On ne peut non plus poser en principe que les
miracles bibliques supposent la foi de ceux qui en sont l’objet, et qu’il y a là dès lors une sollicitation mal définie du moral sur le physique, qui peut expliquer certains faits extraordinaires. Il est vrai qu’en certains cas la foi est antécédente au miracle. C’est ce que l’on constate chez la Sunamite, IV Reg., iv, 28-37; chez les compagnons de Daniel jetés dans la fournaise, Dan., in, 17 ; chez plusieurs suppliants dans l’Évangile, Matth., vm, 10, 13; ix, 2, 22, 29; xv, 28; Marc., ii, 5; v, 34; x, 52; Luc., v, 20; vu, 9,50; vin, 48; xvii, 19; xvm, 42, etc.; chez ceux qui appelèrent saint Pierre auprès de Tabitha. Act., ix, 38, 40, etc. Il faut aussi évidemment que la sainte Vierge ait eu la foi pour que la merveille de l’incarnalion s’accomplit en elle. Luc., I, 38, 45. Notre-Seigneur dit même qu’avec une foi sincère, bien que relativement faible, on arriverait à commander à une montagne et à en être obéi. Matth., xvii, 19; xxi, 21; Luc., xvii, 6. Néanmoins, dans la plupart de ces cas, la foi qui intervient n’est pas la foi de celui qui est l’objet du miracle, c'est la foi d’un tiers, qui demande ou espère un miracle. Mais presque toujours, le miracle apparaît dans la Sainte Écriture comme moyen de persuasion, par conséquent comme un fait antécédent à la foi, destiné à la produire et n’y arrivant pas toujours, ainsi que le manifestent l’endurcissement du pharaon malgré les plaies d’Égypte et l’incrédulité des Juifs malgré les miracles opérés par le Sauveur. La lenteur des Apôtres et des disciples à croire à la résurrection de Notre-Seigneur, malgré ses prédictions si nettes et plusieurs fois répétées, est particulièrement significative à ce sujet. Marc., xvi, 14; Matth., xxvm, 17. Habituellement, dans la Sainte Écriture, les miracles apparaissent comme des moyens employés par Dieu pour manifester son action, accréditer ses envoyés et produire la foi dans les esprits; ils ne peuvent donc être regardés comme des effets de cette foi qui n’existe pas encore.
4° Interprétation des récits miraculeux. — 1. Les récits miraculeux contenus dans les Livres Saints doivent être entendus dans le sens littéral, quand il n’y a aucune raison sérieuse qui oblige ou autorise à les entendre autrement. Les miracles de l’Évangile sont particulièrement dans cette condition. En dehors de leur caractère surnaturel, qui ne légitime contre eux aucune fin de non-recevoir, rien, dans les récits très positifs des évangélistes, n’induit à croire qu’il s’agit là soit d’allégories, soit de descriptions poétiques ou hyperboliques. Si parfois il y a lieu d’interpréter naturellement un fait d’apparence surnaturelle, on no peut le faire que dans la mesure où la saine raison et l’autorité de l’Église le permettent. Ainsi quelques auteurs ont pensé que, dans l’histoire de la piscine de Bethesda, l’agitation de l’eau par un ange n'était que l’ébullition naturelle et périodique de la piscine, expliquée d’après les idées populaires. Joa., v, 4. Cf. Fillion, Évang. selon S. Jean, Paris, 1887, p. 97. Alors même qu’on pourrait, à la rigueur, interpréter le texte en ce sens, d’après ce principe qu’on ne doit admettre le surnaturel que quand il s’impose, il n’en restera pas moins à respecter le caractère miraculeux d’un phénomène à la suite duquel un seul malade est guéri, quelle que soit la nature de sa maladie, et sans que l’eau garde ensuite aucune vertu curative.
