Le dieu Samas saisit delà main la fumée du sacrifice
D’après Heuzey-Sarzet, Découvertes en Chaldée, pl. 30 bis, n. 17 bis.
il offrit aux dieux un sacrifice et une libation après sa sortie du vaisseau. Aussitôt,
Les dieux sentirent l'odeur,
Les dieux sentirent la bonne odeur,
Les dieux se réunirent comme des mouches au-dessus du
[sacrificateur.
Col., in, 160-162. Cf. Vigouroux, La Bible et les découvertes modernes, Paris, 1896, t. r, p. 324; Loisy, Les mythes babyloniens, Paris, 1901, p. 157. Dans la pensée des Chaldéens, les dieux se rassasiaient réellement des victimes qu’on leur offrait et vers lesquelles la bonne odeur les attirait. Une intaille chaldéenne (fig. 455) montre même le dieu Shamash saisissant de la main gauche la fumée du sacrifice. Pour rendre les dieux aptes à se nourrir, les Chaldéens, comme d’ailleurs les Égyptiens, ouvraient solennellement la bouche aux statues divines au moment de leur consécration. Cf. H. C. Rawlinson, The cuneiform Inscriptions of Western Asia , Londres, t. iv, 1891, pl. xm, n, 1-5; pl. xxv, col. iii, 15, 16; Maspero, Histoire ancienne des jieuples de l'Orient classique, t. i, 1895, p. 680; Lagrange, Eludes sur les religions sémitiques, Paris, 1905, p. 266. La prohibition faite aux Hébreux de sculpter des images, Exod., xx, 4, écartait pour eux le danger de céder à une tentation aussi grossière. L’esprit de la Loi était radicalement opposé à une pareille conception, et Asaph pourra dire plus tard au nom de Dieu :
Si j'avais faim, je ne te le dirais pas.
Car le monde est à moi avec tout ce qu'il contient.
Est-ce que je mange la chair des taureaux?
Est-ce que je bois le sang des boucs?
Ps. l (xlix), 12, 13.
2. C’est donc dans un sens purement métaphorique qu’il faut entendre cette « odeur de suavité », qui est attribuée avec instance aux sacrifices lévitiques. Exod., xxix, 18, 25, 41; Lev., i, 9, 13, 17; ii, 2, 9, 12; in, 5, 16; iv, 31; vi, 15, 21; vm, 21, 28; xvii, 6; xxm, 13, 18; xxvi, 31; Num., xv, 3, 7, 10, 24; xvm, 17; xxvm, 2, 6, 8, 13, 24, 27; xxix, 2, 8, 13, 36; I Esd., vi, 10. — 3. L’« odeur de suavité » est également attribuée aux parfums et aux autres off randes faites au sanctuaire, I Reg., xxvi, 19; Eccli., xlv, 20; l, 17; à l’offrande du juste, Eccli., xxxv, 8; au sacrifice spirituel, Eph., v, 2i et même à l’offrande faite à un ministre de Dieu. Phil., iv, 18. Dieu déclare aux Israélites que, s’ils deviennent infidèles, il ne respirera plus l’odeur de leurs parfums. Lev., xxvi, 31. — 4. Ézéchiel, vi, 13; xvi, 19, parle d’offrandes qui sont d’agréable odeur pour les idoles, c’est-à-dire qui sont de nature à plaire aux esprits mauvais qui reçoivent le culte idolâtrique.
3° Mauvaise odeur. — Elle se nomme en hébreu be'os et sahânâli, ce que les versions rendent par fip<o[j.oç, fra7rpia, fœlor, putredo. — 1. La manne se corrompait et devenait infecte le lendemain du jour où on l’avait recueillie, excepté cependant le jour du sabbat où celle de la veille se conservait. Exod., xvi, 24. Pour les tilles de Sion idolâtres, la mauvaise odeur remplacera un jour le parfum. Is., lit, 24. Une mouche morte suffit à rendre infect un parfum. Eccle., x, 1. Certaines blessures répandent l'infection. Ps. xxxvm (xxxvii), 6. Quand Antiochus fut rongé par les vers, voir Helminthiase, t. iii, col. 585, il exhalait une si violente odeur de pourriture que toute son armée en était incommodée. II Mach., ix, 9, 10, 12. — 2. L’odeur qui se dégage des cadavres humains est particulièrement désagréable. Cette infection s’élèvera des corps des ennemis vaincus, Joël, n, 20; Is., xxxiv, 3, et même du camp d’Israël devenu infidèle et maudit. Am., iv, 10. La mauvaise odeur s’échappait du tombeau de Lazare, le quatrième jour après sa mort. Joa., xi, 39.
