MICHAELIS Christian Benedict, orientaliste pro
testant, né à Élrich le 26 janvier 1680, mort à Halle le 23 janvier 1764. Il fut successivement dans cette dernière ville professeur de philosophie, de théologie et de langues orientales. De ses divers écrits nous mentionnerons : Uberiores annotaiiones philologicæ exegeticæ in hagiographos Veteris Testamenti libros, 3 in-4°, Halle, 1720 : une partie des notes sont de son frère Jean-Henri Michaelis. B. Heurtebize.
2. MICHAELIS Jean, théologien protestant suédois, né à Stralsund le 27 janvier 1612, mort à Greifswalde le 11 mars 1674. 11 étudia à Itœnigsberg, à Rostock et à Leyde et devint à Greifswalde professeur d’éloquence, puis de théologie. Il exerçait en même temps les fonctions de ministre en cette ville. On a de lui, outre un lexique hébreu : Notæ exegetico-criticæ in Novum Testamenturn præcipue quoad hellenistica, in-4°, Rostock, 1706, publié par son fils Pierre Michaelis. — Voir Walch, Biblioth. theologica, t. iv, p. 600. B. Heurtebize.
3. MICHAELIS Jean David, théologien allemand protestant, né à Halle le 27 février 1717, mort à Gœttingue le 22 août 1791. Il suivit les cours de l’université de Halle et en 1740 fit un voyage en Angleterre pendant lequel il se créa des relations avec les savants de Londres et d’Oxford. De retour à Halle, il reprit ses études sur les Livres Saints et les langues orientales. En 1746, il fut nommé professeur de philosophie à l’université de Gœttingue dont il fut bibliothécaire de 1761 à 1763. On lui doit une traduction allemande de la Bible. L’Ancien Testament fut publié à Gotha de 1769 à 1783 en 13 in-4°; le Nouveau Testament de 1788 à 1792 en 2 in-4°. Parmi ses autres écrits nous mentionnerons : Tractalio crilica de variis lectionibus Novi Testamenti caute colligendis et dijudicandis, in-4°, Halle, 1749; Paraphrasen und Anmerkungen iïber die Briefe Pauli , in-4°, Brème, 1750: il s’occupe des Épîtres aux Galates, aux Éphésiens, aux Philippiens, aux Colossiens, aux Thessaloniciens, à Timothée, à Tite et à Philémon; Curæ in versionem sgriacam Actuurn Apostolorum, in-4°, Gœttingue, 1755; Lleber die drei ivichtigsten Psalmen von Chrislo xvi, XL und ex, n-8°, Gœttingue, 1759; Erklarung des Briefes an die Hebràer, 2 in-4°, Francfort, 1762; Epislolæ de lxx hebdomadibus Danielis,
MICHAELIS
MICHÉE
in-8°, Londres, 1773; Einleitung indiegôttlichen Schriften des Neuen Bandes, in-4°, 1750; 2 in-4°, 1787-1788; Einleitung in die gôUlichen Schriften des alten Bandes, in-4°, Hambourg, 1787 ; ouvrage incomplet; Ohservationes philologicæ et criticæ in Jeremiæ Valicinia et Threnos, in-4°, Gœttingue, 1793. On lui doit encore Orientalische und exegetische Bibliothek qui parut à Francfort, in-8°, de 1771 à 1789, et N eue orientalische und exegetische Bibliothek publié à Gœttingue, in-8°, de 1786 à 1793. Les derniers fascicules sont de Tychsen. — Voir J. D. Michaelis Lebenschreibung von ihm selbst abgefasst, in-8°, Leipzig, 1793; C. G. Heyne, Elogium J. B. Michaelis, in-4°, Gœttingue, 1791.