2. Les récits miraculeux de l’Ancien Testament ont souvent à être interprétés d’une manière moins rigoureusement littérale. On a cru reconnaître, et l’Église laisse au moins enseigner que plusieurs de ces récits revêtent des formes poétiques, allégorigues ou hyperboliques dont il est permis de les dépouiller pour arriver à la vérité historique. Dans l’Encyclique Providentissimus, voir t. I, p. xxix, le bouverain Pontife remarque que, quand les écrivains sacrés parlent des phénomènes naturels, « ils les décrivent d’une manière métapho- | rique ou en se servant du langage communément usité
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de leur temps. » Et, en général, « Dieu, parlant aux hommes, s’esl conformé, pour se faire comprendre, à leur manière d’exprimer les choses. » C’est en vertu de ce principe que certains commentateurs croient pouvoir, sans manquer de respect aux Saintes Lettres, faire une part plus grande aux causes naturelles dans la production des plaies d’Égypte, dans l'apparition des cailles au désert. Voir Caille, t. n, col. 36, etc. On a de même cherché à ramener plusieurs récits poétiques ou allégoriques à un sens littéral plus facile à expliquer. Cf. de Broglie, Confér. sur la vie surnat., Paris, 1882, t. n, p. 138-141; L’idée de Dieu dans l’Ancien Testament, Paris, 1892, p. Cl. Ainsi en serait-il pour d’autres faits surnaturels. La plupart de leurs éléments pourraient être regardés comme des conséquences des lois naturelles; comme dans les plaies d’Égypte, l’intervention surnaturelle se manifesterait alors seulement par l’annonce des événements, leur adaptation parfaite aux vues de Dieu, par le parti que la Providence en tire pour arriver à ses fins, etc. La question est à examiner pour chaque miracle en particulier. Mais, en principe, il n’est ni nécessaire, ni utile, ni prudent d’étendre le surnaturel au delà de la limite que lui assignent les textes sacrés. Cf. S. Thomas, Sam. tlieol., Ia, q. lxviii, a. 1; De Smedt, Principes de la critique historique, Paris, 1883, p. 48-59. L’Église s’est contentée de condamner ceux qui prétendent « qu’il ne peut y avoir de miracles, que par conséquent tous les récits à ce sujet, même ceux qui sont contenus dans la Sainte Ecriture, sont à reléguer parmi les fables et les mythes, que d’ailleurs les miracles ne peuvent jamais être connus avec certitude et qu’on ne peut légitimement s’en servir pour prouver la divine origine de la religion chrétienne ». Donc. Valic., Can. de fde, ni, 4. Cette définition ne vise aucun miracle en particulier et elle laisse toute latitude pour déterminer sagement, d’après les données de l'histoire, de la science, etc., et sous le contrôle de l’Église, la limite qui sépare ou peut séparer dans chaque cas l’action ordinaire de Dieu par les forces de la nature de son action extraordinaire.
5° Distinction des faits surnaturels. — Les faits d’apparence surnaturelle, dont il est fait mention dans la Sainte Écriture, doivent être distingués selon leur auteur et leur nature. — 1. Les faits vraiment surnaturels ont Dieu seul pour auteur. En eux-mêmes, ces faits présentent toujours des caractères de puissance, de convenance, de sainteté, d’utilité, de bonté, qui permettent d’en reconnaître le divin auteur. Dieu agit tantôt directement, tantôt par l’intermédiaire des anges ou des hommes. L’action de ces derniers intermédiaires est toujours visible, et elle résulte du pouvoir conféré par Dieu de sa propre initiative ou sollicité de lui par la prière. L’intervention des anges n’est pas toujours reconnaissable. Notre-Seigneur opère des miracles par la puissance de la divinité qui est en lui. Son humanité ne constitue pas un intermédiaire dans la production du miracle, comme l’ange ou l’homme; eile n'agit que comme instrument de la divinité à laquelle elle est personnellement unie.
