Galère phénicienne. Thèbes. D'après une photographie
Psaume xlviii (xlvii), 7, fait allusion au vent violent qui brise les vaisseaux de Tharsis, et le Psaume Civ (cm), 26, parle de la mer « où se promènent les navires ».
3° L’auteur du Psaume cvn (cvi), 23-30, fait une intéressante description de la navigation sur mer et des dangers que courent les matelots :
Ils descendent en mer sur des navires Pour faire le négoce sur les vastes eaux ;
Ils voient les œuvres de Jéhovah Et ses merveilles sur l’océan.
Il dit, et fait souffler le vent de la tempête Qui soulève les flots de la mer;
Ils montent anxieux, descendent dans l’abime,
Leur âme défaille à la peine.
Ils ont le vertige, chancellent comme un homme ivre,
Et tout leur savoir-faire est à bout.
Ils crient vers Jéhovah dans leur détresse,
Et il les tire de leurs angoisses.
11 change l’ouragan en brise légère Et les vagues s’apaisent.
Iis se réjouissent quand elles sont calmées,
Et il les conduit au port où ils tendent.
Dans les Proverbes, xxiii, 34, le buveur de vin est comparé à l’homme couché au milieu de la mer et sur le sommet d’un mât. Il est parlé du navire qui ne laisse point de trace au milieu de la mer, Prov., xxx, 19,
le roi du midi avec des chars, des cavaliers et de nombreux vaisseaux.
4° Dans son Iraité d’alliance avec les Romains, Judas Machabée, après leur avoir souhaité la prospérité sur terre et sur mer, s’engage à combattre avec eux, le cas échéant, sur terre et sur mer, et à ne fournir ni vivres, ni munitions, ni vaisseaux à leurs ennemis. I Mach., vm, 23, 26, 32. Sur le sépulcre paternel, à Modin, Simon Machabée fit dresser des obélisques et sculpter des vaisseaux que pouvaient apercevoir ceux qui naviguaient en mer. I Mach., xm, 27-29. — Le livre de la Sagesse, xiv, 1-5, par en ces termes de la navigation, telle que la pratiquaient les idolâtres : « En voici un autre qui songe à naviguer ; quand il entreprend de faire route à travers les Ilots sauvages, porté par un morceau de bois, il invoque un bois plus fragile encore (une idole)... Mais c’est votre providence, ô Père, qui gouverne... Aussi les hommes conlient-ils leurs vies à un mince bois, et, en traversant la mer, sont sauvés par une barque. » — Enfin, l’auteur de l’Ecclésiastique, xxxm, 2, rappelle la tempête qui brise le vaisseau, et observe que « ceux qui | naviguent sur mer en racontent les dangers, à l’admi- 1 ration des auditeurs ». Eccli., xliii, 26. — Là se bornent les allusions de l’Ancien Testament à la navigation. Si | on défalque les passages qui se rapportent aux étran- 1 gers, on voit qu’en ce qui concerne les Israélites, il
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n’est question de navigation réelle qu’à l’époque de Salomon.
II. Dans le Nouveau Testament. — 1° L’Évangile ne mentionne qu’une seule espèce de navigation, celle qui se pratiquait sur le lac de Tibériade. A l'époque de Notre-Seigneur, les barques qui le sillonnaient étaient fort nombreuses. Joa., vi, 23. Beaucoup de Galiléens exerçaient le métier de pêcheurs; mais il ne leur était permis d’employer aucun moyen capable d’entraver la navigation. Cf. Gem. Bab. Baba Karna, 80, 2; Reland, Palæstma illustrata, Utrecht, 1714, t. i, p. 261. De violentes tempêtes agitaient parfois les eaux du lac et mettaient les bateliers en péril. Matlh., vin, 23-27; Marc., IV, 35-40; Luc., vm, 22-25. Ceux-ci, instruits par l’expérience, savaient profiter du vent pour aller à la voile, ou, à son défaut, se servir des rames. Marc., vi, 48; Joa., vi, 19. La batellerie du lac joua un rôle assez important pendant la guerre de Judée. Cf. Josèphe, Vit., 32, 33; Bell, jud., II, xxi, 8-10; 111, x, 1, 5, G, 9.
