VIS
IIAL
MAL
lu, grands prieurs et grands maîtres. Los seconds sont les Chevatiers de grAce, qaK D^étant pas nobles d'extraction^ ont mérité par quelque action de valeur ou par quelque serfice considérable rendu à Tordre, d'être mis au ranedes nobles et de jouir des mêmes bonoeurs. Les troisièmes sont les frères ser- Tanli; H y en a de deux sortes, les frères ser- Tanis d'armes qui sont employés dans les mêmes fonctions que les Chevaliers, tant à la guerre qu*au service de l'hôpital, et les frères servants d'église, dont toute Tuccupatioo est de chanter les louanges de Dieu dans Tégliie conventuelle et d'aller chacun A son tour servir d'aumôniers sur les vaisseaux ou ftor les galères de la religion. Les quatrièmes enGn« qui sont nommés frères d'obédience, soot les prêtres qui, sans être obligés d'aller jamais A Malte, prennent l'habit de l'ordre, ra font les vœux, et s'attachent an service de quelques-unes drs églises de l'ordre sous raaiorilé do qaelq«e grand prieur ou de quelque commandeur, auquel ils demeurent sourois; et ils jouissent de plusieurs privilèges qui leur ont été accordés. Il y a aussi des donnés ou demi-croix qui ne peuvent porter la croix d'or sans une permission expresse ; el, quand on leur accorde cette permiision, ce ne doit être ou'une demi-croix d*or A trois branches; mais ils peuvent porter une demi-croix de toile blanche cousue sur leurs habits, laquelle ne doit pas passer les deux liera d'un palme de Sicile.
P<*rs<inne ne doit être présenté pour être reçu dans cet ordre ni demander des commislaires pour faire ses preuves, qu'il n'ait au moins seixe ans accomplis, à l'exception des ^ pages du grand maître, qui peuvent être re- ^ (US depuis douze ans jusqu'A quinze, et à l'eicepUoo iiussi des ecclésiastiques, qui peuvent être reçus depuis dix ans jusqu'A seize. Cependant l'usage d*ob'enir des dispenses du pape pour faire recevoir des enfjnls depuis qu'ils (ont nés jusqu'à dix ou douze ans 9 est devenu commun, et lancienneté de ces enfants commence du jour auquel le grand-maitre a reçu et approuvé celle dispense, pourvu qu'on paye ponctueir lement oans Tannée ce qu'on appelle droit de passage. Cet usage de recevoir des Chevaliers de nainorité est récent. Ce oui y donna lieu, c'est que dans le chapitre général t nu TanlUSI.on résolut d*eiécuter ce que le conseil avait ordonné par un décret du 7 janvier 1629, qui était de faire un eoUachio uu cloître pour y mettre un noviciat pour les Chevaliers et servants d'armes , et un séminaire pour les ecclésiastiques; et, comme il fallait un fonds de cent mille écus pour rexécotion de ce dessein, le Trésor ne se trouva pas pour lors en état de faire ce fonds à cause des grandes dépenses qui l'avaient épuisé. C'est pourquoi on résolut pour y, pourvoir d'accorder cent dispenses pour rercvoir dans l'ordre cent enfants en minorité qni donneraient chacun mille écus pour être admis. Les cent dispenses furent bientôt remplies. U CoUaekio pour te noviciat et pour le séminaire ne se lit pas néanmoins :
on crut alors devoir ciupluyer la somme A d'autres besoins ; et, comme il n'y a point eu de chapitre général pour accorder de pareil les dispenses, on a eu recours au pape pour les obtenir par son autorité : ainsi l'usage de ces dispenses s*cst insensiblement introduit, et est devenu très-commun. D'abord il fallait avoir au moins huii ans, ensuite six , et la coutume est présentement que l'on peut être reçu en quelque bas âge que ce puisse être. Les derniers règlements faits A Malte sur le droit de passage de ceux qui sont ainsi reçus, portent qu'ils doivent payer trois cent trente p'stoies et un tiers au prix courant des pistoles d'Espagne, sans y comprendre quelques autres menus droits. L'origine et le nom du droit de passnge viennent du droit
Sie payaient autrefois aux cipitaines des gares ou des vaisseaux de la religion ceux qui se mettaient dessus pour passer A la terre sainte, et dans la suite des temps à Tile du Rhodes pour y être reçus Chevaliers. Ils payaient une somme pour leur nourriture et entretien pendant le voyage, et cela s*appelait dtûil de passage* Ce droit a continué de se payer jusqu'A présent à l'Ordre ; il a toujours retenu l'ancien nom, et est conOrmé par des statuts. Quoique ce droit de passage doive être payé dans Tannée, néanmoins le grand maître peut accorder deux ans au lieu d'un pour payer ce droit , mais il ne peut pas accorder on terme plus long. Une des conditions de la grAce de minorité est que dès le moment que le droit de passage est payé, cet argent est entièrement acquis A Tordre, sans que sous quelque prétexte que ce soit on puisse jamais en prétendre la restitution.
L'on ne ueut être reçu page du grand maître oue depuis douze ans jusqu'à quinze, et on n y peut demeurer que trois ans au plus, el souvent moins, suivant TAge qu'on a quand on y entre. Mais comme le grand maître ne peut avoir que seize pages, il fatit pour y entrer qu'il y ait une place vacante. C'est pourquoi, avant qu'on ait Tdge pour y entrer, on obtient du grand maître une leU tre de page, et lorsqu'on a les onze ans com** pletset qu'il y a une place vacante, le plus ancien de ceux qui ont eu des lettres de page est reçu, après avoir fait ses preuves de noblesse et de légitimation. La différence qu*il if a dans les formalités qui s'observent dans a réception de ceux qni sont reçus de mino< rite et de ceux qui sont reçus comme pages , c'est que les premiers ne t»ont pas obligés de se présenter a Tassemblée de la province ni d'aller à Malte qu'A vingt-cinq ans, au lieu que les pages doivent se préseuier A Tassemblée de la province et aller A Malte après leur réception, et ne peuvent payer leur passage que lorsqu'ils présentent eux-mêmes leu> s preuves A Malte. Le droit qu'ils payeiit est de deux cent cinquante écus d'or, chaque écu d'or pris pour une demi-pistole, selon ce qu'elle vaut, outre quelques autres menus droits.
Les Chevaliers de majorité sont ceux qui sont reçus à seize ans accomplis. Ils payent
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
le même droit que les pages da grand maître, et ne sonl pas obligés de porter cui-mémes leurs preuves à Malle. Autrefois ils y étaient obligés, et saus cela leur ancienneté ne courait point, quoique ces preuves eussent été rrçups pour bonnes au chapitre ou à rassemblée de la province., et qu'ils eussent payé leur passage. Mais , par un décret du conseil de 1688, confirmé par un bref du pape Innocent XI, il a été ordonné qu*H suffirait à Tavenir que celui qui a présenté ses preuves au chapitre provincial ou â Tassemblée les envoyât au couvent à la vénérable langue dans laquelle il est né, etqu*il serait dispensé d'y venir en personne jusqu'à Tâge de vingt ans, sans que cela puisse nuire à soti ancienneté , qui commencera à courir dn jour que ses preuves auront été présentées en langue.
