Plan de la caverne de Khareitoun
D’après O. Fraas, Aus dem Orient, Stuttgart, 1867, p. 80.
p. 82, montrent la grotte de Saül, qu’ils appellent Moghâret-Chaoul, à Oum et-Talâa (la mère de la Montée), point culminant qui se trouve du côté de l’Orient, à une heure 35 minutes de Bethléhem. 11 y a là des citernes, des grottes, des parcs de brebis et quelques ruines, probablement celles d’une forteresse... Il n’y avait là aucun village... On (y) voit encore aujourd’hui des parcs (de brebis, I Reg., xxiv, 4) et des grottes, » et elle est sur le chemin d’Engaddi, que David avait dû quitter lorsqu’il avait appris que son ennemi l’y poursuivait. Quoi qu'il en soit de la véritable position de la caverne où entra Saül, ce n’est certainement pas celle d’Odollam.
F. Vigouroux.
ODOLLAMSTE (hébreu Adullâmi ; liâ-Âdul-
lâmî; ’OSo'/.Xap.tTr,;), habitant d’Odollam, ou originaire de cette ville. Gen., xxxvm, 1, 12, 20. Iliras, ami de Juda, fils de Jacob, était Odollamite. Voir Riras, t. m, col. 719.
ODON d’Asti, moine bénédictin en Piémont, vivait vers Tan 1120. II est auteur d’un commentaire sur les Psaumes, Expositio in Psalmos, publié d’abord parmi les œuvres de Brunon, évêque d’Asti, auquel il est dédié. II se trouve au t. clxv (col. 1141) de la Patrologie latine de Aligne. Clair et précis, ce commentaire s’arrête après le cxe Psaume. — Voir dom Ceillier, Hist. générale des auteurs ecclésiastiques, t. xxi (1757), p. 110; Ziegelbauer, üist. rei lit. Urd. G. Benedicti, t. I, p. 60; t. IV, p. 35, 83; Fabricius, Biblioth. lalinamediæ ætatis, t. v (1858), p. 147. B. Heürtebize.
ODOVIA (hébreu: Hôdavjâh [voir Odoia] ; Septante : ’üoovia), lévite dont les descendants, au nombre
de soixante-quatorze, revinrent de Babylone en Palestine avec Zorobabel. I Esd., ii, 40; Il Esd., vu, 44. Dans ce dernier passage, la forme hébraïque de son nom est contractée en Hodvâh ( chethib ), Hodyâh ( keri ) (Septante : OùSouia ; Vulgate, Oduia). Le Juda de I Esd., m, 9, peut être le même qu’Odovia, sous une forme altérée, parce qu'il est nommé avec les mêmes personnes dans 1 Esd., 1 1, 40; II Esd., vii, 43. Voir Juda 2r t. iii, col. 1756.
ODUIA, nom dans la Vulgate de trois Israélites. Sur ce nom, voir Odoïa.
1. oduia (hébreu : Hôdavydh ; Septante : ’OSoAx), fils d’Adana et père de Mosollam, de la tribu de Benjamin. LTn de ses descendants, Salo, habita Jérusalem au. retour de la captivité. I Par., ix, 7; cf. f. 3.
2. oduia (hébreu : Hôdayevdhù [chethib], Hôdavyâhû [keri] ; Ssptante : ’ÜSoXia ; Alexandrinus : ’ÛSouïa), fils aîné de’Élioénaï, descendant de Zorobabel.
I Par., m, 24.
3. ODUIA, forme, dans II Esd., vil, 44, du nom qui est écrit ailleurs Odovia. Voir Odovia.
ODULLAM, orthographe dans la Vulgate, Jos., xn, 15, du nom de la ville de Juda qui est appelée ailleurs Odollam. Voir Odollam, col. 1740.
