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DICTIONNAIRE DkS URDKES KELIGICUX.

riour et i Tunion avec Dieu. Ces coasiitolions étaient néanmoins pou ronformes aux usages communs de Glieaot, C'était proprement un traité ou conduite spirituelle con* Tcnable à toaies sortes de personnes, et, pour les usa'^es particuliers, ils étaient entièrement conformes i ceux des religieuses de la Visitation instituées par le même saint, à la réserve de la couleur de Tbabit. Gos constitutions portaient qu'elles se serviraient du bréviaire romain» qu'elles diraient matines le soir , afin d'avoir la matinée plus libre pour employer une heure entière à roral«son mentale; qu'elles se cottcberaient à dix heures, se lèveraient à cinq. Elles devaient aller sept (ois le jour au chœur pour y dire l'office divin. Elles devaientfaire Taprès-dlnéo une demi-heure de lecture spirituelle, une autre demi-heure d'oraison mentale, et l'examen de conscience deux fois le jour. L'usage de la viande leur fui permis trois fois la semaine; elles portaient du linge et se servaient de matelas et de lours de lit. Quant i rhabillement, elles se conforment pour la couleur à l'ordre de GIleaux, et pour la forme à celui des religieuses de la Visitation, excep'é le bandeau, qui est blanc (1). Pour ce qui regarde les autres usages , ils sont aussi conformes à ceux des religieuses de la Visitation. Lu sous -prieure était nommée sœur assistante , la maltresse des novices sœur directrice. Les religieuses ne s'appeU lent que sœurs, et elles ne chantent point de messes hautes. Ellrs travaillèrent ensuite à se soustraire de la juridiction des Pères de Tordre, qui s'y opposèrent , mais en vain, car ces religieuses obtinrent on bref du pape Urbain Vllf, Tan 1628, qui les exemptait de la juridiction des Pères de Cilcaux , et les mettait sous celle des ordinaires des lieux où elles s'établiraient.

La Mère de Ballon ayant séjourné i Gre* noble jusqu'au mois de décembre 1625, retourna en son premier monastère de Romilli, d'où quelque temps après elle fut obligée de sortir pour aller faire on nouvel élaûlisse-» ment à Maurienne. Elle en fit encore on quatrième à La Roche, petite ville de Savoie, et un cinquième à Seyssel. Elle repassa en France en 1631, pour y faire deux autres établissements, Tun à Vienne en Dauphiné , et l'autre é Lyon, qui furent suivis peu de temps après de ceoxdeToolonctde Marseille.

Ce fut la même année 1631 que les consiitutions furent imprimées à Paris pour la première fois, a«ec toutes les approbations uéccssaires, i rexcepiion de celle de Home,

5|ue ces religieuses n obtinrent que Tan 1634. ^ Mère de Ponçonas étant venue à Paris en 16Jfc pour y faire un nouvel établissement, fit imprimer pour la seconde fois ces constilotions, ce qui fut la source de beaucoup de troubles et de difisious dans celle congrégation; car, soit qu'il V eût déjà eu quelque bruit entre la Mère de Ballon et la Mère de Ponçonas, soit que cette dernière fit quelque changement daus ces constitutions, afin de

s? donnrr le titre d'institulrico d'une nouvelle réforme, il est certain qu'à peine cotte seconde impression fut achevée, que la division commença à éclater. En effet, la Merci de Ballon, voulant soutenir sa qualité de réformatrice, fâchée du rhniigenient que la Mère de Ponçonas avait fait dans ces constitutions, en fit imprimer d'autres à Aix qui étaient conformes à celles de la première impression, à la réserve de quelques petits changements qu'elle crut avoir droit de faire, comme institutrice : ce qui fut si sensible à la Mère Ponç'mas, tant par l'aiTrooi qu'elle crut recevoir en cela que par le chagrin qu'elle eut de se voir contrarier dans ses desseins, qu'el'e engagea les religieuses du monastère do Paris à se révolter contre leur Mère et fondatrice, et à la persécuter. Elle réussit selon son désir : car elles comaiencèrent par solliciicr la suppression des constitutions de la Mère de Ballon, quVIIes accusèrent de vouloir usurper 1 auloriié de géoé* raie et d'en prendre le nom. ( C'est néanmoins à quoi cette fonJatrlcc ne songea jamais, comme elle \e proleste dans 8'*s écrits, qui ont été imprimés à Lyon en 1700. ) Non contentes de cela, sachant qu'elle était dans son monastère de Toulon occupée à y établ>r sa réforme, elles envoyèrent un homme exprès à Tévëque de Marseille pour loi donner avis de prendre bien garde à la Mère de Ballon, qui était allée fonder un couvent dans son diocèse; que c'était un esprit léger, inquiet, ambitieux, qui voulait toujours régner et dominer; q*i'elle n'était allée en Provence que pour y faire la générale de sa congrégation, et qu'il y allait de son honneur de ne pas souCTrir que cette étrangère &'é'abltt dans sou diocèse, si elle ne voulait pas renoncer à ses constitution*. Miiis la Mère de Ballon, soit qu'elle ref ûl sur cela quelque avis de 1 evéque, soit que d'autres personnes lui en parlasseni, ne voulut jamais consonlir àcechingcment,qui ne pouvaitpas manquer d'introduire le schisme dans ses monastères. Celle première démarcho n'ayant pas eu le succès i|u*ou en attendait, on porta la communauté de Runiilli, dont elle était encore supérieure, à la déposer, et à en élire une autre en sa place, afin que n'ayant plus d'antoriié, elle ne pût s*opposer au changement. Cette entreprise leur ayant réussi , . elle supporta cette mortification avec sonmission à la volonté de Dieu. Mais les religieuses du noutean monastère de Marseille réparèrent l'outrage qu'on lui faisait en la choisissant pour leur supérieure. Son élection ayant été sue dans la ville, chacun s'en»* pressa de lui en témoigner sa joie ; personne ne le fit avec plus de maruoes de satisfaction et d'estime que le*» Filles Loogrégées de Sainte-Ursule, qui formaient une communauté fort nombreuse ; car, non contentes de lui en faire les compliments ordinaires dans d** pareilles rencontres, elles lui en donnèrent des marques plus sensibles en se soomettatu à sa coudoile et en embrassant sa réforme ,

il) ^^'t ^ (a fi» du vol., Il* 9.

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qui par ce mayen eul un second monaAiùro Irès-consiilérable dans cette même Tire.

.Mais, pendant que la Mère de Ballon était dans celle nouvelle maison pour recevoir ces Ursttlines à sa congrégation et les former à la vie rel gieuse, elle y eut un sujet d'exercer sa patience. Celles qui s'étaient déelaréos les adversaires de ses constitutions , étant j averties qaVlle était sortie de son premier monastère, employé ent le erédit de quel« qucs prélats auprès des supérieurs de ce mouaslère pour y faire recevoir les constilu-* lions di* la Mèie Pouçonas, qui avaient été imprimées à Paris, et obliger les religieuses de ce monastère do brûler celles de la Mère <ic BalUn. L*antori(é de ces supérieurs l'em* porta tîDr la justice et 1 1 reconnaissance : ainsi ces religieuses timides et ingrates, se laisaaai persuader, brûlèrent les constitutions de leor Mère, qui, l'ayant su, supporta cet affront avec tant de verta'et de modéra-» lîoQ, qu'elle n'en fil pas paraître le moindre res!ientimenl; au contraire, après avoir établi rubservancc régulière dans le second monastère, elle retourna dans le premier pour j achever le temps de sa supériorité. Les religieuses quittèrent quelque temps après cette maison pour aller demeurer d<ios une autre plus grande qu'elles achcièretit, et la Mère de Ballon sortit de Marseille l'an 16il. Elle eat encore le déplaisir en sortant de voir que ces religieuses qu'elle quittait, et pour qui elle avait pris laut de peine, la laissèrent partir comme une personne indiftérenre et inconnue, sans aucun témoignage de reconuaissance el sans lui rien présenter puur son voyage. Le supérieur mémo lui dit que s'il voulaii suivre l'avis do quelquesunes, il visiierûit ses liardos, parce uu'on l'accusait d*emporter trois mille écus de lu maison. Bile alla de Marseille à Cavaillon pour y voir un nouveau monastère de sa réfonnc, qui venait d*y être fondé par les religieuses du monastère de Seyssel. Elle y fut d'abord supérieure; mais elle se démit quelque temps après de cet em}^.loi et retourna en Sjvoîe. bis. ans après, dans uu voyage qu'elle fit en Provence, en passaut par CuvaiUottt elle fui de nouveau élue pour supé* rieore« Le temps de sa snpérioriic étant eipiré, elle fut eneo:e rappelée en Savoie par Tévéque de Genève. Elle y fit encore plusieurs fondations, el étant an monastère de Seyssely elle y mourut le 14* décembre 1668, dans sa soi&anle-dii-sepUème année.

Quant à la Mère de Ponçonas, après avoir établi ce uionastère de Paris dont nous avons parlé ciniessus, elle retourna à Grenoble, où elie et lit supérieure, et d*où elle sortit encore une autre fois sur la fin de l'unuée 1637 pour aller à Aix, où elle était appelée pour Caire un autre établissement ; elle demeura toujours dans ce monastère jusqu'à sa mortp qui arriva le 7 février 16o7. Les mémoires qui m'ont été communiqués portent que les supérieures des aulrcs maisons de Bernardines Réformées qui sont en Provence lui demandèrent avec instance ses rè- SiemeoiSf l'assurant Qu'elles voulaient vivre

avec elle dans une union parfaile et uneen« tière confor<nité de ses saintes pratiques ; que les évéques de Marseille et de Grasse lui témoignèrent d'une manière parliculièro la vénération dont ils étaient prévenus pour elle, et le désir qu'ils avaient que les monastères de leurs diocèses eussent eommunication avec elle et vécussent sous tes mêmes observances. Mais s'il y en eut quelqucs«uns en Provence qui suivirent ses règlements, il y en eut d'autres aussi qui ne quittèrent point cent de la Mère de Ballon, qu'ils reconnurent toujours pour fondatrice de la réforme. Comme en cfTct cette qualité lui appartient plutôt qu'à la Mère de Ponçonas, el ce n'est même qu'à la sollicitation des religieuses du monastère de Marseille au delà du port que la vie de cette réformatriee a été écrite et donnée au public en 1633. Ces mêmes mémoires ajoutent que le monastère de Lyon qu'elle avait fondé dans le temps du dé«iiélé qu'elle eut avec la Mère de PonçMias au sujet des constitutions , reçut dan» la suite du temps celles do celte dernière, et obtint un bref de Rome qui l'excmp* tait de la dépendance du monastère de Uumilli el l'unissait i celui de Grenoble : ainsi la division qui est survenue entre ces religieuses Bernardines Héformées en a formé deux congrégations dilTérenleH, dont l'une porte le nom de la Divine Providence, qui est celle de Savoie, qui comprend quelques maisons en France qui en dépendent, et l'autre est soui le titre de Saint-Bernard, qui ne sort point de France.

Mémoires eommuniquis par U$ religieuseê Bernardineê du Sang ^Précieux, Jean Grossi, Vie de ta Mire de Ballon; ti celle de la Mire de Ponçonas par un autre auteur.

DOCTIUNÂIRES. Voyez DocTRiNfi Cani-

TIBITNE.

Nota. Quoique Hélyot n'ait point employé les mots Docti'ina'reSf V isitandines^ rrappisles^ etc., et qu'on ne soit pas Icnu par con!>équeiil à les ei^iployer, je crois quM vaut mieux, vu leur popularité, les indiquer i leur rang, sauf à faire le renvoi néccjisane. B-d-e.

DIX VERTtJS. Voyez Annongudes.

DOCTRINE CHRÉTIENNE en France

( PaÈTHES DE LA ).

Des préiree de la Doctrine Chrétienne en France, avec la vie du vénérable Pire César de Bus^ leur fondateur.

La congrégation des Prêtres de la Doctrine Chrétienne en France a d'aliord été établie eu qualité de c^Higrégation séculière, ello devint dans la bui.e régulière par Tuaton qu'elle fit avec celle des Somasques, dont nous parlerons à cet article ; mais, après avoir demeuré dans cet état régulier pendant près de quarante ans, elle est retournée 4ians son premier état par autorité du saintsiège, comme nous le dirons dans la saite. Ainsi l'union qu'elle fit avec les Somasques ot l'état régulier où elle est demeurée pendant un temps considérable nous obligent de

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

la niottre an nombre des congré{;alions qui oui suifi la règle de Saiiit-AugusUn.

