‹ Dictionnaire de la Bible (volume 3)Chapitre 26 sur 389 · Ukzin, sur la purification des fruits · texte numérisé non relu

Ukzin, sur la purification des fruits

III. Auteurs de la Mischna. — 1° Quand Jérusalem eut été prise et le Temple ruiné, les docteurs juifs comprirent que le rôle politique de leur nation était terminé.

Il cherchèrent alors à consolider leur unité religieuse en consacrant tous leurs efforts à l’étude de leurs lois et de leurs traditions. La Mischna fut le résultat de cette activité. Cette compilation cite environ cent cinquante docteurs, la plupart assez rarement, d’autres dans presque tout les traités, les uns tenant pour l’affirmative dans une question, les autres pour la négative. — 2° La comparaison des textes et la manière dont sont habituellement groupés les interlocuteurs permet de distinguer quatre générations successives de docteurs : Première génération, de 70 à 100 : R. Jochanan ben Sakkai,

K. Zadok, R. Chananja, chef des prêtres, R. Éliézer ben Jakob. — Seconde génération, de 100 à 130 : R. Gamaliel il, cité 84 fois; R. Josua ben Chananja, cité 146 fois; R. Éliézer ben Hyrcanos, cité 324 fois; R. Ismaël, cité 71 fois; R. Akiba ben Joseph, cité 278 fois, voir Aiciba ben Joseph, t. i, col. 329; R. Tarphon, cité 51 fois, etc.

— Troisième génération, de 130 à 160 : R. Juda ben Élai, cité 609 fois; R. José ben Chalephta, cité 335 fois; R. Meir, cité 331 fois; R. Simon ben Jochai, cité 325 fois; R. Simon ben Gamaliel, cité 103 fois, etc. — Quatrième génération, de 160 à 200 : R. Juda han-Nasi, cité 37 fois, voir Juda han-Nasi, t. ni, col. 1777; R. José ben Juda Élaï, cité 14 fois. Ces docteurs enseignaient dans les écoles fondées à Séphoris et à Tibériade. — 3° La date des autorités citées dans la Mischna permet de conclure qu’elle a été rédigée par écrit vers la fin du second siècle. Cette rédaction est attribuée à R. Juda han-Nasi, surnommé le Saint. Mais comme ce docteur a dû certainement avoir à sa disposition autre chose que des sources purement orales, on est amené à penser qu’il existait déjà des recueils écrits datant de la seconde et de la troisième génération des docteurs. Saint Épiphane, User, xxxm,

9, t. xli, col. 563, distingue quatre oemzpoxjzii des Juifs : celle de Moïse, c’est-à-dire le Deutéronome, celle de R. Akiba, celle de Juda et celle des Asmonéens, probablement la codification entreprise par Jean Hyrcan, pour fixer les doctrines des pharisiens. Il en est question dans Megillath Taanith, 10. Cf. Dercnbourg, Essai de restitution de l'anc. rédact. de Masséchèt Kippourim, dans la Revue des études juives, Paris, 1883, t. vi, p. 41.

IV. LaTosephta. — C’est un recueil, surtout aggadiste, qui a été ajouté à la Mischna, d’où son nom de tâséftâ',

« addition. » La matière en appartient à l’époque des docteurs de la Mischna et la division par traités est la même; seuls les traités 39, 49, 50, 51, font défaut. Ce recueil est assez étroitement apparenté à la Mischna, dont il prétend être le complément. Les rédacteurs ont utilisé des sources antérieures à la Mischna; ils citent

certains documents d’une manière plus complète; par contre, ils allèguent des autorités postérieures aux docteurs de la Mischna. Ils sont donc de date plus récente que ces derniers. — Sur la Gémara et les commentaires de la Mischna, voir Taj.mud.