2. 11 y a des miracles diaboliques, c’est-à-dire des ellets produits par des êtres supérieurs à l’homme en puissance, mais qui, simples créatures, ne peuvent intervenir que dans les limites permises par la Providence. Voir Démon, t. ii, col. 1366-1373; Magie, t. iv, col. 562-569. L'intervention des esprits mauvais apparaît au paradis terrestre, Gen., iii, 1-5; Apoc., xu, 9; en Égypte, pendant les premières plaies, Exod., vu, 11, 22; •vin, 7; dans la tentation de Job, I, 12; il, 6; vu, 1; dans les épreuves de Sara, fille de Raguel, Tob., VI, 16, 19; vm, 3; dans la tentation du Sauveur, Matth., iv, 1-11; Marc., i, 13; Luc., IV, 2-13; dans les prestiges de Simon le magicien, Act., vin, 9-11 ; dans ceux d’Elymas, Act., xm, 8; dans les possessions si fréquemment
mentionnées. Voir Démoniaque, t. n, col. 1374-1379. Le surnaturel diabolique se reconnaît à ses caractères d’excentricité, d’inconvenance, d’impureté et d’opposition à la doctrine révélée. Les inventions du démon et le commerce des hommes avec lui sont prévus par la Loi et sévèrement prohibés. Deut., xvm, 10-13. A la fin des temps, les faux prophètes et les faux christs, tous agents du démon, multiplieront les prodiges au point d’ébranler les plus fidèles disciples de Jésus- Christ eux-mêmes, si ceux-ci pouvaient l’être. Matth.,. xxiv, 24; Marc., xnr, 22; II Thés., n, 9.
3. 11 y a enfin un faux surnaturel qui n’est que de la supercherie. C’est le cas de l’idole de Del, que ses prêtres faisaient passer pour avoir besoin de nourriture, et du grand serpent que les Babyloniens vénéraient comme un dieu. Daniel, xiv, 2, 17-19, 23, 26, dévoila ces supercheries. Les tromperies analogues étaient nombreuses dans les cultes idolâtriques. — Voir sur les miracles de la Sainte Écriture, dans les Démonslr. év cinq. de Migne : Clarke, Sur la vérité et la certitude de la religion chrétienne, xix, l. v, col. 1233-1243; Duguet, Principes de la foi chrétienne, II, i, 6; n, 1-5, t. vr, col. 43-49; de Launay, Nouvelle analyse de Bayle, v-viii; t. vi, col. 707-716; Leclerc, Lettre II, sur les miracles, t. vi, col. 933-943; Para du Phanjas, Philosophie de la religion, 190-211, t. x, col. 231-251; Statler, Certitude de la religion révélée, 142-201, t. x, col. 661-701; Bonnet, Recherches sur le christianisme , v-vn, t. xi, col. 487- 497; Duvoisin, Démonslr. évang., i, v-vn, t. xm, col. 770-776, 806-841. — Voir aussi de Bonniot, Le miracle et ses contrefaçons, Paris, 1887; Lescœur, Jésus- Chfit, Append., De la réalité des miracles, Paris, 1888, p. 387-422; Id., La science et les faits surnaturels contemporains, Paris, 1897, p. 14-29, 92-101 ; Introduction scientifique à la foi chrétienne, par un ingénieur de l’État, Paris, s. d., p. 105-118, 157-172; Vacant, Miracle, dans le Dict. apologét. de la foi calh. de Jaugev, Paris, 1889, col. 2041-2116; Leroy, La constatation du miracle, Paris, 1901; Coste, Qu’est-ce que le miracle t Paris, 1902; de la Barre, Faits surnaturels et forces naturelles, Paris 1903; P. de Broglie, Les conditions modernes de l’accord entre la foi et la raison, Paris, 1903, t. n, p. 28-46; Id., Les fondements intellectuels de la foi chrétienne, Paris, 1905, p. 132-158.