H. Lesètre.
ODIA, orthographe, dans la Vulgate, II Esd., vm, 7, du nom du lévite qui est écrit ailleurs dans le même livre Odaïa. Voir Odaïà 2, col. 1738.
ODOÊA (hébreu : Hôdavydh, « louange de Yâh; » Septante : ’ÛSov'ia), un des chefs de la demi-tribu de Manassé à l’est du Jourdain. D’après quelques commentateurs, il aurait vécu, de même que les autres chefs nommés avec lui, I Par., v, 24, à l’époque ou PhubTbelgathphalnasar, c’est-à-dire Théglathphalasar III, roi de Ninive, emmena les. tribus transjordaniennes en captivité, f. 26, mais cela n’est pas certain. — Deux autres Israélites, appelés aussi en hébreu Hôdaviydh, portent, dans la Vulgate, les noms de Oduïa, I Par., ix, 7, et d’Odovia, I Esd., H, 40. Ce dernier porte aussi le nom d'Oduïa dans II Esd., vu, 43. Enfin, un des descendants de Zorobabel, dont le nom est écrit en hébreu Hâdayeyâhîi, est appelé également dans la Arulgate Oduïa. 1 Par., m, 24.
ODOLLAM (hébreu : ' Âdullâm ; Septante : ’Ooo),- /.xg), nom d’une ville et d’une caverne de Palestine.
4. ODOLLAM, ville de la tribu de Juda. Son nom est écrit Adullam dans Josué, xv, 35, et Odüllam dans Josué, xii, 15.
p Site. — Le site n’est pas certain. On le place communément aujourd’hui à 'ld-el-Miyê ou ' Aid-el-Mà , ruines situées au nord-est de Beit-Djibrin, l’ancienne Éleuthéropolis. Eusèbe et saint Jérôme disent, Onomastic., édit. Larsow et Parthey, 1862, p. 176, 177, qu’Odollam était de leur temps un grand village à dix milles ou quinze kilomètres d’après Eusèbe, douze milles, d’après saint Jérôme, à l’est d’Éleuthéropolis, par con
ODOLLAM
séquent sur le versant des montagnes de Juda du côté de la plaine des Philistins. Le livre de Josué, xv, 35; cf. II Esd., xi, 30, le place dans la Séphéla, entre Jérimoth d’une part, Socho et Azéca de l’autre. Odollam était voisin de Kézib ou Achazib, Gen., xxxvm, 5 (hébreu) (voir Aciiazib 2, t, i, col. 130-137; Kezib, t. ni, col. 1890), située plus bas que Thamna, Gen., xxxvm, 12, dans le voisinage de Marésa. II Par., xi, 7; Midi., i, 15; II Mach., xii, 38; cf. 35; Josèphe, Ant. jud., VIII, x, 1.
1. M. Clermont-Ganneau identifie Odollam avec Khirbet ' ld-el-Miyé ou ' Aid-el-Miâh ou Miyé, à une heure au sud de Schuûkéh , dans la partie supérieure de l’ouradi es- Sûr. Voir la carte de Juda. Il y a là des grottes qui sont encore aujourd’hui habitées. Clermont- Ganneau, L'emplacement de la ville d’Adoullam, dans la Revue archéologique, nouv. sér., t. xxx, 1875.
assez grande surface, dit M. Clermont-Ganneau, dans la Revue archéologique, t. xxx, 1875, p. 241, autant que j’en puis juger à travers les hautes herbes où elles sont noyées; il y a un grand puits entouré d’auges nombreuses ou l’on vient abreuver les troupeaux. Le lieu est absolument inhabité, sauf dans la saison des pluies, où les pâtres viennent s’y réfugier. »
2° Histoire. — Odollam était une ville royale chananéenne, avant la conquête de la Palestine par Josué. Jacob et sa famille avaient fréquenté ces parages ; c’est là que Juda avait épousé la fille de Sué, Gen., xxxvm, 1-2, et elle devint une des possessions de ses descendants, Jos., xv, 35, lorsque, à l’époque de l’invasion de la Terre Promise, son roi eut été vaincu par les Hébreux. Jos., xii, 15. Il n’est plus question d’elle qu’à l’époque de la persécution de David par Saiil. Le vainqueur de Goliath
p. 231-245; me série, t. xxvn, sept.-oct. 1895, p. 262.
