‹ Dictionnaire ... de la BibleChapitre 86 sur 118 · HAD · texte numérisé non relu

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oonnléres suivent les mêmes conf^tilalions, iii onl élé dressées par l'ordre du pape Urm Vllh

Ce fui Tan 1618 que cet ordre prit oaisancei Paris, par le moyen du R. P. Athaasellolé, capucin, Trère de M. Mole, proureur général du parlement; d'un riche marchand de vin de cette fille nommé de luiilryt ci de M. du Fresne* ofGcier dans a garles du corps do roi, qui tous trois, iiimci du léle de la gloire de Dieu et du sa* il du prochain, s'employaient continuelle* m\{ à la conversion des pécheurs et des bééiiqaes, et au soulagement des pauvres et es malades. Ce fut donc Tan 1618 que ces ersonnes charitables ayant retiré quelques lies do vice où elles s'étaient plongées par eut prostitution, on leur loua d'abord des hanibres au faubourg Saint-Honoré ; mais e lieu ne se trouvant pas propre pour la reraite qu'elles embrassaient^ le sieur de loiilry leur céda sa propre maison située à aCroix-Rooge, au faubourg Saint-Germain, l en loua une autre pour lui à celé, pre* laot soin de ces pauvres créatures, tant »oor la nourriture que pour les secours spi* tturis qu'il leur procurait; ei en peu de eoips elles se trouvèrent jusqu'au nombre « vingt. Les Bénédictins de l'abbaye de taint-Germain des Prés leur permirent d'àoir une chapelle chei elles. La première nesse y fut célébrée le 25 août de la même louèe 1618, et peu de temps après elles emirissèreni la clôture, ne parlant aux per* oonrs du dehors qu'à travers une grille à a manière dos religieuses, et ne sortant m\{ de leur maison. Deui ans après, saint 'raoço s de S «les, évoque de Genève, ayant tréclié dans leur chapelle le jour de sainte ladeleine, donna à quelques-unes de 0**8 tiles un hat'it religieux; et, Ciimme le nombre de ces filles augmentait considérablement, aies transféra dans une maison plus ample focbe le Temple* La marquise de llai{<Dca; se déclara fondatrice de cette nouvelle naisoo, et cette communauté ayant été soidemeot établie, comme les personnes qu'on

recevait avaient plus besoin d'ôire con- Qties elies-mèmes que de conduire les aures, n'ayant ni l'expérience ni les qualités e({uiies,un leur donna, pour avoir soin d'ul- Mfdes religieuses de l'ordre do la Visitation e iNutre-Dame. Il y en eut quatre du pra- )ier uionaslère de Paris, qui furent destines pour cela. Elles entrèrent l'an 1629 lam celui de la Madeleine, et remplirent les remières charges, commode prieure, sousrieure, portière, lourière ; et de temps en ^mp$ on les changeait pour les soulager du fàrnï travail qui se rencontrait daus la onduiie de ces Repenties, dont quelques* mes 5 étaient malgré elles et par auto* Uè de justice. La conduite de ces religieu* es de la Visitation a élé accompagnée « tant de bénédiction, qu'elles onl éta* »l< on très-bon ordre daus cette €ommu« («nté, qui est ordinairement de cent ou ^lU f ingt personnes. Mais enfin elles se ^iit Ia»»ée8 de ces o.i upaliiins, et elles ont

mieux Aimé rester dans leurs monastères. Les religieuses Drsulines leur out succédé, et n'ont pas fait moins de fruit pendant environ trente ans qu'elles ont eu la direetioa et la conduite de ce monastère; et enfin de-

[>uis quelques années M. le cardinal de Noailes, archevêque de Paris, a mis à la place des Ursulines des religieuses hospitalières de l'ordre de la Miséricorde de Jésus. Les constitutions que l'on observe dans ce mo» nastère furent dressées l'an 1637 et approuvées par Jean-François de Gondy, archevêque de Paris, le 7 juillet 1640, suivant le pouvoir qu'il en avait reçu du papeUr* bain VIII, qui érigea cette maison en monastère, et elle en a prodoit deux autres» l'une à Bordeaux, l'autre A Rouen.

Conformément à ces constitutions, l'on no doit recevoir dans les maisons de cet institut que des filles ou femmes qui ont mené une vie déréglée ; et il est défendu sur peine d'excommunication d'en admettre d'antres.

Si néanmoins quelque fille se trouvait en danger de se perdre, on ne laisse pas de là recevoir, étant présentée par ses parents, quoiqu'elle n'ait pas encore fait faute, mais elle ne peut demeurer que pour un temps dans le monastère parmi les religieuses professes. A

Trois sortes de congrégations se trouvent dans ces sortes de monastères. La première, sous le titre de la congrégation de la Madeleine, est destinée pour celles qui sont admises à faire les vœux solennels, après qu'elles s'en sont rendues dignes par leur bonne conduite. La seconde congrégation, sous le titre de Sainte«Marthe, est de celles que l'ou ne juge pas encore capables d'être religieuses, ou qui, pour quelques considérations, comme de mariage , ne peuvent prélen»

dre à faire les vœux solennels. Enfin ia troi« f^ième congrégation, sous le titre de Saint- Lazare, est destinée pour celles qui ne sont noilemeul disposées au bien : et toutes ces diOérentes cimgrégations ont leur quartier séparé; nous allons «oir maintenant quels sont leurs exercices et observances.

La clôture est étroitement gtrdée, et les sorties interdites aux professes de la première et de la seconde congrégation ( sinon au cas permis), sur peine d'excommunica* tion; mais aux autres du troisième rang, sur peine de châtiment exemplaire. Klles no parlent point seules aux personnes du dehors, et jamais à personnes suspectes ou qu'elles auraient connues dans la pratique du mal ; elles ne vont point aussi au parloir pendant l'aveni, le carême et certains autres jours marqués dans les constitutions.

Celles du premier rang se lèvent en tout Icmp4 à cinq heures, font une heure d'oraison mentale chaque jour, demi-heure le matin et autant après compiles ; elles récitent tous les jours le petit ofiice de la Vierge, rt le grand office de l'Eglise A certains jours de l'année. Elles font trois jours de retraite spirituelle avant la fête de la Madeleine, autant avant celles de Pâques, de la Pentecôte et do Nocl| et un jour avant celles de TAssomption

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DICTlONNAIRl!; DES ORDRKS RELIGlEOl

«I de la Porification de Notre-Dame, de saint Aiigostin et de sainte Marthe. Ootre les jf unes commandés par l'Eglise, elles jeûnent encore ravent et tous les ? endredis de l'année« excepté depuis PAqaes jasqo'A la Pentecôte. Elles font abstinrnce tous les mer* credie, A moins qo*!! n'arrive an jeûne dans la semaine, hors le vendredi et le samedi. Tous les vendredis elles prennent la disciplincy et tous les mercredis pendant Ta vent et le carême, et les veilles des fêtes de sainte -Madeleine et de saint Augustin, et ces deux jours, aussi bien que celui du vendredi saint, elles n'ont qu'un mets d*berbes on de légumes au dîner; on ne leur donne aussi ces jours-IA à la collation que du pain, et elles mangent à terre ces trois jours*fà. Après avoir quitté la congrégation de Sainte-Marthe, elles font deux années de noviciat dans celle-ci, après lesquelies elles font leur pro* Cession solennelle en prononçant lourd vœux selon cette formule.

Au nom de ia tris'iainU Trinité^ Pire^ Fils el Saint-Esprit^ el en l'honneur de ta glorieuse Vierge Marie et de sainte Madeleine^ mot, scmr AT., devant toute la cour céleste et à la face de notre mire sainte Ealise^ épome de Jésuê^hrist^ voue et promets à Dieu obéiS'sance^ pauvreté et chasteté entre vos majiif, mon R. P. commis et député supérieur de cette maison^ par Monseigneur l\llustrissime et révérendissime N.; en présence de vous, ma révérende Mire prieure, selon la règle de saini Augustin et les constitutions de cette maison 4t monastère de Sainte*Marie»Madeteine ^ 4onnées et approuvées par R, P. en Dieu M. Jean François de Gondy^ premier arche^ vtquede Paris ^ el de l* autorité du Saint-Père le pape Urbain YllU suivant lesquelles je m^oblige d'aider, recetoir et retenir en cette snaison, les filles et femmes de la qualité et condition portée par lesdites constitutions, ce que je garderai moyennant ta grâce de Motre" Seigneur juequ'à la mort»

Après qu'elles out prononcé leurs vœux et reçu le voile noir, elles se prosternent par terre, on les couvre d'un drap mortuaire; Ton récite les prières des morts avec Forai soit. Absolve, quœsumus: laquelle étant finie, les sœurs jettent de l'eau bénite sur les profc^fses; et, lorsqu'elles sont relevées, on leur met une couronne d*épinrssur la tète. Je liasse sous silence tous les autres exercices oui leur sont communs avec les religieuses des autres ordres, ci plu.^icurs autres qui leur sont parlîculiiTs et de peu de conséquence. L'on remarquera seulement que leur (pauvreté est très-rigoureuse et leur obéissance très-exacte. Leur habillement consiste en une robe el scapulatrc de couleur minime , serrée d*unc corde blanche, et leur guimpe est pareille à celle des religieuses de la Visitation; au chxur et dans les cérémonies elles ue se servent point de manteau (1).

Quant aux sœurs de la congrégation de Sainte-Hartlie , elles se lèvent eu tout temps à cinq heures et demie. A six heures elles

(I) Y^., k U lin du vol., Il* S*Û2.

vont au lieu destiné pour Etire leurs priim. où elles demeurent envirott trois qoani d'heure , tant pour faire les exercices 4% matin que pour l'oraison mentale et recilrr leurs prières accoutumées, étant ot^igecid^ dire sur peine de péché le petit office de h Vierge, et celles qui ne savent lire, reriin nombre de Pater et d'Ave; et les jours ^h celles du premier rang disent le graodst* fice, outre l'olflce de la Vierge, relles-o sosi obligées de réciter encore au tiers du ronire, comme aussi, lorsque les autres disest le grand office des morts , el lorsqu'on ne dii qu'un Nocturne , elles ne disent que trois diiaines. Au sortir des prières elles vontrt* cevoir l'obéissance de leur Mère maîtresse » qui leur ordonne ce i quui elles doirtoi s oceuper tout le jour. Bllesdlneati la mtnt heure que celles du premier rang, mais dai un réfectoire séparé , demeurant aussi din an quartier séparé, comme nous avens d>L Elles font les mêmes abstinences de Tiaod/, mais elles ne jeûnent que trois fois U se maine pendant l'avent, et les autres Ir^h jours elles n'ont qu'un mets au souper. comme aussi les vendredis depuis Piqsr jusqu'à La saint Michel. Quant aux vendredi) depuis la fête de saint Michel jasqu*è PiqsB. elles jeûnent, mais la supérieure leur dM4 accoraer aisément la dispense desjedodei des abstinences. A cinq heures nu quia clin quittent leurs ouvrages pour aller faire iV raison mentale pendant une derai-besn.

après laquelle elles vont aa réiectoire peur souper; la récréation dure jasqn'an preourr coup de maiines, que commence le grssd hlence qui dure jusqu'au lendemain. Pci-diii les maiines des sœurs du premier rso{.

celles-ci se tiennent dans la chambre datrtvail, où leur maltresse lit oa lait lire ^vd^ bon livre, et elles travaillent jusqu'ss J* Deum, qu'elles vont au cbœar pour dire kt' office et foire leur examen, après lequel diu se retirent pour être aussitôt coocbees ^u les sœurs du premier rang.

Elles ne font que des vœux simplet, em| avant que de les avoir faits, elles sool un affermies dans la vertu et se trouvesl re* chercbéi'S en mariage par quelque penesit exempte de tout soupçon, le supérieure* a

Mère prieure y peuvent consentir, et wéaa fournir quelque cho»e pour la dot, if m maison a reçu quelque cliose pour cet fU| S'il se trouve aussi quelque dtmequ't veuille prendre à sou service et s'io clyrsrr, on la lui peu tdooner, pourvu qu'elle ait qs.:4 set mauvaises habitudes au mal. Lear ^ billeiueut est semblable i relui des relip«| ses du premier rang, sinon qu'elles i*)'! point de scapulaire, et qu'elles oe fet\M qu'un voile blaoc.

