IV
OLSHAUSEN
OMBRE
phie, t. xxiv, p. 323-328, Leipzig, 1887; L. Pelt, dans la Realencyklopadie fur protest. Théologie und Kirclte, 3e édit., Leipzig, t. xiv, 1904, p. 366-368.
2. OLSHAUSEN Justus, orientaliste, exégète protestant, frère du précédent, né à Ilohenfelde le 9 mai 1800. mort à Berlin le 28 décembre 1882. Après avoir parcouru les classes du gymnase de Glückstadt et de celui d’Eutin, il étudia de 1816 à 1819 à l’université de Kiel et de 1819 à 1820 à l’université de Berlin. En 1820 il alla à Paris, il y resta trois ans (1820-1823) ; il y suivit le cours de langues orientales de Sylvestre de Sacy et noua amitié avec Alex, de Humboldt. Après son retour à Kiel, il fut nommé professeur extraordinaire des langues orientales (1823.) En 1830 il fut promu à l’ordinariat. En 1852 le gouvernement du Danemark lui ayant enlevé cette chaire, Olshausen alla à Kônigsberg comme professeur des mêmes langues et comme bibliothécaire en chef (1853.) De là il fut appelé a Berlin comme conseiller au ministère du culte. Il prit sa retraite en 1874. .1. Olshausen qui a laissé quantité d’ouvrages remarquables était plutôt philologue que théologien. Il publia d’abord : Emendationen zum \alten Testamente mit grammatischen und historischen Erôrterungen, in-8°, Kiel, 1826. Il édita ensuite en collaboration avec J. Mobl, Fragments relatifs à la religion de Zoroastre, extraits des manuscrits persans de la bibliothèque du Boi, in-4°, Paris, 1829. — Vendiclad Zend-Avestæ pars xx adhuc superstes. E codicihus manuscript. Parisiens, edit. Parsl, in-4°, Hambourg, 1829. Cette publication qui aurait dù comprendre 7 à 8 fascicules ne fut pas poursuivie. — Zur Topographie des allen J erusalems , in-8°, Kiel, 1833.
— Observationes critieæ ad Vet. Test. in-4°, Kiel, 1836 ( Programme de cette université). L’année suivante il publia, avec l’aide de J. N. Gloyer, Niebuhrs Reisebeschreibung nach Arabien und den umliegenden Làndern., in-4°, 1837. — Ueber den Ursprung des Alphabets und über die Vocalbezeiclmung im Allen Testament, in-8°, Kiel, 1841. Ce traité parut dans les Kieler Philologisehe Studien, — En 1852 il publia la deuxième édition du Commenta r zu Hiob de Hirzel, dans le Kurzgefasstes exegelisches Handbuch zum Neuem Testament. — L’année suivante il fournit pour la même collection (vol. xv°) le Commentai’ zu den Psalmen, Leipzig, 1853. — Ueber phônicische Ortsnamen, dans le Rheinisches Muséum fur Philologie, 1853, p. 321 sq.
— Lehrbuch der lie braischen Sprache, t. i (Laut- und
Schriftlehre), t. n (Formenlehre), in-8°, Brunswick, 1861. Il y regarde l’arabe comme la plus ancienne langue sémitique. La IIIe partie, qui aurait dû traiter la Syntaxe, n’a jamais paru. Depuis 1860, membre de l’Académie des sciences de Berlin, il publia dans les Mémoires de cette docte corporation : Prüfung des Cliaracters der in den assyrischen Keilinschriften enthallenen semitischen Sprache, dans les Abhandlungen der Berliner Akademie der Wissenschaften 18G4, in-4°. (Un tirage à part parut à Berlin 1865.) — Parlhava und Pahlav, Mcida and Mali, in-4°, Berlin, 1864. — Ueber das Vocalsystem der hebràisclien Sprache nach der sogenannten assyrischen Punkluation, in-4°, Berlin, 1865. — Ueber die Umgestaltung einiger semitischer Ortsnamen bei den Griechen, in-4°, Berlin, 1879. — Voir Eb. Schrader, Gedàchtnisrede auf Justus Olshausen, dans les Mitteilungen der kgl. preuss. Akademie der Wissenschaften, Berlin, 1883; Carstens, dans VAUgemeine deutsche Biographie , t. xxtv, p. 328-30, Leipzig, 1887; Ad. Kamphausen, dans la Realencyklopiidie fur protest. Théologie und Kirche, 3e édit., t. xiv, Leipzig, 1904, p. 308- 371. M. Biijl.