IL Les miracles de l’Ancien Testament. — 1° Dans la Genèse. — 1. Le séjour d’Adam au paradis terrestre et sa chute comportent plusieurs faits merveilleux. Voir Adam, t. i, col. 173-176; Arbre de la vie, t. i, col. 895-897; Chérubin, t. ii, col. 659-660; Eve, t. n, col. 2118-2121 ; Paradis terrestre, Serpent; de Broglie, Confér. sur la vie surnatur., t. n, p, 45-226; Lagrange, L’innocence et le péché, dans la Revue biblique, Paris, 1897, p. 341-379. — 2. Sur l’histoire primitive jusqu'à l’époque d’Abraham, voir Caïn, t. il, col. 37-40; Longévité, t. iv, col. 355; Déluge, t. ii, col. 1343-1358; Babel (Tour de), t. i, col. 1346-1349; Confusion des langues, t. ii, col. 920. — 3. L’histoire des patriarches postdiluviens renferme des révélations divines, des apparitions d’anges, voir Ange, t. i, col. 586, et divers autres miracles, la ruine de Sodome et de Gomorrhe, Gen., xix, 15-29, voir Sodome; l'interruption du sacrifice d'Isaac, Gen., xxii, 11-13, voir Abraham, t. i, col. 80; Isaac, t. ni, col. 931; la multiplication des troupeaux de Jacob, Gen., xxx, 37-43; xxxi, 5-13, voir Brebis, t. i, col. 1918; l’explication des songes par Joseph, Gen., xxxvii, 5-11; xl, 9-22; xli, 25-36, voir Joseph, t. iii, col. 1658-1663; Songes, etc.
2° Pour la fondation de la nation Israélite. — De nombreux et grands miracles sont opérés par Dieu pour délivrer son peuple de l’Bgypte, le conduire à travers le désert et l’établir dans le pays de Chanaan. — 1. Plusieurs ont pour but de convaincre Moïse de sa mission : le buisson ardent, Exod;, iii, 2, voir Buisson ardent.
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t. i, col. 1969-1970; la verge changée en serpent, la lèpre de la main, l’eau changée en sang. Exod., iv, 2-9, 28-30. Voir Moïse. — 2. Sur les dix plaies d’Égypte, voir Plaies d’Égypte; Verge; Eau, t. ii, col. 1520-1521 ; Grenouille, t. m, col. 347-348; Cousin, t. il, col. 1093- 1095; Mouche; Peste; Ulcère; Grêle, t. m, col. 336; Sauterelle; Ténèbres; Premier-né. La Sainte Écriture menlionne ensuite l’apparition de la colonne de nuée, Exod., xm, 21-22, voir Colonne de nuée, t. u, col. 853-856; le passage de la mer Rouge, Exod., xiv, 21-28, voir Rouge (Mer) ; l’adoucissement des eaux de Mara, Exod., xv, 23-25, voir Eau, t. n, col. 1521; la chute des cailles et de la manne, Exod., xvi, 8-15, voir Caille, t. n, col. 33-36; Manne, t. iv, col. 656. —3. Pendant le séjour au désert, d’autres merveilles se produisent : la manifestation divine du Sinaï, Exod., xix, 3-24, voir Sinaï; l’apparition de la gloire de Dieu sur le tabernacle, Exod. , xl, 32-34, voir Gloire de DiEU,t. in, col. 251-252; la combustion de l’holocauste d'Aaron par le feu du ciel, Lev., ix, 23-24; le châtiment céleste de Nadab et Abiu, Lev., x, 1, 2; la seconde chute des cailles, Num., xi, 3!, 32; la lèpre intligée à Marie, sœur de Moïse, Num., xn, 10-15, voir Lèpre, t. iv, col. 184; le châtiment divin de Coré, Dathan, Abiron et de tous les révoltés, Num., xvi, 19-49; la iloraison de la verge d’Aaron, Num., xvii, 8 ; la production de l’eau par la percussion du rocher, Num., xx, 8, voir Eaux de contradiction, t. n, col. 1523; les guérisons par la vue du serpent d’airain, Num., xxi, 9, voir Serpent d’airain ; la parole proférée par l’ânesse de Balaam, Num., xxn, 30, voir Ba- Laam, t. i, col. 1391 ; la sépulture de Moïse. Peut., xxxiv, 5, 6. — 4. L’établissement des Hébreux dans la terre de Chanaan donne lieu à un certain nombre de miracles : le passage du Jourdain, Jos., m, 15-17, voir Jourdain, t. m, col. 1743-1744 ; la destruction des murs de Jéricho par le son des trompettes, Jos., vi, 20, voir Jéricho, t. ni, col. 1292-1293; la découverte par le sort du prévaricateur Achan, Jos., vu, 18, voir Achan, t. i, col. 129-130; l’arrêt du soleil et la victoire de Gabaon, Jos., x, 11-13 ; le feu sortant de la pierre pour consumer les offrandes de Gédéon, Jud., vi, 21 ; la rosée et la toison, Jud., vi, 36-40; l’annonce de la naissance de Samson, Jud., xm, 2-5, et les faits extraordinaires qui remplissent sa vie.