Pour ce qui est des frères servants d'armes, le chapitre général de Tan 1631 avait seulement défendu à la langue d'Italie d'en recevoir, comme il est porté par l'article vingt-cinquième du titre de la Réception des frèrts. Depuis par un décret du conseil la même défênse a été faite aux autres langues, jusqu'à ce qu'il en eAt été autrement ordonné; mais cette défense a été levée depuis quelque temps. Les chapelains ne peuvent être reçus que depuis dix ans jusqu'à quinze, après quoi il faudrait obtenir un bref de Rome; mais, jusqu'à 15 an^, il suffit d'obtenir du grand maître une lettre de diacoi. En vertu de cette lettre le postulant se présente au chapitre provincial ou à l'assemblée; on loi donne des commissaires pour faire ses preuves, qu'il doit porter lui-même au couvent, après quoi on le renvoie pour conlinucrses études. Ils sont seulement obligés de faire voir qu'i's sont nés de gens honnêtes, pratiquant les arts libéraux, qu'ils n'ont jamais exercé aucun art vil et mécanique, ni servi personne, et que ni eux ni leurs pères et mères n'ont jamais travaillé à aucune chose méprisable; et de plus qu'eux, leurs pères et mères, leurs aYeuls et aïeules paternels et maternels sont nés en légitime mariase.Ledroildepassagedesjeunesdiacotsou ecclésiastiques depuis dix ans jusqu'à quinze est de cent écus d*or, chaque ècu d'or valant une demi-pistole d'I^spagne en espèce, selon la valeur courante, et autres menus droits. Les autres diacots pu ecclésiastiques, reçus par brefs dans un âge plus avancé, doivent payer douze cent cinquante livres pour droit de passage el quelques autres droits, à la réserve néanmoins de ceux qui par leur capacité et leur mérite auraient été honorés du bonnet d • docteur, lesquels par un privilège particulier sont reçus à tout âge et sans payer aucun droit de passage.
Quoique la coutume dans l'ordre soit de faire les preuves de noblesse par l'arbre de consanguinité, en remontant seulement depuis les Chevaliers jusqu'à ses bisaïeuls paternels et maternels, néanmoins le prieuré d'Alli magne exige davantage ; il faut p ouver seize quartiers des aYeuls. Ceux qui dépendent de ce prieuré sont dispensés d'alhr*
à Malte faire leur noviciat, il tuMil «eult*. ment qu'ils le fassent auprès du grand prie«tr d'Allemagne; et ceux du prieuré de Bobémf ne sont ooligés qu'à six mois de noviciat .i Malte, à compter du jour qu'ils y sont arrvés. Les Chevaliers du prieuré d'ÂUemafnf ont encore un autre privilège, qui est qui* les deux tiers de fargenterie d'un comaundeur demeurent après aa mort au profit d< la commanderie, l'autre tiers seulement appartenant A l'ordre; en sorte que le Chetalier qui succède à la commanderie est oblige de payer à l'ordre la valeur de cette troisième partie à raison de huit florias p^r marc, et de donner caution pour les deui autres tiers. Quoique les Chevaliers des autres prieurés de l'ordre ne fassent pas difticulte d'admettre les enfants naturels d i rois et des princes souverains, néanmoins le prieuré d'Allemagne n'eu reçoit point, de quelque naissance distinguée que soit \f
i présenté; il faut absolument qu'il soit néilc égitime mariage.
La profession se faisait autrefois dms cet ordre aussitôt qu'on avait fini l'année de noviciat, comme ou le fait dans tuus les aotre» ordres religieux; mais cette coutume a'r>( plus en usaçe,et il n'^ a que ceux qui sost reçus en minorité qui aient un temps fii^ pour leur profession. Ils doivent se reodrs au couvent dans la vingt-cinquième sanée pour faire leur année de novidst, et ensuite leur profession dans la vingtsixième année , a faute de aaoi ils perdent en faveur de leurs cadets l'aoeifoneté que leur minorité leur avait procoree. Cependant il y a beaucoup de Chevaliers re« çus en minorité qui ne font profession que plusieurs années après les vingt-six an», sans que cela leur porte aucun préjodi-r; mais il faut pour cela qu'ils aient un brefoo une dispense, qu'on obtient aisément pour des raisons particulières qu'on expose.
Voici les cérémonies qui s'observent en donnant l'habit et bisaul faire profession aux Chevaliers. Le postulant ajant rcço (!a grand maître et du conseil la permission de prendre l'habit et de faire profession, et la jour ayant été choisi, il se trouve à régU>r« où étant à genoux devant l'autel» veto dW longue robe et d'un manteau à bec, qoi r^t l'habit de l'ordre, et ayant à la main na flambeau allumé, il offre au pré*re son épée nu« pour être bénite. Le prêtre la tient tonte nue en disant quelques oraisons , el, après aiwr jeté de l'eau bénite sur l'épée et sur le Cbrvalier, il lui met en main celte épée aoe es lui disant : ilecevez cette sainte épée au s0a du Pere^ et du Fi7s, et du Saint-Esprit, oitiu soit'il^ et servex'vous-en pour votre de/s>^ et de la sainte Eglihe de Dieu^ à la eonfiui»^ des ennemis de la croix de Jesas-Chtisi et ^ la foi chrétienne: et prenez garde^ culûni^ la fragilité hutnaine le permettra, i/f nVs;<' OKiif frapper personne injustement* Q^ '« grd e d'en user ainsi vous soit aceordét fer celui qui vit et règne avec le Père $i U 5«s'* Esprit^ dans tous les siècles des siècles* ÀM soit il. Ou remet ensuite l'épée dans fefottf^
MAL
MAL
rrao, et le prélre la mol au côté do Chevalier qui doit faire profe^ision, en lui disant : Met^ tiz vàtrt épée à vôtre côté au nom de Nôtre-' Seigneur Jtsui^Christ^ ri Mouvenez-^voiaque ce nVif p^$ tant par le$ armes que Ifê sainte ont conquis des rotaumes que par leur grande foi. Cela étant fini, le prêtre donne un baiser an Chevalier qui doit faire profession , lequel ainsi orné de son épée doit s'y préparer avec dévotion, afin qu'il puisse recevoir la grAce de cetie sainte milice. Pour cet effet, ayant eu soin de faire une bonne confession de tous les péchés de sa vie passée « après avoir entendu la messe et reçu la Irès-saintc communion, étant à genoux et tenant un flambeau de cire blanche allumé, auquel on attache ordinairement un écu d'or, lequel flambeau marque la charité, qui est un amour tout do feu, se tenant ainsi avec respect devant celoi qui doit recevoir sa profession, il répond humblement anx interrogations qu'il loi fait. Cependant le prêtre peut avant cola, s'il le juge à propos et si le temps le permet, don* lier an profès des avis; et, après les lui avoir donnés. Il lui demande s'il est dans la disposition de promettre non-seolement de bouche, mais du fond du cceur, de suivre tous les avertissements qui viennent de lui être donnés. Alors le Chevalier qui doit faire profession répond : Afot, iV., ;urs et promets à Jesus^hrist^ qui est Dieu^ à la bienheureuse Vierçe Marie^ et à saint Jean^Baptiste^ que je ferai tous nus efforts pour observer ponctuel-' kmmt toutes ces choses*
