Les noms propres de lieux sont, au point de vue de
I ' histoire, plus importants encore que les noms d’hommes; car ils fixent pour toujours des traditions et tirent eux-mêmes leur signification d’un fait que l'on a trouvé digne de mémoire. Ces noms sont fréquemment expliqués par les auteurs sacrés. II en est ainsi, par exemple, pour Babel, « confusion, » Gen., xi, 9; Segor, « petite, » Gen., xix, 20, 22; Bersabée, « puits du serment, » Gen., xxi, 31 ; Éseq, « querelle, » et Rechoboth, « largeur, » noms de deux puits. Gen., xxvi, 20, 22; Bethel, < maison de Dieu, » Gen., xxvm, 17, 19; xxxv, 7; Abel-Misraïm, « deuil de l’Égypte, » Gen., l, 11 ; Mara, « amertume, » Exod. . xv, 23 ; Massali et Meribah, « contestation, » Exod., xvii, 7 ; Thabéera, « incendie, » Num., xi, 3; Horma, « anathème, » Num., xxi, 3; Galgata, de gâlal « rouler, » Jos., v, 9 ; Achor, de 'âhar, « troubler, » Jos., vu, 25, 26; Bokim, « les pleurs, » Jud., ii, 5; Bamath Léchi, « hauteur de la mâchoire, » .Jud., xv, 17 ; Ében-Ézer, « pierre du secours, » III Reg. vu, 12; Séla'-IIammahleqôt, « rocher de l’évasion, »I Reg., xxiii, 28; Helqat Haçûrîm « champ des tranchants, »
II Reg., ii, 16 ; Baal Pliarasim, « mont des divisions, »• II Reg., v, 20; Is., xxvm, 21 ; Phéretz-Oza, « percussion d’Oza, » II Reg., vi, 8, etc. Dans le Nouveau Testament, on ne voit expliqués, à l’usage des étrangers, que Golgotha, « lieu du crâne, » Marc., xv, 22; Siloé, « envoyé, » Joa., ix, 7, et Haceldama, « champ du sang. » Matth., xxvii, 8; Act., i, 19.
4. Très souvent, les noms propres des Hébreux n'ont aucun rapport avec le personnage qu’ils désignent. Ainsi Agabus, Act., xi, 28, peut venir de hdgâb, « sauterelle, »
NOM
le nom de Rachel veut dire « brebis »; celui de Débora, « abeille; » le nom du prophète Jonas vient de yôn&h, « colombe, » et Barjona veut dire c< fds de Jona » ou de « la colombe » ; Églon, roi de Moab, tire son nom de 'égel, « veau; » Oreb, prince madianite, tire le sien de 'orèb, « corbeau, » et son compagnon Zeb, Jud., vu, 25, porte celui du loup, ze'êb. Aja, Gen., xxxvi, 24, emprunte son nom au vautour, ’ayyâh ; Suai, I Par., vu, 36, au chacal, sû’dl ; Séphor, prince de Moab., Jos., xxiv, 10, à l’oiseau, çippôr, et Tabitha, Act., ix, 36, à la gazelle, tebita (en araméen). Thamar, qui est le nom de trois femmes de l’Ancien Testament, veut dire « palmier »; Élon est le nom du chêne, Gen., xlvi, 14, et Susanne celui du lis. Job, xui, 13-14, donne à ses trois fdles, les noms de Jémima, « colombe, » Qetsia, « parfum, casse, » et Kéren-Happouk, « boite d’antimoine. » D’autres noms sont suggérés par des qualités ou des défauts corporels : Iléled, « le gras, » II Reg., xxiii, 29; Laban, « le blanc, » Gen., xxiv, 29; Édom, (i le roux, ii Gen., xxv, 25 ; Suar, « le petit, » Num., i, 8; Gaddel, Geddel, « le grand, » I Esd., il, 47, 56; Ararn, « le haut, » Gen., xxii, 21 ; Phessé, « le boiteux, »
I Par., iv, 12; cf. Josèphe, Bell, jud., V, xi, 5; Sépho, « le chauve, » Gen., xxxvi, 23; Amasaï, « le fort, » I Par., vi, 35. etc. Il y a des noms qui se rapportent au caractère moral : Nabal, « le fou, »I Reg., xxv, 3; Hachamoni, « le sage, » I, Par., xi, 11, Réu, « l’ami, n Gen., xi, 18, etc. D'autres rappellent des métiers : Somer, « gardien, » ■I Par., vu, 34; Berzellaï, « qui s’occupe du fer, »
II Reg., xvii, 27 ; Obed, « serviteur, » ,Tud., îx, 26; Charmi, « vigneron. » Gen., xlvi, 9, etc. Comme chez tous les autres peuples anciens et modernes, beaucoup de noms hébreux ne sont donc que des noms communs, affectés à la désignation de tel ou tel homme.