3° Sous les rois. — La période qui s’étend de Samuel à la captivité s’ouvre par les révélations faites au jeune Samuel, I Reg., m, 4—18 ; la chute de l’idole de Dagon devant l'arche, I Reg., v, 2-5; le retour de l’arche conduite par deux vaches seules, I Reg., vi, 7-12 ; le châtiment des Bethsamites, I Reg., vi, 19; l’indication du choix de Saül par le Seigneur, I Reg., ix, 17, et ensuite du jeune David, I Reg., xvi, 12, pour être rois; enfin l’évocation de Samuel par la pythonisse d’Endor. 1 Reg., xxvm, 11-20 ; voir Évocation des morts, t. n, col. 2129-2131. — 2. Sous David, qui reçoit plusieurs fois des communications divines. II Reg., il, 1; vu, 4, 5. Oza est frappé pour avoir touché l’arche, II Reg., vi, 7 ; une peste de trois jours est envoyée par Dieu à la suite du dénombrement. II Reg., xxiv, 15. Salomon est favorisé deux fois de communications divines, III Reg., m, 5; ix, 2, et, à la dédicace du Temple, une nuée miraculeuse remplit l’édifice. III Reg., vin, 10,
11. — 3. Sous les rois suivants, ce sont les prophètes qui font ordinairement les miracles. Ahias annonce à Jéroboam sa prochaine royauté, 111 Reg., xi, 31, et à la femme de Jéroboam la mort de son fils, III Reg., xiv,
12, etc.; à la menace d’un autre prophète, la main de Jéroboam se dessèche et son autel schismatique se brise. III Reg., xm, 3-5. Les prophéties elles-mêmes, qu’elles se rapportent à des événements prochains ou à un avenir plus éloigné, rentrent dans la série des faits nettement surnaturels. Voir Prophétie. — 4. Le prophète Élie opère de nombreux et grands miracles, sur-
tout dans le royaume d’Israël, montrant ainsi que Dieu ne se désintéresse pas de la partie schismatique de son peuple. Il prédit la sécheresse prolongée, III Reg., xvii, 2; est nourri par des corbeaux dans le torrent en Carith, III Reg., xvii, 4, 6, voir Corbeau, t. n, col. 961 ; multiplie la farine et l'huile de la veuve de Sarephta, III Reg., xvii, 14-16; ressuscite le fils de cette veuve,
III Reg., xvii, 22; fait descendre le feu du ciel sur
son sacrifice du mont Carmel, 111 Reg., xvm, 34-38; reçoit de l ange la nourriture qui lui donne la force de marcher quarante jours jusqu’au mont Iloreb, III Reg., xix, 5-8; est envoyé par Dieu pour sacrer Hazaël roi de Syrie, Jéhu roi d'Israël et Élisée prophète,
III Reg., xix, 15, 16; fait dévorer par le feu du ciel
cent deux envoyés du roi Ochozias, dont il prédit la
mort, IV Reg., i, 10-12, 16; se fait un passage à travers les eaux du Jourdain en les frappant avec son manteau, IV Reg., ii, 8, etenfin disparait dans un char de feu.