11 / a aussi des règlements pour eeUt* ti la cougrégation de bainl-Lazare , dettu»«* pour les filles il femmes que l'oo rcsltf*' malgré elles , et où l'on met pour oa UM cellea du second rang qui ont bit des Iv^> considérables ou donné quelque aus^^

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eiaaple , afia d'y faire la pénitence qui leur est enjointe , suit pour y être renrerméei durant cf rlain temps, soit pour y faire quelques autte^ mortiOcations proportioaiièes à leurs fautes» Comme celles qui sont dans cpile coDgrégalion ne sont pas portées au bien, aussi ces règlements ne sont pas exaeleruent observés; on leur fait faire néanmoins, auianl qu'il est possible, les mêmes ctercicos qa*â celles du second rang qui n*ont point fait de vœut , comme sont les femmes mariées et autres, soit pour les prières, soit pour les ouvrages. Si elles ne sont point loumises, on les renferme plos étroileinenti on les prive de vin^ on leur retranche leur pitance et on leur ordonne quelque autre mortiflcation; ce qui se doit entendre decelltt^s i|ui sont mises dans ce monastère contre leur gré: car, pour celles que Ton y envoiedu second rang,ellesont pour règlement la forme de la pénitence qui leur est imposée; et, au cas que par obstination elles témoignent d*y TAQioir toujours demeurer et de ne plus re« loumer à leur congrégation, après s*étre servi de tous autres moyens , on les traite en sorte qu'elles reconnaissent leur aveuglement et qu'elles demandent dVn sortir.

Sitôt que celles que l*on a menées do dehors contre leur gré témoignent véritablement vouloir embrasser le bien, on leur donne pour on lemps plos de liberté pour les éprouver et les reconnaître, et, voyant qu'elles n*en abusent pas et qu'elles témoignent par leur conduite vouloir persévérer dans le bien, on les fait passor au second rang; mais f:énéraleroent on les tient toutes renfermées, plus ou moins, selon les dispositions qu'elles font paraître, et selon qu'elles se rendent |ilus ou m'iins dignes de quelque grâce , et celles qui s en rendent digues mangent au petit réfectoire avec les sœurs qui les gouvernent. Klles se lèvent et se couchent a pani.Ie heum que celles du second ranff, et elles ont les mêmes prières et les mêmes exercices.

Voyez les Constitutions de cet ordre; la Vie de M. Vincent de Paul par lU. Abelly^ et Il relation de ta naissance et progris du mo^ nastfre des Madelonnetlts , imprimée à Paris in mO.

11 est surprenant que le P. Hélyot n'ait pas . donné dans son admirable ouvrage un cha- ' piire sur les religieuses de la Miséricorde de Jésus^ car ces hospitalières ne lui étaient pas inconnues, puisqu'il les mentionne ci*dessus comme ayant dirigé pendant quelque temps la maison des Uadeionnettes. Cet oubli ne peut être que l'effet d'une erreur de rédaclion, ou une suite des influences qu'aura subies cette rédaction après la mort d'Hélyol. Quoi qu'il en soit, nous donnerons dans le Supplément un article Irès-étando sur cette congrégation importante.

Lesbospiialièresde la Miséricorde de Jésus ne conduisirent pas longtemps la maison des Uadeionnettes de Paris. U était difDciie qu*une coniniunaoté coooposée comme l'était celle de la Madeleine souffrit en paix l'administration d'un inalilQt étranger, et laissât quelque agré-

ment haoMiia aux religieaies cbargées de la conduire.

En l'année 1730, le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, devant changer les su«périeures qui gouvernaient les filles pénitentes de la Madeleine, s'adressa aux supérieures de plusieurs malsons de Paris, pour ob« tenir cinq des meilleurs sujets pour répondre à ses vues. Le cardinal reçut partout un refus ; et comme il s'en entretenait avec Tabbé Vivant, chancelier de Notre-Dame et supérieur de la Madeleine, en présence de l'abbé de Robieu et de Tabbé de Caumartin, qui était alors évêque nommé de Blois, ces ecr. ésiastiques apprirent au cardinal qu'il y avait dans TEglise des religieuses destinées, par un quatrième vœu , à travailler à l'instruc^ tiou et A la conversion des filles et femmes pénitentes, et qu'ils en connaissaient un A Vannes, en Bretagne, qui faisait de grands fruits. Le cardinal les pria de lui procurer cinq ou six religieuses de celte communauté pour gouverner la maison de la Madeleine, qui avait été jusc^u'alors conduite par des religieuses de différents ordres. Les menas-» tères de Vannes, de Renues, de Tours, refusèrent successivement. Ce dernier indiqua le monastère de Guingamp, au diocèse de Tré* guier. Le cardinal , ami do l'évêque de Tré* guicr, ne douta plus qu'il obtiendrait là l'effet de ses désirs. Il Toblint; mais le*» reli-» f;ieases, répugnant à cette obédience, no 'acceptèrent qu'à la condition qu'elles feraient un établissement à Pari^, établissement qui fut la maison de Saint-Michel, dont nous parlerons dans un article prochain. Les religieuses destinées à diriger les Madelonneltes arrivèrent au nombre de cinq cho* ristes et une converse, le 30 avril 1720 au soir, et furent aussitôt installées à la Madeleine, où le souper qu'on leur servit leur fit pressentir tout ce qu'elles auraient â souffrir dans cette maison. Leurs prévisions ne furent pas trompées; mais elles y mirent du zèle et y firent beaucoup de bien. Un grand avantage qu'elles en retirèrent fut leur établissement à Paris, où une communauté se forma, rue des Postes. Celles qui étaient à la Madeleine y persévérèrent pendant quatorze années. Au bout de ce temps, victimes des persécutions et des calomnies dont elles étaient Tobjet, elles se virent noircies près de Mgr de Vintimille, archevêque de Paris, qui reconnut bientôi pourtant ce qu'il y avait do faux dans les dénonciations du grand vicaire supérieur de cette maison (l'abbé Robinet) et du confesseur des Pénitentes, et surtout de celles-ci. Mais les amies des religieuses de Notre-Dame de Charité |car c'était cet ordre, fondé par le P. Eudes, a Caen, dans le xvii* siècle, qui avait été appelé de Guingamp) firent connaître la chose au procureur géueral,qui manda l'abbé Robinet et lui reprocha l'injustice des procédés dont on avait usé envers les religieuses. Celles-ci profitèrent do cette occasion pour demander leur sortie de celte maison ; elles l'obtiureut, et elles allèrent rejoindre leurs sœurs au monastère do Saint-Michel, rue des Postes« Uue des causea

DICTIONNAIRE DES ORDRES REUCIEUX

qoi «iMoaieiU tant de désagrémenU aux re« ligieases ffou? ernant les religieaset Péniten» tentes élaU la négligence qu'avaient apportée les VisUandines à garder une rente importante destinée aux religieuses gardienneSy et qu'elles a raient laissé confondre aree le bien des religieuses Pénitentes.

Ao bout de neuf ans, Mgr de Vlnttmille manda chet lui deux religieuses de Saint- Michel* les pria de l'aider à réparer un péché mortel qu'il avait, disait-il en sonriant, commis il j avait neuf ans, en étant trop crédule (il est bien à désirer que les supé^ rieurs ne le soient ni trop, ni trop tôt) et en les laissant partir de la Madeleine, où il voulait qu'elles rentrassent, il Ajouta que depuis qu'elles en étaient sortiest il avait donné aux religieuses Pénitentes deux gouvernements; que le premier n'avait pu durer que trois ans, et qu'il y en avait six que M. Chauvelin y était, et qu'il en était fort mécontent. Luimême reconduisit , en compagnie de plusieurs ecclésiastiques, les dames de Saint- Michel aux Madelonnettes, le 23 juin 171^3^, et le cortège arriva à la rue des Fontaines à quatre heures après midi. Les fliles de la maison, qui s'étaient flattées que Mgr venait pour les mettre en possession do leur propre gouveinement, n*ayant point ouï dire qu on leur en donnerait d*autre , s'empressèrent d'ouvrir la porte. Mais quelle surprise quand elles virent les dames de Saint-Michel ! Elles se révoltèrent toutes et avec un ton qui engagea l'archevêque à se fâcher et à les menacer de les envoyer en des maisons de pénitence. Il se rendit au chœur, où il les fil appeler toutes. Quelques-unes des plus violentes élevèrent la voix et s*écrièrent qu'elles protestaient contre Monseigneur. Le prélat, reprenant son air de douceur, leur dit : Mais que voulez-vuus que je vous fasse? Elles répondirent avec arrogance qu'elles ne voulaient pas les Mèrts blanches (les dames de Saint-Michel sont vêtues de blanc et suivent la règle de saint Augustin]. Mais, leur dil-il, je vous en ai donné de noires : qu'en nvcz- Toos fait ? Aujourd'hui je veux jouer au blanc avec vous. Mais, ajoutèrent-elles, nous ne vbulons pas les religieuses de Saint-Michel. Eh bien I reprit le prélat, je tous donnerai des sœurs grises. Ahl Monseigneur, dirent-elles, nous sommes religieuses. Que vpulez^vous donc, dit-il? Nous aimerions mieux, reprirent-elles, perdre quatre mille cinq cents livres de rente en faveur de THôtel- Dieu, et nous gouverner nous-mêmes. Le prélat répondit qu'il n'aimait point A perdre, mais à gagner. Voyant leur révolte continuer, il partit, plaignant les religieuses qu'il amenaii, et priant la supétieure de lui faire savoir le lendemain les suites de cette journée.

L'abbé Renault, 1. ur supérieur, resta, et la supérieure l'obligea à faire l'installation

1)rescrile par la règle, cérémonie qu'il vouait différer de deux ou trois jours , et le Te Dium fut chanté au chapitre. Les religieuses Pénitentes ne voulurent point faire le fcu de Saint» Jean, selon Thabitude do tcmps^ ni al-

ler à matines. La supérieure obtint re peist de la règle et même l'exécution de l'antre rf création d'usage, A laquelle on chanta coan* A Tordioaire.

On dit aux religieuses arrivantes qu'os se les attendait pas; qu'il n'y avait H^n de prêt pour elles, pas même des lits. Celles-ci répondirent qu'elles allaient volontiers coochn sur des chaires. Mais tout se calma, el ki principales vinrent trouver les religîeofeiH leur dire que tout était arrangé et qo*dlff n'auraient pas d'autre goovemcmeot ^n celui des religieuses de Saint-Mirhel; qa'riles voyaient bien qne c'était la volooié 4e Dieu, puisqu'elles s'étaient épuisées i faire dire des messes et A faire prier Dieo disi toutes les commonaotés de Paris pour qo'Hles n'eussent pas les Mères blanches. Os liU se trouvèrent tout neufs. Les rMgituitt è/oi* cAes y sont en effet restées jusqu'A la dissolution de la communauté.

A ce qu'a dit le P. Hélyot, nous ajooterosi quelques mots. Après les Vi^llandines,»

1671 la direction de la Madeleine fut coofrt A des Bénédiclines de rabbayedeBiial.n Normandie, qui ne la gardèrent qoe cinq ans, et la quittèrent le 31 mars l<i7i. Lrt Ursulines, qui gouvernèrent après elles, (srcnt celles de la maison de Sainte-Aroit (pendant trente atts),jusqu*au 18 juillet 1707, puis celles de Saint-Denis en France, ^n s'en allèrent au bout de trois ans. Les xé^ gieuses de la Miséricorde de Jésus denmrrrent dix ans, et s'en allèrent le S mai 17iO, pour faire place aux religieuses de Nol^^ Dame de Cbarité,dont nous venons de parier.

L'église du couvent était sous l'iovocatioB de la sainte Vierge et avait été dédiée le 1 septembre 1685. En 1647, on avait constrtit dans cette maison une chapelle semblables celle de Notre-Dame de Lorette, et soos le même titre. Ce monastère était dans la crcslve du prieuré de Saint-Martin des Champs, et payait, outre la redevance annuelle, cest sous A chaque mutation de prieur de Saioc- Martin des Champs, que les rdigiesiei avaient choisi pour Itur homm» titwi ^ mourant. La maison des Madelonnettes sert aujourd'hui de prison.

Annales manuicriUs de la maiton de Saint- Michel de Paris^ communiquées par iieàami la supérieure de ee monastère. Toô/ea».- '< Paris f par M. de Saint-Vicior^ Some \h la^-

MAITRE (RioLB Du).Foy. Césaibi (>aisT' MALBRBA. Voyez JAbomb ( Ebuitbs se Saint-}, § II.

MALTE (Obobb m).

i L Origine des Hospilalier$ de Fûrértéf

Saint^Jean de Jérusalem, appelés iass '«

euite chevaliers de Rhodes , ei présaUem^

chevaliers de Malte»

L'ordre des Hospitaliers de Saint-Jeas ée Jérusalem a été très-laible dans ses commencements. Environ l'an 1048, des lUf' chauds de la ville d'Amalfl au royaume k Naples qui trafiquaient en Syrie et lisitsi*'*' ordinuiremeut les saints lieux de Jérusa*(»<

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sonhaitèreni d'avoir ane église où Ton p6i célébrer l'office divin selon le rite de TEglIse romaioe , parce que lea églises des autres rhrélieos j étaient desservies tant par les jrees que par les diBérentes sectes qai sont ineoredans le Levant. Ils acquireni par leur idresse ei lears présents la faveur de Ko* nensor de Moostesaph , qui était poor lors ralife d'Egypte^quI leor permit de bâtir une ^lise dans la ville de Jérusalem, au quartier les chrétiens, devant le temple de la Résor^ 'ection. Ils la dédièrent en l'honneur de la lainte Vierge» et y fondèrent un n;onastère le religieux de l'or iro de Saint*fienoU, qui orent soin de recevoir les pèlerins. Cette ftisefut appelée Sainte-Mat ie de la Latine, •onr la distingoer des autres églises où l'on le suivait pas le rite latin.