2° C’est dans l’histoire de saint Paul, racontée par les Actes, qu'il est question de navigation avec le plus de détails. — 1. L’apôtre se rend d’abord à Cypre, avec Barnabé. Act., xm, 4, puis de Paphos à Pergé, en Pamphylie, Act., xm. 13, ensuite de Pergé à Antioche, Act.,
xiv, 25. Barnabé retourne à Cypre avec Marc. Act.,
xv, 39. Dans un second voyage, saint Paul passe successivement de Troade à Samothrace, à Néapolis et à Philipes. Act., xvi, 11, 12. De Thessalonique, il est conduit par mer à Athènes. Act., xvn, 14, 15. De Cenehrées, il repart pour la Syrie, Act., xviii, 18, fait escale à Éphèse, Act., xviii, 19, et aborde à Césarée. Act., xviii, 22. Il passe ensuite d’Éphèse en Acliaïe. Act., xviii, 27. D’Éphèse, il retourne encore en Macédoine, Act., xx, 1, puis en Grèce, Act., xx. 2. Comme il a le dessein de regagner la Syrie par mer, les Juifs lui préparent des embûches, et il se décide à* abandonner la route directe, pour naviguer par Philippes, Troade, Act., xx, 6, Assos, Chio, Sarnos et Milet. Act., xx, 14-15. De Millet, il passe par Cos, Rhodes, Patare, et, trouvant là un vaisseau frété pour la Phénicie, il y prend passage, arrive à Tyr et enfin à Ptolémaïde, où il débarque pour se rendre à Jérusalem. Act., xxi, 2-7. Ces voyages s’exécutaient sur des bateaux de cabotage, qui ne s’éloignaient guère des côtes, et faisaient escale aux dsfl’érents ports pour y laisser ou y prendre des marchandises. Pourtant le voyage d’Éphèse à Césarée, Act., xviii, 19-22, a pu se faire directement en passant par le sud de Cypre; c’est le trajet qui est formellement indiqué pour la traversée de Patare à Tyr. Act., xxi, 3. — 2. Le principal voyage maritime de saint Paul est celui qui le conduisit de Césarée, t. il, col. 458, en Italie, après son appel à César. Mais il fut alors embarqué comme prisonnier d’État, en compagnie de soldats qui avaient un certain nombre de détenus à conduire. Un navire d’Adrumète, à bord duquel il prit place, partit de Césarée et fit escale à Sidon. La route directe, pour gagner Adrumète, t. i, col.j251, port de Mysie, passait au sud de Cypre, t. ii, col. 1168; mais le vent contraire obligea le navire à remonter par le nord et à gagner Lystre, Ou plutôt Myre, en Lycie, par les côtes de Cilicie et de Pamphylie. Act., xxvii, 2-5. Voir Myp.e, col. 1362. Là se trouva un vaisseau d’Alexandrie en partance pour l’Italie. Le centurion y transborda ses prisonniers. Mais le temps devint mauvais. De Cnide, t. ii, col. 812, on descendit vers la pointe orientale de l’ile de Crète, au cap Salmone, puis, en longeant la côte, on arriva à Bons-Ports. Voir Crète, t. ii, col. 1113; Bons-Ports, t. i, col. 1847. On était déjà à la fin de septembre, et, dans le monde gréco-romain, on considérait la navigation comme impraticable à partir de la fin d’octobre. Cf. Végèce, De re milil., iv, 39; César, Bell, gall., iv, 36; v, 23. On se décida donc à hiverner à Phénice, au sud de Pile. Mais le vent du nord-est se mit à souffler,
et poussa le navire au sud-ouest de la petite île de Cauda, t. il, col. 350. Les matelots, craignant d’être emportés dans les parages dangereux de la Syrte africaine, centrèrent le vaisseau et abattirent ses agrès, afin de donner moins de prise au vent. La tempête se déchaînant de plus en plus, on jeta successivement à la mer la cargaison, puis les agrès. Quatorze jours après, toujours poussé par le vent d’est, le navire se trouvait dans l’Àdria, nom qui désignait alors la partie centrale de la Méditerranée. Voir Adriatique, t. i, col. 240. On aperçut alors un rivage. Les matelots y firent échouer le navire, en dressant la voile d’artimon de manière que le vent exécutât la manœuvre. Les matelots avaient d’abord voulu se sauver dans une barque, en abandonnant le navire à son sort; après l’échouement, les soldats songèrent à leur tour à massacrer leurs prisonniers, pour les empêcher de fuir. Saint Paul s’opposa avec succès à cette double inhumanité, qui devait se produire fréquemment dans les cas analogues. Act., xxvii, 1-44. On avait abordé dans l'ile de Malte. Voir col. 623. Les passagers y demeurèrent trois mois, probablement jusqu’en février. Un autre navire d’Alexandrie, qui avait hiverné dans l’ile, prit alors saint Paul à son bord, le mena à Syracuse, en Sicile, passa le détroit de Messine, arriva à Rhegium, puis à Pouzzoles, où se fit le débarquement définitif. Act., xxvm, 1-14. On voit par ce récit que l'administration romaine