joigny, son mari, qui non- &culcment approuva son dessein, mais aussi voulut s'en rendre fondateur conjointement avec elle. Ils en communiquèrent tous deux avec Jean-François de Gondy, leur frère, premier archevêque de Paris, qui non-seule» uenl approuva leur lèle, mais, considérant que son diocèse en pourrait recevoir de grands biens, voulut aussi contribuer à cette tundatiou en destinant le collép;e des Bons- HofaDls, qui était à sa disposition, pour le logement de ces prêtres. Ils en parlèrent à M. de Paul, qui ronscntit à la proposition qu'on lui fil^ premièrement, de recevoir ce ciillègc avec la direction des prêtres qui s'y vciircraieot avec lui, et des missious aux- Huet.es ii^ s'appliqueraient; secondement, ^accepter la fondation au nom de ces prê* Ires ; el en troisième lieu, de choisir lui-même ceu& qu*il trouverait propres et disposés ponrce pieux dessein. La chose ainsi résolue (ttt exécutée le i" mars 162^, et Tarche- \à({uei de Paris fit exoédicr, le 17 avril de l'année suivante 1625, les provisions de pria*
cipal de ce collège en laveur dé H. de Paul, auquel M. et madame de Gondy donaèreut quarante mille livres en argent comptant pou r commencer ta fondation, avec pouvoir de choisir tel nombre d'ecclésiatftiqocs qee le revenu de la fondation pourrait entretenir, ei ^ni seraient sous sa direction sa vie durant : a condition néanmoins que nonobstant cette direction il resterait dans leur maison pour leur continuer et à leur famille l'assistance spirituelle qu'il leur avait rendue jusqu'alors. Après celte fondation, comme sM ne restait plus rien à madame de Goady qued'aller au ciel recevoir la couronne qui loi était préparée pour tous les services qu'clleavait tâché de rendre à Dieu, élani tout atténuée par les maladies, les peines et les fa* ligues que son zèle et sa charité loi avaient fait entreprendre, elle mourut la veille de Saiol-Jean-Baplistodela même année. Après que son corps eut été porté aux Carmélites (le la rue Chapon, où elle avait choisi sa sé-
Euilture, H. de Paul sortit de Paris pour aler porter cette triste nouvelle à son mari, 2ui était en Provence, el afin de lui demaaer son agrément pour qu'il se retirât au collège des Bons-Enfants : ce qui lui ayant été accordé, il revint à Paris, où il mit la dernière main à rétablissement de la con«» grégation de la Mission, qui fui approuvée
tar l'archevêque de Paris le 2k avril 1626. . L Portail, qui avait déjà demeuré quinso ans avec lui,, nç le voulut point quitter eo une si belle occasion. Deux bons prêtres de Picardie, nommés l'un du Coudrey et I autre de la Salie, s'offrirent ensuite à ce saint fondateur, qui les associa touf trois à lui, eo^ exécution de la fondation par un acte passé par-devant notaires le k septembre de la même année. Quatre autres prêVies les suivirent peu de temps après, et leur eommu* nauté s'étant augmentée considérablemrnt dans la suite, le pape Urbain VIII, par une bulle du mois de janvier de l'an 1632, érigeacette compagnie en congrégation sous le ti* tre de la Mission, et permit an fondateur do dresser des règlements pour le bon ordre de cette même congrégation. Pour autoriser da* vantage cet institut, le roi Louis Xlli fit expédier des lettres patentes au mois de mai 16^2, et elles forent vérifiées au parle* ment de Paris au mais de septembre de la même année.
Dans le temps que Ton poursuivait la bulle dunl nous venons de parler, les prêtres de cette congrégation entrèrent dans le prieuré de Saini-Lazare à Parif, qui appartenait pour lors aux Chanoines Ûèc^ulicrs de la. c mgrégatioH de Saiot-Victori qui voulurent, bien consentir à la cession qui en fut faite par leur prieur aux conditions portées par lu concordat fait entre eux le 7 janvier i&ii, Kn suite de ce concordat et de fa démission ^ du prieur, l'archevéquo de Paris fit runion« de ce prieuré comme d*uo bénéfice qui étail à sa collation, à la congrégation de la Mission, ainsi qu'il parait par ses let res du der« nier décmibre 1633, et elle fut confirmée par le pape Urbain VIU par une bulle du umi»
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
de innrs dd l'an 1635. Ceftc maison, par sa va5lc étendue» la gran^ieur de ses bâtiments, le nombre des prélrescl drs séminarisies qui y iicmearenl et la résidence que le général y fait, esl devenue chef de cette congrégation, qui, se rendant de pln< en plus nécessaire à l'Eglise, a fait dans la suite de fort grands progrès tant dans cette même ville de Paris, où elle a obtenu le séminaire de Saint-Charles, que dans le reste du royaume aussi bien que dans les pays étrangers. Le premier de ces établissements fut à Toul en 1635. On leur donna en 1637 la maison de Notre-Dame de la Rose en Guicnnc. Le cardinal de Richelieu les établit l'an 1638 à Richelieu el à Luçon. Us obtinrent un antre établissement à Annecy en Savoie l'année suivante. Us paslièrent l'an 16^2 en Italie, où la duchesse d'Aiguillon Marie de Vignerod leur fonda une maison à Rome; elle en fonda aussi dans son daché d'Aiguil'on et dans son comté d'Agenais aussi bien qu'à Marseille. Ils furent appelés à Gènes Tan 1C(^5 par le cardinal Durazzo, qui leur fonda une maison en cette ville. Ils furent reçus en Pologne Tan 1651, où la reine Marie de Gonzague les établit à Varsovie ; enfin elle flt un si grand progrès el en si peu de temps, que M. de Paul eut la satisfaction pendant son généralat de voir établir vingt-cinq maisons de son insfitut, dont la dernière fut londce à Turin l'an 165<^.