Comme le nombre des pèlerins augmenta ans la suite, et que le plus souvent ils n'ar- ÎTsient A Jérusalem qu'accablés de misères tde maladies, tant pour tes mauvais iraiements qu'ils avaient reçus des infidèles lie par les fatigues d'un long et pénible ^J^t^t on M lit encore près de Téglise de aime-Marie de lu Latine un hôpital poor

recevoir les hommes , tant sains que mnidcs , sous la direction d'un maître ou receur qui devait être à la nomination de abbé de Sainte-Marie , et on y fonda une hapelle en rhonneur de saint Jean-Baptiste. In certain Gérard, surnommé Tom, natif do Ile de Marti goes en Provence, fut le pre* lier qui en eut la direction; et, quelques nnées après , Godefroi d» Bouillon, ayant ris la ville de Jérusalem le 15 juillet 1099 , m si édifié de la charité que l'on exerçait ans rhôpiial do Sainte- Marie de la Latine, u*il loi donna quelques domaines qu'il avait n France. D'autres personnes ayant imité e prince dans ses libéralités, et les reve- 01 de TbApital augmentant, Gérard, qui en vait l'administration, jugea à propos, con- Mntement avec les frères hospitaliers, de se èparer de l'abbé et des religieux du monasàre de Sainte-Marie de la Latine, et de faire ne congrégation à part sous la protection t en l'honneur de saint Jean-Baptiste : ce ui fut cause qu'on \ti appela depuis Hospiiliers ou Frères de Thôpital de Saint-Jeair de èmsalem. Gérard obtint du pape Pascal il I confirmation des donations qui avaient été tites à cet hôpital, par une bulle de l'an 113, par laquelle ce pontife mit aussi sous I protection du saint-siége le même hôpital, t ordonna qu'après la mort de Gérard les ecteurs seraient élus pur les frères hospi- Iliers.

Gérard décéda Tan 1118. Son corps fut raasporié dans la suite en Provence, et mis àn$ la chapelle do bourg de Mauosqoe, oui fttuneconimandeiie de l'ordre. 11 y a des ttteurs qui ont dit qu'il eut pour successeur a nomosé Boyant Roger, A cause qu'il en st fait mention dans ono donation de l'an liO que et A cet ordre Olton, comte de Abroxie, où il déclare avoir fait ce Roger ouveriteur de l'hôpital de Saint-Jean de èmsalem. Mais le commandeur Marnli*

dans les Vies des grands mahres de cet or-dre, prétend que Pon ne doit pascoucluro de là que ce Roger ait été recteur ou préfet de l'hôpital, qui sont des litres qui appartiennent à un supérieur plutôt que celui do gouverneur , et qu'il se peut (aire qu'il ail été établi gouverneur de l'hôpital en l'absence de Raymond du Poy, qui succéda â Gérard , d'autant plus qu'il n'y a aucun ti4re dans la chancellerie de Tordre où il soit parlé de ce frère Roger en qualité de supérieur ou de maître.

Ce fut donc Raymond du Puy, natif de Dauphiné, qui succéda i Gérard et qui prit le premier la qualité de maître. Jusque-la les Hospitaliers n'avaient eu aucune règlf par écrit ; Gérard s'était contenté d'inspirer à ses frères des senlimunls d'humilité et de cli^rite; miis Raymond du Puy leur donna une règle par laqu' Ile il les obligea de faire les trois vœuK solennels, de pauvreté, de chas* teté et d'obéissance. Il leur défendit d'aller seuls par les villes et bourgades, mais ils devaient être deux ou trois ensemble. Les prêtres et les laïques , allant chercher les aumônes pour les pauvres, devaient demander rhospitalité, se contenter de co qu'on leur donnait et ne rien acheter. S*ils ne trouvaient personne qui les reçût par charité, ih pouvaient pour lors acheter quelque chose pour vivre, mais ils devaient se contenter d'un seul mets. Si quelque frère avait commis le péché de la chair, si la faute avait été cachée, il devait recevoir la pénitence eu secret; mais si la faute avait été publique • le dimanche après ta messe, lorsque le peuple était sorti de Téglise, l'on dép<iuillait In coupable en présence de tous les frères, lo maître le fouettait rudement avec des verges * ou avec des courroies, et on le chassait de l'ordre. Ils ne devaient point manger do viande les mercredis et les samedis , et depuis la Septuagésime jusqu'à PAques. Si un des frères, étant en danger de mort, était trouvé propriétaire et avoir de l'argent, s'il revenait en santé on lut attachait son argent au cou, il devait être fouetté rudement par un des fières, faire pénitence pendant quarante jours, et jeûner au pain et à l'eau lea mercredis et les vendredis. Si un frère avait eu différend avec un autre,et que les plainte» en eussent été portées au procureur de la maison , le coupable devait jeûner pendant sept jours, et manger à terre au pain ei à l'eau, sans nappe ni serviette, le mercredi et le vendredi. S*ii avait frappé, il devait faire la même pénitence pendant quarante jours. S'il était sorti sans pet mission du maître, U devaitmangeràterrependantquaraote jours.

Le mercredi et le vendredi il jeûnait au pain et i l'eau, et devait être dans un lieu séparé autant de temps qu'il avait été deliors , à moins que le chapitre ne diminuAt le temps de sa pénitence. Après la mort de quelque frère, les antres, à la première messe que l'on disait pour ledéfunt, devaient offrir un cierge avec un écu, qui était distribué ans pauvres avec tes habits du défunt. Chaque prêtns devait dire nue meue» lea clecca la Psautier,

DICTiONNAlRE DES ORDRES RELIGIEUX.

ftt les laYqoes !50 Pater. Voilà e% que contîeiii en sabsUtice la règle que Raymoad un Puj prescrîTtt, par laquelle il ordonna en* core que (oos les frères porteraient des croix sur leurs babils et sur leurs manteaux.

Celte règle fut pr<»rotèrement approu?ée par le pape Calixto II, l'an lliO, et» si on en veut croire quelques historiens, elle l'avait déjà été par son prédécesseur, Gélase 11, l'an 1118; elle fnt conflrmée par Honorius II, Innocent II, Eugène III, Lucios III, Clé* uicul in, Innocent III, Boniface VIII et pluaieurs aulres souverains pontifes. Comme Raymond du Puy araitmis dans cette règle diiïérentas choses f irées de celle de saint Augustin, c'est ce qui fait que l'on a toujours mis l'ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem au nombre de ceux qui suivent la règle de saint Augustin.

Ce premier grand maître, voyant que les revenus de l'hôpital de Jérusalem turpas* saieni do beaucoup ce qui était nécessaire pour l'entretien des pauvres pèlerins et des malades, crut qu*il ne pouvait pas mieux faire que d'employer co surplus a la guerre que l'on faisait en terre sainte contre les infidèles. Il s'offrit avec ses Hospitaliers au roi de Jérusalem pour combattre contre ces infidèles. Il n'y avait eu parmi ces Hospilaliers que des clercs et des laïques ; mais il les sépara en trois classes : la première fut des nobles, qu'il destina à la profession des armes pour la défense de la loi et pour la protection des pèlerins ; la seconde fut des prêtres ou chapelains pour faire le service divin dans l'église conventuelle, et la troisième des frères servants qui n'étaient pas nobles, et qui furent aussi destinés à la profession des armes. L'on introduisit après dans cet ordre la manière de recevoir les chevaliers avec les cérémonies qui t'observent encore à présent, et que nous décrirons dans le paragraphe suivant. Cela fut approuvé l'an 1130 par «le pape Innocent II, qui ordonna que ces chevaliers auraient pour étendard A la guerre une croix blanche pleine en champ de gueules, qui sont présentement les armes de cet ordre. Quoiqu'il eût été ainsi érigé en ordre militaire et de chevalerie, les Hospitaliers néanmoins retinrent toujours leur nom* et on ne leur donna celui de Chevaliers que lorsqu'ils eurent conquis l'Ile de Rhodes : pour lors on les appela les Chevaliers de Rhodes, et enfin Chevalien de JUalte, après que celte dernière lie leur t&t été donnée par l'empereur Charles V. Cependant leur véritable nom est celui de Chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, et leur grand maître dans ses litres prend celui de maître de Thôpiiai de Saintiean do Jérusalem et gardien des pauvres de Notre-Seigneur Jésus-Christ.

La première preuve de valeur que ces Hospitaliers donnèrent fut lorsque le calife (i'£gypte vint attaquer, l'an 1 1 18, Baudouin 11, roi de Jérusalem. Ils allèrent A son secours ayant A leurléte leur grand niaitre Raymond du Puy, qui le garantit aussi des embûches

(I) Guillel.Tyr., IImi. BeUi ê0m, lib. xviii, cs^ 3

que lui avait dressées GassI, priace laïc, dont les troupes furent taillées an piècts. Le même Baudouin, par le moyen des Boipitaliers, mit aussi en fuite, l'an llii, Ool* deikwin, roi de Damas. Les sièges de T)r et d*Assa lurent longtemps soutenus par lesr valeur ; et, ayant encore été appelés par Baudouin, qui était en guerre avec le roi 4e Damas, ils atlaquèreot co dernier A Magishr, le défirent et remportèrent une illustre iictoire l'an 1126.

Le grand maître reçiitt l'an 1133, de Foulques d'Anjou, la ville de Bersabée pour récompense de ses services à la défenss et celte m^me place, et les revenus en devaieil être appliqués au profit de l'ordre. Alpiios* se l'^ roi d'Aragon, étant mort sans eatiaii, laissa ses Etats aux Hospitaliers, anxTeispliers et aux Chevaliers du Saiiit-Sépoltre; c'est ce qui obligea Raymond do Puy debin un voyage en Bspa^ne muni de proeoralios de ses religieux et de ceux des Templiers et du Saint-Sépulcre; mais â son arri»é^ il trouva que le comte de Barcelone s*élai( emparé d'une partie des Etats «l'Alphooie* et le roi de Castille de l'autre ; e'est poorquoi, ne se voyant pas en état de soalcsir une guerre contre ces princes, il fit no second avec le comte de Barcelone le 16 septembre lUO, par lequel il céda à ce printt toutes les prétentions que son ordre pouvait avoir dans la succession d'Alphonse, i coédition que si le comte de Barcelone nioami sans enfants, ses Etats appartiendraiest a l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem , et qse C(*t ordre aurait à Saragosse, à HueKa, a Barbastro, à Daroia, à Calatayad, et dans toutes les places que l'on pourrait conqa^ rir sur les Maures, deux vassaux exempta 4( la juridiction royale, qui seraient seuleaieot obiigés d'aller à la âuerre contre les lias* res, avec le prieur de l'ordre, qui y (eraii pour lors sa résidence. Les Chevaliers 4a Temple et du Saint-Sépulcre firent no pareil accord du consentement de Foulques d*ABjou, ce qui fut dans la suite confirmé par li pape Adrien IV. Raymond du Puj retoanu ensuite à Jérusalem, où il aida Baudooio ili à recouvrer la Vallée de Moïse» A délitiez les chrétiens de Mésopotamie du joug àt^ infidèles, et à faire le siège d*Ascalon. ii considération de ces services, leroidoaaaa l'ordie plusieurs terres et possessions. Le

(»ape Anastase IV. imitant ses prédéces»<sr^. ui accorda aussi beaucoup de privilège» par une bulle du 21 octobre 115^.

Le patriarche de Jérusalem et les aoirci évéques de la Palestine ne purent soaffrtr que cet ordre fût sous Irait de leur joridittion ; qu'en un temps d'interdit, les Hospiuliers fissent célébrer publiquement roUkv ditin et sonner leurs cloche», et qull fuSKSi exempb de payer les dîmes. Ces prélat* s*opposaient en toutes choses aux Ho^p.taliers , et ces dilTérendsallèrent si avant, qu'ss eut recours aux armes et qu'on en viol aoi voies de fait. Guillaume de Tyr(l) dît mes < avoir vu plusieurs paquets de flèches 4u'«a

atssq.

