‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 78 sur 118 · LAZARISTES · texte numérisé non relu

LAZARISTES

Dtt LniansUs ou de la congréyalion des Pré* 1res de la Mission ^ avec la vie de saint Vincent de Paul^ leur instituteur.

Les desordres causés par l'hérésie et la 11-ren c des urmes durant les guerres civiles tl'»iii la France fut affligée sur la fin du xvi* ^'ii'de cl au comm^'ucement du xvii', étaient trop grands pour que les Prêtres de l'Oraloire pussent seuls y remédier, soit en fai- »<mt refleurir dans Tétai ecclésiastique les Merlus cléricales et sacerdotales, soit en aidiiiil les pasteurs à ramener au bercail les brihis (^uc ^héré^io ou le libertinage eu avait fait sortir. C'est pourquoi Dieu, qui, lotinaissant les besoins de son Eglise, ne liianque jamais de lui donner les secours ^ui lui sont nécessaires, suscita encore dans u* royaume d'autres saints personnages, qui, animés de son esprit et fortifiés par sa grâce, toiidèrent, à l'exemple du cardinal de Bérulle, des congrégations dont le principal but est di* travailler aux missions et d'inspirer aux jcuiui clercs Tespril de piété et de dévotion 4ui leur est nécessaire pour s'acquitter di* Kii'ment des functions de leur ministère. Tel- [ç« &oai les congrégations des Prêtres de la «ji'SMon, des Eudi^tcs du Saint-Sacrement, di^ Missiouuaires do Lyo:i, et quelques au*

iU Bu!lc4u, UUl Motiait. d'O.ient, pag. 703.

trcs dont il est p:\r!é aux ailicles de ces dLIférents uoius.

La congrégation des Prêtres de la Mission, a tu pour fondateur M. Vincent de Paul. Il naquit au village de Poui prôs de Dat, petite ville épiscopale située aux confins des Laudes de Bordeaux, vers les monts P} renées. Fesparents vivaient de leur travail. Son père se nommait Jean de Paul, et sa mère B rtrande de Moras. Ils avaient une maison et quelques petits héritages, qu'ils faisaient valoir par leurs mains, étant aidés par leurs curants,

2ui furent six, savoir: quatregarçonsetdeux Iles. Vincent, qui était le lroisiè;ne, fut dès son enfance employé comme les autres à travailler, et particulicrcinent à mener paître et garder les troupeaux de son père, qui, jugeant par la vivacité d'esprit que Viuccul faisait paraître dans toutes ses paroles et sci» actions, qu'il pourrait faire quelque chosii de meilleur que de mener paître des bestiaux, prit la résolution de le Tiire étudier, dans l'espérance d'en tirer un jour quelque avantagepoursa famille. Pour cet effet il lemik en pension, vers l'an 1588, chez les Pères CordolicrsdeDax, moyennant soixante livres par an. Il y fil un tel progrès dans la langue latine,. que, quatre ans après, le sieur Co:nmel, avocat de Dax et juge de Poui, l'ayant rct ré du couvent des Cordcliers, le reçut en sa maison pour être précepteur de ses enfants, afin que, prenant soin de leur instruction et de leur conduite, il pût continuer ses études snns être à charge à son père : ce qui IuL donna le moyen de se perfectionner dans la. connaissance des bel!es-lettres, auxquelles il employa neuf ans, au bout desquels le. sieur Commet, qui était une personne de piété, satisfait du service qu'il lui avait rendu eu la personne de ses enfants et jugeant qu*ii. serait un jour utile à TE^^Iise, lui fit prendre la tonsure et les quatre mineurs le 19 sep-^ tembre 1596, étant alors âgé de vin^t ans.