Manière de donner Vordre de Chevalerie,
Afant oue le prêtre lise l'évangile, le Chevalier qui doit recevoir les vœux du profès loi dit : Que demandez-vous T A quoi ayant répondu qa*il demande l'ordre de Chevalerie, le Chevalier lui dit : Vavez-vous jamais reçu de prince catholique ou d*autre qui eût puissance de le pouvoir donner? Le profès ayant répondu ce que bon lui semble, le Chetalier continue de lui dire : C'est chose noble et salutaire^ servir les pauvres de Jesus-Christ et accomplir les ceuvres de miséricorde , et de se députer au service et défense de la foi. Tou-tefois vau» demandez une chose que beaucoup (tautres oM demandée et recherchée d'avoir^ il n'ont pu. Pourquoi cet ordre de Chevalerie que demandez a coutume ee donner à ceux qui par Vantique nobleeee de leur lignage le méritent^ au vei iiablement à ceux qui par leurs propres vertus s'en sont faits dignes, A cette cause vous connaissant être tel que requiert Vordre de Chevalerie^ consentons à vôtre demande f vous mettant en mémoire que ceux qui of'tde recevoir tel ordre ont d'être défenseurs fU l'EglirCf des pauvres femmes veuves et en* ftvfu orphelins. Promet tez-coun ainH faire? I.e proies ayant répondu : Oui , Monsieur ^ le Chevalier lui donne Tépée avec son fourreau en la main , lui disant : A celle fin que vininteniez tout ce qu'avez promis , prenez cette épée au nom du Père , du Fils , et du Saini-Fsprit. Ainsi soit-il. Le Cbcvalicr, ti-
rant ensuite l'épée du fourrrau et la donnant en la maiti du profès, lui dit : Pnnez cette épée. Par son lustre elle est enflammée de lu foi ; par la pointe • d'espérance, et par ses gardrs^ de charité : de laquelle userez vertueusement pour la défense vôtre et de la foi mtholique^ et ne craindrez d'entrer aux perih et dangers pour le nom de Dieu, pour le signe de la croix et pour la liberté de l'Eglise; maintenant la justice et la consolation des femmes veuves et des pauvres orphrlins , cor dest la vraie foi et justification d'unChevalier. C'est la vocation , l'él ction et sanctification que d'offrir l'âme à Dieu, et le corps aux pe* rils et dangers pour son service*
Lo Chevalier fait nettoyer l'épée au profès sur son bras, puis la met au fourreau, lut disant : Tout ainsi que mettez cette épée nette et polie dans son four eau , ne délibérez aussi la tirer en volonté d'en frapper personne tnjustement , nt la maculer^ mais l'emploier comme dessus :dont Dieu vous en fusse la grâce. Ainsi soit'iL Le proies étant toujours à genoux, tenant l'épée dans son fourreau , le Chevalier la prend et la lui met au côté, disant : Je vous ceins de cette epée , la mettant à vôtre côté, au nom de Dieu tout-puissant et de. la glorieuse vierge Marie , de monsieur
patience et vraie foi il fut victorieux pour nous impétrer telle grâce envers Dieu , aus^t n'aveZ'Vous de la tirer sans autre espérance que de vaincre* Le proies se lève ensuite , tenant à la main son épée nue, qu'il ébranio trois fois , et le Chevalier lui dit : Ces trois fois qu'avez ébranlé l'épée en votre main^ signifient qu*au nom de la sainte Trinité , avez de défier tous les ennemis de la foi catholique avec espérance de victoire. Dieu vous en ^pnne la grâce. Ainsi soit-il. Le profès iteUÔic après cela l'épée et la remet dans le fourreau; le Chevalier lui fait une remontrance sur les rertus cardinales , et , ayant tiré l'épée du même profès, il lui en donne trois coups sur l'épaule, et lui dit : Je tofis fais Chevalier^au nom de Die t, de la Vierge Marie, de monsieur saint Jean-Baptiste, et de monsieur saint Georges, vigilant et pacifique en Vhonneur de chevalerie: puis remet l'épée dans le fourreau, et, regardant le profès, il lui doitno doucement un petit souiflêt en disant : Reveillez-vous, et ne dormez aux affaires, mais veillez en la foi de Jesus^Christ^ et faites que ce TOUS soit le dernier affront et vergogne qu^avez d'avoir pour la cause de Jesus-^hrist, aîant la paix de Nôtre-Seigneur en vous. 11 lui moiflre ensuite les éperons dores , et lui dit : Votez-vous ces éperons ; ils vous signifient, tout ainsi que le cheval les craint se met' tant hors de son devoir, ainsi devez-vous craindre de sortir de vôtre rang et voeux et ne faire mal. On vous les met ainsi dorés aux pieds f pour être Vor le plus rche métal qui se trouve, et comparé à l'honneur. Un autre Chevalier les lui attache aux pieds, et il retourne à sa place continuer d^cutendre lo reste de la messe.
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIBOX
Manière de donner ta croix de Vordrt.
Apràt la demande qoe le profès a f lite «Vétre reço et admis daoa la compagnie dos Trères de la sacrée religion de Saint-Jean de Jérusalem, celui qai le reçoit loi dit : La demande que faites a été à plusieurs refusée pour n*ilre dignes ié re reçus en (elle Cornpagnie ; mais , nous confiant de tôtre pru-d'Iiomie et suffisance, sommes délibérés la vous octoleTf espérant qu'avec bon zcle et charité vous vous exercerez aux œuvres de miserieor» des , et totallement au service de Vhôpital de cette religion , non seulement enrichie et am^ plifiée de bien grands privilèges , libertés « franchines , et immunités par le siinl^siege apostolique^ ains encore par tous les princes chrétiens et autres saintes personnes^ afin que tous nous autres sercans auiit hôpital ittions enflammés de vraie foi « esperanrt et charité envers Jesus-Christ. Et tout ainsi que l*on vous baille un cierge ardent en la main , cela vous doit signifier que devez être ardent en icelle chnrité , qui est la vraie perfection de cette vie; vous atsurant que si Vexercez d'un ardent caur pour la défense de la foi de Jesus^lirist, contre les ennemis d^icdle, plus facilement il vous appellera en son rotaume ; et à celle fin que tous ne puissiez excuser dU"^ gnorance f je suis tenu tous signifier ici en présence des assistons , et demander si vous avez parfaite volonté d'en suivre la règle; c'est que dès celte heure soiez préparé éTentrer aux peines et fâcheries qiCavez de patir au service de nôtre religion , et totallement vous dépouiller de vôtre propre volonté , la remet* tant uujoHrd^hni entre les mains de tous supérieurs elûs en icelle^ quels qu'ils soient: tous commandant quaiez à leur obéir en quelque memiere que ce soit.