Le bienheureux César d* Dus, fondiileor de cette congrégation , nacjuit à Ca?aillon, ville èpiscopale du comté Venaissin, le 3 Tévrier de i*an i5^i. Son père, Jean-Baptiste fie Bus, et sa mère, Anne de la Marc, étaient recommandablcs par leur piété et par leur noblesse ; surtout Joaii-Bai)listc, qui descendait d'une f.imillc illustre de Cômo dans le MÔanais, laquelle compte au nombre de ses ancêtres sainte Franroise Romaine veuve, dont nous aurons sujet de parler dans la cuite comme fond itricc des Oblales qui portent son nom. Dieu, qui dcslinaii César de Bus à de gramles choses, le prévint dès sa plus tendre jeunesse. Dès lors il s'appliquait a Toraison, mortifiait sa chair par des abstinences , jeûnait des carêmes entiers et tous les vendredis de Tannée, et était ravi lorsqu'il trouvait occasion de faire du I icn aux pnuvres, se privant de son déjeuner pour le leur donner secrètement. Il était surtout si jaloux de la pureté, qu'il fuyait comme un grand mal tout ce qui était capable d*y donner quelque atteinte.

Après ses éludes, il s'entretint encore «quelque temps dans ces saintes dispositions. Son occupation la plus agréable était de parer les autels, et, étant entré dans la comp^ignie desPénilents-Noirs, il prit le soin de la chapelle où les confrères s assemblaient, ^ifiu de pouvoir rembellir et l'orner. Son humeur douce, complaisante et agréable, le faisait aimer et respecter de tout le monde ; 4>n était ravi de l'avoir dans la conversation, où sa modestie retenait les plus licencieux, qui en sa présence n'osaient rien faire ni dire qui fût hors de propos. A Tàiçe de dix-huil ans, s'étant engagé dans le paili d<!S armes à l'exemple de deux de ses frètes, qui avaient des emploi» considérables, l'un dans l'armée du pape, l'autre dans celle du roi, il servit comme volontaire dans les troupes du comte de Tende^ lieutenant pour le roi en Provence, qui, par ordre de Sa Majesté, levait quelques compagnies dec.ivalerie et d^infanlerie pour s'opposer aux hérétiques ; et ce fut par une espèce de miracle que César de Bus, nonobstant la licence de la guerre, sut conserver la même innocence et la même modestie qu'il avait garliées dans la maison de ses parents.

L'édit de pacification lui ayant fait mettre bas les armes, il retourna chez lui, où pour éviter roisiveté il s'appliqua à la poésie et à la peinture: mais, ne trouvant pas ces occupations dignes de son courage, il en alla chercher de plus nobles à Bordeaux, où son frère Alexandre de Bus était arrivé pour commander un vaisseau de l'armée navale qui se disposait pour le siège de La Uochelle. La maladie qui loi survint l'empêcha d'exécuter son dessein, et, après que sa santé fut i établie, il alla à Paria. Hais ce voyage lui fut fatal : car la fréquentation de quelques libertins lui fit perdre le trésor qu'il ^vaii conservé jusque-là avec tant de

soin, et il se laissa entraîner aiscment A la débauche.

Après trois ans de séjour en cet'e villSt il retourna à Cavaillon, ou à peine fut-il arrivé, que son père mourut, et peu de Itnips après, l'un de ses frères, qai éîait chanoine de Salon. Comme celui-ci laissa par sa mort quelques bénéfices à simple tonsure. César de Btts s'en chargea selon la couiame ou pItttAt selon l'abus de ce tenips-lA, sans avoir eu dessein de s'engager dans l'état ecclésiastique, pensant au con'r.ire à se marier; mais Dieu, qui sait tirer le bien da mal, »e servit de ce moyen f cor le détacher insensiblement des emplois séculiers et faire revivre en lui l'inclination qu'il avait eue dans son jeune Age pour les fondions et les ministères ecclésiastiques. Il soscitt aussi deux personnes peu considérables aux yeux des hommes, mais très-considérées de sa di« vine majesté, pour travailler à sa conversion : l'une fut une bonne veuve de la campagne, et l'autre un simple clerc de CavaiU Ion qui servait de sacristain dans une église de cette ville. Tous les deui, d'intelligence pour ramener cette brebis égarée au berça:!* ne cessaient d'offrir i Dieu leurs vœux eC leurs prières pour qu'il amollll la dureté du cœur de César de Bus.

Insensible à toutes leurs remontrances, il en faisait peu de cas et s'en moquait; mais, un jour qu'ils lui présentèrent la Vie di*s Saints, il ouvrit ce livre par complaisance, et, en ayant lu quelque chose, il fut si louché eu lisant les actions des saints, où il trouva ia condamnatitiu de ses débauches, qu'il résolut de changer de vie et de quitter entièrement ledésordte. Il eut encore beaucoup à combattre avant que de remporter la victoire sur ses passions; mais enfin il Iriouiphii ; il fit une confession générale et s'exerça dans les pratiques d'humilité, de mortification, vi de m séricorde ea\ers les alflicés, visitant souvent les malades de rh6pital, les assistant spirituellement et corpurelloment, et faisant de grandes auui6nea aux pauvres.

Comme ses voyages et ses divertissements lui avaient fait oublier ce qu'il avait appris de latin duos ses classes, sachant que la science lui était nécessaire pour rendre à Dieu les services qu'il attemiail de son zèle, il se remit aux études, i.t réussit si bien, qu'en peu de temps il fut capable de la philosoptiie. Il y étudia quelques mois et y fit de grands progrès, après quoi il se donna entièrement au service du prochain. S 'U évéque, persuadé de sa vertu et de sa capacité, le f ourvut d'un canonicat de sa catliédrale. D'abord il gagna s^ix personnes du chapitre, avec lesquelles il s'absemblail tous les dimanches dans la chapelle de Tévéque pour vaquer à plusieurs exercices spirituels. Après avoir reçu la prêtrise et dit sa première messe, il s'appliqua à la prédication, aux confessions et à tous les autres exercices qui peuvent servir à sauver les Ames. On ne peut assez admirer rassiiluité, la patience, la ferveur cl 1 1 générosité avec ha-

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quelles il s'acquittail de Ions eet ministères. Rlea o*èlaii capable de le reboler; il passait quelquefois les jours entiers et une parlie de la nuit dans les li6pUaux à consoler les malades, sans que ni la pourriture de leurs plaies ni la pnanleur et l'infection de leurs corps rempéchasseot de s'approcher d'eux et de recefoir leurs derniers soupirs.

Sa charité, toujours active pour la gloire de Dieu, le porta  travailler à la réforme des religieuses Bénédictines de Cavaillon, qui vivaient sans clôture, sans régularité et avec beaucoup de licence. 11 en 6t les premières propositions à la Mère Catherine de la' Croix, que Ton reconnaît pour la réformatrice de ce monastère. Rlle avait dessein d'entrer chex les religieuses de Sainte- CÀàtre d'Avignon, où l'observance régulière était mieux gardée; mais il lui persuada de prendre l'habit chez les Bénédictines de Cavaillon, et d*y faire profession selon la rigueur de la règle de Saint'Benolt. Elle eut en pen de temps des compagnes qui suivirent son exemple : les anciennes relis^icuses qui s*étaient le plus opposées à la clôture, touchées de TEsprit divin, embrassèrent aussi la réforme, et cette maison s*est toujours maintenue depuis ce temps-là dans une grande régularité.

La lecture qu'il 8t du Catéchisme du Concile de Tn nie lui Ot concevoir le dessein d'établir une congrégation de prêtres et de clerrs dont la fonclion fût o enseigner la doctrine chrétienne. Ce Catéchisme du Concile de Trente étant divisé en quatre parlies, qui sont le Symbole, l'Oraison dominicale, le Décaloguo et les Sacrements, le Père de Bus réduisit ces quatre parties à trois différenles instruciions, qu'il appelait, peiitc, moyenne et graude doctrine. Cinq «lu six jeunes i cclésiastiques do famille se joignirent à lui, et, après les a^oir instruits de la manière de faire la petite doctrine, il les envoyait dans les carrefours de la ville et à la campagne, pour catéchiser tous ceux qu'ils renconIreraienl.Pour lui il enseignait dans les églises, et en particulier dans les uiaisons, la moyenne doctrine, et ensuite la grande, afln d'attirer les savants qui se glorifient dans la science, et ignorent celle du salul. Cette façon d'enseigner la doctrine chrétienne étant nouvelle, souffrit au cointtieneement de la contraJiction, et ou s'en moqua d*abord ; mais elle fut à la fin approuvée de tout le monde.

Dieu envoya, peu de temps après, au Père de Bosdcs compagnons, afin qu'ils s employassent à ce saint exercice*. Michel Pinelli, chanoine de l'église de Suint- Agricole d'Alignoo; Jean-Baptiste Koiuillon, chanoine de réglise collégiale de l'isle; Jacques Thomas et Gabriel Michel, forent les premiers qui vinrent se joindre au nouveau corps que le Père de Bus formait. Il les assembla tous à risle dans le comté Veuaissin, Tan 1592, le 29 septembre, fête de l'archange saint Michel. Le sujet de leur assemblée fut fH>ur délibérer des moyens qu'il fallait prendre pour établir ro\ercice de la

Doctrine Chrélienno dans le comté Venaissin. Ils conclurent qu'il fallait . jeter le%' premiers fondements do cet insiilut dans Avîi;non, comme dans la ville capitale, et demander au pape permission d'établir cet exercice de la Doctrine Chrétienne dans l'église de Sainle-Praxède, où il n'y avait

Joint encore de religieuses. Us envoyèrent Rome pour cet effet, et le pape Clément VlU, qui gouvernait pour lors l'Eglise, répondit à leur supplique que le nouvel archevêque d'Ar^gnou qui venait d'être nommé par Sa Sainteté et qui était Marie Taurusius, satisferait à leur demande lorsqu'il serait arrivé à Avignon.

Ce prélat y étant Tenu l'an 1593, envoya quérir le P. de Bas, el, après avoir con^ féré avec lui de l'établissement de la Doctrine Chrétienne, il lui donna permi^siou de l'enseigner dans l'église do Sainle-Praxède. C'est ainsi que fut érigée cette congrégation, qui fut confirmée quatre ans après , Tan 1597,

Êar le même pape Clément VIII. Le P. do us entra le 21 si'plembre de la même année 1593 dans Sainte-Praxèd(*,et commença dès le lendemain ses instructiuns il y enseigna premièrement la pelile doctrine , el le dimanche suivant la grande. Cette manière d*enseigner fut reçue avec applaudissement, et l'exemple de l'archevêque d*Avignon attirait beaucoup de personnes à ces instructions familières. Dans le commencement , c^'tlo congrégation ne fut composée que do douze personnes, savoir, de quatre prêtres, de quatre clercs et de quatre coadjuteurs ; cl le P. lie Bus fui élu supérieur de cette nouvelle congrégation. Ils qu^tlèrenl peu do temps après la maison de Sainte-Praxèdo

ftour aller à Sainl-Jean-lo-Vieux, et les reiglcuses de Saint-Dominique, qui y demeuraient, laissèrent aux Pères Doctrinaires la maison de Saiut-Jean, qu'ils ont toujours conservée depuis.

Le P. de Bus ayant proposé à ses confrères dans la suite de se lier par un vœu simple d'obéissance, pour attacher en quelquo façon ceux qui entreraient dans la congrégation, le Père Romillon no fut pas de cet avis, prétendant que le lien de la charité suffisait. Le P. de Bus persistant à vouloir que Ton fit ce vœu d'obéissance, le P. Romillon, avec quelques autres qu'il avait at;irés de son cà!é, quitta le fondateur et fit un corps à part qui depuis fut uni à celui de l'Oratoire de France , perdant \fi nom de la Doctrine Chrétienne, qui est demeuré par un bref de Paul V à ceux qui sont descendus du P. César de Bus, et qui ont fait avec lui le vœu d'obéissance; el lui-même déclara par un ac:e public que tous les biens de ses maisons devaient appartenir à ceux c|ui avaient fait vœu avec lui. Cette séparation lui fut sensible; néanmoins il la souffrit avec beaucoup de résignation aux ordres de la divine providence. 11 fil pour la conduite de sa congrégation quelques règleoieuls qu'il gardait eiactement, étant le premier à tous les exercices. Il avait beaucoup de douceur pour les autres et beaucoup de suvc-

rilé poor loi-même, moriiOant «on corps par des leAof 9 et des auttériléa ccnUBoels.