V. Valeur de la Mischna. — La Mischna, « répétition de la Loi, » finit par devenir pour les Juifs une seconde loi dont l’importance dépassait celle de la première. Beaucoup de pharisiens envisageaient déjà les choses de cette manière au temps de Notre-Seigneur, qui le leur reproche sévèrement. Matth., xv, 2, 3; Marc., vu, 5, 8. Ce faux jugement ne fit que s’accentuer avec le temps. La Mischna se contente de rapporter les opinions des docteurs célèbres par rapport à la pratique de la Loi. Celle-ci n’avait pu entrer dans tous les détails. Il était donc bon que des hommes sages intervinssent pour fixer ceux qui avaient besoin de l’être. Seulement ils tombèrent trop souvent dans la minutie et l’arbitraire. Leurs règles, avec leurs multiples prescriptions, finirent par occuper dans les préoccupations des Juifs autant de place qu’elles en avaient dans l’enseignement oral; la Loi, courte et lumineuse, disparut ainsi comme étouffée par les broussailles de la haie au moyen de laquelle on prétendait la protéger. Ce fut un très grave inconvénient pour la religion juive, qui, au lieu d’être un culte « en esprit et en vérité », se réduisit, pour beaucoup, à un vain formalisme, aussi onéreux à pratiquer qu’impuissant à sanctifier. Matth., xxiii, 4; Luc., xi, 46; Act., xv, 10. Néanmoins la Mischna est pour nous une source très précieuse de renseignements. Elle nous fait connaître, avec les détails les plus circonstanciés, ce qu’était la vie juive à l’époque de Notre-Seigneur. Comme les traditions consignées dans ce livre se transmettaient depuis les anciens âges, nous trouvons là des éclaircissements sur la manière dont on comprenait et dont on pratiquait beaucoup de prescriptions légales, sur lesquelles la Sainte Écriture ne contient que de brefs articles. Bien des minuties, sans doute, sont de date relativement récente, et bien des décisions représentent des opinions particulières plutôt que des traditions autorisées. « Bien que la Mischna soit plus épurée » que la Gémara, qui en est le commentaire, « les passages de l’Écriture n’y sont guère souvent expliqués selon le sens littéral. On les a accommodés aux préjugés de la tradition, pour autoriser les décisions de leurs docteurs. » R. Simon, tlist. crit. du Vieux Testament, Amsterdam, 1685, p. 372. Cf. Cornely, Introduct. in U. T. libros sacros, t. i, Paris, 1885, p. 595. Il n’en est pas moins vrai que les traités de la Mischna sont d’un secours très utile pour l’intelligence d’un bon nombre de passages de l’Ancien et du Nouveau Testament. Les traités sont d'ailleurs assez courts, bien divisés et par conséquent d’une consultation facile.

VI Bibliographie. — La Mischna a été traduite en latin et annotée par G. Surenhusius, Mishna sive totius Hcbræorum juris systema, 6 in-fol., Amsterdam, 1698- 1703; en allemand, par Rabe, in-4°, Anspach, 1760-1763; on a aussi édité The Mischna on which the Palestinian Talmud rests, Cambridge, 1883, et Mischnajotli,Die sechs Ordnungen der Mischna, Berlin, 1887-1898. — Sur le texte même, voir Frankel, Modegelica in Mischnam, Leipzig, 1859; Additamenta et index, 1867; J. Brüll, Einleitung in die Mischnah, Francfort, 1876-1884; Weiss, Zur Geschichte der jùdischen Tradition, Vienne, 1871- 1891 ; Derenbourg, Les sections et les traités de la Mischnah, dans la Revue des Études juives, Paris, 1881, t. ni, p. 205-210; Schürer, Geschichte des jùdischen Volkes im Zeit J. C., Leipzig, 1901, t. i, p. 113-125.

IL Lesêtre.

MISÉRICORDE (hébreu : hannàh et hannôt, tehinnâh, tahânûnim, mots dérivés du verbe hdnan, « avoir pitié; » héséd, rahâmim et en chaldéen : rahâmin, « entrailles, » voir t. n, col. 1-818 ; Septante : i >eoe, oix-

MISÉRICORDE — MISOR

Ttpfjô;; Vulgate : misericordia, miseratio), sentiment qui porte à témoigner de la pitié, à porter affection et secours à celui qui est malheureux, soit physiquement, Goit moralement.

I. Miséricorde de Dieu. — 1° Il est constamment fait mention de la miséricorde de Dieu dans l’Ecriture Sainte. Même dans l’Ancien Testament, elle est rappelée à chaque page, et, selon les circonstances, implique compassion, amour, pardon, tendresses et prévenances de toutes sortes. Exod./xix, 4; Deut., xxxii, 11 ; Ps. xxv (xxiv), 6; xl (xxxix), 12; lxxxix (lxxxviii), 2, 50; xciv (xcm), 19; cvii (cvi), 43; 1 Esd., ix, 8; Dan., il, 18, etc. —