Le profès ayant répondu qn*il est content, le recevant conlinue : Et puisau'étes content vous dépoUiller de vôtre volonté propre et liber:é^ et la remettre à vos supérieurs^ tout aifisi que l*on fait de cette cire , qui se laisse manier à ce quel*on veut 9 ainsi fera^t-^n de vous , et vous advise que serez eontraint de îeàner^ qiuind aurez envie de manger^ et veiller quand aurez envie de dormir , ensemble plusieurs autres peines contraires aux plaisirs et libertés; et psur cela advisez bien si avez la volonté de vous en dépoiUller pour la me(« tre ê$ mains des supérieurs de nôtre religion. Le prtifès ayant répondu qu*il se soumet en« tièrement à la volonté des supérieurs et qu'il se dépouille de sa liberté» le recevant lui demande : 1* sM n'a point fait vœu dans une autre religion ; 2* s'il n'a point consou^mé mariage ou s'il n'est point fiancé avec aucune femme ; 3* s'il n'a point de dettes considérables aoiquelles il ne pont satisfaire ; k' s'il n'a point été bomicide ou causé la morl de quelqu'un ; 5* s'il n'est point de condition servile. Le profès rè*
f^ond ce que bon lui semble, et le recevant 'avertit que toutes et quantvs fois qu*îl se trouvera convaincadeces choses, on le chassera de Tordre avec confusion ; et qu'il y fasse t^ienréOcxion.Aquoi les profès ayant encore
répondu, le recevant conliaoe de dire : ùeuques puisque vous nous dites et assurez éin tel^ et qu*étes prest et délibéré d^itre défenstns de l'Eglise de Jesus-Christ^ et nrviremx pauvres de Vhôpital de nôtre religion^ v»%s recevons benignement selon les formes de nés établissemenSf et loliabie coutumes et non autrement^ et ne vous promettons que paimet eau^ simple vêtement ^ travail et peisu. Poer lors il commande au profès d'aller prendre le missel sur l'autel et de le lui apporter ; et. lui fabant mettre les mains sur le canon de la messe, le profès prononce tes vœnt en la manière suivante : Moi N. jure et promus, et fait vœu à Tout-^Puissant {à ta glorieuH vierge Marie^ et à monsieur s*4nt Jean^Baptiste nôtre patron) moiennant sa grace^ éTolf- Hrver et garder vraie obédience à celui qui me sera commandé de par Dieu et ma religio*, de vivre sons propre, et de garder chastetf, ainsi qu'il convient à tous bons religieur catholiques. Le recerantlui dit enanite: Or à ce que commeneiez par l'obéiêzance. je t <mc commande de reporter ce messel sur Vaute\ n qu'après qu aurez baisé ledit autels retoumiei te/. Le protès obéit, et le recev«:nt continoe : M'tintenant nous vous connaissons être Cun des défenseurs de V Eglise catholigua^ et sert h teur des pauvres de Jesue4JhriH de rhépitd de saint Jean de Jérusalem.
Cela fait, le recevant prend le manteaa à bee, et montre la croix à huit pointes ao profès, loi disant : Cette croix nous a été ordonnée blanvhe en signe de p^trcté^ laque! $ devez porter autant dans le cmur comme dehors, sans macule ni tache. Les huit pointes Îue vous volez en ice'le^ sont en signe des hmt eatitudes que devez toujours avoir en tous Sui sont ; i* aeotr le contentement spiritud. ' vivre sans malice^ 3* pleurer ses péchés, W" s'humilier aux injures^ 5* armer la justice^ 6* être miséricordieux, 7* être sincère et t»ri de coeur t 8* endurer persécution. Lesquelles sont autant de vertus que devez graver en rdtre cœur pour la consolation et consertatien de vôtre ame. Et pour ce je retia cûmmû»ét la porter aperiement cousue au côté eenestrs au droit du ceeur, et jamais ne fabasutonsser. Le recevant fait ensuite baiser la croix as profès, et loi mettant le manteau snrlef épaules, lui dit : Prenez cette crois et habit au nom de la sainte Trinité^ auquel trouoerts repos et salut de vô Te ame. en augmosUolie* de la foi catholique^ et défense de tous bous chrétiens f pour l'honneur de nôtre Seigneur Jésus ' Christ : et pour ce je vêtu mets cette croix au côté seneetre pris du cazr pour la oarfaitement aimer ^ et de nôtre wem dexire fa défendre ^ voue cosnsmandont deje^ mais ne l'abandonner^ à cause que c'est le vré étendartf Bannière de nôtre retigioss^sri mmts vous éloigner de la compagnie de nos frères qui l'accompagnent, AutremesU ooess sens dejettéet privé de nôtre compagnie aoecgreod vitupère^ comme uumbre puasU et transfres* seur de nos vetux^ conformémeest à nos été* biissemens. Ce manteau duquel nous vews avons tétUt cet la figure du vétesnent fait et poil de chameaUf auquel était vêtu nôtre p**
STi^
UAL
MAL
tron saini Jean-Baptisit^ étant au désert. Et
portant prenant ce manteau^ vous renonecM
aux pompeM^et vanités de ce mondes et voui
rommanae le porter en terni requie^ auni pro"
curez que vôtre carpe soit enseccti en icduù
afin qu'il vous souvienne d'ensuivre nôtre pa--
tron eainî Jean^Baptiste^ et gue vous mettiez
toute eeperance pour ta rémission de vos péchés
â la passion de nôtre Seigneur Jesus-Chrisi^
laquelle est signifiée par ce cordon, duquel il
fut lié par les Juifs. Ceci est la figure de la
eolomne où il fut lié. Ceci est la couronne
d'épineêm Ceci est la lance de laquelle il eut le
côté percé. Ceci sont les paniers pour donner
l'aumône aux pauvres, et dans lesquels Virez
chercher pour eux quand vôtre bien ne pour^
ra saiie faire. Ceci est l éponge quand on /V
breuva de fiel et de vinaigre. Ceci sont les
foiiets desquels il fut battu. Ceci est la croix
sur laquelle il fut crucifié. Je vous Vai mise
sur répaufe en remembranee delà passion soue
laquelle iroucerex le r^pos de vôtre orne. Ce
joug est fort doux et suave, et par ainsi je
rou< lie ce cordon au col en signe de servitude
par vous promise. Nous tous faisons. et tous vos
parens participons de tous (es biens spiiituels
(fui se font et se front en nôtre religion par
toute la chrétienté. Vous serez obligé de dire
et réciter chacun jour cent cinquante Paler
noster, ou bien les heures de Kôtre^Dame. ou
les vigil s des morts. Vous serez pareillement
obliaé reciter une des trois formes de prières
ri' dessus pour chacun de nos frères trépassés.
Vous demeurerez la tête nuèjusques à ce que
le mattre vous commande de la couvrir, et
après Ccraison et bénédiction du prêtre vous
em-trasserez tous les frites avec vôtre habit.
Avant que de manger irez faire l'obédience à
Vauberge, Le préire de Tordre qui a célébré
la luesiie dit ensaite plusieurs oraisons sur
le Dooteau prorès, qui est à genout ; après
lesquelles le profès ?a fuire Tobédience à
Taubcrge avec du pain» de l'eau et du
lel, etc.
Mais peut-être qu'il n*y a jamais eu dans retordre de réception plus solennelle que celle de César^ duc de Vendôme , fils na^u* rel d'Henri IV, roi de Franco , qui le Qt recefoir Chevalier de cet ordre dans son bas Age (1). La cérémonie se fit à Paris dans l'église du Temple» qui était mcMgnifiqueraent urnée. Le roi , l;i reine , Ir s princes et les princesses , les prélats et les ambassadeurs qui étaient à la cour s'y trouvèrent. L'évéque do Nevers célébra ponlificalcment la ntesse, et fil une e&hortation au duc de Vendôme sur Tordre qu'il (Tenait. Il fut ensuite présenté au grand prieur de France, qui lui tu les demandes ordinaires ; mais , ne pouvatK répondre à Cc.use de son bas âge, le roi descend.! de son trône , et s'approcha poar TaidiT à répondre. La messe étant achevée , le nouveau Chevalier se présenta P«>Qr faire sa profession. Le roi s'avança et promit que lorsqu'il aurait alieint Tâge de
(l) Hss. de Bricnne. à la bibliothèque do roi. »I.CCL\XIV.
