MIMOSA DU NIL
Klce, Tëntam. theol. de Chiliasmo, Mayence, '1825; Lafosse, De Deo ac divin, attribulis, q. IV, a. 2, dans le Theol. eues, complet, de Migne, Paris, 1841, t. vii, col. 179-183 ; J. B. Kraus, Die Apokatastasis, Ratisbonne, 1850; Voit, Script, scier, contra incredul. propugnata, IX, ii, 2, dans le S. S. curs. complet, de Migne, Paris, 1857, t. iv, col. 1117-1119; Schneider, Die chiliast. Doctrin, Schalïouse, 1859; Franzelin, De divina Traditione, Rome, 1875, th. xvi, p. 191-206; Drach, Apoc. de S. .Jean, Paris, 1873, p. 24-29; Atzberger, Die christliche Eschatologie in den Stadien ihrer Offenbarung, Fribourg, 1890; Chabauty, Avenir de l’Église catholique selon le plan divin, Poitiers, 1890; Gunkel, Schôpfung und Chaos, TJrzeit und Endzeit, Gœltingue, 1895; Terrien, La grâce et la gloire, Paris, 1897, t. n, p. 405- 413; Rousset, Der Antichrist, Gœtlingue, 1895; Ermoni, Les phases successives de l’erreur millénariste, dans la Revue des questions historiques, 1er oct. 1901 ; Prager, Das'tausendjâhrige Reich, Leipzig, 1903; Turmel, Hist. de la théol. positive, Paris, 1904, p. 183-185; L. Gry, Le millénarisme dans son origine et ses développements, Paris, 1904. H. Lesètre.
MILLET, SVSEL (hébreu : dôlian, Ezech., iv, 9; Septante : v-éy/p o;; Vulgate ; milium), graminée et graine de celte plante.
I. Description. — Herbe originaire de l’Inde, mais cultivée dans toutes les régions chaudes et tempérées du
globe pour ses graines farineuses qui restent incluses entreles glurnelles soudées. La couleur en est très diverse, rouge, jaune ou blanche. La plante, par ailleurs, variepeu. Le Pamcum miliaceum de Linné (fig. 288) appartient à la série des Graminées saccharifères où l’épillet com-
prend une seule fleur fertile et terminale avec le rudiment de Heurs stériles vers la base. La glume inférieure est très réduite, et les glurnelles fructifères atteignent la consistance du parchemin. Les feuilles élargies et étirées en pointe ont à la base du limbe une rangée de cils servant de ligule. La panicule très ample, formée de ramifications longues et onduleuses, incline son sommet à la maturité. Le caryopse est ovoïde, marqué de 5 stries. Toute la plante est recouverte de poils; la tige annuelle et de croissance rapide peut dépasser un mètre de hauteur, et se ramifier vers le sommet. F. Hv.
IL Exégèse. — Le dôhan est le nom hébreu du millet, Panicum miliaceum, encore aujourd’hui appelé dohn, par les Arabes. C’est le même nom dans les langues
voisines, dôhan, doliînâ ’ en chaldéen, dukno' en syriaque. Dôhan, dit Kimclii, est ce qu’on appelle mîliyon (milium, millet). Celsius, Hierobotanicon, in-8°, Amsterdam, 1748, t. i, p. 454. La traduction des Septante, Ezech., iv,
9, y.lyypoç, et de la Vulgate, milium, donne exactement le même sens. En ce passage, Ezéchiel reçoit l’ordre de se nourrir pendant 390 jours d’un pain fait de froment d’orge, de fève, de millet et d’épeautre. Dans cette prophétie symbolique, ce mélange forcé de froment qui vient à manquer avec des graines de nature inférieure, exprimela misère et la détresse où seront réduits les captifs après la ruine de Jérusalem. Le millet est cultivé de nos jours en Palestine, comme en ngypte et en général dans l’Orient. On n’a pas jusqu’ici de preuves matérielles très certaines