Outre le bien que ce saint instituteur a procuré à l'Eglise en lui donnant tant d'ouvriers évangeliques par rélablissement de sa congrégation, il s'est encore distingue par
fdnsii^urs autres saintes institutions tant pour e soulagement corporel des pauvres que pour le $alut de leurs âmes. Car, ont e les confréries de lacharilédans chaque paroisse, qui lui sont redevables de leur commencement, il a encore établi les filles de l<i Charité, servantes des pauvres malades, cl' contribué à rétablissement de celles de la Croix, dont nous avons parlé à leurs articles. C'est lui qui a donné origine aux compagnies des dames pour le service de l'Hâtel-Dicu de Paris, aux exercices de ceux qui doivent recevoir les ordres, aux retraites spirituelles de toutes sortes de personnes qui veulent, ou choisir un état de vie ou faire des confessions générales ; aux conférences, ccclés'astiques, à plusieurs séminaires, et enfin à quantité d'hôpitaux, comme à c *nx des entants trouvés, des pauvres vieillards di; Parid», et des galériens de Marseille.
Il assista Louis XJll à la mort, et fut cniuite nommé par la reine régente pour un de ceux qui composèrent le conseil royal des affaires ecclésiastiques et bénéficiâtes, dont il eut lui seul presque tout le poids pendant dix ans. Au milieu de ces emplois et des fonctions indispensables de sa charge de général, il sut se conserver dans une égalité peu commune ; toujours uni à Dieu, il marcha en sa présence plein d*un esprit de zèle pour sa gloire et de charité pour le prochain auquel il voulut assurer les secours qu'il lui avait toujours dtmnés, en mellanl (a dernière
main à ses règles et constlotinn*:, pir ii^. quelles il obligea ses disciples à con i utr pour le salut des âmes ce qu'il leur avait «^r. seigné par son exemple ; c'est pourquui il G. assembler en 1658 la communauté de S.ii '• Lazare, et, après avoir fait à tons ceux qu la composaient UD discours fort afToctiuuie'. paternel, sur le sujet des observances de ces règles, il les fit approcher tous, et leur doana à chacun un peiit livre imprimé, conifnant ces règles, qu'ils reçurent avec beaacoup de respect et une dévotion sincère.
Quoique ses grands travaux t'eussent réduit dans un grand abattement et loi eos^ert causé une longue maladie, il ne laissait pas tooiours de s'occuper non-seulement au bics et a l'avancement de sa congrégation, mais encore au salut du prochain, sans oublier le sien propre, dans la crainte qo*après avoir prêché et enseigné les autres, il ne fût 1 .imême réprouvé. C'est pourquoi, afin d>viter ce malheur dont il avait retiré lantd'iines, plus il avançait en âge, plus il se rendait exact à l'observance de ses rè;:lcs, rt particulièremonl à satisfaire à l'obligJlioo de son office : ce qui obligea le pape Aleiaodre Vil, qui connaissait combien la conservation de ce grand serviteur de Dieu éd.: importante à toute l'Eglise, à lui faire eipédier un bref à son insu pour le dispenser de l'office divin ; et en même temps les cardinaux Durarzo , arche^éiae de Gén?*; Ludovisio, grand pénitencier, et Bagni, qo avait été nonce en France, lui écrifireal pour l'exhorter à se soulager et à se conser* ver. Mais le temps auquel Dieu avait dctr* miné de lui donner la récompense de loss ses travaux étant venu, il mourut le 27 septembre de l'année 1600, âgé de 85 ans, apr i s'être disposé à ce dernier passage p^r co rniouvellement de ferveur et de piété. Il (i( enterré au milieu du chœur de Saint-Lit:iri. où ses obsèques se firent avec un grasi concours de plusieurs seigneurs et d lo"*, mais particulièremi^nt du prince dcCoali, du nonce du pape M. Picolomini, et de M L* chesse d'Aiguillon. Quelques jours aprèî 't'^^ fil pour lui on service solennel dans l'êgli*' de Saint-Germain-l'Auxerrois , où reicq-du Puy prononça son oraison funèbre. Où a depuis fait les informations juridiques de n vie, de ses vertus et de ses miracles, pojr
Soursuivre à Rome le procès de sa bea^ cation.
Cette congrégation a été beaucoup ^vzmcntée après la mort de ce saint fonJateir. étant présentement composé • d environ ([^r Ire-vingt-quatre maisons, divisées en or: provinces, qui sont celles de France, C J'«* pagne, Aquitaine, Poitou, Lyon, Ficar .f. de Home, Lombardie et Pologn \ p.|lre c« maisons, m^ilame la duchesse d'^ip^i'']' leur fil une fondation pour reulreiicn ij quelques missionnaires en Afri|ue, y^»»' l'assistance spiriluille et corporelle d<'^ P '^ vrcs esclaves de Barbarie, où ils sont tU- J depuis l'an 16^5, et le pape Innocent Xf envoya l'an 1697 à la Chine pour ir^ui »ff * la conversion de cette nation*
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LAZ
Von pcul j-iger de rcxadiiuiîc da ^f. Herronnl dans le dciio:nbrc:ne •! qu'il fait, dans rm Uisloiro des Ordres religieux, des maisons régulières et des oommanautés séculières, par ce qu'il j dil des Pères de la Mission, auxquels il retranche non-seulemenl d<ux do leurs provinces, qui sont celles de Picardie et de Lombardic, mais encore plusieurs maisons considérables, com:ne Notre-Dame d'Boglossc, dans la paroisse de Poui, li.'U (ie la naissance de M.Vincent do Paul, qui fui donnée aux missionnaires de la province d'Aquitaine, Tan 1706, par M. Bertrand d'Abadie d*Arbocaye, éréque de Dax, et par Âl. r.ibbédeBetbedcr, curé de Pool, qui uniront ccUe cure à la congrégation ; le petit séminaire de Saint-Charles daus la ville de Poitiers, où il a été établi Tan 1710, par M. Jean- Claude de la Poype de Vertrieu ; la maison de Florence, fondée l'an 1703 par le pape Clément XI cl le grand-ducde Toscane; c lie de Fermo, fondée la même année par le cardinal Cinei ; celle de Barcelone, fondée en 170i par deux chano'nes do la cilhédralc ; et celle de Furli, fondée par le cardinal Paulocci l'an 1709, toutes quatre do la province d? Rome; celle de Fi-rrare, fondée par la lu.irquise de Villa-Camille Bcvila'tUa, l'an l'VJ*; celle de Crémone, fondée Tan 1702 pirM. Malossi, chanoine de la cathédrale et granJ vicaire de Tévéque de cette même tille ; et celle de Casai, fondée par plusieurs personnes de piéié l'an 1710, toutes trois de h province de Lombardie ; et enfin dans la province de Pologne, la maison de Xowicz , ao diocèse de Gncine, fondée l'cin 1689 par le cardinal Radziewouski.