(^)Vef.,âlarmdavoh,n*2 3.
seize ans, il ferait les vceux ordinaires de pao« vreté, de chasteté et d'obéissance ; mais connue il avait apparemment one expectative du grand prieuré de France, le grand prieur lui attacha devant Testomac la grande croix de Tordre. La cérémonie se termina par le son d*on grand nombre de trompettes et de haut* bois. Le duc de Vendôme donna à diner nu grand prieur, aux commandeurs et aux Chevaliers qui avaient assisté à sa réception, et le roi alla diner chez H. Zamet. Le duc de Vendôme ne fit pas néanmoins sa profession, et époosaf Tan 1609, Françoise de Lorr.'iine, duchesse de Mercœur. Charles de Valois, qui fut dans la suite duc d'Anjouléine, fils naturel de Charles IX , aussi roi de France , avait d'abord pareillement été destiné pour Tordre de Malte. Henri 111, qui avait succédé à Charles IX , obtint poor co
f grince du grand mattre une expectative pour e grand prieuré de France, qu'il posséda dans la suite, et qu'il (quitta pour épouser Charlotte de Montuiurenci , fille d'Henri V\ duc, pair et connétable de France.
Tous les Chevaliers de quelque rang, qualité, ou dignité qu'ils soient , sont obligés après leur profession de porter sur le manteau ou sur le justaucorps, du côté gauche, la croix de loile blanche à huit pointes, qui est le véritable habit de Tordre, la croix d'or n'étant qu'un ornement extérieur, et lorsquo les Chevaliers vont combattre contre les infidèles, ou qu'ils font leurs caravanes (2), ils portent sur leur habit une 8<>pra-veste ou casaque rouge en forme de dalmatique, ornée par-devant et par derrière d'une grande croi& blanche pleine, qui est celle des armes de la religion, l/habit ordinaire du grand maître (3) est une soutane de tabis ou de drap, ouverte par-devant, et serrée d'une ccmturo où pend une bourse » pour marquer la charité envers les pauvres; et par-dessus celte soutane il porte une espèce de robe de velours sur laquelle il y a au côté gauche et sur l'épaule la croix de Tordre, qu'il porto aussi sur la poitrine. Le manteau à bec (i) dont nous avons déjà parlé, qui est celui qu'on donne à la piofession, est noir, et s'atlache au cou avec le cordon de Tordre, qui est de soie blanche et noire, où sont rcprésentésles mystères de lapassion de Notre* Seigneur Jésus-Christ, entrelacés de paniers qui représentent, comme il a été dit, la chanté qu'ils doivent exercer envers les pauvres. Il y a à ce manteau deux manches longues de près d'une aune, larges au haut d'environ demi-pied, (|ui se terminent en pointes, lesquelles se rejetaient autrefois sur les épaules et se nouaient ens<*mble sur les reins. Il parait par une monnaie d'or du
Îrand maître. Déodat Gozon qui fut élu Tan 346, et par le sceau du grand maître Philbert de Naillac , qui succéda à Ferdinand de Hérédi.t Tan 13% , qu'il y avait aociennement à ce manteau à bec un capuce qui y
(5) Voy., ibid., n^ 201.
(i) Voy.,ibid.,n«*.05b
DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX
6lait attaché , comme on pc ul voir dans la Ggare qui représente un ancien Chevalier avec ce manteau à bec (1).
L'habit des Chevaliers grand-crois (2), quand ils sont à Téglise , est une espèce de robe noire appelée cloeia ou cloche, ouverte par-devant , ayant des (grandes manches»
sur laquelle, du c6té gauche, sur Li poitrine et sdr Tépaule , est la croix de Tordre avec le grand cordon , et une épée à leur côté. Quand ils vont au conseil (3), ils ont une pareille robe noire, mais fennée par-devant, n'ayant que la grande croix sur la poitrine, et ils n*y portent point Tépée ni le cordon. Les frères chapelains allant par la ville (^) sont habillés comme les ecclésiastiques, ayant s<*ulemcnt sur leur soutane et sur le manteau au côté gauche la croix de l'ordre ; à l'église (5) ils ont un rochet de toile, et pardessus un camail noir, où est aussi la croix de l'ordre. Clément XI , à la sollicitation du grand maître Raymond de Percllos de Rocafult, qui gouverne présentement Tordre, a accordé à soixante chapelains de cet ordre la permission de porter le camail violet; mais il n'y a que ceux qui résident à Malle qui se servent de ce privilège; quelques-uns en France aidant voulu porter ce camail violet, Tarcbevéque d'Aix fut le premier qui s'y opposa. Nous donnons aussi l'ancien habillement de ces chapelains , et celui que portait Raymond du Puy, premier grand maître de cet ordre , comme il est représenté dans d'anciennes peintures à Malle (G).
Il y a eu jusqu'à présent soixante-trois grands maîtres, pariiii lesquels il y a eu Pierre d'Aubusson et Huj[ues de Loubeus de Yerdale qui ont été cardinaux. Le pape Urbain Vllly en donnant le titre d'Eminence aux cardinaux le donna aussi aux grands maltresde Tordre deSaint-Jean deJérusalem.
Les résidents de cet ordre auprès des têtes couronnées prennent la qualité d'ambassadeurs, et celui qui réside à Rome ajoute à celle qualité celle de procureur général en cour de Rome.
Quoique toutes les commanderîes de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem soient, on de justice, lorsqu'on les obtient par droit d'ancienneté de réception, ou de grâce, lorsqu'elles sont accordées par le grand maître ou par les grands prieurs en vertu du droit attaché à leurs dignités , comme nous avons dit ci-devant y néanmoins la commanderie de Tlle-Verte A Strasbourg, affectée à des chapelains de Tordre, est élective, et le commandenr a droit de porter la mitre, la crosse et les autres ornements pontiQcaux. Dès Tan 1150, Wernerns, maréchal de Hunebourg, qui était un puissant seigneur qui avait causé plusieurs maux aux bourgeois de Strasbourg, touché de repentir, et voulant se convenir à Dieu, se réconcilia avec ces bourgeois, et obtint d'eux un lieu appelé Tlle-Verte, hors des murs de la ville, où il flt bâtir une église sous le nom de la
(!) Vo2/.,àl4 0nduvol., n*2C6.
(â) Voy., ibid., n* 207.
C3)Voi/., ibid.,n*2.9.
Sainte-Trinité. Pendant près de deux sîéclft, le serv'cc divin ne fut point interrompa dan« cette église; mais vers Tan 1S67, elle était abandonnée et tombait en ruine, lonq*' Rusman Mcrswin, d'une famille noble *\r Strasbourg, Tacheta, îa fit rebAlir, y jois'it des bâtiments et des jardins , et y mit p*>or la desservir quatre prêtres séculiers , aur la permission du pape et de Tévéqne «if Strasbourg. Quelque temps après il la donna à Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, à (ondition que des frères chapelains de cet nrdrf* y feraient A perpétuité TofOce divin. Cet!donation fut acceptée par Conrad de Rruo^berg, grand prieur d'Allemagne, Tan 1^1, rt coiiUrmée dans la suite par le grand matirr Raymond Bérenger, et par le chapitre gênerai. Ce grand prieur, par ordre du {^rand maître, donna Thabit de Tordre et la croii à Rusman Herswin cl à ses compagnons, qf>i furent reçus au nombre des religieux de cri ordre. Merswin, selon Bosio dans son Histoire de l'Ordre de Halte, prit néanmoiR» un habit différent de celui des chapelains de Tordre; car il dit que celui des novices était semblable, quant à la formera eetut <Im avocats consistoriaux et des eabicolaires apostoliques à Romct et qu'à learprofeisi<'0 on leur en donnait on semblable à la c/ora on robe que portent les chevaliers çraad»croix de Tordre ; que sur celle robe ils met* talent on manteau, et sur ce manteau «ne mozette. Rusman Merswin ajouta k Téfîi^ de la Sa:nte-Trinité une autre église 411 il fit bâtir, «t qui fut dédiée en Thonnenr da saint Jean-Baptiste. Il mourut l'an 13%. le 18 juillet, étant âgé de soixante-qualone ans. Le grand prieur Conrad de Brunsbcrs choisit aussi sa demeure ordinaire à Tlie- Verte, dont il est rrconno le principal bienfaiteur, les revenus les plus considérablrt dunt jouit encore cette commanderie provenant de ses libéralités; mais il mooroti Cologne le 10 décembre 1390, et fut enterre dans l'église de la commanderie de Saisi- Jean et de Sainte-Cordule.
