Brique portant les titres de Nabuchodonosor
I. Guerres de Nabuchodonosor. — Nabuchodonosor II, roi de Babylone (Nouvel-Empire), régna de 604 à 561 suivant le canon de Ptolémée (ou 605 à 562, le canon ne tenant pas compte des années incomplètes). C’était le fils ainé et successeur de Nabopolassar. Ce dernier, avec l’aide desMèdes, s’était rendu indépendant et avait détruit Ninive et l’empire assyrien, fondant ainsi le dernier empire babylonien. Nabuchodonosor lui donna toute son extension et toute sa splendeur. L’histoire de son règne ne nous est connue que partiellement, par les inscriptions babyloniennes contemporaines, les textes bibliques, Bérose et des fragments des historiographes grecs. Avant de monter sur le trône, il dirigea personnellement différentes campagnes destinées à régler définitivement le partage de l’empire assyrien : après trois ans de lutte contre les Araméens, les Cimmériens et les Scythes, il donna comme frontière septentrionale à l’empire babylonien le bassin du moyen Euphrate et du Balikh jusqu’à Harran. Comme frontière occidentale, il étendit sa suzeraineté sur la Syrie et la Palestine jusqu’à la Méditerranée. — Néchao II, roi d’Égypte, avait profité de l’affaiblissement, ou même de la disparition de la puissance ninivite, pour essayer d’y rétablir l’antique domination égyptienne. Josias de Juda, ayant voulu s’opposer au passage de Néchao, avait été battu et mis à mort à Mageddo, sans pouvoir empêcher les Égyptiens d’arriver jusqu’à l’Euphrate. Voir Josias 1, t. iii, col. 1683. Mais Nabopolassar, aussitôt après la destruction de Ninive, envoya contre les Égyptiens son fils ainé Nabuchodonosor, qui battit Néchao à Carchamis (604) et l’obligea à reprendre la roule de l’Égypte, puis il le poursuivit dans sa retraite, s’assurant au passage la soumission de Moab, d’Ammon, des Philistins, et de Joakim de Juda, et emmenant de partout des otages ou des captifs. Jérusalem fut même prise après un siège dont nous ignorons les péripéties, et le Temple dépouillé d’une partie de ses richesses, la 3e-4e année de Joakim. .1er., xlvii, 1-2; Dan., i, 1-2. Ce fut le point de départ des soixante-dix ans de captivité, et Daniel et ses compagnons furent parmi ces premiers déportés. — Nabuchodonosor, précipitant sa marche, allait atteindre Néchao II à son entrée en Égypte, lorsqu’il apprit la mort de Nabopolassar. Craignant des compétitions, peut-être de la part de son frère Nabu-su-lisir dont parle une inscription de Nabopolassar, il se hâta de signer un armistice avec Néchao, chacun restant sur ses positions, et Nabuchodonosor conservant toute la côte syrienne et palestinienne; et tandis qu’il laissait derrière lui son armée avec les captifs et le butin faire un long détour pour aller traverser l’Euphrate au passage de Carchamis, lui-même se jeta à travers le désert d’Arabie et arriva à Timproviste à Babylone. Il fut intronisé sans opposition, et inaugura son règne (604), qui fut le seul long et glorieux de tout le dernier empire.
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NABUCHODONOSOR
Les parties septentrionale et orientale de l’empire ninivite étaient échues à Cyaxare, roi des Médes, qui avait coopéré à la destruction de l’empire assyrien. Sa puissance était redoutable, et Nabuchodonosor avait épousé sa tille. La paix fut donc ininterrompue de ce côté. Les seules complications devaient venir de l’ouest où, sous l’action incessante de l’Égypte, avide de ressaisir son ancienne inlluence en Asie et de s’en faire un rempart conlre les empires rnésopotamiens, toutes les nations palestiniennes éprouvaient de continuelles velléités d’indépendance. La Judée était particulièrement le théâtre de tontes ces luttes : les prophètes continuaient à prêcher la subordination envers Babylone comme ils l’avaient prêchée envers l’Assyrie : mais la cour et le peuple subissaient toujours l’attraction égyptienne, quoique le Pharaon eût coutume de ne donner à ses alliés qu'un secours peu énergique et généralement trop tardif, restant toujours le « le roseau sur lequel on ne peut s’appuyer sans se déchirer la main ». Is., xxxvi, 6.