QLTRAMARE Marc Jean Hugues, exégète protestant suisse, né à Genève le 27 décembre 1813, mort dans cette ville le 23 février 1891. Il y avait commencé
ses études qu’il termina à Tübingue et à Berlin. Après avoir exercé en passant le ministère pastoral, il occupa la chaire d’exégèse du Nouveau Testament à la faculté de théologie protestante de Genève; poste où il resta jusqu’à sa mort. Sans parler de nombreuses publications de polémique ou de théologie et d’une traduction du Nouveau Testament, on a de lui : Commentaire sur l’Épitre aux Romains, 2 in-8°, Paris, 1881-1882; Commentaire sur les Épitres de saint Paul aux Colossiens, aux Éphésiens et à Philémon (avec une notice sur l’auteur en tête du t. ii), 3in-8°, Paris, 1891-1892. D’après M. Bovon, Théologie du Nouveau Testament, 2 in-8°, Lausanne, 1905, t. Il, p. 112, « pour tout ce qui concerne ces trois écrits et leur authenticité, » l’auteur « traite ce sujet avec une telle ampleur qu’il épuise la matière et qu’il reste peu de chose qui lui échappe ».
O. Rey.
OLYMPIADE (grec : ’OXuiJ.nâî, probablement forme contractée de ’OXuguoSüipoç), chrétien de Rome, salué par saint Paul, dans l’Épitre aux Romains, xv, 15. Le pseudo-Hippolyle, De ixx Apost., 42, t. x, col. 955, le compte parmi les soixante-dix disciples du Sauveur et dit qu’il souffrit le martyre à Rome. Sa fête est célébrée par les Grecs le 10 novembre.
OLYMPIEN (grec: ’OXégTnoç), épithète de Jupiter, dieu de l’Olympe en Thessalie. Voir Jupiter, t. iii, col. 1866. Antiochus IV Épiphane lui dédia le temple de Jérusalem en décembre 168 avant Jésus-Christ. II Mach., vi, 2. Cf. I Mach., i, 57.
OLYMPIODORE d’Alexandrie, diacre de cette ville, vivait dans la première moitié du VIe siècle. Il fut ordonné par l'archevêque monophysite d’Alexandrie, Jean III, surnommé Nikiotès, lequel mourut en mai 516. Migne a publié sous le nom d’Olympiodore dans la Patrologie grecque, t. xcm, des commentaires sur Job, les Proverbes, l’Ecclésiaste, Jérémie, les Lamentations, Baruch et saint Luc. Le commentaire sur Job, col. 13- 469, n’est pas dans son ensemble l’œuvre d’Olympiodore comme l’avait cru son traducteur latin P. Comitolus; l’éditeur du texte grec, P. .Tunius, C'.atena Patrum græcorum, in-8°, Londres, 1637, a établi que la Catena in Job est l’œuvre de Nicétas Serron (voir col. 1614) qui vivait au xie siècle. Le commentaire de Jérémie existait au manuscrit dans la bibliothèque Barberini, mais n’a pas été publié. Les fragments sur Jérémie (col. 627-726), sur les Lamentations (col. 725-762), sur Baruch (col. 761-774), sur la lettre de Jérémie (col. 773- 780), sont tirés de la Catena de Michel Ghislerius, Lyon, 1653, où ils figurent sous le nom d’un Olympiodore qui n’est pas autrement déterminé. Quelques fragments sur les Proverbes (col. 469-478), dont on a seulement le texte latin, traduit par Th. Pelte, S. J., et un fragment de saint Luc, vi, 23, col. 779, publié par le cardinal Mai, Scriptorum nova collectio, t. IX, p. 666, peuvent être du diacre d’Alexandrie, mais on n’en a pas la certitude. Le commentaire sur l’Ecclésiaste (col. 477-628) est publié d’après YAuclarium Bibl. græc. Patr., Paris, 1624. Les commentaires anciens sur ce livre sont rares. Celuici est surtout moral. F. Vigouroux.