utilisait les vaisseaux de commerce pour le transport de ses prisonniers. On profitait des occasions, à mesure qu’elles se présentaient, et la navigation était à la merci des vents, des tempêtes et des accidents de toute nature. Dans sa seconde Épitre aux Corinthiens, xi, 25, antérieure à peu près de trois ans à ce dernier voyage, saint Paul nous apprend qu’il avait déjà fait trois fois naufrage, et qu’il avait été un jour et une nuit dans les abîmes de la mer. On croit que cette dernière expression signifie seulement qu’en une circonstance particulière, il se trouva abandonné sur une barque désemparée au milieu des Ilots et fut ensuite recueilli par un navire de passage. Cf. Cornely, Epist. ad Corinth. altéra, Paris, 1892, p. 306. — 3. Le récit que fait saint Luc du voyage maritime de saint Paul est d’une exactitude parfaite. Il fournit d’utiles indications sur la navigation des anciens. Pour aller de Palestine en Italie, on se rendait d'abord à Alexandrie, t. i, col. 357, reliée à Césarée par un trafic assez considérable. A Alexandrie, on était sûr de trouver des vaisseaux en partance pour l’Italie. Cf. Suétone, Titus, 5. De fait, au cours de son voyage, saint Paul rencontra deux navires alexandrins, un à Myre, Act., xxvii, 6, et l’autre à Malte. Act., xxvm, 11. Il fallut la présence dans le port de Césarée d’un navire d’Adrumète pour qu’on se décidât à passer directement en Asie Mineure où il était facile, comme il arriva en effet, de trouver d’autres vaisseaux faisant route vers l'Italie. Un navire d’un fort tonnage était indispensable, à cause des prisonniers et des soldats qui devaient faire le voyage. Ce navire avait probablement une cargaison qui devait être débarquée par parties dans différents ports. C’est du moins ce que pratiquaient les bateaux montés par saint Paul dans ses précédents voyages. Les gros navires de charge ne pouvaient guère louvoyer quand le vent était défavorable. Ils préféraient allonger leur route et profiter à la fois des vents et des courants. C’est ce que fit habilement le vaisseau d’Adrumète. La difficulté que rencontra le navire alexandrin de Myre pour naviguer dans les parages de l’ile de Crète s’est produite de tous temps. On n’a cessé de le constater depuis lors. Les anciens en souffraient beaucoup. Cf. S. Grégoire de Nazianze, Orat., xviii in pat rem, 31, t. xxxv, col. 1024; Poernala lnstor., i, t. xxxvii, col. 993. L’armateur ou « maître du vaisseau » accompagnait ordinairement son navire, pour la conduite duquel il s’adjoignait un capitaine. Act., xxvii, 11. Quand la tempête se déchaînait, il n’y avait
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plus qu’à amener les voiles et à se laisser aller au gré des flots. Cf. Euripide, Troad., 686-688. Si elle redoublait, on en venait aux dernières extrémités en allégean le navire de tout ce qui le chargeait, cargaison et agrès. Sur le danger que les Syrtes faisaient courir aux navigateurs, voir Syrte. Quand le temps était couvert et que l’on n’était plus en vue des côtes, les marins de l'antiquité, qui n’avaient pas d’autres guides que le soleil et les étoiles, se trouvaient dépourvus de tout moyen de se diriger. Act., xxvii, 20. Ils erraient alors à l’aventure. C’est ce qui fait qu’aprés quatorze jours de tempête, le navire qui portait saint Paul se trouva en face de Malte, sans que les marins sussent où ils étaient. Ceux-ci exécutent alors une manœuvre intéressante. Au milieu de la nuit, ils jettent la sonde à deux reprises, et, reconnaissant l’approche d’un rivage, ils mouillent quatre ancres, pour éviter d’être portés sur des écueils, et attendent le jour.
le troisième navire qui prit saint Paul à Malte s’arrêta à Rhégium, probablement pour prendre un pilote qui devait le guider à travers les écueils de Charybde et de Scylla, cf. Suétone, Titus, 5, et de là il arriva à Pouzzoles, dans la baie de Naples, où abordaient les vaisseaux qui arrivaient d’Égypte. Cf. .1. Smith, The Voyage and Shipwreck of St. Paul, Londres, 1848; A. Breusing, Die Nautik der Alten, Brême, 1886; J. Yars, L'art nautique dans l’antiquité, d'après A. Breusing, Paris, 1887; A. Trêve, Une traversée de Césarée de Palestine à Putéoles, au temps de saint Paul, Lyon, 1887 ; Vigouroux, Le Nouveau Testament et les découvertes archéologiques modernes, Paris, 1896, p. 321-350. Voir Navire.
H. Lesétre.
NAVIRE, construction en bois capable de transporter sur l’eau des hommes et des objets divers.