‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 206 sur 389 · Carré magique · texte numérisé non relu

Carré magique

D’après Karppe, Étude, p. 202.

chiffres sont disposés de telle sorte que leur total donne 15 dans tous les sens. Ce nombre représente les deux premières lettres du nom de Jéhovah, n>. Le chiffre central 5 représente le Verbe divin qui gouverne tout, et les nombres çairs des angles figurent les 4 éléments. Cf. S. Karppe, Étude sur les origines et la nature du Zohar, Paris, 1901, p. 195-203. — Les Kabbalistes font ainsi grand état des dix Sephirôth qui caractérisent le Dieu infini, Ên-soph, « sans fin. » Le mot sephirôth peut signifier en hébreu « nombres » ou « numération », ce qui a fait naturellement penser aux nombres de Pythagore. Mais les sephirôth sont plutôt des attributs divins, comme l’indiquent leurs noms : 1, kétér, « couronne; » 2, hokmdh, « sagesse; » 3, bînâh, « intelligence; » 4, héséd, » grâce, » ou gedûldh, « grandeur; » 5, din, « justice, » ou gebûrah, « force ; » 7, nêçali, « triomphe; » 8, hôd, « gloire; » 9, yesôd, « fondement; » 10, malkût, « royauté. » Cf. Franck, La Kabbale, Paris, 1843, p. 147 ; Munk, Palestine, Paris, 1881, p. 523, 524; Karppe, Étud., p. 365-421. Avec Abulafia, au xme siècle, « apparaissent les premiers éléments de ce qu’on appellera l’arithmomancie, qui consiste à associer un nombre à chaque élément, à chaque astre, et à fonder sur cette base une astrologie en quelque sorte mathématique, qui met la puissance attachée aux astres au pouvoir des combinaisons de nombres... La science où la logique doit régner en souveraine est embauchée pour être 1 humble servante d’une folle... traînée à la remorque des fantaisies les plus puériles. » Karppe, Etude, p. 302, 303. On ne peut mieux caractériser la va- »eur des élucubrations des kabbalistes à propos des nombres. H. Lesêtre.

NOMBRES (LIVRE DES), quatrième livre du Pentateuque. Voir Pentateuque.

NOMBRIL (héb reu : sôr, sôrêr ; Septante : àyyotlôç; Vulgate : umbilicus), cicatrice arrondie qui reste au centre de l’abdomen après la section du cordon ombilical par lequel l’embryon était mis en communication avec sa mère. — Ezéchiel, xvi, 4, parle de cette section, qui se fait immédiatement après la naissance. Le nombril de l’Epouse est comparé à une coupe arrondie. Cant., vu, 3. — Sur deux passages où la Vulgate porte le mot umbilicus, Job, xl, 11 ; Prov., m, 8, voir Nerfs, col. 1603. — Dans un sens figuré, le mot tabbûr signifie aussi v nombril », c'est-à-dire « centre » du pays. C’est ainsi que l’ont traduit les versions. Jud., ix, 37 ; Ezech., xxxvm, 12. Il a ce sens dans le Talmud. Cependant, d’après le phénicien, le samaritain et l'éthiopien, il faudrait donner à tabbûr le sens de « montagne ». Les versions chaldaïque et syriaque le traduisent par « forteresse ». Cf. de Ilummelauer, In libr. Judic., Paris, 1888, p. 196; Bosenmüller, Ezechiel, Leipzig, 1810, t. n, p. 539. Les deux sens sont possibles, car le nombril peut être considéré comme le sommet de la protubérance abdominale, et une montagne être regardée comme le centre d’un pays. 11. Lesètre.

NON-MON-PEUPLE, nom donné par le prophète Osée, i, 9, à un de ses fils, en hébreu : Lô’-'ammî. Voir Lo-Ammi, col. 317.

NOPH (hébreu : Nôf; Septante : Mép-piç; Vulgate : Memphis), nom de la ville de Memphis en hébreu, dans Is., ix, 6; Jer., ii, 16; Ezech., xxx, 16. Dans le texte original d’Osée, ix, 6, au lieu de Nôf, nous avons Môf, et cette leçon doit être plus correcte, car Memphis s'appelait en égyptien Men-nofir, d’où, par contraction, en copte, Memfi, Menfi, en arabe, Menf. La forme Nôf peut être dérivée de nofir, le m étant tombé. Voir Memphis, col. 954.

NQPHÉ (hébreu: Nôfah; Septante: ai yuvaîxsç), ville moabite dont on ne retrouve ailleurs aucune trace, au moins sous cette forme, en dehors de Num., xxi, 30, et dont l’existence même est contestée par un certain nombre de critiques. Elle est nommée avec Hésébon, Dibon et Médaba, dans le chant qui est cité. Num., xxi, 27-30. On lit en hébreu :

Nous avons porté la dévastation jusqu'à Nofah

Et jusqu'à Médaba.