5. On trouve aussi beaucoup de noms d’hommes dans la composition desquels entre le nom de Dieu. Eldad, « que Dieu aime, » Num., xi, 26; Eldaa, « que Dieu a appelé, » Gen., xxv, 4; Éliab, « dont Dieu est le père, » Num., i, 9; Élioda, « dont Dieu prend soin, » II Reg., v, 16; Éliézer, « dont Dieu est le secours, » Gen., xv, 2; Éliphaz, « dont Dieu est la force. » Job, il, 11, etc. D’autres fois, le mot El esta la fin du nom : Daniel, « Dieu est mon juge; » Ézéchiel, « que Dieu fortifie; » Israël, « le fort de Dieu, » etc. Le nom de Jéhovah entre également dans la formation de beaucoup de noms : Josabad, « que Jéhovah adonné, >> I Par., xxvi, 4; Joiada, « dont Jéhovah prendra soin, » IV Reg., xi, 4; Joakim, « que Jéhovah établira,» IV Reg., xxiv, 8; Joarib, « que Jéhovah défende. » I Par., ix, 10, etc. Il est parfois placé à la fin du nom : Ézéchias, ,< que Jéhovah fortifie, » II Reg., xvm, 1 ; Ananie, « que Jéhovah ait pitié, » I Par., ix, 30; Azarias, « que Jéhovah aide. » III Reg., iv, 2, etc. On voit que le nom de Jéhovah entre dans la composition des noms propres sous une forme syncopée; quelquefois il n’est pas même exprimé, mais sous-entendu.
6. Les noms des divinités étrangères servent à former les noms de plusieurs personnages mentionnes dans la Bible. — 1. Noms égyptiens : Putiphar, << consacré à Phra, ii pa-Ra, nom du soleil, Gen., xxxix, 1; Aseneth, « demeure de Neith, » ou « qui est à Neith », Gen., XL, 45, etc. — 2. Noms phéniciens : Ralanan, « Baal fait grâce » (voir t. i, col. 1400); Esbaal, « homme de Baal >i (voir Isboseth, t. m, col. 986); Jérobaal, « qui lutte contre Baal » (voir t. ni, col. 1300); Méribbaal, « que Baal se défende » (voir col. 996), etc. Le premier de ces noms est porté par un roi d’Édorn et par un officier de David, probablement chananéen; le second est remplacé par un autre plus usuel; les deux autres indiquent l’hostilité contre Baal. Ces noms ne prouvent donc rien en faveur de l’inlluence du culte de Baal parmi les Israélites, pas plus d’ailleurs que les noms de lieux de composition analogue et qui sont antérieurs à la conquête de Chanaan par les
Hébreux. Voir Baal, t. i, col. 1315, — 3. Noms assyriens : Assurbanipal, « le dieu Assur a donné un fils » (voir 1. 1, col. 1144); Baltassar, « que le dieu Bel protège le roi » (voir t. i, col. 1420); Nabuchodonosor, « que le dieu Nabo protège la couronne » (voir col. 1437); Sennachérib, & le dieu Sin a multiplié les frères, » etc. — 4. Noms grecs : Apollos, dérivé du nom d’Apollon (voir t. i, col. 774); Épaphrodite, d’Aphrodite (voir t. n, col. 1820); Hermès, fils de Zeus ou Jupiter, Rom., xvi, 14; Nymphas, de vugçï], « épouse, » Col., iv, 15; Olympas, don de l’Olympe, Rom., xvi, 15; Phœbé, fille d'Uuranos, personnification du ciel, Rom., xvi, 1 ; Nérée, fils de Poséidon, dieu de la mer, Rom., xvi, 15; Diolréphès, « nourrisson de Zeus » ou Jupiter, III Joa., 9; Démétrius, de Dèmèter, déesse des biens <)e la terre, III Joa., 12; Linus, fils d’Apollon. II Tim., IV, 21, etc.