de la culture de cette graminée dans l’ancienne Égypte et la Babylonie. Unger, P/lanzen des alten Aegyptens, in-8°, 1859, Vienne, s’appuyant sur un passage d’Hérodote, croyait à son existence dans l’ancienne Égypte : mais les monuments et les tombeaux n’ont encore donné ni dessin ni graine : on a tout lieu de conjecturer cependant une ancienne culture du Panicum miliaceum. A. de Candolle, Origine des plantes cultivées, in-8°, Paris, 1886, p. 320. « On fait diverses sortes de pain avec le millet, » dit Pline, H. N., xvm,
10. Il servait surtout à la nourriture des pauvres. — Le nom de dohn a été souvent appliqué en Égypte et chez les Arabes à des plantes voisines du millet, à certaines espèces de sorgho. A la suite de Pline, H. N., xvm, 10, Prosper Alpin, Hist. nat. Ægypli, in-8°, Leyde, 1735, t. i, p. 176, appelle le sorgho millet d’Éthiopie. Aussi est-il probable que sous le nom de dôhan, doivent être comprises quelques espèces de sorgho. Voir Sorgho. — Les Septante, suivis par Aquila et Théodotion, traduisent par '/.gyypoç, « millet, » le mot hébreu ;cd:, nismdn, dans
Isaïe, xxviii, 25. La Vulgate fait de même et rend ce mot par milium, mais nismdn est un participe se rapportant au mot orge (èe'ôrâh) qui précède et signiliant rangé à sa place. Le sens de ce passage est donc celuici ; Le laboureur « ne met-il pas le froment en ligne, l’orge à sa place marquée, et l’épeautre en bordure»?
E. Levesque.
M1LLO. Voir Mello.
MIMOSA OU N8L, espèce de petit acacia que certains auteurs, comme IL B. Tristram, Natural Hislory of the Bible, 8e édit., Londres, 1889, in-12, p. 392, identilient avec le mot hébreu senéh, Exod., ni, 2, 3, 4; Dent. xxxiii, 6, que les Septante rendent par gâ-roi; et la Vulgate par rubus, le buisson ardent, t. I, col. 892. Leur principale raison est tirée de la similitude du nom hébreu senéh avec le nom égyptien de l’acacia, sent. Or, le mot égyptien ne rappelle en aucune façon senéh, mais bien sittdh, sitlim, nom hébreu de l’acacia, où le nun s’est assimile par un daguesch avec le telh, 1. 1, col. 1969. Le senéh est une espèce d’aubépine, la Cratægus sinaitica, assez abondant dans la péninsule sinaïtique. Voir Buisson ardent, t. i, col. 1969-1970, et Acacia, t. i, col. 102. E. Levesque.
MINE
1. MINE (grec : y.£tâ>.).a ; Vulgate : métallo), gisement de minéraux exploités au moyen d’excavations dans la roche ou le sol.
1° En Palestine. — Il est dit au Deutéronome, vin, 9, que dans le pays de Chanaan les pierres sont du fer et qu’on y taille le cuivre dans les montagnes. Celte indication termine une énumération dans laquelle tous les termes sont pris au sens propre; il est donc difficile de les entendre métaphoriquement de pierres dures comme du fer, la métaphore ne pouvant d’ailleurs s’appliquer ensuite au cuivre taillé dans les montagnes. Toutefois, il ne suit pas de là que la Palestine ait été à proprement parler un pays minier; on ne peut croire non plus que l’écrivain sacré ait voulu faire allusion à des mines cachées, que les Israélites n’ont jamais découvertes. De telles mines ne pouvaient constituer pour eux une richesse. Dans la bénédiction d’Aser, il est bien dit aussi : « Que tes verroux (Vulgate : calceamentum ) soient de fer et d’airain. » I)eut., xxxm, 25. Il ne résulte pas davantage de ce