V. Guérin, Judée, t. m, p. 338-339, n’a pas identifié Odollam, mais il donne une description des ruines du Khirbet 'Aicl el-Miâh : « Une soixantaine d’habitations renversées formaient dans Y oued un village qui existait encore à l’époque musulmane, car on y observe les restes d’une mosquée. Dans l’antiquité, les ruines qui couvrent le plateau de la colline du Cheikh Madkour et celles qui s’étendent dans la vallée constituaient probablement une seule et même ville divisée en deux quartiers, la partie haute et la partie basse. Près du Khirbet Aid el-Miâh s’élève, au milieu de l’oued, un superbe térébinthe, dont le tronc mesure au moins cinq mètres de circonférence » (fig. 456). Le village était au pied et sur le plateau d’une colline raide et presque isolée, dont les pentes sont aujourd’hui disposées en terrasses. La colline est entourée au nord et à l’ouest par une étroite vallée qui débouche à l’est en une vallée large. La colline s’élève de 3 à 400 pieds au-dessus de la vallée, La position est très forte, n’étant rattachée à la chaîne des collines environnantes que par un col étroit. Les ruines du village, « comme la plupart de celles des antiques cités de Palestine, n’ont pas de caractère bien déterminé, mais paraissent occuper une
se réfugia dans une caverne du voisinage, voir Adullam 2, pour échapper à son ennemi. — Son petit-fils, le roi Roboam, fortifia Odollam, lorsqu’il voulut meltre la partie méridionale de son royaume en état de défense contre les attaques des pharaons d’Égypte. II Par., xi, 7. — Miellée, i, 15, prédit que la gloire d’Israël, c’est-àdire ses princes et ses chefs, iront à Odollam, seront obligés d’y fuir et de s’y cacher pour ne pas tomber entre les mains de leurs ennemis. — Le nom de cette ville ne réparait plus qu’après la captivité de Babylone. Parmi les descendants de Juda qui revinrent en Palestine, quelques-uns, sans doute les fils de ses anciens habitants, établirent leur résidence à Odollam. II Esd., xi, 30. — Cette ville est mentionnée pour la dernière fois dans l’Écriture pendant les guerres de Judas Machabée contre les Syriens. Après avoir battu les troupes de Gorgias, dans les environs de Marésa (164 avant J.-C.), le général juif alla à Odollam où il célébra le sabbat avec son armée. II Mach., xii, 38. Voir Judas Machabée, j t. m, col. 1795-1796. — Un ami de Juda, fils de Jacob, ! qui s’appelait Diras, était de la ville d’Odollam. Voir Diras, t. m, col. 717. Les Septante et la Vulgate font de lui le « berger » [de Juda, au lieu de son « ami ». | Gen., xxxvm, 1, 12, 20. F. Vigouroux.
ODOLLAM (CAVERNE D’)
2. ODOLLAM (CAVERNE D’), caverne clans laquelle se réfugia David, pendant la persécutiou de Saül. Lorsque le vainqueur de Goliath fut sérieusement menacé par le roi jaloux, il se réfugia à la cour d’Achis, roi philistin de Geth, pour sauver sa vie. Là il courut de nouveaux dangers, auxquels il n’échappa qu’en simulant la folie. Il se hâta de chercher un asile ailleurs et il alla se cacher dans la caverne d'Odollam, où ses frères, la maison de son père et quatre cents partisans vinrent le rejoindre. I Reg.,xxn, 1-2; cf. II Reg., xxm, 13. On peut supposer, d’après ces détails, que la caverne n’était pas très éloignée de Geth et de Bethléhem. La proximité de cette dernière ville résulte plus clairement encore de l’épi=ode rapporté, I Par., xi, 15-19. Pendant
rochers de Kkareiloun le site de la ville d’Odollam. Voir V. Guérin, Judée, t. ni, p. 136-137; Liévin de Hamme, Guide-indicateur de Terre Sainte, 4« édit., 1897, t. n, p. 83-81. Quelques-uns, il est vrai, ont essayé de distinguer la ville et la caverne et d’en faire deux localités situées à une grande distance l’une de l’autre. Cette séparation violente est contraire au texte sacré. Josèphe, Aut. jud., VI, xii, 3, dit expressément que « la caverne était près de la ville d’Odollam », sv t* 7tpb; ’A6o-j),),diu./i 7c6).st <7tc),ociw. C’est la ville qui donnait son nom à la caverne et la caverne où s’était réfugiée David est près d " Aïd-el-Mâ. Il y a là dans la colline des grottes habitables. Le F. Liévin les a trouvées occupées « par des familles entières avec des chameaux et d’autres hôtes
que David était à Odollam. ayant exprimé un jour le désir de boire de l'eau de la citerne située à la porte de Bethléhem, trois de ses braves allèrent lui en chercher en passant à travers le camp des Philistins. La distance ne devait donc pas être extrêmement considérable, quoique leur acte soit cité comme un grand exploit.