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av«i( tnêisées de celles que les Hospitaliers afaieet tirées sor les prélets, el que l'on avsil allachées de? anl le lieu oà Jéstis-GbrtsI aîaitétécrociaé: c*es(ce qui fait que cel htltorien, prenant le paria d4*s évdques, dé* cianie Ibrl eonire les Hospitaliers. Le pape Aaastase étant mort Tan 1155. et Adrien J V lui ajant succédé, le patriarche de Jérusalem, accompagné de quelques éréquos, vint troofer ce pontife pour lui faire des plaintes des Hospitaliers et le prier de révoquer les privilèges qui lenr avaientété accordés ; mais ils ne purent rien obtenir, et s'en re^ toaroèrenl en Orient fort mécontents de la eonr de Rome. Cependant les Hospitaliers De perdaient aucune occasion de combattre contre les infidèles. Le suHan Nuradin ayant assiégé la grotte de Seutie, celle place se défendit tigoureosement, jusqu'à ce que les chrétiens ayanl assemblé leurs troupes» dont le grand maître Raymond commandait l'avaut-garde» ils obligèrent les infidèles de lever le siège» ce qui arriva Tan 1157. Ce fut la dernière expédition oà se trouva ce premier

Îrarid maître de l'ordre de Saint-Jean de érusalem» qui mourut l'an 1160» après avoir gouverné cet ordre pendant k2 ans.

Nons ne rapporterons point toutes les notions de ces braves Hospitaliers, sous chaque grand maître» dans les différentes guerres où ils se sont trouvés en s'unissanl aux autres puissances chréiiennes, tantôt à la France» tentât i TEspagne et è la république de Venise» poisqu elles sont en tropf^rand nombre» et que cela nous conduirait trop ioin;noos nous contenterons déparier de ce qui regarde plus particulièremcut cet or« dre. Après que les chrétiens eurent perdu la viiie de Jérusalem» qui fut prise Tan 1187 par Saiadin, cuiife d*Bgypte» qui quelques juurs auparavant s'était aussi emparé de l^tolémaïde ou Acre, belle et Oorissante ville» l'.mengard Darps, dixième grand maître des Huspiuliers, transféra son couvent et TbApitai dans ta forteresse de Margat en Pbénicie, qui leur appartenait, et qu'ils perdirent l'an 1283. Us y demeurèrent quatre ans, jusqu'à ce que la ville de PlolémaYde étant reloornée en la puissance des chréiîens l'an 129;{» après un siège de trois ans» le grand oialUe y transféra de nouveau son couvent ei rbèpîtal.

Comme cette ville était presque la seule qui rt*stait aux chrétiens dans la Palestine» elle devint commune à toutes les nations diiïéreutes qui avaient eu part dans les croi- *sdes» et qui y avaient chacune leur quartier, ou elles étaient indépendantes les unes des autres. Ainsi elle était habitée par le roi de Jérusalem et de Chypre» le roi de Naples et de Sicile» et le roi d'Arménie» le prince d'Antioche» le comte de JafTa, le patriarche de Jérusalem» les Chevaliers du Saint-Sépulcre, le légat du pape» le comte de Tripoli» le prince de Galilée» les Templiers» les Hospitaliers» les Chevaliers Teulouiques et de ^sioi-Laiare, les Vénitiens» les Génois» les iNsans, les Florentins» le prince de Tarente et le duc d'Athènes. 11 était impossible que

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tant de souverains dans une même ville, indépendants les uns desautres, pussents*ae-* corder: aussi formaient-ils autant de partis différents, qui la plupart du temps étaient armés les uns contre les antres. Mais ce qui augmenta la division forent les prétentions que Charles d'Anjou, roi do Naples et de Sicile» et Hugues 111, roi de Chypre, avaient sur le royaume de Jérosaîem. Chacun des princes qui demeuraient à PlolémaYde ayant pria parti pour l'un des prél4*ndants. le Soudan d*Egypte Elsis, snrnommé Melec-Messor» voulut profiter de ces divisions, et, jugeant bien que celle qui était aussi en Europe entre les princes chrétiens les empêcherait de passer en Orient» il résolu! de chasser les chrétiens de la Syrie. 11 mit sur pied une armé<> de soixante mille chevaux» et de cent soixante mille hommes d'infanterie; mais» sortant d'Egypte, il fui empoisonné par un de ses émirs : ce qui n'empêcha pas l'exécution de son entreprise; car ses troupes ayant proclamé après sa mort pour Soudan son fils Eli, sous le nom de Melec-Séraph» ce prince voulut poursuivre le dessein de son père» qui Tavait con* juré en mourant de ne le point faire enterrer avant quo d'avoir pris PtolémaYdeet en avoir chassé tons les chrétiens. 11 assiégea cette ville le 5 avril de l'an 1291, et la battit si vigoureusement» qu'elle fut emportée d'assaut le 18 mai.

Après la perte de cette ville, les Ho«pUa- Uers, avec leur grand mattre, qui était pour lors Jean de Villiers, se retireront dans l'Ile de Chypre» où le roi Henri de Lusignan leur donna pour retraite la villï de Liniisson» dans laquelle ils deuieurèreni environ dtxhult ans, jusqu'à ce quMIs se fussent rendus maîtres de l'Ile de Rhodes. Foulques de Villaret» ayant été élu grand maître en 1908, prit la résolution de transférer la demeure des Hospitaliers hors du royaume de Chypre» à cause que le roi avait quelque ombrage d'eux ; et, afin d'être plus à portée de combattre contre les infidèles, il jeta les yeux sur nie de Rhodes, pour lors occupée par les Sarrasins» qui y avaient été appelés par la noblesse du pays, qui s*était révoltée contre Andronique, empereur d'Orient » son souverain , à qui cette ville appartenait* Foulqu4*s do Villaret alla trouver ce prince à Couslantiuople, qui lui accorda l'investi-i ture de l'Ile de Rhodes pour lui et pour son ordre» en cas qu'il pût s'en rendre maître. Il passa ensuite en France» où il obtint du pape Clément Y» qui était à Avignon, la confirmalion de la donation de cette Ile. 11 lui donna même les moyens et les forces pour l'aider à exécuter cette entreprise, et lui accorda pour toujours le droit de nomiaation i l'archevêché de Rhodes.

Ce grand maître exécuta si heureuse^ ment son dessein » qu'il se rendit maître de ceUe lie le 15 d^aoât 1309. Il y en a qui prétendent qu'il joignit le stratagème à la bravoure, et que quelques Chevaliers» en marchant sur les pieds et les mains couverts de peaux de muatoas au milieu

DICTIOiNNAlUE DES ORDRES RELIGIEUX.

d'un trottpeaoy étaient rnirés dans la fille de Rhodes A la faveur d'un brouillard, s'étaient saisis dune por(e, dont ils avalenl tué les gardes, et avaient donné lien par ce moyen à l'armée chrélienne d'y entrer. Quoi qu'il en soit, ces Hospitaliers prirent le nom de Chevaliers de Rhodes après la prise de cette tlo, qui les rendit maîtres quelque temps après de sept autres lies voisines.

Les Turcs, indignés de cette perte et voulant s'en venger, vinrent l'année suivante pour repreoiire celle Ile ; et, comme les brèches de la ville n'étaient pas encore réparées, ces infidèles, profitant de cette occasion, l'assiégèrent avec une puissante armée l'an 1310. Hais Amédée V, comte de Savoie, surnommé le Grand, vint au secours des Chevaliers avec une autre armée, el obligea les Turcs de lever le siège et de faire uue retraite honteuse. Plusieurs écrivains ont avancé qu'en mémoire de cette victoire , le comte de Savoie prit pour sa devise ces quatre lettres F. E. R. T., auxquelles ils ont donné celte explication, Fortiludo eju$ Rhodum tenuU^ et que dans ses armes il changea l'aigle de Savoie en ia croix de la religion de Saint-Jean de Jérusalem, qui est d'argent en champ do gneules. Mais cetle histoire n'est qu'une fable; car Louis de Savoie, baron de Vaux, qui mourut l'an 1301,

rortait cette devise dans sa monnaie; el on voit encore aujourd'hui en l'église ca- Uiédrale d'ÀousIe, sur la sépulture de Thomas de Savoie, H* du nom, comte de Manrieune et de Piémont , père d'Amédée le Grand, un chien aux pieds de ce prince, qui a un collier où est ce mot FERT, en caractères gothiques, sans ponctuation ni séparation. Pour la crois, les prédécesseurs d'Amédée le Grand l'ont portée aussi au lien de l'aigle, ou en qualité de comtes de Piémont, dont les armes sont une croix ; ou à Timi* latlon d'Amédée III, comte de Savoie, qui se croisa l'an 1U7, et qui garda la croix au retour de la Palestine pour marque de son espédition d'outre^mer. Amédée le Grand la portail lui-même dès l'an 13M, ainsi qu'il parait dans un traité que fit ce prince avec Etienne de Coligiiy, seigneur d'Andelot, dont le P. Bouhours de la compagnie de Jésus , dans son Histoire du Grand MalIred'Aubos- •on, dit avoir vu l'original scellé du sceau des armes de ce prince.

Ce fut aussi sius le gouvernement du même crand maître de Viltaret que se fit l'union de tordre de Sainl*Samson de Constantino* pie et de Corintho, et de tous les biens qui loi appartenaient, à celui de Saint4ean de Jérusalem, ce qui se fit du consentement du grand maître et des frères de Tordre de Saint- Samson, qui étaient aussi Hospitaliers, et avaient des maisons à Conslantinople et i Corinlhe. L'on ne sait point le temps de l'insiitution de ces Hospitaliers, il y a néanmoins d(^ l'apparence que ce fut sous le pontificat d'Innocent 111, qui, l'an 1208(1), les mit sous la protection du saint-siége et approuva les

statuts de cet insittot, qoi «valeal élé drcsiés par Benoit, cardinal de Saiaio-Saianne, légat à Constanlinople ; el Tan ISll ce pspt confirma la donation qui leur avait été Caiis par l'empereur Henri du chAtean de Garclk. et la possession de tons lee autres Mens qci leur appartenaient. L'union de cos Ho»piialiersavcc ceux de Saint-lean delérosaleBifst aussi confirmée par une bulle de Clémeat V du 8 aoât 1308, et, quatre ans «prés, le même pape unit encore i l'ordre de Saiit- Jean de Jérus<nlem celui des Templiers, ^m fut aboli dans le concile général do Vienne, dont l'ouverture se fit l'an 131 1.

Ces avantages enflèrent le césar do grs«4 maître de Viliaret, qui, ayant voula gooverner l'ordre d*nne manière despotiqse, seres* dit odieux aux Chevaliers, qui vouioreot m saisir de sa personne ; mats il se retira dsss le château de Lindo, où ils rassiégèreoL lli tinrent ensuite un chapitre , ils y citèreat la grand maître pour j venir rendr» compte de sa conduite ; mais il ne voulut pas s'y troa^ ver, et 11 en appela au pape : c'eut pourqaoi on le déposa , et on élut à sa place Mannce de Pagnac. Le pape envoya à Rbodes étt commissaires pour informer de ce différend, et fit venir à Rome les deux grands raaktres, après avoir nommé pour vicaire cénérsl et Tordre Gérard de Pins, chevalier d'une grasde expérience.

Les infidèles voulurent profiter de cci bronilleries , et armèrent l'an 1321 quatrevingts vaisseaux de guerre pour assiéfer Rhâes; mais le vicaire général ne jugea pu à propos d'attendre ^ennemi. Il fil armer es diligence quatre galères el quelques vsisseaux, qu'il envoya avec six galères génoîfci

Îoi se trouvaient dans le port de Rhodes seavant de l'armée ennemie. Les Chevalien, nonobstant leur peiit nombre , aitaqoèrest les infidèleset remportèrent la vicloire,aysat coulé à fond presque tous leurs vaissesai. Sur ces entrefaites, Maurice de Pagnac étsst mort. Foulques de Viltaret fut réUbli daa* sa dignité par le pape Clément V, et dest ans après il s'en démit entre les niaiai tie Jean XXII, qui avait succédé à Clément

L'Ile de Rbodes ayant été de nouveau menacée par les infidèles , le grand maître Asloine Flavian fit fortifier toutes les places, H les ennemis, en ayant été avertis, abandoo* nèrent leur dessein ; mais l'an ll4i, soss le grand maître Jean de Lastic , le Soudan d'Egypte assiégea Rhodes avec une armée 4e dix'huit nulle hommes, el, après plusieon assauts qui furent donnés par les infiiièl««i généreusement soutenus par les Chevaliert pendant cinq années de suite, ils furent ces* traints de lever le siège.

Mahomet II, empereur des Turcs* trst que la fortune lui serait plus favoraUs. U mit le siège devant Rhodes l'an lUO «v^ une armée de cent mille combattants el cM soixante voiles. La ville fut balloe parsfue canons d'une grosseur extraordinairey qv ^ rèrent des boulets proportionnés à cette grsr

(I) Epiil. Iimocau. lib. xi, cp. 125; ci lib. xiu, c|». ITi

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lêor, dont trdîs mille cinq cents porlèreiH Miilre les morailles, sans compter on nom«tire inflni de pièces de baiteries plos peiîlos; Il j eut en plusieurs assauts 9000 Turcs ués et 15,000 blessés; et enfin, par la faleur lo grand maître d'Aubasson et de ses Cbe* raiien, les Tares foreni aussi obligés de se ttirer.