texte que le territoire d’Aser ait renfermé des minerais de fer et de cuivre. C'était une riche contrée; Aser devait « plonger son pied dans l’huile ». Deut., xxxm, 24. Il lui était donc aisé de se procurer les métaux par des échanges avec les Phéniciens, ses voisins immédiats. Cf. Wichmanushausen et E. Cob, Aser metallif essor, dans le Thésaurus de llase et Iken, Leyde, 1732, t. i, p. 449-470. Du désert de Tih à Hébron, il est vrai, et ensuite à l’est et au nord-est de Jérusalem, en Sarnarie, en Galilée, dans le Liban et l’Hermon, la dolomie qui se mêle parfois au calcaire néocomien contient des pyrites de fer. Cf. Tristram, The natural history of the Bible, Londres, 1889, p. 19. Mais en fait, il n’y avait pas de mines de fer ni de cuivre dans la Palestine proprement dite. Voir Cuivre, t. n, col. 1157; Fer, t. n, col. 2207. On n’a trouvé de minerais de fer que dans le Liban. Cf. Volney, Voyage en Égypte et en Syrie, Paris, 1823, t, i, p. 233; Russegger, Reisen in Europa, Asien und Africa, 1811-1849, t. i, p. 693; t. iii, p. 284. A Deïr el-Kamar, à vingt kilomètres au sud de Beyrouth, des Juifs exploitaient encore naguère le minerai de fer du Liban et en fabriquaient des fers à cheval qu’on expédiait dans toute la Palestine. Cf. Schwarz, Bas heilige Land, 1852, p. 323. A l’est de la même ville, dans les montagnes du Kesrouan, d’autres mines sont exploitées, particulièrement à Masra. La malléabilité du fer qu’on y trouve le fait préférer au fer étranger pour la clouterie et les menus ouvrages. Cf. Chauvet et Isambert, Syrie, Palestine, Paris, 1890, p. 87. Mais ces mines n’étaient pas au pouvoir des anciens Israélites. Josèphe, Bell, jud., IV, vin, 2, donne à la chaîne montagneuse qui s’étend du nord au sud à l’est du Jourdain le nom de tô aiSvjpo-jv xa).o j[j.£vov Ôpoç, « la montagne qu’on appelle de fer. »A quelque distance au sud-ouest du village de Bourmah, situé sur le Jaboc, entre le Jourdain et Gérasa,voir la carte de Gad, t. ni, col. 28, on a retrouvé en effet les trous d’une ancienne exploitation de minerai de fer. Il y a là un grès très ferrugineux qu’on a recommencé à exploiter à plusieurs reprises au siècle dernier. Cf. Wetzstein, dans Frz. Delitzsch, Bas Buch lob, Leipzig, 1876, p. 358. Le basalte abonde dans la région montagneuse de la Palestine; il renferme une forte proportion d’oxyde de fer, mais cet oxyde n’est pas exploitable pour fournir le métal. Voir Basalte, t. i, col. 1485. Les mines de cuivre n'existaient pas non plus en Palestine. Il y en a une à Antabès, au nord d’Alep, mais elle n’est pas exploitée. On tirait beaucoup de cuivre de Phunon, en Idumée, entre Pélra et Soar. Cf. Reland, Palæstina illuslrata, Utrecht, 1714, p. 951 ; Revue biblique, 1898, p. 1 14. La grande quantité de cuivre que David prit à Adarézer, I Par., xviii, 8, prouve au moins qu'en Syrie l’on n’était pas en peine pour se procurer ce métal. Il résulte de ces constatations que le texte du Deutéronome, vm, 9, doit s’entendre dans ce sens assez large que les Israé-
lites auraient toute facilité pour trouver autant de fer et de cuivre qu’ils voudraient dans le pays de Chanaan, soit par des échanges, soit par une action directe sur les mines des régions limitrophes, qui d’ailleurs furent assez souvent soumises à leur domination.
