‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 233 sur 389 · II. Lesètre · texte numérisé non relu

II. Lesètre

OFALIM (héb reu : 'ofâlim), tumeur à l’anus. Ce mot est toujours remplacé en qéri par tehôrîm, « tumeurs hémorroïdales. » Les versions traduisent 'ofâlim d'une manière moins précise. Septante : ëSooc, « fondement, » partie du corps qui sert à s’asseoir; Yulgate : amis, ou circonlocutions désignant la même chose. Les 'ofâlim, en assyrien ; uplu, sont généralement reconnus comme étant des tumeurs à l’anus. Cf. Bochart, Hierozoicon, Leipzig, 1793, t. n, p. 381; Buhl, Geseuius’ Handwôrterb., p. 630. Autrement dit, ce sont des hémorroïdes. Voir Hémorroïdes, t. ni, col. 587. Le Seigneur les énumère parmi les maux dont les Hébreux seront frappés s’ils lui sont infidèles. Deut., xxvni, 27. — Quand les Philistins se furent emparée de l’Arche d’alliance, les habitants d’Azot, de Geth et d’Accaron furent successivement atteints de différents maux, et, en particulier, d "ofâlim. Les Philistins en appelèrent alors à leurs prêtres et à leurs devins pour être délivrés. Ceux-ci leur conseillèrent de renvoyer l’Arche avec des ex-voto expiatoires. Parmi ces derniers devaient se trouver cinq 'ofâlim d’or, selon le nombre des princes qui avaient subi la contagion. Le conseil fut suivi et les ex-voto d’or placés dans un coffret, pour être transportés avec l’Arche jusqu’à Bethsamés. I Reg., v, 6, 9, 12; vi, 5, 8, 11, 15, 17. Il est à croire qu’à dater de ce moment la contagion cessa de sévir parmi les Philistins. Hérodote, i, 105, raconte un fait qu’il est intéressant de rapprocher du récit biblique. Quand les Scythes parurent en Palestine avec le dessein de marcher contre l’Égypte et qu’ensuite ils s’en retournèrent sans avoir réalisé leur dessein, un certain nombre d’entre eux pillèrent le temple d'Atergatis, à Ascalon, dans le pays des Philistins. Voir Ascalon, t. i, col. 1064. En punition de leur brigandage, la déesse leur aurait envoyé une « maladie de femme », 0r,).eia voOto:, qui passa à leur descendance et les fit appeler désormais ’-Evxpssç, « hommesfemmes. » La 97|),eta voüuoç désigne d’ordinaire des mœurs efféminées et débauchées. Cf. Hérodien, IV, xn, 4, etc. Sur son caractère spécifique, voir Hippocrate, trad. Littré, t. H, p. 184. Le scholiaste d’Aristophane, Acham., 242, raconte également comment les Athéniens, frappés d’une maladie honteuse pour avoir manqué de respect à une statue de Bacchus, ne furent délivrés qu’après avoir envoyé au dieu des ex-voto rappelant leur mal. Cf. Winer, Bibl. Realwôrterbuch, Leipzig, 1838, t. ii, p. 303. L’usage de faire hommage aux dieux de représentations des membres guéris ou à guérir était général chez les anciens. Voir t. i, fig. 526, col. 1731; t. iv, fig. 235, col. 911. Cf. Diodore de Sicile,

i, -22; J. J. Frey, De more diis simulacra tnembrorum

consecrandi, Altorf, 1746 ; Noury, Le culte d’Esculape en Grèce, dans la Chronique médicale, Paris, déc. 1905, p. 774, 776. Il n’est pas étonnant de le trouver en vigueur chez les Philistins. H. Lesètre.

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