D<eo, Toolant encore éiirooTer sa patico* oe, permit qu'il fût privé ae la ?ne à l'âge de quarante-neuf ans. II souffrit cette a filiclion avec une constance admirable; ilreftasa même tous les remèdes que Ton rovlul appli« mer sur ses yeux » étant très-content de

I état oà Dieu l'avait réduit. Il lui en rendait continu'lîcment des actions de (races, se réjouissant d*être délivré (à ce qu'il di- •aff) de deux de ses plus grands ennemis, qui l'avalent si souvent engagé dans le pécbé, qui étaient ses deux veux. Ce qui lui

Kuvait faire de la peine «ans cet état , c'ét d'être privé de la consolalion de pouvoir célébrer la sainte messe, ce qu'il tâchait de récompenser en communiant tous les jours.

Cette affliction ne Tempêchait pas de va quer continuellement aux exercices do la Doctrine Chrétienne. Il n'y eut que les grands maux qui le rendirent comme un homme de douleur, à l'iuiitation de son divin Mattre,et qui arrivèrent dix-huit mois avant s» mort, qui furent capables dlnterrompre ses exercicf s. Enfin, après avoir été éprouvé par les aouffranees pendant plusieurs années , il monrat le 15 avril de l'an 1607, étant flgède 03 ans. On l'enterra dans Téglise de Saint- Jean-Ie- Vieux en présence d'une infinité de monde, qui l'honorait comme un saint. Les miracles qui se firent i son tombeau obligèrent les Doctrinaires , quatorze mois après sa moriy de le lever de terre, avec la permission de l'archevêque d'Avignon , poor le transporter dans la sacristie, ce qui se fit avec beauctiopde solennité; et son corps fut trouvé tout entier et sans aucune corruption. On l'a mis depuis dans une chapelle , oA il est exposé à la vénération des fidèles; te oui a sans doute obligé If. du Saussay a insérer son nom dans le martyrologe des saints de France.

Avant ope de recevoir rextrême-onclion^ le P. de Bus voulut être déchargé de la supériorité, et fit de fortes instances aux Pères pour s'assembler, afin de procéder à Sélection d'un nouveau supérieur, ce qu'ils sie firent qu'avec peine, et le sort tomba sur le P. Sisoine , qui fut élu supérieur en la place Un saint fondateur. Mais il ne se passa rien de considérable de son temps dans la congrégation. Le P. Vigier lui ayant succédé, et la congrégation ayant déjà trois maisons, une à Avignon, une à Toulouse, et l'anlr* à Dri«e dans le Limousin, il obtint des lettres patentes du roi le 29 septembre 1610, qui en permettaient l'établissement en 'rance, lesquelles lettres farent vérifiées aux mricminrs de Bordeaux, de Toulouse, d*Aîx .•t de Grenoble.

Le F. Vigier, pour affermir davantage la congrégation et engager ceux qui y entreraient par des vœui solennels, conçut le dessein de la faire ériger en vraie religion :

II le communiqua aux Pères Doctrinaire^, Itti, après plusieurs délibérations , résolurent d*einbrasser l'état régulier, et à cet effet passèrent dans toutes leurs maisons des pro-

DICTitfNNAIIlS DES ORDRES RELIGIEUX.

coratioos spéciales au P. Vigier, Tan 16U, poor demander cet état au sainl-siége, toit par union , soit par une nouvelle érection «' oopar telle autre voie qu'il plairait an pape.

En 1615, Sa Sainteté ayant fait dire aa P. Vigier qu'il convint avec quelque con* grégation régulière déjà établie, il eut sur cela quelques conférences avec les Pères Bar-» nabites ; on donna une seconde procuration à ce Père par abondance de pouvoir, faisani mention de celle de Mik et la confirmant do nouveau, s'il était besoin do cette confirma* tion pour s'unir avec lea liarnabites. L« P. Vigier n'ayant pu néanmoins s'acrorder avec eux, traita l'an 1616 avec les Pèrea Somasques en vertu des procurations de 16H, qui subsistaient toujours. Le pape Paul V, par un bref do la mémo année 1616, confirma ce traité , qui avait été approuvé par la congrégation des Réguliers, et nuit la congrégation des Pères de la Doctrine Chrétienne avec celle des Pères Somaaq nés, réglant le noviciat du P. Vigier par dispense i qoa** tre mois senlement.

Il était entre antres choses stipulé par ce traité que les Pères de France garderaient toujours leur institut d'enseigner la doctrine chi^lienne , et reconnaîtraient pour leur fondateur le P. César de Bus; qn'ils s'appelleraient en France les Pères de la Doctrine Chrétienne de la congrégation des Somasques; qu'ils vivraient sous l'obéluance du supérieur général des Somasques, qui les visiterait, ou par lui , ou par d'autres, une lois tons les trois ans. Le P. Vigier, après co traité, fut reçu au noviciat en la maison de Saint-Biaise des Pères Somasques à Rome. Le bref d'unioo fut reçu dans un chapitre général de cet ordre oui se tint la même an* née, et le P. Vigier étant de retour à Avignon le SK juillet, fil sa profession entre les mains do P. Bonet, Sjmasque, dépoté à cet effet par le P. Boscoli, pour lors général de cet ordre. Le P. Vigier étant proià, le traité qu'il avait fait avec les Somasques , et qui avait été autorisé par le bref de 1616, fut ratifié premièrement à Avignon , ensoilc à Toulouse et à Brive , par tous les Pères et les Frères de la congrégation de la Doctrine Chrétienne; et, en vertu du bref du pape Paul V, après être entrés au noviciat , ils firent tous profession au bout de l'an entre les mains du P. Vigier, qui avait le titre de provincial , ou en celles d'autres supérieors qu'il avait députés. Les Pères de la maison de Toulouse firent d'abord dilBcullé de recevoir la ceinture de novice; mais ils firent l'année de probation comme les autres, après laquelle ils firml aussi profession solennelle. Le roi accorda des lettres patentes en 1617,

t^ar lesquelles il confirmait leur union avec es Somasques, et les recevait comme reliigieux en France, et ces lettres furent vérifiées en quatre différents parlements. Les Doctrinaires firent ensuite plusieurs établissements, et ils furent refus à Pari» en I6k3, du consentement de Jean-François de Gondy, iMHir lors archevêque, oui, après avoir pris communication du brti et des lettres

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Mleoles <la roi, tes reçut coinino rcligiriix ûskns son diocèse et leur permll do s'élAblir ilaot Ifiir maison d^ Saint-Charles» au faubourg Saint-Marcel, dans laauelle depuis i's reçurent plusieurs novices a la proressi^n religiVase,

Les Doctrinaires ne furent jamais bien d*accord arec les Somasques; ceus-ci ayant voulu contraindre les Doctrinaires de rcce-* voir leurs nouvelles constitutions , qui avaient été approuvées par le sainl-siége en 1626t le chapitre provincial des Doctrinaires qui se tint à Giniont Tan 1C27 refusa de les accepter : il résolut qu'on observerait toujours les anciennes, quoiquVlIcs ne fussent pas approuvées par le pape, et en're autres règlements qui y furent faits, il fut ordnnnô que Ton ferait un vœu particulier d'enseigner la doctrine chrétienne. Mais le chapi* Ire général des Somasques tenu l'an 1628 refusa la permission que les Doctrinaires avaieni demandée de faire imprimer do nouveau les constitutions anciennes , au nom de la province de France , et leur défendit de faire aucun vœu dVnseigner la doctrine chréti<*Dne. Il n'y eut guère de chapitre en France où il ne survint quelques contestaliooa louchant cette union entre les Doctrinaires et les Somasques , ce qui Gt prendre la résolution aui Doctrinaires de s'en séparer entièrement ; et le P. Vigier, qui le premier avait fortement solliriié l'union avec les Somasques , fut aussi le premier à demander la séparation. Et il se forma trois partis parmi les Doctrinaires : les uns ne voulaient point de séparation, les autres la dcroaottaient, mais prétendaient toujours vi« vrc dans Téiat régulier» comme clercs, sous larègledeSaint-Augustin; et il y en avait d'au- Irrs qui, prétendant qu'il y avait plusieurs causesde noUiiédans l'acte a union,voulaient que la congrégation ne fût point sortie de réial séculier où elle avait d'abord été, et que par conséquent les vœux qu'ils avaient fails dans la congrégation de la Doctrine Cbrélieniie ne les engageaient à rien. De ce nombre était un gentilhomme de Bretagne allié aux meilleures maisons de la province , qui « étant entré parmi les Doctrinaires en i636« et y ayant fait un an de noviciat dans la maison de Saint-Charles à Paris, avait ensuite fait profession solennelle entre les maioa du P. Viffier comme dépulé du pro* vincial. L'an lUO^ce gentilhomme, dégoûté de son état, sortit de la congrégation et se ouriâ en 1643 avec une demoiselle de Bretagne. La cause fut portée an parlement de Pana en 1644, rt il y lUt en 1645 un célèbro arrêt rendu entre les parents de ce gentilhonune breton , appelant comme d'abus de sou prétendu mariage ; ce religieux qui s'était luarié, intimé; les religieux clercs de la boctriae Cbrclienni*, ordre de Saint-Augustin (c'est ainsi que porte l'arrêt), défendeurs, ei entre les mêmes religieux de la Doctrine Chrétienne demandeurs en requête par eux préseolée à la cour, pour être reçus parties intervenantes auxdites appellations avec les parents de ce religieux marié, pour soutenir

qu'il était leur relisieui profès vi qu'il leur devait être rendu : Te même religieux défendeur d*aulre pari, et encore le même» appe* tant comme d'abus du bref portant érection de la congrégation de la Doctrine Chrétienne en religioui et son union avec les Somasques, etc.; et encore entre les Pères clercs et frères de la congrégation de la Doctrine Chrétienne des maisons de Paris t demandeurs en requête par eux présentée à la cour, tendante à Un d'être reçus parties intervenantes auxdites appellations et demander qu'il leur fût donné acte de ce qu'ils désavouaient la poursuite faite au nom de toute la congrégation par le provincial de cet ordre, de l'enregistrement des lettres patentes obtenues au nom de leur ordre, en ce qu'elles portaient conGrmatiou de l'union el dépendance des Pères Somasques d'Italie; et, faisant droit sur le tout, ordonner qu*ils se pourvoiraient par*devaul N. S. P. le pape pour obtenir un bref, pour vivre suivant la règle des Clercs de Saint-Augustin, de laquelle ils faisaient profession , sous un général français, et pour avoir des commis* saires en France pour l'exécution dudit bref. El encore Gabriel de Tregouin, Claude Bou« cairan , François Vuidot et Laurent Lespe* rièresy ci-devant religieux de ladite congrégation des Pères et clercs de la Doctrine Chrétienne, demandeurs en requête tendante à fin d'être reçus parties intervenantes et opposantes à rentérinement des lettres patentes du roi portant établissement de la maison de la Doctrine Chrétienne à Paris, et à faire exercice de religion en France, en vertu du bref de l'union avec les Somasques, etc. Après plusieurs audiences, la cour d<^clara le mariage de ce gentilhomme bretou nou valablement contracté » ordonna qu'il rentrerait dans le monastère des religieux de la Doctrine Chrétienne pour y vivre suivant la règle, et, faisant droit sur les ctmclusions du psocureur-gcnéral du roi,

2u'il serait incessammeiit prucé-lé à la véri« édition des lettres obtenues par les Doctrinaires, si faire se devait, ei cependant leur fit défense d'admettre aucun à profession et d'envoyer leurs religieux hors le royaume, ni de recevoir en leurs maisons des supérieurs étrangers sans permission du roi.