2° Bans la péninsule sinaïtique. — L’auteur du livre de Job, xxvm, 1-2, parle de mines d’argent, d’or, de fer et de cuivre. H fait sans doute allusion à différentes exploitations connues de lui dans le Liban, les monts de Galaad, l’Idumée, etc., et à celles des Égyptiens en Nubie, au Pouanit, et dans d’autres pays, voisins de la mer Rouge, d’où ils tiraient l’or. Voir Or. Mais sa description parait viser spécialement les mines de cuivre et de turquoises que les Égyptiens exploitaient dans la presqu’île sinaïtique. Voir Cuivre, t. ii, col. 1157. Dans les lianes d’une vallée de la presqu’île, située à l’ouest, à peu près à mi-chemin entre les sources de Moïse et la pointe méridionale, et appelée ouudi Maghara, « vallée de la caverne, » les Monîtou, qui fréquentaient anciennement ces parages, avaient découvert des veines de minerais
et à exporter sur les bords du Nil. Ces objets excitèrent la convoitise des Égyptiens, qui organisèrent des expéditions pour aller exploiter la mine à leur profit. Un roi de la IIIe dynastie, Zosiri, paraît s’être occupé le premier de mettre la main sur la mine. Snofrou, premier roi de la IVe dynastie, organisa plus sérieusement l’exploitation et prit des mesures efficaces pour écarter par la force les premiers occupants. Sur une tablette qui se voit encoreau versant nord-ouest del’ouadi, Snofrou est représenté tenant de la main droite une massue avec laquelle il va frapper un Bédouin terrassé (fig. 289). Cf. Lepsius, Benkm., n, 2. Un autre bas-relief montre son successeur, Chéops, dans la même attitude. Les Égyptiens appelaient mafka ou mafkait le produit qu'ils venaient chercher dans ces parages; la déesse Hàthor était dans le pays la dame du mafka, et la mine ou balt se trouvait dans la région des grottes ou bibit. En quelques heures, les ouvriers pouvaient transporter les produits de l’exploitation jusqu’au rivage, dont ils n’étaient séparés que par une rangée de hauteurs et une plaine étroite. Pour se mettre à l’abri des bandes de Monîtou, ils se retiraient, quand c’était nécessaire, dans une sorte de village fortifié, bâti sur le sommet d’un petit monticule à pic, qui se dressait au sud de l’ouadi. Le fond de la vallée avait été transformé en lac artificiel au moyen d’un barrage. Les galeries d’exploitation de la mine sont basses et larges, avec de gros piliers de soutènement ménagés dans la roche. Les mineurs détachaient les blocs
MINE
dans la roche de grès brun, les broyaient en fragments | et tamisaient le tout. Us en extrayaient les oxydes de cuivre et de manganèse avec lesquels on fabriquait en Égypte les émaux bleus de diverses nuances. Us recueillaient aussi la turquoise, pierre précieuse qui contient 1 à 5 pour cent de protoxyde de cuivre, et qui, dans la mine de Maghara, est d’un beau bleu prenant à l’air et à l’humidité une teinte verdâtre. Pour attaquer le grès, les ouvriers se servaient d’outils de silex ou peut-être aussi de bronze. Cf. E. 11. Palmer, The Desert of the Exodus, Londres, 1871, t. i, p. 197; Revue biblique, 1896, p. 627. On retrouve encore sur place d’anciens outils de silex, et l'on reconnaît sur le grès la marque tracée par des instruments analogues. On voit aussi, à certains endroits des galeries, des places noircies par la fumée des lampes. De temps en temps, un pharaon envoyait un officier avec quelques centaines d’hommes supplémentaires, parfois même deux ou trois mille, quand il avait besoin d’une production plus considérable. On a encore les rapports de quelques-uns de ces officiers. Cf. H. S. Palmer, Sinai, Londres, 1878, p. 95-97 ; Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, t. i, Paris, 1895, p. 354-358; Jullicn, Sinai et Syrie, Lille, 1893, p. 75-77. La mine, exploitée avec certaines intermittences jusqu’à la fin de la VIe dynastie, fut abandonnée jusqu’au commencement de la XIIe, puis reprise et délaissée jusqu’à son abandon définitif après Thothmès III, de la XVIIIe dynastie. Dès la XIIe dynastie, de nouvelles mines avaient été découvertes à trois ou quatre heures au nord de l’ouadi Maghara, à Sarabit el- Khadim. Deux temples y furent successivement élevés à la déesse Hâthor. Bientôt abandonnées, elles furent exploitées de nouveau sous la XVIIIe dynastie, et ensuite sous les rois de la XIXe, Séti Ier, Ramsès II, et de la XXe, Ramsès III et Ramsès IV. On y trouvait la turquoise et les minerais de fer et de cuivre. On voit encore aux environs de grands amas de scories provenant de l’exploitation. Cf. Lepsius, Briefe ans Aegyplen, Aethiopien und der Halbinsel des Sinai, Leipzig, 1852, p. 338; Frz. Delitzsch, Bas Bach lob, p. 355-357; Vigouroux, Mélanges bibliques, Paris, 1882, p. 263-285; Chauvet et Isambert, Syrie, Palestine, Paris, 1890, p. 15-20. On a également signalé des mines de cuivre dans l’ouadi Razaita, près du mont Habashi. U y avait là de riches veines de métal qui ont dû être très anciennement exploitées par les Égyptiens. Cf. E. H. Palmer, The Desert of the Exodus, t. t, p. 256. — Les traits qui composent la description que Job, xxvin, 3-11, fait du travail des mines paraissent empruntés à des exploitations différentes. Le puits que l’on creuse et dans lequel l’ouvrier se balance loin des humains, suppose une mine s’enfonçant sous terre et dans laquelle on descend le mineur par des cordes. Cf. Pline, II. N., xxxm, proœni. et 4, 21. C’est probablement aussi dans d’autres mines que celles du Sinaï qu’il fallait empêcher l’eau de filtrer. Mais là, comme dans la plupart des exploitations, il y avait à attaquer la roche, à pénétrer dans des profondeurs qu’ignoraient les animaux, à bouleverser les entrailles du sol comme le feu, qui avait si visiblement tourmenté les montagnes voisines de la mer Morte, à creuser des canaux dans le roc pour amener l’eau nécessaire au lavage du minerai, enfin à tirer dehors, au grand jour, ce qui auparavant était caché dans le sein du sol ou de la montagne. Cf. Pline, II. N., xxxm, 4, 21.
