‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 194 sur 389 · Salle hypostyle de Karnak. D’après une photographie · texte numérisé non relu

Salle hypostyle de Karnak. D’après une photographie

de la population était sa chose. Cf. Errnan, Aegypten und cigyptisches Leben, édition anglaise, Londres, 1894, p. 299-303. Les grands-prêtres d'un tel dieu ne pouvaient que bénéficier de la gloire de leur maître. Aussi dès que les derniers Ramessides dégénérés eurent disparu delà scène, ils se trouvèrent prêts pour ceindre la couronne des deux Égyptes. Les rois-prêtres remplissent la XXL- dynastie. Ils disparaissent ensuite et la capitale est transférée dans le Delta. Thèbes abandonnée ne fut bientôt plus que l’ombre d’elle-même. Les troupes assyriennes la rançonnèrent une première fois sous Tbaraca (668). Montoumhat, le gouverneur de Thèbes, avait à peine eu le temps de purifier les temples et de réparer les désastres sur le passage de l’ennemi, E. de Rougé, Étude sur les mon. du massif de Karnak, loc. cit., p. 18-19, que celui-ci reparut (664). Cette fois Thèbes fut mise à sac. « Mes mains, dit Assurbanipal, prirent la ville dans sa totalité. Je saisis l'or, l’argent, les pierres précieuses, tous les trésors du palais royal, les étoffes teintes en berom, de grands chevaux, la population mâle et femelle. J’enlevai de leur base, à la porte d’un temple, pour le pays d’Assur, deux grands obélisques du poids de deux mille cinq cents talents

gèrent des couvents, une partie des habitants de la rive gauche demanda un abri aux tombes profanées. Mais ses ruines sont restées si imposantes jusqu’à nos jours, malgré le tremblement de terre de l’an 27 avant J.-C. et les vandalismes de toute provenance, qu'elles n’ont cessé d’exciter la plus vive admiration. On sait qu’en 1799 les soldats de l’armée française s’arrêtèrent muets devant la majesté des ruines de Thèbes, qu'ils présentèrent les armes et que les tambours battirent aux champs.

IV. Thèbes et la bible. — La ville de Noutest nommée par les prophètes Nahum, Jérémie et Ézéchiel, dans le texte hébreu de la Bible. — 1° Nahum, m, 8- 10. Le prophète vient d’annoncer la chute de Ninive. Il poursuit, s’adressant à la ville coupable, f. 8 : « Vauxtu mieux que No-Amon, assise au milieu des fleuves, que les eaux environnent, qui avait la mer pour rempart et dont les eaux étaient la muraille? Kousch était sa force, ainsi que l'Égypte, et ils étaient innombrables; Phut et les Libyens étaient ses auxiliaires. Elle aussi est allée en exil, elle a été captive; ses petits enfants aussi ont été écrasés à l’angle de toutes les rues; on a jeté le sort sur ses nobles, et tous ses grands ont été chargés de chaînes. » Saint Jérôme, dans la Vulgate, a

NO-AMON

rendu Vax s: par Alexandrin populorum. Il y fut

induit par son maître d'hébreu : Hebræus qui me in Scripturis erudivit, ita legi posse asseruit : numquid es melior quant No-Amon, et ait, hebraice No dici Alexandriam; Amon autem multitudinem sive populos. In Nahum, ni, 8, t. xxv, col. 1260. Il était d'ailleurs persuadé que No était une ville du Delta située sur la place que devait occuper plus tard la capitale des Ptolémées, et il la baptisa, en vertu d’une prolepse, du nom d’Alexandrie : Nos autem pro No, Alexandriam positi-

on Prophète, » Gcogr. de la Basse-Égypte, p. 118, et il renvoie à Champollion qui, lui aussi, a soutenu que la description de Nahum ne convient pas à la Diospolisde la Haute-Égypte. L’Égypte sous les Pharaons, t. ii, p. 131-138.

Récemment encore, W. Spiegelberg, Aegyptologische Randglosscn zum Alten Testament, 1904, p. 31-36, a tenté de situer No-Amon, la (xeptfia ’Ajj.jjuÔv des Septante, dans le Delta, à Balamoun. Mais il suppose que les envahisseurs s’aventuraient dans cette région; il

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