OMAR (hébreu : ’Ômâr, « éloquent (?) ; » Septante : ’Qg.dtp), le second des sept fils d’Éliphaz et petit-fils d’Esaii, un des ’allûf ou chefs de tribu iduméens. Gen., xxxvi, 11, 15 ; I Par., i, 36. Voir Allouph, t. i, col. 390. La tribu qui a dù porter son nom n'a pas été identifiée.
OMBRE (hébreu: sel, sêlél, sélém, salmâvét; chaldéen : telal; Septante :ay.ux ; Vulgate : umbra), absence des rayons directs du soleil sur un corps quelconque pendant le jour. Tout agent lumineux peut être l'occa.
OMBRE
sion d’une production d’ombre; dans la Bible, il n’est ; question d’ombre que par rapport au soleil. Un corps i opaque exposé aux rayons de l’astre à une partie éclai- 1 rée directement et l’autre partie éclairée seulement par des rayons diffus ; cet éclairage restreint constitue l’ombre propre du corps. Ce corps, grâce à son opacité arrêtant les rayons directs du soleil, empêche les objets qui sont au-delà, sur la même ligne droite, de recevoir ces rayons : c’est son ombre portée. Quand le corps exposé au soleil est en mouvement, son ombre se meut également selon certaines règles géométriques ; quand le corps est au repos, l’ombre se meut cependant à cause du déplacement du soleil, mais dans un sens contraire au mouvement de l’astre. — Le mot hébreu salmdvét a été décomposé par les versions en deux autres mots, sêl, « ombre, » et mâvét, « mort, » d’où « ombre de la mort », mtà 0avca:ou, timbra mortis, ombre comme celle qui règne dans le séjour de la mort. Mais les anciens hébraïsants n’ont pas tous admis cette étymologie. Cf. Gesenius, Thésaurus, p. 1169. Plusieurs préfèrent faire venir le mot de scdam, « être sombre, » sens qu’on retrouve dans l'assyrien salmu, l’arabe sa-
- léma et l'éthiopien çale'ma. On observe d’ailleurs que, dans bien des cas, Job, xxiv, 17; xxvm, 3; Ps. cvii (cvi), 10, 14; Is. , ix, 2, etc., le mot salmdvét ne se rapporte nullement au séjour des morts, et que sel,
, « ombre, » est pris la plupart du temps dans la Bible
î avec un sens agréable. Le mot salmdvét voudrait donc dire simplement « obscurité », par conséquent ombre épaisse. Cf. Buhl, Gesenius’ Handwôrterbuch, Leipzig, 1898, p. 704. Voir Ténèbres.
1° Au sens propre. — 1. Les montagnes projettent des ombres, d’abord courtes et pouvant être prises pour des , troupes d’hommes, Jud., ix, 36, puis s’allongeant de plus en plus, à mesure que le soleil baisse sur l’horizon, i Jer., vi, 4, enfin fuyant elles-mêmes et disparaissant
[ dans la nuit. Cant., il, 17 ; IV, 6. — 2. Les arbres four-
nissent aussi une ombre très appréciée en Palestine, où le soleil est ardent. Les oiseaux cherchent cette
- ombre, Marc., iv, 32, et l’esclave accablé par le labeur soupire après le moment où il la trouvera. Job, vu, 2.
r Voir Magasin pittoresque, 12e année, p. 314. Les lotus couvrent l’hippopotame de leur ombre. Job, xl, 17 (22). Dans ce texte, la Vulgate a confondu sé’ôlim des « lotus » et seldlim, des « ombres », d’où une tautologie dans la traduction. L’ombre de la vigne couvrait les montagnes t d’Israël. Ps. lxxx (lxxix), 11. Élie dormit à l’ombre n d'un genêt, III Reg., xix, 5, et Jonas s’abrita à l’ombre d’un ricin qui sécha bientôt. Jon., iv, 5, 6. Pour s’adonner à l’idolâtrie, les Israélites recherchaient l’ombrage i épais des arbres, sous lesquels ils trouvaient des retraites h mystérieuses. Ose., iv, 13. Voir Bois sacré, 1. 1, col. 1840.