Joakim ne tarda pas à en faire l’expérience : deux ou trois ans après sa première soumission, la huitième année de son règne, il essaya de secouer le joug. Nabuchodonosor, à cause de l’importance de la Palestine dans la lutte séculaire entre la Mésopotamie et l’Égypte, vint en personne rétablir son autorité (601). IV Reg., xxiv, 1-2. Joakim n'opposa pas sans doute grande résistance, et Nabuchodonosor lui laissa le trône, se contentant probablement d’alourdir son tribut annuel. Malheureusement trois ans plus tard, la onzième année de son règne, Joakim céda encore aux mêmes influences, et comptant sur le secours de l’Égypte et d’Ithobal, roi de Tyr, secoua le joug babylonien; Nabuchodonosor reparut, et les Juifs se préparèrent à soutenir le siège de Jérusalem, mais Joakim mourut avant ou pendant les opérations. Le livre des Rois ne donne sur sa lin aucun détail ; les Paralipomènes disent qu’il fut chargé de chaînes par Nabuchodonosor qui voulait cette fois l’envoyer prisonnier à Babylone : la Vulgate et les Septante insinuent que la volonté du monarque babylonien fut réalisée, ce qui ne cadre pas avec le récit de sa sépulture hors de Jérusalem. .1er., xxu, 19; IV Reg., xxiv, 6. Josèphe enlin nous donne une dernière version d’après laquelle ce prince aurait reçu Nabuchodonosor sans résistance, mais celui-ci l’aurait fait mettre à mort avec les principaux de ses sujets. On se demande si Josèphe, à l’occasion de quelques erreurs ou variantes numériques du texte sacré, n’a pas multiplié plus que de raison les interventions des Babyloniens en Palestine; en tout cas le récit de IV Reg., xxiv, 1-6, paraît beaucoup plus simple. — Joachin=Jéchonias, son fils, lui succéda et soutint le siège trois mois encore; après quoi, jugeant toute résistance impossible, il se rendit à Nabuchodonosor avec sa mère et toute sa cour. Celui-ci l’envoya, avec dix mille de ses sujets, en captivité à Babylone, mais sans lui intliger aucun mauvais traitement ni détruire Jérusalem (597). 11 lui donna pour successeur son oncle Mathanias, lils de Josias, dont le nom fut changé en Sédécias. Durant cette nouvelle crise, l’Égypte n’avait donné aucun secours à Juda. Sédécias, qui devait son trône au vainqueur, et que Jérémie exhortait à la soumission, garda longtemps fidélité à son suzerain, mais il finit, après une dizaine d’années, par céder à l’influence du parti égyptien. En Égypte régnait alors Éphrée, Oualiab-Râ, voir t. n, col. 1882, l’armée avait été renforcée et aguerrie par plusieurs campagnes en Afrique, l’occasion parut favorable, Juda, Tyr et les Ammonites secouèrent le joug. Nabuchodonosor revint de nouveau à la tête d’une armée nombreuse composée de Babyloniens, de Chaldéens et des contingents des royaumes tributaires, et pour empêcher la j jonction des coalisés, se résolut à faire bloquer Tyr d’un côté, eide l’autre à faire assiéger Jérusalem par '
ses généraux, lui-même restant au nord, à Riblah (Reblatah) sur l’Oronte au pays d’Hamath, afin de surveiller les opérations et de se porter où sa présence pourrait devenir nécessaire. L’armée babylonienne commença par dévaster toute la Palestine, puis vint mettre le siège devant Jérusalem. Cette fois l’Égypte donna signe de vie : Éphrée apparut aux environs de Gaza. Mais cette diversion, qui ranima un instant les espérances des assiégés, n’eut pas grand succès : les Chaldéens se hâtèrent d’aller à sa rencontre; et de gré ou de force, contraint par une défaite ou par la seule disproportion de ses forces, Éphrée comme l’avait annoncé Jérémie, rebroussa chemin et rentra en Égypte. Le siège fut alors mené avec une nouvelle vigueur, à laquelle les Juifs opposèrent une résistance héroïque : malgré la maladie et la famine, ils tinrent bon pendant un an et demi, après quoi, le onzième mois delà onzième année de Sédécias, les Chaldéens pratiquèrent une large brèche dans les murailles et se rendirent maîtres de la ville -(587). Quant au roi, il cherchait à s’évader avec quelques troupes à la faveur de la nuit, lorsqu’il fut arrêté dans sa fuite aux environs de Jéricho, et emmené à Riblah, où Nabuchodonosor prononça sur son sort et sur celui de Jérusalem : iJ fit égorger les fils de Sédécias, puis crever les yeux à ce dernier et l’envoya dans les prisons de Babylone. Quant à la ville, elle fut brûlée et rasée, ses richesses et celles du Temple furent dirigées vers Babylone, les habitants furent emmenés en captivité, on n’y laissa que les pauvres et les cultivateurs, sous le gouvernement de Godolias, fils d’Ahicam et ami de Jérémie.