Après la mort de Mabomrt II» ses deux en* sois Bajaielet Ziiime^ ne se pouvant accorler sur le partage de Teropiro ottoman, se irenlla guerre l'on à l'autre* Ziiime, comme e plos faible, cédant A la force» se mit sous .1 protection du grand maître de Rhodes et le son ordre, et arriva à Rhodes le âfc juile( 1482, où il fut reçu comme roi, ce qui ibliicea Bajaiet lie faire la paix avec Tordre, t de se rendre comme son tributaire , en lui rayant tons les ans trente-cinq mille ducats loor la nourriture et l'entretien de son frère, ( dix mille ducats en particulier au grand tiaiire pour le dédommager en quelque fa* on des dépenses excessires que la dernière verre l'avait obligé de faire.

Zizime s'imagina que son frère ne faisait I paii que pour avoir une occasion favoraile de le perdre; que quand le commerce se* ait libre entre les Rhodiens et les Turcs , il aurait tous les jours A craindre pour sa peronne, et que les Grecs renégats, accoutumés ui trahisons et aux meurtres, ne ménage» aient rien pour servir utilement Bajaiet. ^aos cei pensées il demanda au grand maître aller trourer le roi de France, comme ceai qa*il connaissait le plus capable de le pro- &ger contre la tyrannie de son frère. Sa de- Daode lui fat accordée ; il partit de Rhodes b1^' septembre, accompagné de plusieurs Ibevaliers qui furent nommés par le grand naître pour lui sor?ir d'escorte ; mais, étant irrivé en France, il fut reçu asseï froidement du roi Charles Vlll, ou parce que les rançais ne roulaient point se brouiller avec I Porte, ou parce qu'ils craignaient qu*une éception honorable ne fût une espèce d'enagemeut pour l'enlretien de ce prince. Ainsi demeura fort peu de temps à la cour, et les bevaliers le conduisirent dan» la couimaneriede Boorgneuf, sur les cooflns du Poitou l de la Marche, où les grands prieurs d'Auergne faisaient leur demeure.

Matbias, roi de Hongrie; Ferdmand, roi eCaslille et d'Aragon, qui l'était aus»i de icile ; et Ferdinand, roi de Naples, firent )tt$ trois dans la suite d'instantes prières au rand maître pour avoir Zizime eu leur dis- DfitioD. Il ne leur accorda pas ce qu'ils décodaient, mais il leur promit que , tandis tt*il aurait le sultan entre ses mains , il emécberait le Grand-Seigneur de rien entrerendre sur leurs Etats. Bajaiet compta ce rfus comme un service signalé , et se sentit 1 obligé au grand maître, que par reconaitsanee il lui envoya, l'an ihhk^ la main roite de saint Jean-Baptisie, qu'il fit nielire ans une petite cassette de buis de ryprès, ?vé(ne au dedans d'un beau retours cra- |otsi, et enrichie au dehors d'une infinité de ierreries. 11 l'cnvoja par l'un de ses favoris

UAL

arec une lettre dont rinsrription était en ces termes : Bajaxet^ roi de VA$ie^ empereur de$ empereun^ au trèi^eage et trii^illusire grand maître de Rhodee^ Pitrre d'Aubueson , prince tri$»génértux et pire d^un trèi'^lorieux eai* pire.

Après la mort de Sitte IV . le cardinal Cybo, Génois, ori<?inaire de Rhode^i, où même son père était né, fut élofé au souverain pontificat sous le nom d'Innocent Vlll. Ce pape accorda plusieurs grâces et privilèges aux Chevaliers de Rhodes, et entre autres il renonça au droit que ses prédécesseurs aralent de pourvoir A plusieurs bénéfices de la religion de Rhodes. Il y renonça par une bulle consistoriale , signée de tous les cardinaux assemblés, étant an saint^siége le pouvoir de conférer jamais aucune commanderie de l'ordre, qoaud même le bénélice viendrait à raquer en cour de Rome, et déclarant par la même bulle que la disposition de toutes les commanderies appartenait entièrement an grand maître, sans qu'elles pussent être corn* prises sous les bénéfices que les papes s'étaient réservés ou pourraient so réserver dans la suite, et il honora le grand maUrn d'Aubusson du chapeau de cardinal « avec la qualité de légat du saint-siége en Asie, en considération des services signalés que tes Chevaliers de Rhodes avaient rendus à l'Eglise, et de ce que le grand maître lui avait accordé le prince Ziiime.

11 y avait longtemps que ce pontif» l'en sollicitait. Ferdinand, roi de Naples, lui avait demandé de nouveau ce prince, et même le Soudan d'Egypte le demandait aussi. Mais lo grand maître se crut obligé de Taccorder plutôt au pape, auquel il devait obéir comme an chef de son ordre, d'autant plus que ce pon^ tife avait commencé A parler en mettre. Il envoya donc à Rome le bailli de fa Morée et le vice^chancelier de Tordre, avec un ample pouvoir pour terminer celte affaire. Les ambassadeurs étant arrivés, et ayant eu audience du pape, ils consentirent à la translation de Ziiime, pourvu que le rof de Franco ne s'v opposât point, et que les Chevaliers de Rhodes demeurassent toujours auptès du sultan. Charles Vlll, qui avait besoin du pape pour la conquête du royaume de Naples, donna les mains A tout ce que voulut 8.1 i^aintelé, et le pape accorda sans peine aux ambassadeurs ce qu'ils demandaient.

Le commaudeur de Blanchefort, auquel le grand maître avait confié la personne de Zizime, et qui en son absence avait été élu maréchal de Tordre et grand prieur d'Aquitaine, fit partir ce prince de la commanderie de Bourgneuf suivant les lettres du grand mallre, et Zizime arriva é Rome an mois do mars 1489, où il fut reçu avec tous les honneurs dus à une personne de son rang.

Dès Tan 11^85, Innocent Vlll avait supprimé les ordres militaires du Saint -Sépulcre et de Saint-Laiare de Jérusalem , et il ava t uni les biens qui en dépendaient A Tordre de Saint-Jean de Jérusalem, ce qui fut confirmé dans la suite par le pape Jules II, Tan 16(15 ; mais cette suppreasiutt et celte union n'eu-

mi

D1CTI0NNAIRR DES ORDRES RELIGIEUX.

rent polnl de liou en France, comme nous afonn remarqué ailleors. Innocent mourut Van l&02y et eut pour successeur Rodrigue Borgia, qui prit le nom d'Alexandre VI. Il ava t élé protecleur de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem é'anl cardinal. Après son élec« tion au souverain poutlicat, il témoigna « par un bref qu'il envoya au grand maître, avoir toujours de bons âentimenis pour les Chevaliers de Rhodes ; mais les eiïets ne répitndirent pas aux paroles. Aleiandre corn* mença presque son pon iGcat par se rendre maître de la personne du prince Ziiime, contr» lo traité qui avait é é fait entre Inno* cent VIII et les Chevaliers. Il Ot enfermer le sultan dans le château Saint-Ange, et ôtanl d'auprès de lui les Chevaliers qui y avaient toujours été , il le conGa à ses neveui, dont Tun était Chevalier de Rhodes, sous prétexte qu'une vie aussi précieuse que celle de ce prince serait moini eiposée aux embûches de ses ennemis dans une place forte. Zizime demeura ainsi enfermé jusqu'à ce que Charles VIII, qui avait entrepris la conquête du royaume do Naples , et qui voulait porter aussi ses armes jusque dans le JLevant, demanda en passant à Rome le sultan Zizime» que le pape lut accorda ; mais ce ne fut pas sans soupçon d'avoir livré à Charles VIII ce prince ottoman empoisonné, car, peu de jours après, ce prince se sentit frappé d'un mal inconnu, qui l'emporta en fort peu de temps. Ccsi ainsi que ce prince malheureui finit sa vie, 1 an i^U5.

Bajazet et ses sujets n'avaient osé rien entreprendre contre les chrétiens du vivant de Zizime; mais après sa mort plusieurs infidèles qui habitaient les côtes de la Lycie les plus voisines de Rhodes pillèrent quelques lies qui appartenaient aux Chevaliers de Rhodes. Ils tirent même des courses dans la Carie et allèrent bnivrr les Chevaliers jus«qu'aux portes du château Saint-Pierre. Le grand maître d'Aubusson Gt armer contre ces pirates. On en prit quelques-uns qui farent punis du dernier supplice ; mais les désordres ne laissant pas de continuer, il en fit ses plaintes â la Porte, et il en reçut satisfaction de Bajazet , qui ne voulait pas pour lors se brouiller ouvertement avec les Chevaliers. Quelque temps après, sur les nouvelles que l'on eut â Rhodes que ce prince levait une puissante armée, le grand maître se tint sur ses gardes et arma de son côté. Il demanda du secours à plusieurs princes.

Louis XII, roi de France, lui envoya vingtdeus gros navires, et l'on ne douta point que l'armée navale ottomane n'allât attaquer Rhodes , lorsque, ayant passé le détroit de Gallipolii elle prit sa roule de ce côlé-Ià ; mais ce n'était qu'une feinte de la part des Infidèles, qui en voulaient aux Vénitiens, et dans le temps que iear armée navale passa le détroit, le Grand-Seigneur entra avec une puissante armée dans la Romanie, et une partie de sa cavalerie alla ravager la Dalma» lie. C'est ce qui donna lieu â la ligue que firent les princes chrétiens contre les Turcs l'an 1501» et dont le grand maître d'Aubus-

son fut déclaré chef et général, e« plein

sistoire, par le pape Alexandre VL Mais 1rs

fausses démarches que firent quelques capi*

taines des troupes liguées firent bientôt èvs»

nouir les espérances éeê grands avaett^ct

que l'on s'était proposés de celte ligee.

Louis XII, roi de France , et Ferdinand, roi

deCastille, qui avaient fait alliance entre en

contre Frédéric, roi de Naples» qo'fls avalest

dépouillé de ses Etats, et qui les nTaienI pa^

tagés entre eux, ne voulurent plot avoir dr

concurrent : chacun Tonlnt posséder tn«t

enlier le royaume de Naples , et cet prince»

se firent une guerre sanglante qui reapU

l'Italie de confusion et d'horreur. Le pape,

au lieu de travailler à l'accommodement tfe

ces princes , favorisait onvertemeul le parts

d*Espagne, et ne songeait qn'i l'afrandH^e-

ment de César de Borgia, duc de Valenliaois,

son fils, qu'il aimait passionnéoienL C'est

pourquoi les Vénitiens, qui ne recevaient

point les secours qni leur avaient été pronis

de France et d'Bspagne , firent la pais ê^tr

les Turcs sans consulter les Chevaliers ie

Rhodes, et Ladislas , roi de Hongrie, snivit

bient6l leur exemple. Le grand maître d'A«-

busson fut pénétré de douleur en appretsst

ces nouvelles ; et, pour comble d^nfÉMcUon. ri

apprit en même temps que le pnpe cotlènit

les commanderies de l'ordre à det persetses

séculières, et qu'il avait promis le prieoréé^

Castille à don Henri de Tolède » sans avsir

égard ni au privilège accordé par Inneeett

VIII , ni à la qualité de généralissime de U

ligue, qu'il lui avait lui-même donnée. La

rupture de la liane et le procédé dn pape je>

tèrent le çrand maître dans une mélancBlie

qui l'abattit peu à peu, et qui lui causa esia

une maladie dont il mourut au umms de jais

1S03, étant âgé de plus de quatt e-vîngis sm;

il y en avait viiigt«sept qu'il gonvertni

l'ordre.

