SAUT
DUON ET DE LANGEES (Hospita-
LiftRBS Db).
Deê Hoefritaliirei de Dijon et de Langres^ amee la vie de Jf. /o/y, prêtre^ docteur en théologie^ f$ chanoine de l'éytiee de Saint^ Etienne de Dijont leur fondateur.
M« Joly, instituteur des Hospitalières de Dijon et de Langres, naquit à Dijon le 22 septembre de l'an 1644, et eut pour père Jacques lolv, secrétaire du parlement de Bonrgone* Le nom de Bénigne lui fut donné snr les lonts de baptême, et il eut toute sa vie nn grand soin d'honorer ce saint martyr et apôtre de Dijon, par Hinitation de ses vertus. Ses parents, qui par un principe de piété et de devoir s'étaient appliqués a élever tous leurs enfants, dont le nombre était assez grand, dans les pratiques de la réritab!e dévotion, n marquèrent dans le jeune Bénigne de si heureuses dispositions pour la verto, qu'ili redoublèrent leurs soins pour l'y former de bonne heure; mais surtout à celle de la charité envers les pauvres, dont sa mère lui donnait l'exemple eu allant de maison en maison chercher les pauvres les plus abandonnés, auxquels elle donnait ellemême tpos les secours dont ils avaient besoDf jusqu'à exposer sa propre vie pour conserver la leur, comme il parut assez en 1652, que la ville de Dijon fut affligée d'une fièvre ponrpreuse qui emporta plus de quatre mille personnes. Car cette charitable dame s'employa avec tant de charité et de zèle pour le service des pauvres qui étaient attaqués de rette maladie, et avec si peu de ménagement pour sa sauté, qu'elle en fut elle-même attaquée et en mourut le 2 octobre dc la même année. Pour accoutumer de bonne heure ses enfants à faire l'aumône aux pauvres, i-lle leur donnait souviul de qi40i |j (dire cMz-méaics; et jamais cUq u*a-
DIJ
rait plus de plaisir qne auand , après avoir fait leurs petites libéralités, ils retournaient à elle pour avoir de quoi en faire d'autres. Le petit Bénigne sur tous les autres se signala si bien dans ces pratiques de charité, que, dès Tflge de cinq a six ans« ayant un jour rencontré dans les rues quelques pauvres qui languissaient de faim, et n'ayant rien à leur donner, il les pressa si vivement de découdre tous les rubans qui ornaient une robe neuve que sa mère lui venait de faire faire à la mnde de ce temps-là, que la nécessité jointe à ses sollicitations les ayant obligés de le faire, ils eurent de quoi acheter du pain en abondance : ce qui parut à sa mère uueaction si héroïque de charité, que, bien loin de lui en faire des reproches, elle augmenta pour lui sa tendresse, louant et bénissant Dieu de lui avoir donné un enfant qui donnait de si belles espérances.
Après la mort de cette dame le jeune Bénigne fut envoyé à Beaune par son père, qui confia son éducation aux Pères de TOratoire. Il fit des progrès dans les lettres, qui surprirent ses maîtres, et il avança, si bien dans la piété, qu'on jugea dès lors qu'il se consacrerait au service de l'Eglise. On 4ie voyait point en lui ces empressements si ordinaires aux jeunes gens pour le jeu et le divertissement. 11 avait une grande solidité d'esprit, beaucoup de discernement, une grandeur d'flme qui n'était pas commune, et son inclination était d'obliger ses compagnons et leur faire plaisir autant que sou attache* ment à son devoir le lui pouvait permettre.
Il employa six années a faire ses huma-» Dites; mais son père étant mort au mois do mai de l'année 1650, son frère aîné, qui se trouva chargé de la famille, le fit revenir à Dijon. Du an après il l'envoya à Rennes, où il le mit en pension chez les Pères Jésuites, sous lesquels il fit sa rhétorique et commença sa première année de philosophie; mais quelques-uns de ses amis lui ayant conseillé d'aller à Paris et d*y recommencer sa philosophie pour se mettre en état de prendre les grades, il les crut, et son frère y ayant donné les mains, il se rendit à Paris au commencement du mois de septembre de Tannée 1662. Après avoir fait ses cours de philosophie et de théologie, il fut reçu bachelier en 1667, et reçut le bonnet de docteur en 1672, après avoir été ordonné prêtre la même année à l'âge de vingt-sept ans.
Il avait été pourvu d'un canoaicat dès fâge de quatorze ans dans Téglise abbatiale de Saint-Etienne de Dijon; mais ses études l'ayant empêché lésitimement de satisfaire aux devoirs d'un chanoine, elles ne furent pas plutôt finies, qu*il songea de retourner dans sa patrie pour remplir ses obligations. A peine fut-il arrivé à Dijoa, que Dien éprouva sa patience par une maladie de trois mois, pendant laquelle il résolut de se dé* faire de son canonicat afin d'avoir la liberlA d'aller de village en village t^our instruire les paysans et passer toute sa vie dans une mission continuelle; mais le P. Charles Qaulcrot, provincial des Pères de la Doclrioe
MCnONNAIRE DRS ORDRES RELIGIEOX.*
Chrétienne, qui «i?a1( été son directenr pen* dmit qu*il était à Paris et sans Taris doqoet il n entreprenait rien, prévoyant le fruit qo*tl pouvait faire i Dijon sa patrie, Tempecha d*etécuter ce dessein, et lui conseilla ae demeurer dans l*état où Dieu Tavail mis.