La piété des fidèles augmenla les reveaot de la commanderie de Tlle-Verte, qoi devaient être autrefois très-considérables, piii»que, nonobstant les pertes qu'elle a soaAertes par les guerres et par Thérésie que b ville de Strasbourg avait embrassée, ils *f montent encore à présent à près de doux; mille livres. Quelques-uni ayant «oulo démembrer quelque chose de la fondaiios, Hugues de Sart, grand prieur de France, qv avait été nommé avec quelques cbcvslicn par le grand maître Antoine Flovian poor faire la yisite de Tordre en Allemagne, i»sembla à.TIIe-Vertc le chapitre de la pn** vince Tan iÛ4, et ordonna que la fondation de celte commanderie, qui était do Lomhie des maisons exemptes, demeurerait es los entier, de peur, dit ce grand prieordansH décret qu'il fit, que cet uiii<^ue signe de T»^ scrvance de la religion do haint-Jeaa de i"
(i) Voy., ibid., n» 209.
h] Voy., ibiif.. Il* 210.
CG) Voj/.,ibiJ.,n*>!illel21i.
MAL
BIAL
ruialcm ne fAt obscurci. Cet orago. étant dissipé, la réputation dos religieux de ccllp comibanderie se répandit de tous c4lés ; plusieurs peraonnes ccclésiasiiques et laïques, et même des Chevaliers de Tordre voulurent demeurer avec eux» Ton augmenta les hâtinientSy qui étaient très-spacieux.
Plusieurs cardinaux légats , des nonces apostoliques, des archiducs, des princes, et même l'empereur Masimilie» l'S qui, l'an 150b, et dans les années snivanles, vin! plusieurs fois à Strasbourg avoc une suite nomt reuse, y ont fait aussi leur séjour pendant le temps qu'ils ont demeuré à Strasbourg. L'empereur Maximilien confirma la fonda* lion de celte commanderie, ce qu'a fait aussi l'empereur Charles V et q telques-uas de ses successeurs.
Le sénat de Strasbourg, dans une lettre qu'il écrivit au grand maître de l'ordre, l'an H78, lui parla avec éloge de l'observance régulière que l'on pratiquait dans cette comloanderie^ et le pria de ne pas souffrir que Too en dimiooit rien; mais les magistrats qni composaient le même sénat, vers l'an 1523, furent d'an sentiment bien contraire à celai de lears prédécesseurs. La ville de Strasbourg ayant embrassé l'hérésie de Luther et les opinion» des nouveaux sectaires, ils TOttlurent contraindre tous les ecclésiastiques et les religieux à suivre leur pernirieux exemple* Pour y obliger les chapelains de Tordre de Saint-Jean de Jérusalem de la cooniianderie de llle-Verte, ils tes chargèreotde grosses impositions, ils leur dëfcndireot de f eceroir des novices, ils voulurent les empêcher de dire la messe et de prêcher ; et, sGq que les catholiques ne pussent pas entrer dans leur église, ils mirent des soldats SOI portes, obligeant les religieux de leur payer leur solde, et de nourrir è leur table les olBciers. Nonobstant ces persécutions, ces religieux ne laissèrent (>as de faire l'office difin dans leur église; ils établirent le noviciat à la commanderie de Schélestadt, qui dépend de celle de l'Ile-Verte, et les anciens furent réduits à deux seulement, n'y ayant plus que le commandeur el le sacristain qui restèrent à rile-Verte. Cette persécution fat modérée ; les catholiques de Strasbourg et les étrangers eurent permission de faire Teiercice de leur religion dans la commanderie de rile-Vert*, n'y ayant que cette seule église qui leur fût accordée; mais on limita le pouvoir des religieux, qui n'y purent adinioistrer les sacrements de baptême et de >>^ri3ge ; on leur défendit de faire le catéchisme, et il ne leur était pas permis de porter le saint viatique aux malaues, même *^rètement , sans s'exposer à de gro:ises pciues et à être mis en prison.
Ils forent plus persécutés l'an 1633 : les atagîstrats signifièrent le 16 janvier, vieux «}le, un ordre au commandeur d'aller demeurt r le même jour avec* les religieux et les doinesiiques daus la maison de la prévôté de Saint- l'icrrc-le^ Jeune , avec permission ^le faire l'exercice de la religion catholique daas légtise du monastère de la Madeleine
dos sœui^ Pénitentes, qui étaient les seules religieuses que l'on avait tolérées dans la ville de Strasbourg, et qii étaient fort étot- Çnées de Saint-Pierre le-Jeune. Un leur dé^ rendit de rien empurter de la comroanderio de l'ilo-Verto, et on leur promit que tout ce qu'ils laisseraient leur serait fidèlement gcirdé. L'onire pour f;iire sortir ces religieux le même jour, fut exécuté avec beaucoup do rigueur. Ils furent conduits à SaintPierrele-Jeune au milieu d'une troupe de soldats et insultés par la populace ; mais la promesse qu'où leur avait f.iile de garder fidè« lemenl ce qu'ils laissaient à l'Ile- Verlo ne fut pas tenue; car, le 18 mars de la même année, l'on commença à démolir la ctmimanderîe et le couvent, et la veille de la fête de saint Jean-Baptîsie, l'église fut entièrement abatiuc, les meubles furent abandon* nés au pillage, et les magistrats refusèrent aut religieux quelqu(*s tuiles qu'ils deman« daient pour réparer la couverture de quel* ques maisons qu'ils avaient hors leur commanderie. On ordonna au commandeur de remettre entre les mains des échevins les clefs des archives, et on lui fit une nouvelle défense de recevoir des novices. Le commandeur en porta ses plaintes à la cour impériale el à la diète de l'Empire; mais ses sollicitations et la recommandation même du roi de France Louis XIV, qui diMnandait pour eux quelque dédommagement aux magistrats, furent inutiles. Ce ne fut qu*après la paix de Westpbalie , qui fut conclue l'an 16i8, qu'on leur permit de retourner à rile> Verte, où ils firent réparer le peu de bAliments qui y restait; mais, n'ayant point d'église, ils furent toujours obligés daller faire l'office divin dans celle du monastère de la Madeleine, qui était éloignée d'une demi-lieue.
Enfin, l'an 1681 , la ville de Strasbourg s'étant soumise à l'obéissance du roi de France, le commandeur de l'Ile- Verte fit as-< signer les magistrats au conseil supérieur d'Alsace pour être dédommagés des torts qu'où leur avait fait», à quoi les magistrats furent condamnés par un arrêt du il juillet 1685. Mais ces magistrats ayant eu recours au conseil d*état du roi. Sa Majesté porta les uns et les autres à un accommodement qui fut fait entre eux par l'entremise de M. de la Grange, intendant d'Alsace ; et, par la transaction qui fut passée l'an 1697, les magistrats donnèrent au commandeur et aux religieux de nie- Ver te l'éj^lise et le monastère de Siiint-Marc, qui avaient autrefois appartenu à des religieuses de l'ordre de Saint- Dominique, situés dans un des fauliourgs de Strasbourg, et réciproquement le commandeur et les religieux cédèrent aux magistrats rile-Verte et le reste des bAilments qui subsistaient. Celte transaction futcoufirméepnr le grand maître , et par ce moyen les reli* gieux de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem sont en possession du monastère de Saint- Marc, et on leur a donné le soin d'une cure pour tout le faubourg de la Porte de Sabit* Pi<.rrc.