Le roi Louis XIV les a établis aussi en li^Ol i Fontainebleau pour avoir soin de sa paroisse; à Versailles Tan 167^ p >ur desservir pareillement la paroisse et avoir soiu de la chapelle du château ; h l'hôtel royal des Invalides à Paris, l'an 1673, pour y desservir aussi la cure, qui comme les deux précéd ntes est unie à la congrégation ; et enfin Sa Miijeslé les a établis à Saim-Gyr Tan 1690, à Il sollicitation de madame la marquiic de Main'.eooo, pour être dircctt.*urs des dames et demoiselles de Saint-Loui^ et faire des n.islions dans les terres de la mense abbatiale de Saint -Denis eu France, unie à la communauté de ces dam<*s. Ils furent aussi appelé.) fl Sainl-Cloud l'an 168S, par M. le duc d'Ortitans, frère unique du roi, pour y avoir soin de la chapelle de son cliâieau et de l'hôpital de ce bourg.
Ils Qreot on second établissement dans l«'>me Tan 1697, qui est encore un de ceux "!"is dans le Catalogue de M. Herma .1, MMoique la seconde édition do son Umqï e " «Jt paru qu'en 1710, Le pape lnnoce:it \II J^ur accorila le monastère de Sa.n -Joaii el ^iint-l>aul, sur le mont Célio, qui avait autrefois appartenu aux religieux jésontes 3vani leor suppression. Les religieuses Phil'ppines (Voy, ce mot) l'avaient ensuite oc- ^^pe ; et ces religii^use^ ayant été transférées 7^ uu auirc lieu, CIc.neul X l'avait donné à ^^^ religieux an^î'aisdo Tuidrc Je Saiiil-Do-
miiiiquc. Alexandre VIII rérî{»ea en abbaye l'an 1689, et la conféra à son neveu le caniînal Ottoboni, en y conservant ces religieux anglais, qui, ayant été obligés de Tabandonner, furent cause que le cardinal Otloboni se détermina à remettre cette abbaye entre les mains do pape Innocent XII, qui supjirima le titre abbatial et donna ce mouaNtère aux Prêtres de la Mi8!>ion, qui y ont établi le séminaire iiiterne et les éludes de la province romaine.
Outre l'approbation que cette congrégation a reçue du pape Urbain VIII, elle a été encore confirmée par les papes Alexandre VII et Clv^mcnt X. Les prêtres qui la composent ont pour fin principale do travailler à leur propre pcrfoclion , de s'employer au salut des pauvres gens de la campagne par le moyen des missions, et de s'appliquer à procurer ravanceiiicnl spi^ rituel des personnes ecclésiastiques.
Pour parvenir à la première fin, la congrégation a un règlement qui prescrit entre autres choses une heure d'oraison mcnta'e le matin, trois eianens de cnnscience chaque j >ur, la lecture spirituelle aussi chaque jour, quelques conférences spirituel! s ch ?que semaine, la retraite annuelle de biiit jours, et lobservance du silence hors le temps de la conversation.
Pour la seconde fin , elle vaque huit mois de l'année aux missions do la campa<;ne. Les missionnaires demeurent quinze jours ^ trois semaines ou un mois, (t quelquefois plus en chaque lieu, selon qu'il est à propos, pendant lequel temps ils instruisent tous les jours le peuple par des catécliismes et des prédicatio:is familières, entendent les confessions générales, accommoient les procès ou autres dilTércnds, réconc lient les ennemis, et procurent aux nécessiteux , pirticulièremenl à ceux qui sont malades, tous les soulagements possible^:, s'eiTorçant d'éablir où cela se peut les confréries de la Charité, et terminent enfin toutes ces bonnes œuvres par la communion générale, à laquelle ils invitent tout le monde.
Pour la troisième fin, cette congrégnion s'applique à la direction des séminaires, dans lesqueli ceux qui se disposent aux saints ordres ou qui les onldéji reçus demeurent retirés pendant un temps notab'e pour cire formés dans les vertus et les fonctions de leur vocation par les exercices suivants. lU foiil chaque jour en ce lieu l'oraison m^Mitale eu commun, récitent ensemb'e l'iiffice divin , etitendent la sainte messe, ou la célèbrent s'ils sont prêtres, font l'examen particulier sur chaque vertu avant le repas, et en font un autre général le soir. O.i leur fait des let}ns de ttiéologic deux fois le jour, et une bis l'exercice du plain-chant. Ils font à leur tour la lecture durant le repas, cl a 1 1 sortie de t ible ils ont environ une heure de conversation sur divers sujets utiles, comme do cas de conscience, de quelques passag<*s de TEcrh lure sainte, etc., mais d'une manière à délasser honnôtenient l'esprit. Chaque semaine ils ex<'rc*nt à certains jours les cérémonie:»
DICTIONNAIRE DES ORDUES BELIGIEUX.
de réglise » lant de la messe basse qac de la messe haute, e( des autres ofOces divins, coiiime aussi la manière d'administrer les sacrements. Oo les exerce pareillement de temps en temps à la prédication , au prAue , au catéchisme, etc. Les dimanches et les fêtes ils chantent la messe et les réprcs ^ ou ils sont employés tour i tour en quelque offlce , selon leurs ordres : ils se confessent et communient les mêmes jours.
La même congrégation s'applique à disposer dans ses maisons les ordinands à reccToir diffnement les saints ordres, par une retraite de huit , de dix ou de douze jours, avant Tordination générale. Pendant ce temps-là, outre la plupart des exercices communs aux séminaristes , on leur fait deux entretiens chaque jour, l'un de la théologie morale , qu'on leur explique toute en abrégé durant leur retraite, et l'autre en forme d'exhortation sur les (sujets les plus importants à leur état. Elle fait encore pour la même fin des conférences spirituelles avec 1rs ecclésiastiques^ qui s'assemblent chaque semaine dans ses maisons, pour v traiter des vertus et des fonctions propres a leur état. Enfin cette congrégation emploie encore un autre moyen lant pour la sanctification et la perfection des personnes ecclésiasti(|ucs que lies laïques: savoir, les retraites spirituelles de cinq , six ou huit jours qu'elle accorde à tous ceux qui, sous la conduite d'an direcieur, veulent s'appliquer à l'oraison mentiale et vocale , à la lecture spirituelle, i une confession générale ou annuelle , et à dresier nn règlement de vie, etc. Alexandre Vil ordonna par un bref de l'an 1662 que tous ceux qui recevraient les ordres a Rome et dans les six évêchés^uiïragants seraient obligés de faire les exercices spiritutls de dix jours chez les Prêtres de cette con* ^régation, sur peine de suspension, dont ili ne pourraient être relevés que par lui ou ses successeurs ; et Clément IX , en considération de ces exercices que rette congrégation fait faire, lui accorda plusieurs grâces et privilèges.