C’est sans doute à cause de cette circonstance que l’on a souvent placé la caverne d’Odollam à Mogarel Kkareiloun (fîg. 457), à huit kilomètres environ à l’est de Béthléhem. Voir Cavernes, iv, 2°, t. n, col. 356. Guillaume de Tyr, Hist. rerum transmarin., xv, 6, t. cct, col. 617, parait être le premier auteur de cette identification qui a été acceptée jusqu’à ces derniers temps par un grand nombre de commentateurs et de voyageurs. Ils ont cru que le voisinage de Bethléhem et les dimensions considérables de la caverne qui a 220 mètres de long, sept salles, dont l’une mesure 23 mètres sur 11 en moyenne, et deux entrées, sont des raisons décisives pour placer là l’asile de David et de ses partisans. Mais il est impossible de découvrir au milieu des
de somme » à qui elles servent de demeure. Guideindicateur de Terre Sainte, 4e édit., 1897, t. n, p. 84. Une caverne de grandeur moyenne, est sur le côté septentrional de la colline ; à l'ouest, on remarque toute une série de grottes sur les lianes de l’étroite vallée. « Il est facile, dit Clermont-Ganneau, Revue archéologique, t. xxx, 1875, p. 242, de loger dans ces vastes cavernes David et ses sauvages compagnons; de là on domine et l’on commande à une grande distance les plaines et les vallées d’alentour; les ghazzias une fois opérées, on pouvait trouver dans cette forteresse naturelle une retraite sûre et commode, » Cf. Conder, Tent Work in Palestine, 1878, t. il, p. 158-159; F. Buhl, Géographie des alten Palàstina, 1896, p. 193.
Aid el-Miàh esta environ quatre heures ouest-sud-ouest de Bethléhem. C’est une distance considérable pour aller y chercher de l’eau, comme le firent les trois braves de David. Mais leur action est citée comme un exploit, précisément parce qu’elle fut extraordinaire, à cause de l’intrépidité avec laquelle ils traversèrent le camp des Philistins et aussi à cause de la distance. Quand
ODOLLAM (CAVERNE D’)
ŒCOLAMPADE
David s’était écrié : <■ Qui me donnera à boire de l’eau de la citerne qui est à la porte de Bethléhem?» Il Reg., xxiii, 15, il avait dû penser qu’il exprimait un de ces désirs irréalisables dont on croit l’accomplissement impossible, et lorsqu’il vit qu’on l’avait pris au mot, il ne voulut point boire et offrit l’eau à Dieu en libation à cause du danger auquel s’étaient exposés pour lui ses trois héros et de la fatigue qu’ils avaient endurée; il refusa de « boire le sang de ses guerriers ».
Tant qu'on a placé la caverne d’Odollam à Khareitoun, beaucoup d’interprètes ont pensé que c’était là que s’était passé l’épisode raconté dans I Reg., xxiv, 1-8, lorsque Saül, s’arrêtant à l’entrée de la caverne où était couché David, eut la vie sauve grâce à la générosité de celui qu’il voulait faire périr. Ce qui vient d’être dit montre que cette identification est fausse; la difficulté d’accès de Khareitoun suffit d’ailleurs à le montrer. Liévin, Guide, t. n, p. 81-82. Au surplus, le texte sacré ne place pas la scène à Odollam, mais du côté d’Engaddi. I Reg., xxiv, 1. « Les Bédouins de la contrée et quelques Bethlémitains, dit Liévin, ibid.,