H. Joly suivit donc cet avis, et, i peine euMl recouvré ses forces, quil se rendit si assidu à toutes les heures de l'office divin de l'église de Saint-Blienne, qu'il en préféra Fassistance à toutes les œuvres de piété auxquelles H se sentait porté de lui-même et ansquetles d*autres personnes voulaient Tengacer. M. Piot, pour lors abbé de rette collégiale, odI était autrefois un célèbre monastère de Tordre de Saint-Augusiin, conçut tant d'es« time de sa vertu, que, sans aroir égard é son Ag'*« qui n'était encore quede vingt-neuf ans, ii llionora de la qualité de son grand vicaire pour toutes les dépendances de l'abbaye, et il nt la visite de toutes les églisrs qui étaient de an Juridiction, avec le succès qu'on en pou* Tait espérer.
N'ayant pu eiécuter le dessein qu'il avait formé d'aller dans les missions pour instroire les pauvres de la campagne, il trouva les moyens de se dédommager d'une si sainte eitireprlse sans sortir de Dijon. 11 y avait dans cette ville quantité de pauvres mendiants élevés dans Foisiveté et dans une pitoyable ignorance, qui ne se lron> aient dans les églises que pour interrompre par leurs importonités la dévotion de ceux dont ils imploraient la ebarité. Pour empêcher cet abus et procurer en même temps aux pauvres les secours spirituels et temporels dont ils aTaient besoin, il 6t publier par toutes les paroisses de Dijon que Ton ferait une bonne aumAne à tous les pauvres de quelque âge qu'ils fussent, qui se trouveraient les fêtes et tes dimanches aux catéchismes et aux extiortationsqu'il ferait dans la chapelle de Saint-Vincent, et cette libéralité étant se* fondée par celle de plusieurs personnes charitables, attira un si grand nombre de pauvres, que la chapelle se trouva trop petito dans la suite.
Ce ne forent pas seulement les pauvres qui vinrent écouter ses instructions, il y eut aussi mi grand nombre de personnes de tout sexe et de toutes sortes d'états qui s'y trouvèrent. Les personnes les plus accommodées de la villecmrent qu'elles deraient proflter de l'occasion pour taire mieux instruire leurs domestiques qu'elles ne l'auraient pu faire chex elles. 11 y eut même des ecclésiastiques d'un mérite et d'une piété distinguée qui, animés par son exemple, s'offrirent de par« lager avec loi le travail. Plusieurs prélats que les affaires de leurs églises obligèrent de passer à Dijon, ayant ouï parler avantageusement du grand fruit que produisaient ces insiructions, v««lurent bien eux-fuêmes eu être les témoins, et entre les autres H. le (boux de la Berchère, archevêque de Narh^Hinf, qui se faisait un platsfr particulier de venir en celte chapelle pour y autoriser par sa présence ces exhortations.
Le zèle que M. Joly avait pour le service
de l*Eglise lui fit aussi entreprendre de donner de pareilles instructions aux clercs qu'en élevait dans le séminaire de la Madeleine, où il vint faire sa demeure à la prière du supérieur; ce qui n'empêchait pas due, nonobstant réioignement de l'église de Saint- Etienne et ses grandes occupations, 0 n'assistât à matines et aux autres offices, auxquels il se rendait exactement dans les temps même les plus fâcheux, aussi bien qu'aux assemblées capitulaires et aux autres obligations de son bénéfice ; mais toutes ces fatigues Jointes aux grandes austérités quil pratlqui'iit épuisèrent tellement ses forces, qu'il tomba dangereusement malade et fut obligé d'interrompre ses offices de chariié et de retourner a sa maison canoniale, après qu'on eut employé l'autorité de son directeur pour l'y faire consentir. A peine eut-il recouvré sa santé, qu'il recommença avec plus de ferveur ses instructions dans la chnpcUe de Saint- Vin cent, où, comme elles attiraient un grand nombre de paorres, il crut que pour les y engager davantage il était à propos d'y établir une confrérie dont les bons règlements les pussent soutenir dans les sentiments de piété qu'il leur inspirait, et leur faire supporter avec patience Télat de pauvreté oà Dieu les avait rois. Mais plusieurs persoiinea riches et de pîélé» ayant voulu être de cette coofrériei elle s*est trouvée dans la auite composée des plus considérables de la ville, sans une pour cela elle ait perdu le nom de confrérie des pauvres, puisque c*esl à eux que tout ce que Ton y fait de bon se rapporte.