IV Reg., ii, 11. Voir Élie, t. ii, col. 1670-1675. —
5. Élisée, disciple d’Élie, se fait aussi un passage dans les eaux du Jourdain avec le manteau de son maître, IV Reg., il, 14; adoucit les eaux de Jéricho, IV Reg., ir, 19-22; annonce aux rois ligués contre Moab l’arrivée de l’eau dont ils manquent, IV Reg., ni, 16-20, voir Inondation, t. m, col. 883; multiplie l’huile de la veuve, IV Reg., iv, 3-6; prédit à la Sunamite la naissance d’un fils, qui meurt ensuite d’insolation et qu’il ressuscite, IV Reg., iv, 16 37; adoucit avec un peu de farine l’amertume d’une marmite de coloquintes, IV Reg., iv, 40, 41, voir Coloquinte, t. ir, col. 859; multiplie le pain pour la nourriture de cent hommes, IV Reg., iv, 42-44 ; guérit Naaman de la lèpre et la transmet à Giézi, son serviteur, pour le punir, IV Reg., v, 10, 14, 26, 27 ; fait surnager le fer d’une hache, IV Reg., vi, 6; découvre au roi d’Israël les plans de guerre du roi de Syrie, et conduit à Samarie même les soldats de ce dernier, frappés d’un aveuglement momentané. IV Reg., vi, 9-20. Après sa mort, un cadavre mis en contact avec ses ossements ressuscite aussitôt. IV Reg., xm, 21. Voir Élisée, t. n, col. 1690-1696. — 6. Sous Ézéchias ont lieu les deux miracles de la rétrogradation du cadran solaire, IV Reg., xx, 9-11, voir Cadran solaire, t. il, col. 27, 28, et de l’extermination de l’armée de Sennachérib. IV Reg., xix, 35. Voir Ézéciiias, t. n, col. 2145-2146. Sur le miracle de Jonas englouti par un monstre marin, Jon., n, J, voir Baleine, t. i, col. 1413. Enfin la captivité elle-même, dont les prophètes annoncent le commencement et la fin, doit être, à ce double titre, rangée parmi les événements merveilleux. Voir Captivité, t. ii, col. 227-240.
4° De la captivité à Jésus-Christ. — 1. Pendant la captivité, l’ange Raphaël se fait le compagnon du jeune Tobie, et communique à des objets ordinaires le pouvoir de chasser le démon et de guérir de la cécité. Tob., v,
6, 7; vi, 7, 9; vin, 2; xi, 13-15. A Babylone, Daniel a l’intelligence des songes, Dan., i, 17; n, 27-45; iv, 16-30, et des paroles mystérieuses de la salle du festin de Baltassar. Dan., v, 25-28. Ses trois jeunes compagnons sortent sains et saufs de la fournaise, Dan., ni, 94, et lui-même échappe miraculeusement aux dangers de la fosse aux lions. Dan., vi, 22; xiv, 39. — 2. Le second
| livre des Machabées raconte aussi quelques miracles j opérés pendant la période postérieure à la captivité : la renaissance du feu sacré, II Mach., i, 20-22; le châtiment d’Héliodore, II Mach., m, 25-35; l’apparition de cinq cavaliers célestes auprès de Judas Machabée, II Mach., x, 29; la vision dans laquelle se montre à ce | dernier le prophète Jérémie priant pour le peuple. II Mach., xv, 14.