7. On a cherché à tirer de la signification des noms propres des conclusions relatives aux croyances de ceux qui les portaient. Ces conclusions sont légitimes en ce qui concerne les noms hébreux, égyptiens, assyriens, à condition de ne les étendre qu’à ceux de ces noms qui par leur caractère ou leur généralité sont vraiment aptes à exprimer les sentiments d’un peuple. Chez les Israélites, en particulier, certains noms sont très expressifs au point de vue de la foi, de la confiance et de la reconnaissance envers Dieu. Tels sont, outre ceux qui ont été cités plus haut, les noms suivants, dans lesquels entrent comme composants les deux noms habituels de Dieu, ’Èl et Ydh, contraction de Jéhovah : Abdias, « serviteur de Jéhovah; » Adonias, « Jéhovah est mon seigneur; » Béséléel, « à l’ombre de Dieu; » Élie, « Jéhovah est mon Dieu ; » Éliézer, « mon Dieu est secours; » Élimélech, « Dieu est roi; » Elisée, « Dieu est mon salut; » Elnathan et Nathanaël, « que Dieu donne; » Ézéchiel, « que Dieu rend fort; » Ezriel, « Dieu est mon secours; » Gamaliel, « Dieu récompense; » Hananias, « Jéhovah fait grâce; » Isaïe, « Jéhovah est sauveur; » Ismaël, « Dieu exauce; » Joël, « Jéhovah est Dieu ; » Jéraméel, « Dieu est miséricorde ; » Jésus et Josué, « Jéhovah est salut; » Johanan et Jean, « Jéhovah est grâce; » Jonathan et Nathanias, « Jéhovah a donné »; Josaphat, « Dieu juge; » Josias, « Dieu guérit; » Lamuel, <. à Dieu; » Melchias, « Jéhovah est mon roi ; » Michas, « qui comme Jéhovah; » Samuel, « que Dieu écoute; » Zacharie, v dont Jéhovah se souvient, » etc. — Les noms théophores de femmes sont plus rares : Athalie, « Jéhovah est ma force; » Elisabeth, « dont Dieu est le serment, » qui jure par Dieu; Josabeth, « dont Jéhovah est le serment; » Jahel, « Jéhovah est Dieu, » etc. — Il est clair que, dans la suite des temps, beaucoup de ces noms ont été attribués par habitude et sans qu’on fit grande attention à leur signification, comme il arrive parmi nous pour les noms d’Emmanuel, de Théodore, de Théophile, etc. 11 n’en est pas moins vrai qu’à l’origine, c’est une pensée religieuse qui les a incontestablement inspirés. — Voir sur les noms propres théophores : Lagrange, Etudes sur les religions sémitiques, Paris, 1905, p. 73, 76, 89, 102, 111 ; Eb. Nestle, Die israelilischen Eigennamen nach ihrer religionsgesclnllichen Bedeutung , Harlem, 1876; M. Grundwald, Die Eigennamen des Allen Teslamentes in ihrer Bedeutung fur die Kennlnis des hebraïschen Volksglaubens, Breslau, 1895; E. Renan, Sur les noms théophores dans les langues sémitiques, dans la Revue des éludes juives, 1882, p. 161-177; Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, 6e édit., t. iv, p. 459. — Sur les noms chrétiens empruntés aux croyances païennes, aux nombres, aux animaux, aux Heurs, aux localités, à l’histoire, aux croyances chrétiennes, etc., voir Martigny, Dict. des antiquités chrétiennes, Paris, 1877, p. 504-
8. Les noms de lieux ont fréquemment, comme élément composant, un mot indiquant une particularité
NOM
naturelle ou artificielle : Aïn ou En, « source, » d’où Kndor, Engaddi, Engallim, Engannim, Enhasor, etc. ; Be’er, « puits, » d’où Bersabée, etc. ; Beth, « maison, » qui fournit une foule de composés, Béthanie, Bethléhem, etc., voir t. i, col. 1647-1764 ; Caphar, « village, » d’où Capharnaüm, etc.; Géba, « colline, » d’où Gabaa, Gabaat, Gabaon, etc. ; Kir, « mur, » d’où Kir Haraseth, Kir Moab, etc. ; Rama, « hauteur, » d’où Rama, Ramath, Ramatha, etc.
9. D’autres noms propres sont composés de deux noms communs, comme Abimélech, « père roi ; » Abraham, père de multitude; Benjamin, « fils de la droite; » Melchisédech, « roi de justice, » etc.
10. A l’époque évangélique, les noms hébreux sont naturellement nombreux en Palestine ; mais les éléments étrangers s’introduisent de plus en plus. L’araméen fournit Thomas, « jumeau ; » Caïphe, « pierre » ou « dépression »; Saphire, « belle; » Marthe, « dame; » Céphas, « pierre; » Boanergès, « fils du tonnerre; » Tabitha, « biche, » et tous les noms dans lesquels entre comme préfixe le substantif bar, correspondant à l’hébreu ben, « fils : » Barabbas, « fils du père; » Barthélemi, « fils de Tholmaï; » Barnabé, « fils de consolation ; » Bartimée, « fils de Timée, » etc. A l’araméen appartienent aussi les noms delieux, Bethesda, Gabbatha, Golgotha, Haceldama.