Ce saint homme ne se contenta pas seulement d'exhorter les pécheurs à la pénitence et à changer de vie, il voulut encore leur êler les occasions du péché; c'est ce qui loi Ot entreprendre rétablissement de la communauté du Bon-Paslcur, qui non-seulement sert de refuge et d'asile aux filles débauchées qui ont dessein de quitter leur vie déréglée, mais encore de retraite et de lieu de correction i celles que leurs parents, ^our prévenir le déshonneur de leur famille, jugent â pro-
SOS d*v renfermer, et i celles qui sont conamnees i y être renfermées pour punition de leur vie scandaleuse, comme il est porté par les lettres patentes que le roi donna Tan 1687 pour rétablissement de cette communauté. Il établit auiisi une société qu*on nomme la Chambre de la Divine Providence» en faveur des pauvres servantes qni se trouyent sans condition. Sa charité n'était pas moins grande pour les pauvres malades, qu'il visitait et cunsolait par ses exhortations, par les aumônes qu'il leur faisait, et les services qu'il leur rendait, arec tant de douceur et d'assiduité, que l'évêque de Langres lui confia la direction spirituelle du
frand hôpital de Dijon, ce qui donna lieu à établissement des Filles Hospitalières, dont il a été l'instHuleur, de la manière suivante. 11 y avait dans la ville de Dijon un hôpital fort ancien, sous le nom du Saint-Esprit, qui était desservi parles religieuses de l'ordre du Saint-Esprit de Montpellier sous la d^
DU
iMlioa 4*aii commandeiir et de mriqnes antres religieax du néme ordre. Uaii cet MpiUl M 8*étael pas troaré sofOsaot pour le ooinbre dès paorres malades oa aoiros
3oi araient besoin d'assistance, on j ioignil ans la suite do temps Tbôpital de Notre- Dame de la Gbarité« qui, par la onaotité des paof res qui y ont été reçus, est devenu l*bApiial général. Ces deux hôpitaux (ureot ass(*z longtemps administrés par les religieuses de Tordre ou Saint-Bsprlt. Hais cette union ayant changé l'état des chosest et les magistrats qui en avaient Tinspection s'étaot aperçus qu'il y avait quelque cbose dans l'administration qui n'était pas favorable au public I s'y opposèrent pendant plusieurs années» jusqu'à ce que, voyant toutes leurs remontrances et leurs oppositions ne servir à rien» Ils jugèrent une le moyen le plus convenable pour remédier aux abus était de renvoyer les religieuses à rancien hôpital do Saint-Esprit pour y prendre soin des pauvres qu'on y recevait, et de confier ceux de rbApiial de Notre-Dame de Charité à 6e» filles qui dépendraient, pour le temporel, des administrateurs, et, pour le spirituel, des supérieurs eecléaiastiques qu*ll plairait à révéque de Langrea de leur donner. Cette ré»olutton prise, on rexécuta, nonobstant le» oppositions qu'on y fit, et qui furent le^ Téea trois ans aprè:i par un arrêt du conseil d'Etat du 22 septembre 1688. L'évéque de Laagres, informé du bon ordre qu'on gar*> dait dans cette asaison depuis qu'il en avait confié la conduite spirituelle à M. Joly, doua4 volontiers son consentement à rétablissement d'une nouvelle communauté de filles séculières fKMir le service des pauvres, auquel elles seraient attachées par des vœux sous l'obéissance d'une supérieure autant de tempsqu'elles demeureraient dans cet bApital.
La nouvelle de cet établissement ne se fut pas piulAt rcpandoe , que l'on fut surpris de Toir a fiijon une troupe de filles pieuses qui j menaient des provinces même les plus éloignées pour s'y consacrer au service des pauvres. 11 en vint de Paris, de Champagne et de Flandn*, qui, s'étant unies à celles de la ville, furent logées dans une maison qui leur avait été préparée, en attendant qu'on les fit entrer dans l'bAuital de Notre-Dame de la Charitéi où après quelques muis elles prirent eiinn la place des religieuses du Samt- Ksprit , et y demeurèrent en habit séculier jusqu'à ce que, du conienlement de l'évéqae de Lanières, M. Joly donna l'habit de novice à qninxe d'entre elles le 6 janvier 1685. Cet habillement est semblable i celui des filles de Sainte- Agnès d'Arras et de la Sainte-Fa-> mille de Douai, dont quelques-*unes vinrent à Dijon pour instruire ces nouvelles Hospi* talières des observances légulières. Trois ans après, c*est-i-dire eu 1688, le roi accorda ses lettres patentes pour l'établissement de ces filles en corps de communauté séculière, et en 1689 elles furent enregistrées au partement le S3 mars.
Quoique M. Joly eût été établi supérieur -le cet bApital pour le spirituel par l'autorité
DU
de réréque, sou hunûlîté néanmoins Tempe* elva d*eu accepter et la qualité, et les fonctions ; il pria un autre ecclésiastique de ses amis d'un mérite distingué et d'une grande piété de vouloir bien s*en charger. Mtfis, s'y étant trouvé des difficullés, on conseilla à ces bonnes filles de choisir elles-mêmes un supérieur sous le bon plaisir de l'évéque de Langres. Elles suivirent ce conseil comme (o moyen le pins sûr pour en ayotr un qui leur fût convenable; et, s'étant assemblées pour cet effet, elles élurent M. Joly, dont ellos avaient déjà expérimenté le zèle. Lorsque ce saint prêtre en fut averti, il témoigna beau^ coup de répugnance pour cet emploi ; mats il se soumit enfin aux ordres de 1^ Providence en acceptant la conduite de ces Hospitalières, dont la fidélité i remplir tous leurs devoirs l'encouragea i leur dresser des règlements, afin qu il y eût entre elles une uniformité d'actions et de pratiques.