Ce que les Septante traduisent de la manière suivante : « Les femmes ont encore allumé le feu dans Moab, » et la Vulgate : « Ils sont arrivés fatigués à Nophé et jusqu’à Médaba. » Nophé et Médaba ne paraissent point dans la version grecque et divers critiques, à leur suite, refusent de voir, les uns Nophé, les autres Médaba, dans ce texte. Les premiers traduisent: u Nous avons tout ravagé, de sorte que le feu s’est allumé jusqu’à Médaba; » les seconds : « Nophé, qui est près du désert. » Ils lisent : midbar, « désert, » au lieu de Mêdbd,

« Médaba. » Plusieurs de ceux qui conservent le nom de Nofah supposent que ce nom est pour Nôbah (voir Nobé2, col. 1655), la ville qui est mentionnée deux fois dans l’Écriture, Num., xxxn, 42, et Jud., vm, 11. Ce sont là tout autant d’hypothèses en faveur desquelles on ne peut alléguer aucune raison bien sérieuse. La traduction des Septante suppose un texte hébreu en partie différent : ils ont traduit nassim (qui vient de sâmêm et signifie « nous avons dévasté »), comme si c’était le pluriel ndsim,

« femmes, » de 'isdh. La racine nâfali veut dire « souffler »; elle peut signifier souffler le feu ; mais nôfah ne peut se rendre, comme l’ont fait les traducteurs grecs, par TtpO'jî/.xoG'av. Ils ont lu enfin Mô'âb, au lieu de Médaba.

NOPHETH — NOURRITURE

NOPHETH (hébreu : han-nâfet ; Septante : MaçE-ra), ville de Manassé, d’après la Vulgate, qui dit expressément urbs Nophet, quoique le mot « ville » ne se lise pas en hébreu. ,los., xvn, 11. Le terme de l’original hannéfét (han-nafet à cause de la pause) ne désigne pas une ville. La Vulgate a pris un nom commun pour un nom propre. Elle a traduit : « Manassé eut... la troisième partie de la ville de Nopheth. » Il faut traduire: « Manassé eut... trois districts montagneux. » Gesenius, Thésaurus, p.866. Ces trois districts montagneux qui furent attribués à Manassé dans le territoire des tribus d’Aser et d’Issachar, sont ceux de Bethsan, de Mageddo et de Dor. Voir Fr. de Hummelauer, Comment, in Josue, 1903, p. 392.

NO R AN (hébreu : Na'ârân; Septante : Noapâv; Alexandrinus : Naapâv), ville d’Èphraïm, ainsi appelée I Par., vu, 28. Elle est appelée Naaratha dans Josué, xvi, 7. Voir Naaratha, col. 1428.

NORD (hébreu : $âfôn; Septante : Boplaç, Boppàç; Vulgate : septentrio ), la partie du ciel opposée au midi, le côté où le soleil ne va pas, sauf dans les latitudes polaires. Comme les anciens s’orientaient du côté du soleil levant, le mot çemô’l, «. gauche, » sert aussi quelquefois à désigner le nord. Job, xxm, 9. Voir Cardinaux (Points), t. ii, col. 257. Hoba est à gauche, c’està-dire au nord de Damas. Gen., xiv, 15. — Le mot sâfon indique ordinairement la situation géographique, Num., xxxiv, 7 ; Ezecli., xlii, 17 ; la direction, Exod.,xxvi, 21 ; la partie septentrionale de la terre, Ps. lxxxix (lxxxviii), 13 ; Is., xliii, 6, et poétiquement le vent du nord. Prov., xxv, 23; Cant., iv, 16. Il désigne aussi les monarchies asiatiques dont les armées arrivaient en Palestine par le nord, Is., xiv, 31 ; .Ter., i, 14; iv, 6; vi, 22; x, 22; l’Assyrie, Soph., n, 13; la Babylonie, Jer., ni, 18; xvi, 15; xxxi, 8; xlvi, 10; Zach., ii, 10; vi, 6, et en général les royaumes septentrionaux par rapport à la Palestine, ,1er., xxv, 26; Ezech., xxxn, 30; xxxvm, 15; xxxix, 2. Dans Daniel, xi, 6, les rois du septentrion sont les Séleucides de Syrie. Le nord est considéré comme la partie principale du ciel, .Tob, xxvi, 7, la demeure des dieux, dans l’idée des idolâtres, Is., xiv, 13, et le point du ciel d’où Jéhovah fait éclater sa gloire. Ezecli., i, 4. — Sur l’or qui vient du septentrion, Job, xxxii, 22, voir Or. H. Lesètre.

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