Peu avant cet arrêt, qui est du 18 mai 1645, l'archevêque de Paris, Jean-François de Gondy, avait déjà ordonné dès le lt> du même mois que les Doctrinaires se pourvoiraient à Home dans un an, et K*ur avait fait défense d*admettre aucun, ni au noviciat ni à la profession. Après l'arrêt rendu, le roi, par un arrêt du conseil du 22 mai 1646, leur donna des c mimissaires qui furent les archevêques de Toulouse et d'Arles, le chancelier de l'université de Paris, le curé de Saint-Nicolas-du-Cbardonet, le grand pénitencier de Notre-Dame, et le sieur du Val, docteur de Sorbonnet pour aviser aux moyens propres et convenables pour terminer leurs diOféreuds. l^es commissaires, après avoir vu les actes capitulaires des maisons de Paris, de Toulouse» de Narbonue, de

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

VillefranchCydc Brîfp, de Bviiicaire, tic Lrcloiire, deNérnc, de Tudet, de Cadillac, m<^nfie celui do cbapilro provincial assemblé à Toulouse le u s(*plenibrc 16^3, par lesqurls les Pères Doctrinaires araienl résolu de dem'iiider el procnror par toutes les voies 1él^itimet et ralfionnables leur séparation d'avec les Somasques ; après avoir aussi vu !*orddnnffnce de rarchevéque de Paris et Tarrét du parlement dont nous avons parlé ri-des^iis, el en avoir fait le rapport au roi, Sa Majesté étant en son con.s< il révoqua toutes les lettres patentes qu*il avait ci-devant accordées pour Tunion des Doctrinaires avec les Somasques, comme faite avec des étrangers sans permission de Sa Majesté ; leur ût défense de reconnaître le général des Somasques ni recevoir ancnn supérieur de sa part, communiquer ni avoir aucune participation avec eux; et ordonna qu'ils se pourvoiraient vers le pape pour obtenir la décision de leur appel et des autres différends concernant la validité de l'érection de leur congrégation en religion, et des professions qui avaient été faites; leur enjoignant de vivre chacun sous l'obéissance des supérieurs de chaque maison, selon leurs anciennes constitutions; et, s'il arrivait quelques dilticultes extraordinaires, d'avoir recours aux évéqoes dans les diocèses desquels leurs maisons sont établies, pour recevoir d'eux par provision les règlements qui leur seraient nécessaires; leur permit l'assemblée et tenue de leur chapitre provincial assigné à Narbonne au mois de septembre, pour y élire un provincial et des supérieurs qui exerceraient leurs charges par provision, jusqu'à ce que Sa Saint( té y rât pourvu, à la charge que l'archevêque de Narbonne et l'évéque d'Aict y présideraient; et Sa Majesté leur défendit de recevoir au noviciat ni à la profession» ni même d'envoyer aucun aux ordres sacrés pour être promu sous le titre do pauvreté.

Les Doctrinaires s*étant donc pourvus à

Romei le pape Innocent X, après avoir pris

l'avis d*une congrégation de cardinaux et

de prélats qu'il avait aussi commis pour la

; connaissance de cello affaire, cassa par un

: bref du 30 juillet 16^7 le bref d'union des

l Doctrinaires avec les Somasques, soumit les

\ Docirinaires aux ordinaires des lieux où sont

>ituccs leurs maisons, el rétablit la congre-

I galion de la Doctrine Chrétienne en son pre-

iinier étal, tel qu'il avait été établi par le

'pape Clément VIII, lequel était puremrnt

séculier; et, pour accommoder les parties sur

leurs différends , Sa Sainteté valida l'union

pour le passé el les professions qui avaient

été faites pendant ce temps-là , et obligea

ceux qui les avaient faites ci-devant de per-

sévériT toute leur vie dans ia congrégation ,

sans pouvoir en sortir d*eax-m4 nés ni être

reuioyéi par les sapériears.

^ Le P. Hercule Haudifret, qui prenait le

litre de général do la congrégati tn , surprit des lettres patentes du roi sur le bref d'innocenl X, préiendant qu'il donnait le litre et la qualité do religion à leur congrégation pour

le passé et pour l'avenir; et, voyant qu'on avait formé opposition à Tenregistrement de cesieltreSy sur ce que les opposants préten-^ daient au contraire que le bref ne lui donnait le litre de régulière que pour le passé et non pour l'avenir, ce général, sur sa simple supplique, et s'élant adressé à la Dalerie, au lieu d'avoir recours à la congrégation des cardinaux qui avait été commise par le Pape pour connaître des différends de cette congrégation, obtint une bulle le 27 janvier 1651 Iqui déclarait la congrégation de la Doctrine I Chrétienne régulière tant pour le passé que ' pour l'avenir. Elle fnt examinée à Paris par ordre de rarchevéque le 17 avril de la même année dans une assemblée de docteurs qui la déclarèrent nulle; el le pape, sur l'avis de ia congrégation des cardinaux qu'il avait commise, déclara par un nouveau bref du 30 août 1652 que celte buIFo du 27 janvier 1651 était nulle, comme étant contraire à son précédent bref de 16i7 et ayant été obtenue par fraude ; déclarant que son intention était de rétablir la congrégation de la Doctrine Chrétienne en son premier état séculier, conformément à son institution, et d'obliger à y demeurer prndaut leur vie, comme véritables religieux rt sous l'obéissance des ordinaires, ceux qui avaient fait profession pendant l'union avec les Somasques; el déclara séculiers tous ceux qui y entreraient à l'avenir, cassant et annulant en conséquence toutes les professions qui avaient été faites dans celte congrégation depuis l'expédition du bref du 30 juillet 1647, et toutes les choses qui avaient été faites depuis contre sa forme et teneur.

Il j eut de nouvelles contestations sur ce Idernier bref. Il y avait des Pères dans la congrégation qui ne pouvaient la voir réduite à Télat séculier pour l'avenir, et d'autres qui ne pouvaient souffrir qu'elle fût déclarée régulière pour le passé. Ainsi, il fallut encore retourner à Rome, dont l'on n'obtint autre chose par un bref de 1654 que ce oui aviiit été déclaré par le bref précédent de 1652, que le pape voulait que l'on exécutât.

£n 1657, les Pères do la Doctrine Chrétienne curent encore recours à Rome, en conséquence d'un arrêt de renvoi du parlement de Paris de 1653 ^ar l'enregistrement des lettres patentes qu'ils avaient obtenues pour le bref de 1647. Le pape Alexandre VII (fépula le cardinal Griraaldi , archevétioe d'Aix, pour présider an chapitre général do toute la congrégation à Avignon, et confirma le bref de 1647. Ce chapitre général fut célébré ; toutes les contestations y furent réglées et assoupies , et les brefs de» années 16i7 , 1652 et lOoV y furent de nouveau reçus dans toute leur teneur. Ils s'adressèrent encore au pape pour raffermissement de leur congrégation, cl Sa Sainteté, par an bref de l'an 1659, coiiOrmatif de celui do 1647, pour l'execution duquel l'archevêque de Paris éiail commissaire apostolique, leur donna permission de faire faire après une annëe de nofi* ciat les trois vœux simples de chasteté, de pauvreté et d'obéissance, et un quatrième do

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perpélaelle stabiliié, dispensables seulement par le sourerain pooiife, oa par le chapitre,

00 par le difGoUoire général de la congrégation.

Voilà comme la congrégation des Pères de ' la Doclriiie Chrétienne • de séculière est de- . tenue, régulière, et, de régulière, séculière. Elle est présentement di? isée en trois pro- . Tioces, savoir : d'Avignon, de Paris et de Toulouse. La première a sept maisons et dix collèges; la province de Paris a quatre maisons , dont deux à Paris et trois collèges , et celle de Toulouse a quatre maisons et treize,, collèges. Ces Pères sont habillés comme les; prêtres séculiers et ont seulement un petit' collet large de deux doists ; ils ont pour j armes une croix avec la lance , Téponge et l des fouets (1).

Voyez les PP. deBeauvalsetdu Mas,Fûdu P. César de Bue. G. de Trégouin, Recueil de$ nulliiés survenueê dans l*institulîon prétendue régulière de la Doctrine Chrétienne en France, ConsiUui. Clericor. Congreg. Docirinœ Chri-iiianŒf Mémoires ^ Faetums^ Arrêts et pièces concernant cette congrégation.

La vie du P. César de fins est peu connue en France , et il serait à propos qu'on eu donnât une nouvelle édition, ou plutôt qu'on en publiât une sur un plan nouveau, suivie d*un .précis historique sur sa congrégatiout

5 ni a probablement disparu pour toujours ans ce pava. On ignore presque généraleroeni que lors du voyage que fit à Rome le P. Jeaume, général, vojage dont nous allons parler, on lui fil la proposition ou la promesse de canoniser ( et même sans frais de

1 procès, dit-on) le pieux fondateur de son in- • stitut. 11 ^ a eu peu de congrégations qui ' aient subi autant de révolutions et éprouvé

autant de guerres intestines que la société de la Doctrine Chrétienne. Aux renseignements si riches que la sagacité du P. Helyot a recueillis et consignés ci-dessus, nous en joindrons ici quelques autres sur cette congrégation, contre laquelle était répandue et rtste encore une prévention presque générale, qui l'accuse de jansénisme. Nous justifierons ce soupçon; nous ferons voir. qu'il demande cependant des exceptions plus nombreuses que nous ne l'avions cru nous-méme, soit sur le fait du jansénisme, soit sur Tadhésion à la constitution civile du clergé, à l'époque de la révolution française. Aux deux maisons que compte â Paris le P. Hé- Ijot, il faut en ajouter une troisième, celle de Bercy, qu'habitait un Doctrinaire fameux, doat nous parlerons dans cet article.

H j avait en effet trois provinces de Doc* trinaires en France, comme le dit liélyot, celles d*Aviguon, de Toulouse et de Paris. Chaque province élisait tous les trois ans ses supérieurs, et le général était élu tous les six ans par les trois provinces réunies. Ce su- ' périeur général avait un conseil ou défini-

(1) Voy., à la On du vol., n* G.

(t) Une note manuscrite, jointe à reiemplaire qoe nous possédons dit que le P, Valette^ Doeiri- ^ûke^ fort trrW dans la langue latine, eil cet m qui a tnii en cet idiome cette ffremière édition des cottêtitu*

toire composé de six officiers, deux de chaque province, lesquels, avec le général luimême, trois provinciaux, six dépuiésict le supérieur de la maison où l'on s*assemblait, composaient le chapitre général, qui se tenait ordinairement dans la maison de Sainl- Charles, faubourg Saiut-Marccau, à Paris.

En 1733, au chapitre général tenu à Paris, on revit les constitutions, qui. Tannée suivante, furent traduites en latin par le P. Valette (2) et publiées. Après un chapitre et des observations préliminaires , elles forment deux parties, dont l'une, composée de 33 chapitres, traite du régime de la congrégation; l'autre contient quinze chapitres consacrés â traiter de la vie spirituelle. Nous venons de dire comment la congrégation était gouvernée. Ajoutons : Les bénéficiers ne pouvaient jouir de leurs bénéfices que conformément aux dispositions de la coiu grégation , qui voulait avant tout que les bénéfices fussent unis au corps. Deux parents au premier ou second degré ne pou** valent, dans les élections, se donner leurs vuix. Si trois parents à ce degré s'y trouvaient, le plus jeune ne votait pas du tout. Pour être élu général , il fallait avoir au moins kO ans d'âge et vingt années de profession ; il fallait en outre avoir rempli pendant six ans un emploi important dans la congrégation. Les provinciaux et recteurs

Î supérieurs de maison) faisaient serment de netk conduire leur administration. Lechapi^ Ire provincial se tenait tous les trois ans, au mois de septembre ou octobre. Il y a uq chapitre fort sagement conçu concernant la garue des archives. Pour être admis au noviciat, il fallait avoir fait sa rhétorique, n'avoir pas fait vœu d'entrer en religion, n'avoir aucun défaut canonique qui empêchât la promotion aux ordres. On ne recevait pas dans l'institut sans une dispense du provincial ceux qui avaient plus de kO ans ou poins de lo; ni sans une permission spéciale du général ceux qui avaient porté, même pour peu de temps , l'habit d*un autre institut. Avant d'entrer, le prétendant devait postuler un ou deux mois. Les frères ccin« vers devaient postuler pendant six mois, et ne prenaient l'habit qu'après un an de séjour dans la maison. On n'en recevait point qui ne possédât ou ne fdt apte â apprendre un métier utile à la maison, et, autant que possible, qui ne sût lire et écrire. Le convers ne pouvait recevoir la tonsure sans une autorisation du chapitre général. On voulut désormais, sauf exception en faveur des sujets de riche espérance, que chacun fournit un titre patrimonial aux ordres. La congréga« tion encourageait ses membres â publier leurs compositions , mais après examen de deux réviseurs et avec permission du général. L'enseignement de la doctrine chrétienne, premier but de la congrégation, y était aussi

lions de ta con§ré§ati n. Cela ne peut s*entetidre, du moins, que des constitutions revues en 4735, puisnue nous voyons ci-dessus les constiiuiions latines citées par k P\ liélyot.