Il passa plusieurs années à cet ouvrage , auquel il s'était disposé par le jeûne et la prière, afin d^implorer le secours et les lumières du ciel ; et, après avoir consulté les personnes les plus éclairées dans ces matiè^ res, il les fit pratiquer pendant quelques années, afin que, l'eipérience fui en ayant f .it connaître les défauts et les inconvénients, il pût les reloucher, comme il fil effectiYeineut en T retranchant plusieurs choses superflues ou oitBclles à observer, et y en ajoutant d*ao* très qui lui semblèrent plus conrormes A l'es-
f^rit de cet institut et plus proportionnées à ta aiblesse de ces filles , auxquelles il les fit observer jusqu'à la veille de sa dern-ère maladie, que, lui oaralssant sans défaut, il prit la résolution oie les faire approuver et les présenta pour cet effet à l'évéque de Langres, qoi les fit examiner par son conseil et par des personnes spirituelles expérimentées en ces sortes d'affaires, et les tut aussi avec beaucoup d'attention. Mais H. Joly n'eut pas la consolation de les voir approuvés de son rivant, ne l'ayant été que quelques jours après sa mort, qui fut causée par une espèce de maladie contagieuse qui suivit immédiatement la disette des grains dont la France ftot affligée en 1693 et 1694. Car ce saint homme s'employa au secours spirituel et tem- Crrel de eeux qui en étaient attaqués avec nt d'ardeur et si peu de ménagement pour sa santé, qui n*étaii pas encore bien rétablie d'une maladie qu'il avait eue, qu'il ne put résister A la malignité de ce mal, dont il regarda les premières attaques comme un avertissement qu'il devait achever sou sacrifice ; c'est pourquoi il s'y prépara par une confession générale, et reçut le saint viatique dans des transports d'humilité, de reconnais* sauce et d'amour, qui tirèrent les larmes des yeux de tons les assistants. Enfin, après avoir souffert pendant dix jours des douleurs excessives sans qu'il lui échappât aucune plainte, sentant approcher le moment auquel il devait quitter le monde pour aller jouir de la prfcseace de son Créateur et do son souvc* rain bien, il demanda rextréme-onction , répondit lui-même A toutes les prières niar-
DICnONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX.
quétt 4anft le Riloel pour la recoannandatiao de rame, el oKHirut tar Itê neuf bearet da soir la 0 sepiambre 1694, étani âgé de cinquaate aai. Pea de joort aranl sa inala* die, ayant douné son propre lit à des pao-- ▼rest il eut la coosolation de noorir sur qd lit d'emprunt après avoir prodigué sa fie
{ïQUf le soulagement des misérables : aussi es pauvres le regardant comme leur père , le iKre lui en est resté après sa mori. 11 y eut contestation entre les chanoines de Saint- Elienne et les Qlles Hospitalières à qui aurait sou corpAv sur une clause de son testament; mais 11 fut adjugé aux Hospitalières comme étant leur fondateur. H fut enterré dans le cimetière de TbApilalt et son cœur fut donné aux chanoines deSaiut-Elienne.
Duuze jours après sa mort» la 82 seplem* bre« l*évéque de Langres approuva avec éloge les règlements qn il avait laits pour les Hospitalières» auxquels il ajouta quelques modiflcalions qui étalent plutét des marques de l'exactitude avec laquelle il les atait lus que des corrections qu'il y edt faites. Ces Pilles étant demeurées en babit de novices Tespace de près de douze ans, firent leui s premiers vœux le 25 février 1606, dix-huit mois après la mort de If. Joly, qu'elles reconnaissent pour leur seul et véritable Instituteur» dont elles imitent encore à présent la chariJé pour les pauvres malades, auxquels elles donnent toutes les assislaocas dont ils ont besoin ; ce qu'elles font aveo tant d'édificalion, que la bonne odeur de leur piété et de leur charité a donné lieu à rétablissement de leur institut dans trois autres maisons, dont il y en a une à Langres. Quoique l'écrivain de la Vie de If. Joly donne à ces Hospitalières le titre de religieuses, elles ne font pas néanmoins de vœux solennels. Elles font cinq an» de noviciat, après lesquels elles font seulement trois vœux simples de chasteté, d'obéiSMUce et de charité envers les malades. £lles sont sous la conduite de l'évéque pour le spirituel, et des administrateurs de leurs hôpitaux pour le temporel. Les supérieures sont élues tous les six ans* Liur habillement , qui est uoir et tel que nous l'avons fait graver (1), est, comme nous l'avons déjà dit, semblable à celui des fillca de Saiote-Aguèi d'Arras, el de la i^einte- Famille de Uouai, dont l'institut est d'élever de petites filles orphelines et abandonnées , jusqu'à ce qu'elles soient en âge d'être mariées ou dVntrer en service. EHes font aussi trois vœni simples, et ont eu pour fondatrice mademoiselle Jeanne Biscot, née à Arras Tan 1601, et qui mourut le 27 juin 166^, âgée de 63 ans.
Le Père Beaugcndre Bénédictin , Fis dt M. io/y, imprimée à Pari$ l'an 1700, ^tMc- Uioirei envoyée par ce$ jUUê Uoipiiaiièreê ^ et par les filUe de la Société de Samie-Agnie d'Arrai.
DIMKSSES ou MODESTES
(CuNOK£04TIOR DKS).
De la eangréyation de$ Piilee et Yeutee ap^ (I) Yojf., à la lin du fiJ.» ti* 3
ÎeUee Umesses ou lloiesles dam FEiai éaiiien.