11 est à remarquer que cette congréga* tion est du corps du clergé séculier, quoique les particuliers qui y entrent y fassent après deux ans de probation quatre vœux simples, de pauvreté, de chasteté, d'obéisrance et de stabilité, donl ils ne peuvent être dispensés que par le p.ipe ou par le supérieur général. Elle fait toutes ses fonctions à l'égard du prochain , avec l'approbation et la permission des ordinaires oes lieux, et ne fait rien dans les missions sans l'agrément des curés. Enfin elle exerce ces mêmes fonctions gratuitement; cVst pourquoi elle n'accepte aucun élablissenieut s'il n'y a une fomlatiou suffisante pour l'entretien des ouvriers qu'elle envoyé. Elle est gouvernée par un général qui est perpétuel. Lliabiliemcnt de ces
[f) Voy ,ibfinduvol.,n«i88.
[%) Aujourd'hui le pciit cimaiière existe en partie; Il cbi changé en |iarterre, et Tautel de ia sainte
missionnaires est semblable à celai êei ecclésiastiques, n'étant distingués que pu nn collet de toile large de quatre doi|ts et par un petit toupet de barbe quWt portent (1). Ils ont pour armes Noire-Sch gneur prêchant.
Louis Abelly, évêqne de Rodez, Vit it M. Vincent de Paul. Giry, Fus des S^mii, tom, 11, aux addUione 27 seplemô. Héraut BisL des Ord. relig.^ (om.lV. Carlo Barthol. Piazza , Eusetolog. Roman , pari, i, trait. .5 , cap. 29 , et part, n , Trait, 11, cap. 13. Regulœ Communet ejusd. cong ryt^ f lonû ; et Mémoires manuscrits donnés par les prêtres de cette congrégation.
Le P. Hélyot dit ci-dessus que depuis U mort du saint fondateur des Prêtres de !a Mission, on a fait les informations jnrîdiqvet de sa vie, de ses vertus et de ses nsirades, pour poursuivre à Rome le procès de u béatification. On sait aujourd'hui quelle à t\t\ l'issue de cea poursuites.. Tout ayant étèeii- ' miné rigonreusement à Rome, Vinceai (ot béatifié,en 1729, par Renolt XIll. Den coaunoa de manifester la gloire de son serfileor par les miracles qu'il accordait à son intercession, et, en 1737, Clément XII mit Viscent au rang des saints. La fête de la uoonisation de saint Vincent de Paal fut célébrée partout avec pompe ei solennité. SaaseoUer dans les détails, nous devons du osoins rap* peler ici le dépit que manifesta le janséniiae en cette occasion. Un granci noaibrede corn de Paris mettaient opposition à la vérifia* tion de toutes lettres patentes surprises •• d surprendre en faveur de la balle de cas<h nisation,el parmi eux nous voulons noaaer l'abbé Goy, curé de Sainte-Marguerite, qsi mourut avant d'avoir la satisf.idion de se joindre à ces zélés confrères, mais qui U- Clara s'unir à leurs efforts. Suivant les j«issénistes, en nn mot, monWeiir Vincent aiau été canonisé à force de calomnies. Leur» diatribes furent inutiles, et ils eurent surunit le dépit de voir installer avec grandes cérémonies les reliques de saint Vincent dao> l'église de Saint-Uédard, où elles furent e&* posées à l'une des chapelles de celle éf^luc qui donnaient sur le petit cimetière du diacn Paris (2). La fête de saint Vincent de Paul s été filée an 19 de juillet, et son culte est as* jourd'hui plus répandu que jamais.
Qui le croirait auiourd'huii si llûstoireM l'attestait, et qui 1 aurait cru alors, si des faits nombreux ne l'avaient prouvé I La cri* tique et la persécution quéprou virent U bulle de la canonisation et même la béatification de saint Vincent de ta part des jansénistes n'empêchèrent pas l'esprit de nouveauté de s*immi!»cer dans cette congrégatios et de ga.^n«r un grand nombre de %t% mesbres aux erreurs d'une secte qui était »os eniiciiiio acharnée. Grâces à Dieu, la sopé^e des Lazaristes fut pendant le x%iii* siècle goeveruce par des supérieurs qui ne négligèrcat
Vierge couvre une portion do temia oèdiut^ touibis du diacre.