ŒCOLAMPADE Jean, théologien allemand, l’un des fondateurs du protestantisme, né en 1842 à Weinsberg, petite ville qui appartenait au Palatinat, mort le 24 novembre 1531, à Bâle. Son vrai nom, dont on n’a pas pu fixer l’orthographe avec certitude (peut-être Hussgen ou Heussgen), fut transformé en Hausschein par ses amis, désireux de lui donner un sens ( lumière de la maison) qui fût facile à traduire en grec, suivant la coutume de l’époque. Il fit ses études d’abord dans sa ville natale, puis à Heilbronn, à Bologne et à Heidelberg-
II prit en octobre 1503 le grade de maître ès arts, et peu après l’électeur palatin Philippe lui confia l’éducation de ses enfants. Après avoir été ordonné prêtre, il revint à Weinsberg, où ses parents lui procurèrent une prébende. Mais désirant ardemment poursuivre l’étude de l’hébreu et du grec, il se rendit d’abord à Stuttgart, où il fut accueilli par J. Reuchlin, puis à Tubingue, où il fit la connaissance de Mélanchthon. En 1515, l’évêque de Bâle, Christophe von Utenheirn, l’appela dans cette ville comme prédicateur : c’est là qu’il fréquenta Érasme, et que, grâce à sa connaissance de l’hébreu, il put l’aider de ses conseils dans la composition de ses commentaires du Nouveau Testament; c’est là , aussi qu’il prit ses grades en théologie, de 1515 à 1518. Cette année même, il fut nommé prédicateur de la cathédrale d’Augsbourg. C’est dans cette ville qu’il commença à être troublé par les idées des réformateurs, et même à défendre les doctrines de Luther dans quelques polémiques auxquelles il prit part, entre autres avec le dominicain Jean Eck. II hésita néanmoins quelque temps avant de se décider tout à fait. R eut même un retour vers le catholicisme, pendant lequel il entra au couvent d’Altenmunster, de l’ordre de Sainte-Brigitte (23 avril 1520). D’abord heureux dans la paix du cloître, il ne tarda pas à être sollicité de nouveau par les luttes extérieures. II publia divers écrits fort peu orthodoxes (pour la défense de Luther, sur le culte de la sainte Vierge, sur l’eucharistie, sur la confession), qui faillirent compromettre l’ordre dont il faisait partie. Enfin, à l’occasion d’une maladie grave qui lui rendit les austérités impossibles, il quitta le monastère, avec la permission de ses supérieurs, en février 1522. Dès lors, il mena une vie agitée. En novembre 1522, il arriva à Bâle. Là il s’em-
ŒCOLAMPADE
ŒIL
ploya activement à faire triompher la réforme. Œcolampade se maria clans cette ville, et fut placé à la tète de l’église réformée, qu’il organisa, de concert avec le conseil de la ville. C’est là qu’il mourut quelques semaines plus tard. — Ses écrits sont nombreux; nous ne citerons que ses commentaires de la Bible : Demagoriæ, id est conciones 21 in Epist. Joannis I, Bâle, 1524; Theophylacti in IV Evangelia enarrationes, ex græco in lalinum versæ, in-f», Bâle, 1524 et 1531; Cologne, 1541; Commentarii in Esaiam, Jeremiam et Ezechielem, in-4°, Bâle, 1525; Cologne, 1525; Bâle, 1548; in-f°, Genève, 1558; Annotationes in Epistolam ad Romanos, in-8°, Bâle, 1526; Annotationes in Epistolam Joannis I , in-8°, Bâle, 1524; Nuremberg, 1524; Bâle, 1525; Theophylacti commentarii in IV Evangelia, (Ecolampadio interprète, in-f°, Bâle, 1525; Cologne, 1528; Annotationes in postremos III prophetas, Haggæum, Zachariam et Malachiam, Bâle, 1527; Genève, 1578; Commentariorum in Danielem I, 11, in-4°, Bâle, 1530; id. cura exeg. in Jobum, in-f°, Genève, 1567 ; Exegemata in Jobum, in-4°, Bâle, 1532; Annotationes in Evangelium Joannis, in-8°, Bâle, 1533 et 1585; Commentarii in Jercmiæ I, 3, et enarrationes in Threnos Jeremiæ, in-4», Strasbourg, 1533; Commentarii in Ezechielem, in-4°, Strasbourg, 1534; Explanatio in Epistolam ad Hebræos, in-8°, Strasbourg, 1534; Annotationes in Ilosæam, Joelem, Am os, Abdiam et 2 capita Michææ, in-8°, Strasbourg, 1535; Genève, 1578; Annotationes in Gencsin, in-8°, Bâle, 1536; Enarrationes in Evangelium Matth æi cum concionibus popularibus in aliquot loca Novi Teslamenti, in-8°, Bâle, 1536; Commentarii in Jobum, Danielem, Hoseam, Joelem, in-f°, Genève, 1553 et 1555; Commentarii in Esaiam, Jeremiæ Threnos et Ezechielem, in-f1, Genève, 1558; Hypomnemata in J esaiam prophetam, in-4°, Bâle, 1548. A. Begnier.