11. Avec les Séleucides, la mode des noms grecs s’était introduite en Palestine. On avait vu des grands-prêtres changer leur nom hébreu pour un nom grec, Jésus ou Josué pour Jason, Onias pour Ménélas, Joachim pour Alcime. Les noms d’Aristobule, d’Alexandre, d’Antigone, apparaissent dans la lignée des princes asmonéens. Voir t. in, col. 306. Les noms grecs portés par des Israélites sont assez rares dans l’Evangile : Nieodème, André, Philippe. Saint Thomas a un second nom grec : Didyme,
« jumeau, » équivalent de son nom hébreu. Les Juifs hellénistes portent souvent des noms grecs comme les sept premiers diacres. Voir t. ni, col. 583. On trouve aussi Aïvsac, Enée, Act., ix, 33; 'PoSq, de pôoov, « rose, » Rhodè, Act., xii, 13; Sa7tcpstpY], « de saphir, » Saphire, Act., v, 1, etc. Beaucoup d’autres noms grecs se lisent dans le Nouveau-Testament, mais appartiennent à des chrétiens de la gentilité : ’Api'orap'/oç, « maître souverain, » Aristarque, Col., iv, 10; ’Ap^tiritoç, « maître des chevaux, » Archippe, Col., iv, 17; ’AcrûvxpiToç, « incomparable, » Asyncrite, Rom., xvi, 14; ’Epaoroc, « aimable, » Éraste, Rom., xvi, 23; EüêouXoç, « de bon conseil, » Eubule, II Tim., iv, 21; EûtaSia, « bonne odeur, » Évodie, Phil., iv, 2; Kap7roç, « fruit, » Carpus, II Tim., iv, 13; ’Ovpcn'p.oç, « profitable, » Onésime, Col., iv, 9; ’Ov-pufçopo;, « portant profit, » Onésiphore, II Tim., i, 16; IT £ p cr £ ç , « de Perse, » Persis, Rom., xvi, 12; Sra/uç, « épi, » Stachys, Rom., xvi, 9, TiixôSeoç, « qui honore Dieu, » Timothée, Rom., xvi, 21; Tpd<pip.oç, « nourricier, » Trophime, II Tirn., IV, 20; TV/'.xô;, « fortuné, » Tychique, Eph., vi, 21 ; ‘IuX-pp.(av, « aimant, » Philémon, Philem., 1; XXo/;, «verdure, » Cliloé. I Cor., i, 11, etc.
12. Les noms latins sont plus rares en Palestine. Tels sont Marc, « le mâle; » Justus, « le juste, » Act., xvm, 7; Niger, « le noir, » Act., xm, 1; Paul, « le petit, » nom substitué à celui de Saul, « le demandé. » Parmi les chrétiens de la gentilité se rencontrent les noms suivants : Ampliatus, « illustre, » Rom., xvi, 8; Aquila, « aigle, » Act., xviii, 2; Clemens, « clément, » Phil., iv, 3; Crescens, « qui grandit, » II Tim., iv, 10; Crispus, « crépu, » I Cor., i, 14; Fortunatus, « favorisé, » I Cor., xvi, 15; Prisca et Priscilla, « l’ancienne, » Rom., xvi, 3; I Cor., xvi, 19; Pudens, « modeste, » II Tim., iv, 21 ; Secundus, Tertius et Quarlus, « le second, » « le troisième » et « le quatrième » dans la famille, Act., xx, 4; Rom., xvi, 22, 23; Rufus, « le roux, » Rom., xvi, 13; Sylvanus, « de la forêt, » II Cor., i, 19; Urbanus, « de la ville, » Rom., xvi, 9, etc. On voit que ces noms grecs
et latins ressemblent, dans leur genre, à ceux qui sont en usage chez tous les peuples anciens et modernes. Beaucoup d’autres n’ont pas de signification précise, sans doute par suite de leur déformation.
4° Imposition des noms. — 1. Certains noms sont imposés sur l’ordre même de Dieu : Ismaël, Gen., xvi, 11 ; Abraham, xvn, 5 ; Isaac, Gen., xvn, 19 ; Israël, Gen., xxxv, 10 ; Jean, Luc., i, 13; Jésus, Matth., i, 21; Luc., i, 31; Pierre, Marc., m, 16; Boanergès, Marc., iii, 17. — 2. Ce sont ordinairement les parents qui donnent le nom à l’enfant. La mère remplit préférablement cet office. Ainsi procèdent Eve, Gen., iv, 1, 25; les femmes de Jacob, Gen., xxix, 32-xxx, 24; Rachel, Gen., xxxv, 18; la mère de Samson, Jud., xm, 24 ; Anne, mère de Samuel, I Reg., i, 20 ; la belle-lille d’Héli, I Reg., iv, 21 ; Élisabeth, Luc., i, 60. Le père intervient aussi. Abraham donne le nom à Isaac, Gen., xxi, 3; Jacob appelle son dernier fils Benjamin, Gen., xxxv, 18; David nomme son fils Salomon, II Reg., xii, 24, et Zacharie veut, comme Elisabeth, qu’on appelle son fils Jean. Luc., i, 63. Il est à remarquer que saint Joseph est chargé, conjointement avec Marie, de donner le nom de Jésus au divin Enfant. Matth., I, 21 ; Luc., i, 31. Parfois l’entourage de la famille prend l’initiative du nom à attribuer. Les voisines de Noémi donnent le nom d’Obed au fils de Ruth et de Booz. Rutli, iv, 17. Les voisins et les parents d’Élisabeth voudraient que son fils s’appelât Zacharie. Luc., i, 59. — 2. Primitivement, le choix du nom était inspiré par une circonstance quelconque de la naissance. Lorsque, par la suite, le nombre des noms propres fut devenu considérable, on reprit des noms déjà portés, soit par le père même de l’enfant, Tob., i, 9; Luc., i, 59; cf. Josèphe, Ant. jud., XIV, i, 3, soit du moins par quelqu’un de sa parenté. Luc., i, 61. Les mêmes noms propres étant ainsi attribués à beaucoup de personnes, on distinguait celles-ci entre elles par des additions faites à leur nom. Quelquefois, le nom du lieu de naissance est ajouté au nom de la personne : Jason de Cyrène, II Mach., n, 24 ; Marie-Madeleine ou de