— 3. Le serpent réunit ses petits à son ombre, Is., xxxiv, 15, afin de les garantir contre les ardeurs du soleil. Une ombre épaisse règne dans les galeries où les mineurs vont chercher les métaux et les pierres précieuses. Job, xxvm, 3. Plus profonde encore est 1’ « ombre de la mort », l’obscurité qui enveloppe le séjour des morts. Job, x, 22. Voir Sche’ol. — 4. Le prophète Isaïe fit rétrograder l’ombre de dix degrés sur le cadran solaire d’Achaz, aux yeux d’Ézéchias malade. IV Reg., xx, 9-11 ; Is., xxxviii, 8. Voir Cadran solaire, t. n, col. 27. —
5. A Jérusalem, on mettait les malades sur le passage de saint Pierre, afin que son ornbre au moins les couvrit. Act., v, 15. On espérait ainsi obtenir leur guérison. Le Codex Bezæ ajoute au texte : « Car ils étaient délivrés de la maladie que chacun d’eux avait. » Quelques autres manuscrits ont une addition analogue.
2° Au sens figuré. — Un certain nombre des propriétés de l’ombre fournissent aux écrivains sacrés des images ou des comparaisons. Ainsi l’ombre figure : 1. La sécurité. En Orient, il est toujours dangereux de s’exposer sans abri aux (rayons du soleil. Voir Insolation, t. ni,
col. 885. On cherche donc l’ombrage d’un arbre, d’un rocher, de tout ce qui peut empêcher le rayonnement 1 direct. Alors on est en sécurité. Dans l’apologue de Joatham, le buisson élu roi dit aux autres arbres de se confier à son ombrage. Jud., ix, 15. Assur a été comme un grand arbre au feuillage épais, à l’abri duquel des nations nombreuses se sont mises à l’ombre ; mais, à l’heure du châtiment, les peuples s’éloignent de l’ombre d’Assur, et avec lui descendent au sche'ôl ceux qui étaient assis à son ombre. Ezech., xxxi, 2, 6, 12, 16. Malheur aux Israélites qui voudront s’abriter à l’ombre de l’Égypte. Is., xxx, 2, 3. Un bon prince est pour Israël comme un grand rocher à l’ombre duquel il se tient. Is., xxxn, 2. Les Israélites comptaient vivre ainsi à l’ombre de leur roi. Lam., iv, 20. Il leur fallut pourtant vivre à l’ombre de Nabuchodonosor. Bar., i, 12. Cf. Dan., iv, 9. Mais un jour Israël refleurira, on reviendra vivre à son ombre, Ose., xiv, 8, et, plus tard, le royaume messianique deviendra un grand arbre dont les. rameaux abriteront les oiseaux, Ezecli., xvn, 23, comme autrefois les forêts abritaient Israël de leur ombre sur l’ordre de Dieu. Bar., v, 8. Après leur châtiment, les Moabites en fuite voulaient s’arrêter à l’ombre de Ilésébon, Jer., xlviii, 45, mais ils en furent chassés. Pour se cacher, les fugitifs demandent l’ombre de la nuit au milieu du jour. Is., xxi, 3. — 2. La protection divine. Elle a été manifestée quand l’ombre de la nuée couvrait les Hébreux au passage de la mer Rouge. Sap., xix, 7. Dieu défend contre les oppresseurs comme l’ombre du nuage protège contre le soleil. Is., xxv, 4-5. Il est un ombrage contre les feux du midi, Eccli., xxxiv, 19, une tente qui donne de l’ombre. Is., iv, 6. Les Psalmistes demandent à Dieu de les protéger à l’ombre de ses ailes. Ps. xvn (xvi), 8 : lviii (lvii), 2. Le serviteur de Jéhovah est couvert par l’ombre de sa main. Js. , xlix, 2 ; li, 16. L’épouse désire s’asseoir à l’ombre de son bien-aimé. Cant., n, 3. Les trois Apôtres, sur la