ONAM
à nommer l’âne sauvage d’Afrique, inconnu en Babylonie. C’est par suite des exigences du parallélisme que l’auteur sacré oppose, comme deux termes synonymes, le péré’ au 'ârôd. Les deux noms se rapportent à l’onagre asiatique, c’est-à-dire à l’hémione. Cf. Bochart, Hierozoicon, Leipzig, 1793-1796, t. il, p. 214; Rosenmüller, Iobus, Leipzig, 1806, t. n, p. 913. Wetzstein, dans Frz. Delitzsch, Bas Bach lob, Leipzig, 1876, p. 507, identifie le péré ’ avec le fard du désert d’Arabie, qui ressemble assez à l’âne par la tête, les oreilles et la queue, mais est pourvu de deux cornes, et n’est plus dès lors un jumenté, mais un bovidé analogue à l’antilope. Cette identification n’est pas probable; elle a contre elle les anciennes versions qui font du péré' un âne sauvage, le purirnu assyrien, par conséquent un animal semblable à l’âne et dépourvu de cornes. — 4. L’Asinus hemippus est l’hémione de Syrie (fig. 481). Comme l’âne sauvage d’Afrique, l’animal change de place suivant les saisons.
Il habite encore en été au nord de l’Arménie et descend en hiver dans les parages du golfe Persique. On le rencontre aussi dans le Haouran ou pays de Basan. L’Asinus liemione ouhémionede l’Asie centrale fréquente en grand nombre les plateaux de la Perse, et, dans l’Inde anglaise, le pays de Katch, d’où le nom de dshiggétéï qu’on lui donne en cette contrée. LesTartares prennent l’hémione à l’aide de pièges et de lacets, comme les Assyriens d’autrefois, mangent sa chair et utilisent sa peau pour la préparation du chagrin. Cf. Tristram, The natural History of the Bible, p. 41-43; Wood, Bible animais, Londres, 1884, p. 279-284.
2» L’onagre dans la Bible. — 1. Il est question du péré ’ une douzaine de fois dans les textes sacrés. L’animal était donc bien connu des Hébreux, surtout de l’auteur de Job. L’ange de Jéhovah caractérise Ismaël, avant sa naissance, en disant qu’il sera un péré', que sa main sera contre tous et que la main de tous sera contre lui. Gen., xvi, 12. La vie d’Ismaël, qui fut vagabonde et aventureuse, et le caractère de ses descendants, qui furent belliqueux et peu sociables, justilient cette comparaison. En traduisant péré' par aypoixoç, férus, « sauvage, » les versions ne rendent que le sens général de la comparaison. — Job, vi, 5, demande si l’onagre rugit devant l’herbe tendre, pour signifier que s’il se plaint lui-même, c’est qu’il n’a pas ce qu’il désirerait et reçoit au contraire en nourriture ce qui cause son tourment. De son côté, Sophar reproche à Job de se buter contre la justice de Dieu et de ne pas comprendre ce que comprendraient un fou et un onagre. Job, xi,
12. L’onagre, en effet, vit dans les déserts, loin des hommes qui pourraient l’apprivoiser, et, quand, il est pris par eux, il se montre indocile. C’est donc un type d’inintelligence. Job, xxiv, 5, compare encore à l'onagre dans la solitude les malheureux qui, traqués par les brigands, en sont réduits à errer dans les déserts et à vivre misérablement. Enfin, l’auteur sacré décrit en ces termes les mœurs de l’onagre, Job, xxxix, 5-8 :
Qui a lâché le péré' en liberté,
Qui a brisé les liens du 'ârôd,
A qui j'ai donné le désert pour maison,
Et pour demeure la plaine aride?
Il méprise le tumulte des villes Et n'entend pas la voix d'un maître.
Il court les montagnes pour trouver sa pâture,
Il y cherche les moindres brins de verdure.
Ces traits rappellent l’indépendance, la sauvagerie, l’indomptabilité de l’onagre, qui ne songe qu’à se procurer sa nourriture et la rencontre même dans les régions les plus arides. — Un Psalmiste parle de l’onagre qui vient aux sources pour y étancher sa soif. Ps. Civ (cm), II. — Osée, vin, 9, pour reprocher à Israël son penchant envers les Assyriens, le compare à l’onagre indompté qui cherche fortune dans le désert. — Isaïe, xxxii, 14, dit que Jérusalem châtiée à cause de ses infidélités, deviendra un repaire où s’ébattront les onagres. — Jérémie, u, 24, reprend l’idée d’Osée et assimile la nation coupable à une onagre habituée au désert; elle aspire l’air, dans l’espoir d’assouvir sa passion, et ceux qui la recherchent la trouvent sans peine. Le prophète dit encore, en décrivant une sécheresse :
Les onagres se tiennent sur les hauteurs,
Aspirant l'air comme des chacals,
Leurs yeux s’éteignent, faute de verdure. Jer., xiv, 6.
Daniel, v, 21, raconte que, pendant sa lycanthropie, voir Folie, t. ii, col. 2301, Nabuchodonosor vécut avec les onagres. Les rois d’Assyrie s’étaient, ménagé des parcs immenses auprès de leurs palais d’été. Dans ces parcs, on rassemblait des bêtes sauvages et même des animaux féroces que le souverain se donnait le plaisir de chasser à ses heures. Cf. Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, Paris, t. m, 1899, p. 401. Les bêtes sauvages y vivaient seules en liberté, tandis que les animaux féroces, retenus en cage, n’étaient lâchés que pour la chasse. Nabuchodonosor pouvait donc ainsi vivre dans la compagnie des onagres. — Enfin, l’Ecclésiastique, xm, 23, dit que le pauvre est la proie des riches, comme l’onagre est la proie des lions dans le désert. Le lion poursuivait et atteignait l’onagre aussi aisément que le cerf. Voir fig. 84, col. 269. — 2. Tous ces traits bibliques conviennent parfaitement aux hémiones, c’est-à-dire aux animaux que les auteurs sacrés avaient sous les yeux et qu’on rencontrait assez fréquemment de leur temps en Mésopotamie et en Syrie, particulièrement dans le Hauran, patrie de Job. Ils ne sauraient convenir au même degré à l’âne sauvage proprement dit, qui, de nos jours, n’a jamais été trouvé ailleurs que dans le nord de l’Afrique et qui n’est passé en Asie qu’à l’état domestique. Les auteurs sacrés n’auraient guère eu l’occasion de le connaître autrement que par ouï-dire. Il en faut conclure que les onagres de la Bible sont des hémiones. — Sur la machine de guerre appelée « onagre », voir Baliste, t. i, col. 1415. H. Lesètre.
©ÜIÂfVa (héb reu : nnss, ’Ônâm, « fort »), nom d'un Horréen et d’un Judéen.
I. onam (Septante: ’Qgdp, dans Gen., xxxvi, 23, et ’Üvdv, dans I Par., I, 40), le plus jeune des cinq fils de Sobal l’Horréen.