Magdala, Judas Iscariote ou de Kérioth, Joseph d’Arimathie, etc. D’autres fois, à la manière arabe, on indique la filiation : Joram, fils d’Achab, et Joram, fils de Josaphat, IV Reg., vin, 16; Joas, fils de Joachaz, et Joas, fils d’Ochozias, IV Reg., xiv, 8, 3 ; Jéroboam, fils de Nabat, II Par., ix, 9, et Jéroboam, fils de Joachaz, IV Reg., xiv, 23; Zacharie, fils de Barachie, Matth., xxm, 25; Jean, fils de Zacharie, Luc., ni, 2; Simon de Jean, .loa., xxi, 15; Joseph Barsabas, Act., i, 23, etc. Jacques le Majeur et Jean sont fréquemment appelés « fils de Zébédée », Matth., xxvi, 37 ; Marc., x, 35, etc., pour les distinguer de Jacques le Mineur et de Jean-Baptiste. Jacques le Mineur est appelé Jacques d’Alphée. Luc., vi, 15. D’autres degrés de parenté servent aussi à établir l’identité des personnages. Jude de Jacques est Jude frère de Jacques. Luc., vi, 16. Marie de Cléophas, Joa., xix, 25, est la femme de Cléophas ; elle est également appelée Marie, mère de Jacques et de Joseph, Matth., xxvn, 56, Marie de Joseph, Marc., xv, 47, et Marie de Jacques. Marc., xvi, 1. Jeanne est désignée comme femme de Chusa. Luc., vm, 3. Marie est appelée mère de Jésus, pour la distinguer des autres Maries. Act., i, 14. Jacques, Joseph, Simon et Jude sont nommés frères, c’est-à-dire cousins de Jésus. Matth., xm, 55. Simon de Cyrène, déjà suffisamment distingué par ce double nom, est présenté comme père d’Alexandre et de Poifus, afin que les lecteurs de l’Évangile le reconnaissent mieux. Marc., xv, 21. D’autres particulai’ités caractérisent certains noms: Jean-Baptiste ou le baptiseur; Matthieu le publicain, Matth., x, 3 ; Simon le cananéen ou le zélote, Matth., x, 4; Marc., iii, 18; Luc., vi, 15; Marie-Madeleine, de qui sept démons étaient sortis, Luc., vm, 2; Simon le lépreux, Matth., xxvi, 6 ; Marc., xiv, 3, etc. Quelquefois
NOM
NOMBRE
deux noms indiquent le même personnage : Joseph Barsabas le juste, Act., i, 23; Jean Marc, Act., xii, 25, etc. Matthieu et Lévi désignent le même apôtre. Matth., ix, 9, Marc., ii, 14. — Dans les premiers temps, le nom était imposé à l’enfant au moment de sa naissance. Quand Dieu prescrivit la circoncision, ce fut seulement à l’occasion de cet acte que le nom fut donné, parce que c'était par la circoncision que l’enfant naissait à la vie sociale et religieuse et prenait rang dans le peuple de Dieu. Luc., i, 59; ii, 21.
5° Changement des noms. — 1. Pour différentes raisons, les noms primitifs sont quelquefois changés. Dieu change le nom d’Abram, « père élevé, » en Abraham, « père de multitude, » Gen., xvti, 5, pour mieux indiquer la vocation du patriarche. Il change de même celui de Saraï en Sara, princesse. Gen., xvir, 15. Jacob reçoit de l’ange le nom d'Israël, Gen., xxxv, 10, qui deviendra le nom patronymique de la nation future. Rachel appelle son second fils Benoni, « fils de ma douleur; » Jacob substitue à ce nom celui de Benjamin, « fils de la droite. » Gen., xxxv, 18. Le pharaon donne à Joseph le nom égyptien de Tsaphnath-Panéach, « pourvoyeur de la vie, » Gen., xli, 45, pour marquer la fonction dévolue au jeune Hébreu. Plus tard, à la cour de Babylone, on change de même les noms des compagnons de Daniel, Ananias, Misaël et Azarias, en ceux de Sidrac, Misach et Abdénago, Dan., i, 7, puis celui de Daniel en Baltassar. Dan., v, 12. Moïse attribue le nom de Josué à Osée, fils de Nun. Num., xm, 17. A Salomon, ainsi nommé par son père, le prophète Nathan assigne, de la part de Dieu, le nom de Jédidiah, « bien-aimé de Jéhovah. » III Reg., xii, 25. Le premier nom prévalut à l’usage. Néchao, en plaçant Eliacim, fils de Josias, sur le trône de Jérusalem, change son nom en Joakim. IV Reg., xxnr, 34. Voir t. in, col. 1552. Pour des motifs peu honorables, les grands-prêtres Josué, Onias et Joachim abandonnent leurs noms hébreux et prennent les noms grecs : Jason, Ménélas et Alcime. Voir t. m, col. 306. — 2. Notre-Sei gneur change le nom de Simon en celui de Céphas, « pierre, » qui indique le rôle assigné à l’apôtre. Joa., i, 42. Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, reçoivent le surnom de Boanergès, « fils du tonnerre. » Marc., ni, 17. Mais ce nom est plutôt un qualificatif qu’une appellation usuelle. Joseph, lévite de Chypre, est appelé par les apôtres Barnabé, « fils de consolation, » Act., iv, 36, et n’est plus connu ensuite que sous ce nom. Lors de la conversion du proconsul Sergius Paulus, Saul abandonne son nom hébreu pour le nom latin de Paul, Act., xm, 9, qui facilitera ses rapports avec les Gentils. — Voir Leusden, Onomasticum sacrum, Leyde, 1664; Hiller, Unomatiscum sacrum, Tubingue, 1706 ; Simonis, Onomasticum V. T., Halle, 1741 ; N. T., 1762 ; B. Micbaelis, Observât, phil. de nomin. propriis Ebreor., Haie, 1729 ; Nomina quædam propria V. et N. T., 1754.