B. Heurtebize.
4. MICHAELIS Jean Henri, orientaliste allemand protestant, né Klettemberg en Saxe le 15 juillet 1667, mort à Halle, le 10 mars 1738, Après avoir suivi les cours de l’université de Leipzig, il devint professeur au collège théologique de Halle, et en 1699 il fut choisi pour enseigner le grec et l’hébreu à l’université de cette ville. Parmi ses écrits nous remarquerons : Dissertalio de Paradiso, in-4°, Halle, 1695; Dissertatio de Angelo, Job, xxxm, 23, in-4°, Halle, 1701; Nova versio latina Psalterii Æthiopici cum notis philologicis, in-8°, Halle, 1701 ; De peculiambus Ebræorum loquendi modis, in-4°, Halle, 1702; De codicibus manuscriptis biblico-hebraicis maxime Erfhurtensibus, in-4°, Halle, 1706; Dissertatiunes de textu Novi Testamenti græco, in-4°, Halle, 1707 ; De asu Lxxinterpretum in Novum Testamentum, in-8°. Halle, 1709; De Isaïa propheta ejusque vaticinio, in-4°, Halle, 1712; De libro Coheleth, seu Ecclesiastes Salomonis, in-8°, Halle, 1717 : De Canlico Canticorum Salomonis, in-8°, Halle, 1717; Notes in Jobum, in-4°, Halle, 1720; Adnotationes in Psalmos, in-4°, Halle, 1720; lntroductio ldstorico-theologica in S. Jacobi Epistolam catholicam, in-4°, Halle, 1722. On lui doit en outre une édition de la Bible hébraïque : Biblia hebraica, 2 in-4°, Halle, 1720. Il collabora au travail de son frère Chrétien- Benoît Michaelis : Uberiores annotaliones philologicæ exegeticæ in hagiographos Veteris Testamenti libros, 3in-4", Halle, 1720. — Voir Walch, Biblioth. theologica, t. ni, p. 86, 90, 100; t. iv, p. 202, 479, 484, etc.
B. Heurtebize.
MICHAIA (hébreu : Mikâyâlui , « qui (est) comme Jéhovah? » Septante : Maa/d), fille d’Uriel de Gabaa; elle fut une des femmes de Roboam et la mère d’Abia, roi de Juda. Michaïa est probablement une altération du nom de Maacha. Voir Maacha 4, col. 465-466. — Hans le texte hébreu, plusieurs Israélites portent le nom de Mikâyâhâ ou Mikâyâh; la Vulgate les a appelés Michæas. Voir Michée.
MICHAS (hébreu : Mikâyehû et Mikâh; Septante : Mt/alaç; Alexandrinus : Mr/â), Ephraïmite qui vivait dans la montagne d’Éphraïm avant l’établissement de la royauté en Israël. Son histoire est racontée dans le premier appendice du livre des Juges, xvii-xvm. Il s’était emparé de onze cents sicles d’argent que sa mère avait ramassés. Effrayé des imprécations de sa mère contre le voleur, il les lui restitua, et celle-ci remit deux cents sicles à un orfèvre ou fondeur, afin qu’il en fit une pésél (idole taillée, sculptée) et une massêkâh (idole ou objet en fonte). Jud.. xvn, 3. La différence entre les deux mots pésél et massêkâh n’est pas facile à déterminer. Le Codex Vaticanus les traduit par y),u7ctov et ^(oveotôv ; V Alexandrinus omet le second mot; Vulgate : Sculpiile atque conflalile. Iveil, Josua, Richter und Ruth, 1863, p. 328, suppose que le premier mot désigne l’idole sculptée et le second, la base en fonte sur laquelle elle était placée. Fr. von Hummelauer, Comment, in Jud., 1888, p. 298, pense que pésél est une idole en bois qui fut recouverte de lamelles d’argent ou d’or, et c’est celle enveloppe métallique qui est appelée massêkâh. D'au-