ŒCUMENtUS, théologien byzantin, dont la vie est à peu près inconnue, était, d’après Montfaucon, évêque de Tricca en Thessalie, et vécut vers la fin du x« siècle. On a sous son nom des commentaires des Actes des Apôtres, des Épitres de saint Paul et des Épîtres catholiques. Ces commentaires, qui ne sont pas seulement une compilation d’un grand nombre de Pères grecs, mais qui contiennent de plus des remarques personnelles intéressantes, ont été imprimés pour la première fois à Vérone (in-f°, 1532), en même temps que le commentaire de l’Apocalypse de saint Jean par Aréthas. Parmi les éditions suivantes, on peut citer celle de Frédéric Morel (2 in-f», Paris, 1631) et celle de Migne (2 in-4°, Paris, 1864; t. cxvm-cxix de la Patrologie grecque).
A. Regnier.
OEDER, G eorg Ludwig, exégète protestant, rationaliste mitigé, né à Schoplloch près Dinkelsbühl, le 28janvierl694, mort le 24 avril 1760. Il étudia à Iéna (depuis 1712). Après y avoir été reçu magister en théologie (1714), il aida d’abord dans le ministère son vieux père qui était pasteur protestant à Schoplloch. G. Ludw. Oeder fut ensuite nommé professeur au gymnase de Ileilbronn. Il passa en la même qualité à Ansbach, où il devint directeur du gymnase en 1730. En 1737 il rentra dans le ministère comme pasteur de Feuchtwangen.
Ses écrits sont très nombreux, quoique peu considérables. Voici ceux qui regardent les Saintes Ecritures : D isputatio de lege sub Christi adventum cessante (sur Ccd., ni, 19 et 20), in-4°, Iéna, 1715; üisputatio de Ëileamo reniant cunili non obtinente ad Ntini., xx //, 20, in-4°, Iéna, 1715. — Ces deux écrits, il les réédita dans les Observationes sacræ ad varia eaqtte dif (iciliora Scripluræ Sacræ loca, in-8° (deux parties), Iéna, 1715-1716. — De latronibus absque miraciilis humi procumbentibus, dans les Misccllan. Lipsiens, Leipzig, 1721, t. x.
— De loco sacro, ibidem, t. xn, 1723. Ces deux dissertations et tous les écrits mentionnés ci-dessus, il les réédita de nouveau dans son Syntagma Observationum sacrarum, in-8°, Ansbach, 1729. — Programma de pane Angelorum ad Psalm. xxxvm, 25, Ansbach, 1731. Ce Progr. forma plus tard le n» 88 de ses Conjecturæ. — De scopo evangelii Johannis adversus Lampium, in- 8°, Leipzig, 1732. — Conjecturarum de difficilioribus Sacræ Scripturæ locis centuria, in-8°, Leipzig, 1733. — Vorrede eines ungenannten Verfassers von dem Wertheimischen Ruche so unter dem-Titel : Der gôltlichen Schrifften vor den Zeiten des Messiæ Jésus, herauskommen mit nôthigen Anmerkungen begleitet von Sincero Pislophilo, in-4°, Schwobach et Leipzig, 1736.
— Disputatio de raptu non Pauli Apostoli, sed alterius cuiusdam in paradisum et de palo carni dato, ad II Cor., xu, 1, 9, in-4°, ibid., 1737. — Sinceri Pistopliili neue und gründliche Erlâuterungen schwerer Stellen lieil. Schrift Francfort et Leipzig (parut en réalité à Ansbach), 1735 et suiv. — Dissertatio de sensu mystico Scripturæ Sacræ forme un appendice aux Conjecturæ.
— Observatio exegetico-critica de tempore et loco scriptarum Epistolarum Pauli Apostoli ad Philippenses et Corinthios (se trouve dans ses Conjecturæ).