Aiméric d'Amboise, grand prieor de Vns* ce, frère du grand cardinal Georges d'inboise, archevêque de Rouen et ministre d'Etat sous Louis XII, roi de France ; de Jea» d^Amboise , évéqoe de Limoges ; de Losi» d'Amboise, éféque d*Albi;de Pierre d'Anboise , évéque de Poitiers , et de Jacqsfi d'Amboise, évéque de Ciermoot et abbé àt Cluny , succéda au grand maître d'AaH«* son. Il signala son gouvernement par la Mtaille qu'il gagna contre le Soudan d'Egy^'^ proche du port de Laiasso dans la Cars»>nie, sur les confins de la Syrie, ?crs lios«v Négro. Les Egyptiens , dont rarmée éuii composée, furent presque tous défaits, « I* neveu du Soudan y fut tué. Le grand mèUn ordonna que tous les ans, la veille de U sa* tivité de saint Jean-Baptisie, en méaMtt^ cette bataille , on prépareraîl une cdlstios au grand maître et aux baillis sous U it^^ qui couvrait la poupe du navire on s^sri combattu le neveu du soodso. Il noorst le 13 novembre 1512, et eut pour sncoesK«f Guy de Blanchefort , grand prieur d'A4«|| taine, neveu du grand maître d*Attbossoa.li fut élu quoique absent, étant pour lurs f Franci*» et mourut un an apcèa» le 13 tsf en*

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rel513,en allant à Hhodet pour prendre ostfisioii de sa dignité. Il arrira dans cet iiervalle noe chose assez remarquable : les befs dert langues se plaignirent au conseil e ce qoe le défunt gr.iuii maître d'Amboise vail fait meltre trois flcori de lis de marbre or la porte qu'il avait fait bAtir au boule^ ard proche son palais, ce qui semblait donrr à la couronne de France quelque supé* iorité sur la religion, et ils demandèrent a'elli'S fussent ôtées. Les Français souieaieot qa elles y devaient demeurer. Eufln, près plusieurs contestaiions , les fleurs de s furent portées par ordre du conieil sur I moraille du quartier des Français* et il jt permis an& autres langues d*eo faire au* ml des armes de leur prince*

Fabrice de Caretto, chef de la langue d*U ilie et amiral de Tordre , succéda & Guy de ilaachefort. Il reçut Tan 1513 nue ambas^ ade du sophi de Perse, avec lequel il Ot li« oe contre Sélim 1"', empereur des Turcs, /année suivante II conclut la paix avec le endand*Bgypte, et fit les préparatifs nécessaies pour réMster au dessein du Grand*Sei«nenr, qui semblait vouloir assiéger Rhodes. I demanda da secours aui princes chrétiens. .e pape Léon X lui envoya trois galères lien armées, et François 1*% roi de France, ix«sept val^seaut. Sélim étant mort,Gaielle, ;ooverneur de Syrie, se révolta contre Soli- Dsn 11, qui avait succédé à Sélim. Il assemlia nne armée et demanda de rarlillerie au ;raud maître, qui lui en envoya; mais Fartée de Gazflle fut défaite, et il mourut dans e combat.

Le grand maître de Careito mourut aussi, e 10 janvier 1521, et on élut à sa place Fbiippe de Villiers de Tlle-Adam^de la langue le France, p »nr lors grand hospitalier et itnbassadeur de la religion auprès du roi de 'Vaiice. Un des premiers soins de ce grand naître fut d'ajouter encore de nouvelles forifications à Ktiodes pour soutenir le siège lunt celle ville était menacée. Elle le fut en ;fffl queli|ae temps anrès; mais les Chevalers ne furent pas si neurent dans ce siét^a |a*i.s ravaitfiit été dans les précédents. Solinan n'ignorait pas que le grand maître de ^retto avait envoyé de Tartillerie à Gazelle, lonqu'il se révolta contre lui, et* ne pouvant luulirir qu'après avoir subjugué la Syrie, une l»Hlte place tenue par une poignée do gens ^ui résistAt au milieu de ses Btais , il résolut le la forcer. 11 l'attaqua l'an 152*2 avec une irmée composée de trois cent mille combatlanls , deui cent quatre-vingts voiles et une prodigieuse artillerie. Peut-être que les Turcs luraieni encore été contraints de lever le liège, pour peu que les Chevaliers eussent Mé secourus, et s'ils n'avaient point été tral>is par André d'Amaral, Portugais, prieur de Camille et chancelier de l'ordre , qui, ne le pouvant consoler de n'avoir pas été grand nralire à la dernière élection , jeta dans le camp de Soliman une lettre attachée à une floche, par laquelle M TavertissaU qu'il ne pouvait prendre la ville que par un certain endroit faible qu'il lui indiquait, à quoi il lui

serait aisé do réussir en comblant les fossés de ce c6té-là avec la terre d'une montagne qui en était proche. La trahison d'Amaral fut découverte, et il eut la tére tranchée le 80 octobre; mais les Turcs, sur divers atis qu'ils avaient reçus de lui, pressèrent telle* ment la place, qu'elle ne fut plus en état de se défendre. Le grand maître de Villiern de rile-Adam la rendit à Soliman le 2^ décembre, après que l'ordre eut possédé cette ville pendant 213 années, depuis l'an 1309 jusqu'à la fin de ce siège» où les Turcs perdirent cent mille hommes.

Après cette perte, lo grand maître, avec cinquante bâtiments qui portaient les Chevaliers et plusieurs habitants, partit de Rhodes le 1*' Janvier 1523, et alla du côté de Candie, où il prit terre; et, ayant donné avis de son' arrivée au général de l'armée des Vénitiens, il fut invité d'aller à Castro, où il fut reçu avec beaucoup d'honneur. Il passa de Ih à Messine, d'on II alla à Rome trouver le pape Adrien VI, qui lui fit une réception magnifique, et ce pontife étant mort peu de jours après, on donna au grand maître et à ses Chevaliers la garde du conclave. H prit cependant Cimseil des ambassadeurs des princes el de ses Chevaliers sur le lieu où l'ordre pourrait établir sa résidence. Comme il ne voulait point de place en terre ferme, l'Ile de Malle, à cause de ses beaux ports et de sa si« tuation sur les côtes d'Afrique, lui parut à sa bienséance. Il envoya vers l'empereur Charles V le prieur de Casttlie, le bailli de Sainte-Euphémie et le commandeur Bosio, pour lui en faire la demande et lui représen* ter qu'il acquerrait par ce moyen l'honneur d'avoir préservé l'orore de sa perte et de sa ruine entière, d'en être le principal protecteur, et de l'avoir comme fondé de nouveau. Ils étaient aussi chargés de lui demander Sa* ra^ouse en Sicile pour y demeurer pendant les trois ou quatre ans que l'on bfttirait à Malte des logements et les fortiflcations nécessaires.

Pendant qoe les députés du grand maître négociaient cette allai re, le cardinal Jules do Médicis, Chevalier do Rhodes et grand prieur de Capoue, fut élu pape sous le nom de Clément Vil. Il accorda aux Chevaliers de Rhodes la ville de Viterbe pour leur de-* meure^ el le grand maître et son coovent y allèrent faire leur résidence. Les Chevaliers qui avaient été envoyés vers l'empereur rapportèrent que ce prince voulait bien accorder nie de Malle à l'ordre , mais à certaines conditions qui parurent trop onéreuses : c'est pourquoi le grand mettre voulut temporiser jusqu'en l'an 1530, qu'il accepta avec ses Chevaliers la donation que l'empereur leur fit de cette Ile, de Gase et de TrîpoK, pour les posséder en toute propriété et souveraineté, el le tenir en Uef, à la charge d'on faucon payable tous les ans, le jour de la Toussaint, au vice-roi de Naples, ei que Tévéché de Malte ser<iit à la nomination de Sa Majesté Impériale et de ses successeurs air royaume de Naples. Le grand maître de l'Ile* Adam et ses Chevaliers arriTèrent & Malte

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

pour dernière rclraile le 96 octobre ISSO, où le» Chevaliers de Rhodes ont toujours resté josqo'i présent, ayant été appelés depuis ce temps-IA Chevaliers de Malte.

Cepcudauty l'an 1547, sous le gouvernement du grand maître Jean de Homèdes, Ton proposa dans on chapitre d'établir la résidence de Tordre à Tripolii à cause que Tou serait plus à portée de s*élendre en Barbarie, suivant les intentions du grand maître de riie-Adam : Malte éiant d'ailleurs un lieu malsain, spécialement en été, et fort stérile, au lieu que Tripoli était dans un lieu agréable et fertile. Mais Ton y trouva tant de difficultés, que l'on abandonna ce dessein, et l'ordre ne posséda cette place que jusqu'en l'an 1556, que , sous le gouvernement du même grand maître de Homèdes, Soliman 11 s'en rendit encore maître, y ayant envoyé une armée commandée par Sinam bâcha*

Ce prince, ne se croyant pas assez dédomniagê^ par la prise de cette place et de Tlle de Rhodes, des perles que les galères et les vaissicaux de l'ordre causaient tous les jours à ses sujets en leur enlevant plusieurs bâtiments, et avant pris même tout récemment un gros galion qui appartenait au capigi ou chef du sérail, sur lequel les sultanes avaient des eiïels dont elles faisaient de grosses plaintes, il résolut d*assiéger Malte, espérant qu'il serait plus heureus dans cette expédition qu'il ne l'avait été douze ou treize ans auparavant, lorsqu'il avait voulu tenter la même chose, y ayi.nt envoyé une armée sous la conduite de Sinam hacha, qui fut obligea de se n tirer. Ce fut donc l'an 1565, vers le milieu du mois de mai , que toute l'armée ottomane se trouva à Navarin composée de cent cinquante*huit galères, onze grands navires, et douze autres bAtiments, avec plus de cent mille combattants. La ville de Malte fut puissamment attaquée pendant quatre mois, c^t encore plus vaillamment défendue par le grand maître Jean de la Valette Parisot et par ses Chevaliers. Les infidèles y perdirent plus de vingt mille hommes, et après avoir tiré inutilement plus de soixanle-dixhuU mille coups de canons, ils forent enfin eontraiuts de se retirer.

Le pape Pie IV écrivit an grand maître un bref pour le féliciter sur la délivrance de Malte, et lui offrit même an chapeau de cardinal, qu'il refusa. L'empereur d'Allemagne lui envoya une épée et un poignard â gardes d'or émaillées et enrichies de pierreries. Tous les ans, en actionde grâces de cette victoire, on fait à Malte une procession solennelle le jour de U nativité de la suinte Vierge» qui fut le jour de la levée du siège. Le grand maître s'y trouve à la tète do tous les Chevaliers, ayant à sa droite un Chevalier qui porte l'étendard de la religion, et i sa gauche un page qui porte cette épée nue. Lorsqu'on commence l'évangile, le grand maitre la prend des mains du page et la tient toute droite pendant le temps de l'évangile. C*e»t U seule occasion où 1 on tieul l'èpée nue A

l'église : il n'y a que le seul grand maître y» le fait , et c'est une erreur populaire ^ croire que quand les Chevaliers de Malle es* tendent la messe en cérémonie dans ont église de leur ordre, ils tironent Tépée sur pendant l'évangile et A l'élévatioo dn coqs de Jésus-Christ après la consécration, p<iir faire voir la disposition où ils sont de cmh battre pour la défense de la foi (1).

Comme, après la levée du siège de Maltf, les Turci menaçaient d'y retourner avec et plus grandes forces. Ton fortiOa la tille et rite ; et l'an 1S66 le grand maitre de U Vs* iette posa la première pierre de la Cité, qui porte encore son nom. Plus de huit nulb ouvriers y furent employés; et, afin d'avascer plus aisément les travaux, le pape he V commanda qu'on j travaillêt sans disconiinuer, même les jours de fête. La ville fol achevée l'an 1571, après la mort dn fraod maître de la Valette, qui arriva le il aoùi 1568, et le çrand maître del Monte, del4 langue d'Italie, son successeur, y transpofta le couvent et y fit son entrée avec toete U religion le 18 mars de la même année 1571.

Ce fut do temps de ce grand mailre qoeae donna la fameuse bataille de Lépanie, la plos célèbre que les chrétiens aient jamais gafoée sur mer, et où 1rs Chevaliers de Malte eureai part et acquirent beaucoup de gloire. Kllefal donnée la même année 1571, dans le détroit qui est entre les petites Iles de Cursolan,aatrefois les Echinaded, et la terre ferme, eavi* ron à soisanle milles du promontoire Aclis*, si renommé par la bataille qui décida et l'empire romain entre Octave et Marc^ Antoine. Les Turcs, ayant mouillé à Lépante, apprirent que les chrétiens, en quittant Cor* fou, venaient sur euz. à pleines voiles, lis avaient si mauvaise opinion de la flotte cliré* tienne, qu'ils ne crurent pas qu'elle cât aftci de hardiesse pour leur présenter le comlisL La flotte ottomane, commaudéo par Uali bscba, était composée de deux cents galères H de près de soixante-dii. frégates et brigas- Uns. Celle des chrétiens, commandée psf don Juan d'Autriche, frère naturel dePbi* lippe 11, roi d'Espagne, n'avait que cefltdii galères et vingt-huit gros naâres d'éqaipsges,avec six galéasses garnies de grosieir* liilerie* Le 7 octobre, les deux armées éiasl à la portée du canon, on fit un si grand tes de part et d'autre, que Tair fut tout oliscarc. Ou se battit pendant trois heures avec es avantage égal, mais la victoire se déclara ensuite pour les chrétiens* Les Turcs peob* rent plus de trente mille hommes dans cHU bataille. Les chrétiens firent plus de os^ iitille prisonniers, entre lesquels se irosvèrent les deus fiis de Hall, et se rendircst maîtres de cent trente galères ottomiso* Plus de quatre-vingts, tant galèies qo'asircs bâtiments, se brisèrent contre la terre oo larent coulés à fond ou consumés par le fes. Près de vingt mille esclaves chrétiens reess* vrèrent la liberté, et le butin fui Uès-ceosidèrable, parce que ces infidèles veaa;eet di

(I) Instniclions sur les devoirs des Cbevslieis de Malte, pjg. 335.