UlLTiaK?iAIIIE DES ORDRES RELIGIFAX.

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' Tescrcice préféré» cl on le faifaîl m^medans ' les classeii. Entre les règles pour Tinslruc* lioD et Téducalion des écoliers dan^ les col léges, on duît disiingacr celles oui prescriirent de donner des sujcls religieux cl moraux pour matières de thèmes, de former les jeunes gens à la dévotion à la sainte Vierge, de les faire se confesser tous les mois, etc. Oit admeUa>l aussi des pensionnaires adultes, mats des mesures étaient prescrites pour ne les laisser nas influencer l'esprit ou les personnes de la communauté. Des mesures non moins sages regardaient aussi ceux qui de- «aient être employés à la prédication ou aux fuissions. La soutane deç clercs éiait cousue à la hauteur de deux pieds, et le reste se bon*

I tonnait jusqu'en haut. Le manteau était de même longueur. A dater de 1733 l'habit des convers devint une tunicelle et un manteau de drap noir descendant un peu au-dessous , du genou, mais il pouvait être p*us court ' pour les voyages. Gomme la plupart des usages monasiiques no sont plus connus que par une tradition qui s'aiïaibltl de plus en plus , nous affecierons d'en consigner ici quelques-uns de la Doctrine Chrétienne. Les lettres adressées au général portaient pour suscriplion : A mon iriê-rivérend Père (Admùdum recerendo Palri mto)\ <iux supérieurs majeurs : A mon rétérend Père ; à un con-

> frère prêtre : Au révérend Pire Ecrivant

; à on simple clerc ou à un frère laYque, ils { disaient : Mon cher^ ou trii-honoré confrère^ : on frère^ selon la personne. On se disait fils \tn Jéius-Ckriit en finissant une lettre adres- { sée ao supérieur propre, et seulement sereî- . teur en écrivant à nn autre. Ainsi les termes ' de eonfrire en Jésuê^Chrisi on de terviteur terminaient les lettres écrites entre simples ^ Doctrinaires, selon qu'elles s'adressaient aux 'i prêtres ou à d'autres. En lête de chaque lettre étaient ces mots : Bemdielui Deu$ ; le général seul mettait : Peas Christi. On portait le bonnet carré à loas les eierdces, etc. La punition des fautes se faisait â peu près comme dans les monastères. Au\ trois vœux de

Kuvreté, de chasteté et d'obéissance, les ^ctrinaires ajoutaient le vosu de stabilité. Ces vaux étaient simples, et, comme l'a dit Hélyot, ré!at de la congrégation était simplement séculier. Elle prit la mesure de lier ainsi ses membres par des engagements , parce que l'ingrate défection de ceux qui, après avoir été nourris par elle , osant de leur liberté, la quittaient, lui faisait souffrir trop de pertes et d'inconvénients... Ex mul^ torum qnos edueaverai ingrate defectione muftum deirimenti patiebaïur,.. Clément X avait déclaré que la dispense de ce vœu de stabilité renfermait aussi celle des trois autres • vœux. Les Doctrinaire» se levaient à quatre heuresi faisaient leur lit et leur chambre, et À la seconde cloche se rendaient à resercire de l'oraison, à laquelle ils vaquaient une demi-heure. Le soir avant le souper, ils répétaient le même exercice pendant le même espace de temps. Les confrères engagés dans les ordres sacrés récitaient Toffice romain, "iu l'arliculier, si ce n'ckt les vcprcs de» di-

manches et fêles, les matines de Non et des ténèbres, auxquelles tons les clercs étaient tenus d'assister en sorplls. Les elercs qui n*f» ' talent point dans les ordres sacrés étaient '< exhortés à réciter tous les jours, et surtout ; les dimanches el fêtes, le bréviaire romain; J les laïques étaient obligés à dire chaque jour ; on l'offlce de la sainte \ ierre, on le chapelet.'^ Les prêtres devaient tous les jours célébrer» et les autres entendre la messe. La table était de forme oblongne et tous mangeaient ^ du même cAté, comme dans les communautés régulières. On servait k chacun séparément sa portion. On ne faisait pas abstinence de viande; on permettait difficilement de m;inger en ville. Le jour anniversaire de la mort • oe César de Bus se faisait la rénovation des vœux. Les clercs el les frères devaient com- . munier tous les dimanches et fêtes, à moins > que le confesseur n*en jugeât antremenl. Hors i le temps de Pâques et deux semaines avant ■ l'A vent et le Carême, on faisait abstinence de I viande le mercredi et jeune le vendredi; on jeûnait aussi la leille de la mort du vénérc> i ble César de Bus, si elle ne tombait pas dans ' Tortave de Pâques, et trois fo^s la semaine ' pendant l'A vent. Les exercices religieux étiient tous, en un mot, marqués ao coin do l'esprit de prudence et de sagesse ; l'esprit jnnsénist * n'y parait en rien.

Néanmoins, à Tépoque où les constitutions furent de nouveau publiées , le jansénisme 1 dominait une grande partie de la congréga- j tion. Son histoire serait mal connue si nous n'en donnions ici des preuves frappantes par des détails curieux et intéressanls. L*cspriO de nouveauté dominait surtout dans les pro- ' vinces de Toulouse et de Paris. G rare à Dieu, ; la province d'Avignon était moins infectée, et devait sans doute cet état mei^rur â des sujets italiens qu'elle renfermait dans son sein, et qui faisaient partager leurs bons sentiments à leurs confrères.

Le chapitre général se tenait ordinaire-; ment dans la maison de Saint-Charles, â Pa-I ris. Un chapitre devait se tenir en 17^3, et' l'autorité, comme tous les h )mroes judi-i cieux, craignant que le jaoscntsnie n'infloâli trop malheureusement sur les opérations dcî la congrégation s'il se tenait au lien ordi* naire, le fit transférer à Beaucaire. Le P., Jeaume, général, obtint, d*accordaveeledéfinitoire, un bref du pape, el le chapitre qui devait se tenir au mois de septembre i7U fut remis au mois de mai 17U, non sans la médiation de la cour de France, qui intervînt par le crédit de Boyer, ancien évêque de Mirepoix, que réclamèrent les Doctrinaires bien pensants. On Ot venir le P. Valentin, procureur général en cour de Home, qui s'entendit avec le nonce, le cardinal de Tencin et Boyer, pour éloigner du chapitre et des em-

f>lois les hommes opposés aut décisions de 'Eglise, et pour soustraire l'assemblée à rinfluence qu'elle eût »ubie à Parii. Il y eui donc des lettres de carbet expédiées â ce sujet. La première, du 17 janvier 174i, portait : «••.. infurmcn que le chapitre général de vu* tre congrégation doit être tenu ao mois do

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mai proehaio, noas ? ons faisons ce4(e leKro pour TOUS dire qae notre mieniion est qù*i\ me soil pas assemblé à Paris; el nous tous permettons seulement de le tenir dans quel* qQ'ùQf* des maisons de totre ordre des provinces d*Avignon on de Toulonse. Notre intention est aussi qo*il ne soit élu ou nommé aux charges de supérieurs et antres de votre confrégauon, que dos religieux qui aient donné des preuves surHsantes de leur soumission aax décisions de rRglise et aux but* les apostoliques, et qui jostttieni do leur si-ffnatnre du formulaire ; et nous vous mandons et ordonnons de tenir la miin à Vexé-* cution de ce que nous jugeons à propos de vous prescrire à ce sujet. Si n'y faites faute, car tel est notre plaisir. »

UnesecondeletlrefutadrcsséeauP.Jeanme,

((énéraly en ces termes : « Cher et bien-amé, e chapitre général de votre ordre devant se tenir^ à la Bn de ce mois , dans la ville de Beancaire « notre Intention est qae tous les religieux vocaux qui doivent y assister déclarent avant les élections leur soumission MX bulles apostoliques et au formulaire » et que ceux qui n'auront pas fait ladite soumission ne poissent être élus dans aucune charge et dignité de Tordre. Si n'^ faites faute , etr. Donné à Versailles le deuxième jour do mois de mai ilkk. » Le même jour, lettre à H. Tarcbevéqoe d'Arles» nommé commissaire royal an chapitre, et conçue en ces termes : « Mon- •ieor Tarchevéque d'Arles, Ayant donné mes ordres pour que le chapitre général de la Doctrine Chrétienne se tienne dans la ville de Bancaire , et étant informé qu'il doit s'y ouvrir incessamment, mon intention est que vous y assistiei de ma part en qualité de commissaire, et que vous déclariei que tous ceux qoi ne sont pas soumis aux bulles apo* stoliques et au formulaire ne pourront être élus dans aucnne charge et dignité de l'ordrCé Mon intention e«t an surplus que ceux qui composeront ledit chapitre général aient à se conformer sans ancune dimculté k ce que voos leur urdonnerea de ma part. Sur ce je prie Dîeo au*!! vous ait, Monsieur Tarche-^ véqoe d'Arles , en sa sainte garde. A Versaillei, etc.» M. de Saint*Florentin, ministre, écrivait en ontre an P. Jeaume: «Mon rêvé-, rend Père , Je voos adresse les ordres du roi

(our la tenue de votre chapitre général, 'ona ne manqnerea pas de vous y conformer. S. M. a chargé M. Tarchevêquo d'Arles d'y assister en qualité de son commissaire. Votre premier soin en arrivant à Beancaire sera de voir ce prélat et de roos concerter avec lai, tant ponr Touvertare que sur les autres opérations à faire pendant la tenue de rotre chapitre. Je suis , etc. »

11 est évident que des mesures de cette aorte, prises par l'autorité civile, ne laissaient gaère de liberté aux opérations du chapHret et elles ne peuvent se justifier ici que par le concours qui régnait dans ces mesores entre Tautorité civile et l'autorité cedéstasriqne , dont celle-là ne friisait oue maintenir IfS prescriptions. Ce n'est qu en jvocédanl ainsi ijiie le prince peut se mon*

trer Févéque du dehon : il doit se borner i être le bras droit et agissant de Véfffque cln dedans 9 de Fautorité des chefs des diocèses et sortent du souverain pontife. Ces mesures ^ rigoureuses montrent aussi à quel point en * était Tenue une congrégation contre laquelle , Il fallait les prendre. Nous avons affecté d'en parler avec nne certaine étendue , et nous aurons encore à venir sur des faits analo- ^ gués, par exemple en parlant de rOratùire , et nous voulons par là donner nne idée de Tesprit qui s'était glissé dans un grand nom* bre de congrégations religieuses an dcrnii*r ' siècle. " '

A BeancaTC d^ntres mesures furent prises en outre au chapitre général. Noos dirons ,

Sar exemple, que le P. Laffont, recteur de loissnc , l'un des capitulaires , eut ordre de se retirer sans délai en sa maison de Moissac. Il en demanda la raison ; le secrétaire de M. Boyer la lui donna et disait dans sa réponse: « Ceux d'entre vos confrères qoi gémissent de voir que votre congrégation ne se distingue presque plus aujourd'hui que par son opposition aux décisions do chef et du corps des premiers pasteurs, ont pris les niesures les plus efficaces pour empêcher que le gouvernement n'en fût conOé à des personnes portées à entretenir parmi vous un esprit

d'indépendance el de rébellion D. Héliot,

secrétaire de M. l'ancien évéqiie de Mirepoix. A Paris, ce 1"join 1714. » Pareil ordre donné au P. Oelfour, définiteur de la province de Toulouse • secrétaire de la congrégation et du chapitre général , ponr qu'il se retirât à Gimon ; pareil ordre au P. Préjean, député de la province de Paris, pour qu'il se retirât à la maison de Noyers, en Bourgogne. Dans l'indiction do chapitre , les récalcitrants avaient vu , sinon avec surprise , da moins avec peine , qu'un vicaire général se trouvât compris an nombre des vocaux. C'était le député d'une province italienne \lont nous aUons parler. La plupart des maisons des provinces de Paris et de Toulouse signèrent des actes d'opposition et de protestation, dont elles chargèrent leurs députés au cha-*

tiitre général. Ces protestations étaient contre 'admission au chapitre du vicaire général de Ron^e en qualité de vocat^ et contre Tadmis- \ 8!0U de la bulle Unigenitus. Elles portaient trente-six signatures de la province de Paris, la moins nombreuse des trois; cinquante et '. une de la province de Toulouse , prêtre.^, sous-iiiacres et clercs; cinq même de la province d*Avignon. La conr avait fourni la somme de mille écos ponr les frais du chapitre, qoi s'ouvrit le 30 mai. On lut le bref du pape qui avait prorogé le ch ri pitre , et à {'occasion de celte pièce le P. de la Mothe, provincial d'Avignon, présenta une requête (qui fut a*lmise, et ce nous semble avec raison) tendante à ce qu'il fût statué que le général et son définitoire ne pourraient solliciter aucun bref sans la participation des trois provinces. Dans le discours de Mgr d'Arles, commissaire, on doit remarquer ces parolos « « Hélas! mes Pères, vous le savez encore y mieux que moi, et je me flatte que vous en