La congrégation des Pilles et Veuves appelées thmesite ou Modttttê ^ dans l'Biat Vénitien, a eu pour fondatrice Dejaaara Val* marana, fille (TAluise Valraarana et d'Isabelle Nogarole de Vérone. Elle naquit à Viceuce l'an 15^9. Etant en âge d*étre mariée, elle épousa Agrippa Pristrato , jarisconsulte de la même ville, dont elle eut un fils. La mort de celui-ci, suivie quelque temps après de celle dt) son mari, iiui mourut en I57t, la déliant de tout ce qui pouvait l'attacher au monde, elle prit Thabit du Tiers-Ordre de Saint-François d'Assise et se retira avec quatre pauvres femmes dans une maison qui lui appartenait, oà elles vécurent ensemble dans la pratique de toutes les vertus chrétiennes sous la conduite du P. Antoine Pagani, religieux de Tordre de Saint-François de rObservance. A son exemple, Angèle Yalmarana, sa cousine, se voyant au^si veuvp, acheta une maison joignant celle de Dejanara Valmarana, où elle alla demeurer avec quelques femmes dévotes, et y pratiqua tout ce que sa piété lut inspirait de plus parfdil, jusqu'à ce que le P* Pagani eût dressé par écrit des règlements communs pour ces deux malsons, qui furent approuvés par l'évéque de Vicence et par le cardinal Augusiiu Valierio, évéqoe de Vérone et visiteur apos oliqne dans le diocèse de Vicence l'an IbSfc. Quelques autres maisons do même institut ayant été fondées en d'autres liens, Dejanara Valmarana les gouverna en qualité c^e supérieure générale pendant vingtquatre ans, jusqu'à ce que, pleine de mérites et de vertus , Dieu la relira de ce monde pour lui faire part de sa gloire , le 3 février de l'an 1603, étant âgée do cinquante-trois ans. Bile fut enterrée à Vicence dans l'égliso de Notre-Dame-la-Neuve, et mise dans la sépulture commune des Dimesses.
L'on ne reçoit dans cette congrégation que des fiHes et des veuves libres de tous engagements, qui ne soient point obligées à la tutelle de leurs enfants, ou dont les enfants pourraient avoir besoin pour leurs établis^ sements. Elles sont éprouvées pendant troa ans avant aoe d'être reçues, et après leur réception, elles ont encore deux autres années d'épreuve, pendant lesquelles on peut les renvoyer. Il ne doit pas y avoir plus do huit ou neuf Dimesses dans une mémo maison, non comprises les servantes, et il doit y avoir toujours deux maisons voisines l'une de l'autre, afin que Ton puisse plus commodément avoir des vieilles pour accompagner les jeunes lorsqu'elles sortent. Tous le» ans ces deux maisous, ou quatre au plus, élisent ensemble une supérieure, âgée au moins de trente ans, et qui doit en avoir passé cini| dans la congrégation. Elles élisout aussi d' U3L ajulantes ou uiajeurcs pour chaque maison, qui doivent avoir demeuré au moins trots ans dans la congrégation et qu'où appelle aussi consullrices. Il leur est dé-«
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feoda d« kiitser entrer les hommos dans leurs maisons. Leurs obligations principales sont d'enseigner le talécbisnie aux personnes de leor sexe« d'assister aux sermons et aux* dévotions parlicalières des églises, de fréquenter souvent les sacrements, de visiter et d'assister corporellement les pauvres ff oimas dana les bôpitanx. Elles ne s'obligent par aucun vœu envers la congrégation, el elles en peuvent sortir quand bon lenrsemble, Dséme pour se marier. Comme elles font noe profession particulière d'humilité, elles ne se donnent point les unes aux autres le titre de Signera ou Madamt^ mais seulement oeini de Madonna ou Oome. Leur habille* ment tel qu'on le peut voir dans la figure que nous avons fait graver (!)• doit être de laine noire ou brune, à leur volonté. Celui des servantes est plus court, et elles portent un voile blanc, an lieu que les fiimesses, lorsqu'elles sorteni, ont une grande cape ou manie de taffetas noir. 11 y a des maisons de cet instilnt i Vtcence, où il a pris naissance; à Venise, i Padoue, à Ddine et en d'autres lieux de l'Etat Vénitien.
Philippe Bonaani, Caiulog. Ori. religioi. par. Il, pag* 106, et Mémoires envoyée do Venise en 1711.
DISCIPLINES fCHBTiLiBRS DBS ). Voyex
DBàGON BBTfVBBSR.
DIVINE PROVIDENCE ET DE SAINT-BER- NARD (CORGBÉGATION DB Ll).
Dei retiaieueee Bernardines Bé formées dn oongrégations de la Divine Providence ei do Saint-Bernard en France et en Savoie, avec la vie de la vénérable Mère Louise^ Blandke-Tkérêse de Ballon^ leur fondatrice.
Ce n'était pas seulement dans les monastères d'hommes de l'ordre de ClteauB que le relâchementet le dérèglement s'étaient introduits ; une pareille licence régnait aussi dans la plupart des monastères de fliles du méoDe ordre. Hais, comme Dieu avait suscité de saints religienx pour faire revi?re le premier esprit de CIteanx dans plusieurs monastères et établir dans d'autres des observances moins austères que les premières, afin que ceux qui vivaient dans le dérèglement, attirés par leur douceur et par leur facilité, eussent moins de peine à embrasser une vie uniforme et réglée, il suscita pareil* lemeiit de saintes fiUes pour remettre dans les observances régulières celles qui s'en étaient écartées, qui embrassèrent toutes les austérités de Tordre. Les autres, effrayées de cette grande austérité, se contentèrent d'embrasser des observances qui, remplies de sagesse et de modération, les mettaient à ruuvertdu dérèglement et du relâchement qui s'étaient introduits dans plusieurs monastères, et leur prescrivaient nn genre de vie qui les rendait des sujets d'édification à tout le monde. Les religieuses Bernardines Réformées des congrégations de Franco et de Savoie furent du nombre de ces dernières, et
eurent pour instiru'rice la vénérable Mère de Ballon.