IL Lesétre.
NOMBRE (hébreu : mispâr; une fois kdsas , Exod., xii, 4; chaldéen : minyân, I Esd., vi, 17; Septante : àpt0p.(5ç; Vulgate : numéros), expression de la quotité, ayant pour base l’unité, ses multiples et ses fractions. Les différents termes hébreux qui se rapportent aux opérations faites sur les nombres sont : sâfar, àpiOp.sïv, numerare, « compter; » mcinâ/i, en chaldéen ; rnenâh, àpt6u.cîv, numerare, « dénombrer; » sefôrâh, i-xqysl.ia, promissio, le «livre de comptes »; sefàr, àpc0p.6ç, dinumeratio, le « dénombrement »; pequddâh, sTïicy.S’Ji'.ç, computati sunt, la « recension », le « dénombrement »; dans saint Luc, xiv, 28,
« compter avec des cailloux, » calculer, computare. Cf. Act., xix, 19.
I. La science des nombres chez les Hébreux. — 1° Les anciens Orientaux n’ont pas été de grands calculateurs. La science pratique des quatre opérations élé-
mentaires, addition, soustraction, multiplication, division, suffisait à leurs besoins, et ils s’en tinrent là. Les Egyptiens se servaient presque exclusivement du système décimal, qui prend pour base de calcul les cinq doigts de la main. Ce système, auquel s’arrêtèrent les ancêtres de la race aryenne, fut adopté, avec les noms de nombre sanscrits, par les Grecs et les Latins. Cf. Max Millier, Essais sur la mythologie comparée, trad. G. Perrot, Paris, 1874, p. 64-67. Chez les Chaldéens, le système décimal se combinait avec le système duodécimal, dont l’idée semble avoir été suggérée par les douze mois de l’année. Il nous en est resté la division du cercle en 360 degrés. On comptait par dizaines, centaines, mille, etc., mais aussi par multiples ou subdivisions de 60. Ainsi, toute unité pouvait se subdiviser en soixante fractions égales, et chacune de ces fractions en soixante autres. Pour les grandes quantités en nombre, en longueur, en superficie, en contenance, en poids, etc., le multiple 60 était beaucoup plus usité que le multiple 100. Ainsi 60 unités faisaient un sosse, 60 sosses faisaient un nère, 60 nères faisaient un sare, et ces multiples s’appliquaient aux quantités de toute nature. Le nombre 60 est le produit du 5 décimal et du 12 duodécimal. La combinaison des deux systèmes permettait de diviser à la fois par 10 et par 12 les grandes quantités, ce qui rendait plus facile la tâche de ceux qui avaient à calculer. Cf. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, Paris, 1895, t. i, p. 772, 773.