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ieu poor DAÎotenir ilann son seia la docriae catholique. En 171i, H. Jean Bonnet ilélo général. Qaoiqne d'une sanlé délicale { frêle, il déploya le ploi grand lèle dans »n adminiilralion, qni dora fingt-qoalre il. C'est on des snccesseors de saint Vinest de Paul qui ait le pins IraTaillé à conirfider et défelopper les esofres do pieux )Bdtteor. Il eut iurtout à cœor de préserver I compagnie dont il était le chef et Torçane, ri atteintes fonestcs de l'hérésie qni s insisait alors partout et qni y fit pourtant pluieert conquêtes. Le zèle» quand il est vériible, donne i la charité des conseils de igoeur.et M, Bonnet, en homme cbaritoble
I prudent, ne recula pas devant des mesures itrémeSi quand il les crut nécessaires on raslagenses au corps tout entier. Il retran<ba plusieurs membres» très<*capablcs d*ailnrs par leurs talents et leur instruction de sodre des services sensibles. Entre ceux qui BreDl céder à la vigilance et à la fermeté B leur supériear» nous nommerons un abbé (évrot, sousHdiacre, et l*abbé Gloris, assislot do séminaire des Bons-Enfants , tous rax opposés formellement à la bulle [7nimitfu. Le sénnlnaire de Bayeux fut deux as fermé, et M. Bonnet y fit introduire un Btre enseignement en t faisant suivre la kéùlcgiê de Poiiiirs. A 1 autre extrémité du )jaQme, il se voyait dans le même temps *30) obligé à destituer et placer dans une mre maison l'abbé Hermont, supérieur du bnioaire de Toulouse. Dans les peines qu'il proorait, M. Bonnet trouvait des consola* oaS| non-seulement dans le témoignage de icoDscii nce, mais aussi dans la coopération t SCI f énérablcs confrères, et nous citerons ^ abbés Piagnarl, Jacquemart et Ortau, lire autres 9 qui attestèrent de leur xèle oir la saine doctrine dans une mission qu'ils Moaieot à Esclaron, an diocèse de Châlonsir-Marne. A M. Bonneli qui mourut en 733, succéda M. Jean Conty, élu en 1736, !qoel gouverna jusqu'à Tannée 1746 ; son Imioisiralion ne fut pas non plus i l'abri f% orages que lui occasionnèrent les novaurs cachés dans le sein de l'institut. Il lui lUatbientêt» et dès l'année da son élection» ipuiser l'abbé Bary» qui, entré dans la conrégation en 1707, ayant été professeur do léologie, successivement à Sarlat et à An* onlème» missionnaire, curé de Richelieu, ne
II reconnu pour janséniste dangereux que ftr l'abbé Bourret, excellent catholique et Bréde Fontainebleau, où fiarry était alors.
faut se rappeler que t resqoe tous les or* res religieux étaient à la même époque ijoséi aux mêmes désagréments. La conrégation de la Mission en sentait plus vivotent les coups depuis l'année 172i , à la iile d'une assemblée générale dans laquelle I. RoQurt avait donné des preuves de ce èle dont nous avons parlé, et employé ses ^01 pour faire accepter la bulle et préparer I caooiMsatiiiu de saint Vincent. L'upposi- *u» qu'il avait éprouvée l'avait jïorté dès ce cinps à faire des expulsions dont furent ^Ji'pcs les abbés Lcfevre, Himbcrt, Philo-
pold» etc. La nlation de cette assemblée fut publiée dans le temps. M. Conty mourut eu 17M,eleot pour successeur» l'année suivante, M. Louis Debras, qui mourut en 1761, M. Debras fut lui-même amené à des mesures de rigueur et forcé d'expulser l'abbé Charmet et peut-être d'antres confrères ; mais hêtons-noos de dire que la congrégation de Saint-Laxarese distinguait alors par son zèle ponr la doctrine orliiodoxe et par les épreuves qu'elle subissait en conséquence» par exemple à Auxerre, ou tous les directeurs du séminaire furent interdits par le fouguoox évêque de Caylus, et rétablis par M. de Condorcet» son successeur. Dans les missions qu'ils donnaient sur d vers poiots do la Franco, les Lazaristes s'appliquaient aussi à dissiper les erreurs jauséniennes et à faire disparaître les livres du parti.
M. Antoine Jacquier fut élu général en 1762» et mourut en 1787. Ce fut durant son administration que le souverain pontife, de concert avec le gouvernemeni françaia, coufla à sa congrégation le^ missions de la Chine et du Levant, que la suppression des Jésuites rendait vacantes. A M. Jacquier succéda M. Jean-Félix-Joseph Cayla de la Garde» élu en 1788.
Dès cette année, les élections ponr les états généraux ay*dint eu lieu» il ne s on fallut quo de quelques suffrages pour que M. de Cayla fût nommé un des dépulés du clergé de Pa* ris: il fut du moins nommé premier suppiéant.
Bu 1780, la maison do Saint-Lazare fut une pre iiière fois pillée par ta populace, que les factieux avaient excitée. La perte et les dommages s*élevèrent à plus d'un million. M. de &iyla, qui se trouvait à la maison en ce moment critique, fut admirable de sangfroid, de calme et de dignité.
Lorsque les états généraux furent conver* tis en assemblée nationale, un député du clergé de Paris s'étant retiré, M. Cayla n'hé* sita pas, malgré les alarmes et les représentations de ses amis, à prendre sa place et â assister aux séances de l'assemblée, où il défendit couraf^ensemenl les droits de la religion. Il voulu! aussi être présent au jour fixé pour prêter serment A la conatllution civile du clersé, et on sait qu'il ae rangea du côté des prêtres fidèles qui refusèrent ce serment impie. Cet exemple du chef de la congrégation fut généralement suivi par les confrères de Paris et de la province. Sur plusieurs mille prêtres de la Mission qui étaient alors en France, il n'y eut qu'an petit nombre à trahir leur conscience, il y eut donc en effet quelques défections, et ce corps vénérable eut la douleur de voir deux évêques constitutionnels sortis de son sein: Tun était Jean-Haptistc-tiuillaume Gratien, Piémontais, supérieur du séminaire de Chartres, qui fut sacré en 1792 pour le siège métropolitain de la Seine-Inférieure (Kouen), et mourut en 1799 ; Tautre fut Adrien Lamourettf , supérieur du séminaire de Tours, et directeur de retraite è Saint-Lazare, sacré
DlCTIONNAinE DES ORDRES RELIGIEUX.
rn 1701 évéquc métropolitain de Uhône et Loire- (Lyoo), et guillotiné à Paris en 1794, ayrbs avoir rétracté son serment et ses erleurs. En compensation, la congrégation yit plusieurs de ses membres sceller de leur sang- leur attachement à la ioï de l*Eglise.
£n 1792, le 2 septembre, eut Heu en même temps qu'aux Carmes le fameuv massacre au séminaire de Sainl-Firmin ^ rue Saint- Victor, dans lequel saint Vincent «ie Paul avait jeté les premiers fondements de sa con* grégalion. M. François, supérieur de cil te maison, périt dans Ci'tte journée.
Dans la même année eut lieu la seconde spoliaiion de Saint-Laza c. Tous les meml>rcs de la congrégation qui se trouvaient dans celte maison furent dispersés. M. Cayla fut forcé de fuir; il passa d'abord en Allemagne et de là à Rome, où le pape Pie ^ 1 lui offrit un asile. C'est là qu'il mourut au mois de février 1800, pleurant sur la dispersion des membres de sa congrégation, et ifosant espérer sans doute Tétat prospère que la Providence lui a rmdu.