Elle élait fille de Charles-Emmanuel de Ballon, gentilhomme de la chambre du doc de Savoie Charles-Emmanuel I", et qui fut dans la suite ambassadenr de ce prince en France el en Espagne. Elle vint au monde l'an 1591 dans le château de TanchI, séjour ordinaire de ses parents, comme le plus agréable et le plus commode de leur domaine, étant situé au milieu de la baronie de Ballon, à cinq lieues de Génère, et autant d'Annecy. Elle reçut le nom de Louise an baptême, celui de Blanche lui fut donné i la confirmation, et elle prit elle-même celui de Thérèse, qu'elle ajouta aux deux autres quand elle commença sa réforme.
A l'âge de sept ans ses parents la mirent dans l'abbaye oe Sainte-Catherine de Tordre ^ de Clteaux, dont l'abbesse était leur parente. *" Suivant la pratique de ce monastère, elle y reçut l'habit a cet âge, et fut admise au noviciat. Elle fit un si grand progrès dans la vertu, et derint en peu de temps si éclairée dans les choses spirituelles, que sa mère, so prévalant de la liberté oue les norices et les professes de ce monastère araient d'en sor« tir pour aller voir leurs parents, la faisait venir souvent à Vanchi pour l'entendre par» 1er de sujets de piété, et pour recevoir d^elle des avis sur ce qui regardait son propre salut. Comme les visites qu'elle rendait â ses parents ne venaient ni de légèreté, ni d'oisiveté, que ce n'était ni par ennui de la solitude, ni par recherche des divertissements qu'elle pouvait trouver an dehors qu'elle venait à Vanchi, mais seulement par coude* scendance et même par obéissance â la vo« lonté de son abbesse et de ses parents, il n'y avait point de temps plus saintement employé que celui qu'elle passait chez eux, étant dans le monde comme si elle n'y était pas. Ayant atteint l'âge de seize ans, et le temps étant arrivé qu'elle devait s'enj^ager plus étroitement par la profession religieuse, ses parents souhaitèrent que ce fût dans leur château même qu'elle fit ce grand sacrifice. Ils n'eurent pas de peine a obtenir cette consolation des supérieurs de l'ordre : car, comme en ce trmps-là on ne gardait point de clôture dans le monastère de Sainte- Catherine, non plus que dans les autres, ils ne se rendaient pas difOclles â permettre que les novices allassent faire leur profession chez leurs parants quand ils le dtmanddient. Le d- mars ifi07 ayant été destiné pour le jour de cette cérémonie, dom Nicolas de Khides, abbé régulier de Tbamiers et vicaire général de celui de Clteaux, s'y trouva pour recevoir les vœux do cette nouvelle éponse de Jésus-Christ, qui eut la consolation do les prononcer en préseuce d'une de srs sœurs, novice du monastère de Boulieu, du même ordre , qui s'était aussi rendue au château de son père pour le même sujet, avec une autre novice du même monastère. La sœur Louise de Ballon n*eut pas plutôt
O)f0y.,iilaflQdavol.,n*i.
DICnONNAIRB DES ORDRES RELICIBOX.
fait M profession, qu'elle Toolat sa rr odre à son nonaslère, comme au séjoar oà elle venali de s'attacher pins élroilemenl. Ce fat en rain qne ses pareoh la so licilèrent de relier quelque temps avec eux : insensible à leurs larmes et inexorable A leurs prières» elle leur déclara qne c'élaii inuUiemeol qu'ils licbaienl de raltendrir par les unes el de la flécbir par les autres; qu'elle était résolue de s'aller enfermer dans son monastère»
Îour y jouir de la conversalioo de son divin poux et pour satisfaire à son deroir. Quoi* qne la clôture n'r fût pas obserrée, comme nous avons dit, c était néanmoins la coutume que chaque religieuse l'observait la pre« niière année de sa profession avec tant d*eiactitude» qu'elle ne sortait pas une seule fois, non pas même pour prendre l'air à la campagne autour do monasière, comme faisaient les autres professes quand elles le voulaient, outre <}ue la nouvelle professe était oMigée d'assister au choeur si fidëloment à loules les heures canoniales pendant cette année, que la maladie mémo ne sufRsalt pas pour s*en excuser, car si elle tombait malade dans celte même année, il fallait qu'elle la recommençét après comme si elle n'eût rien fait, el on ne la tenait quitte de cette obligation qu'après avoir assisté régu« lièrement au cbcsur pendant toute une année S'ins interruption* Mais la mère de Ballon ajouta encore quelqnn chose de plus ; car elle fut pendant ce temps-lA si recueillie et si retirée dans sa chambre, qu'on ne la voyait qu'au chœur et au réfectoire.