2° Les Hébreux ont gardé sur ce point, comme sur tant d’autres, la tradition des Chaldéens, leurs ancêtres. Quand Abraham demande au Seigneur d’épargner Sodome si la ville renferme 50 justes, il réduit peu à peu ce nombre, suivant le système décimal, à 45, à 40, à 30, à 20 et à 10. Gen., xvm, 26-32. Au désert, le Seigneur promet à Moïse que le peuple pourra manger de la viande non pas un jour, ni 2, ni 5, ni 10, ni 20, mais 30. Num., xi, 19. Ici encore, la gradation est décimale. Le système duodécimal apparait dans l’importance qu’ont chez les Hébreux les chiffres 12, 60, et leurs multiples ou leurs divisions. Dans une des paraboles de Notre-Seigneur, celle du semeur, le gain est de 100, de 60 ou de 30 pour un. Matth., xm, 8; Marc , iv, 8. On a ici un multiple décimal et un multiple duodécimal avec sa moitié. Le système duodécimal règle les mesures de longueur. Ainsi le doigt vaut 2 grains d’orge, le palme 8,1e zéretli 15, l’empan 24, le pied 32, la coudée 48, et la canne vaut 4 coudées. Tous ces chiffres sont des divisions ou des multiples de 12. Pour les mesures de capacité, le cab vaut 4 log, le gomor 1/2, le hin 12, le sèali 24, le balh 72, et le cor ou chômer 720. Ici encore, il y a application des deux systèmes. Les poids se multiplient d’abord d’après une règle décimale : le béqah vaut 10 gérah, le sicle 20, le mine 1,000; puis intervient un multiple duodécimal : le talent vaut 60 mines. Voir Mesure, col. 1044. L’influence chaldéenne est donc incontestable dans la numération hébraïque. Quant à la manière dont les Hébreux traitaient les nombres, on n’a aucune donnée positive. Leur science n’allait certainement pas plus loin sous ce rapport que celle des Chaldéens ou des Phéniciens. Elle se bornait aux comptes les plus simples, selon la nécessité des affaires courantes, d’ailleurs assez peu développées chez un peuple surtout agricole. Les règles élémentaires suffisaient pour cela. Le calcul n’était pas beaucoup plus compliqué quand il fallait estimer le prix d’une propriété d’après le nombre d’années à courir jusqu’à l’année jubilaire. Lev., xxv, 15, 16. Quand le commerce et l’industrie prirent quelque extension, comme à l’époque de Salomon, il dut exister des spécialistes plus habitués à calculer. D’ailleurs il y avait des trésors à surveiller et à évaluer, tant dans le Temple que dans la maison du roi, des propriétés royales ou particulières que géraient des intendants,
NOMBRE
des journées d'ouvriers à payer le soir, et, au moins à partir des Machabées, le change de l’argent à Jérusalem même, la pratique de la banque, le fermage et la perception des impôts, etc., opérations qui nécessitaient une certaine habitude du calcul. Il est vrai qu’avec les Séleucides, les méthodes grecques commencèrent à s’introduire en Palestine; mais elles ne furent jamais à l’usage du commun des Israélites, qui ne poussèrent pas leurs connaissances arithmétiques au delà de ce qu’exigeait la routine des transactions locales.
3° De deux passages bibliques, III Reg., vu, 23; II Par., iv, 2, on a conclu que les Hébreux ne possédaient qu’une notion sommaire du rapport qui existe entre le diamètre et la circonférence. Si la mer d’airain avait 10 coudées de diamètre et 30 coudées de circonférence, c’est que les Hébreux identifiaient ce rapport à celui de 1 à 3. Archimède l’estimait par la fraction 22/7, qui est trop forte à partir de la troisième décimale. Ce rapport est exprimé par la fraction continue 3, 14159... Il suit de là que, dans le cas de la mer d’airain, un diamètre de 10 coudées ou 5m 25 supposait une circonférence, non de 30 coudées ou 15m75, mais en réalité de 16m 48, c’est-à-dire de 0m73, soit d’une coudée et demie de plus. Si la circonférence était réellement de 30 coudées ou 15m 75, elle supposait un diamètre de 5m, soit seulement de 9 coudées et demie. Il est évident que dans la pratique on ne descendait pas à ces précisions, et que, spécialement dans une description, on se contentait d’une simple approximation.
4° Certains calculs plus importants s’imposaient aux autorités religieuses d’Israël. Il leur fallait d’abord déterminer l’époque de la Pâque, qui se célébrait normalement le 15 du mois de nisan, mais qu’il y avait lieu parfois de retarder par suite de l'état des récoltes et de l’intercalation d’un second mois de adar avant celui de nisan. Voir Année, t. i, col. 642. D'après la date de la Pâque, on fixait aisément celle de la Pentecôte. Il y avait aussi à déterminer le commencement officiel de chaque mois. Voir Néoménie, col. 1588. Mais le calcul qui préoccupa le plus les Juifs, fut celui de la venue du Messie, d’après la prophétie de Daniel. Voir Daniel, t. ii, col. 1277-1282. Ils supputèrent longtemps l’époque à laquelle devait apparaître le Messie, tel qu’ils l’imaginaient. Toujours déçus dans leur espérance, ils Unirent par constater officiellement leur déception et la lin de leur inutile attente. « Tous les termes marqués pour la venue du Messie sont passés... Combien d’années sabbatiques écoulées où sont apparus les signes nécessaires du Messie, et cependant il n’est pas venu!... Puisque la fin est arrivée et que le Messie n’est pas venu, il ne viendra plus! » Sanhédrin, 97 a, b. Quelques-uns pensaient que les péchés des hommes arrêtaient seuls cette venue et que la pénitence attirerait le Messie. D’autres disaient : « Maudits soient ceux qui supputent le temps du Messie ! » Gem. Babyl. Sanhédrin, f. 97. « Que leur cœur éclate et que leurs calculs s'évanouissent! » Maimonide, Iggereth Hatteman, f. 125, 4. Les Juifs ne s’étaient pas trompés dans leurs calculs, mais dans l'idée qu’ils se faisaient du Messie.
