Navette
D'après Rich, Dict. des antiq. rom., p. 23.
bois contenant le fil dont se sert le tisserand pour faire la trame de sa toile. Cette pièce de bois, de forme allongée et pointue aux deux extrémités, a en son milieu une cavité dans laquelle se trouve logée une bobine dont le fil passe par un trou latéral. La navette, lancée de droite à gauche et de gauche à droite par le tisserand à travers les deux séries verticales des fils de la chaîne, entraîne avec elle le fil de la bobine qui forme ainsi la trame et ensuite est serré entre les fils de la chaîne soit par une pièce de bois plate, soit par un peigne. La forme de ce petit instrument lui a fait donner en français le nom de « navette » ou petit navire (fig. 402). En latin, on l’appelle alveolus. Saint Jérome,
saisi le sens du mot ’érég, qui d’ailleurs ne se lit qu’une fois dans la Bible hébraïque. Les Septante le rendent (. Alexandrinus ) par 8pop.eéç, « coureur, » cf. Job, ix, 25, et Vaticanus par Xa).ia, « parole. » La Vulgate traduit : « Mes jours ont passé plus vite que la toile n’est coupée par le tisserand. » H. Lesétre.
NAVIGATION (grec : 7t),doç; Vulgate : navigatio, Act., xxi, 7; xxvii, 9, 10), art de voyager sur l’eau à l’aide de navires (fig. 403).
I. Dans 1’ Ancien Testament. — 1° Les Israélites n’ont pas été destinés à devenir un peuple de navigateurs. Le pays de Chanaan, qui leur fut donné par le Seigneur, avait environ cent cinquante kilomètres de côtes, le long de la Méditerranée. Mais la presque totalité de ces côtes fut longtemps occupée par les Philistins et les Phéniciens, et d’ailleurs elles ne présentaient presque nulle part d’endroit propice à l’établissement d’un port. Aussi les allusions à la navigation sont-elles assez rares dans l’Ancien Testament. Jacob dit de Zabulon qu’il « habitera sur la côte des mers et près du séjour des navires », Gen., xlix, 13, mais la tribu ne fournit pas de navigateurs. — Balaam termine sa prophétie par ces mots : Ve-sim miyyad Kitlîm, « et des vaisseaux de la région de Céthim » humilieront l’Assyrien, etc. Num., xxiv, 24. D’après la Vulgate, ces vaisseaux sont des trirèmes venant d'Italie; mais Kittim désigne ordinairement Chypre, voir t. n, col. 466-470, et, d’une manière générale, les régions méditerranéennes. Les Septante traduisent autrement: « Il sortira (èleXeutre- Tca) de la main des Citiens, » etc. Cette traduction sup-
403. — Bateaux sur les monuments assyriens. D’après les Portes de Balawat, pl. 15.