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

gémisscx aolant que moUméroetliélasI il ne re«te plus dans votre congrégation qae quelques étincelles de ce fea primilif, seul capa- !ble de l;i perpéiner. »

i Les Pères de la province d*Ayignon ^ ber-

(ceau de rinslitut, et cons(*rvant mieux que

les antres les sentiments de soumission à

ÏTEglise €t les itineelUi de ce feu primitif, fl-

j reiil tout leur possible pour que le résultat

; du chapitre fAl à Tarantage de leur congre-

j galion, et ils y réussirent. Tout se passa as-

sex IranquillemenI , bien qu'on y eût laissé

quelques-uns des opposants pour la caooni-

, cilé des élections. Les Pères qui no voulu-

; rent pas signer et se soumettre furent dé-

-. darés inhabiles i posséder les charges. La

t>rocurati<in du P. Peilloni, vicdire général de a province romain(% dM 10 mai ilkï , au P. de la Mothe, provincial d'Avignon, pour agir en son nom dans lo chapitre, celle procuration, disons-nous, fut présentée et admise à la pluralité des ioix, après une longue dis* cnssion. A la place du P. Jeaume , dont le temps était expiré, on élut pour général le

, P. Mazenc, supérieur du séminaire deTarbes, province de Toulouse , homme recommandable par ses bons sentiments et son opposition au jansénisme, et qui jouissait d'une pension de MO livres sur Tévéché de Comminge. Lo P. Muleti fut nommé assistant de

• la province d'Avignon ; le P. Valette fut continué assistant de la province de Toulouse, et le P. Moreau, recteur de la maison de Saint- Charles, assistani de la prorince de Paris. Le P. Valentin fut conlinué dans sa place de procureur général en cour de Rome; le P. Vanveray, procureur général en France , et le P. Racolis, secrétaire général. Tous ces hommes étaient actuellement soumis à la bulle, et plusieurs avaient toujours montré de bons sentiments. Dans le chapitre on porla plusieurs décrets pour remédier aux dangers du temps. Leurs dispositions générales étaient de s'assurer, avant les chapitres, les nominations aux emplois, rémission des vois , etc. , des sentiments do soumission au ftirmulaire d'Alexandre VU et à la bulle. Le chapitre fut clos par an discours que prononça Tarchevéquc d'Arles, M. Gigault de Bellefont.

Aux chapitres généraux qui élurent successivement les prédécesseurs du P. Mnzenc, e'est-à*dire le P. GriiTon, qui fut maintenu pendant douze ans; le P. Chaussac , le P. Baccarère et le P. Jeaume, tous soumis aux décisions de l'Eglise, il y avait eu aussi des orages qui , sans être aussi violents qn*à fieaucaire, étaient bien loin de rédifiante union qui doit régner dans de telles assemblées. Dans quelques maisons la soumission a la bulle ne trouvait ancane résistance; en plusieurs autres il y eut des interdits nombreux lancés par des évéques. Des supérieurs ou professeurs forent éloignés , des collèges de jeunes gens évacués, etc.

Deux ans avant le chapitre do Beaocaire, 16 P. Jeaume , général , se rendit à Rome

{)oar travailler à la béatification de César de lus et a TunioB des Doctrinaires italiens

avec les Doctrinaires de France. Cette union fut , à ce qu'il para't , cfTectuée , et c'est en conséquence de ce résultat que sera venu au chapitre générai le fondé de pouvoirs du vicaire général de la province de Rome ; ce qui ferait compter dans la congrégation quatre provinces au lieu de trois. On les y c>»mptait en effet , et même on eût dû peutêtre en compter cinq, puisqu'il y avait aussi ane province de la Doctrine Chrétienne d'Ita« lie au royaume deNaplos; mais nous ne pouvons dire si ces mesures furent reconnues par toute la congrégation. Nous allons en outre en nommer bientôt une autre.

Les Doctrinaires n'accorJaient la voiture pour les voyages qu'aux prêtres scu'emcnt ; il est vraisf'mblable que l'on aura modifié cet usage dans les derniers temps. Ces Pères dirigeaient aussi , comme les Oratoriens et surtout les Jésuites, des congrégations d'hommes, si propres à maintenir les habitudes et le goût de la piété.

Cette contagion du jansénisme oui avait fait tant de ravages dans la société de la Doctrine Chrétienne , n'y dominait plus sur , la fih, et, dans sa visite au collège di* La Flè- ) che , le général , ayant entendu un ancien i

f>arlerdans le sens de Topposilion à la bulle, e reprit fortement de tenir ainsi devant les jeunes gens un langage conforme à des sentiments qui n'étaient pas ceux de la corporation. Néanmoins il y eut jusqu'au dernier moment des jansénistes déclarés ; nous en ci- , terons un exemple frappant.

La destruction des Jésuites avait porté un coup funeste aux Docti-inaires comme aux autres congrégations enseignantes, non-seulement sous lo rapport chrétien , puisque toute l'Eglise s'en ri-ssonlit, mais sous le npport de l'intérêt d'existence et de force mo- . raie. Us voulurent prendre et nrirent en effet plusieurs des collèges abandonnés par la célèbre compagnie, et la disette de bons sujets et même de sujets quelconques aurait dû leur faire envisager cette nouvelle tâche avec effroi. Ils eurent l'honneur d*étre chargés du fameux collège de La Flèche. Nous \ n'avons rien a dire contre leur administra* tion dans cette maison, ni sur leur enseignement. Ils auront lâché sans doute de se tenir au niveau de leurs illustres devanciers. Les supérieurs mirent â la tête du collège le P. Corbin , homme d'un grand mérite , qui fut ensuite nommé précepteur du dernier dan-^ phin et mourut â Meudon. Le P. Corbin fut remplacé, en qualiié de principal à La Floche, par NoëUiiabriel-Luce Villar, qui prêta ; le serment à la constitution civile du clergé, • fut sacré â Paris, le 22 mai 1791, pour remédié de la Mayenne, dont le siège laclico était à Laval ; fut conventionnel , déclara Louis XVI coupable et «otasa détention; devint membre du corps législatif, renonça à son évéché , abdiqua ses (onctions et mourut le 26 août 1826. C'est , croyons-nous , le seul évêque de celte sorte qu'ait donné la congrégation de la Doctrine Chrétienne, qui se serait volontiers passée d'une semblable distinction.

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L'ordonnance de Louis XV (1768} et la création de la commission pour les réguliers produisirent, comme on sail, an effet alTreui sur toutes les congré{$ation$ religieuses; la Doctrine Cluéiienne fut une de celles qui en furent le plus largement atteintes. Comme UD gr^nd nombre d*ins(ltuts , elle réédila et refondit ses constitutions. Cette opération fondamentale se fit .m chapitre général qui eut lieu à Paiis en 1782, et elles furent pu- M<ées l'année suivante. Nous ne répéterons point ce que n<»us avons dit ci-dessus vn l'analyse des règles, qui restèrent les mêmes au fond ; mais nous ferons connaître ici les principales modifications qu'elles subirent et qui peignent bien respril de l'époque et de la mallieureuse congrégation. Le^ frères convers ne sont plus obligés à la récitation de l'o.Tice de la sainte Vierge oa du chapelet ; il reste un chapitre consacré à traiter de la vertu d'obéissance ; ceux qui traitaient de la chasteté et de h pauvreté ont disparu. On ne fait plus de vœui, pas même celui de stabililé. Dans le chapitre de 1776, tenu à Paris, il fut déridé qu'on en demanderait l'abolition à Pie Vil, qui Taccorda en effet pnr un bref du \ï mars 1783. Après deux années de noviciat, passées à la maison même du noviciat ou dans une autre de rinstiiut, celui qu*un jugeait propre à é:re admis prenait, chaque année , l'engagement de ne point abandonner la charge qu'un lui confiait, avant les grandes vacances suivantes , et sans en prévenir la congrégation ; et s'il venait à sortir avec ces formalités, il était toujours regardé comme membre de l'institut, qui lui indiquait même une maison comme maison d'alfilia ion, s'il le désirait, et lui a<> rordail certains privilèges , comme le droit de voter, de rentrer un jour; mais il fallait pour cela que le confrère sorti renouvelât sa demande tous les ans. Les bénéfices ne sont plus unis nécessairement à la congrégation ; les membres peuvent en jouir sans cela. Par lettres patentes du 28 juin 1778 , Louis XVI déclarait les membres de la congrégation de l.i Docir ne Chrétienne propies à recueillir les successions, etc., et aux autres bénéfices descfTclscivils.il parait qu'outre les provinces que nous avons ci-(.essus indiquées, la congrégation avait sur la fin créé celle diie de La Flèch<*, car nous la trouvons désignée avec les autres dans les nouvelles constitutions.

La Doctrine Clirctiennc avait, dans les derniers temps, accepte la direction des collièges de Bourges et de Moulins. Elle possédait au^si le collège d'A vallon, où elle compilait au nombre de sc'i membres Koyer-Co!l<ird, publiciste ou politique fort renommé d.èus ces derniers temps, et qui a été fort nuisible à la mouarchif* des Bourbons. C'est de Bojrer-Coilard, qui fut réellement, non ecclésiastique , mais membre de la congrc^'alion des Doctrinaires , qu'est venue celte nuance de parti politique qu'on appelait des iDor/rtnatre jfSans savoir ni pourquoi ni à quoi; car on nommait, sans aucun bon sens, des Doctrinaires certains hommes que Tamour-

propre, la modération naturelle, le dépit ou ' l'impuissance , retenaient dans une sorte de réserve constitutionnelle.

Nous devons citer ici l'exemple fameux de \ l'esprit janséniste maintenu dans la congre- | galion, que nous avons promis , c'est celui du P. Minard, Tun des oracles du parti et de i TBglise constitutionnelle. Né à Paris en 1725, | Louis-Guillaume Minard, après sa philoso- \ phie, entra au noviciat de la Doctrine Chré- ^ tienne, qui comptait alor< des jansénistes zc- ^ lés, tels que le P. Jard, le P. de Saint-Genis, le P. de Convenance , etc., et donna ardemment lui-même dans leurs opinions. Quoique interdit par M. de Juigné, il fut sur les rangs de ceux qne ses confrères voulaient choisir pour leur général en 1778. 11 vécut retiré dans la maison du Petit-Bercy, au faubourg Saint-Antoine, où, toujours interdit, il continua de diriger un grand nombre de ses adhérents. Il embrassa avec chaleur le parti de la constitution civile du clergé et fut le premier curé constitutionnel de Bercy, qui n'était pas alors paroisse, mais qui l'rst devenu depuis. Etant aussi une des colonnes de la nouvelle Eglise de Paris , il se trouva, encore au nombre des candidats entre \e^\ quels on devait choisir un successeur à l'évé* que Gobel. Minard mourut le 22 avril 1798. 11 n'a laissé que deui volumes, l'un intitulé: Avis aux Fidèles^ 179(); l'autre, Supplé^^ tnentf etc. Il y proche un jansénisme presque . aussi cru que celui du P. Gerberon dans son ' Miroir de la Piété ^ et engage à se confesser • aux prêtres jansénistes, quoique interdits, j

Tous les Doctrinaires n*avaient pas, comme nous l'avions cru , prêté le serment civique, et il parait que le jansénisme ne dominait plus dans leur corps, où il avait seulement laissé les traces et les eiïeis de son action corrosivc. A côté du P. Minard nous avons à nammer le P. Haoulx, qui a vécu dans le même temps que lui. Prédicateur célèbre à Paris, le P. Uaoulx, Doctrinaire, vivait à la maison de Saint-Charles , dans celle ville. Les Pères de la congrégation étaient restés ' dans cette maison et ne la quittèrent qu'au : mois d'août 1792, quand on fit la recherche . des prêtres qui avaient refusé leur adhésion t à la constitution civile du clergé ; le P. ' Uaoulx était de ce nombre ; il se cacha chez deux personnes , et faisait une course pour lexercice du saint ministère , quand il fut reconnu et trahi par un habitant de Tile Saint-Louis. Dénoncé, arrêté, incarcéré, puis interrogé et absous, il élait rendu à la li« b *rté, quand son dénonciateur, irrité de cet acquittement , imagina d'aller débiter ûen blasphèmes contre Jésus-Christ et la religion en présence du P. Raoulx, qui allait sortir de la salle, mais qui crut l'occasion toute naturelle de défendre la vérité , en parlant el préchant là sans crainte. 11 fut arrêté do nouveau el conduit à Saint-Lazare, ou tant d'ecclésiastiques étaient renfermés. Il fut condamné à mort ; mais Dieu lui réservait une épreuve terrible : il reconnut dans la charrette qui le conduisait à la mort sou propre frère, qui, la veille, avait été con^

D'.CTIONN.UKE DLS ORDRES RELIGIEUX.

damné dans une autre cfaamhro. Tous deni furenl eiécoiéi à la barrière du Trône, ou périrent tant du victimes. Unis par les liens de la nature el de l'amitié pendant la Tte, t*i morle quoqtti non iunt divuL

Le dernier général des Doctrinaires, le P. de Bonnefous, homme estimable el qui n*avait embrassé ni les erreurs du jansénisme» ni celles de la révolution, mourut en 1803, dans reiiiblissement de Tabbé Sicard, à Paris.