— Gedancken vom letzten Üster-Feste Christi; — Er-
klürung des 53. Capitels Esaiæ wider den Socinianer Eschrich.... et d’autres dissertations qui ont toutes paru dans les Programmes du gymnase d' Ansbach. — Ce fut surtout sa Freie Untersuchung ïiber einige Bûcher des Allen Testaments, qui fit sensation. Ce livre, composé en 1756. n’a été édité qu’en 1771 par G. I. L. Vogel. Cf. Michaelis, Orientalische und exegetische Bibliothek, t. ii, p. 44; t. ii, 1-58; t. vi, 24-154. — Voir Grosses, V ollslcindiges Universallexicon, Leipzig et Balle, 1740, t. xxv, col. 539-543.. — Allgemeine deutsche Biographie, Leipzig, t. xxiv, 1887, p. 147. — Rosenmüller, Ilandbuch fur die Literatur der biblischen Kritik und Exegese, 4 in-8°, Gœttingue, 1797-1800, t. i, p. 109-111. M. Bihl.
ŒîL (hébreu : ayin; Septante : o:p0a>(j.ôç; Vulgate : ocidus). organe de la vue. Le mot ayin, qui désigne l’œil dans toutes les langues sémitiques, est aussi le nom de la lettre y, aïn, qui avait la forme d’un œil dans les anciens alphabets. Voir Alphabet, t. i, col. 406-414.
I. Dans le sens propre. — 1° C’est Dieu qui a formé l’œil. Ps. xciv (xem), 9; Prov., xx, 12. Les yeux voient les choses extérieures et permettent au corps, dont ils sont le flambeau, Matth., vi, 22; Luc., xi, 34, de se diriger. On loue la beauté des yeux, comme ceux de David, I Reg.,xyi, 12, ou ceux de l’Épouse. Cant.,iv, 1. Ceux du crocodile sont comparés aux paupières de l’aurore, Job, xli, 9, c’est-à-dire aux rayons lumineux qui annoncent le lever du soleil. Le soleil lui-même éblouit les yeux. Eccli., xltii, 4. Les yeux pleurent. Job., xvi, 21; Lam., i, 16; m, 48; Ps. cxix(cxviii), 136; •Ter., ix, 1, 18, etc. La fumée les incommode, Prov., x, 26; le sommeil les appesantit, Matth., xxvi, 43; Marc., xiv, 40, mais aussi les fuit quelquefois. I Mach., vi, 10, etc. Le chagrin les voile, Job, xvn, 7, et les consume, Ps. vi, 8; le bien-être les'illumine. I Reg., xiv, 27, 29. Les idoles ont des yeux qui ne voient pas, Ps. exiv (cxm), 5; cxxxv (cxxxiv), 16; Sap., xv, 15, et que la poussière remplit impunément. Bar., vi, 16. Les femmes mettaient du fard à leurs yeux. IV Reg., ix, 30; Jer., iv, 30; Ezech., xxm, 40. On recouvrait les yeux d’un bandeau pour les empêcher de voir. III Reg.,
xx, 38. — 2° Les yeux peuvent subir divers accidents. Ils sont quelquefois malades, Gen., xxix, 17; Lev.,
xxi, 20; xxvi, 16, et cette maladie peut avoir le caractère du châtiment. Deut., xxvm, 65. La vieillesse les obscurcit ou les éteint, Gen., xxvii, 1; xlviii, 10;
I Reg., m, 2; îv, 15; III Reg., xiv, 4; Eccle., xu, 3,
ŒIL