Se voyant ainsi engagé au miiiivtèrc de. l'Eglise, et ayant pris Dieu pour son partage. Il quitta son pays du consentement de soa père, qui lui donna quelque petit secours^ pour aller étudier en théologie à Toulouse^ où il prit les ordres de diacre et de sousdiacre en 1598, et la prêtrise en iCOQ. Peu do, temps après on lui donna la cure de Tilh au diocèse de Dax ; mais, lui ayant été conlesléu par un compétiteur, il ne voulut point avoir: de procès et lui en laissa la pusscsslon, Dieu, le permettant ainsi afin au'il no fût point, obligé d'abandonner ses étudeji. 11 employa sept ans à celle de la théologie, après lesquels ayant été reçu bachelier dans l'université do Toulouse, il lui fut permis d'enseigner publiquement dans la méaie université. Jusque-là tout avait réussi seltin les souhaits de M. Vincent; mais une personne l'ayant institué son héritier Tau 1G05, et ayant é'c obligé d*aller à Marseille pour se Tiire payer' une d(*ttc de ciuq cents écus qui était do la succession, il tomba dans une disgrAce daus |jt|ueile il Uf put pas douter de la protecUoiv

(5) Yotj,, à b fia Ju vo'., n*" l8o el 1^7.

DICTlONN.vmK DES OHDRLS RELIGILUX.

de Dieu sur loi par la manière dool il s'en retira* Car, comme après avoir terminé son affaire à Marseille il se disposait à retourner

Cir terre à Tonlease, un genlilbomme du angoedoe Tayant engagé de s'embarqaer aree loi josqu*fl Narbonne, ils reneontrèrent trots brigantins turcs qui les prirent et les menèrent en Barbario,où Vincent de Paul fat vendu à od pécheur, qui n*ayanl pu se servir de loi i cause qu'il ne pouvait souffrir la mer, le revendit à on médecin; et, eelui--d étant mort, il devint esclave d*uil renégat de Nice en Provence, qui, bien loin d'imiter ses semblables, qui ordinairement per« sécutent le plus JésU8*Cbrist dans ses mem« bres qui ont le malbeur de tomber dans Pesclavage, fut ao contraire rinslruraent dont Dieu se servît pour rendre la liberté à snn serviteur en lui rendint à lui-tnème celle de rame; car, se repentant de son apostasie, il se sauva avec lui d'une manière d'autant plos admirable et miraculeuse, qu'ils passèrent loule la mor Méditerranée dans un esquif que la moindre vague était ca^iable d'akimer; mais Dieu , qui les conduisait , leur ajaot bit éviter les dangers auxquels les plus wtOÈ vaisseaux sont exposés, ils arrivé* vem a Atgoesmortes le 28 juin 1607, d'où ils furtnt à Avignon, où le vice-légat reçut Tabjoratton du renétfat. H. do Paul, étant allé à Paris Tannée soixante, y lia amitié avec M. de Bérulle, qui, songeant pour lors à établir sa congrégation, le sollicita de se ch .rger de la cttre de Clichi, dont M. Bourgoin voulait se défaire pour entrer dans la congrégation des Prêtres de l'Oraloire, et de prendre le soin des enfants du corne de Joigny, Emma* noel de Gondy , général des galères de France, t*t cela eo qualité de précepteur, dont il s'acqoitla si bien» que Françoise de Silly, épouse de ce comte et mère de ces enfants, dame d*ano piété singulière, édiffée de sa modestie, de sa discrétion et de sa charité, jugea à propos de lui coiiQer la conduite de son âme.

Le séjour qoll (It dans la maison du eomte de Jolgity fut chuss dé rétablissement de la coiigrégatiou de la Mission. Car, environ Tan 1616, étant allé avec la comtesse dans une do ses terres, qu'on nomme Foileville, au diocèse d'Amiens, où il s'occupait pendant son séjour à des œovt es de miséricordp,on le vint un jour prier d'aller au village de Ganne, éloigné de Follevi:le de deux luues, pour confesser un paysan qui était dangereusement malade.