tres commentateurs croient que Michas fit fabriquer deux idoles, l’une sculptée, l’autre fondue. Voir Idole, ii, 17° et 21°, t. ni, col. 820, 821. Quoi qu’il en soit, on ne peut douter que Michas n’ait voulu faire exécuter une image de Jéhovah. Son nom même, dont le sens est : « Qui est comme Jéhovah? » montre que sa famille adorait Jéhovah, mais de plus, le texte met formellement dans la bouche de la mère ces paroles : « Que mon fils soit béni de Jéhovah !» et : « Je consacre de ma main cet argent à Jéhovah pour mon fils, afin d’en faire un pésél et une massêkâh. » Jud., xvn, 2-3. L’idolâtrie de Michas consista donc à adorer, non pas un faux dieu, mais le vrai Dieu lui-même sous la forme d’une image ( idolinn ), contrairement à la loi mosaïque qui proscrivait toute représentation sensible. Exod., xx, 4; Deut., iv, 15-19. Michas peut sembler cependant avoir agi avec une certaine bonne foi, soit qu’il ignorât la prescription de Moïse, soit qu’il l’interprétât mal, car il dit, Jud., xvn, 13, après avoir attaché un lévite à son culte domestique : « Je sais maintenant que Jéhovah me fera du bien, puisque j’ai ce lévite pour prêtre. » Ces paroles montrent qu’il connaissait la loi d’après laquelle la tribu de Lévi seule était consacrée au service de Jéhovah, mais aussi que, ou bien il la connaissait imparfaitement, puisqu’il confiait à un simple lévite les fonctions sacerdotales, qui étaient réservées exclusivement aux descendants d’Aaron, ou bien qu’il n’en observait que ce qui lui plaisait. Il avait, en effet, violé cette prescription auparavant, en faisant prêtre un de ses fils. Il avait, de plus, violé d’autres points de la loi, en établissant « une maison de Dieu » dans sa demeure, et en faisant un éphod (t. n, col. 1865) et des theraphim, espèces d’idoles domestiques. Voir Idole, ii, 30°, t. ni, col. 822, et Theraphim. Il fut puni de toutes ces infidélités : pésél, massêkâh, éphod, theraphim, et le lévite lui-même lui furent enlevés de force par les Danites, qui établirent à Dan (Laïs) un sanctuaire desservi de la même façon. — Pour l’histoire du lévite, qui s’appelait Jonathan, voir Jonathan 1, t. m, col. 1614, et pour l’épisode des Danites, voir Dan 3, t. ii, col. 1245-1246.
F. VlGOUROUX.
MICHÉA (hébreu : Mîkâyâh; Septante : Mivata; ; omis dans plusieurs manuscrits grecs), prêtre qui vivait du temps de Néhémie. Il sonna de la trompette lors de la dédicace des murs de Jérusalem restaurés. II Esd., xn, 40 (hébreu, 41).
MICHÉE (Vulgate : Michæas ), nom, dans notre version latine, de deux prophètes et de deux personnages de la cour des rois de Juda. Voir Micha, col. 1059, pour la forme hébraïque de ce nom.
1. MICHÉE (hébreu : Mikâyehû (Mikâh, II Par., xvm, 14); Septante : Mi/aîaç), fils de Jemla, prophète de Samarie. Après trois ans de paix entre Achab d’Israël et Bénadad de Damas, le roi d’Israël voulut reprendre sur le roi de Syrie Ramoth de Galaad et il proposa à Josaphat, roi de Juda, dont le fils Joram avait épousé la fille d’Achab, Athalie, de prendre part avec lui à cette campagne. Josaphat se montra disposé à le faire, mais lui demanda de consulter préalablement Jéhovah. Achab rassembla donc ses quatre cents prophètes, qui lui promirent la victoire. Le roi de Juda, se défiant de leur prédiction, requit un prophète de Jéhovah. Achab se décida alors à appeler Michée, quoiqu’il l’eût pris en haine, dit-il, parce qu’il lui annonçait toujours des maux et jamais du bien. III Reg., xxii, 1-8. Josèphe, qui ajoute au récit biblique plusieurs détails, dont les uns sont vraisemblables et les autres ne paraissent pas dignes de foi, dit que Michée était le prophète innommé qui avait prédit au fils d’un prophète qu’il serait dévoré par un lion, parce qu’il avait refusé de le frapper à la tête selon 1 ordre de Jéhovah. Un autre 1 ayant frappé,
MICHÉE