3° En Espagne. — Judas Machabée sut que les Romains par leur prudence et leur patience, avaient mis la main sur les mines d’or et d’argent qui étaient en Espagne.
I Mach., vin, 3. En 201 av. J.-C., après la victoire de Zama remportée sur les Carthaginois, la péninsule Ibérique était tombée au pouvoir des Romains. Quarante ans plus tard, le prince juif pouvait donc les croire solidement installés dans ce pays. Voir Espagne, t. ii, col. 1951. L’Espagne était célèbre parmi les anciens par
ses richesses minérales. Cf. Pline, II. N., m, 4; Diodore de Sicile, v, 35; Strabon, III, n, 9. La région située au sud-est de l’Espagne, entre Carthagène et Almeira, avec Cuevas pour cenlre, est une région argentifère depuis longtemps connue et exploitée, grâce à sa situation littorale. En 1840, on découvrait encore un riche filon de galène argentifère dans la Sierra Almagrera, et en 1870 de l’argent natif à une faible profondeur dans des terres argentifères. Des découvertes analogues ont été faites aux temps préhistoriques. Dans les tombes de cette époque, on a recueilli des perles en or ou en argent, métaux qui n’avaient pu être utilisés alors qu’à l’état natif. Des diadèmes d’or ou d’argent entourent parfois des crânes humains. Un peu plus tard, l’argent apparaît employé à la fabrication d’objets de parure, d’armes et même d’outils. Cette profusion de l’argent suscita de bonne heure la convoitise des étrangers; de gré ou de force, ils le prirent aux indigènes et le transportèrent sur les côtes orientales de la Méditerranée. On a même pu supposer que l’argent natif recueilli en Espagne avait été le premier à apparaître en Asie Mineure, à l’ancienne Troie et en Syrie. Les Phéniciens, qui allaient chercher le cuivre à Tamassos, dans l’ile de Chypre, ne tardèrent pas à pousser jusqu’à la côte Ibérique. Us y échangeaient l’argent contre des marchandises manufacturées, et ils tiraient si grand profit de ce négoce que, quand leur charge était complète, et qu’il restait de l’argent sur le marché, ils en substituaient des lingots aux plombs de leurs ancres. Cf. Diodore de Sicile, v, 35; II. et L. Siret, Les premiers âges du métal dans le sud-est de l’Espagne, Anvers, 1887, et dans la Revue des questions scientifiques, Bruxelles, janv. -avril 1888, p. 5-60, 368-4i8. A l’époque romaine, on ne se contentait plus de ramasser l’argent à l’état natif, on exploitait les filons argentifères et on dégageait le métal précieux du plomb auquel il était mélangé.