Noos ne connaissons plus aujourd'hui qu'uu niombre de la congrégation delà Doc- Irine Chrétienne, c'est M. l'abbé Souque! de la Tour, curé de Saint-Thomas d'Aquin, à Paris, qui a pcutnêtre survécu à tous ses confrèri'S, et qui est comme le testament laissé par cette corporation savante, pour nous donner une idée do ses richesses littéraires. On en jugera par ce que nous allons dire des travaux deM. Tabbéde la Tour. Ce pré:re laburieus était entré fortjoune dans la congrégation delà Doctrine Chrétienne, qui ra« vait employé à renseignement au collège de La Flèche. H v résidait et était déjà prêtre, quand la révolution vint farracher à sa société el sa vie paisible. Il n*enibrassa point les erreurs du temps et ne quitta point ses habitudes studieuses. Son attrait particulier Ta porté vers les poètes latinS) el il a publié les traductions suivantes : 1* La Chruiiade de Vida ; â* l'Enfantement de la Vierge^ de Sennaiard ; 3* l'Enfant Jésui, poëme du P. Seva, jésuite ; 4* Saint Hyacinthe^ p«jëme de Guillaume le Blanc, évéque nommé de Grasse, mais qui ne prit point possession. M. de la Tour publia ce pocme en Thonneur de saint Hyacinthe, par adulation pour M. Quélen, archevêque do Paris, qui s*appelait Hyacinthe. 5*tYaac/ten. C'est la première traduction de ce poète qui ait été publiée ; M. de la Tour la fit étant encore à La Flèche. C^* VEiabliêtement du^chrisiianiême au Japon^ poë* me, p.ir Simon* Franck, écolier do collège do» Jésuites, à Liège, et élève de Feller. 7* Les Silveif de Slace. 8' La guerre de Tripoli^ poème, parCazdosa, Portugais. Cet ouvrage est peu connu en France. M. de la Tour Teutendit vanter et le chercha aussitôt à la Uibtioihèqoeduroi, où il ne le trouva point, et illeQt venir de Lisbonne, pour le traduire. d* Poëtestatim :c*ebi le nom que M. de la Tour donne A un recueil de traductons de poëmet moins volumineux, et qui sont au nombre de si s ou sept : (rra(ïttj-f*a//uctttf , Néméiien^ Caitor^ Lee Tratoux d'Hercule^ Anonyme^ Comeliui Severuê : la traduction de ce dernier a été faite par M, l'abbé de

L , grand licairei Bourges, que

II. de la Tunr a préparé à sa première com« niunion. Nous no connaissons pas de traduc* teur qui ait plus ni même autant publié en ce genre, que H. TaDhe de la Tour. Octogé-> naire aojourd hui, il se souvient qn*il a jadis passé dos nuits A ces études chéries, el quoique placé A la tète dune paroisse et arrivé au delà de l'âge du repos , il ne les quitte

Knaisavantmiouit.OhIqui rendra à l'Eglise congrégations religieuses, lesquelles loarnistaient de tels hommes 1 An tome second

de son Histoire des Ordres relitjieux.U. Hen-» rion, parlant de la DoclrtneCAr^(ienfie,donno quelques lumièrrs sur l'établissement en lia* lio que nous avons mentionné ci*dessus, et dit quMIs avaient, j* Inte aux trois frai ça:se^i, une province de Rome, formée dans le dcrtiier siècle de huit maisons que la congrégation avait en lialie, el de sept autres qui lui furent données par Benoit XIH. Ces maisons étaient des collèges , séminaires ou pa* roisses. Nous ignorons toujours ce qu'élait celle province de Naples, dont n ms avons parlé, et si ces maisons étaient celles de Doctrioair;*s italiens qui s'ét.iieni, nous a t-on dit, unies à celles de France, et possédaient le corps de César de Bu^.

La maison de Saint-Charles à Pdris était située à rextréraité supérieure de la rue des Fossés-Saint-Victor, et était habitée par lo général, 18 ou 20 prêtres environ, et un certain nomb. e de novices , qui payaient 500 livres pour l'année de probation. Cis conditions et le nombre des Pères avaient sans douteété modifiés vers la fin du dernier siècle. On remarque comme une chose singuUj^rc que dans la chapelle de la Doctrine Chrétienne, il y avait tous les ans sermon et salue en rhonneor du bon Larron. Bu 1705, M. Miron, docteur en théologie, de la maison de Navarre, légua sa bibliothèque aux Pères de la Doctrine Chrétienue, à condition

Jn'elle serait publique. Elle était composée e plus de 20,000 volumes, parmi lesquels il y avait des éditions rares et les manuscrits do savant abbé Le Beuf, auteur de l'Histoire du Diocèse de Parts. L'établissement de Bercy avait ft'abord été fait à Antoni auxvii' siècle. M. de Gondi, qui avait attiré les Doclrinaiccs dauH son dioièse, eslimaît ces Pères et se retirait quelquefois chez eux ; l'auîre établissement, à P.iris, étaiLà Saint-Juli n-des- Ménétriers. Le célèbre Fléchier, évéque de Mmes , était membre de la congrégation de la Doctrine Chrétienne.

Nouvelles ecclésiastiques^ passiin. Tableau historique et pittoresque de Paris. . par J.-ll. De Saint-Victor. 8 vol. iii-8. i^farou table tu delà ville ds Paris ; par... in-8. Consiiiuiio* nés Congregationis Uoctrinœ Christi^ 173^ ; sœdem 1783. Histoire des Ordres^ par M. Henrion, 3 vol. in-12. ^ Description de Paris ; par Piganiol de la Force. — Renscijnements fournis par tf • rabbé de la Tour ; — notes prises passim^ etc. Bd-e.

DOCTRINE CHRETIENNE, en Italie

(Co?lGnÉGAT10!l DE L.ij.

L'union qu'il y a eu en're les Somasques et les Pères de la Doctrine Chrétienue en France nous a obligé de parler de ces derniers avant los Pères de la Doctrine Chrétienne en Italie, dont l'institution est plus ancienne et que l'on peut mettre au nombre des réguliers , quoiqu'ils ne fassent pas de vœux solennels ; mais la stabilité A laquelle ils s*engagent dans cette congrégation lc% y lie de telle manière, que le p.ipe Urbain \ I I a ordonné que ceux qui en sortiraient se-

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raient traités eomme apostats el eneoorraieat les mêmes peines que celles qui sont portées par sa constitation du SO septembre 1627 coBire les ru|i(itirs et apostats des ordres ré«fruliers. Quoique nous les rangions sous la règle de SainUAugusUn, ils ne la suivent pas néanmoins ; mais nous ne parlons d'eux ici qo*â caose qoe nous arons parlé dans l'article précédent de la congrégation qui porte le même nom en France, et qni a véritablement suivi la règle de Saint-Augustin pendant on temps assex considérable.

Cette congrégation des Pères de la Doctrine Chrétienne en Italie commença d'abord par une espèce de confrérie* dans laquelle quelques prêtres et laïques entrèrent sous le pontificat de Pie IV, et qui s'unirent ensemble pour enseigner le catéchisme. ans enfants et auB ignorants» non-seulement les jours ou- Trahies dans les maisons particulières» mais encore les fétei et dimanches » afln que les gens de métier qui ne pouvaient quitter leur IraTail les autres jours pussent, les fêtes, pro6ter de leurs instructions. Le premier à qoi Dieu inspira une si sainte œuvre fut un gentilhomme milanais nommé Marc de Sadis Ëus'ini , qui » avant abandonné ses biens et sa patrie» Tint a Rome Tan 1560 et s'ansocia un nombre de personnes charitables pour traTaillcr aTec lui i ces sortes d'instructions.

L'église de Saint-Apollinaire à Rome fut le lieu où ils commencèrent d'enseigner publiquement la doctrine chrétienne» et un des premiers ooTriers qui s'employa à ce saint eiercice fut le célèbre César BaronioSi qni fui depuis cardinal. Cette confrérie s'augmen*tant de jour en joar , le pape Pie V accorda Tan 1567 des indulgences a ceux qui j entreraient» et l'année suivante le cardinal Sa- Tclli nomma pour supérieur de toutes les écoles de Rome le P. Henry Pétra de Plaisance » Ton des premiers compagnons de saint Philippe de Nérv. Ceux qui s'enga* geaicDt à cette œuvre charitable se divisaient par bandes pour aller faire les mêmes fonctions dans les villages qoi sont aux environs de Rome. Quelques-uns abandonnèrent ensuite leurs propres maisons pour aller demeurer ensctiible dans une maison » vers le Pont-Sixte, sous la conduite du P. Marc Cusani» qui Tan 1586 fut ordonné prêtre en vertu d'un bref du pape Sixte V cl à la persua^on du P. Henri Peira. qui lui commanda dohéir.

Le pdpe Pie Y» Toyant le grand fruit que ces personnes cbariiables faisaient» et voulant faire observer le décret do concile de Trente touchant ces sortes d'instructions, ordonna par une bulle du 6 octobre 1571 que dans tous les diocèses» les curés de chaque parobse établiraient de pareilles confréries de la Doctrine Chrétienni*» el accorda beaucoup d'indalgences à ceux qui y enlreraienL Grégoire XIII augmenta encore ces indul** gences el donn*auK Pères de la Doctrine Chrétienne Féglise de Sain:e-Agaihe A Rome» au deli do Tibre» où la confrérie fut aussi transférée. Comme les uns et les autres n'a-

vaient qu*un même esp it et ne leiidalenl qu'à l'iiistruclion de l'i jeunesse et des ignorants» et qu'ils faisaient d'abord leurs assem* blées en commun» ils jugèrent à propos d'élireeutre eux quelques personnes quicussent non-seulement l'intendance des écoles» malt encore le soin de maintenir l'union et la pain entre eux. C'e>t pourquoi ils en cboisironi quatre» auxquels ils donnèrent le nom do déllniteurs» dont il y en eut deux qui furent choisis entre les Père.^, et deux entre les confi ères.

Les écoles se muliipli ml aussi bien que te nombre des ouvriers» ils demandèrent uu prolecteur au pape Clément VIII» qui leur donna le cardinal Alexandre de Médicis» qui fut ensuite pape sous le nom de Léon XI; et peu de temps après le P. Marc Cusani» fondateur de celte soc été, mourut le 17 septembre 1595. Les déllniteurs gouvernèrent la congrégation et la confrérie pendant un 'temps assez considérable, et ils faisaient leurs assemblées dans l'oraioire de l'église Saint-Jérôme-de^la-Cbarilé; mais les Pères de la Doctrine Chrétienne et les confrères, se Toyant en grand nombre, élurent chacun uu chef pour leur corps. Les Pères donnèrent i leur chef le litre de prévôt» et les confrères à leur chef celui de président» et ils élurenl aussi d'antres offlcicrs auxquels ils donnèrent diCTérenles qualités» comme do conseillers, visiteurs» etc. C<* qui se Gt l'an 1596 du consentement du cadinal Delmonte, ptiur lors vice-prolecteur en l'absence du cardinal Médicis» qui était légal en France.