Epist. csx x, 15, t. xxii, col. 1119, recommande à Démétriade d’avoir sans cesse la laine aux mains pour la tordre ou la mettre dans les alvéoles du tissage. On ne se servait pas toujours de navette pour lancer le fil ; parfois, on lui substituait une grande aiguille appelée radius ; primitivement, on se contentait de passer le fil de la trame à la main, comme le font encore les Bédouins du Sinaï. Cf. E. H. Palmer, The descri of lhe Exodus, t. i, p. 125-126; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t. n, p. 571. Dans l’épisode de Dalila tissant au métier les cheveux de Samson, Jud., xvi, 13, 14, il n’est pas question de navette. Job, vu, 6, se plaint que ses jours « passent plus rapides que la navette ». Celle-ci, en effet, habilement lancée par le tisserand, accomplit presque instantanément son trajet à travers les fils de la chaîne. Les versions n’ont pas
pose qu’il y avait dans le texte hébreu le verbe xjâ $d' , « sortir, » au lieu du substantif sim, « navires. » Les anciens manuscrits grecs et le Samaritain ont un verbe; la version chaldaïque a un substantif : « des foules, » ainsi que le Syriaque : cc des légions. » La mention de navires, dans ce passage, est donc fort problématique. Cf. Rosenmüller, Jn lib. Num., Leipzig, 1798, p. 310, 311; De llumrnelauer, In Num., Paris, 1899, p. 307. — Dans les malédictions du Deutéronome, xxvm, 68, il est dit que le Seigneur ramènera sur des navires les Israélites infidèles en Égypte, où ils ne trouveront pas d’acheteurs. Ces navires ne pouvaient être que ceux des Phéniciens, fournisseurs de denrées, d’objets manufacturés et d’esclaves sur les grands marchés de l’antiquité. — Débora, dans son cantique, Jud., v, 17, reproche à Dan de s’étre tenu sur ses navires, au lieu de prendre
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part à la bataille. La tribu de Dan possédait en effet le port de Joppé, qui était d’un accès difficile, mais qui, sur toute cette partie de la côte, présentait le seul point
2° Le roi Salomon se construisit une Hotte à Asiongaber, sur la mer Rouge. Voir Asiongaber, t. i, col. 1097. Comme les Israélites étaient loin d’être experts dans
abordable pour les vaisseaux marchands. On ne voit pas d’ailleurs, dans la suite de l’histoire, que les Danites aient eux-mêmes exploité le commerce maritime avec grand succès. La concurrence de leurs puissants voisins de Phénicie ne pouvait que les écraser. Voir Dan, t.n, col. 1237.
l’art de la navigation, le roi s’entendit avec Hiram, roi de Tyr, qui lui envoya des matelots pour accompagner et former les hommes chargés de voyager sur mer. Les vaisseaux allaient à Tharsis, sur les côtes indiennes. La navigation durait trois ans. On en rapportait de l'or, de
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l’argent, de l’ivoire, des singes et des paons. III Reg., ix, 26-28; II Par., vm, 17, 18; ix, 21. Cette entreprise ne parait pas avoir survécu à Salomon. C’est déjà par mer et sur des radeaux que, par les soins du roi Iliram, les bois du Liban étaient arrivés jusque sur les côtes de Palestine. III Reg., v, 9 (fig. 404). Les vaisseaux salomoniens étaient sans nul doute construits sur le modèle des galères phéniciennes qui faisaient le trafic sur toutes les côtes (fig. 405). — Plus tard, le roi Josaphat s’associa avec l’impie Ochozias, roi d'Israël, pour renouveler l’entreprise de Salomon et équiper une Hotte à Asiongaber. Mais la tempête brisa les vaisseaux dans le port même. Le prophète Éliézer signifia au roi de Juda que ce désastre indiquait la désapprobation de Dieu. Aussi, quand Ochozias parla de reprendre le projet, Josaphat s’y refusa. III Reg., xxii, 49, 50; Il Par., xx, 35-37. Le
cf. Sap., v, 10, et du navire marchand qui vient de loin. Prov., xxxi, 14. — Isaïe, il, 16; lx, 9, mentionne les vaisseaux de Tharsis, particulièrement ceux qui se rendent au port de Tyr, Is. , xxiii, 1, 14, et les vaisseaux chaldéens. Is., xliii, 14. — Ézéchiel, dans son chapitre xxvii, parle avec détail du commerce maritime de Tyr, des vaisseaux de Tharsis qui naviguent pour son compte, et de la stupeur de tous les matelots du monde à la ruine de la puissante cité. — Jonas s’embarque à Joppé, sur un navire de Tharsis, qui est assailli par la tempête. Il paie, avant de s’embarquer, le prix du passage, sâkâr, vaûXov, naulum. Ion., I, 3. Les marins attribuent à la colère des dieux le péril qui les menace, et Jonas, désigné par le sort, avoue sa désobéissance et est jeté à la mer pour apaiser la divinité. .Ion., i, 3-16. — Daniel, xi, 40, représente le roi du nord attaquant