montagne de la transfiguration, sont à l’ombre de la nuée, Matth., xvn, 5; Marc., ix, 6 ; Luc., ix, 34, et ainsi introduits dans le mystère des secrets divins, La vertu du Très, Haut couvre Marie de son ombre, Luc., i, 35, pour opérer en elle le mystère de l’incarnation. En Égypte, pour dire que quelqu’un était sous la protection et sous l’autorité d’un plus puissant, on se servait d’une locution comme celle-ci : « L’ombre de Pharaon, ton maître, tombe sur toi. » Cf. Maspero, Les contes populaires de l'ancienne Égypte, Paris, 3e édit., p. 198. —3. L'abandon. L’ombre marque également l’état de ce qui n’est pas éclairé (par la vérité, la grâce, la vie, etc. Il n’y a point d’ombre de la mort où l’on puisse se cacher pour faire le mal, Job, xxxiv, 22, car la lumière du regard divin éclaire tout et Dieu met à la lumière ce qui est à l’ombre. Job, xii, 22. Dans une .vallée d’ombre, refuge d’êtres malfaisants qui se cachent, rien n’est à craindre pour celui qui a Dieu avec soi. Ps. xxiii (xxn), 4. Les prisonniers habitent l’ombre de la mort, d’où la Providence les tirera. Ps. cvii (cvi), 10, 14. Il faut glorifier Dieu avant que la lumière de la vie soit remplacée par l’ombre de la mort dans l’autre monde. Jer., xm, 16. Les fils de Coré, soumis à l’épreuve malgré leur fidélité, demandent si Dieu veut les écraser et les couvrir de l’ombre de la mort. Ps. xliv (xliii), 20. Job, m, 5, voudrait que le jour de sa naissance fût revendiqué par les ténèbres et l’ombre. A ceux qui habitaient à l’ombre de la mort, c’est-à-dire dans l’ignorance, le vice et la menace de l’éternel malheur, le Messie a apporté la délivrance, Is., ix, 2 ; Matth., iv, 16, et la lumière. Luc., i, 79. — 4. L'insignifiance physique ou morale. Job, xvn, 7, miné par la maladie et le chagrin, se plaint que tout son corps n’est plus qu’une ombre. S’arrêter aux songes c’est vouloir saisir une ombre. Eccli., xxxiv, 2. Pour les voleurs, le matin équivaut à l’ombre de la mort, Job, xxiv, 17, parce que
OMBRE
ONAGRE
la lumière du jour empêche l’exécution de leurs mauvais desseins. En Dieu, il n’y a pas même l’ombre d’un changement, Jacob., i, 17, c’est-à-dire pas de variation si insignifiante qu’elle soit. Les anciennes institutions mosaïques n’ont été que l’ombre des choses futures. Col., ii, 17 ; Heb., vm, 5 ; x, 1. Ici l’idée exprimée est double : les choses de l’ancienne loi ont été insignifiantes, sans valeur pour le salut, si on les compare à celles de la loi nouvelle ; elles en ont cependant été la ligure, de même que l’ombre portée par un objet reproduit quelque chose des contours de cet objet. En hébreu le même mot sélém signifie « ombre » et « image », parce que les premières ligures ont été dessinées d'après les contours de leur projection sur une surface plane- Le texte de la Sagesse, xv, 4, appelle le peintre <r/.ta-
Dieu est le premier et le dernier, le commencement et la fin, Apoc., i, 8; Jésus-Christ l’est de même, Apoc., xxi, 6; xxii, 13; « celui par qui tout commence, celui à qui tout se termine, que nul ne précède, à qui nul ne succède, » comme le dit Bossuet, L'Apocalypse, i, 8, dans ses Œuvres, Versailles, 1818, t. iii, p. 158. Voir A et Q, t. i, col. 1.