II. La représentation des nombres. — 1° Les anciens peuples éprouvèrent vite le besoin d’exprimer les nombres par des signes spéciaux, permettant d'indiquer des sommes considérables sous une forme beaucoup plus abrégée que par le détail en toutes lettres. Rien avant qu’ Abraham quittât la Chaldée, il existait en ce pays tout un système de signes conventionnels destinés à exprimer les nombres. On employait dans ce but les coins qui servaient déjà pour l’écriture. Des clous verticaux, juxtaposés ou superposés, indiquaient les
unités : [ = 1; |y = 2; U] = 3; TTT = 4- TTT = 5;
jjj 6, etc. Les dizaines étaient représentées par des
crochets : ^ = 10; ^ = 20; =30, etc. A partir
de 60, on pouvait continuer à se servir des crochets : ^ ou remplacer 50 par un clou vertical, avec des crochets pour les dizaines suivantes : j ^ = 60; !« = 70, etc. La centaine était indiquée par un clou vertical barré d'un trait horizontal et précédé d’un clou simple pour chaque centaine : | J>— = 100; || J»- = 200; ||| |«— =
300, etc. On exprimait 1000 par 10 fois 100 : ^ j*-, et
ainsi de suite en combinant les signes précédents. Cf. Fr. Lenormant, Éludes accadiennes, Paris, 1873, t. ni, p. 225, 226; Pinches, The Akkad.ian Numerals, dans les Proceedings of the Society of bibl. Archæol., t. iv, 1881-1882, p. 111-117; Maspero, Histoire ancienne, t. i, p. 772. Ces notations numériques se retrouvent dans le code d'Hammurabi. Cf. Scheil, Textes élamites-sémi tiques, 2e série, Paris, 1902, col. vi, 63; vm, 17,19, 56; x, 62, etc.
2° Les Hébreux eux aussi ont dû chercher de bonne heure le moyen d’écrire les nombres sous une forme abrégée. On ne voit pas trace chez eux de signes particuliers inventés dans ce but. Mais, à l’époque des Machabées, on trouve quelquefois, sur les monnaies juives, les chiffres des années exprimés par des lettres. Cf. Eckhel, De doctrin. num. veter., t. iii, p. 468; Cavedoni, Numismatica biblic., Modène, 1850, p. 19. On en conclut avec assez de vraisemblance que cette manière d’écrire les nombres était usitée antérieurement. Un bon nombre de variantes qu’on signale dans les textes primitifs ou dans les versions des Livres saints ne s’expliquent même, que si on suppose les nombres exprimés par des lettres qui, à raison de leur similitude de forme, se changeaient aisément l'une pour l’autre. Cf. Reinke, Beilriige zur Erklürung des A. T., Munster, 1851, t. i, p. 10; Corluy, Nombres ( Expression des) chez les Hébreux, dans le Dict. apologét. de Jaugey, Paris, 1889, col. 2222-2225. Voici la valeur numérique qui était assignée à chaque lettre de l’alphabet :
pn
nn
un
nn
pnn
Les massorètes exprimaient les dernières centaines au moyen des lettres finales : y = 500; c = 600; ; = 700; y = 800; y = 900; mais les rabbins préféraient se servir des lettres ordinaires, combinées comme on le voit dans le tableau. Dans les chiffres composés, celui des dizaines précédait celui des unités : i> = 14; -z = 29, etc.; celui des centaines précédait celui des dizaines : nip = 138; nvn, = 747, et ainsi de suite. Toutefois au lieu d’écrire : n> = 15 et v = 16, les Juifs mettaient tj = 9 + 6 = 15, et la = 9 + 7 = 16, les deux formules m et ]> pouvant être prises pour des abréviations du nom sacré de Jéhovah. Les milliers s’énonçaient au moyen des mêmes lettres de l’alphabet, qu'on reprenait
en les surmontant de deux points : = 1000; z =2000;
ÿ = 100000; nn = 800 000, etc. Ces deux points pouvaient d’ailleurs être omis dans les nombres composés de plusieurs chiffres. Enfin, pour indiquer qu’une lettre ou un groupe de lettres représentaient une valeur numérale et ne devaient pas recevoir de voyelles, on surmontait la première lettre du groupe de deux traits en
forme d’obèles : pn = 500; npnnx = 1905, etc. Voir Hébraïque (Langue), t. m, col. 467; Preiswerk, Gram-
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maire hébraïque, Genève, 1864, p. 133-134; Touzard, Grammaire hébraïque, Paris, 1905, p. 76.
3° A l’époque évangélique, la numération grecque devait aussi être, sinon usitée, du moins connue en Palestine. Comme en hébreu, les nombres y étaient représentés par les lettres de l’alphabet. Ce système apparaît dès le ive siècle av. .T.-C. ; les grammairiens d'Alexandrie l'adoptèrent ensuite, et, à partir de 250 av. J.-C., on le trouve en usage sur les monnaies et dans les documents écrits. De a à 0, les lettres marquent les unités, avec le digamma F, le vav des Hébreux et des Phéniciens, pour marquer 6 de t à u les dizaines, avec le y.ÔTtua, b ou 7", coph des Hébreux et des Phéniciens, q des Latins, pour marquer 90; les lettres de p à (o marquent les centaines, avec le crâjxTu, (alyixa. et 7i î) pour représenter le nombre 900. Toutes ces lettres, employées comme valeurs numérales, sont sur-
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