M fut dans une retraiie qu'elle fit sous la conduite de saint François de Saies, son proche parent, que Meu lui inspira les pre* miers désirs d'une réforme, qu'elle eut le bonheur de voir accomplir quelques années après, lorsque ce saint prélat fut prié par l'abbé de CIteaux de réformer le monastère de Saiute«C&lherine, qui était de son diocèse. Nous avons déjA dli qu'on ne gardait aucune déluré dans ce monastère, ce qui faisait que l'entrée était autant permise aux séculiers que la sort!e en était libre aux religieuses» Les visites fréquentes et le séjour qu'elles allaient Caire chei leurs parents et leurs amis les faisaient rentrer dans l'esprit du monde avec tant d*eicès, qu'elles revenaient presque toutes séculières à leur monastère. L'ameublement de leurs chambres était tout mondain. C'étaii une émulation entre elles A qui aurait son appartement plus richement paré. Les étoffes les plus fines et les plus apparentes étaient celles qu'elles recherchaient pour s*habiller, quelques-unes j ajoulaieni des parures et des ajnsiements qui donnaient lieud** croire qu'elles avaient boute de laisser sur elles les moindres marques de leur élat. Les séculiers avaient même lenr demeure dans t'enceinie du monastère ; car, outre les servantes que chaque religieuse avaitt il j avait aussi des valets qui y de* Hseuraient, tafit pour la culture des terres que pour la garde des troupeaux qui appartenaient A des religieuses pariiculiêres, en sorte qne cette maison ressemblait en quel-
que façon A une ferme pinlêt att*â un monastère, ce qui fut un des principnui motib qui engagèrent celles qui commencèrent la réforme dont nous allons parler.
Tel était l'état de cette abbaye lorsque saint François de Sales fut prié, l'an 1606, par l'abbè de CIteaux, dom Nicolas Boucberau d'employer son anlorité et ses soins pour la réformer. Mais ceux qu'il appoita furnt inutiles, de manière çu'il avait pcriu tuute espérance d'y réussir, croyant même qu'il serait inutile d'y travailler; mais Dieu, qui est admirable dans $t$ saints* voulant consoler son serviteur et mettre fin A l'accom* Ïdissement des désire de la mère de Ballon, ni en fit naître l'occasion quelques années après: car cinq religieuses de ce monastèn», unies ensemble, ayant formé le dessein de commencer une nouvelle réforme dans un autre lieu, prévoyant que les autres reli* gieuses ne voudraient jamais consentir A la clAture, en parlèrent A saint François de Sales, quif bénissant le Père des miséri^ cordes des grAces qu'il faisait A ces saintes filles, les fortifia dans leurs résolutions. Il fit de nouveaux efforts pour obliger les autres religieuses de ce monastère à recevoir la cléture et embrasser la réforme; mais, voyant que c'était inutilement, il consentit que ces cinq religieuses commençassent la réforme hors le monastère. Elles en obtinrent les permissions nécessaires de l'abbé de CIteaux, A la recommandation du prince Thomas de Savoie et de l'abbé de Tbamiers. M. de Leaa, frère de la mère de Ballon, alla lui-même A CIteaux pour ce sujet; et Rumtlli, petite ville de Savoie, fut le lieu où elles jetèrent les premiers fondements de leur réforme l'an 1622.
Ces cinq relieteuses furent les Hères Ber* narde de Vignol, Louise-Blanehe-Tbérèse de Ballon , Emmanuelle de M ontkoux ^ Péroné de Boehette, et Gasparde de Ballon , propre sœur de la Mère de Ballon, et la troisième de ses mêmes scsura qui avait embrassé tordre de CIteaux. Ce fut le 8 septembre, fête de la Nativité de Notre-Dame, qu'elles prirent possession de leur chapelle, et le 21 du même mois qu'elles y prirent l'habit de la réfornio, A la réserve de la Mère Gasparde de Ballon,
3 ni n'était pas encore sortie de Tabbaye de alnte-Catberlne par les oppositions des religieuses et de ses parents.
Elles commencèrent dès lors A dire l'oHIce au cbopur, mais sans le chanter , A cause de leur petit nombre. Elles gardaient un étroit silence, A l'eic^ption de deux heures par jour, l'une après le diner, l'autre après le souper. Elles disaient tout haut leurs coaU pes au réfectoire, balayaient la maison, lavaient la vaisselle, faisaient la cuisine, ser* valent tour A tour au réfectoire, et le plaisir
Îu'ellee prenaient dans ces bas exercices tait si grand, qu'il y avait une sainte émulation entre elles pour être la première A les exercer et la dernière à les quitter.
Elles furent visitées pende temps après par saint François de Sales, qui Une avait peruiis de conserver le saint sacrement dans leur
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chapelle. Il vil leur nouvelle maison et la trouva sufDsanle pour une communauté; mais le pressentiment qu*il avait de ce que leur pauvreté leur ferait souffrir le porta par nn esprit de charité à les encourager et à les exhorser à la patîcncei et à se tenir en garde contre Tennemi de leur salut, leur représentant souvent que Dieu, qui par sa providence a soin, des plus pctils animaux . n*abandonne jamais ses serviteurs qui ont con? fiance en lui, leur apportant pour exemple dom Jean de la Barrière, Tondaleur des Fi*uillanta , qui pendant quelques années ne se nourrit que de fleurs de genêt et d*herbes sauvages, et ne se servait point la nuit d'au- Ire lumière que de celle de la lampe qui brûlait devant le saint sacrement. Jusque-l:i elles avaient obéi à la Mère de Vi^^nol , comme la plus ancienne; mais celle Mère ayant proposé au saint prélat l'éloction d'une supérieure, tous les suffrages se trou\èrent
S<>ur la Mère Louise-Blanche-Thérèse de allon, qui, considérant avec ses religieuses les ob:îgatlons singulières qu*ellc8 avaient à la divine providence, proposa à saint François de Sales, qui élail de retour à Annecy, d'agréer quVIIeii prissent le nom de Filles de la Divine Providence. La réponse qu'il filé la lettre qu'elle lui écrivit au nom de sa petite commonauié fut qu'elles devaient encore attendre un an, pour voir si elles se rendraient dignes d*un nom si tieau cl si glo« rieuv. Elles obéirent à ses ordres, et Tan étant expiré, elles prirent ce nuui, i|ui leur fut confirmé par M. Jean-François de Sales^ frère et 8ucces<eur de saint François de Sales, d ms l'approbation qu'il fit de leurs coustituiions; mai» le peuple les a toujours appelées les religieuses Bernardines liéformées.