OMER, mesure. La mesure hébraïque appelée non, hômér, est rendue ordinairement dans la Vulgate par corus et celle qui est appelée mv, 'ômér, par gomor. Voir Cor, t. n, col. 954, et Gomor, t. ni, col. 273.
OMRAI (hébreu: 'Imri, « éloquent (?); » Septante; ’Agupoug), fils de Bonni et père d’Amri, de la tribu de
om85t
479. — La chasse à l'onagre. Bas-relief assyrien du British Muséum.
Ypoccpoç, « celui qui trace d’après l’ombre; » Vulgate : timbra picturæ, « ombre de peinture. » Le texte hébreu de Ps. xxxix (xxxviii), 7, dit que l’homme passe « comme une ombre », et les versions traduisent « comme une image », en prenant l’un pour l’autre les deux premiers sens de sdlem. — 5. L'inconsistance. La vie de l’homme passe comme l’ombre. Cette image est fréquente dans la Sainte Ecriture. 1 Par., xxix, 15 ; Job, viii, 9; Ps. xxxix (xxxviii), 7 ; cxliv (cxliii), 4; Eccle., vu, 1; Sap., n, 5. Les jours de l’homme sont comme l’ombre qui s’allonge, Ps. cii (ci), 12, comme l’ombre à son déclin, Ps. cix (cvm), 22, comme l’ombre qui ne s’arrête pas. Job, xiv, 2. Le soir surtout, l’ombre s’allonge de plus en plus et semble précipiter sa marche implacable pour faire bientôt place à la nuit, qui, en Palestine, n’est séparée du jour que par un court crépuscule. Les méchants et les faux biens de ce monde participent naturellement à la condition de l’homme et passent comme l’ombre. Eccle., vin, 13; Sep., v, 9,
OMÉGA, nom de la dernière lettre de l’alphabet grec, Q, employé dans l’Apocalypse, i, 8; xxt, 6; xxii, 13, pour signifier fin, le dernier. Cf. Is., xuv, 6; xlviii, 12.
.Tuda. Un de ses descendants, Othéi, habita Jérusalem après le retour de la captivité de Babylone. 1 Par., IX, 4. — Un autre Israélite, père de Zachur, qui travailla à la reconstitution des murs de Jérusalem du temps de Néhémie, II Esd., ni, 2, s’appelle aussi en hébreu. Imri, mais la Vulgate a écrit son nom Amri.
ON (hébreu: 'Ôn ; Septante: 'IPXio-jtcoXiç), nom hébreu de la ville d’Égypte que les Septante et la Vulgate appellent Héliopolis d’après le nom que lui avaient donné les Grecs. Gen., xli, 45, 50; Ezeeh.,xxx, 17. Voir Héliopolis 1, t. iii, col. 571.
ONAGRE (hébreu : péré’, et une fois ' ârôd , Job,, xxxix, 5; chaldéen : 'ârod; Septante : ovaypoç, ovoç aypioç, ovoç èpsptr/iç; Vulgate : onager), quadrupède de l’ordre des jumentés, souvent confondu avec l’âne sauvage. Voir Ane, t. i, col. 566.
1° Histoire naturelle. — 1. Les anciens ont connu sous le nom d’ « onagre », et beaucoup de modernes désignent par le même nom, équivalant à celui d’âne sauvage, un quadrupède presque indomptable, même quand il nait en captivité ou qu’on le prend tout jeune,.