OICTIOffRAIRG DES ORDRES RELIGIEUX.
PU
NoQi avons dit que la cooimanderîe de Bcbéleiladt dépeodail de celle de l'Ile- Verte. C'était aotrafois une commiinderie qui de?alt ^Ire possédée par on chevalier; mais elle se Iroofa lellement endettée dans le xiv* siècle, que le grand-prieur et le chapitre provincial d'Allemagne qui se tint à Heimbach proche Landau, l'an 1399, la donnèrent au commandeur et an couvent de rile-Verte, à condition qu'ils y entretiendraient deux chapelains pour y faire rodlco divin ; ce qui fut CDoflrmé par le ffrand maître Philbcrl de Naillac l'an H17. Le commandeur et le couvent de l'Ile- Verto, après en avoir acquitté les dettes, la firent rebâtir. Elle souffrit beaucoup lorsque la ville fut assiégée par les Suédois , et les rclij^ienx en ont cédé depuis une partie pour faire les nouvelles fortiflcations.
Le commandeur de rile-Verie e4 élu par les religieux de la commanderie. Il se sert d'ornements pontificaux par un privilège qui lui a été accordé par le Pape Clément VU! l'an 1596/et il donne la tonsure et les
auatre mineurs à ses religieux. Il a séance ans les chapitres provinciaux d'Allemagne immédiatement après le grand-prieur; et, lorsqu'il n'y peut aller en personne, le procureur qu'il y députe prend son rang après le dernier chevalier au-dessus des autres chapelains de la province. 11 y a ordinairement neuf chapelains dans la commanderie de rite- Verte avec le commandeur , et deux dans celle de Schélestadt. Ils sont présentement habillés comme les autres chiipelains de l'ordre. Le grand prieur d'Allemagne a droit de visite tous les dix ans dans ces deux commanderies : M. Kebel en est présentement commandeur, et c'est lui qui nous a envoyé les mémoires dont nous nous sommes servis, et qui nous ont été procurés par H. de Corbcron , premier président du conseil d'Alsace.
Voi/ex Giacomo Bosio. Hisi. del Ord. di S, Giovanni GierosoUmitanOf $ecund, edit* Li mime traduite f^nr Baudouin. Juan August. De Funes , Cnronica de la lieligion de Saint-Juan de Jérusalem. Henric. Pentaleo, Hist. MiliL Ord. Joannilamm. Bhod. et Melit. Equit. Girolamo Maruli. YU. de Grand'Maeitri di Malta. Francisco Abela, Descriition di Malta. Jacob Fontanus, De Btllo Rhodio. Matthieu do Goussancourt, Martyrologe de Malte. Naberat, Privilégee octroyée à l'ordre de Malte. Le chevalier Lambert , Recueil des mêmes privilèges. Le commandeur Descluseaux, Aecucr/f des mêmes Privilèges. Gaspar de Monloya, Stabilimenta Militum saeri ord. de Sancto Joanne Jeroso^ lum. De Poogé , Instructions sur les devoirs des Chevaliers de Malle. Favin, Théâtre d'Aonnfur et de chevalerie. Bernard Giustlniani , Itist. Chronolog. de gli Ord. milit. Scboonebcck, Hisi. des Ord. militaires.
Dans le cours du xviii* siècle, l'ordre de Malte figura de plusieurs façons, soit dans les choses religieuses, soit en politique, etc. Nous citerons quelques traits que nous allons indiquer, plutôt que détailler: nous commençons par les démêlés de l'ordre avec l'inquisition.
Ces troubles arrivèrent sooc le grand naUn EaifDond Pérellos, en 1711.
Le tribunal de l'inquisition, introdait d^u rtle de Malte par le pape Grégoire XIU, y fut d'abord souffert e» paii, et la eommi»sioo fut, en premier lira, coîifiée à l'éié^se Quelque temps après, l'inqoisileiir fol oi officier de la cour de Rome, auquel oa s? »it prescrit de ne procéder que conjoinifaKii avec le grand maître, l'évéque, le priearie l'église et le vice-chancelier. On ne prérri pas que les inquisiteurs pourraient daoi U suite se rendre^ pour nous servir des trrmo du Mémoire présenté à Loois XIV, se rendn non^seulemf^t indépendants^ mais inf^ppertablée à une milice formée du sang le plft$ n^ ble du monde chrétien ^ et dont F ordre tsî r^ têtu du caractère de souverain sur *«# $i}tti. L'inquisiteur Delci, qui avait porté ses pntentions jusqu'à demamler que le carrosse di grand maître s'arrêtât à la rencontre dnsifo. ne crut pas devoir souffrir qoe l'in/inMric ér la religion fût plus longtemps exempte de m juridiction. Il faut que nous rappelions ou que nous apprenions au lecteor que rinlirnierie de la religion était le lieu le plus pn* vilégié de l'ordre; le maréchal de l'oinlre Isiméme n'y pouvait entrer sans laisser i li porte son balon de commandanL Ce lieo privilégié et confié à la garde des Cbevalien français les pins zélés pour leur liberté, m reconnaissait d'autre autorité que celle du grand hospitalier. Tout autre, de qoelqw qualité qu il soit, ne peut y entrer saoslair ser à la porte les marques de sa dignité, l^^ officiers de l'inquisition y entrèrent par m-
Srise, le 7 décembre 1711, et commeneèrrit y faire des actes de visite. Le commindeor d*Avernes de Bocage, infirmier, averti de ce: te entreprise, vint promptement s'j op> poser, les fit sortir sur-!e-chatnp, et proles'i de nullité contre tout ce qu'ils avaient p« faire en son absence.
Le grand maître envoya le grand prieur Zondondari en qualité d'ambassadeor de \» religion pour représenter au pape les prttentions de l'inquisiteur qu'ils qualifienldlijttstes. L'infirmier lui-même viol en Fnnt* pour instruire le roi, qui en écrivit vivemeii au pape pour l'engager à désavouer les ettreprises du député romain. L'ioquisiteorisculpé ne parut pas très-affecté de ces nmeurt et de ces plaintes , car dès riBX* suivante, Zondondari, ambassadeur eitn'.'r' dinaire à Rome, renouvela l'expresstoa d« ses griefs contre cet inquisiteur, qui p^rd» patentes accordées à on grand nombre d: Maltais, prétendait les exempter de lobe.»* sance due à leur souverain, chose esqvt nous ne pouvons l'excuser comme dsss ii première.
Pendant le cours de ce siècle, la reft^'*** expression consacrée pour désigner Tordre de Malte, montra son lèle aeconioaiê pot^ le service de la chrétienté et la libératios d^ esclaves. Elle en rendit, à diverses re^iriie». on grand nombre à leurs familles, c«t pissieurs avantages sur les vaisseaux oe les corsaires algériens, cl conclut avec V»mU^
MAL
mople une trêve de vingt ans, basée snr six iriicfes fort avantageux aux Maltais, aux esclaves et à TEgliso.