Cet homme avait toujours yécu en repu talion d'un homme de bien; néanmoins M« de Paul, Tétant allé voir, et lui a^ant fait faire une confession générale, trouva sa conscience chargée de plusieurs péchés mortels 3u*il avait toujours retenus par honte, et ont II ne s'était jamais accusé en confession, comme il le déclara lui-même en présence de

Slusieors personnes, et même de la comtesse e Juigny, qui, épouvantée de tant de confessions sacrilèges et des péchés énormes de sa vie passée, et appréhendant qu*il n'eu fût de 4mc de la pluiart de ses vassaui, exhorta de Paul à prêcher dans l'église de Foile-

ville le jour de la conversion de saisi Pa«| de l'an 1617, pour exhorter les babîtasls à faire une confession générale. Il te fil, et leor en représenta Timportauce et Potililé avec des paroles si efGcaces, que ces boanes geas vinrent tous à lui poor leor confession gé«è> raie; et la presse fut si grande, qu*il faloMigé d'appeler a son secours les Jésuites d'Amians, qui conjointement avec lui firent vu si grand profit dans cette première mission, qoe ce xélé fondateur l'a toujours regardée comnc la s#mence de tontes les autres qu'il a biles 4e«* puis, et par conséquent comme rorigioa de sa congrégation; et touslesans,leméaMjov 25 janvier, il en rendait grâces à Diea ei recommandait à ses disciples de faire la méiae chose : c'est pourquoi les prêtres de cal ias* titut célèbrent a%ec une dévotion partlco* lière la fêle de la Conversion de saial Paul, en mémoire de ce que leur fondaleor commença beureosemenl en ce jour sa première mission qui a été suivie de tant d*aatres, qei ont cause la conversion d'an très-grand aoui* bre de personnes.

Madame la comtesse de Joigny, ayaet reconnu par ce premier essai qui réessil avee tant de succès, la oéeessUé des missiaos» par* ticulièrement pour le peuple de la caospagoe, conçut dès lors le desseiu de donner on fonds de seize mille livres à quelque comoinnaalé qui voudrait se charger d'en faire de cinq ans en cinq ans dans tontes ses terres. Elle en fit parler aux Jésoites et aox Prêtres de l'Oratoire, qui, ne voulant pas s'ee charger, lui firent prendre la résolu tioa d'insérer dans son testament un article par lequel après sa mort elle donnait ces seize mille livres pour fonder cette mission, au lieu et en la manière que M. de Paul le jugerait à propos.

Quoique ce serviteur de Dteo fûl dans la maison de M. de Goody comme dans an séminaire, tant par rapport i la liberté qu'il y avail de pratiquer les exercices de la plus grande piété, que par rapport à la régularité avec laquelle on y vivait p.ir les soins et l'exaciitode de madame de Gondy^ néaamoins le grand désir qu'il avait de se donner

[>lus parfaitement an service de Dieu et à 'instruction du prochain loi ayaol (ail presdre la résolution d'en sortir, il prit le prétexte d'un petit voyage qu'il avait à faire, et sortit de Paris au mois de joillel 1617, sass avoir déterminé aucun lieu oo il dût s'arrêter. Mais M. de Bérulle, qui le voyail résuin de sortir, loi ayant proposé d'aller travailler en quelque lieu de la Bresse on il y avait disette d'uuvriers évangéliques, et fiarliciilièrement dans la paroisse de Cbàlilloa-ies« Dombes, il suivit cet avis et alla en ce lien, où étant arrivé,, une des premières choses qu'il fit fut de porter cinq ou six ecelésla»ti« ques qu'il y troova à se mettre eoseoibleel former one espèce de commonanlé poor ss donner plus parfaitement à Ùieu et ao ser« vice do son l^glise :ce qu'ils firent à sa persuasion, s'estimaot trop heoreox d'éire associés à un si saiol prêtre poor on sujet aussi louable et aussi utile. Mais la io>f qu'ils avaient de le posséder ne dura que kir!

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