4° A Patmos. — Saint Victorin de Pettau, martyrisé en 303, ditque saint Jean fut condamné aux mines dans l’ile de Patmos par Domitien. In Apoc., x, 11, t. v, col. 333. Cf. Fouard, Saint Jean, Paris, 1904, p. 100. Mais il est seul à noter cette particularité et son assertion ne paraît pas fondée. Cent ans avant lui, Tertullien, De præscript., 36, t. n, col. 49, avait seulement parlé de relégation; or on sait que cet auteur emploie toujours les termes juridiques. C’est uniquement d’exil et de relégation que parlent le pseudo-Méliton, sur les Act. et miracul. S. Joan. Apost., de Leucius, t. v, col. 1241; Origène, In Matth., xvi, 6, t. xm, col. 1385; Eusèbe, H. E., ni, 18, t. xx, col. 252; S. Jérôme, Cont. J ovin., i, 26; De vir. illust., 9, t. xxm, col. 247, 625, etc. Les traditions locales désignent à Patmos la grotte dans laquelle l’Apôtre aurait composé l’Apocalypse; elles ne connaissent point de mines dans lesquelles il aurait travaillé. Cf. V. Guérin, Description de Vile de Patmos, Paris, 1856; Meyer, Der Orient , Leipzig, 1882, t. n, p. 56; Le Camus, Notre voyage aux pays bibliques, Paris, 1894, t. n, p. 327. Saint Jean fut donc simplement relégué à Patmos, comme les deux Flavia Domitilla l’avaient été par le même Domitien, l’une dans l’ile de Pandataria, Dion Cassius, lxvii, 13, l’autre dans l’ile de Pontia. Cf. Eusèbe, II. E., ni, 18, 4, t. xx, col. 240; S. Jérôme, Epist. cvui ad Eusloch., 7, t. xxn, col. 882.
2. mine (hébreu : mânéh; grec: p.và; Vulgate : mnaf une fois, mina, III Reg., x, 17), poids. Le nom de la mine est d’origine sémitique; les documents cunéiformes assy riens l’appellent mana, l’hébreu mânéh, forme sous laquelle le mot se retrouve dans les textes épigraphiques phéniciens et puniques. U est passé en grec avec ea transcription littérale dans le mot p.v5, en latin dans mina ou mna.
I. La mine dans ï,a Bipi.e. — La mine est indiquée dans la Bible à partir de l’époque des rois comme ser-
MINE
vant à peser l’or et l’argent. — Salomon met dans le Temple 300 petits boucliers d’or du poids de 3 mines chacun. 1 (III) Reg., x, 17. La Vulgate donne pour le revêtement d’or de chacun 300 mines, ce qui est un poids exagéré. C’est évidemment une erreur de transcription ou de traduction. — Les chefs de famille, pour la reconstruction et l’ornementation du temple, après la captivité, dirent entre autres 5000 mines d’argent, suivant I Esd., il, 69; 2000 mines suivant II Esd., vu, 72. Simon Machabée envoie aux Romains un bouclier d’or du poids de 2000 mines, 1 Mach., xiv,24, de 1000 mines suivant I Mach., xv, 18. — Les Hébreux se servaient pour la mine du poids en usage chez les peuples voisins, en particulier du système babylonien. Ezéchiel, xlv, 12, évalue la valeur monétaire de la mine dans un texte reproduit d’une façon différente, dans l’hébreu et dans les Septante. Le texte hébreu qui est suivi par la Vulgate porte : vingt sicles, vingt-cinq sicles et quinze sicles, c’est-à-dire soixante^ sicles font une mine. Les Septante disent que cinquante sicles font une mine. D’après l’hébreu, la mine vaudrait donc environ 852 grammes et d’après les Septante environ 710 grammes. .losèphe, Ant. jud., XIV, vu, 1, dit que la mine juive valait de son temps deux livres romaines et demie, c’est-à-dire environ 100831 65, ce qui est un peu plus que la mine babylonienne de poids fort. Ailleurs, Ant. jud., III, vi, 7, il évalue le poids du chandelier d’or à 100 mines, or, nous savons qu’il pesait un talent. Exod., xxv, 39. La mine serait donc ici le centième du talent. Ce serait dans ce cas une mine pesant la moitié de la précédente, c’est-à-dire environ le poids de la mine babylonienne légère ou 509 grammes. — La mine n’est mentionnée qu’en une seule circonstance dans le Nouveau Testamen t C’est dans une parabole de Notre-Seigneur rapportée par saint Luc, xix, 13, 16, 18, 20, 21, 25. En voir l’explication, Jésus-Clinst, 3° groupe de paraboles, 1°, t. ni, col. 1495.