En 1725, Benoît XIII foutut donner au irand maître et à tout l*ordre de Malte une ^reuve éclatante de son affection. Il dépêcha î Malle un de ses camériers d'bonneur pour présenter au chef de la religion IVjroc et le Mfiqoe bénits solennellement à la tête de Soi*L L*estoc est une épéc d'argent doré, longue trenfiron cinq pieds. Le casque est me espèce de bonnet ac ve'.ours-pourpre, hrodé d'ur, garni d*unc Ggure du S;iint*Iîs- [ ril, en perirs. Ce nubie présent fut reçu comme il te mérilait, et le grand maître y vît un encouragement à la vertu ci à lesprit de ?oo ordre. <*
Quoique lea chevaliers de Malle eussent gardé en général l'esprit de leur ins'ilut, on peut facilement soupçonner qu'il avait été oéanmoins an peu altéré par l'esprit du temps au dernier siècle. On en put voir la preuve dans une circonstance que nous allons mentionner ici. On sait combien l'archevéquo de Paris, M. de Beaumont, eut A souffrir des entreprises de la philosophie, de rirréligiun el du jansénisme L'ordre de Malte lui donna 00 sujet de peine, en secondanti d*une manière indirecte du moinSi une moroerie ou 5iogerie des cérémonies religieuses. Crébillon mourut en 1762: les comédiens français, en dépit de Tarclievéque, qui n'eût point donné raotorisationqu'iK auraient voulue* flrenlcélébrer, le 6 juillet, uu service solennel pour le défont, dans l'église de Saint-Jean de Laifin, i Parisydont le curé n'était point sujet de Tarchevéque, mais sous la juridiction do l'ordre de Malte. Tout Paris s'amusa de cette farce indécente. L'arch(*véque fit des reproches i Tordre de Malte de ce scandale donné dans une église de l'ordre. Il se tint, le jeudi 15 jniliet, un consistoire chez l'ambassadeur de l'ordre ; on y déi Ida que, pour éviter de perdreondroitdontM.de Beaumont faisait des plaintes amères, le curé de Saint-Jean de Latran, onoiquo soustrait à l'ordinaire, par les privilèges de Tordre, recevrait une punilioQ du scandale donné à TEglise de Paris, en commoniquanl avec des histrions, foudroyés loosles buil jours au prône sous le bras ecclésiastique. Bn conséquence ce curé foi condamné à trois mots de séminaire el à deux cents francs d'amende envers les pauvres.
Noos avons dit à Tarlicle des religieux do Saint-Antoine de Viennois {Yoy. AifTOifins, tome l'% iB5), que cet institot* pour éviter la ruine dont il était menacé an dernier siècle, *'ctait réuni canoniqaement à Tordre de Ualtf, en 1775. Celte réunion foi fort blAmée <lsQs l'assemblée du clergé de France, avant qa elle fftl effectuée.
Les chevaliers de Malte abusèrent de leur puissance après cette réunion, endépouillanl l'abbaye cbeMicu de Saint-Antoine. Les Ant'nios virent l'imprudence qnils avaient €<>(naiise, s*en repentirent el se plaignirent,
(t) La croit des frères servanls drames ditfërait ^ «elle (tes Chevaliers; nous en donuernns hi flgure, "<u l*ariicle que notre volume de supplèiueui cuo-
MAL
le 20 juillet 1780, au rirrgéde France alors réuni et qui signa une réclamalion contre la réunion des deux ordres. Plaintes et réclamations, tout fut inutile. L*ordre de Malte ri'sta pauvrement enrichi des quarante-deux maisons données par les Autonins; la révo* lotion vint bientôt tout engloutir.
Dès le commencement du dernier siècle, le nombre des servants d'armes était bien di* minué; il intervint même un décret qui, jusqu'à nouvel ordre, en suspendait la réception. Nous ignorons ti co nouvel ordre fut jamais donné(i).
Au commencement de 1768, les Jésuites furent chassés de Parme. Pinto, grand maître de Malte, était fcudatalre du royaume de Naples. Les cours d'Espagne el de France obligèrent celle des DL*ux-Sicilcs à ponrsui* vre Tinstilut proscrit jusque sur le rocher qui servait de boulevard aux plus célèbres chevalii*rs de la chrétienté. Le lâche el misérable ministre napolitain, Tanucci, s'empressa d'obtempérer. Le 22 avril 1768, le grand maître, sous Tinfluenc** do la peur, rendit uu décret par lequel, cédant aux sollicitations do ministre napolitain, il bannissait de Tile la Compagnie de Jésus. Les Chevaliers en furent, hélas I bientôt bannis eux-mêmes et Feut-^tre pour toujours. Voici en abrégé histoire de leur expulsion due aux mesures in'ques de Buonaparte et à la trahison du dernier grand maître qui ait régné à Malte.
Ce grand maltie, Ferdinand de Hompe^ch, naquit à Dusseldorf, le 9 novembre ilkï^ vint à Malle à Tâge de douze ans, et fui successivement page du grand maître, grandcroix, miu'stre de la cour de Vienne auprès de son ordre, et surcéda, en 1797, au supérieur général de son ordre. 11 fut le premier AIL'mand qu'on eût vu à la tète de Tordre de Halle. Les idées révolutionnaires avaient fait irruption jusque dans celte Ile. Uompesch était l>>in de les approuver, mais la faiblesse de son caractère Tempécha de les éloigner des emplois que la nullité de son prédécesseur leur avait abandonnés. Aussi,, lorsque Buonaparte, en juin 1708, se présenta devant Tlie, ce boulevard de la chrélienlé était dans les mains de Chevaliers parjures, gouvernant au nom du souverain le plus faible qui eût encore porté le barretonc Des complots de trahison, que pariageai^nl les Chevaliers, et surtout le commandeur Rosredon, secrétaire du irésor, amenèrent celuici à se rendre auprès du général Buonapario et à signer pour son ordre une honteuse capitulation. Le grand maître, qui avait tout laissé faire, n*enl plus qu'à se soumettre. Quelques jours après celle capitulation, Buo* naparte, se promenant autour des remparts de la Valette • en admirait la construction et la force, c 11 faut ronvenir, lai dit un de ses aides de camp, que nous avons été bien heureux qu'il se soit trouvé du monde dans cette ville pour nous en ouvrir les ourles. • On ne peut se Igurer quelle bassesse le grand
sac ers sui Chevaliers de Malte dans iror éui acioal, aiuài que la flgure de ta bauuière de l'ordre.
gss
mCTIONNAlUE DES ORDRES RELIGIEUX.
maître destitué mit à écrire cl à témoigner 9.1 soumission et mémo sa reconnaissance au citoyen Buonaparte. Tout fut inutile, le vainqueor fit disparaître tous les insignes de l'or- Are; le gran<t maître partit et mourut mal* heureux rn 1803. Halte, aujourd'hui soumise aux Anglais, doit sa chute à Buonaparti*. L'ordre ne fut pas éteint par celle défection. Voici la liste chronologique de ses grands maîtres.
1. Gérard (le bienheureux), natif de Martigues, en Provence, directeur de I*h6pilal riabli à Jérusalem, après la conquclo de cotte ville par Godefroi de Bouillon, en lODD, rsl regardé communénient comme le premier grand maître do Tordre des Hospitaliers aujourd'hui nommé ordre de Malle; il meurt en 1118.
2. Brocard-Roger, omis dans rhi&loirede Malte, meurt en 1131.
3. Raymond-du-Puy, ou Dclpuech, crudu Uauphiné, meurt en 1160.