5° Caractère des miracles de l’Ancien Testament. — 1. Ces miracles portent en général le cachet qui convient | à une loi de crainte. Beaucoup sont grandioses, de ma- ( nière à inculquer une haute idée de la majesté de Dieu,
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Les uns sont terribles, comme le déluge, la destruction de Sodome et de Gomorrhe, les plaies d'Égypte, l’engloutissement de l’armée égyptienne dans la mer Rouge, le châtiment des révoltés du désert, la destruction de Jéricho, l’extermination de l’armée de Sennachérib, etc. Ils obligeaient à révérer en Jéhovah le Dieu qui commande à l’univers, qui a pris Israël sous sa tutelle particulière, et entend être respecté de tous les peuples et spécialement du sien. D’autres grands miracles manifestent la bonté de Dieu à l'égard des hommes voués à son service. De ce nombre sont la multiplication des troupeaux de Jacob, la manne, les cailles, l’eau accordée au désert, etc. — 2. Il y a des miracles particuliers qui constituent des actes de sévérité : le châtiment de Nadab et Abiu, celui d’Achan, des Bethsamites, d’Oza, le feu du ciel descendant, à la voix d’Élie, sur les envoyés d’Ochozias, etc. Ces miracles sont destinés à frapper de terreur un peuple encore grossier, trop facilement oublieux de la sainteté de Dieu. Il fallait de temps en temps des interventions de cette nature pour mettre à la raison ceux qui étaient tentés de ne pas distinguer assez nettement entre Jéhovah et les faux dieux. — 3. Enfin, plusieurs miracles ont déjà une saveur toute évangélique, montrant que le Dieu de l’Ancien Testament est le même que celui du Nouveau. C’est l’idée que suggèrent l’interruption du sacrifice d’Abraham, les guérisons par la vue du serpent d’airain, les résurrections d’enfants par Élie et Elisée, la multiplication qu’ils font des substances alimentaires, la guérison de Naaman et d’Ézéchias, etc. — 4. Pour la longue période qui va de Moïse à Jésus-Christ, les miracles sont relativement peu nombreux. Au début, ils se multiplient et revêtent un caractère grandiose. Les conditions dans lesquelles se trouvait alors le peuple de Dieu imposaient cette nécessité. Dieu voulait délivrer ce peuple de ses ennemis et en même temps lui inculquer, pour toute la suite de son histoire, une forte idée de la puissance, de la sainteté et de la bonté du Maître auquel il appartenait. On peut dire que toute la pensée religieuse d’Israël a vécu des miracles de l’Exode. Ce sont ces grands fails que rappellent les l’êtes annuelles et que célèbrent les cantiques sacrés. Les miracles du temps de Josué corroborent l’effet des précédents. De plus, ils inspirent aux peuples de Chanaan la crainte de Jéhovah. Le miracle n’apparaît plus ensuite que de loin en loin, comme pour rappeler à Israël que le Dieu de l’Exode s'occupe toujours de lui. Les miracles d’Élie et d’Elisée forment une sorte de recrudescence de l’activité divine à la veille de la captivité. On dirait que le Seigneur veut donner une dernière leçon à son peuple, lui faire comprendre ce que sa fidélité lui eût attiré de bienfaits surnaturels, lui laisser un dernier souvenir qui le soutint au cours de ses malheurs. Les miracles de Daniel sont, à Babylone, pour les Hébreux et les Chaldéens, une nouvelle manifestation de la puissance de Jéhovah. Au retour de la captivité et en attendant l’Évangile, les miracles cessent à peu près totalement, comme les prophéties. Eccli., xxvi, 3-8.
111. Les miraci.es du Nouveau Testament. — 1° Dans L'Évangile. — 1 . Le Nouveau Testament débute par le récit d’apparitions angéliques à Zacharie, Luc., i, 11, et à Marie, Luc., i, 26, et de deux naissances, celle de Jean- Baptiste, qui est accompagnée de merveilles, Luc., i, 7, 36, 57, et celle de Jésus, qui constitue un miracle unique. Luc., I, 35. — 2. La vie de Notre-Seigneur, de sa naissance à son ascension, présente un grand nombre de miracles. Voir Jésus-Christ, t. ni, col. 1503-1509. Parmi ces miracles, il en est qui louchent la personne même du Sauveur et sont sans exemple, avant ou après lui : sa conception surnaturelle, sa transfiguration, sa propre résurrection et son ascension. Les autres accusent une puissance divine, qui s'exerce de sa propre initiative et sans nul effort. Mais le pouvoir peut en être communi-
qué aux hommes. Notre-Seigneur le communique en effet à ses Apôtres et à ses disciples, en les envoyant prêcher l’Évangile, Marc.,xvi, 17, 18,20; il ajoute même qu’avec la foi en lui on pourra, non seulement reproduire ses miracles, mais encore en opérer de plus grands. Joa., xiv, 12.