Quant au siège de Tyr, il traîna en longueur : pour plus de facilité, les Chaldéens l’avaient rattachée au continent par une digue, mais ils furent impuissants à la bloquer totalement du côté de la mer : de sorte qu’après treize années, Ithobal III se décida à traiter et à reconnaître la suzeraineté de Nabuchodonosor; à ce prix les Babyloniens se retirèrent, et lui conserva son trône. Ézéchiel, xxix, 18-20, nous atteste que cette suzeraineté fut assez précaire en réalité.
La chute de Jérusalem et le blocus, puis la soumission de Tyr, laissaient à Nabuchodonosor la voie libre pour aller attaquer l’Égypte; c’était une vengeance nécessaire, en même temps que Tunique moyen d’avoir une paix définitive de la Méditerranée à la vallée du Jourdain ; de plus Babylone, héritière de Ninive, devait revendiquer la domination que cette dernière avait fini par s’arroger sur la vallée du Nil. Le fait de la conquête de l’Égypte par Nabuchodonosor, prophétisé par Jérérémie et Ézéchiel, est indéniable : outre l’accord de Bérose, Mégasthène et Josèphe, nous possédons une inscription, malheureusement très mutilée, dans laquelle Nabuchodonosor racontait l’invasion de l'Égypte, la défaite du pharaon A-mâ-su, Ahmès=Amasis II, et son retour avec les dépouilles ou le tribut de l’Égypte (?) et plaçait cette campagne la trente-septième année de son règne, vers 568. Il semble même que cette invasion n’ait pas été la seule : une autre l’aurait précédée sous OMaùaû-RâzApriès-É.phrée, prédécesseur d’Amasis II, si toutefois Ton peut appliquer aux Babyloniens la désignation d ' Amu et de Schasu de l’inscription funéraire de Nes-Hor, lequel, étant gouverneur d’Éléphantine, protégea contre eux la Haute-Égypte et la Nubie. Paul Pierret, Records of the Past, I™ sér., t. vi, p. 79-84. A l’encontre de Wiedemann, Brugsch, Maspero ne voient dans ee texte qu’une répression des auxiliaires révoltés: on sait que l’armée égyptienne renfermait alors des Grecs et des Sémites. D’après Josèphe, une première invasion de l’Égypte aurait eu lieu quatre ans après la reddition de Tyr, la vingt-troisième année de Nabuchodonosor, c’est même le monarque babylonien qui aurait ôté la couronne à Apriès et l’aurait donnée à Ahmès. A la vérité, Hérodote, n, 162, édit. Didot, p. 126
NABUCIIODONOSOR
nous donne de cette succession un récit tout différent, une révolte de l’armée, dans laquelle il n’est pas question des Babyloniens; mais il est peu probable que les Égyptiens aient raconté leurs revers à Hérodote.