infirmité qui fut épargnée à Moïse. Deut., xxxiv, 7. Quand une personne est morte, on lui passe la main sur les yeux pour les fermer. Gen., xlvi, 4; Tob., xiv, 15. Tobie perdit la vue par accident, puis la recouvra miraculeusement. Tob., n, Tl ; vi, 9; xi, 8-15. Isaïe, xxxv, 5; xlii, 7, avait annoncé qu’au temps du Messie les yeux des aveugles seraient ouverts. Notre-Seigneur accomplit la prophétie non seulement spirituellement, en éclairant les âmes, mais aussi physiquement, en touchant les yeux des aveugles pour les guérir. Matth., tx, 29, 30; xx, 34; Marc., vm, 23, 25; Joa., ix, 6. Quand l’œil est frappé, il pleure. Eccli., xxu, 24. Celui qui, par un coup, faisait perdre l’œil à son esclave, lui devait accorder la liberté en compensation. Exod., xxi, 26. Les Philistins arrachèrent les yeux à Samson. Jud., xvi, 21. Naas l’Ammonite voulait crever l’œil droit à chacun des habitants de Jabès. I Reg., xi, 2 ; cf. Zach., xi, 17. Les Chaldéens crevèrent les yeux du roi Sédécias. IV Reg., xxv, 7 ; Jer.,xxxix, 7 ; lii, 1 1 . Voir 1. 1, fig. 158, col. 637. Les corbeaux crèveront l’œil de l’enfant révolté contre ses parents. Prov., xxx, 17. Voir Corbeau, t. n, col. 960. — 3° « Lever les yeux » est une expression qui revient
des choses. Le serpent promet à Eve que, si elle et Adam mangent du fruit, ils auront les yeux ouverts et connaîtront le bien et le mal. Gen., ni, 5, 7. Ouvrir les yeux à quelqu’un, c’est attirer son attention sur une chose importante, Gen., xxi, 19; Num., xxii, 31; xxiv, 3, 4; IV Reg., vi, 20; Luc., xxiv, 31, etc. ; et en particulier le convertir à la vraie foi. Act., xxvi, 18. Des yeux qui voient sont la même chose qu’un cœur qui comprend. Peut., xxix, 4. Les yeux du cœur sont la conscience. Eph., i, 18. Le voile mis sur les yeux est l’obstacle à l’intelligence des choses. Gen., xx, 16; Ezech., xii, 12; II Cor., ni, 13-16. Rendre quelqu’un aveugle, c’est l’empêcher de porter son attention sur ce qu’il devrait connaître. Num., xvi, 14; Lev., xxiv, 16. Les présents aveuglent les yeux des sages. Deut., xvi, 19; Eccli., xx, 31. Détourner les yeux d’une chose équivaut à vouloir l’ignorer. Deut., xv, 9; Ps. cxix (cxvm), 37; Cant., vi, 4; Eccli., iv, 5; xxvii, 1, etc. Dieu lui-même, dans sa justice, intervient pour fermer les yeux de ceux qui, par leur faute, ne veulent pas connaître la vérité. Is. , vi, 10; xxix, 10; Matth., xm, 15; Joa., xii, 40; Act., xxvm, 27 ; Rom., xi, 8, 10. — L’œil
459. — Yeux divins au-dessus des tombeaux. D'après Rosellini, Monwnenti civili, pl. cxxix.
très fréquemment pour signifier « regarder » un spectacle qui a une certaine étendue. Gen., xm, 10; Exod., xiv, 10; Is., lx, 4; .1er., iii, 2; Ezech., vm, 5; Dan., vm, 3; Zach., i, 18; Matth., xvn, 8; Luc., vi, 20; Joa., iv, 35, etc. On lève aussi les yeux pour prier. Dan., iv, 31; Luc., xvi, 23; xvm, 13; Joa., xi, 41; xvn, 1, etc. « Voir de ses yeux, » c’est être spectateur direct d’une chose, qu’on se rappellera ensuite et dont on sera un témoin irrécusable. Deut., iii, 21; iv, 34; xxi, 7; IV Reg., vu, 2, 19; Job, xix, 27; xxix, 11; Eccli., li, 35; Is., xxx, 20; Mal., i, 5; Matth., xm, 16; Luc., n, 30; Gai., iii, 1; I Joa., i, 1, etc. Job, xix, 27, a la certitude qu’un jour, ressuscité de son tombeau, il verra de ses yeux son vengeur éternellement vivant. « Entre les yeux » désigne le front, Exod., xm, 9, 16; Deut., vi, 8; xi, 18, ou le haut de la tète. Deut., xiv, 1.