2° Dans les Actes des Apôtres. — 1. Les premiers miracles opérés pour la fondation de l’Église sont : la descente du Saint-Esprit à la Pentecôte et le don des langues, Act., ii, 2-8, voir Langues (Don des), t. iv, col. 74; la conversion d’abord de 3000 hommes, Act., il, 41, puis de 5 000, Act., iv, 4; la guérison du boiteux à la porte du Temple, Act., ni, 6, 7 ; le châtiment d’Ananie et de Sapliire, Act., v, 5, 10; voir Ananie, t. i, col. 540, 541 ; les guérisons nombreuses par la seule ombre de saint Pierre, Act., v, 15, 16; les miracles de saint Étienne, Act., vi, 8, et sa vision du Fils de Dieu, Act., vu, 55; les miracles de saint Philippe à Samarie, Act., vm, 6; et son enlèvement après la conversion de l’eunuque. Act., vm, 39. — 2. Saint Pierre continue la conquête évangélique par divers miracles : la guérison du paralytique de Lydda, Act., ix, 34; la résurrection de Tabitha, Act., ix, 40; l’apparition de l’ange à Corneille et la révélation divine faite à saint Pierre, Act., x, 3, 10, 11; la délivrance de la prison d’Hérode, Act., xii, 7, et le châtiment subit du prince. Act., xn, 23. —
3. Saint Paul, converti par miracle, Act., îx, 3-18, frappe de cécité le magicien Ëlymus, Act., xm, 11; guérit un boiteux à Lystres, Act., xiv, 9; chasse le démon qui possédait et inspirait une jeune fille, à Philippes, Act., xvi, 18; est miraculeusement délivré de ses liens en prison, Act., xvi, 26; guérit des malades par le contact des linges qu’il a portés, Act., xix, 12; à Troade, ressuscite le jeune Eutychus. tombé par la fenêtre du troisième étage, Act, xx, 10; reçoit la visite d’un ange qui lui annonce le salut des passagers du navire, Act., xxvn, 22-24; n’a rien à soulfrir, à Malte, de la piqûre d’une vipère, Act., xxviii, 5, et guérit de la fièvre et de la dysenterie le père de Publius, chef de l’île. Act., xxviii, 8. —
4. Outre ces miracles, il faut encore mentionner les dons spirituels, qui mettaient les âmes des premiers chrétiens dans des états surnaturels ayant leur manifestation extérieure. Voir Dons surnaturels, t. n, col. 1483-1487.
3° Caractère des miracles du Nouveau Testament. —
1. Les miracles de l’Évangile sont tous des miracles de puissance et de bonté. Aucun ne s’inspire d’une pensée de sévérité contre ceux qui font mal, et quand Jacques et Jean veulent faire descendre le feu du ciel sur une ville de Samarie, Notre-Seigneur les reprend en disant : « Vous ne savez de quel esprit vous êtes. » Luc., ix, 55. 11 faut qu’en tout le Sauveur n’apparaisse qu’avec sa bonté et son amour pour les hommes. Tit. , m, 4. C’est ce qui donne à l’ensemble de ses miracles un caractère d’utilité, de charité, d’amabilité, de prévenance, qui ne se trouve nulle part ailleurs, ni avant ni après lui.
2. Les Apôtres sont l’objet de miracles qui n’ont point leurs analogues dans l’Évangile, le don des langues, les délivrances de prison, le transport subit en des lieux éloignés, etc. Ils en font d’autres qui paraissent par quelques côtés plus grands que ceux de Notre-Seigneur: saint Pierre guérit par sa seule ombre, et saint Paul par le contact des linges qu’il a portés. Mais aussi certains caractères des miracles de l’Ancien Testament reparaissent parfois, quand le réclame l’intérêt de l’Église naissante. On constate la sévérité ancienne dans les châtiments d’Ananie et de Sapliire, d’Élymas et d’Hérode.
3. Tous les miracles du Nouveau Testament se présentent dans des conditions qui ne permettent aucun doute sur leur réalité. La plupart ont été entourés d’une grande publicité et les témoignages des écrivains sacrés, acceptés par les contemporains, olïrent toutes les garanties désirables. D’autres miracles n’ont eu que de rares témoins, ou même n’en ont eu qu’un seul, comme la