Durant ce règne de quarante-trois ans, Nabuchodonosor fit-il encore quelque autre campagne? Les deux seules inscriptions historiques qui nous soient parvenues, celle de la campagne d’Égypte et celle de Youadi Brissa, ne nous ont pas permis d’en lire davantage, vu leur état de mutilation, et les extraits que Josèphe a faits de Bérose, ne vont pas au delà de l’horizon biblique. Mégasthène, Hisl. græc. fragm., édit. Didot, t. il, p. 416, lui attribuait la conquête de la Libye et de l’Ibérie, ce qui est hors de toute vraisemblance. Bérose, ibid., p. 506, nous dit qu'il occupa « l’Égypte, la Syrie, la Phénicie et Y Arabie » ; mais est-ce autre chose que le sud et l’est de la Palestine, Moab et Ammon, dont Josèphe, Ant. jud., X, ix, 7, t. i, p. 386, lui attribue également la conquête? Les chroniqueurs arabes parlent aussi d’une invasion de l’Arabie, avec prise de la Mecque, déportation en Chaldée des tribus d’Hadhura et d’Ouabar, jusqu’à la frontière Himyarite. Jérémie, xlix, 28-33, a des oracles qui rendent au moins vraisemblable une expédition contre Cédar et les Nabuthéens, lesquels appartenaient également, à tout le moins par une vassalité nominale, à l’empire assyrien du temps d’Assurbanipal.
IL Travaux et constructions de Nabuchodonosor. — Nabuchodonosor se rendit célèbre moins par ses conquêtes — à part ce qui a trait à la destruction de Jérusalem et de la monarchie juive — que par les grands travaux qu’il exécuta en Babylonie. Le livre de Daniel, îv, 27, dont Fr. Lenormant et J. Ménant ont mis en relief l'historicité, nous le représente, se disant à lui-même : « N’est-ce pas là Babylone, la grande que j’ai bâtie comme résidence royale par ma puissance redoutable pour ma glorieuse majesté? » C’est presque exclusivement ce caractère de constructeur qu’il relève lui aussi dans ses propres inscriptions. La ville eD effet avait été saccagée à plusieurs reprises et presque détruite par les derniers monarques assyriens, et toute la Babylonie avait souffert des invasions ninivites dans les dernières guerres contre l’Élam et la Chaldée. Nabopolassar avait commencé à réparer tant de ruines : il avait relevé les grands temples de Babylonie, spécialement ceux de Mardouk et de Bélit; il avait remis en bon état les canaux de l’Euphrate. Mais la plupart des briques, séchées au soleil ou cuites au four, extraites des ruines de Babylone, portent à la face inférieure l’estampille de « Nabuchodonosor, restaurateur des temples É-sag-il et É-zida » — « continuellement occupé, ajoute-t-il ailleurs, de Babylone et de Borsippa. » Dans ses nombreuses inscriptions, dont plusieurs sont très longues, fastueusement rédigées en beaux caractères archaïques, et très difficiles à traduire à cause de leurs détails techniques, il énumère une quizaine de temples, pyramides et sanctuaires, qu’il reconstruisit et enrichit en l'honneur des dieux et déesses du panthéon babylonien : Mardouk, Nabo, Ramman, Istar, Sin, Samas, Gula, Samas de Sippar et Samas de Larsa, Nin-mah de Babylone, et beaucoup d’autres divinités moins connues. Il mentionne ensuite à plusieurs reprises la construction des grands murs de Babylone qui abritaient dans un immense quadrilatère la ville proprement dite et les localités voisines contenant d:s sanctuaires vénérés. Cette double enceinte, Imgur-bel et Nimetti-Bel, commencée par Nabopolassar, fut achevée, fortifiée et ornée de tours et de portes monumentales; l’intérieur des remparts et la ville elle-même étaient traversés par l’Euphrate et ses nombreux canaux endigués dans des quais soigneusement maçonnés. Les antiques palais auxquels tant de ses prédécesseurs avaient consacré leurs travaux et leurs trésors, il voulut les dépasser par celui qu’il élèverait à Babylone, qu’il nomme