IL Dans le sens figuré. — 1» Des yeux sont attribués à Dieu comme symbole de sa vigilance sur ses créatures. Jéhovah a l’œil sur les hommes. Jer., xxxii, 19; Zach., ix, T. 11 a même sept yeux qui parcourent toute la terre. Zach., iv, 10. Mais il les détourne de ceux qui l'offensent, Is., i, 15, c’est-à-dire qu’il n’a plus pour eux ce regard paternel qui assurerait leur bonheur. Les Égyptiens représentaient les yeux divins au-dessus de leurs tombeaux (fig. 459). Cf. t. n, fig. 705; Champollion, Monuments de l’Egypte, pl. clxxviii ; Rosellini, Monunienli civili, pl. cxxix, cxxxii. L’œil divin de Râ était chargé de châtier les hommes coupables. Cf. Maspero, Histoire ancienne des peuples de VOrient classique, Paris, 1895, t. i, p. 164-165. — 2° Dans 1 homme, les yeux ouverts signifient la connaissance
du vautour, pourtant si puissant, ne connaît pas les chemins qui conduisent à la mine souterraine. Job, xxviii, 7, — 3° L’œil, à raison de sa vivacité expressive, manifeste les pensées et les sentiments de l’âme. Il y a ainsi l’œil orgueilleux, Ps. xvm (xvn), 28; ci (c), 5; Prov., vi, 17; l’œil de pitié, I Reg., xxiv, 11; Ezech., xx, 17, et l’œil sans pitié, qui n’épargne personne, Deut., vu, 16; xm, 8; Is., xm, 18; Ezech., vm, 18; ix, 5; l’œil ardent de colère, Job, xvi, 10; Esth., xv, 10; l’œil dont les roulements sont un signe de fureur, Job, xv, 12; l’œil dont les clignements marquent la moquerie ou la méchanceté, Ps. xxxv (xxxiv), 19; Prov., vi, 13; x, 10; Eccli., xxvii, 25; Is.. iii, 16; l’œil insatiable, Prov., xxvii, 20; Eccle., i, 8; Eccli., xiv, 9, 10, par suite de celte curiosité et de cette cupidité que saint Jean appelle la concupiscence des yeux, I Joa., u, 16; l’œil qui languit dans l’attente, Job, xxxi, 16, ou qui se lasse à regarder vers le ciel, Is., xxxviii, 14; l’œil des serviteurs fidèles qui se fixe sur les mains du maître, pour mieux saisir ses moindres ordres. Ps. cxxm ( cxxii), 2. — 4° Comme l’œil met l’âme en communicalion avec les spectacles extérieurs, il est souvent pour celle-ci une cause de tentations. Num., xv, 39; Judith, ix, 13; x, 17; xvi, 1 1. Job, xxxi, 1, avait fait un pacte avec ses yeux pour éviter ces tentations. Notre-Seigneur conseille d’arracher l’œil qui scandalise, Matth., v, 29; xviii, 9; Marc., ix, 46, c’est-à-dire de s’imposer les plus grands sacrifices pour écarter l’occasion du mal. Parlant des faux docteurs, saint Pierre dit qu’ils ont les yeux pleins d’adultères et insatiables de péchés. II Pet., n, 14. — 5° L’œil mauvais, dont il est fréquem-
ŒIL
ŒSTRE
ment question dans la Sainte Écriture, est l’œil envieux et jaloux, indice d’une méchanceté in justifiée contre le prochain. Deut., xv, 9; I Reg., xvm, 9; Tob., iv. 7 ; Eccli; xxxi, 14, 15; Matth., xx, 15; Marc., vu, 22, etc. Mais nulle part il n’est parlé de « mauvais œil », dans le sens d’un sort jeté à quelqu’un par un simple regard. Sur la superstition du « mauvais œil », voir 0. Jahn, Ueber den Aberglauben des bôsen Blicks bei den Allen, dans les Berichte den Verhandlungen der hônigl. sachsisch. Gesellschaft der Wissenschaften, 1855, p. 28-110; Leclercq, Amulettes, dans le Dict. d’Archéol. clirét., t. i, col. 1843-1846. Le mauvais œil, si redouté aujourd’hui en Orient, en Égypte et dans le sud de l’Europe, effrayait également les anciens Égyptiens. Pour s’en préserver, ceux-ci attachaient par une cordelette, à leur bras ou à leur poignet Youza ou œil mystique (lig 460), sorte de bijou taillé dans une pierre de prix. Cf. Maspero, L'archéologie égyptienne, Paris,
1887, p. 235. Les Arabes peignent encore une main ouverte en noir sur la chaux blanche dont leur maison est enduite; cette main éloigne le mauvais œil. Cf. Babelon, Manuel d' archéologie orientale, Paris,
1888, p. 282; Bevue biblique, 1903, p. 247. Voir Main d’Absalom, col. 585. — Plusieurs personnages de