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lier les Iles et de prendre plusieurs ? ois- •aox marchanda.

L'année suirante Je grand maUre delMooétant mort, on lui donna pour successeur lan l'Eféque de la Cassièro, de la langue Auvergne, qui quelques années après fut ispendu de sa dignîié par le conseil de Tor- *e, qui nomma pour son lieutenanl Maurice i TËiCU, surnommé Romégas. Celui-ci mouil l'an 1581, et après sa morl le grand mal* e de la Cassièro fui rétabli par le pape Gré* )ire XUL Le gouvernement d'Alof de Vign i- >art, de la langue de France, qui fut élu l'an iOi, fut heureux en ce que, pendant plus ,' vingt ans qu'il tînt la dignité magistrale, s Turcs n'eurent pas le moindre avanlage tries Chevaliers de Malle, et que ceui-ci au )Qtraire prirent les forteresses de Lépante, i Lango, de Châteauroux en Grèce, et uelques autres qui furent saccagées et pii* r$, et où ils firent un grand nombre d'esaves. Les insultes continuelles que ces Che« iliers faisaient aux infidèles portèient le rand-Seigueur i entreprendre encore la mquéle de Malte. 11 fit équiper une armée ivale de quatre-vingt-dix voiles, et l'enlya secrètement à Malte, où elle aborda la uit proche de Maraa Sirocco. Dans ce daner, que la surprise angmeulait, le grand laitre do Vignacourt ayant donné ses orres avec une présence d'esprit et une a^ tilié merveilleuse, tout se trouva bientôt eu latde défense, et après diverses escarmoubes, les infidèles furent repousses et obligés e se rembarquer. L'an 1606, ce grand male envoya à la faculté de théologie à Paris la liqoe du pied gauche de sainie Euphémie, ierge et niartjre, dont le corps fut apporté e Cbalcédoine à Rhodes, puis à Malte dans église de Saint-Jean. Celte relique lui avait le demandée par l'université et par la faillie de théologie de Paris, qui a choisi celte itoie pour une de ses patronnes. La céré- (ouie se fil le 28 décembre, jour des saints inocenls. Tan 1606, en présence de tous !t commandeurs et des Chevaliers qui se ouvèrent à Paris.

Le grand maître de Vignacourt étant mort an l(î22, Louis de Mendès Vasconcellos lui uccéda dans le gouvernement de l'ordre , u*il ne tint pas louglenips, étant mort au lois de mars de l'année 1623. Antoine de 'aulo prit sa place, et comme sdus son goueinement les t:hevaliers se trouvaient foit Komuiodés par les vaisseaux des Turcs de aiuie-Maure, qui croisaient sans cesse, ils Uaquèrent cette place et s'en rendirent maires. Mais ils ne la gardèrent pas longtempii, ar les corsaires de Barbarie, qui étaient Uiés de ceux de Saint-Maure, se liguèreul nsemblo. Ils armèrent six galères el plu- U'urs vaisseaux el se mirent en mer pour hercher tes Maltais ; et, les ayant rencontrés, s leur livrèrent le combat, qui fut fort rude i opiniâtre : les Chevaliers, ayant perdu leur niiral et deux vaisseaux, et en ayant eu *aulres hors de combat, furent contraints de rendre la fuite, et furent quelque temps ors d'état de rien entreprendre. Mais leur

armée na?ale s*étant rétablie,ils prirent, Pan 1629, le bâcha Di^aïm, qui fut fait esclave, el Pau 1631 ils enlevèrent encore un gros navire et firent d'autres prises considérables du vivant de ce ^rand maître.

Ils se rendirent aussi redoutables aux in* fidèles sous le gouvern(*ment du grand maître Paul de Lascaris. Mais de toutes les prises qu'ils firent sur eux, celle qui fit le plus de bruit fut le vaisseau qui al ait à la Mecque et qui portait une sultane avec son fils qu'elle avaiteu d*lbrabiml'',empereur des Turcs. Le vaisseau était si richement chargé, qu'on l'es* timail deux millions, et i es richesses appartenaient, selon le bruit commun, à un eunu» que qui avait été capi-aga ou grand maître du sérail. La sultane mourut quelques jours après son arrivée à Malte, et son fils y fut élevé comme un des enfants du Grand-Sei-

Eneur. Mais, sur le bruit qui se répandit dans I suite que cet enfant n'était que le fils adoptif de l'eunuque, Ton prétend que la grand maître persuada à ce jeune homme, qui avait renoncé à la religion de Mahooiet, de se faire religieut. En effet, il prit Phabil de l'ordre de Saint- Dominique l'an 1658, et fut nommé le P. Oltoman.

Mais qu'il eût été véritablement fils d'Ibrahim ou seulement fils adoptif de l'eunuque, il est certain que le Grand-Seigneur avait aimé cet enfant avec beaucoup de tendresse. 11 résolut d'abord de s'en venger, et jura la ruine de Malte. Il fit aussi paraître beaucoup d'emportement contre les Vénitiens, parco que, suivant le traité fait avec eux, ils devaient garder la nier et en chasser ses enuemis, ou du moins remettre ses vaisseaux en liberté. Le grand maître pourvut à la sûreté de cette Ile. Les Vénitiens se tinrent aussi sur la défensive; mais forage tomba sureux, et l'année suivante 1645, le Grand-Seigneur commença la guerre de Candie, qui ne finit que l'an 1669, lorsque les infidèles se furent rendus maîtres de cette lie. Les Chevaliers de Malte n'abandonnèrent point les Vénitiens et leur donnèrent secours. L*ordre entretint même à ses frais une compagnie de cavalerie dans la ville, et la défense du bastion de Saint-André fut commise aux Chevaliers*

Après la prise de Candie, Nicolas Cottoner, qui était pour lors grand matlre, vovant qu'il y avait toute craindre pour Malte, ut réparer et augmenter les ouvrages des forteresses, afin qu'elles fussent plus en étal de soutenir un assaut. Il fil méuieconsiruire un nouveau fort, qui fut appelé de son nom la Cottonièret et qui ne fut mis dans sa perfection qu'après sa mort , qui arriva Pan 1680 , et Grégoire Carafl^a, Napolitain, fui élu A sa placi*.

La ligue que firent ensemble PEmpereur, le roi de Pologne et les Vénitiens contre les Turcs, qui avaient porte la guerre en Hou-* grie l'an 1683, fut une nouvelle occasiou aux Chevaliers de donner des preuves de leur valeur. L'an 1684, les Vénitiens firent la conquête de Sainte-Maure avec les secours des Chevaliers, et prirent ensuite Prévésa. L'année suivante, ils aidèrent à prendre Corou:

DICTIONNAIRE DES ORDRES RELIGIEUX

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fl9 n^abandonnèrent point les Vénitien!! prn* dant looto la goerre, qui ne finit qne Tan 16M par le traité de paix de Carlowîtz, el depuis ce temps-là les Clievaliers n*ou( point discoutinaé de faire des courses sur mer pour donner la chasse aux corsaires infidèles.

La profession des armes n'a point em-

fléché ces CheViiliers d'exercer l'hospila^ ité suivant leur première institntion. Vers l'an 1218, André, roi de Hongrie, leur en donna un témoignage avantageux dan^ une donation quM fil à leur profit. Il dit qu'étant logé chez eux à Acre, il avait tu nourrir chaque jour une mulliiude innombrable de pauvres, les malades couchés dans des lits et traités avec soin, les morts enterrés avec la décence convenable, en un mot, que les Chevaliers étaient occupes, tantôt à la contemplation comme Marie, lantAl à l'action comme Marthe, et surtout à cumbuttre con* tre les ennemis de la croix. Ce prince donna & Tordre cinq cents marcs d'argent è prendre tous les ans sur ses snlinesi de Saloch en Hongrie, triant encore logé chez ces Chevaliers en passant à Margat, il donna aussi cent marcs d'argent à Tcirdre à prendre sur les salines de Zolastha, tou^ les ans, pour la défense de la forteresse de Mariai; cent an* très marcs d'argent pour la défense de celle de Crac, el fit aussi plusieurs autres don:«*lions à l'ordre, qui furent confirmées par le pape Honorius 111. Enfin ilfonlut être associé à Tordre, el il en portait publiquement la croix.

C'est toujours on Chevalier grand-croix qui est grand hospitalier, et il y a d'autres Chevaliers prud'hommes pourvoir si les malades sont bien soignés, qui font distribuer les médicaments, qni «rrétent les comptes de Tinfirmier tous les mois ; et, afin d'éviter la confusion et que les Chevaliers n'aslassent pas tous ensemble pour servir les malades, le chapitre général de Tan 1631 ordonna qne chaque langue tour à tour, par semaine, enverrait à rinfirmerie autant de Chevaliers, de servants d'«*irmes et de novices qu'il en faudrait pour le service des ma« lades, el que tous les jours, matin et soir, il ne pourrait pas y en avoir moins de sept. Le grand hospitalier et les prud'hommes ont aussi le soin des enfants exposés, qui sont nourris et élevés aux dépens du commun trésor, jusqu'à Tflge de huit ans,

S II, Etat de V ordre de Saint^Jean de Jéruia* lem ou de Malte au dernier eiècle^ ei la manière de recevoir le$ Chevalière.

L*ordre de Malle ne possède plus présenlement en toute souveraineté que Tlle de Halte et quelques autres petites aux environs. Bilea vingt milles de longueur et douze de largeur. Il y a deux villes c onsiilérables, qui sont i«i Vieille-Ville ou 6Vtt/a Vecchia, et celle qui porte le nom do la Valette, qui est

Îiréseutement la capitale, et Tuno des plus ortes plaees de l'univers, avec envirou cinquante bourgs on villages. Les plus cons dclables des autres Iles aux environs de Malie,

et qui dépendent du ^rand maître, sobI k Goze et Comino, où il y a aussi des fun avec quelques bourgs et villages.

Le çouvernemenl est monarcbiqne et trii> tocratique ; car, pour ce qui regarde la nonarchie, le grand m.iltre est souverain s^r le peuple dans I Ile de Halte et ses dépcodanccs ; il fait battre monnaie, il accorde dn grâces et des rémissions aux criminels, et i! donne les provisions des grands priearM, des bailliages et des commanderies. Touski Chevaliers de Tordre, ouelque autorité qu'ils aient, lui doivent obéir en tout ce qui s'est point contraire à la règle et aux statuts deli religion. Quant à Taristocratie, c'«'st daof les affaires importantes qui regardeoi Im Chevaliers et la religion, que le grand oiaiir et le conseil exercent ensemble one aaiohic absolue, et le grand maître y m senlemest deux voix pour sa prééminence. Le ooaseti est ordinaire ou complet. Au conseil ordinaire assistent le grand maître, comme chef, et les gninds-croix, qui sont Tévéqse de Malte, le prieur de l'église, les baillis ces* ventuels, les grands prieurs el les baillti capitulaires. Le conseil complet est compose de grands-croix et des deux plus aooeus Chevaliers de chaque langue.

Les langues sont les différentes ra ion* dont Tordre est composé. Il y en a huit, qui sont : Provence, Auvergne, France, liair. Aragon, Allemagne, Casti.le et Ant^leerre. Ces huit langues ont leurs chefs à Malte, que Ton nomme piliers et baillis conventorlv Le chef ou pilier de la langue de Provescr à cause que Uaymond do Poy, qui a dres»< les règlements de Tordre, était Proveoç)!, a la charge de grand commandeur; le piiier de la langue d'Auvergne est grand marècnal; celui de France est grand hospitalier. Le chef de la langue d'Italie est grand amiral: la langue d*Aragon a pour pilier le granJ conservateur qu'on nommait autrefois drapier; celle d Allemagne a poar pilier i** grand bailli ; celle de Castille le grand cbaocelier ; et la langue d'Angleterre , qui se subsiste plus à cause de Ihérésle doot ce royaume a été Infecté, avait pour chef le tsr* copolier ou général d'infanterie.