L'institut de la Mission a de tout temps compté des hommes distingués par leur savoir théologique. Nous indiquerons, à Tépuque fi\ée pour ces additions historiqu>'S , M. VMctor-Amédce Soardi, né à Turin, mais professeur au séminaire Saint-Firmin , à Paris. 11 publia quelques ouvrages trèsestiméSt entre autres celui qui est intitulé : De romani pontificis auctoritale^ imi^rimé à Avignon en 17(^7. L'auteur y veut prouver que le clergé de France reconnaissait infaillibilité du pape. Son livre fut supprimé par arrêt du parlement de Paris en date du 2) juin 1748(1). Il y a eu une seconde édition lie cet ouvrage à Heidelberg en 1793.
Nous citerons aussi M. François, supérieur de Sainl-Firmin, auteur d'un ouvrage c'e discussion philosophique remarquable, dit-on, par sa logique et sa clarté. Nous rappellerons surtout Pierre Collcti continuateur de Tournely. Les ouvrages de ce célèbre théologien sont connus et estimés de tout le monde; mais on le connaît peu lui-môme, et nous recueillons sur sa vie des renseignements qui puissent suppléer au laconisme des dictionnaires historiques à l'article de cet homme si laborieuv et si instruit. A la nomenclature det établissements de Lazaristes, donnée par Hélyol, nous joignons ici la liste alphabétique des séminaires dirigés par cette congrégation : Agen , Albi , AmienSi Angouléme, Arles, Arras, Awgnou, Aiixorre, Bayeui, Beauvais,Rclley, Bezicrs, Bordeaux, Boulogne, Saint-Bricuc, Cahors, Cambrai, Châlons- sur- Marne , Chartres (grand et petit séminaire), Sainl-Flour, Saintl'oUde-Léon, Pau (pour le diocèse de Lescar), Luçon, Sainl-Malo (deux séminaires dans ce dioi'èse, Tun à Saint-Meen, Tautie à Saint- Scrvan); le Mans, Marseille, Metz (deux séiiiiiiaires, celui de Sainte-Anne et celui de Saiut-Simon},Monlauban, Nancy, Narbonne,
Noyon, Pamiers, la Rochel!c, Rodez, S*ilotc< Sarial, Sens, Sistcron (deux séminaires 'ii*.« ce diocèse, à Manosque et à Lurs) ; Soiss'Ki (grand et petit séminaire), Toal,Toar*, Tr^ guier, Troyes et Vannes; en tout qnaras!'»' sept grands séminaires et deux petits. Aocor« autre congrégation, pas même celle de ^aln^ Sulpice, no dirigeait alors autant de iuais«iB« dece genre. Le^Lazaristes devaient celle rov fiance au respect porté à leur saioi fon^atour, quia le premier établi les fèmina-rri sur le pied où ils sont aujourd'hui.
La maison de Saint- Lazare, dont la naii«' s'est emparée, est actuellement ane prH-»t de femmes. Ce fut Edme Joly, trois:è.-xie e:néral de la congrégation, qui fit construirr * plupart des vastes édifices qui composent r^i^ maison et qu'on voit encore de nos j<'or' L'enclos de cette communauté était le rlt>> grand qu'il y eût à Paris et dans les fssbourgs. On y a bâti l'église de Saint- Vin^nt de Paul, qui a été placée sous ce vocab>. a causederanciennedestinaticMidecesiîeui;<a
y a construit aussi l'embarcadère du cb<*Ri de fer du Nord, et on y bfltit m ce momerJ es vaste hôpital ou huspice. Nous crciyon!k «:voir consacrer ces souvenirs, qui s'efla-eraient bientôt, lorsque ces lieux, encore «t solitaires de nos jours, deviendront, rf ^. sera en peu d'années» couverts d'éJtli f> comme les autres quartiers de Parts. <>:• voyait dans l'église plusieurs beaux tablea^\ représentant quelques traits de 1 1 vie u saint Vincent de Paul. Nous croy<ms çac plusieurs de ces tableaux sont ccut qu vs voit aujourd'hui dans les deux chapelle» Utérales de l'église Sainto-Margnerile, ëu fj> bourg Saint- Antoine, oà M. Dubois, aocies Lazariste, a été curé. Au fond du refertoirr. où le général de la congrégation mane^ai* toujours au milieu de deux pauvres, qni y^âttageaient les mets qu'on lui servait, était tu grand tableau représentant le déluge unitr-sel. Ce réfectoire pouiail contenir plu« ^* deux cents personnes.
A Saint-Lazare ou gardait des person-!'^ ecclésiastiques ou laïques qui y étaient rrsfermées par lettres de cachet ou condaoïsen à un temps de retraite. On y renfermai! aw*»'. croyons-nous, quelques aliénés.
Lorsque les rois voulaient fiire autr'^ * leur entrée dans Paris avec solennité. lU » rendaient é Saint-Lazare, où iU rerfi2i«:i le serment de fidélité et d'obéissance àeiots \ci ordres de la ville. L'usage était aus^ ^ déposer dans cette maison les corps desn: • cl des reines de France lorsqu'on les coolu sait à Saint-Denis pour être inhumés. L'«'rchevéque de Paris recevait le convoi ra r* la deux portes du prieuré, et, apr<>s 1^ ^'* ré'uonies accoutumées, le corps était p**' à Saint-Denis par les Ilannouan oa fine* quatre porteurs de sel jurés de la ville.
D'après le eracas du dcruicr siècle, 1-^ Prêtres de la Mission avaient à Rome, et l^> lyot le rapporte, deux étabilsscmeots, cti^t
M) En date du SO Juin 1749, suiva!ii les rense'gucnients qui nous onl été fournis par M. lVjlié$Jt.Ni:' Atisie.
LLR
LËR
e Saintc-Trinilé à Mon(e*Citorio, ci celui de laioi-Jean et Saînt-P«iul.
Pour entrer à Saîot-Lazaro, il fallait, au rrnier siècle» accéder aux conditions suianles : lapostulance durait autant qu*ou le ugeait convenable pour le sujet. On pren.iit lour le noviciat et Tbabillement cinq à s x aau livras. On faisait, dit de fieaamont, m eia différent de Hélyot, deux ans de sémi* aire avant d*élre admis aux Toeux, et on deaii é(re, pour l'admission aux ordres, pourvu on iKre clérical de la valeur prescrite dans t diocèse où Ton était né.