2° La miséricorde divine est très grande. Num., xiv, 18,

19 ; Ps. v, 8; li (l), 3; lxviii (lxvii), 7 ; Is., lxiii, 15; Jon., iv, 2; Eccli., xvii, 28, etc. Elle remplit la terre. Ps. xxxm (xxxii), 5; l (li), 3 ; cxix (cxvm), 64. Elle s’élève jusqu’aux deux. Ps. xxxvi (xxxv), 6; lvii (lvi), 11. Elle s’étend sur toutes ses œuvres, c'est-à-dire se fait sentir à toutes ses créatures, Ps. cxlv (cxliv), 9. (Le parallélisme ne permet pas de traduire, dans ce dernier passage, que la miséricorde de Dieu est au-dessus de toutes ses autres œuvres.) Elle atteint toute chair. Eccli., xvm, 12. Elle s’étend jusqu'à la millième génération, c’est-à-dire indéfiniment. Exod., xx, 6; xxxiv, 7 ; Deut., v, 10. Elle est à jamais et remplit toute la durée des êtres créés. I Par., xvi, 34; II Par., vu, 3; Dan., ni, 89,90; I Mach., iv, 24, etc. Ces paroles : « car sa miséricorde est à jamais, » reviennent même comme refrain dans deux Psaumes, cxvm (cxvn), 1-29; cxxxvi (cxxxv), 1-26. — 3° Plusieurs fois la Sainte Écriture associe en Dieu la miséricorde et la fidélité, pour faire entendre que Dieu s’est engagé à traiter ses créatures avec bonté et qu’il ne faillira pas à sa parole. Exod., xxxiv, 6; Ps. xxv (xxiv), 1Q;xl (xxxix), 12; lxi (lx), 8; lxxxv (lxxxiv), 11; lxxxix (lxxxviii), 15, 25. — 4° La miséricorde de Dieu s’est particulièrement exercée vis-à-vis de David et de ses descendants, à cause du Messie à venir. II Reg., vii, 15; xxii, 51; III Reg.. iii, 6; I Par., xvii, 13; Il Par., i, 8; Ps. xvm (xvii), 51; Is., lv, 3. — 5° Alin de marquer qu’il va être sans pitié pour la maison d’Israël, Dieu ordonne à Osée d’appeler l’un de ses iils lo’ ruhdmâh, v celui pour qui on est sans miséricorde. » Ose., i, 6, 8. Mais ensuite Dieu pardonnera et fera appeler la maison d’Israël ruhdmâh, « celle à qui on fait miséricorde. » Ose., il, 21-23; cf. Rom., ix, 25. Voir Lo-Ruchamaii, col. 363. — 6° Notre-Seigneur est ému de pitié pour les malheureux qui se présentent à lui. Luc., vu, 13; x, 37. —

7° Saint Paul appelle Dieu « Père des miséricordes »,

II Cor., i, 3, et dit qu’il est riche en miséricorde. Eph., n, 4.

IL Miséricorde de l’homme. — 1° La miséricorde de l’homme envers son semblable constitue une partie essentielle du devoir de la charité envers le prochain.

A ce titre, elle est souvent mentionnée par les auteurs sacrés. Gen., xxi, 23; Jos., n, 14; xi, 20; II Reg., x, 2; iii, 8; ix, 1; Job, xxxi, 18; Eccli., xvm, 12; Zach., vu,

8, etc. Cette miséricorde honore l’indigent qui en est l’objet. Prov., xiv, 31. Elle doit être accompagnée de fidélité, c’est-à-dire de constance et de justice. Jos., n, 14; Prov. ni, 3; xiv, 22; xvi, 6; xx, 28. — 2° La miséricorde est plus agréable à Dieu que le sacrifice, parce qu elle tient à la charité commandée par la loi morale, tandis que le sacrifice est un rite extérieur commandé par la loi cérémonielle destinée à l’abrogation. Ose., vi, 6; Matth., ix, 13 ; xn, 7. Aussi est-il dit que « faire miséricorde, c’est offrir un sacrifice », Eccli.,xxxv, 4, tandis que parfois l’offrande faite à Dieu peut constituer une violation formelle du devoir de la charité envers le prochain, Matth., xv, 5,6; Marc., vu, ! 10-13. — 3° Notre-Seigneur recommande très instamment la miséricorde envers les autres hommes. Il promet au miséricordieux que miséricorde lui sera faite, Matth., v, 7, cf. Jacob., ii, 13, et lui-même pardonnera

les fautes comme on les pardonnera au prochain. Matth., vi, 12; Luc., xi, 4. Les paraboles du bon Samaritain, Luc., x, 30-37, et du serviteur impitoyable, Matth., xvm, 23-35, sont la mise en scène de la miséricorde et de son contraire. — 4° Saint Paul recommande aux chrétiens d’avoir des entrailles de miséricorde. Phil., ii, 1; Col., ni, 12. H. Lesêtre.