IL La mine chez les Chaldéo-Assyriens. — La mine est mentionnée dans les documents chaldéens dès le xx° siècle avant J.-C. Il en est plusieurs fois question dans le code de Hammourabi. Voir Scheil, La loi de Hammourabi, in-18, Paris, 1904, n. 24, p. 6; n. 198, p. 41. La mine est divisée en tiers et en demies, ibid., p. 43, 48. Il s’agit toujours dans ces textes de mines d’argent. Dans les lettres découvertes à Tell el-Amarna, il est question de mines d’or. Voir Monnaies. Les contrats de toutes les époques mentionnent les prix des esclaves, des maisons, etc., en mines d'or et d’argent. E. Babelon, Les origines de la monnaie, in-18, Paris, 1897, p. 56-57.
Les Chaldéo-Assyriens faisaient usage de deux systèmes de poids, dont l’un était exactement le double de l’autre. Chacun de ces deux systèmes avait les mêmes unités : le talent qui valait 60 mines, et la mine qui valait 60 sicles. La série forte ou lourde était appelée poids du roi, la série faible ou légère, poids du pays. Dans la série forte, la mine pesait environ 1009'J' 20, dans la série faible 504o' 60. Mais si le système des divisions était partout le même, le poids varia suivant les époques et suivant les parties de l’empire; aussi dans l’indication des pesées a-t-on soin d’indiquer qu’il s’agit déminés du roi Doungi, de mines de Babylone ou de mines de Charcamis. Sur le poids on trouve parfois ces indications avec le nom du fonctionnaire qui les vérifiait. Fr. Lenormant, E. Babelon, Histoire ancienne, 9e édit., in-4°, Paris, 1887, t. v, p. 190-191. On possède dans les musées des poids ayant la valeur des multiples ou des sousmultiples de la mine, ils ont la forme de lions (lig. 290), ou de canards ou d’autres animaux. Cf. Fr. Lenormant, E. Babelon, Hist. anc., t. iv, p. 229; t. v, p. 190. Les Grecs adoptèrent la mine avec le talent; la mine était la soixantième partie du talent, mais elle était divisée en 100 drachmes; le slatère ou didrachme valait 1/50 de
mine. Le poids de la mine varia selon les temps et les pays, la mine de Phidon d’Argos pesait 637 grammes. Dans les systèmes eubéens et athéniens primitifs, elle pesait 873 grammes. Rien qu’à Athènes on trouvait sept poids différents de la mine. La mine solonienne pesait 4363^60, la mine éginète du commerce 602ü>'60; l’ancienne mineéginète de 672 grammes réduite après Solon à 655 grammes; la mine faible phénicienne, de 373 gram-
290. — Mine forte assyrienne. D’après l’original. Musée du Louvre. Poids : 1009 grammes.
mes; la mine babylonienne faible d’argent de 560 grammes; la mine forte d’argent de 1120 grammes; la mine babylonienne faible d’or de 420 grammes ; la mine babylonienne forte d’or de 840 grammes. F. Hultsch, Griechische und Rômische Métrologie, 2e édit., in-8°, Berlin, 1882, p. 138. Au temps des Machabées, nous trouvons un poids de plomb d’une mine porlant le nom d’AntiochusIV Épiphane et pesant 51 9 grammes (fig. 291),
291. — Mine d’Antiochus. Poids en plomb du Cabinet des médailles. — Victoire, debout, entre deux étoiles, tenant dans la main droite une couronne et dans la main gauche une palme. BAEIAEOS ANTIOXOr 0EOÏ EIWANOrE MNA.
une autre d’Antiochus X le Pieux, de l’an 220 des Séleucides (92 avant J.-C.) pèse 6143r40. Soutzo, Étalons pondéraux primitifs, in-8°, Bucharest, 1886, p. 61. Une aulre mine du Cabinet des médailles, également en plomb, pèse 1069 grammes. C’est une mine de poids fort babylonien. Elle est originaire d’Antioche (fig. 292). Au temps des Romains, on comptait encore cinq mines différentes, la mine de 16 onces, pesant 4363 r 50; la mine de 18 onces, pesant 491or20, appelée mine italique; la mine de 28 on-
MINE