A l'extrémité de Tenclos de Saint-Lazare 1 s jr la rue du faubourg , était une grande aaisoQ appelée lo géminaire de Saint^hart$: c'était une dépendance de celle des Frères de la Mission destinée pour les membres onralescents et pour les retraites de quel- |ucs ecclésiastiques.
La dénomination de Laxaristei n'a point
è employée par Hélyoti qui ne Ta peut- Ire pas connue, et qui a donné à rinslîtut ont nous parlons son nom réel de congrealiuQ des Prêtres de la Mission, Néanmoins aolre avait prévalu; et il est tellement aticiié aujourd hui à la société de Sainl-Vinent de Paul» que c'est sous ce nom seul u'elle est connue» et c'est aussi sous ce nom ue dans notre dernier volume nous plaer< ns Thistoire du rétablissement et des fogrès de celte société vénérable, dont nous eroos connaître l'état actuel, voyez LazaiiSTKs, au Supplément.
Etat ou Tableau de la Ville de Paris, par le Bfaumontf tn-8*, 1762. Tableau historique t pittoresque de Paris ^ par J.^B, de Saint-
utQr^ 2' édition^ tome 11, première parti '. If 'uvelles ecclésiastiques, t'/i-V, passim. LAmi e la Religion^ tome XVIII. Mémoires pour fnir à l*histoire ecclésiastique^ par Picot ^ orne IV. Notes manuscrites dues a Vexquise bligeancf de M, Vabbé Satvaire^ prêtre^ se^ r^ taire général de la congrégation des Laaiistes. B-d-e.
LÉANDKB (Saint-). Voy. CésAinE (Saint-).
LÉRINS (CoNGBÉGATiorf de).
k ta congrégation de Lérins , où il e^t parlé des religieuses de Saint-Honorat de Taraston et de celles de Marmunsler ou Moisetaux.
L'abbaye de Lérins , l'une des plus céières et des plus anciennes de France, qui a (é un séminaire de saints prélats et d'abbés, ui ont gouverné la plupart des églises et 1*2» monastères de ce royaume , ne reçut la tgle de saint Benoit que dans le m* siècle : icoro y fut-elle observée d*abord conjointeiout avec celle de saint Colomban. Cette inieuse abt>aye, autrefois chef de rongréga- 00 , fut fondée , non pas l'an 375 , comme uelques-uns i ont avancé, mais Tan 410, ar bainl Honorai, qui fut dans la suite évéue d'Arles. On ignore le lieu de la naisance de ce saint fondateur ; on croit qu'il lait d'une famille noble et qu'il avait même nrhonncurdu consulat. Quoique son père
s'opposât à sr. conversion , il reçut le baptême aussi bi n que son frère Venant , qnî se Joignit à lui; et , ayant résolu tous deux de ne vivre que pour Dieu, ils embrasseront la p ofesion monastique sous la conduite de saint Capraise , qui était ermite dans uno fie proche de Marseille. Ils allèrent ensuite dans l'Achaïc; mais Venant étant mort à Moudon, saint Honorât revint en Provenrc, où étant attiré par Léonce , évéque de Fréjus , il s'établit dans son diocèse et choisit pour sa retraite Tilo de Lérins, qui était déserte et où personne n'abordait à cause do la quantité de serpents dont elle était remplie. Mais Honorât , ayant chassé ces animaux , y bâtit un monastère qni fut bientôt habité par un grand nombre de religieux de toutes sortes de nations. Il était d'abord composé de cénobites et d'anachorètes, semblable à une laure où l'on voyait une infinité de cellules séparées les unes des autres. L'Ile de Léro , qu'un appelle présentement Sainte-Marguerite, qui touche presque à celle de Lérins , était aussi habitée par de saints solitaires qui ne faisaient avec ceux de Lérins qu'une même congrégation, gardant les mêmes observances. Fine faut point, dit le P. Mabillon, recourir aux Institutions de Cassien et dire qu'elles servaient de règle à ces solitaires , puisqu'elles n'étaient pas encore écrite^. Il est vrai qu'on ne peut parler que par conjecture , mais il est plus probable qu'i's observaient la règle de saint Macaire.
Saint Honorai ayant été élevé sur le sicgo épiscopal d'Arles, Maxime lui succéda dans le gouvernement de Lérins , et Fauste à Maxime, qui furent tous deux évéques de Riez. Fauste, étant encore abbé, eut un différend avec Théodore , évéque de Fréjus, au sujet de la juridiction que ce prélat prétendait a\oir sur cette abbaye, qui était encore pour lors du diocèse de Fréjus, ol
Sui n'a été que dans la suite de celui de Tasse. Saint Honorât, en jetant les fondemonts de ce monastère , était convenu avec l'évéquo Léonce que les clercs et ceux qui approchaient des autels ne seraient ordonnés que par Tévéque ou par celui à qui il en aurait donné la permission , et que lui seul donnerait le saint chrême ; mais que tout le corps des autres moines laïques serait sous la dépendance de l'abbé qu'ils auraient élu. Théodore cependant prétendait avoir une juridiction absolue sur tout le monastère. Pour remédier au scandale que ce dif: férend causait, Uavennius , évéque d'Arles » convoqua un concile de treize évéw;ue8, dans lequel il fut résolu que Théodore serait prié de recevoir la satisfaction de Fauste, qu'il oublierait le passé , qu'il lui rendrait son amitié, qu'il continuerait à lui donner les se« cours qu'il avait promis, et qu'il ne pourrait s'attribuer sur ce monastère que ce que Léon «on prédécesseur s'était attribué, c*esU à-dire que les clercs et les ministres do l'autel ne seraient ordonnés que par lui ou par celui auquel il en aurait donné commission; que lui seul donnerait le ^aint chrême et
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
conflruicrait les néopbytpt , s'il jf en a? ait ; que les clercs étrangers ou passants ne seraient point admis sans son consentemenl ni à la communion ni au ministère « mais que la nniUilude des laïques (c'est-à-dire le reste des moines) serait sous la conduite de Tabbé • sans que Tévéque s'y attribuât aucun droit , ni qu'il pût en ordonner aurun pour clerc , si ce n'était à la prière de l'abbé.