ONAGRE
-cf. Aristote, tiist. anim., vi, 36; Oppien, Cyneget., m, 184; remarquable par la beauté de ses proportions, cf. Martial, xm, 98; dont la rapidité défie celle des chevaux les plus agiles, cf. Aristote, Hist. anim., vi, 29; Élien, Nat. anim., xiv, 10; Xénophon, Anab., I, v, 2; vivant par troupes nombreuses en Perse, en Arabie et ■dans l'Asie centrale, cf. Pline, H. N., vin, 16; Varron, De re rust., n, 6; Ammien Marcellin, xxiv, 8; Strabon, vu, 312; xn, 568; poursuivi comme gibier de chasse, Strabon, vu, 312, et d’une chair délicate au goût. Les monuments assyriens représentent cette chasse à l'onagre, traqué par les chiens et percé de llèches (fig. 479), ou pris au lacet (fig. 480). « On le force difficilement avec des chiens, mais on l'abat à coups de llèches, ou bien on le prend vivant au piège. On lui ajuste au cou un
Syrie, de la Perse, etc., est applicable à l’hémippe, au gour, au ghor-khur, au kiang ou dshiggéteï, c’est-àdire à diverses variétés de YEquus hemionus et non à YEquus usinas ». L’hémione est un jumenté qui tient le milieu entre le cheval et l’âne, d’où son nom de « demi-âne »; il a les parties antérieures du premier et les parties postérieures du second, la tête de même forme que celle du cheval, mais grosse comme celle de l’âne, les oreilles intermédiaires entre celles des deux précédents animaux, et il réunit les qualités assignées par les anciens à l’onagre. Ce serait donc en réalité l’hémione que les anciens auraient connu sous le nom d’onagre, le péré’, « rapide, » des Hébreux, assimilé à l’âne à raison de ses formes générales, mais n’ayant pu, en aucune manière, devenir la souche des ânes do-
480. — Chasse à l’onagre. Bas-relief assyrien de Nimroud. D'après Place, pl. 54, n. 3.
nœud coulant, dont deux hommes tiennent les extrémités. L’animal se débat, rue, essaie de mordre, mais ses efforts n'aboutissent d’ordinaire qu’à serrer le lacet, et il s’affaisse à demi étranglé; après quelques alternatives de révolte et de suffocation, il finit par se calmer tant bien que mal et se laisse emmener. On l’apprivoisait et il se pliait sinon aux travaux de l’agriculture, du moins à ceux de la guerre. » Maspero, Histoire ancienne des peuples de l'Orient classique, Paris, 1895, t. i, p. 769. Cette dernière conclusion se tire du poème babylonien où le soleil est représenté sur un char attelé d’onagres vigoureux dont les jarrets ne se lassent jamais. Cf. Jensen, Die Kosmologie der Babylonien, Strasbourg, 1890, p. 111. Tristram, The natural History of the Bible, Londres, 1889, p. 43, appelle Asinus hemione l’onagre de l’Asie centrale et le distingue de Y Asinus hemippus ou onagre de la Syrie orientale. Mais Milne Edwards, dans les Compt. rend, de l’Acad. des sciences, Paris, t. lxix, 1869, p. 1259, considère « comme bien démontré que l’âne est une espèce essentiellement africaine, qui ne s’est répandue en Asie qu’à l’état domestique; car tout ce que les anciens, ainsi que les voyageurs modernes, ont dit des ânes sauvages ou onagres de la
mestiques, si différents par le caractère, la lenteur, la domesticabilité, etc. Du reste, les animaux représentés par les artistes assyriens sont des hémiones. Cf. C. A. Piètrement, Les chevaux dans les temps préhist. et histor., Paris, 1883, p. 708-711. — 2. L’ Asinus vulgaris, souche des ânes domestiqués, a été aussi regardé par les anciens comme un onagre. Il est originaire des déserts de l’Afrique. On le rencontre encore par petites troupes de quatre ou cinq dans ces régions. Ses caractères sont à peu près les mêmes que ceux de l’âne domestique. 11 ne se montre sur les confins de l’Egypte qu’en été; l’hiver, il se retire dans les déserts du Haut Nil. — 3. Quelques auteurs ont pensé que le mot péré' désigne l’onagre asiatique, tandis que ârôd serait le nom de l’âne sauvage d’Afrique. Celle supposition manque de fondement. Le mot 'ârôd n’apparait en effet qu’une seule fois dans la Bible, pour servir de parallèle au mot péré' :
Qui a lâché le péré’ en liberté,
Qui a brisé les liens du 'ârôd? Job, xxxix, 5.
Le mot 'ârôd n'est que le chaldéen 'ârod, employé par Daniel, v, 21, et ne pouvant, par conséquent, servir
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