La Mère Gaspardc de Ballon , après avoir surmon'é toutes les difliculléjt (lui s'opiiosaicnl à sa sortie du l'abbaye de Sainte-Catherine, tant (le Ki part des re igieuACS que lie «ios parents , arriva enfin au mois de novembre à Bumilll. Ainsi les cinq religieuses qui avaient projeté la réforme se trouvèrent pour lois réunies. Quoique leur pauvreté fAt grande , elle leur taisait néanmoins si peu «le peine, et eHes cherchaient si peu les ni lyens de s'en délivrer , qu'elles continuèrent d'un commun accord de ne s'en plaindre jamais à personne. Mais la divine providence, dont elles avaient pris le nom, ne les abandonna pas : elles se trouvèrent même en état de faire des charités, et elles donnèrent retraite à quatre religieuses de l'abbaye des H;iycs proche Grenoble, qui dans le dessein d'une même réforme avaient quitté cette abbaye, où l'on ne gardait aucune forme de règle, où la clôture n*é(ait point en usag.c, et où les religieuses, qui vivaient à la façon des séculières, en avaient presque pris l'habillement.
Ces quatre religieuses furent la Mère de Paqnîer, coadjutricc de Tiibbaye des Bayes ; les Mères de Fonçonas et de Buissorond, et la sœur de Montenard, encore notice. Elles sullicitaient depuis un au un établissement
DiuT:oK!fAiii£ Dss OaonEs hkugieux.
dans Grenoble : elles y avaient même loué une maison, et, à la sollicitalioudu vicomte de Paquier, père de la Mère de Paquier,et de leurs amis, elles avaient obtenu verbalement le consentement de l'évêque de Grenoble. Maïs plusieurs difficiiltés qui se rencontrèrent dans cel établissement en ayant empêché rexécution, et ayant appris pendani ( e temps-là que cinq religieuses de 1 abbaye de Saittte-Caiherine en étaient sorties pour altéra Rumilli jeter les fondements d*une nouvelle réforme, elles résolurent de se joindre à elles. Le vicomte de Paquier alla lui-même trouver saint François de Sales pour lui cornmuniquer le dessein des religieuses de Tab-* baye des Hayes , et ce prélat porta celles de Rumilli à les recevoir.
Ces quatre religieuses de Tabbaye des Hayes arrivèrent donc à Rumilli le premier janvier 1623. Elles reconnurent pour siipérleure ia Mère Louise de Ballon, qui, peu de jours après , ayant fait la distribution des emplois de son monastère, donna la charge de maîtresse des novices à la Mère Ponçonas. Quelques esprits malintentionnés leur ayant persuadé que l'abbé de CIleaux dans le chapitre général de cet ordre avait résolu de supprimer leur réforme, elles en furent fort alarmées. Elles redoublèrent leurs vœux et leurs prières , et reconnurent bientôt après que ce n'était qu'une fausse alarme qu'on leur avait donnée, puisqu'elles reçurent une lettre de cet abbé dans laquelle, bien loin de désapprouver leur entreprise, il les exhortait au coniraire fortement à la coutinuer; ca qui les détermina à tenir le premier chapitre de leur congrégation pour la réception des novices. U y en avait déjà cinq qui se présentaient; mais ellrs ne pouvaient leur donner l'habit sans la permission de Tabbo de Thamiers, qui s'y opposa, sur ce que la maî:»on où elles demeuraient ne leur appartenait pas, et qu'elles n'avaient aucun revenu fixe. Mais l'abbé de Cheseri , on. le de la Mère de Ballon, ayant eu recours à Tautorité du prince Thomas de Savoie, l'abbé de Thamiers ne put rés ster aux ordres de ce prince, et consentit que l'un donnât l'haiùi aux novices. Cependant ces religieuses ayant acheté une maison à Rumilli, elK'S y allèrent demeurer le 2& mai 1624.
La même année tous les obstacles qui s'étaient trouvés jusqu*alors à rétablissement de ces religieu es à Grenoble ayant été levés, la Mère de Ballon y alla accompagnée des religieuses de Dauphiné, qui s'étaient mises sous sa conduite et l'avaient reconnue pour supérieure à Bumilli. Elles arrivèrent dans cette ville le 22 novembre iG24. La Mère do Ballon fut encore reconnue supérieure de ce nouveau monastère, où l'on dressa les constitutions de celte reforme, qui furent conformes aux avis qu'eu avait donnés saint François de Sales, qui étaient que, sans embrasser les grandes au>terilé8 de l'ordre de Citeaux, ces filles devaient s attacher uniquement à i*essenliel de la règle et des vœux» s'appliquaiitde toutes leurs Tirces à la mor« tilicatiou de Tespriti au recueilieoient lulé-