Dans chaque langue, il y a plusiesn grands prieurés el bailliages capito'aire^. savoir : dans la lanp;ue de Prorenre, i"* prieurés de Saint-Gi'lcs de Toulouse et *" bailliage capitulaire de Manosque ; das» ^ langue d'Auvergne, les prieurés d'Aaverft* et le bailliage capitulaire de Lorol, apfe^ dans la suite de Lyon, et enfin de Dcve}»el, dans la langue de France, les prieurés df France, d'Aquitaine el de Champagne, au: le bailliage capitulaire de la Morée el la iresorerie générale, auxquels sont anneifti savoir, au bailliage de la Morée, la coismanderie de Saint-Jean de LatranâPans et, à la grande trésorerie, la oommandene de Saint-Jean en l'Ile de Cortieil; daai l> langue d'Italie, les prieurés de Rome, de Lombardie, de Venise, de Pise, de Barletie, de Messine et de Capoue, et les baiiiij:^ capitulaires de Sainlo-Eupbéinie et de ijisi-

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Rtienne près de Monopoli» de la Saiote-TrU ailé de Venota el de Saint-Joaa de Naples ; iaos la langue d'Aragon , qui comprend aussi la Catalogne el la Navarre, la Châlelleoie d'Emposle» les prieurés de Catalogne et de Navarre, et les bailliages capilulaircs de Majorque el de Caspe; dans la langue d'Alemagne, les prieurés d'Allemagne, de Bohême, de Hongrie, el il y avait aussi celui de Danemark et le bailliage capiiulaire de Brandebourg, avant que l'hérésie eût été introduite dans ces provinces ; dans la lan- {(ue de Casliile, qui comprend aussi Léon cl Puriugal, les prieurés de Gaslilleelde Léon, et celui de Portugal avec les bailliages capitulaires de Laiigo ou de Leza et de lasNueves-Villas; el dans la langue d'Angleterre lorsqu'elle subsistait, il y avait les prieurés d'Angleterre et d'Hibernie, el le liailiia;;e capiiulaire d*Aquila. Quant an prieuré de l'éfflise de l'ordre el à la cornmanderie de Chypre» tons dens bailliages capitulaires, ils sont communs à toutes les langues, et le bailliage de Nôgreponl est comiDon aux deux langues d'Aiagon et de Castille.

L*b6iel de chaque langue est appelé auberge, à cause que les Chevaliers qui dépendent de ces langues y vont manger et. s'y anemblent d'ordinaire. Plasienrs chapitres généraux ont Tait des règlements qui concernent la manière dont les Chevaliers se dut? eol co.nparter dans ces auberges, et qai font cuonallre combien est grande l'obser- Tance régulière qui se pratique à Malte. Lee ordonnances da chapitre général tenu sous le grand maître Antoine de Paulo, Toolou- Min, Tan 1631, portent qoe les piliers don* neront tous le« jours à chaque Chevalier uu rotolo^ c'est-à-dire environ trente-six onces de kKeuf, mooton et veau, qui doit être burni par le irésor commun, et lorsque l'on donne da porc frais ou du salé, les deux tiers du rululo; les jours maigres, du poisson, et, au défaut de poÎ!ison, quatre œufs pour pilance; chaque jour six petits pains el un ^riuccio de vin sans eau, c'est-à-dire la •aleur de iroi^ chopines. Et, afin qu'on ne l'isse point de dégât el de consoutmaliou inutile, il est défendu aux Chevaliers de ineaer des chiens à l'auberge, et si les matites auiquels ïU apparliennenl voulaient empAcher quou ne les chassât, ils seraient punis de la leplaine, qui leur serait aussi impohée, si Im jours qu'ils mangent à l'auberge ils emporuiieot du pain, du vin et autres choses à manger.

Tro:6 fois la semaine, et non davantage, encore taul-il qu'il y ait de justes raisons, les piliers doivent fournir la pitance aux Chevaliers hors de Tauberge, lorsqu'ils la demandent ; mais ceai qui l'envoieut chercher ne doivent pas avoir déjeuné ce jour-là à Tauberge, autrement la pitance leur peut élre refusée, el lorsque le maître de la salie a mangé, on ne peut plus la demander. Le pilier doit donner à déjeuner tous les malins

entre les deux messes. Si les Chevaliers ne sont pas contents de la pitance, ils ne doivent pas faire leurs plaintes au mallrc de la salle, ni au cuisinier, ni au dépensier, mais seulement au pilier; et, si les plaintes sont injustes, ils sont punis de la septaine. Si un Chevalier a frappé un serviteur du pilier sans effusion de sang, il est condamné pour la première fois à la quarantaine^ la seconde à six mois de prison dans la tour, el la troisième à perdre deux ans d'ancienneté; et, s'il y a du sang de répandu, il est puni plus rigoureusement. Enfin, lorsque le pilier fait quelques plaintes de quelque Chevalier, il esl cru sur sa parole, sans que l'on fasse des informations, et le conseil procède contre le Chevalier qui est accusé. La peine de la $$piaine consiste en ce que celui qui est condamné doit jeûner sept jours de suite , el, la quatrième et la sixième férié, manger seule* nient du pain vi boire de l'eau, se soumettant ces jours-là à la discipline, c'est-à-dire à recevoir des coups de houssine de la main d'un prêtre de l'ordre pendant le psaume DeuM misereatur no^lrt, etc. La prine de la quarantaine est de jeûner quarante jours de suile, et la quatrième et la sixième férié, au

[>ain et à l'eaa ; ils reçoivent ces deux joursà la discipline pendant le psaume Jtfiserera met, Deti#, el pendant ces quarante jours ils ne doivent point porter d*épée ni sortir que pour aller à l'Eglise.

Chaque grand prieuré a un nombre de commanderies, dont les unes sont destinées aax chevaliers de justice, el les autres indifféremment aux chapelains et aux servants d'armes. Voici ce qu'un savant homme (1) a écrit depuis peu touchant lorigine des commanderies de cet ordre. Lorigine des eommanderifii^ dit-il, vieni de ce qa^anciennc^ ment les biens de l* ordre étaient en'commufi, et que pour les faire valoir on commettait des séculiers qui en étaient^ ou les fermiers ou les receveurs^ et qui en rendaient compte. Mais le grand éloignement faisant qu'on était souvent trompé et que les comptes étaient peu fidèles^ on donna l'administration de tous ces revenus aux grands prieurs à chacun dans son département. Ceux-ci ne s'en acquittèrent pas mieux : de sorte oue, quoique les revenus de Vordre fussent tres^considérables^ à peine trouvait'on de quoi soutenir la dépense qu'on était obligé de faire. On eut donc recours à un autre expédient ^ qui fut de commettre et députer un frire pour régir et administrer chaque commanderie pour autant de temps qu'on le jugerait à propos^ à condition aue tous les ans il payerait entre les nuiins d un receveur de l'ordre établi pour cela une certaine somme proportionnée au revenu de la commanderie* Cette itnposition fut nommée llesponsion; c'est ce qui a été pratiqué jusqu à présent.

Au reste^ on n'envoyait pas ces Chevaliers seuls. On leur donnait pour aides quelques autres Chtvalierst et tous ensemble avec quelque prêtre de l ordre quils avaient ordinaire^

(1) bisiraetious sar l(*s devoirs des Chevaliers de Malle, cb.ip. 4, p. 63*

UlCTiOiiaAlRB DES OuDHES RBLIGIBUI. IL

us

DtCTIONNAIRe DES ORDRES RELIGIEUX.

tneni avec eux, formaîeni \tn$ communauté. Celui qui ihit à ta tête fut nommé commandeur ^ et ta meiieon où était assemblée la corn-munauté Commanderiez nom qui eiçnifie moine un commandement qu'une aamints trait on ^ et pour ainsi dire une commande. On voulut faire comprendre aux Chevaliers par ce nom même quils n^étaient que les économes et tes administrateurs de cette portion des biens de l'ordre^ qui ne leur était confiée que pour autant de temps qu'on le jugerait à propos, et sur laquelle fs devaient prendre une portion pour être envoyée annuellement au receveur^ le reste dev nt être employé à nourrir et entretenir la communauté de chaque comman» derieet â soulager tes pauvres au lieu. Ainsi l'ordre était secouru^ tous lesChevaliers étaient nourris et entretenus à ses dépens, et les pau^ vres étaient assistés. Mais ta division s étant mise dans la suite parmi ces Clievaliers qui vivaient ensemble dans une même commamie' rie^ on fut obligé de les séparer et de laisser le soin de la commanderie à un seul, en te chargeant de payer dts pensions à quelques^ uns de ses confrères, au lieu qu'il tes entrete^ nait et nourrissait aupfiravant^ et c'est de là aussi qiCest venue l'origine des pensions que plus eurs Chevaliers possèdent sur des corn" manderies ou sur d'autres biens de l'ordre.

Les commaDderies sont appelées magistrales, de justice oa de grâce. Les magislrales sont celles qai sont annexées à la dignité de grand maître, aOn qoe celui qui en est rc? éta la puisse soutenir avec plus d'éclat. Il y en a une dans chaque grand prieuré, savoir : au prieuré de Saini*Gil es la commanderie dePézénas, au prieuré de Toulouse la comtuanderie de Puy-Soobran, au prieuré d'Au* ▼ergne la commanderie de Salins, au prieuré de France la commandeiie de Hainaut, au prieuré d*Âquitaine la commanderie du temple de la Hdcbclle, au prieuré de Champagne la commanderie do Metz, an prieuré de Lom« bai die la commande rie d'lnferno,au prieuré de Rome la cummaiiderte de Mugnano, au prieuré de Venise la commanderie de Tré* cozo, au prieuré de Pise la commanderie de Prato, (*iu prieuré de Capouc la commanderie de Siriano, au pri> uré de Bartette la coinluandorie de Brindizi, au prieuré de Messine la commanderie de Polezzi, au prieuré de Cnlalogne la commanderie de Masdeu, au prieuré de Nararre la commanderie de Cal cetas, en la châtellenie d'Gmposte la coniinanilcrie d*Âliciga, au prieuré de Castilte les commanderics d*01mos et de Viso, au prieuré de Portugal la commanderie de Vitlacoya, au prieuré d'Allemagne la commanderie do Buez, au prieuré de Bohême la commanderie de Wadislau,etautrerois au preoré d'Angleterre la commanderie de Pesceos, au

Crieuré d'Hibernie les commanderies de K«larj, de Killurye et de Crobe, et la rommaodrrie de S:nica au royaume de Chypre.

Les commanderies de justice ou de grAce sont ainsi «appelées selon la manière de les obtenir. On les nomme commanderies de jus-

lire quand on les possède par droit d*aneir«« neté ou par améliorls^enleDt. L*aneiettiifte se compte du temps de la réceptîoo; mais ii Tant qur celui qui prétend à une comnandenf ait fait cinq années de résidence à Malte, 1 1 quatre caravanes ou voyages sur mer; et Timéliorissement est lorsqu*après avoir bit des réparations dans une commanderie duot Ton jouit, on en prend une autre d'un p'o» grand revenu. Kacouen ou caravanoa est a-i mot arabe qui signifie une assemblée d'hootme3 qui K'unissent p'vnr faire quelque trafic ou quelque voyaffe(1]. On se servait de c mot lor:iquc les Chevaliers de Sainl-Jean d< Jérusalem, étant dans la Syrie, rhoUissaifU les frères qui étaient destinés pour la gar>> des forteresses ou pour servir sur les ga1ère>. et l'on s'est toujours depuis ce temps-li servi du même mot pour marquer les Toyap-s que les Chevaliers de Malte font sur les gi- Icres ou sur les vaisseaux au service de leur ordre. Il faut qu'ils fassent ces quatre carjvane» par eux-mêmes, et il ne leur est \u* permis de les faire faire par d'a^itres. M^i». quoiqu'ils soi«nt obligés à cinq années de usidencc et à quatre caravanes, néanmoic^. s'ils ont été e.i ployés au service du graod maître ou de la religion, ils ont quelqaet exemptions, et on leur com, le pour imeci* ravani) deux années complètes de service en personne. Les Chcvaiters qui sont esclave^ des Turcs ont aus^i des exemptions, efoo leur compte une caravane pour chaque asnée de captivité, ainsi qu'il est ortionoé psr les ordonnances du chapitre général de Tao 1631, qui prescrivent aussi l^âge de iin;i ans pour commencer les caravanes, exclaast de tous emplois, bénéBces et commaodrne« de l'ordre ceux qui, ayant atteint l'Age de l^ ans, n'auiaient pas fait les quatre caravacr» qui ne sont que de six mois chacone.

Les commanderies de grâce ont ce nom quand elles sont données par le i^rand maître ou par lei grands prieurs par an druii qui app irtient à leurs dignités, el ils en donnent une de cinq ans eu cinq ans. On ne prend point garde si la commanderie va* cante est de celles qui sont aflectées aat Cbr* va:iers ou de celles qui appartiennent aai chapelains ou servants d'armes. Le graorf maître ou le grand prieur la peol donner a tel frère qu'il lui plaît, de quelque rang qo'd soit, cela étant in tifférent, lorsqoe la promotion est de grâce.

Quoiqu*à proprement parler il n'y ait tfse ceux qui sont laïques et nobles d'exiractna qui puissent porter la qualité do Chevalier,

{larce qu'il n'y a qu'eux i qui on dooas 'ordre de chevalerie, si ce D*eat par qoelq^ grâce particulière, néanmoins, comme lom le nom de Chevaliers de Malte oa entend ordinairement tous ccnx qui composent eH ordre, on peut dire qa*tl y en a de qoalrf sortes. Les premiers sont ceux qn'on BOavs les Chevaliers de justice ; Ils sont oMigés de faire preuve de noblesse, et il n*y a qne ceei* là qui peuvent parvenir aux dignilèi de bai^

(I) IhUrur lions des Cbevaliers de Malte, pag. 305.

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