« la merveille du monde, le lien de l’empire, le palais sublime, le trône de la royauté », déjà « commencé du reste par Nabopolassar son père le long de la rive de l’Euphrate, mais détériore par la crue du fleuve ». Il y employa à profusion « le cèdre, le bronze, l’or et l’argent, les pierres rares » et y entassa les trésors des pays conquis. Bérose, Hérodote, i, 185, qui attribue du reste tous ces travaux à une légendaire Nitocris, et les historiographes grecs, nous décrivent très longuement ces merveilles, ce palais bâti en quinze jours et ces jardins suspendus, déjà connus du reste des Assyriens, que l’épouse de Nabuchodonosor, fille d’un roi mède, avait désiré voir construire à Babylone pour lui rappeler les montagnes boisées de son pays, les murs monumentaux où les chars pouvaient circuler et se croiser sans difficulté, et dont les ruines encore subsistantes enferment un espace de 513 kilomètres carrés pour le mur extérieur, et de 290 pour le mur intérieur, c’est-à-dire « beaucoup plus que la ville de Londres ». Oppert, Expédition en Mésopotamie, 2in-4°, Paris, 1862, t. I, p. 234. Quant aux temples, souvent en forme de pyramides à degrés, le sommet et le sanctuaire terminal étaient parfois plaqués d’or, de sorte qu’ « ils brillaient comme le soleil », disent les inscriptions babyloniennes. D’après Diodore de Sicile, n, 95, édit. Didot, t. i, p. 88, le temple de Bel-Mardouk était couronné de trois statues et autels d’or du poids de 5850 talents, plus de 143 000 kilog. ; et Hérodote, i, 183, édit. Didot p. 60, y connaissait une statue d’or massif de 12 coudées de haut, avec un trône, un escabeau et une table d’or du poids de 800 talents. Enfin il semble qu’on doive encore attribuer à ce prince le lac de 420 stades de tour, destiné à détourner en cas de besoin les eaux de l’Euphrate, ou à en recevoir le trop plein, le tunnel pour relier sous le lit de l’Euphrate les deux parties de Babylone et les palais royaux, le pont de pierre destiné à remplacer les radeaux ou ponts de bateaux, enfin le mur médique, travaux dont Hérodote, i, 185, fait encore honneur à Nitocris. Profitant du resserrement de la Mésopotamie méridionale entre le Tigre et l’Euphrate, Nabuchodonosor voulut rendre son pays inaccessible à tout ennemi venu du nord en construisant cette immense muraille défendue d’avant et d’arrière par plusieurs tranchées profondes où le Tigre et l’Euphrate mêlaient leurs eaux et qu’on ne franchissait que sur des digues ou des ponts faciles à rompre en cas d’invasion. Dans l'inscription du temple de Mardouk publiée par Meissner. Voir Revue biblique, avril 1905, p. 305. Nabuchodonosor mentionne comme employés à ses immenses travaux les riverains de la Mer Supérieure et de la Mer Inférieure (la Méditerranée et le golfe Persique), les habitants de la Syrie d’au delà de l’Ëuphrate, les Hatti, outre les Assyriens et les Babyloniens.
Quant au caractère de ce prince, il fut assez doux d’après ce que nous savons de lui : dans des cas analogues, les rois assyriens eussent été certainement plus cruels. Contraint de faire plusieurs fois le siège de Jérusalem, il ne détruit la ville qu’à la dernière extrémité, il pardonne assez facilement aux rois rebelles, à l’exception de Sédécias qui était sa créature et dont la révolte lui sembla plus odieuse : encore Jérémie assuret-il à ce roi que, s’il consent à se rendre à Nabuchodonosor durant le siège, il ne lui sera fait aucun mal. Même le livre de Daniel nous représente ce prince comme assez docile, et écoutant sans colère les reproches ou les prophéties menaçantes qu’on lui adresse. Pour le récit et l’explication de ses songes et de sa folie, voir Daniel, t. n, col. 1248. A l’égard de Jérémie, Nabuchodonosor se montre bienveillant pour sa personne et ses amis, lui laisse le choix d’accompagner les déportés à Babylone ou de demeurer à Jérusalem, et donne pour gouverneur au pays l’un des amis du prophète, Godolias. Envers l’un comme envers l’autre, les