C'est au sujet de ce concile , qui se tint Tan 450, selon quelques-uns, ou, selon d'autres, l'an 455 , et qui , selon M. Fleury, ne Keut pas avoir été tenu plus tard que l'an SI , que le P. B&abillon lait remarquer que (>our lors les clercs n'étaient pas ainsi appeés à cause de leur touMire , mais à cause des offices ecclésiastiques qu*ils exerçaient, comme de chantre, de sacristain, d'économe, de notaire ou de dérenseur; et qu'ils étaient appelés ministres de l'autel lorsqu'ils avaient reçu les ordres majeurs ou mineurs; qu'à l'égard des simples moines , qui n'avaient ni ordres ni offices, ils étaient appelés laïques , et que pour les distinguer des séculiers on les appelait quelquefois /aîct mûjorii propoiiiù Il ajoute que ce concile d'Arles , parlant de ces moines , Ici avait appelés une multitude de laïques, parce que leur nombre était beaucoup plus grand à Lérins que celui des clercs ; mais que dans la suite le nombre des clercs engagés dans les ordres majeurs surpassa celui des simples moines , comme il paraît par la lettre que saint Gréaoire le Grand .écrivît à l'abbé Etienne , où il le congratule de ce que les prêtres . les diacres et toute la communauté vivaient dans une grande union. Saint Fructueux , évéque de Prague , distingue dans le dernier chapitre de sa rè-
ee les moines de son monastère d'avec les Tques ; mais ces sortes de laïqurs n'étaient pas des séculiers , ils étaient de véritables moines tels que ceux que l'on nomme préfeulement con vers. Ainsi, conclut ce savant homme , lorsque le concile d'Arles parle de celle mullitude de laïques qui étaient à Lérins, il n'entendait pas parler de séculiers , mais de moines qui n étaient pas clercs, puisque c'était à eux que l'élection de l'abbé appartenait. Quant aux néophytes ( dont il est aussi parlé dans ce concile) qui étaient à Lérins, il faut remarquer qu'autrelois Jei catéchumènes étaient instruits dans les monastères avant que de recevoir le baptême.
Après que Fauste eut été bit évéque de Ric2, Nazare fut aLbé de Lérins. Ce fut lui qui fit bâtir pour des filles le monastère d'Arlue, l'an 47S. Les antres abbés qui succédèrent à Naxare eurent soin de maintenir l'oblervance régulière ; mais il y a bien de l'apparence qu elle s'affaiblit dans la suite sur la On du yv siècle, du temps même de Tabbé Etienne, que saint Grégoire avait félicité par une lettre de la grande union qui était dans son monastère , puisque , par une autre let* Ire de ce jpape écrite à Conon , successeur d'Etienne, il I ex'horte de corriger les nueurs de ses religieux.
Le relâchement augmenta dans Li suite et
produisit une grande division entre les rtfa* gieux, qui, ne pouvant s'accorder sur l'ëK» lion d'un abbé, demandèrent, l'aa CIt, An gulfe, moine deSainlr-Benott-sur-Lobs.^dl y avait apporté du Hont-Casain le corpi ^ saint fienolt, et l'élurent pour abbé. Aigitfr^ ayant accepté celle dignité, travailla ae«Mi^ à rétablir dans ce monastère la paît et US« servance. Les exhortations jointes aaki exemple qu'il donna furent si efficaces , ^m les esprits se réunirent enfin , et reai fà étaient sortis du monastère y revioreM r|. reprirent les observances régulières. Il l'n trouva néanmoins deux. Arcade et Celoni^, qui conçurent une li grande averstoa cs»lff le saint abbé et contre ceux qui sniuitflii ses maximes , qu'ils chercbèruut les mofeMi de leur 6ter la vie. Qnelquaa4ins l'etiit aperçus de leur mauvaise roloulé, vuolomi échapper à leur fureur an le retiraRt ém l'église de Saint-ieau; maie les antres S4 voulurent point abandonner leur abbé, ^li représenta aux rebelles rénormité de lest crime , dont ils le repentireut et deinss4è« renl pardon. Mais un an après, craifsiit que le bruit de leur consfiratiou n'allât jt»* qu'aux oreilles du roi et qu'il uc les fM pinir. Arcade sortit du monastère paor sHrf cherdher de la proleotiM au àthin , cl €*• lomb resta Msr cahaler au dedans. Arcafc voulut ensuite rentrer, feignant de se repc» tir , mais Aigulfe lui Gt fermer la porte. Ci méchant homme eut pour lors recours i si seigneur voisin nommé Mommol, et lai per> suada d'aller à Lérins , l'asaurant qali j trouverait de grands trésors. Il y vint, cosduit par cet Arcade, qui prit l'abbé, le chargea de coups de bâton , et le oiit en fnm avec les religieux qui lui étaient le pioi %wr mis. Le lendemain Arcade les alla voir, (t. feignant qu'il n'était point l'auleurdecetH violence , leur fit apporter à manger, lisif . quoique dans les tiens, ils .ne crarcaip«« pouvoir transaresser la règle; at, comoecV tait uu jour de jeûne et qu'il n'était eecon que l'heure de lierce, ils diflEérèrent à Bâsger jusqu'à noue.
Après que Mommol eut eflBpoHécs<iBVi put du monastère , Arcade fit sortir iei prisonniers au bout de dix jours et les mil Ht un vaisseau. Colomb les voulut acconpif*^ après leur avoir fait couper la laagae ti crevé les yeux , de peur qu'ils ne Gssett connaître les auteurs d'une telle cmaeié,ri leur donna de méchants habita afin qniisst fussent pas reconnus pour religieai. \^ abordèrent à l'Ile Gapraria^où il y avait ssf arande multitude de moines, avec lesqseSi ils célébrèrent la cène du Seigneur , v Hist arrivés le jeudi saint: le jaurde Psqae*. Colomb eut la hardiesse de faire l'office^ diacre à la messe, et avant Ja cooMBuaieB,^ donner le baiser de paix à ses frères «ai f^ taient des marques de sa cruauté, et deai hs plaies étaient encore toutes aaignaaio*!! sortit ensuite de ce monastère « y l»a^ saint Aigulfe avec ses compagnons, eli*<s alla à Bphèse pour quelques abircs mcslières qu'il y avait. Il retourna à Capfvi