Le pape» afin d'exciter les uns et les autres à se comporter aTec encore plus de zèle dans les fondions de l'inslitut qu'ils avaient embrassé, et voyant que l'église de Sainte- Agathe» i'iUi avait été accordée aux Pères de la Doctrine Chrétienne, était trop petite pour

if faire leurs fonctions et pour asscmblei' eurs confrères, leur donna encore celle de Saint-Martin-du-Monl-de-Piété, au quartier de la Regota^ où ils ont toujours tenu depuis ce temps-là leurs assemblées générales et particulières; el le pape supprima le titre de paroisse» que cette église avait» afin qu'elle fût plus libre. Ce pontife» souhaitant de plus que l'instruction de la docirine fût partout uniforme, donna ordre au Père Bellarmin de la Compagnie de Jésus» qui fut ensuite cardinal» de composer on petit catéchisme que l'ou devait enseigner dans toutes les écoles.

Léon XI ayant succédé à Clément VllI»

Antoine Cisoni» qui était pour lors présideut de la confraternité et qui fut ensuite évêque d'Oppido» el le prévôt des Pères de la Doc« trine Chréticnue» allèrent trouver ce nou* veau pontiTe pour le prier do leur accorder un prolecteur; mais il leur déclara qu'il voulait êlre lui-même leur protecteur, ce qui ne dura pas longtemps» puisque ce pontife mourut vingt-sept jours après son élection. Les Pères et les confrères se rassemblèrent après sa moA pour faire élcclion d'un autre protecteur» et choisirent le cardinal Borghése, alors Ticaire de Rome, qui, ayant été tait pape quelques jours après sous le nom de

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

Paol V» et désirant TaTivriscr ccKc confral^rnilé , rérigea en archiconfrateruilè dans Téglise de Saint-Pierre, iroulant que les églises de Saiule*Agallie et de 8aint-M.ir(in-du- Mont-de-Pi^té restassent toujours aux Pères de la Doctrine Chrétienne et aux confrères, et qu'à Tavenir les cardinaux vicaires fussent leurs protecteurs. H accorda encore à celte archiconfraternilé l/i permission de pouvoir agréger toiles autres confraternités dans le inonde qu*ils voudraientyet, par grâco spéciale, de pouvoir délivrer tous les ans deux prisonniers pour criaies, voulant <ie plus qu'un pauvre confrère de c^tto archiconfralernité fût toujours du nombre des douze pauvres auxquels Sa Sainteté lave les pieds le jeudi sfiinl.

Les papes Urbain Vlll, Innocent X et Clément X ont encore accordé beaucoup d*iu« dulgenies à ces confrères, et Innocent Xl« au commencement de son pontificat, lit paraltre son zèle pour Tavancement de cet institut, le regardant comme très-nécessaire pour m^iinlenir et étendre la foi catholique. Pour ce sujet il renouvela les élections de douze députés de la même congrégation et archiconfraternilé : savoir, six gentilshommes et six ecclésiastiques d'une vertu et d'une piété exemplaires, auxquels il donna pour président M. Ange de la Noce, archevêque de Itossane. il tit réimprimer les constitutions et les statuts de celte arcbiconfratcrnité qui avaient été autrefois dressés par les cardinaux Baronius, Taurugi et Bellarmin, par ordre de Clément Vlll ; il voulut que la congrégation se tint tous les huit jours, el accorda de nouvelles indulgences et de nouveaux privilèges aux confrères.

Quoi(]ue les Pères de la Doctrine Chré* tienne fassent une congrégation séparée de cette arc hiconfraternité, çi qu'ils aient oeuf ma. sons en différentes provinces, ils sont toujours néanmoins unis ensemble en ce qui r< garde rin^tructiou de la jeunesse et jouissent des mêmes grâces et des mêmes privilèges. Le Père Jean-Baptiste Sérafini d'Orvièle, étant général de cette congrégation, dressa l'an 1603 des constilutions pour y ina.ntenir l'observance régulière. Elles furent approuvées par le cardinal vicaire, par ordre du pape Grégoire Xlll, et imprimées à Rome l'an IGOik. Elles sont divisées en deux parties : la première, qui contient 22 chapitres, reganie les ofDcicrs et supérieurs de la con* grégatiou, et traite de leurs élections; la seconde, de H chapitres, traite des observances et regarde la congrégation en par* ticulier.

Les officiers généraux et supérieurs qui gouvernent toute la congrégation sont : le prévôt général, qui en est le chef; le viceprévôt, trois déGniteurs, un chancelier, deux visiteurs et un compotiste. Les subalternes sont : les recteurs des maisons, sacristaius. Infirmiers, maîtres des novices, déposila.res, cominuniers , provéditeurs et dépensiers* Tous les ans l'on tient la congrégation générale; tous les mois il sVn tient aussi une paiticuiière dans la maison de Home, en

présence du général, ou, en son absence, du vice-prévôt, ou au moins de deux défini leurs; toutes les semaines dans chaque maison il y a une autre congrégation en pr6« sence du recteur.

Dans la congrégation générale, tons les recteurs des mais<m4 doivent s'y trouver avec un député de chaque maison, lorsqu'on doit faire élection d'un général ; et, lorsque l'on n*en doit point faire, la congrégation esl seulement composée des officiers généraux qui élisent les sul)alt«'rnes : le recteur de Uorae envoie les fêtes et di iianehes les frères dans les écoles pour enseigner le catéchisme, qui est la première fin de cet inslitot.

Toutes choses sont communes dans la congrégation, personne n ayant rien en propre, el les chambres ne doivent point fermer à clef. Lorsque quelqu'un doit être promu aux orlres sacrés, les supérieurs obtiennent un bref du pape pour faire recevoir sous le litre de la congrégation ceux qui en sont jugés capables. Afin que la vie commune puisse se mainlenir dans cette congrégation, elle possède des rentes et des fonds pour l'entretien des frères : c'est pourquoi ils ne reçoivent aucun établissement qu'il n'y ait en même temps des fonds suffisants pour le pouvoir entretenir, afin qu'ils ne soient point détournés des fonctions de leur institut, qui est d'enseigner la doctrine chrétienne; ce qui pourrait arriver s'ils étaient obligés d'aller mendier les choses nécessaires à la vie. Le fonds nécessaire pour commsnC'T un établissement doit être au moins suffisant pour entretenir six personnes. L'uniformité devant être dans toutes leurs maisons, elles doivent être partout, aussi bien que leurs églises, de même structure et de même grandeur, autant que laire se peut.

Ils ne disent point l'office en commun, si ce n'est aux fêtes principales de l'année el des patrons de leurs églises ; les autres jours, ceux qui sont prêlres récitent en particulier l'oflice du bréviaire romain; ceux qui ne sont pas dans les ordres sacrés et tes Iciïqucs sont seulement exhor.és à réciter le petit office de la Vierge, el ceux qui ne savent point lire doivent dire le chapelet. Ils ont deux heures d'oraison par jour, l'une le ma* tin et l'autre le soir ; ils prennent la disci-

{dine tous les mercredis et vendredis de 'année, et encore tous les lundis de TAvenl cl du Carême, et tous les jours de la semaine sainte; ils jeûnent pendant l'Avent et tous les vendredis de l'année. Une fois la semaine ils reconnaissent leurs fautes devant le recteur, ils fout tous les jours une conférence de cas de coiiscience, el il y a un maître q« i enseigne la manière d'enseigner le cale» chisme. Ils ne peuvent écrire ni recevoir aucune lettre sans l'avoir montrée auparavant au supérieur, qui ne leur doit jamais por* mettre de parler ni d'écrire à aucune relt-^ gieuse, et ils ne peuvent sortir sans sa permission et sans un compagnon qu'il leur doit donner.

Quant k rhabittement , 1rs prêtres et les clercs portent l'habit ecclésiastique arec un

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petit rahal large d'uo doigt autour do collet (!)• cl les clercs ne peuvent porter le bonnet carré qae lorsqu'ils sont dans li^s ordres sacrés y les laïques o»t un habit plus roart et portent dans la maison une calotte au lien de bonnet carré.

Il leur était autrefois permis de sortir de la coiigrégatioa quand bon leur semblait. Après raiinée de novtc:at , le général, à qui il appartient dereceroir avec sesdéGnileurs ceux qni se présentent pour entrer dans la con* grégation« demandait à celui qui voulait s*eogager s'il avait connaissance des constitutions, de leur manière de vivre, de leurs obserTancea, des fatigues qu'il fallait supporter , et s*îl avait d^s forces sulBftanles pour cela; qu'il lui était permis de sortir, mais que s'il voulait rester il fallait qu'il observai la vie commune et enseignât la doc* triae chétienoe avec un ferme propos de persévérer toute sa vie dans la congrégation, et qu'après cette résolution il ne lui serait plus permis d'en sortir. Si le novice consen* tait A rester^ le général l'avertissait que passé cinq ans il aurait voix active et passive dans le chapitre et même plus tAt s'il se comportait bien , s'il vivait régulièrement et s'il donnait des marques d'une plus grande stabilité» comme si volontairement il jurait et fauait vœu de cette stabilité et de vouloir persévérer dans cette congrégation. Voîlide quelle manière se faisait leur engagement; cependant il y avait des raisons peur lesquelles on pouvait les renvoyer après s'être engagés A la congrégation , qui sont marquée* dans le chapitre septième des constiluiions. Si ceux qui étaient sortis de la congrégation 9 soit qu'ils eussent été renvoyés , ou qu'ils fussent sortis volontairement , y rentraient^ ils devaient recommencer Tannée de noviciat ; mais Tan 1609 il fut ordonné dans leur chapitre général qu'après Tannée de noviciat Ton ferait vœu de demeurer dans la congrégation. Le pape Grégoire XV, par on bref de Tan 1621, réserva aux souverains pouiites le pouvoir de dispenser de ce vœu , et Urbain VIII, comme nous avons dit, ordonna que ceux qui sortiraient de la congrégation seraient traités comme apostats et encourraient les mêmes peines que les apostats cl les fugitifs des ordres religieux, conformémeat au concile do Trente et A la constitution de ce pape du 20 septembre 1627. Le pape Clément Vlll, dès Tan 1596, avait exempté de la juridiction des curés, tant pour les sacrements que pour la sépulture , Jes Pères de cette congrégation , et les avait mis sous celle du cardinal vicaire. Ils ont pour armes trois montagnes surmoutées d'une rroii , avec la lance, Téponge et des fouets qui pondent de chaque oAtéde la croix*

Mémoirtt envoyée de Morne en 1707. Cari. Uartbol. Piaaza , Eueevolog, Rom. (, V, c. 37, ti !• VI, c. 19. L'on peut consulter aussi les Constitutions de cette congrégation, celles ë« l'archiconfraternité, le tiulMire romain^ et Philipp. Bonanni, Catulog. ord. relig.j part. III.

(i) Vofr.,à!afiiiduvol., 11*7.

DlCTlU9iNAlKK UK9 OnoaCS ftELIGtlUX.

Le P. Hélyot ne dit point iissiz clairement quelle a été Torîgîue réelle de la congrégation de la Doctrine Chrétienne^ en ltalie,et no fait point assez voir quand et comment elle a été séparéedeTarehiconfralerniié du même nom et qui a eunussi les mêmes fondateurs. Noos avons entendu dire quo cette sociélé s'était réunie , au dernier siècle , à la congrégation des Doctrinaires de France et avait embrassé ses règles, et que c'était pour cela qu'elle s'éiait procuré le corps de César de Bus.

Il est vraisemblable, sinon certain, qu'elle formait cette provinco de Rome qui députa un vicaire général , en 17U, au chapitre général de France , tenu par les Uoelrinairee à Beaucaire , et dont nous avons parlé dans l'article additionnel précédent , et qu'elle était composée des maisons dont les Doctrinaires formèrent leur province italien^i*. Il paraîtrait en outre qu'elle avait aussi une province au royaume de Naples. Voir ce que nous avons dit sur cette union aux Doctri« naires français.

Les Doctrinaires italiens avaient autrefois dans la ville de Rome les maisons de Sainte* Agathe m Tramlevere^ Sainte-Marie a Torre di buon Viaggio , et Sainte-Marie in Moniieelli. Aujourd'hui leursupérieur général est le R. P. Pierre-Sylvestre Glauda . appelé vicaire général. Le R. P. Victor Bevilacqua Valletti est leur procureur général.

DOGB, ▲ Venise. Yoyex Chausse.

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