MISUN, Jacques, prélat de la maison de Sa Sainteté, né à Porrentruy (Suisse), le 27 janvier 1807, mort à Vienne le 6 décembre 1878. En 1830, il était professeur au collège de Porrentruy et trois ans après il en devint le principal. Révoqué par le gouvernement bernois en 1836, lors des troubles politiques et religieux qui précédèrent et suivirent la promulgation des fameux Articles de Baden, il entra alors comme précepteur chez le comte Ch. de Bombelles, frère cadet du ministre d’Autriche à Berne; en cette qualité, il donna des leçons d’histoire et de géographie aux archiducs d’Autriche, qui devinrent l’empereur François-Joseph, et l’empereur Maximilien du Mexique. Plus tard à Parme, il remplit aussi les fonctions de bibliothécaire de l'impératrice Marie-Louise, veuve de Napoléon Ier, et assista cette princesse à ses derniers moments. C’est en 1848 que Mar Mislin fit son premier voyage en Palestine; en 1856, il fut chargé d’accompagner le duc (aujourd’hui roi des Belges), et la duchesse de Brabant dans leur voyage en Orient. Le fruit de ces voyages et de ses études fut le livre intitulé : Les Saints Lieux, Pèlerinage à Jérusalem en passant par V Autriche, la Hongrie, la Slavonie, les Provinces danubiennes, Constantinople, l’archipel, le Liban, la Syrie, Alexandrie, Malte, la Sicile et Mar~ seille, 2 in-8°, Paris, 1851. La deuxième édition parut en 1858 en trois volumes in-8°, et la troisième en 1876, 3 in-8°, Paris. Il publia également : De quelques sanctuaires de la Palestine, in-8°, Paris, 1855; La Très Sainte Vierge est-elle née à Nazareth ou à Jérusalem ? in-8°, Paris, 1863. Son ouvrage Les Saints Lieux a été traduit en italien : I Luoglii Santi, Milano, in-8°, 1858; en espagnol : La Tierra Santa, Barcelone, 1852; en allemand : Die heiligen Orte, Vienne, 1860. Une autre traduction faite par le Dr Ilartwein et publiée à Ratisbonne est si imparfaite que l’auteur se crut obligé de protester. Le mérite de Ma1' Mislin est d’avoir attiré l'attention du monde catholique sur la Terre Sainte et ses sanctuaires vénérables. Depuis Y Itinéraire de Chateaubriand, aucun ouvrage de ce genre n’avait excité pareil intérêt ni exercé autant d’inlluence. Voir Revue de la Suisse catholique, Fribourg, 1879, t. x, p. 156; La Liberté, Fribourg en Suisse, 1878, n. 290, 291; le Bulletin de la Société de géographie de Paris, 4e série, t. iii, p. 530- 565; et dans le t. v, p. 36, le Discours de Malte-Brun sur les Progrès des sciences géographiques ; H. Hurter, Nomenclator literarius, Inspruck, t. iii, 1895, col. 1275.

E. Foi.letète.

1. MISOR (hébreu : Misôr, « droit, plat »), haut plateau du pays de Moab, à l’est du Jourdain. Voir Moab, II, ii, 20. Comme ce mot signifie « plaine », Is., xl, 4; xlh. 16; Ps. cxliii, 10; I (lîl)Reg., xx, 23, 25, la Vulgate l’a toujours traduit par un nom commun, excepté Jos., xxi, 36. Voir Misor 2. Il est employé cependant comme nom propre et précédé de l’article, ham-Misôr, lorsqu’il désigne le plateau de Moab et spécialement la plaine de Médaba (fig. 297). Saint Jérôme l’a rendu par planifies, Deut., ni, 10; par terra campestris de tribu Ruben, Deut., iv, 43; par campestria Medaba, Jos., xm, 9; par planities quæ ducit Medaba, ji. 16; par in campestribus, f. 17 ; par omnes urbes campes 1res, y. 21 ; par campestris soliludo, Jos., xx, 8; par terra campestris, .Ter., xlviii, 21. Septante : Mio-iip, Deut., iii, 10; Jos., xm, 9, 16, 17, 21 ; .1er., xlviii, 8, 21 . Eusèbe, qui a pris Misôr pour une ville, l’appelle en grec Mtawp, et saint Jérôme, Misor. Onornaslic., édit. Lursow et Parthey, 1862, p. 288, 289,.

MISOR

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